Cette biographie de Jacobs en BD sortie en 2021 m'avait tout de suite tapé dans l'œil mais j'avais préféré attendre un peu avant de me la procurer, estimant que j'avais tout mon temps. Et là, en septembre j'ai même pu m'offrir l'édition Deluxe !
Comme son titre l'indique, cette BD scénarisée par François Rivière, déjà connu pour ses travaux sur Jacobs, relate la vie (parfois un peu remaniée de l'aveu des auteurs) du célèbre créateur de Blake et Mortimer. Nous suivrons donc à travers plusieurs chapitres, Jacobs du début des années 1930 et son rêve de devenir chanteur d'opéra (de là viendra son surnom de "Baryton du 9ème art") à sa mort en 1987.
Etant moi-même passionné par cet auteur et par sa fameuse série Blake et Mortimer, je dois dire que j'espérais vraiment ne pas être déçu... Autant vous dire que j'ai été comblé dés les premières pages !
... Tout d'abord par le dessin, d'une précision et d'une beauté assez époustouflante. On sent que le dessinateur Philippe Wurm a voulu rendre hommage au maître en s'inspirant de cette méticulosité qui caractérisait Jacobs. Du musée du cinquantenaire au marché du quartier des Marolles, en passant par le palais royal somptueusement dessinés, on en prend plein la vue tout au long de l'album. Je n'insisterai jamais assez sur les détails présents sur chaque planche, chaque case qui donnent vraiment l'impression (la certitude !) que le dessinateur ne s'est pas moqué de nous. Et pour cause ! Le duo travaillait sur cette biographie depuis 2014 ! Je n'ai même pas senti une sensation de rigidité dans les personnages, d'ailleurs tous bien reconnaissables ! On rencontrera Hergé, Franquin, Duchâteau, Martin, Van Melkebeke (un ami de Jacobs qui l'aida sur presque tous ses scénarios), ou encore Leblanc le directeur des éditions du Lombard... Bref, tous ces personnages qui auront un rôle important dans la vie de Jacobs sont parfaitement identifiables bien qu'ils soient nombreux, et ça ne gênent donc pas la lecture.
J'ai quand même feuilleté la version couleurs de l'album et je trouve que celles-ci sont très jolies, avec un côté un peu velours renforcé par l'usage de vert foncé, de gris, de noir ou de beige. Mais la version N&B est tout simplement magnifique. Les scènes de nuit sont tout particulièrement réussies, notamment lorsque les auteurs choisissent de mettre en scène les craintes et les pensées de Jacobs. Les cases sont d'ailleurs assez grandes, voire parfois immenses, ce qui rend la lecture d'autant plus agréable.
Par ailleurs, le dessinateur écrit son propre commentaire de la planche à chaque page, en montrant parfois des recherches de personnages, parfois des croquis de bâtiments. Bref, vous pourrez comprendre tout ce qu'il a voulu mettre en valeur dans chaque case, ce qui est quand même un vrai plus.
Le scénario reprend donc (évidemment !) la vie de Jacobs en ajoutant parfois un dialogue ou deux, mais certains sont des authentiques que Rivière a pu sortir de l'ombre (entre Jacobs et sa femme/ Van Melkebeke/ Martin...).
A travers la lecture, on se rend quand même compte que Jacobs a eu une vie parfois pénible, notamment du fait de la censure d'album, de son divorce ou de la mort de sa femme. Cependant, il est très intéressant de mieux comprendre le personnage et ses relations aux autres auteurs. Mais cette qualité vire parfois dans le défaut, notamment avec des dialogues inutiles et à rallonge entre Jacobs et sa femme, même si ce n'est pas non plus flagrant et que ça ne m'a pas particulièrement dérangé.
En définitive, je recommande la lecture de cet album pour tout amateur de Jacobs, qui fut qu'on le veuille ou non, un des piliers de la BD de son vivant, mais qui continue à être étudié encore aujourd'hui (je pense à une conférence sur la Marque Jaune sortie sur la chaîne du Collège de France encore tout récemment). Il laissera derrière lui Blake et Mortimer, Le Rayon U ainsi que quelques rares productions très peu connues du grand public.
C'est exactement le genre de récit que j'affectionne beaucoup. J'ai trouvé cette série adaptée d'un roman éponyme de la scénariste Julia Billet est en tout point passionnante.
J'ai beaucoup aimé la qualité littéraire des dialogues et du récit. Chaque phrase est porteuse de sens ou d'émotion. La thématique de la recherche du beau et de la fraternité au milieu de l'ignominie grâce à l'art s'impose tout au long du roman.
Entre réalité et fiction, l'autrice construit un récit équilibré et touchant qui propose un hommage aux personnes qui ont protégé sa mère d'une déportation vers la mort. J'ai trouvé le rythme soutenu et la charge émotionnelle forte.
Contrairement à des récits comme Un Juste ou L'Enfant cachée la petite Rachel/Catherine et ses petites amies vivent les dénonciations qui imposent une réactivité immédiate pour survivre.
Cette ambiance de stress et de tension dramatique est très présente dans le scénario de Julia Billet. La peinture psychologique des personnages est vraiment excellente. Même s’ils sont presque tous bienveillants, l'autrice sait exprimer une présence malveillante invisible qui rôde autour de ces enfants.
Le graphisme de Claire Fauvel soutient à merveille le récit. Son trait tout en courbes exprime à la fois cette vitalité de l'enfance et ce mouvement perpétuel de fuite devant l'indicible. Ses dessins de groupes d'enfants joyeux et innocents dans les différentes classes font contraste avec l'invisible des pensées du lecteur qui renvoient aux camps de la mort.
Ici le seul Allemand présent, que Fauvel dessine presque comme une femme, sauve Rachel de la rafle. Même si c'est marginal je trouve que c'est un épisode qui repousse un manichéisme producteur de haine.
Comme un cliché photographique qui saisit un moment de grâce, cette série m'a vraiment touché et remué. Une excellente lecture.
Un archipel ensoleillé, une vie douce de pêcheurs, des voisins sympathiques, et une vie heureuse. Mais depuis des années, le danger plane au loin, car sur le continent vivent encore les Dieux Dégénérés, une race de géants extraterrestres qui avaient autrefois asservi les humains. L'archipel est donc protégé par un membre des Bras Armés, des guerriers qui, comme leur nom l'indique, sont armés de bracelets volés aux anciens Dieux et dont la puissance technologique octroient un pouvoir surpuissant à leur porteur. Mais cela ne vient pas tout seul car il faut savoir endurer une douleur insupportable pour pouvoir enfiler la puissante arme. Seuls des adolescents sont capables d'un tel exploit physique sans rejeter l'arme et perdre leur main. Et une fois enfilé, le souvenir de la douleur est tel qu'il est impossible d'enlever le bracelet. Aussi ne devient-on Bras Armé qu'à la mort du porteur précédent. Et voilà que le héros, Fidel, est désigné bien malgré lui avec quatre jeunes de son âge pour devenir disciple et possible successeur de Mako, la vieille femme Bras Armé qui sent venir sa dernière heure. Va s'entamer pour les cinq filles et garçons un entrainement à l'effort et à la douleur qui les mènera à la compétition finale qui décidera lequel d'entre eux pourra tenter d'enfiler le bracelet le moment venu.
Cette série reprend la majorité des codes des shonen nekketsu (Dragon Ball, One Piece et autres Dragon Quest...) : de jeunes héros au grand cœur prêts à partir à l'aventure et à se surpasser, des pouvoirs guerriers tenant du surnaturel, une progression et un entrainement indispensables, et même l'équivalent d'un tournoi par l'épreuve compétitive qui va décider du meilleur disciple.
Le graphisme tient davantage de l'animation que du manga. Ses couleurs lumineuses rappellent celles de l'univers Wakfu notamment. C'est un trait joyeux, efficace et agréable. Il facilite la lecture et donne envie de s'y plonger.
L'histoire dégage une ambiance saine et plaisante, même si dans le fond l'objectif de l'entrainement des héros consiste à savoir supporter la douleur. Les relations entre les personnages sont crédibles et intéressantes, à l'exception peut-être du bourgmestre un peu trop caricatural dans son rôle de lâche profiteur. La bonne entente qui règne entre la majorité des protagonistes est intelligente et fait plaisir à lire. Et quand l'action et le danger apparaissent pour de bon, le lecteur est déjà largement emporté par l'histoire et la menace se glisse parfaitement dans l'intrigue pour lancer les héros vers la vraie aventure.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture que j'ai trouvée aussi fluide qu'agréable et prenante. J'ai très envie de lire la suite.
Le label 619 est décidément un gage de qualité quel que soit le sujet traité: mafia, SF, western, guerre. Et toujours un matériel de qualité à prix abordable.
Merci encore une fois car ce nouvel album remplit le cahier des charges.
Une histoire prenant le rythme de s'installer et de suivre 4 personnages aux personnalités profondément détaillées, prenant place dans des décors grandioses, la nature brute dans toute sa beauté.
Le genre d'histoire qu'affectionnerait Clint Eastwood dans ses neo-westerns proposant toujours des prises de conscience et de réflexion. Ici, l'héritage de civilisation sur le fil d'être éradiqué. Mais sans sombrer dans le pathos ou l'indigénisme, l'équilibre est parfait.
Shiga, l'auteur à part. Ses traits de fabrique: dessin mignon en rondeurs, humoir noir et cartésianisme.
Si vous appréciez le bon homme, vous en avez ici pour 800 pages de rebondissements et de surenchère mais en sachant se poser de temps à autre.
Le temps passe mais les personnages ne changent pas ce qui peut paraître curieux (une jeune ado ne s'émancipant après plusieurs siècles?) mais permet finalement de faire avancer l'histoire sans se soucier du background. Simple, efficace.
Le dessin noir et blanc sans complexité dans les décors permet à l'auteur de débiter des centaines de pages et rendre les scènes d'action ultra-lisibles. Simple, efficace.
Un cynisme dévastateur avec des micro-allusions sur des présents qui seront notre futur hyper bien placées.
Bref une bouffée de fraîcheur qui peut paraître de tourner en rond pour certains ou rassasier à plus soif les fans de Jimmy Lee. Moi, je me suis bien rassasié.
Étant un novice de la bande dessinée, je ne connaissais absolument pas le duo Zidrou/Oriol lors de ma première lecture de "La Peau de l'ours" il y a maintenant quatre ans. Et je dois dire que le plaisir était au rendez-vous.
Ayant lu les deux tomes de la série, qui se présentent comme totalement indépendants l'un et l'autre, j'aurai aimé pouvoir les noter séparément.
Commençons par le premier volet avec l'histoire d'Amadeo, un adolescent qui monte chaque matin la colline de Lipari afin de lire l'horoscope du vieux et aveugle Don Palermo qui attend un message codé de son amour de jeunesse, Mietta. De la, le vieillard racontera à Amadeo son passé, où la violence extrême du mafioso Don Pomodoro et son amour pour Mietta nous accompagnerons tout au long de la BD.
Dans le second tome, Zidrou nous raconte l'histoire d'Andrea Montale, adolescent de quinze ans assistant au meurtre de son père et au viol de sa mère qui la conduira au suicide. Recueillit par Orso, le mafieux à l'origine de ces événements, Andrea vivra un amour secret avec Aurelio, le fils de la famille.
J'ai pris énormément de plaisir à lire ces deux tomes, néanmoins, je trouve que le premier sort du lot par son scénario un peu plus poussé. Je me suis attaché au personnage de Don Palermo pour son humour et cette façon, limite poétique, de raconter son passé. Le final apporte un léger romantisme qui m'a beaucoup plu.
Le second tome m'a paru plus violent, avec une scène de viol d'entrée de jeux... Le scénario moins attrayant lui donne un arrière goût d'inachevé. L'histoire d'amour homosexuelle dans une même famille, qui plus est mafieuse, nous tient tout de même accroché au livre.
Les deux tomes jouissent de dessins que j'ai trouvé géniaux, simples bien que très anguleux (comme il est souligné dans beaucoup d'avis) mais d'une très grande efficacité. Les couleurs sont très fidèles au thème. Étant un "fils" des albums d'Astérix, les graphismes très caricaturaux avec notamment des nez exagérés m'ont enchantés.
Si Zidrou et Oriol se seraient arrêtés à un simple one shot, ma note aurait été plus élevée. Un grand coup de cœur aux dialogues parfois dotés d'un humour d'une grande subtilité. Je ne partage pas certains commentaires que j'ai trouvé sévères, notamment sur le dessin. Je recommande grandement la lecture des ces tomes.
Hoka Hey ! raconte l'histoire de Georges, un métis mi-blanc mi-lakota qui va faire la rencontre d'une petite bande de 3 personnes : Little-Knife, No-Moon et Sully un Irlandais. Ceux-ci vont le prendre sous leur aile dans leur voyage dont le but est une vengeance. Les 4 compères chemineront donc dans les grandes plaines de l'ouest américain, traversant moultes péripéties, embuscades et affrontements. Car la petite bande continue le combat perdu d'avance pour le respect de la culture lakota, complètement submergée en cette fin de XIXème siècle.
Le dessin est très beau; si la BD fait quand même plus de 200 pages, c'est très agréable à lire en raison de cette pagination aérée et de ses décors magnifiques et variés. On passera donc dans les grandes plaines, mais aussi les forêts et les villes. Tout ça est magnifié par les couleurs, très claires mais aussi par des cases très grandes, ce qui permet une plongée au cœur des Etats-Unis. Un petit hic cependant, j'ai vu parfois des dessins qui avaient l'air beaucoup plus brouillons, autant au niveau des personnages que des décors. Par exemple, quand les personnages sont légèrement éloignés, on ne voit pas leur visage. Pour les décors, si l'on trouvait parfois un côté un peu brouillon quand on regardait bien, c'est carrément flagrant à la fin de l'album, lorsque les héros sont amenés à parcourir la ville. C'est un peu dommage compte tenu de la qualité du dessin sur les 3/4 de l'album. J'ai l'impression que la fin a été un peu bâclée.
Le scénario est assez classique, on va voir l'évolution de Georges tout au long de l'album, c'est-à-dire qu'il va se rendre compte petit à petit des horreurs perpétrées contre les Amérindiens et sa mentalité va évidemment changé, passant de la lecture de la Bible à la découverte de sa deuxième culture. L'histoire suit donc la quête de vengeance de Little Knife, jeune Lakota ayant participé aux dernières guerres indiennes. J'ai trouvé que le développement des personnages était bien amené, que ce soit pour les principaux que pour les quelques personnages secondaires qu'ils rencontreront, et qu'il n'apportait pas de lenteurs à la lecture. Mention spéciale à la fin de l'album qui prend un chemin plus original que ce que j'avais pu voir dans d'autres westerns et qui m'a franchement plu.
Je recommande donc la lecture de cet album, qui, avec 1629, fut la belle découverte de l'année après plusieurs déceptions.
Bonne série où j'ai pris beaucoup de plaisir à lire.
Un monde étrange où se côtoient les esprits perdus des humains dans le coma.
Réincarnés dans ce monde, ils y mènent une quête pour revenir à la vie réelle.
Avec en parallèle des luttes de pouvoir entre les maîtres de ce monde.
Très bonne histoire, bon dessin perfectible avec des planches plus ou moins bonnes.
D'où une note de 4/5 et pas 5/5.
Goya est un peintre majeur, qui a révolutionné en son temps son art. Je connaissais son œuvre mais pas le personnage.
Aussi à l’annonce de cette bd et de l’avis enthousiaste de Cacal69, je me suis précipité dessus, curieux d’en apprendre plus sur la genèse de ses tableaux et surtout de ses inspirations. L’artiste est persécuté par « les forces du mal » lors de crises ou hallucinations, les auteurs en livrent une vision personnelle mais crédible.
Le gros gros point fort de l’album est le dessin de Fran Galàn, son trait m’a beaucoup plu et les planches sont toutes travaillées. Un sacré boulot de sa part, il propose des ambiances magnifiques et quelques réinterprétations de tableaux du plus bel effet. Le tout est très fluide entre réel et visions chocs.
Rien à dire sur cette partie.
Niveau histoire, il m’a manqué un petit truc pour me contenter pleinement (malgré la belle pagination). Le scénariste construit son récit en 3 actes, les 2 premiers m’ont conquis. Maladie, famille, peintre à la cour … et cette relation ambigüe avec la duchesse d’Albe (que je découvre), les ingrédients sont là pour l’explication de cette folie et ce revirement artistique. Mais le dernier acte m’a décontenancé par cette forte ellipse, nous passons des années 1793/1794 à 1820, il est alors au cœur de sa période la plus noire et tourmentée, malheureusement le début de l’histoire m’a semblé trop lointain, la plupart des autres personnages ont disparu. A mes yeux, il manque un chapitre pour tendre vers une transition moins abrupte.
C’est le seul reproche que je peux faire, ça reste une œuvre réalisée avec amour et soin sur un artiste mythique.
3,5
J'ai été agréablement surpris par ma lecture. En effet, connaissez-vous un titre moins sexy que celui-ci ?
Heureusement j'aime bien les poireaux et je trouve qu'une bonne odeur de soupe aux poireaux remplie la maison de tous mes souvenirs d'enfance.
Derrière cet Allium porrum se cache une histoire tout en tendresse et en délicatesse. Un groupe d'enfants se retrouve tous les samedis de marché pour aider leurs parents dans diverses petites tâches.
Ces petites mains profitent des moments de pauses pour nouer des relations amicales, de jeux ou même de premiers amours. C'est le cas de Vincent, petit maraicher en herbe spécialisé dans le poireau dont le coeur s'emballe à la vue de Marie la fille du fleuriste.
Un samedi comme les autres avec ses moments d'espoir, de joie mais aussi de doutes dans l'avancement de sa relation. Le moment fort est le repas de midi où tous les enfants se retrouvent autour d'une "cantinière" polonaise qui leur fait découvrir d'autres saveurs que les frites.
Un scénario de Marzena Sowa assez original qui en profite pour vanter le bien fondé des légumes et d'une relation-vente bien plus humaine que dans les grandes surfaces.
Aude Soleilhac propose un graphisme humoristique semi réaliste qui convient bien à un univers jeunesse. Les petites bouilles des enfants sont très attachantes et drôles. L'autrice apporte un soin particulier à la description de l'atmosphère bon enfant du marché.
Le marché avec ses multiples étals permet une mise en couleur chaude et vive.
Une douce lecture plaisante, un peu contemplative que j'ai trouvé bien sympathique.
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Edgar P. Jacobs - Le Rêveur d'apocalypses
Cette biographie de Jacobs en BD sortie en 2021 m'avait tout de suite tapé dans l'œil mais j'avais préféré attendre un peu avant de me la procurer, estimant que j'avais tout mon temps. Et là, en septembre j'ai même pu m'offrir l'édition Deluxe ! Comme son titre l'indique, cette BD scénarisée par François Rivière, déjà connu pour ses travaux sur Jacobs, relate la vie (parfois un peu remaniée de l'aveu des auteurs) du célèbre créateur de Blake et Mortimer. Nous suivrons donc à travers plusieurs chapitres, Jacobs du début des années 1930 et son rêve de devenir chanteur d'opéra (de là viendra son surnom de "Baryton du 9ème art") à sa mort en 1987. Etant moi-même passionné par cet auteur et par sa fameuse série Blake et Mortimer, je dois dire que j'espérais vraiment ne pas être déçu... Autant vous dire que j'ai été comblé dés les premières pages ! ... Tout d'abord par le dessin, d'une précision et d'une beauté assez époustouflante. On sent que le dessinateur Philippe Wurm a voulu rendre hommage au maître en s'inspirant de cette méticulosité qui caractérisait Jacobs. Du musée du cinquantenaire au marché du quartier des Marolles, en passant par le palais royal somptueusement dessinés, on en prend plein la vue tout au long de l'album. Je n'insisterai jamais assez sur les détails présents sur chaque planche, chaque case qui donnent vraiment l'impression (la certitude !) que le dessinateur ne s'est pas moqué de nous. Et pour cause ! Le duo travaillait sur cette biographie depuis 2014 ! Je n'ai même pas senti une sensation de rigidité dans les personnages, d'ailleurs tous bien reconnaissables ! On rencontrera Hergé, Franquin, Duchâteau, Martin, Van Melkebeke (un ami de Jacobs qui l'aida sur presque tous ses scénarios), ou encore Leblanc le directeur des éditions du Lombard... Bref, tous ces personnages qui auront un rôle important dans la vie de Jacobs sont parfaitement identifiables bien qu'ils soient nombreux, et ça ne gênent donc pas la lecture. J'ai quand même feuilleté la version couleurs de l'album et je trouve que celles-ci sont très jolies, avec un côté un peu velours renforcé par l'usage de vert foncé, de gris, de noir ou de beige. Mais la version N&B est tout simplement magnifique. Les scènes de nuit sont tout particulièrement réussies, notamment lorsque les auteurs choisissent de mettre en scène les craintes et les pensées de Jacobs. Les cases sont d'ailleurs assez grandes, voire parfois immenses, ce qui rend la lecture d'autant plus agréable. Par ailleurs, le dessinateur écrit son propre commentaire de la planche à chaque page, en montrant parfois des recherches de personnages, parfois des croquis de bâtiments. Bref, vous pourrez comprendre tout ce qu'il a voulu mettre en valeur dans chaque case, ce qui est quand même un vrai plus. Le scénario reprend donc (évidemment !) la vie de Jacobs en ajoutant parfois un dialogue ou deux, mais certains sont des authentiques que Rivière a pu sortir de l'ombre (entre Jacobs et sa femme/ Van Melkebeke/ Martin...). A travers la lecture, on se rend quand même compte que Jacobs a eu une vie parfois pénible, notamment du fait de la censure d'album, de son divorce ou de la mort de sa femme. Cependant, il est très intéressant de mieux comprendre le personnage et ses relations aux autres auteurs. Mais cette qualité vire parfois dans le défaut, notamment avec des dialogues inutiles et à rallonge entre Jacobs et sa femme, même si ce n'est pas non plus flagrant et que ça ne m'a pas particulièrement dérangé. En définitive, je recommande la lecture de cet album pour tout amateur de Jacobs, qui fut qu'on le veuille ou non, un des piliers de la BD de son vivant, mais qui continue à être étudié encore aujourd'hui (je pense à une conférence sur la Marque Jaune sortie sur la chaîne du Collège de France encore tout récemment). Il laissera derrière lui Blake et Mortimer, Le Rayon U ainsi que quelques rares productions très peu connues du grand public.
La Guerre de Catherine
C'est exactement le genre de récit que j'affectionne beaucoup. J'ai trouvé cette série adaptée d'un roman éponyme de la scénariste Julia Billet est en tout point passionnante. J'ai beaucoup aimé la qualité littéraire des dialogues et du récit. Chaque phrase est porteuse de sens ou d'émotion. La thématique de la recherche du beau et de la fraternité au milieu de l'ignominie grâce à l'art s'impose tout au long du roman. Entre réalité et fiction, l'autrice construit un récit équilibré et touchant qui propose un hommage aux personnes qui ont protégé sa mère d'une déportation vers la mort. J'ai trouvé le rythme soutenu et la charge émotionnelle forte. Contrairement à des récits comme Un Juste ou L'Enfant cachée la petite Rachel/Catherine et ses petites amies vivent les dénonciations qui imposent une réactivité immédiate pour survivre. Cette ambiance de stress et de tension dramatique est très présente dans le scénario de Julia Billet. La peinture psychologique des personnages est vraiment excellente. Même s’ils sont presque tous bienveillants, l'autrice sait exprimer une présence malveillante invisible qui rôde autour de ces enfants. Le graphisme de Claire Fauvel soutient à merveille le récit. Son trait tout en courbes exprime à la fois cette vitalité de l'enfance et ce mouvement perpétuel de fuite devant l'indicible. Ses dessins de groupes d'enfants joyeux et innocents dans les différentes classes font contraste avec l'invisible des pensées du lecteur qui renvoient aux camps de la mort. Ici le seul Allemand présent, que Fauvel dessine presque comme une femme, sauve Rachel de la rafle. Même si c'est marginal je trouve que c'est un épisode qui repousse un manichéisme producteur de haine. Comme un cliché photographique qui saisit un moment de grâce, cette série m'a vraiment touché et remué. Une excellente lecture.
Les Bras Armés
Un archipel ensoleillé, une vie douce de pêcheurs, des voisins sympathiques, et une vie heureuse. Mais depuis des années, le danger plane au loin, car sur le continent vivent encore les Dieux Dégénérés, une race de géants extraterrestres qui avaient autrefois asservi les humains. L'archipel est donc protégé par un membre des Bras Armés, des guerriers qui, comme leur nom l'indique, sont armés de bracelets volés aux anciens Dieux et dont la puissance technologique octroient un pouvoir surpuissant à leur porteur. Mais cela ne vient pas tout seul car il faut savoir endurer une douleur insupportable pour pouvoir enfiler la puissante arme. Seuls des adolescents sont capables d'un tel exploit physique sans rejeter l'arme et perdre leur main. Et une fois enfilé, le souvenir de la douleur est tel qu'il est impossible d'enlever le bracelet. Aussi ne devient-on Bras Armé qu'à la mort du porteur précédent. Et voilà que le héros, Fidel, est désigné bien malgré lui avec quatre jeunes de son âge pour devenir disciple et possible successeur de Mako, la vieille femme Bras Armé qui sent venir sa dernière heure. Va s'entamer pour les cinq filles et garçons un entrainement à l'effort et à la douleur qui les mènera à la compétition finale qui décidera lequel d'entre eux pourra tenter d'enfiler le bracelet le moment venu. Cette série reprend la majorité des codes des shonen nekketsu (Dragon Ball, One Piece et autres Dragon Quest...) : de jeunes héros au grand cœur prêts à partir à l'aventure et à se surpasser, des pouvoirs guerriers tenant du surnaturel, une progression et un entrainement indispensables, et même l'équivalent d'un tournoi par l'épreuve compétitive qui va décider du meilleur disciple. Le graphisme tient davantage de l'animation que du manga. Ses couleurs lumineuses rappellent celles de l'univers Wakfu notamment. C'est un trait joyeux, efficace et agréable. Il facilite la lecture et donne envie de s'y plonger. L'histoire dégage une ambiance saine et plaisante, même si dans le fond l'objectif de l'entrainement des héros consiste à savoir supporter la douleur. Les relations entre les personnages sont crédibles et intéressantes, à l'exception peut-être du bourgmestre un peu trop caricatural dans son rôle de lâche profiteur. La bonne entente qui règne entre la majorité des protagonistes est intelligente et fait plaisir à lire. Et quand l'action et le danger apparaissent pour de bon, le lecteur est déjà largement emporté par l'histoire et la menace se glisse parfaitement dans l'intrigue pour lancer les héros vers la vraie aventure. J'ai beaucoup apprécié cette lecture que j'ai trouvée aussi fluide qu'agréable et prenante. J'ai très envie de lire la suite.
Hoka Hey !
Le label 619 est décidément un gage de qualité quel que soit le sujet traité: mafia, SF, western, guerre. Et toujours un matériel de qualité à prix abordable. Merci encore une fois car ce nouvel album remplit le cahier des charges. Une histoire prenant le rythme de s'installer et de suivre 4 personnages aux personnalités profondément détaillées, prenant place dans des décors grandioses, la nature brute dans toute sa beauté. Le genre d'histoire qu'affectionnerait Clint Eastwood dans ses neo-westerns proposant toujours des prises de conscience et de réflexion. Ici, l'héritage de civilisation sur le fil d'être éradiqué. Mais sans sombrer dans le pathos ou l'indigénisme, l'équilibre est parfait.
Demon (Shiga)
Shiga, l'auteur à part. Ses traits de fabrique: dessin mignon en rondeurs, humoir noir et cartésianisme. Si vous appréciez le bon homme, vous en avez ici pour 800 pages de rebondissements et de surenchère mais en sachant se poser de temps à autre. Le temps passe mais les personnages ne changent pas ce qui peut paraître curieux (une jeune ado ne s'émancipant après plusieurs siècles?) mais permet finalement de faire avancer l'histoire sans se soucier du background. Simple, efficace. Le dessin noir et blanc sans complexité dans les décors permet à l'auteur de débiter des centaines de pages et rendre les scènes d'action ultra-lisibles. Simple, efficace. Un cynisme dévastateur avec des micro-allusions sur des présents qui seront notre futur hyper bien placées. Bref une bouffée de fraîcheur qui peut paraître de tourner en rond pour certains ou rassasier à plus soif les fans de Jimmy Lee. Moi, je me suis bien rassasié.
La Peau de l'ours
Étant un novice de la bande dessinée, je ne connaissais absolument pas le duo Zidrou/Oriol lors de ma première lecture de "La Peau de l'ours" il y a maintenant quatre ans. Et je dois dire que le plaisir était au rendez-vous. Ayant lu les deux tomes de la série, qui se présentent comme totalement indépendants l'un et l'autre, j'aurai aimé pouvoir les noter séparément. Commençons par le premier volet avec l'histoire d'Amadeo, un adolescent qui monte chaque matin la colline de Lipari afin de lire l'horoscope du vieux et aveugle Don Palermo qui attend un message codé de son amour de jeunesse, Mietta. De la, le vieillard racontera à Amadeo son passé, où la violence extrême du mafioso Don Pomodoro et son amour pour Mietta nous accompagnerons tout au long de la BD. Dans le second tome, Zidrou nous raconte l'histoire d'Andrea Montale, adolescent de quinze ans assistant au meurtre de son père et au viol de sa mère qui la conduira au suicide. Recueillit par Orso, le mafieux à l'origine de ces événements, Andrea vivra un amour secret avec Aurelio, le fils de la famille. J'ai pris énormément de plaisir à lire ces deux tomes, néanmoins, je trouve que le premier sort du lot par son scénario un peu plus poussé. Je me suis attaché au personnage de Don Palermo pour son humour et cette façon, limite poétique, de raconter son passé. Le final apporte un léger romantisme qui m'a beaucoup plu. Le second tome m'a paru plus violent, avec une scène de viol d'entrée de jeux... Le scénario moins attrayant lui donne un arrière goût d'inachevé. L'histoire d'amour homosexuelle dans une même famille, qui plus est mafieuse, nous tient tout de même accroché au livre. Les deux tomes jouissent de dessins que j'ai trouvé géniaux, simples bien que très anguleux (comme il est souligné dans beaucoup d'avis) mais d'une très grande efficacité. Les couleurs sont très fidèles au thème. Étant un "fils" des albums d'Astérix, les graphismes très caricaturaux avec notamment des nez exagérés m'ont enchantés. Si Zidrou et Oriol se seraient arrêtés à un simple one shot, ma note aurait été plus élevée. Un grand coup de cœur aux dialogues parfois dotés d'un humour d'une grande subtilité. Je ne partage pas certains commentaires que j'ai trouvé sévères, notamment sur le dessin. Je recommande grandement la lecture des ces tomes.
Hoka Hey !
Hoka Hey ! raconte l'histoire de Georges, un métis mi-blanc mi-lakota qui va faire la rencontre d'une petite bande de 3 personnes : Little-Knife, No-Moon et Sully un Irlandais. Ceux-ci vont le prendre sous leur aile dans leur voyage dont le but est une vengeance. Les 4 compères chemineront donc dans les grandes plaines de l'ouest américain, traversant moultes péripéties, embuscades et affrontements. Car la petite bande continue le combat perdu d'avance pour le respect de la culture lakota, complètement submergée en cette fin de XIXème siècle. Le dessin est très beau; si la BD fait quand même plus de 200 pages, c'est très agréable à lire en raison de cette pagination aérée et de ses décors magnifiques et variés. On passera donc dans les grandes plaines, mais aussi les forêts et les villes. Tout ça est magnifié par les couleurs, très claires mais aussi par des cases très grandes, ce qui permet une plongée au cœur des Etats-Unis. Un petit hic cependant, j'ai vu parfois des dessins qui avaient l'air beaucoup plus brouillons, autant au niveau des personnages que des décors. Par exemple, quand les personnages sont légèrement éloignés, on ne voit pas leur visage. Pour les décors, si l'on trouvait parfois un côté un peu brouillon quand on regardait bien, c'est carrément flagrant à la fin de l'album, lorsque les héros sont amenés à parcourir la ville. C'est un peu dommage compte tenu de la qualité du dessin sur les 3/4 de l'album. J'ai l'impression que la fin a été un peu bâclée. Le scénario est assez classique, on va voir l'évolution de Georges tout au long de l'album, c'est-à-dire qu'il va se rendre compte petit à petit des horreurs perpétrées contre les Amérindiens et sa mentalité va évidemment changé, passant de la lecture de la Bible à la découverte de sa deuxième culture. L'histoire suit donc la quête de vengeance de Little Knife, jeune Lakota ayant participé aux dernières guerres indiennes. J'ai trouvé que le développement des personnages était bien amené, que ce soit pour les principaux que pour les quelques personnages secondaires qu'ils rencontreront, et qu'il n'apportait pas de lenteurs à la lecture. Mention spéciale à la fin de l'album qui prend un chemin plus original que ce que j'avais pu voir dans d'autres westerns et qui m'a franchement plu. Je recommande donc la lecture de cet album, qui, avec 1629, fut la belle découverte de l'année après plusieurs déceptions.
Lock
Bonne série où j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. Un monde étrange où se côtoient les esprits perdus des humains dans le coma. Réincarnés dans ce monde, ils y mènent une quête pour revenir à la vie réelle. Avec en parallèle des luttes de pouvoir entre les maîtres de ce monde. Très bonne histoire, bon dessin perfectible avec des planches plus ou moins bonnes. D'où une note de 4/5 et pas 5/5.
Goya - Le Terrible Sublime
Goya est un peintre majeur, qui a révolutionné en son temps son art. Je connaissais son œuvre mais pas le personnage. Aussi à l’annonce de cette bd et de l’avis enthousiaste de Cacal69, je me suis précipité dessus, curieux d’en apprendre plus sur la genèse de ses tableaux et surtout de ses inspirations. L’artiste est persécuté par « les forces du mal » lors de crises ou hallucinations, les auteurs en livrent une vision personnelle mais crédible. Le gros gros point fort de l’album est le dessin de Fran Galàn, son trait m’a beaucoup plu et les planches sont toutes travaillées. Un sacré boulot de sa part, il propose des ambiances magnifiques et quelques réinterprétations de tableaux du plus bel effet. Le tout est très fluide entre réel et visions chocs. Rien à dire sur cette partie. Niveau histoire, il m’a manqué un petit truc pour me contenter pleinement (malgré la belle pagination). Le scénariste construit son récit en 3 actes, les 2 premiers m’ont conquis. Maladie, famille, peintre à la cour … et cette relation ambigüe avec la duchesse d’Albe (que je découvre), les ingrédients sont là pour l’explication de cette folie et ce revirement artistique. Mais le dernier acte m’a décontenancé par cette forte ellipse, nous passons des années 1793/1794 à 1820, il est alors au cœur de sa période la plus noire et tourmentée, malheureusement le début de l’histoire m’a semblé trop lointain, la plupart des autres personnages ont disparu. A mes yeux, il manque un chapitre pour tendre vers une transition moins abrupte. C’est le seul reproche que je peux faire, ça reste une œuvre réalisée avec amour et soin sur un artiste mythique. 3,5
Histoire de poireaux, de vélos, d'amour et autres phénomènes...
J'ai été agréablement surpris par ma lecture. En effet, connaissez-vous un titre moins sexy que celui-ci ? Heureusement j'aime bien les poireaux et je trouve qu'une bonne odeur de soupe aux poireaux remplie la maison de tous mes souvenirs d'enfance. Derrière cet Allium porrum se cache une histoire tout en tendresse et en délicatesse. Un groupe d'enfants se retrouve tous les samedis de marché pour aider leurs parents dans diverses petites tâches. Ces petites mains profitent des moments de pauses pour nouer des relations amicales, de jeux ou même de premiers amours. C'est le cas de Vincent, petit maraicher en herbe spécialisé dans le poireau dont le coeur s'emballe à la vue de Marie la fille du fleuriste. Un samedi comme les autres avec ses moments d'espoir, de joie mais aussi de doutes dans l'avancement de sa relation. Le moment fort est le repas de midi où tous les enfants se retrouvent autour d'une "cantinière" polonaise qui leur fait découvrir d'autres saveurs que les frites. Un scénario de Marzena Sowa assez original qui en profite pour vanter le bien fondé des légumes et d'une relation-vente bien plus humaine que dans les grandes surfaces. Aude Soleilhac propose un graphisme humoristique semi réaliste qui convient bien à un univers jeunesse. Les petites bouilles des enfants sont très attachantes et drôles. L'autrice apporte un soin particulier à la description de l'atmosphère bon enfant du marché. Le marché avec ses multiples étals permet une mise en couleur chaude et vive. Une douce lecture plaisante, un peu contemplative que j'ai trouvé bien sympathique.