J’avais découvert Gwenaël Manac’h avec l’album La Cendre et le Trognon (il était alors seul à la baguette), et cet album me permet de comprendre pourquoi il semblait quasi obsédé par les trains et les aiguillages (son grand père a fait toute sa carrière à la SNCF et le train a baigné l’enfance des deux auteurs, Gwenaël accompagnant ici au dessin le travail journalistique de son frère).
Disons-le tout de suite, ce travail est quelque peu aride. Il y a beaucoup d’informations, et le dessin, assez simple, est lui aussi peu dynamique et développé.
Mais disons-le tout aussi vite, c’est un album très instructif, et dont la lecture est plus fluide que je ne le craignais de prime abord.
Une foule d’informations, mais toutes étayées (nombreuses sont les annotations et sources en bas de pages, pour ceux qui souhaiteraient vérifier ou prolonger ce qui est présenté ici).
Le mal-être des cheminots, la casse du service public, les méthodes employées pour une privatisation rampante des segments rentables, la façon biaisée de comparer les coûts du routier et du ferroviaire, tout est clairement expliqué ici dans cet album, dont j’avais entendu parler via le Monde diplomatique lors de sa sortie.
Pas l’album le plus aguichant, mais ne vous fiez pas au plumage, la ramage est intéressant.
Note réelle 3,5/5.
Voilà un album dans lequel je suis entré un peu à reculons, craignant un empilement de déjà-vu et quelques longueurs. Eh bien au final, j’en suis sorti très satisfait, et je dois dire qu’au fur et à mesure que je voyais la fin arriver, les pages restantes s’amenuisant, je me disais que j’aurais bien continué à suivre l’évolution des relations entre ce groupe de « copains ».
Petite frustration liée au fait que la fin est ouverte, une bulle a éclaté mais les liens distendus peuvent clairement se resserrer (pour certains en tout cas). Mais aussi parce que la lecture s’est révélée agréable, sur un sujet pourtant galvaudé.
Pour faire simple (et d’ailleurs tout est fait simplement je trouve), nous suivons un groupe d’amis, les relations qui les unissent, les malentendus, les secrets – plus ou moins importants – qui menacent le fragile équilibre sur lequel tout se tient. Chacun cache des fêlures.
On prend le temps de se faire aux personnages, à leur particularité, à leur personnalité. Mention spéciale au pianiste virtuose, qui cache ce succès à ses amis, leur laissant croire qu’il vivote de quelques pauvres cachets, qu’il vit dans un minuscule studio, alors que la réalité est toute autre. C’est d’ailleurs l’envers du miroir, les faux semblants, les non-dits, qui sont au centre de l’histoire, vraiment bien menée, et bien mise en image (là aussi une simplicité efficace préside au dessin) : la lecture est fluide, et recommandable en tout cas.
Miam ! Un album fantastique/SF mâtiné de Lovecraft tout en tension et en action : je prends !
mOTUS nous propose un récit imprégné de l'imaginaire lovecraftien tout à fait assumé et réussi. Si certain n'y verront qu'une énième déclinaison du mythe, j'ai trouvé l'approche contemporaine plutôt bien vue. La montée en tension progressive et les mystères qu'on découvre au fil des pages nous tiennent parfaitement en haleine, tout comme le passif de nos protagonistes. Bref, du bon boulot de scénarisation !
Côté dessin, Heri Shinato s'en sort avec les honneurs ! Pour un premier album, moi je dis chapeau ! Si quelques légères maladresses et un trait un peu hésitant sur les personnages sont visibles en début d'album, il trouve ensuite un bon équilibre et nous gratifie de quelques planches remarquables ! LA représentation des créatures est aussi magnifique ! Elles ont vraiment de la gueule !
Alors, ne boudons pas notre plaisir, cet album ravira les amateurs du genre ! Et si l'envie leur prenait de nous faire une petite suite, ça serait parfait ! :)
J'avais oublié d'aviser cette BD que je trouve excellente. Portée par le dessin de Émile Bravo qui correspond tout à fait à la période durant laquelle elle se déroule, l'histoire surtout est touchante et parfaitement écrite. C'est d'ailleurs toute la force de cette BD, qui est avant tout pleine d'émotion.
Tout se déroule dans les yeux d'un petit garçon, Jean, qui n'a pas de maman et un papa qui travaille beaucoup. Élevé par une jeune fille au pair, il raconte sa vie sans maman, les petits mensonges à l'école pour faire croire qu'elle existe, ses interrogations sur elle à travers des photos, l'entourage qui en parle parfois ... Le tout est vue de son point de vue, qui est toujours celui d'un enfant. C'est au lecteur qu'est laissé la compréhension de chaque scène, les implications diverses et ce que tout cela engendre.
Personnellement j'ai adoré la façon dont toute l'histoire est à double lecture : une simple enfance mais aussi une lecture d'adulte sur cette enfance. La voisine qui lit des cartes postales de tout les pays, le psychologue scolaire ou les vieux qui connaissaient bien sa mère ouvrent à Jean plein de situations cocasses et touchantes, dans lesquelles la naïveté et la franchise d'un enfant se confrontent à une réalité plus cruelle, mais qui les dépasse.
Le récit fait surtout fort dans ses dernières pages, où apparait la question du Père Noël. La façon dont le récit utilise cette figure pour développer ensuite le propos est touchante, mais surtout pleine de bon sens. C'est fascinant de voir l'idée prendre corps.
Le dessin de Emile Bravo correspond tout à fait à cette période, on replonge dans une vieille France, mais aussi à une façon de représenter qui me semble parfois inspirées de Sempé. Des cases à discours interne ou externe, l'enfant commentant ce qu'il voit, des bulles où le dessin fait office de texte, le tout dans une représentation de l'enfance qui ne semble jamais faire dans la nostalgie. C'est clair et net, brillamment mis en scène.
Cette BD est assez inclassable, elle fait à la fois biographie (et même autobiographie) mais parle surtout d'enfance, avec un regard dessus assez subtil pour être surtout intéressant pour des adultes. Le tout enrobé dans une BD qui n'oublie jamais l'humour sous des aspects très touchants. Un regard d'enfant sur une question grave, à laquelle il trouvera une réponse que personne ne voudrait lui donner. J'ai été étonné à la lecture, très touché et je le suis encore en me la remémorant. C'est le genre de BD que je recommande car elle sait taper juste et c'est ce qu'il y a de meilleur lorsqu'on lit.
Cette BD est un pur roman graphique tout en subtilité et en émotions. D'ordinaire, ce n'est pas le genre de récit auquel je suis sensible, et pourtant je me suis laissé porté ici et j'ai été touché à plusieurs reprises.
Il est probable que ça tienne en bonne partie au décor original et dépaysant. Nous sommes transportés dans la nature canadienne, à une époque non précisée mais qui se révèle être aux alentours de 1980 si on lit les dialogues en détail. Ceci dit, tout y parait sans âge, car à peu de choses près l'action aurait pu tout aussi bien se dérouler au 19e siècle, à l'époque des bucherons et des trappeurs. Le héros, nous allons l'apprendre au fil de la lecture, est un métis Ojibwé dont la mère est morte à sa naissance et qui n'a jamais vraiment connu son père. Il voit ce dernier comme un lâche alcoolique qui l'a abandonné, et n'a donc aucune motivation à venir lui parler quand, gravement malade, il fait appel à lui. Pourtant, quand celui-ci lui demande de l'emmener sur la crête d'une montagne pour y mourir en guerrier, le jeune homme y consent à condition qu'il lui parle de sa mère. C'est ainsi l'occasion pour le père de pouvoir enfin se confier à son fils et pour ce dernier de le comprendre et de se comprendre mieux lui-même.
Honnêtement, à lire un tel résumé, je n'aurais pas eu tellement envie de lire cet album. Mais je me suis laissé transporter malgré tout.
Le dessin, une peinture sobrement colorée est sans contours, est immersif et rend bien les décors naturels ainsi que les expressions contrites des protagonistes. Il ne présente que peu de détails mais transmet bien les émotions et le dépaysement.
La narration est claire et fluide. Les dialogues sont mesurés et distillent peu à peu les informations nécessaires pour bien tout comprendre.
Et surtout la découverte du père fonctionne bien. Du méprisable poivrot qu'il est devenu, on revient au passé cruel et triste d'une jeune homme de bonne volonté mais déchiré par la honte de sa propre faiblesse et par une erreur tragique qu'il aura commise à un moment crucial. Sans le pardonner totalement, on le comprend, on saisit l'homme qu'il est devenu et la fierté qu'il éprouve pour son fils se révèle d'autant plus forte. Et c'est justement l'homme bon que ce jeune homme est devenu qui apporte en fin de récit une belle touche d'optimisme et d'émotions positives venant contraster avec la mélancolie des pages précédentes.
Un beau cocktail d'émotions simples mais intenses, entre tristesse et espoir d'une vie meilleure.
C'est suite à l'avis de Ro que j'ai acheté cet album, en ayant eu la chance de croiser ses auteurs à Angoulême. Et je partage complètement son avis et son ressenti !
Voilà une série détonante, qui claque et envoie du lourd dans ce premier tome ! On est immédiatement happés par l'histoire grâce à un background très bien pensé et retranscrit où naviguent des personnages forts et originaux. Les rebondissements sont bien amenés et distillés savamment pour tenir le lecteur en tension au fil des planches. Le rythme intense de la narration ajoute à ce ressenti et capte toute notre attention.
Du côté du dessin, Djet nous propose un coup de crayon original et très dynamique qui cadre parfaitement avec l'univers parisien fantastique dans lequel se déroule l'histoire. Sa colorisation est au diapason, donnant une cohérence au tout.
Reste qu'effectivement, tellement pris et captivé par ce récit, qu'on arrive au bout de ces 80 pages sans s'en être rendu compte et que la frustration est grande de se voir briser dans un tel élan de lecture assez jubilatoire... Alors messieurs, VITE, LA SUITE !
« Merel » est la première œuvre d’une jeune autrice belge, Clara Lodewick, laquelle inaugure également la nouvelle collection « Les Ondes Marcinelle » des Éditions Dupuis. L’histoire se déroule donc dans un petit village à l’écart des grandes villes, et se centre sur le quotidien de Merel, qui va être confrontée à l’hostilité d’une partie des habitants. Dans tout village, la vie est généralement paisible, mais la contrepartie est que tout se sait, et que le qu’en-dira-t-on peut faire des dégâts pour celle ou celui qui en est la victime. Ici, c’est notre éleveuse de canard qui va en faire les frais dans ce récit simple et criant de vérité.
Pour Suzie, dont le couple bat de l’aile, le prétexte est tout trouvé. Merel, célibataire trop épanouie à son goût, servira d’exutoire à son mal-être, à cette impression que son mari se détourne d’elle depuis quelques temps. Trop heureuse de confier ses états d’âme à qui veut bien les entendre, y compris son fils Finn, l’épouse déconfite n’hésitera pas qualifier Merel de « femme méchante ». Le « téléphone arabe » aidant, cette dernière deviendra vite la « sorcière » du village, celle de qui, par le biais de jeux d’enfants cruels, on crucifiera un canard sur la porte d’entrée. Le jeune Finn, se sentant responsable d’une situation qu’il n’aurait pas souhaité, mais qu’il a alimenté en répercutant à ses copains les propos de sa mère de façon innocente, va alors chercher à faire amende honorable auprès de Merel. Celle-ci, bien que profondément affectée, sera légitimement gagnée par la colère et prête à se défendre, mais ne cherchera jamais à se venger de qui que ce soit.
Avec beaucoup de justesse, Clara Lodewick nous livre ici un récit touchant et généreux dans lequel, après que la mesquinerie et la méchanceté des uns se soient donnés en spectacle sur le petit théâtre de la comédie humaine, succède le temps des regrets et du pardon. La nature humaine est parfois cruelle mais elle sait aussi être altruiste. C’est ce que semble vouloir nous démontrer son autrice, en toute simplicité, et ce n’est peut-être pas par hasard si l’histoire se situe dans un contexte rural, là où les rapports humains apparaissent plus authentiques que dans les centres urbains. Le dessin sans esbroufe et un peu fragile sert parfaitement le récit et en restitue agréablement l’atmosphère champêtre, non sans évoquer l’univers des livres de Posy Simmonds.
« Merel », c’est une belle histoire de rédemption, qui nous dit que les conflits humains peuvent toujours se désamorcer, si tant est qu’on y fasse intervenir un brin d’intelligence et de sagesse, sans mettre le doigt dans l’engrenage de la vengeance, qui ne soulage que sur le moment. Des valeurs qui nous font grandir au lieu de nous rabaisser à notre pathétique condition. Clara Lodewick est une autrice que l’on suivra avec attention.
J’avais découvert Charlie Zanello avec « Maison Ronde » et je m’étais juré de lire ce documentaire-ci réalisé au préalable car j’avais beaucoup aimé son ton désinvolte. Et je peux affirmer sans prendre de risques que votre ressenti sur « Dedans le centre Pompidou-Metz » sera très similaire à celui sur « Maison ronde ». En effet, l’auteur utilise le même ton, la même ironie, la même désinvolture dans ces deux œuvres.
Avec Dedans le centre Pompidou-Metz, Charile Zanello nous fait découvrir son quotidien de libraire au sein du musée. Ses courts récits lui permettent de revenir sur les six premières années d’existence du centre, avec l’effervescence des débuts et la lente mais constante chute de fréquentation au fil des années. J’ai aimé cette découverte intramuros de la vie quotidienne d’un musée et de sa librairie. D’autant plus que Zanello a l’air d’être un fameux loustic même si je le soupçonne d’exagérer certains événements, mais c’est ce qui fait justement tout le charme du documentaire. Regard perplexe devant certaines œuvres, regard amusé vis-à-vis de certains clients, regard dubitatif devant certaines performances, regard ironique vis-à-vis de son travail, ce regard frais d’un libraire qui semble s’amuser de tout sans trop s’inquiéter pour son travail assure une lecture rapide faite le sourire aux lèvres.
Autant il y a du Delisle dans le regard de l’auteur, autant il y a du Jean-Marc Reiser ou du Marion Montaigne dans son trait. Léger, dynamique, caricatural mais toujours lisible, sa facilité de lecture est encore accentuée ici par des planches la plupart du temps réalisées en bichromies. C’est frais et joyeux, tout ce que je demande lorsque je lis ce type de documentaire ‘amusant et amusé’.
Certains récits voient l’auteur suivre un guide, ce qui permet d’appréhender certaines œuvres ou certains concepts sous un angle éclairé et donc de mieux les comprendre. Là encore, j’ai trouvé ces récits pertinents. En tous les cas, ils m’ont donné l’envie de découvrir un jour ce musée.
Pour moi, ça a donc été un très agréable moment de lecture, amusant et instructif à la fois.
Je me suis fait offrir cette BD pour mon anniversaire. Je l'avais insérée dans une longue liste sans trop savoir à quoi m'attendre. C'est la couverture qui m'avait attirée à la base ainsi que sa nomination à Angoulême.
Et c'est une belle découverte. J'ai fortement apprécié cette peinture du monde rural flamand. J'y ai vu plein de similitudes avec une de mes régions d'origine, la Dordogne, d'où ma mère est originaire. Les canards et le club sportif local en tête (remplacer le rugby par le foot), véritable poumon social du village. Tout de suite, j'ai donc eu un attachement à cette bd. Cela m'a rappelé mes souvenirs d'enfance et d'adolescence lorsque je passais quelques jours chez mes grands-parents.
Merel est une femme, paysanne, libre, parfaitement à l'aise dans sa peau. Elle vit pour ses canards, pour son club de foot, pour son amant. Elle ne demande pas plus, cela la satisfait pleinement. La vie est paisible.
Et patatras ! Une vanne un peu crue lors d'une soirée du foot et sa vie va s'emballer, dans le mauvais sens du terme. Victime d'une femme délaissée par son lâche de mari et qui va décider de se venger de lui à travers elle, elle va devenir l'ennemi public numéro un. Sans rien y comprendre. Sa vie étant tellement paisible, calée, qu'elle ne pouvait pas imaginer cela. Elle mettra du temps d'ailleurs à comprendre ce qui lui arrive.
Seule contre tous (ou presque, son amant ne la lâchera jamais), elle continue à vivre, droite dans ses bottes. De toute façon, tant qu'elle a ses canards, elle est heureuse.
Mais ça va aller trop loin, sa souffrance lors d'une scène en particulier est contagieuse. Je n'en dis pas plus, mais j'ai pleuré avec elle.
Le salut viendra d'un enfant. Je laisse découvrir aux futurs lecteurs la suite.
La fin m'a satisfait, elle est à l'image de Merel, pleine de compassion.
Néanmoins, je me permets d'ajouter à mon avis, l'avis de ma compagne et de mon fils (9 ans) qui ont lu la bd aussi. Avec un ressenti un peu différent.
Pour ma compagne, qui est une femme d'une loyauté inébranlable, la fin a été une déception. Elle l'a trouvée trop facile, regrettant que les ignominies subies par Merel ne soient pas "punies" plus que cela. Cela s'entend même si personnellement je trouve que Merel en sort encore plus grande.
Pour mon fils, qui a englouti la bd en une heure (gros lecteur le loulou !), et qui a malheureusement subi du harcèlement à l'école il y a deux ans, la bd traite justement de harcèlement, de "méchanceté", pour reprendre ses mots. Ce qui est juste. Mais là, où je vois (avec ma compagne) une faute des adultes, lui il y voit une faute des enfants. Logique.
Merel est une bd à découvrir. La profondeur des personnages y est centrale. Et si l'histoire est somme toute, malheureusement, assez banale, le contexte géographique de la campagne flamande, la rend très attachante. Clara Lodewick est une autrice à suivre. Sa première œuvre est très prometteuse.
Avec un bon scénario et un très bon dessin, Matz nous embarque dans une aventure mi-road-trip, mi-polar avec pour décor les grands espaces des déserts américains. Ça m’a aussitôt fait penser à un bon Clint Eastwood. Le héros, un homme solitaire au lourd passé mafieux, a décidé de collaborer avec les autorités et de venir le témoin principal dans le procès qui se prépare. A ce titre, il bénéficie du programme expérimental de protection des témoins contre la mafia. Briser l’omerta n’est pas sans risque ! L’existence de ce programme dans l’histoire des États-Unis apporte un intérêt supplémentaire à l’album. Ce préalable de départ posé, l’album déroule son scénario avec rythme et rebondissements jusqu’à une fin plutôt réussie. Le dessin est détaillé avec des couleurs douces qui donnent une belle ambiance à l’histoire. Une très belle découverte...
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Un train d'enfer
J’avais découvert Gwenaël Manac’h avec l’album La Cendre et le Trognon (il était alors seul à la baguette), et cet album me permet de comprendre pourquoi il semblait quasi obsédé par les trains et les aiguillages (son grand père a fait toute sa carrière à la SNCF et le train a baigné l’enfance des deux auteurs, Gwenaël accompagnant ici au dessin le travail journalistique de son frère). Disons-le tout de suite, ce travail est quelque peu aride. Il y a beaucoup d’informations, et le dessin, assez simple, est lui aussi peu dynamique et développé. Mais disons-le tout aussi vite, c’est un album très instructif, et dont la lecture est plus fluide que je ne le craignais de prime abord. Une foule d’informations, mais toutes étayées (nombreuses sont les annotations et sources en bas de pages, pour ceux qui souhaiteraient vérifier ou prolonger ce qui est présenté ici). Le mal-être des cheminots, la casse du service public, les méthodes employées pour une privatisation rampante des segments rentables, la façon biaisée de comparer les coûts du routier et du ferroviaire, tout est clairement expliqué ici dans cet album, dont j’avais entendu parler via le Monde diplomatique lors de sa sortie. Pas l’album le plus aguichant, mais ne vous fiez pas au plumage, la ramage est intéressant. Note réelle 3,5/5.
BFF
Voilà un album dans lequel je suis entré un peu à reculons, craignant un empilement de déjà-vu et quelques longueurs. Eh bien au final, j’en suis sorti très satisfait, et je dois dire qu’au fur et à mesure que je voyais la fin arriver, les pages restantes s’amenuisant, je me disais que j’aurais bien continué à suivre l’évolution des relations entre ce groupe de « copains ». Petite frustration liée au fait que la fin est ouverte, une bulle a éclaté mais les liens distendus peuvent clairement se resserrer (pour certains en tout cas). Mais aussi parce que la lecture s’est révélée agréable, sur un sujet pourtant galvaudé. Pour faire simple (et d’ailleurs tout est fait simplement je trouve), nous suivons un groupe d’amis, les relations qui les unissent, les malentendus, les secrets – plus ou moins importants – qui menacent le fragile équilibre sur lequel tout se tient. Chacun cache des fêlures. On prend le temps de se faire aux personnages, à leur particularité, à leur personnalité. Mention spéciale au pianiste virtuose, qui cache ce succès à ses amis, leur laissant croire qu’il vivote de quelques pauvres cachets, qu’il vit dans un minuscule studio, alors que la réalité est toute autre. C’est d’ailleurs l’envers du miroir, les faux semblants, les non-dits, qui sont au centre de l’histoire, vraiment bien menée, et bien mise en image (là aussi une simplicité efficace préside au dessin) : la lecture est fluide, et recommandable en tout cas.
Unité Z
Miam ! Un album fantastique/SF mâtiné de Lovecraft tout en tension et en action : je prends ! mOTUS nous propose un récit imprégné de l'imaginaire lovecraftien tout à fait assumé et réussi. Si certain n'y verront qu'une énième déclinaison du mythe, j'ai trouvé l'approche contemporaine plutôt bien vue. La montée en tension progressive et les mystères qu'on découvre au fil des pages nous tiennent parfaitement en haleine, tout comme le passif de nos protagonistes. Bref, du bon boulot de scénarisation ! Côté dessin, Heri Shinato s'en sort avec les honneurs ! Pour un premier album, moi je dis chapeau ! Si quelques légères maladresses et un trait un peu hésitant sur les personnages sont visibles en début d'album, il trouve ensuite un bon équilibre et nous gratifie de quelques planches remarquables ! LA représentation des créatures est aussi magnifique ! Elles ont vraiment de la gueule ! Alors, ne boudons pas notre plaisir, cet album ravira les amateurs du genre ! Et si l'envie leur prenait de nous faire une petite suite, ça serait parfait ! :)
Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
J'avais oublié d'aviser cette BD que je trouve excellente. Portée par le dessin de Émile Bravo qui correspond tout à fait à la période durant laquelle elle se déroule, l'histoire surtout est touchante et parfaitement écrite. C'est d'ailleurs toute la force de cette BD, qui est avant tout pleine d'émotion. Tout se déroule dans les yeux d'un petit garçon, Jean, qui n'a pas de maman et un papa qui travaille beaucoup. Élevé par une jeune fille au pair, il raconte sa vie sans maman, les petits mensonges à l'école pour faire croire qu'elle existe, ses interrogations sur elle à travers des photos, l'entourage qui en parle parfois ... Le tout est vue de son point de vue, qui est toujours celui d'un enfant. C'est au lecteur qu'est laissé la compréhension de chaque scène, les implications diverses et ce que tout cela engendre. Personnellement j'ai adoré la façon dont toute l'histoire est à double lecture : une simple enfance mais aussi une lecture d'adulte sur cette enfance. La voisine qui lit des cartes postales de tout les pays, le psychologue scolaire ou les vieux qui connaissaient bien sa mère ouvrent à Jean plein de situations cocasses et touchantes, dans lesquelles la naïveté et la franchise d'un enfant se confrontent à une réalité plus cruelle, mais qui les dépasse. Le récit fait surtout fort dans ses dernières pages, où apparait la question du Père Noël. La façon dont le récit utilise cette figure pour développer ensuite le propos est touchante, mais surtout pleine de bon sens. C'est fascinant de voir l'idée prendre corps. Le dessin de Emile Bravo correspond tout à fait à cette période, on replonge dans une vieille France, mais aussi à une façon de représenter qui me semble parfois inspirées de Sempé. Des cases à discours interne ou externe, l'enfant commentant ce qu'il voit, des bulles où le dessin fait office de texte, le tout dans une représentation de l'enfance qui ne semble jamais faire dans la nostalgie. C'est clair et net, brillamment mis en scène. Cette BD est assez inclassable, elle fait à la fois biographie (et même autobiographie) mais parle surtout d'enfance, avec un regard dessus assez subtil pour être surtout intéressant pour des adultes. Le tout enrobé dans une BD qui n'oublie jamais l'humour sous des aspects très touchants. Un regard d'enfant sur une question grave, à laquelle il trouvera une réponse que personne ne voudrait lui donner. J'ai été étonné à la lecture, très touché et je le suis encore en me la remémorant. C'est le genre de BD que je recommande car elle sait taper juste et c'est ce qu'il y a de meilleur lorsqu'on lit.
Les Étoiles s'éteignent à l'aube
Cette BD est un pur roman graphique tout en subtilité et en émotions. D'ordinaire, ce n'est pas le genre de récit auquel je suis sensible, et pourtant je me suis laissé porté ici et j'ai été touché à plusieurs reprises. Il est probable que ça tienne en bonne partie au décor original et dépaysant. Nous sommes transportés dans la nature canadienne, à une époque non précisée mais qui se révèle être aux alentours de 1980 si on lit les dialogues en détail. Ceci dit, tout y parait sans âge, car à peu de choses près l'action aurait pu tout aussi bien se dérouler au 19e siècle, à l'époque des bucherons et des trappeurs. Le héros, nous allons l'apprendre au fil de la lecture, est un métis Ojibwé dont la mère est morte à sa naissance et qui n'a jamais vraiment connu son père. Il voit ce dernier comme un lâche alcoolique qui l'a abandonné, et n'a donc aucune motivation à venir lui parler quand, gravement malade, il fait appel à lui. Pourtant, quand celui-ci lui demande de l'emmener sur la crête d'une montagne pour y mourir en guerrier, le jeune homme y consent à condition qu'il lui parle de sa mère. C'est ainsi l'occasion pour le père de pouvoir enfin se confier à son fils et pour ce dernier de le comprendre et de se comprendre mieux lui-même. Honnêtement, à lire un tel résumé, je n'aurais pas eu tellement envie de lire cet album. Mais je me suis laissé transporter malgré tout. Le dessin, une peinture sobrement colorée est sans contours, est immersif et rend bien les décors naturels ainsi que les expressions contrites des protagonistes. Il ne présente que peu de détails mais transmet bien les émotions et le dépaysement. La narration est claire et fluide. Les dialogues sont mesurés et distillent peu à peu les informations nécessaires pour bien tout comprendre. Et surtout la découverte du père fonctionne bien. Du méprisable poivrot qu'il est devenu, on revient au passé cruel et triste d'une jeune homme de bonne volonté mais déchiré par la honte de sa propre faiblesse et par une erreur tragique qu'il aura commise à un moment crucial. Sans le pardonner totalement, on le comprend, on saisit l'homme qu'il est devenu et la fierté qu'il éprouve pour son fils se révèle d'autant plus forte. Et c'est justement l'homme bon que ce jeune homme est devenu qui apporte en fin de récit une belle touche d'optimisme et d'émotions positives venant contraster avec la mélancolie des pages précédentes. Un beau cocktail d'émotions simples mais intenses, entre tristesse et espoir d'une vie meilleure.
In Memoriam
C'est suite à l'avis de Ro que j'ai acheté cet album, en ayant eu la chance de croiser ses auteurs à Angoulême. Et je partage complètement son avis et son ressenti ! Voilà une série détonante, qui claque et envoie du lourd dans ce premier tome ! On est immédiatement happés par l'histoire grâce à un background très bien pensé et retranscrit où naviguent des personnages forts et originaux. Les rebondissements sont bien amenés et distillés savamment pour tenir le lecteur en tension au fil des planches. Le rythme intense de la narration ajoute à ce ressenti et capte toute notre attention. Du côté du dessin, Djet nous propose un coup de crayon original et très dynamique qui cadre parfaitement avec l'univers parisien fantastique dans lequel se déroule l'histoire. Sa colorisation est au diapason, donnant une cohérence au tout. Reste qu'effectivement, tellement pris et captivé par ce récit, qu'on arrive au bout de ces 80 pages sans s'en être rendu compte et que la frustration est grande de se voir briser dans un tel élan de lecture assez jubilatoire... Alors messieurs, VITE, LA SUITE !
Merel
« Merel » est la première œuvre d’une jeune autrice belge, Clara Lodewick, laquelle inaugure également la nouvelle collection « Les Ondes Marcinelle » des Éditions Dupuis. L’histoire se déroule donc dans un petit village à l’écart des grandes villes, et se centre sur le quotidien de Merel, qui va être confrontée à l’hostilité d’une partie des habitants. Dans tout village, la vie est généralement paisible, mais la contrepartie est que tout se sait, et que le qu’en-dira-t-on peut faire des dégâts pour celle ou celui qui en est la victime. Ici, c’est notre éleveuse de canard qui va en faire les frais dans ce récit simple et criant de vérité. Pour Suzie, dont le couple bat de l’aile, le prétexte est tout trouvé. Merel, célibataire trop épanouie à son goût, servira d’exutoire à son mal-être, à cette impression que son mari se détourne d’elle depuis quelques temps. Trop heureuse de confier ses états d’âme à qui veut bien les entendre, y compris son fils Finn, l’épouse déconfite n’hésitera pas qualifier Merel de « femme méchante ». Le « téléphone arabe » aidant, cette dernière deviendra vite la « sorcière » du village, celle de qui, par le biais de jeux d’enfants cruels, on crucifiera un canard sur la porte d’entrée. Le jeune Finn, se sentant responsable d’une situation qu’il n’aurait pas souhaité, mais qu’il a alimenté en répercutant à ses copains les propos de sa mère de façon innocente, va alors chercher à faire amende honorable auprès de Merel. Celle-ci, bien que profondément affectée, sera légitimement gagnée par la colère et prête à se défendre, mais ne cherchera jamais à se venger de qui que ce soit. Avec beaucoup de justesse, Clara Lodewick nous livre ici un récit touchant et généreux dans lequel, après que la mesquinerie et la méchanceté des uns se soient donnés en spectacle sur le petit théâtre de la comédie humaine, succède le temps des regrets et du pardon. La nature humaine est parfois cruelle mais elle sait aussi être altruiste. C’est ce que semble vouloir nous démontrer son autrice, en toute simplicité, et ce n’est peut-être pas par hasard si l’histoire se situe dans un contexte rural, là où les rapports humains apparaissent plus authentiques que dans les centres urbains. Le dessin sans esbroufe et un peu fragile sert parfaitement le récit et en restitue agréablement l’atmosphère champêtre, non sans évoquer l’univers des livres de Posy Simmonds. « Merel », c’est une belle histoire de rédemption, qui nous dit que les conflits humains peuvent toujours se désamorcer, si tant est qu’on y fasse intervenir un brin d’intelligence et de sagesse, sans mettre le doigt dans l’engrenage de la vengeance, qui ne soulage que sur le moment. Des valeurs qui nous font grandir au lieu de nous rabaisser à notre pathétique condition. Clara Lodewick est une autrice que l’on suivra avec attention.
Dedans le centre Pompidou-Metz
J’avais découvert Charlie Zanello avec « Maison Ronde » et je m’étais juré de lire ce documentaire-ci réalisé au préalable car j’avais beaucoup aimé son ton désinvolte. Et je peux affirmer sans prendre de risques que votre ressenti sur « Dedans le centre Pompidou-Metz » sera très similaire à celui sur « Maison ronde ». En effet, l’auteur utilise le même ton, la même ironie, la même désinvolture dans ces deux œuvres. Avec Dedans le centre Pompidou-Metz, Charile Zanello nous fait découvrir son quotidien de libraire au sein du musée. Ses courts récits lui permettent de revenir sur les six premières années d’existence du centre, avec l’effervescence des débuts et la lente mais constante chute de fréquentation au fil des années. J’ai aimé cette découverte intramuros de la vie quotidienne d’un musée et de sa librairie. D’autant plus que Zanello a l’air d’être un fameux loustic même si je le soupçonne d’exagérer certains événements, mais c’est ce qui fait justement tout le charme du documentaire. Regard perplexe devant certaines œuvres, regard amusé vis-à-vis de certains clients, regard dubitatif devant certaines performances, regard ironique vis-à-vis de son travail, ce regard frais d’un libraire qui semble s’amuser de tout sans trop s’inquiéter pour son travail assure une lecture rapide faite le sourire aux lèvres. Autant il y a du Delisle dans le regard de l’auteur, autant il y a du Jean-Marc Reiser ou du Marion Montaigne dans son trait. Léger, dynamique, caricatural mais toujours lisible, sa facilité de lecture est encore accentuée ici par des planches la plupart du temps réalisées en bichromies. C’est frais et joyeux, tout ce que je demande lorsque je lis ce type de documentaire ‘amusant et amusé’. Certains récits voient l’auteur suivre un guide, ce qui permet d’appréhender certaines œuvres ou certains concepts sous un angle éclairé et donc de mieux les comprendre. Là encore, j’ai trouvé ces récits pertinents. En tous les cas, ils m’ont donné l’envie de découvrir un jour ce musée. Pour moi, ça a donc été un très agréable moment de lecture, amusant et instructif à la fois.
Merel
Je me suis fait offrir cette BD pour mon anniversaire. Je l'avais insérée dans une longue liste sans trop savoir à quoi m'attendre. C'est la couverture qui m'avait attirée à la base ainsi que sa nomination à Angoulême. Et c'est une belle découverte. J'ai fortement apprécié cette peinture du monde rural flamand. J'y ai vu plein de similitudes avec une de mes régions d'origine, la Dordogne, d'où ma mère est originaire. Les canards et le club sportif local en tête (remplacer le rugby par le foot), véritable poumon social du village. Tout de suite, j'ai donc eu un attachement à cette bd. Cela m'a rappelé mes souvenirs d'enfance et d'adolescence lorsque je passais quelques jours chez mes grands-parents. Merel est une femme, paysanne, libre, parfaitement à l'aise dans sa peau. Elle vit pour ses canards, pour son club de foot, pour son amant. Elle ne demande pas plus, cela la satisfait pleinement. La vie est paisible. Et patatras ! Une vanne un peu crue lors d'une soirée du foot et sa vie va s'emballer, dans le mauvais sens du terme. Victime d'une femme délaissée par son lâche de mari et qui va décider de se venger de lui à travers elle, elle va devenir l'ennemi public numéro un. Sans rien y comprendre. Sa vie étant tellement paisible, calée, qu'elle ne pouvait pas imaginer cela. Elle mettra du temps d'ailleurs à comprendre ce qui lui arrive. Seule contre tous (ou presque, son amant ne la lâchera jamais), elle continue à vivre, droite dans ses bottes. De toute façon, tant qu'elle a ses canards, elle est heureuse. Mais ça va aller trop loin, sa souffrance lors d'une scène en particulier est contagieuse. Je n'en dis pas plus, mais j'ai pleuré avec elle. Le salut viendra d'un enfant. Je laisse découvrir aux futurs lecteurs la suite. La fin m'a satisfait, elle est à l'image de Merel, pleine de compassion. Néanmoins, je me permets d'ajouter à mon avis, l'avis de ma compagne et de mon fils (9 ans) qui ont lu la bd aussi. Avec un ressenti un peu différent. Pour ma compagne, qui est une femme d'une loyauté inébranlable, la fin a été une déception. Elle l'a trouvée trop facile, regrettant que les ignominies subies par Merel ne soient pas "punies" plus que cela. Cela s'entend même si personnellement je trouve que Merel en sort encore plus grande. Pour mon fils, qui a englouti la bd en une heure (gros lecteur le loulou !), et qui a malheureusement subi du harcèlement à l'école il y a deux ans, la bd traite justement de harcèlement, de "méchanceté", pour reprendre ses mots. Ce qui est juste. Mais là, où je vois (avec ma compagne) une faute des adultes, lui il y voit une faute des enfants. Logique. Merel est une bd à découvrir. La profondeur des personnages y est centrale. Et si l'histoire est somme toute, malheureusement, assez banale, le contexte géographique de la campagne flamande, la rend très attachante. Clara Lodewick est une autrice à suivre. Sa première œuvre est très prometteuse.
Le Serpent et le Coyote
Avec un bon scénario et un très bon dessin, Matz nous embarque dans une aventure mi-road-trip, mi-polar avec pour décor les grands espaces des déserts américains. Ça m’a aussitôt fait penser à un bon Clint Eastwood. Le héros, un homme solitaire au lourd passé mafieux, a décidé de collaborer avec les autorités et de venir le témoin principal dans le procès qui se prépare. A ce titre, il bénéficie du programme expérimental de protection des témoins contre la mafia. Briser l’omerta n’est pas sans risque ! L’existence de ce programme dans l’histoire des États-Unis apporte un intérêt supplémentaire à l’album. Ce préalable de départ posé, l’album déroule son scénario avec rythme et rebondissements jusqu’à une fin plutôt réussie. Le dessin est détaillé avec des couleurs douces qui donnent une belle ambiance à l’histoire. Une très belle découverte...