Les derniers avis (32305 avis)

Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Le Molosse
Le Molosse

Encore des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe. Ce recueil contient 3 histoires. Je dois dire que je ne m'en lasse pas. Même si je ne connais pas les histoires originales, le mangaka a le chic pour rendre une ambiance oppressante avec le réalisme de son dessin. Bien que le titre "Le molosse" du recueil porte sur la deuxième histoire à propos de receleurs de cadavres, j'ai une préférence pour la première 'Le temple' qui se situe dans un sous-marin nazi. Celui-ci finit par sombrer dans les limbes et perdre tout son équipage. Serait-ce à cause d'une mystérieuse amulette en ivoire arrachée sur un marin anglais noyé ? Une sorte de malédiction. Seul reste le capitaine dans les sombres profondeurs jusqu'à ce qu'il atterrisse au milieu d'une ancienne cité. L'Atlantide ?

16/02/2023 (modifier)
Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Cendre et l'écume
La Cendre et l'écume

Personne ne s'est dévoué à poster cet album, sans doute ma meilleure lecture BD de 2022. Sélectionné à Angoulême 2023, il n'a pas eu l'honneur d'un prix. Mais il faut dire que Ludovic Debeurme avait déjà eu les honneurs pour son album Lucille et aussi plusieurs sélections auparavant. C'est sûrement ici son histoire la plus personnelle. A part peut-être Ludologie mais je ne l'ai pas lu. L'auteur se met en scène avec la finesse de son trait. Il arrive avec sa petite famille dans une maison de bord de mer comme il l'a toujours souhaité et cela lui rappelle sa maison d'enfance. La falaise est toute proche (comme d'ailleurs sur la couverture du susdit Ludologie). La vue panoramique, sur l'écume entre autres. La cendre quant à elle est plutôt celle des gens qui ne sont plus là et qu'on disperse au gré du vent. Il aménage le jardin, découpe un arbre déraciné. Un arbre qui symbolise en quelque sorte une généalogie comme on peut le voir en couverture. Un bon pavé où l'auteur s'interroge et nous avec sur le temps qui passe, ses relations familiales à un âge où ses parents s'en vont et lui donne la vie à son tour, comme un relais entre les époques. Des souvenirs remontent. Ça ne parlera peut-être pas à tout le monde mais j'ai trouvé ce récit émouvant.

16/02/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Sandman - Nightmare country
Sandman - Nightmare country

Une série dérivée de plus dans cet univers de Sandman que j'adore et celle-ci choisit de prendre pour héros le Corinthien, le cauchemar le plus présent des aventures de Morphée. Tueur en série mangeur d'yeux, bourré de charisme et de trois sourires carnassiers, il avait marqué les lecteurs dans plusieurs histoires de la série originelle. Plus ou moins débarrassé de son esprit rebelle dans sa nouvelle incarnation, il reste doté d'un caractère indépendant et curieux. Et c'est bien cette curiosité qui va le pousser à vouloir investiguer quand il s'avère que des meurtres en série commis dans le monde réel semblent liés à sa propre image alors qu'il n'en est pas l'auteur. Voilà qui va l'amener à interférer dans une opération complexe impliquant une jeune artiste peintre, un milliardaire, une paire de tueurs fantastiques, un ange et sans doute au moins un autre membre de la famille des Infinis. Même si je n'ai jamais été très attaché au personnage du Corinthien, j'ai beaucoup aimé cette série dérivée. Elle respecte admirablement l'esprit de la série de Neil Gaiman, avec peut-être un peu moins de sens de la poésie mais en contrepartie un sens plus prononcé de l'action fantastique qui n'est aucunement désagréable dans cette histoire d'enquête mouvementée. Les éléments de l'univers de Sandman et les quelques personnages connus qu'on y retrouve sont fidèles à l'original tout en leur ouvrant de nouveaux horizons. C'est une belle manière de faire vivre davantage le monde imaginaire de Gaiman et cela prolonge délicieusement la série originelle, en particulier dans sa manière de faire interférer les différentes mythologies et pouvoirs, avec une implication du fantastique et du mythe dans un univers moderne bien réel et souvent bien sombre. On sent que le scénariste est un grand fan de Neil Gaiman et de son œuvre. Je note d'ailleurs qu'il n'a pas été inspiré du seul Sandman mais aussi au moins d'une autre oeuvre de Gaiman puisque ses deux tueurs font fortement penser à Mr Croup et Mr Vandemar de Neverwhere. Côté graphisme, plusieurs dessinateurs se partagent les planches mais celui qui réalise la majorité d'entre elles est Lisandro Estherren. Son trait est légèrement imprécis et les couleurs de Patricio Delpeche ont tendance à l'écraser ce qui me fait lui préférer le style de certains autres participants à cette série, mais dans l'ensemble c'est un dessin plutôt agréable, quoique certaines scènes m'ont paru un peu difficiles à déchiffrer, comme le cauchemar en introduction du premier épisode notamment. J'ai été rapidement pris par l'histoire, son rythme et surtout les rencontres entre protagonistes qu'elle propose. J'ai aimé la liberté que s'octroie le scénariste, qui ne se borne pas à un décor et des protagonistes restreints et n'hésite pas à faire intervenir de grands noms de l'univers de Sandman. Et arrivé en fin du premier album en version française, c'est-à-dire à la fin de l'épisode 6 en VO, j'ai très envie de savoir la suite et de comprendre ce qui est en jeu et les motivations des principaux instigateurs des événements.

16/02/2023 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série La Couleur des choses
La Couleur des choses

Je suis relativement méfiant avec les albums primés à Angoulème, car je suis souvent déçu par ces lectures. La couleur des choses me réconcilie enfin avec ces récompenses. Quel chouette album. Evidemment le premier élément qui ressort c'est le graphisme simple et osé. Tout est en vue de dessus, les personnages sont limités à des ronds de couleurs (!) Ça me rappelle quand j'étais gamin et que je dessinais 2 cercles pour représenter des mexicains avec leurs sombreros vus de dessus. C'est pas plus évolué ici, et un auteur a réussi la prouesse d'en faire un album de plus de 200 pages. Blague à part ce pari risqué est gagnant, car la narration est efficace, la lecture est fluide, l'enchainement des cases est limpide, la compréhension n'est jamais altérée. Bref ça fonctionne vraiment très bien. Autre crainte balayée : on pourrait se dire qu'une fois l'effet de surprise passé, on pourrait se lasser de ce style minimaliste. Ce n'est pas le cas, l'album tient la longueur. Ce pari graphique ne serait rien si le scénario n'était pas à la hauteur. Et là encore la surprise est bonne : une trame de fond intéressante, du suspens, de l'humour, de l'émotion, il y a tout dans ce récit. C'est plaisant, intéressant, parfois drôle (la vaginette, ahah), parfois cruel. Cette histoire reflète bien notre société : la naïveté, la cupidité et la cruauté des gens. Je me suis pris d'affection pour ce gamin rondouillard, malmené par ses copains de quartier et à la vie familiale perturbée. Les péripéties sont prenantes, c'est avec le plus grand intérêt qu'on suit ses mésaventures. Les rebondissements sont bien vus. C'est prenant jusqu'au dénouement qui lui aussi ne m'a pas laissé insensible. J'aurais jamais pensé que des cercles concentriques pourrait un jour me faire ressentir la moindre émotion. Tout bon, du début à la fin : un grand bravo pour cet album original.

16/02/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

Enfin j'ai pu lire ce one-shot très bien noté. Je rejoins les avis positifs quoique je n'irais pas jusqu'à mettre un coup de cœur. C'est une très bonne bande dessinée, mais pas au point de la mettre dans mes immanquables. Peut-être que ça va être le cas un jour au cours d'une relecture ? Je sais pas trop quoi dire après autant d'avis. Je vais donc simplement dire ce que j'ai aimé: le dessin qui est le genre de réaliste-comique que j'aime et donne envie de lire l'album, le personnage principal est attachant, le scénario est captivant et surtout rempli de surprises du début jusqu'à la fin. Je n'avais pas lu le résumé avant de lire et en me fiant à la couverture je pensais que ça serait un road movie entre deux vieux copains et le scénariste avait une autre idée en tête ! Il exploite son idée à merveille et j'ai lu l'album du début jusqu'à la fin sans problème.

16/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Archibald (Sarbacane)
Archibald (Sarbacane)

Mes enfants et moi-même avons beaucoup apprécié cette série fantastique et humoristique. Je trouve que le catalogue proposé par les Petits Sarbac' est vraiment très intéressant. Les séries que j'ai eu le loisir de découvrir sont toutes agréables à lire. Archibald le pourfendeur de monstres complète bien la collection. Bien que Coréen, Kim Hyun-Min inscrit son scénario et son dessin dans un contexte très européen. Le petit Archibald présente un look de Sherlock junior dans une ambiance de villages européens du XIXème siècle. Cinq histoires constituent la série. On y retrouve toutes les légendes noires des contes du continent. Zombies, Trolls et Gobelins, Vampires, Loups-Garous et pirates-monstres se présentent devant Archibald et Monk (sorte de chien cyclope aussi trouillard qu'attachant). Chacun des scénarii est très bien travaillé, pas du tout nian-nian avec un bon niveau de langage. L'esprit est vif et humoristique. Les rebondissements sont fréquents et efficaces ce qui placent Archibald et Monk devant de coriaces adversaires. D'ailleurs Archibald sortira transformé d'une de ses aventures. Chaque opus est une histoire complète mais il est bon de commencer par le début pour bien comprendre la personnalité des personnages et l'ambiance de la série. Kim utilise la ligne claire pour son graphisme. C'est très expressif bien travaillé avec beaucoup de détails. Les extérieurs sont aussi soignés. Le découpage est moderne avec des cases aux bords non rectilignes ce qui donne un côté fantaisiste au visuel. La mise en couleur travail beaucoup sur les scènes nocturnes en bleutées, période favorable à la rencontre avec des zombies ou des vampires. Une nouvelle fois les Petits Sarbac' m'ont procuré du plaisir de lecture pour un prix modeste (en neuf).

15/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Myrmidon
Myrmidon

J'aime beaucoup cette petite série destinée aux jeunes enfants. Six petits volumes sans texte mais avec un dessin très expressif que j'ai trouvés très réjouissants. À la manière d'une ronde le petit Myrmidon en pyjama trouve un joli costume pour se vêtir d'imaginaire. Comme l'habit fait le moine, ce petit garçon devient cow boy, pirate, chevalier, astronaute ou homme des cavernes. Cela crée un rêve qui a besoin de se nourrir de difficultés dont il est bien content de se sortir. L'absence de texte ne nuit pas à la découverte de l'histoire. Au contraire c'est une invite à inventer une histoire nouvelle à chaque tour de relecture. Le graphisme est très élégant. Tout est concentré sur la gestuelle de Myrmidon très dynamique. Les détails sont réservés aux "adversaires" du garçon avec un très beau dragon, ou des pirates-squelettes et leur bateau vraiment réussis. La mise en couleur sur fond blanc travaille sur de jolis orangés flamboyants qui font un agréable contraste avec le fond blanc. Les six albums sont homogènes et réussis même si j'ai une petite préférence pour les pirates. C'est la série idéale pour lire et se raconter des histoires avec un enfant de trois à cinq ans. Une belle petite série pour commencer à manipuler ses livres avec soin et amour.

15/02/2023 (modifier)
Couverture de la série La Ballade du soldat Odawaa
La Ballade du soldat Odawaa

J'ai passé un très agréable moment de lecture avec cette série. Pourtant j'ai toujours une crainte en ouvrant un ouvrage sur la Grande Guerre. On tombe si facilement dans des récits manichéens, anachroniques ou improbables que j'ai souvent du mal à adhérer aux scénarii. Ici pas du tout, j'ai trouvé très original cette introduction de ces soldats Indiens Canadiens dans un rôle de corps francs qui leur convient à merveille. Leur combat face à un adversaire digne d'eux donne du poids et de très bons rebondissements au récit. Seule la toute petite présence d'Hitler dans le récit en forme de clin d'oeil m'embête un peu. (D'ailleurs je crois qu'il ne servait pas sur ce front.) Pour le reste j'ai vraiment aimé la conduite de l'histoire jusqu'au dénouement à la fois classique mais aussi surprenant. C'est encore justice de rappeler la mémoire de ces soldats "colonisés" qui n'avaient rien à faire dans cet absurde conflit. Le graphisme de Rossi sur un mode réaliste réussit très bien à traduire cette atmosphère de mi-saison froide et mouillée d'un no man's land propice à une chasse à l'homme. On retrouve les paysages si souvent dessinés de ruines et de bois dévastés proposés dans des éclairages de nuit qui participent à l'ambiance glauque très réussie. Une fiction sur la Grande Guerre que j'ai trouvé original et très plaisant à lire.

15/02/2023 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Le Poids des héros
Le Poids des héros

Voici une bien jolie BD, d'abord par ses stupéfiantes illustrations évoquant nombre de grands peintres (Klimt, Khalo, Chagall, Matisse...), aussi par son sujet à fort potentiel dramatique (l'enfance, les grands-parents, la mort, l'engagement via la guerre civile espagnole et la seconde guerre mondiale...). Il est certain que nombre de lecteurs verront là un chef d’œuvre tant le travail de David Sala est ambitieux, méticuleux et à bien des égards magnifique. D'autres regretteront que Sala ait été dépassé par son sujet et son projet, ne parvenant tout à fait à répondre aux attentes ô combien élevées. Tous salueront un résultat a minima original et d'une indiscutable beauté. Une lecture indispensable donc.

15/02/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Nuits de Saturne
Les Nuits de Saturne

Avec cet album, c'est ma première découverte du travail de Pierre-Henry Gomont. Croisé sur le stand de Sarbacane au festival d'Angoulême de cette année, j'ai sauté sur l'occasion après avoir lu pas mal d'avis dithyrambiques sur ses albums. Et bien m'en a pris, car c'est plus qu'une bonne surprise ! "Les nuits de Saturne" se révèle être une BD prenante de bout en bout, aux personnages forts et atypiques. Lancés sur les rails d'une vengeance toute programmée, tout cela déraille de façon certaine pour nous sortir des poncifs attendus. Clovis, ex taulard en mal de vengeance va croiser la route de l'étrange et évanescente Césaria. Ce duo improbable que même Clovis semble honnir va finalement s'imposer dans la douleur. On est happés par cette relation articulée autour de cette soif de vengeance d'une part grâce à la très bonne construction du récit qui nous dévoile par touches impressionnistes le passé d'activiste de Clovis, et d'autre part par la fabuleuse colorisation à l'aquarelle de Gomont ! Que c'est beau ! Que les ambiances sont réussies ! Qu'il s'agisse des paysages ou des intérieurs de boîte de nuit, des expressions ou postures des personnages, tout sonne juste et s'accorde à merveille ! Bref ! Une très belle et bonne découverte que je recommande chaudement ! Il me reste maintenant à me pencher sur le reste de sa production...

15/02/2023 (modifier)