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Couverture de la série Catherine Sforza - La Lionne de Lombardie
Catherine Sforza - La Lionne de Lombardie

Je ne l’ai pas trouvé si « sanglante » que ça, cette Catherine Sforza ! Elle paraitrait même pondérée par rapport à l’époque et à ses « concurrents » dans les luttes de pouvoir (toutes choses égales par ailleurs). Car l’arrière-plan est des plus riches. En effet, c’est sans doute l’une des plus brillantes périodes du nord de la péninsule italienne, au niveau artistique et politique (l’intrigue se déroule durant le milieu du XVIème siècle, jusqu’au tout début du suivant). C’est sans aucun doute aussi l’une des périodes les plus agitées, où les luttes de pouvoir entre les différentes cités, mais aussi entre les grandes familles qui cherchent à les diriger, ensanglantent la région (la France entrant dans le jeu à la fin du siècle et de ce diptyque – peut-être d’ailleurs la seule erreur d’analyse de Catherine). Pas forcément la plus sanglante (loin de là), mais pas non plus la moins machiavélique, bien au contraire. Catherine va se révéler une très fine analyste politique, et va très bien tirer son épingle du jeu, survivant à plusieurs coups durs, coups d’État (et à la mort de plusieurs maris !), montrant aussi une force de caractère et un courage tout aussi extraordinaires. Femme de son temps, elle en impose à beaucoup (dans tous les sens du terme). La narration et le dessin sont fluides, agréables à suivre, et le format en diptyque se révèle ici tout à fait adéquat, il n’y a ni longueurs ni raccourcis dommageables. C’est une lecture intéressante, un bon millésime de cette collection en tout cas. Note réelle 3,5/5.

18/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Rouge Karma
Rouge Karma

Ce lauréat du polar SNCF 2015 mérite bien sa récompense à mes yeux. Même si le scénario d'Eddy Simon est très classique. Il rejoue la carte de la recherche de la personne disparue sans laisser de trace avec un environnement hostile. On devine assez vite les dessous de l'intrigue pour qui est familier de ce genre d'histoire. L'intérêt premier du récit tient plus dans la visite des différents quartiers de Calcutta très bien saisis. Cela procure une fraicheur très exotique au récit avec un dépaysement total. Mais cette "excursion" est sublimée par l'opposition des caractères d'Adélaïde, la Française agnostique et d'Imran l'Indien Hindou. Ce rapport fait d'amitié et de valeurs opposées rend la personnalité des deux principaux protagonistes avec une belle épaisseur. J'ai aussi beaucoup aimé l'utilisation de cette thématique de l'eau assez peu utilisée mais qui risque d'être centrale dans les décennies à venir. D'ailleurs les auteurs prennent soin de ne pas trancher la dispute entre Adélaïde, humanitaire lointaine, et Imran qui défend les intérêts vitaux de son pays. Je trouve donc le scénario classique mais très bien mené. Le récit est très fluide et si la progression est assez prévisible c'est bien fait. Le graphisme de P-H Gomont est surtout remarquable dans la mise en couleur. Celle-ci utilise toutes les teintes de rouges et d'orangés pour fournir des ambiances très particulières de fêtes aux éclairages multiples. Les personnages sont très dynamiques. Les décors, temples, ruelles, échoppes sont magnifiquement travaillés avec un luxe de détails. L'antagonisme entre cette ambiance fiévreuse de la ville et la solitude d'Adélaïde est une trouvaille qui donne corps au récit. Une très bonne lecture qui m'a transporté dans un autre univers.

18/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Omaha - Danseuse féline
Omaha - Danseuse féline

Omaha est pour moi l'archétype du produit sexe à l'ancienne version fin 70's début 80's. C'est vraiment comme le cinéma X de ces années-là où les scènes explicites ne représentaient pas plus de 25% du contenu. Âge d'or pour certains ou ringard pour les autres. Toujours est-il que l'héroïne de Reed Waller et de Kate Worley dévoile ses charmes de façon assez naturelle dans un scénario très travaillé et parfois trop lourd. Les dialogues occupent une telle place que c'est difficile d'enchaîner plusieurs feuilletons de suite. L'histoire policière reste très convenue avec ses politiciens véreux et ses méchants stéréotypés très bêtes (Lol). Omaha et Chuck passent toujours entre les griffes des méchants sans une égratignure. Paradoxalement on peut trouver que le récit manque de piquant malgré les performances de la jolie danseuse. Omaha possède même des côtés assez tradi dans sa personnalité d'amoureuse jalouse et plutôt fidèle à Chuck. J'aime bien le trait de Waller fin et élégant. Il a fait l'effort de créer une galerie de personnages variée. Ses scènes de sexe vont du soft à l'explicite au cadrage assez lointain. On est très loin du porno marchand de viande. Le découpage et la présentation sont très datés et cela nuit au dynamisme de la lecture. Les décors sont rudimentaires ce qui ne favorise pas des ambiances envoûtantes mais la gestuelle des acteurs et actrices est excellente. Cette série adulte peut être regardée comme un classique qui rappelle une époque de fun et de provoc. 3.5

18/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Frère de Göring
Le Frère de Göring

Comme beaucoup je pense, je ne connaissais rien de l’existence du frère d’Hermann – au point que j’ai un temps cru à une totale création fictionnelle. Mais en fait non, les auteurs sont restés très fidèles à la réalité, les quelques manques dans nos connaissances ayant été discrètement et habilement comblés. La réussite de ce diptyque est de maintenir un bon équilibre entre l’étude familiale (au passage on cerne un peu mieux l’histoire et la personnalité d’Hermann Göring) et la grande histoire. Quant au personnage d’Albert, le frère de, donc, il garde une bonne partie de son mystère quant à ses motivations (il est vrai qu’il n’a rien dit ou écrit à ce propos après la guerre pour nous éclairer). La narration est fluide, il n’y a pas de longueur ou de temps mort superflu. Le dessin est lui aussi agréable, même si je ne l’ai pas trouvé très fouillé (je regrette aussi qu’alors que la plupart des personnages connus sont bien représentés, Hitler est un peu raté je trouve). Une bonne étude historique, une lecture intéressante en tout cas.

18/02/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Mon livre d'heures
Mon livre d'heures

Après avoir découvert et apprécié Frans Masereel avec Idée, j'avais envie d'exhumer une autre de ses œuvres. Il me faut d'abord parler du titre de cette bd, "Mon livre d'heures", qui me laissait dubitatif, et bien, il fait référence aux petits livres de prières enluminés du bas Moyen Âge, des recueils liturgiques de prières liées aux heures de la journée, ils sont représentatifs d'une chrétienté médiévale édifiante. Son livre de "prières" sera d'une autre nature. Il me faut aussi parler de la préface de Tardi, j'y ai ressenti toute son admiration pour Masereel. Touchant. Masereel se met en scène à travers ce récit, ou plutôt son alter ego et celui-ci va vivre une multitude d'aventures où l'autobiographie n'est pas loin. Des aventures qui vont le mener à travers le monde. Ne cherchez pas de fil conducteur, mais vivez ces péripéties comme un rêve éveillé, comme une ode à la liberté, à la vie. Et évidemment contre un capitalisme ne laissant plus place à l'humanité. Une narration faite d'une image par planche et sans le moindre mot mais qui en dit beaucoup sur cette époque d'après guerre, sur ses travers. Un récit anticonformiste d'une rare qualité. Graphiquement, toujours la technique de la gravure sur bois, préalablement il en dessine les modèles à l'encre de Chine. Un noir et blanc puissant, fourmillant de détails qu'il faut prendre le temps de savourer. L'humour n'y est pas absent mais son esthétisme évocateur en est sa grande force. Ne jalousons plus les américains avec Will Eisner, mais réjouissons nous d'avoir Fans Masereel, un artiste à re-découvrir de toute urgence.

17/02/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Macadam Byzance
Macadam Byzance

Ca commence par le braquage avorté d’une baraque à frite par Hervé et Illich. La recette de ce casse du siècle est proche du néant. Du coup c’est hamburgers frites grasses mayo coca pour les apprentis voleurs et vas y que je te drague la serveuse. Les deux loosers sont attachants. Des anti-héros sympathiques. Nous suivons leurs pérégrinations avec plaisir. De nombreux personnages truculents surgissent dans leur quotidien. Le rythme est bon. Les histoires s’enchainent aisément. Les dialogues claquent. C’est souvent drôle. Ce n’est ni obscène ni vulgaire. Leur errance oisive est délicieuse. Du coup j’irais bien boire une bière au troquet du coin avec eux car le maitre mot qui lie ces différents marginaux c’est l’amitié et l’amour ! Vous adorerez lire cet album composé de saynètes courtes sans action incroyable mais pourtant ça tient la route. Le dessin est très réaliste avec beaucoup de détails. Les personnages sont particulièrement réussis. Les trognes sont magnifiques. A découvrir au plus vite.

17/02/2023 (modifier)
Par yaglourt
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

Excellente série pour les raisons que tout le monde a déjà données mais j'ai été un peu déçu par le dernier tome *Attention Spoilers* Après tant d'attente, on n'apprend quasiment rien des 20 ans passés en Syrie du petit frère kidnappé (à part qu'il a fait des études de médecine) et encore on apprend encore moins sur le devenir du père (à part sa mort). EDIT: mes attentes sont finalement comblées avec le cycle suivant Moi, Fadi - Le Frère volé ;-)

17/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Cruelle Joëlle
Cruelle Joëlle

Encore une très bonne série Jeunesse de chez Sarbacane qui a régalé mes enfants et moi-même. Davide Cali nous offre un univers humoristique et fantastique très décalé sur le thème de la mort à travers des relations mère/fille inversée. La maman, Evelyne Lamort, ne vit que pour sa mission et oublie le B A BA de l'éducation de sa fille Joëlle. Davide Cali égratigne ainsi une génération de parents-ados quasi éduqués par leurs enfants matures. Le scénario file à toute vitesse, c'est très fluide avec un bon niveau de dialogues amusants. Les trois opus se lisent très facilement offrant une cohérence tout au long du récit avec l'apparition du papa en t2 et la "puberté" un peu spéciale de Joëlle en t3. Le graphisme de Ninie convient très bien à l'histoire. Les personnages sont comiques et attachants bien que Evelyne ne se montre pas tendre quand sa fille est en danger. Les décors et accessoires sont bien recherchés avec une mention pour la chambre de Joëlle ou la Dodoche d'Evelyne. Certains personnages secondaires apportent au comique de la série surtout dans le tome 2. Le scénario est parsemé de petites trouvailles comme Avocat du Diable que l'on peut approfondir avec ses enfants. J'ai trouvé cette lecture très récréative et vraiment bien pour un large public d'enfants. Je conclus sur la dernière remarque de Miranda dans l'avis précédent. Non ! je ne trouve pas que Les Petits Sarbac' soit une édition de mauvaise qualité. Cela offre un plaisir de lecture de très bonne qualité pour un format que les enfants maîtrisent mieux que des grands albums. Cela à moindre prix et moindre utilisation de ressources.

17/02/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Les Chefs-d'œuvre de Junji Ito
Les Chefs-d'œuvre de Junji Ito

Junji Ito est à la mode: ses anciens Tonkam se vendent à prix d'or, une série Netflix propose certaines de ses nouvelles les plus connues et maintenant la maison Mangetsu propose de superbes rééditions ou compilations comme celle-ci. Des histoires de tout accabit et bien sûr de qualité variable. C'est bien les récits moyens, ça permet de trouver jouissif le suivant d'un niveau plus élevé. Et donc de dévorer jusqu'à la la dernière page ces tomes de 400 pages. Junji Ito, on aime ou on aime pas mais il permet de perpétuer les récits surnaturels japonais: une normalité sournoisement changeante, où le néfaste prend chair et se diffuse dans l'air ambiant, un peu à l'instar de nos légendes urbaines occidentales. Le genre de récits que les pré-ados adorent se raconter le soir avec une lampe torche sous le menton. Comme dans un théâtre ou des récits de Tezuka, les personnages sont archétypés et permettent de créer une ambiance rapidement sur l'ensemble de son oeuvre. Il y a aussi des personnages réapparaissant de temps à autres comme l'intriguant et finalement sympathque Soichi qui fait retomber la pression ou déclenche l'acte suivant. On pourra trouver étrange que les protagonistes ne doutent pas toujours de l'étrangeré des situations et continuent tranquillement leur train-train quotidien alors que les calamités s'abattent autour d'eux. Et c'est là qu'on peut appaludir l'équipe de Mangetsu qui propose dans chaque tome des analyses pertinentes de l'oeuvre de cet artisan de l'épouvante, entre-coupées par des commentaires de l'auteur concernant chaque nouvelle.

17/02/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Le Monde sans fin
Le Monde sans fin

Beau défi pour Blain rondement remporté : rendre accessible un sujet loin d'être sexy en compilant des chiffres, statistiques et notions scientifiques poussées. Le style "BD éducatives pour les grands en duo dessinateur+spécialiste" est en vogue et payant ces dernières années avec des succès comme Dans la combi de Thomas Pesquet ou le récent Capital & Idéologie. Et c'est bien si cela permet d'ouvrir l'esprit de personnes nourries aux intox ou redoutant les articles de presse spécialisée. Et c'est aussi salutaire pour ouvrir les yeux sur une composante essentielle de notre quotidien à tous: l'énergie. Je suis de près les causes et effets du réchauffement climatique mais ai été surpris de constater que l'impact de l'énergie va au-delà de tout ça, elle régit l'ensemble de ce qui nous entoure et continuera de le régir, changement climatique ou pas. Ce dernier ne permet que d'être un accélérateur d'une transition devenant de plus en plus urgente. On apprend des tonnes de choses mais la contrepartie, ce sont les coups de déprime qu'on se prend dans la face même si l'humour de Blain (banco avec ses interventions d'Iron Man) les minimise un peu. J'espère qu'il ne sera pas lu uniquement par un public déjà au fait mais partagé à d'autres ou intégré dans les CDI des collèges et lycées. Comme beaucoup le pointent, la partie concernant le nucléaire prend une place trop large au risque de dévaloriser les propos neutres du reste du livre. C'est courageux d'afficher clairement ses opinions mais cela pourrait desservir la neutralité de l'ensemble et fournir des arguments aux négationistes. Dans tous les cas, c'est un très beau boulot de vulgarisation scientifique et de pédagogie graphique, bravo les gars. Ne reste plus qu'à espérer que cela rendront certains décideurs plus coupables de leur peu de courage face à l'urgence grandissante et les pousseront à agir.

17/02/2023 (modifier)