Dans la collection "Les Reines de sang" voici venir Cléopâtre. La famille Gloris et leur goût prononcé pour l'histoire leur font continuer l'aventure avec ce nouveau grand personnage historique féminin, avec cette fois-ci au dessin Joël Mouclier que je découvre.
Ce premier tome installe tranquillement ses pièces sur l'échiquier autour de notre grande reine d'Egypte. Car c'est qu'il y en a du monde à évoluer autour d'elle, à commencer par son jeune frère Ptolémée, avec qui les tensions familiales vont monter crescendo. Ajoutez à cela un empire romain lui aussi déchiré entre Pompée et César mais qui tient l’Égypte par les bourses et vous allez pouvoir sortir le pop corn pour profiter d'une partie pas toujours fine qui ne donnera pas forcément dans la dentelle...
Ce qui marque d'emblée c'est l'ambiance qui nous est retranscrite de cette Egypte du Ier siècle avant J.C. Joël Mouclier a le don de nous immerger dans cette période historique grâce à la qualité de son dessin et de sa mise en couleur. Faste, chaleur, architecture démesurée, chatoyance des maquillages ou des décors, on s'y croirait.
Mais derrière les fards, c'est aussi une période sans pitié où la mort et les complots ponctuent le quotidien de ces grands de l'Histoire. Et c'est tout cela que notre Cléopâtre va polariser autour d'elle, menant sa barque tant bien que mal dans ce vortex dangereux.
Les grandes lignes sont maintenant posées avec ce premier opus, reste à suivre dans les prochains tomes l'évolution de cette femme bien trempée !
*** Tome 2 ***
Voici donc venir le deuxième opus de cette série qui aura réussi à me réconcilier avec la BD historique. Toujours aussi chatoyant et intense, le personnage historique de Cléopâtre a, il faut l'avouer quelques atouts pour nous prendre par la main et nous tenir en haleine.
Car il s'en passe des choses dans cette suite. Cléopâtre trouve un moyen radical pour assoir son pouvoir, elle donne a César le fils qu'il attendait et lui fait la surprise de la rejoindre à Rome pour le lui présenter... Sauf que les surprises ne sont parfois pas du gout de tout le monde et Cléopâtre si à l'aise chez elle, va vite déchanter et se rendre compte que le faste de Rome est peut-être rutilant vu de loin, mais qu'il n'est pas aussi éclatant et intéressant au quotidien. Surtout que César ne semble plus aussi impatient de revoir sa belle maintenant qu'elle lui a donné ce qu'il attendait...
C'est donc toujours aussi bien construit, mêlant habilement l'Histoire et les intrigues de couloir pour nous servir une narration soutenue. On ne lâche l'album qu'en le refermant, ce qui est révélateur de sa qualité.
Je monte donc déjà ma note à 4 et j'attends la suite avec impatience.
*** Tome 3 ***
Arfff... Ba mince alors, moi qui m'étais entiché de cette série, j'avoue que ce troisième tome ne m'aura pas autant emballé que les autres. Car si dans les tomes précédents Cléopâtre crevait les pages de par son personnage et son rôle historique, je l'ai trouvée cette fois-ci nettement en retrait derrière les intrigues romaines une bonne partie de l'album... Heureusement son retour en Égypte permet de recentrer le récit sur elle, même si les intrigues de l'Empire ou de ses proches continuent de servir de fil rouge au récit et d'émailler le quotidien de la souveraine.
Pour ce qui est du dessin, rien à redire, c'est toujours aussi efficace et colorisé de façon chatoyante, rendant à cette période historique et au bassin méditerranéen toute la chaleur et l'exubérance dont elle sait faire preuve.
Il ne reste plus qu'à attendre le 4e album conclusif, en espérant qu'il relève un peu la barre au niveau des deux premiers pour terminer ce récit de belle manière et ainsi rendre hommage comme il se doit à ce nez de l'Histoire.
*** Tome 4 ***
Petite surprise pour commencer, ce 4e tome ne sera finalement pas le dernier : un cinquième est annoncé !
Du côté de l'histoire, si les intrigues romaines continuent d'alimenter une bonne partie du récit, Cléopâtre y retrouve un rôle plus prépondérant que dans le tome précédent qui m'avait un peu déçu. On est plus ici dans cette dualité qui ne fait que commencer entre l'Orient et l'Occident. Cléopâtre cherche à conquérir définitivement le coeur de Marc-Antoine, consul de la partie orientale de l'Empire Romain. Octave, l'autre consul avec qui Marc-Antoine se partage l'Empire, ne va pas lui rendre la vie facile et les trahisons s'enchaînent, tout comme les batailles... Marc-Antoine manque d'y laisser sa peau à plusieurs reprises, mais heureusement, le soutient de Cléopâtre lui sera à chaque fois salvateur. Pour autant Octave n'en a pas fini de ses manigances et cherche à en finir avec Marc-Antoine.
Voilà donc un quatrième tome qui a su redonner du rythme et repiquer ma curiosité en nous se recentrant sur la partie orientale de la Méditerranée. Je suis moins fan des séries historiques centrée sur Rome, d'autres l'ont déjà très bien traité. Le dessin de Joël Mouclier est toujours aussi efficace pour restituer le faste et la grandeur de cette période dominante de l'Egypte.
Il nous reste donc plus qu'à attendre le 5e tome de cette série, qui sera le dernier cette fois-ci je l'espère.
*** Tome 5 ***
Voici donc le dernier tome de cette très bonne série historique qu'on serait tenté de résumer par "Amour et pouvoir ne font pas bon ménage".
En effet, dans ce dernier opus, c'est le déchirement inéluctable de la relation entre Marc-Antoine et Cléopâtre qui se joue, jusqu'à la mort fatidique de nos deux protagonistes (je ne spoile pas grand chose si vous avez été un minimum assidu pendant vos cours d'histoire, hein :p ). Car entre les velléités de pouvoir d'Octave qui s'impose à Rome par un coup d'état afin de pouvoir s'arroger le titre de César et d'en finit avec le partage du pouvoir et cette relation amoureuse avec Cléopâtre qui semble transformer Marc-Antoine, son aura de chef de guerre s'étiole et la confiance de ses troupes fond comme neige au soleil d’Égypte...
De défaites en défaites et de trahisons en trahisons, Marc-Antoine n'est plus que l'ombre du conquérant qu'il a été, ce qui n'arrange rien dans sa relation avec l'impétueuse Cléopâtre. C'est donc son destin tragique et sa chute dans laquelle finira par le suivre la plus célèbre des reines égyptienne que nous narre cet album de la plus belle des manières.
Une très bonne série !
J'ai encore beaucoup apprécié cette oeuvre où participe Fabien Nury. Malgré quelques petites réserves, la lecture des quatre tomes de cette épopée de Calixte et Léon est vraiment plaisante.
L'idée de placer ce récit d'aventure en pleine guerre du Rif est assez originale. C'est un conflit assez peu connu car comme le montre la série, les armées française et espagnole ont eu toutes les peines du monde à vaincre le courage et l'opiniâtreté des combattants d'Abdelkrim.
Le scénario équilibre très bien les passages de fictions incorporés dans les événements de la grande histoire. Mais ce qui fait le sel de la série est la formidable personnalité de Calixte (le plus beau et le nom de la Corse pour les premiers Grecs !!). C'est Calixte comme idéaliste absolu qui porte le souffle épique de la série.
Sa recherche de mise en conformité de sa vie avec ses valeurs de liberté, de courage et de fidélité en fait un personnage à la fois enfantin par sa naïveté et inaccessible par sa pureté d'âme. Léon est son altérité dans ses compromissions, sa vénalité et son matérialisme. C'est donc la rencontre entre ces deux composantes de nous-même qui fait avancer l'histoire de façon si dynamique.
Un très bon récit qui travaille en profondeur les différentes personnalités des deux personnages.
Si j'aime beaucoup le côté aventure du scénario, je suis un peu plus réservé sur le côté historique des combats proposés par les auteurs. J'ai trouvé que certaines de ces scènes tombaient dans la facilité (l'évasion de Léon en T4 par exemple). J'ai même trouvé certains passages du ventre de la série un peu longs et mous.
Les dialogues sont assez simples avec une dose d'humour agréable et la série se lit rapidement.
Graphiquement j'ai trouvé les deux amis très bien réalisés. Leurs gestuelles, leurs attitudes traduisent parfaitement leur éducation supposée et leur origine sociale. C'est du bel ouvrage. Les décors des montagnes manquent un peu de grandiose et d'aridité pour créer l'ambiance adéquat mais cela reste un visuel plaisant.
Malgré ces quelques réserves la lecture est très plaisante comme souvent quand Nury signe une série.
Je suis un peu indécis après la lecture de cette série. Incontestablement le graphisme de Dori est magnifique. C'est très travaillé avec des changements de style en fonction de l'épisode traversé. Il en va de même d'une mise en couleur très luxuriante qui va des rouges les plus chauds aux pastels les plus doux.
Si l'idée de départ du scénario est séduisante avec Eutis qui traine sa solitude divine comme une âme en peine depuis des siècles. Je me suis quand-même par moment demandé où l'auteur voulait nous conduire sauf à voyager dans un univers à la Ulysse pour se réapproprier les divinités grecques. Le monde mythologique de Dori reste bien en phase avec les écrits antiques, toutefois Dori ne fait pas l'effort d'approfondir le sens de ces mythes.
Le scénario reste à un niveau poétique agréable mais insuffisant à mon goût. Ainsi en bon disciple de Dionysos, Eutis est réduit à un gros buveur de vin sans beaucoup plus de charisme. Or Dionysos et sa suite représentent bien plus que trois verres de vin.
C'est une petite réserve pour un ouvrage très travaillé graphiquement mais avec un scénario qui ne m'a pas fait vibrer. 3.5
Pour apprécier les écrits de l’aviateur écrivain poète reporter Antoine Saint Exupéry, je ne pouvais passer à côté de la sortie attendue aux éditions Nobi Nobi de sa biographie surtout que cela coïncide avec le 80e anniversaire de la sortie du Petit Prince.
Quand il y a une attente, il peut arriver que l’album ne soit pas au rendez-vous car au final le rendu ne correspond pas à vos désirs. Pour ma part je voulais absolument que certains épisodes de la vie de Saint Exupéry soient repris et détaillés dans cet album. Son intégration chez Latécoère, son accident dans le désert Libyen accompagné de son mécanicien André Prévot, sa relation avec Henri Guillaumet avec qui il contribua à la gloire de la ligne aéropostale ainsi qu'à l'ouverture de nombreuses routes commerciales françaises ainsi bien évidemment que la partie Petit Prince sur la fin de sa vie.
Et bien je vous le donne en mille. Tous les événements majeurs sont bien là avec également la description de sa jeunesse ! Tous les épisodes de sa vie sont minutieusement détaillés. Quel plaisir ! Je me suis donc régalé comme jamais à la lecture de cet album et pourtant je ne suis pas un adepte enthousiaste de mangas. C’est pour vous dire combien celui-ci est réussi.
En bonus un album photos, la chronologie détaillée de sa vie avec en parallèle l’histoire de l’aviation et les événements majeures dans le monde. Un bonheur pour tous les passionnés d’histoire. Un très bon moment de lecture !
Je ne peux que vous recommander ardemment de vous procurer ce manga au plus vite. Un petit moment délicieux en perspective.
Une couverture et un titre qui ne laisse aucun doute sur ce qu'on va découvrir à la lecture.
Dans un futur lointain, le monde est régi par une dictature où la religion est omniprésente. L'homme a colonisé un grand nombre de planètes dans de nombreux systèmes solaires et une de ces planètes est Kepler-452 b et sur celle-ci se trouve un mur opaque noir, derrière se trouve une formidable source d'énergie. Après plusieurs tentatives pour le traverser, rien n'y fait, les soldats se font massacrer par une force obscure et les robots et autres sondes cessent aussitôt d'émettre.
Dans la cité de Kadingirra, lieu du pouvoir, il est décidé d'envoyer les pires criminels qui pourrissent dans les geôles de l'empire pour essayer une nouvelle tentative de franchissement de ce Noir Horizon.
Rien de révolutionnaire donc, mais dès les premières planches j'ai été happé par l'histoire, par le rythme impulsé, par ce monde post-apocalyptique qui se dévoile doucement derrière le mur et par les rebondissements bien amenés.
Une narration musclée avec quelques flash-back sur le passé de nos taulards, quelques citations biblique qui ne sont pas anodines et une dernière page qui prend une direction inattendue.
Un Pélaez (Maudit sois-tu) en grande forme.
Benjamin Blasco-Martinez (Catamount) a réalisé un travail monstrueux avec des planches d'un réalisme à couper le souffle. C'est dynamique, cinématographique et bourré de détails. Les couleurs apportent un vrai plus à ce décor de chaos. On en prend plein les mirettes. Grandiose.
En conclusion, un blockuster qui tient toutes ses promesses et que je recommande chaudement.
Le hasard d’un vol en direction de l’Argentine, met Nicolas en relation avec Sean, un reporter de la BBC. Quelques mois plus tôt, Sean a été envoyé à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan pour réaliser un scoop : interviewer un chef taliban dans une région soupçonnée d’abriter Al-Qaeda. Mais la mission tourne au drame, et le journaliste et son fixeur sont pris en otages. Le temps du vol, Sean raconte son histoire. A nouveau basé sur des faits réels, Nicolas Wild revient sur le terrain afghan mais cette fois avec moins d’humour et plus de tension dans les situations. Mission ambitieuse, prise d’otages, détention difficile et dégradante pour les otages, libération et inadaptation à revenir à une vie normale. J’avais énormément aimé Kaboul Disco et je me suis plongé avec envie dans ce nouveau récit même si cette fois, c’est Sean qui est le sujet du scénario. La dimension reportage de cet album apporte des détails intéressants sur le travail du journaliste, ses ambitions, ses dangers et finalement sa dure réalité. Le dessin est toujours aussi convaincant, l’ambiance est là, la découverte des traditions pachtounes est très intéressante et la période de détention intelligemment traitée. Encore un bon roman graphique de reportage.
Tous les éléments se sont alignés dans ce péplum pour me plaire : batailles épiques, complots et un brin de sensualité.
Toute la férocité achéenne s'y déverse à l'encontre des Troyens, sûrement due à des années de frustration devant les murs de cette cité quasi imprenable. Dans les récits concernant cet épisode, on a toujours tendance à prendre parti pour les Achéens. Pas ici ! Ils sont montrés sous leur vrai jour, à savoir brutaux, immoraux et dénués de pitié. C'est sûrement toute cette brutalité, qui confère la singularité de cet album, que j'ai beaucoup aimée.
Le dessin de Blasco-Martinez n'est pas en reste, j'apprécie énormément son coup de crayon.
J’aurais plus facilement classé cette série en « tout public » plutôt que « Ado-Adulte », et c’est à cette aune que je mets 4 étoiles. Car je trouve que les jeunes ados apprécieront cet album (en attendant de voir comment va se décliner cette collection - l'avis porte donc sur le premier album, seul encore paru).
Le dessin et la colorisation sont assez chouettes, simples mais dynamiques, et ce alors même que le visuel est important.
En effet, on entre dès les premières pages dans un univers étrange, mêlant régressions temporelles et aspects futuristes SF un peu steampunk. J’ai bien aimé ce mélange.
Ainsi, décors et personnages rappellent clairement les États-Unis vers la fin du XIXème siècle, dans le sud ségrégationniste, avec quelques aspects presque milieu du XIXème, des sortes d’esclaves travaillant pour des planteurs. Mais, en parallèle, certaines technologies sont très futuristes, et les « esclaves » en question sont des robots humanoïdes.
L’intrigue fait allusion au massacre de Tulsa, à une forme de marronnage. Bref, un arrière-plan intrigant et riche.
Nous suivons deux gamins dans une aventure rythmée, peut-être un peu légère (mais en un tome, on ne peut trop développer), mais qui est agréable à suivre. Je regrette juste le côté trop manichéen des personnages, et l’aspect très Disneyen mais trop caricatural de la mère de l’héroïne, qui est vraiment très (trop ?) méchante, sorte de mixe de Cruella, Médusa et autre méchante monolithique.
Mais ça n’en reste pas moins un album sympathique à lire (j’aurais sans doute mis 3 étoiles, mais si je pense à un lectorat plus jeune je monte au niveau supérieur).
**********************
Le deuxième tome confirme la qualité et l'intérêt de cette série, résolument tournée vers un lectorat de jeunes ados, même si les adultes peuvent y trouver leur compte.
Toujours dans un univers western dans le sud esclavagiste, avec quelques aspects steampunk et des robots jouant le rôle d'esclaves et de tueurs (les Limiers), l'histoire développe des questionnements assez contemporains, autour des IA et de leur capacité/droit à créer de façon autonome (ce que n'acceptent pas certains humains, qui cherchent à faire disparaitre créateurs et créations.
Là encore il y a un happy end et des valeurs positives qui, comme le dessin, conviendront aux jeunes lecteurs.
Malgré l'importante pagination, ça se lit encore rapidement.
Note réelle 3,5/5.
J'ai été très touché par cette série de Luz. Ce n'est jamais facile de livrer ses peurs et ses faiblesses à un public versatile.
Le scénario est un tel cri de vérité intime dans un événement traumatisant à l'extrême qu'il m'est impossible de faire la moindre réflexion dessus.
Ce vécu appartient à Luz et j'ai été très touché qu'il nous le fasse partager.
De plus j'ai beaucoup aimé le trait minimaliste que Luz réussit à maîtriser pour s'exprimer. Il y a beaucoup de force dans ce trait qui exprime l'essentiel.
Cela me donne l'impression que beaucoup de victimes d'attentats peuvent se retrouver dans le message que Luz veut faire passer : c'est difficile parfois chaotique mais cela doit sortir (un peu comme pour le pigeon).
Une lecture qui m'a beaucoup touché.
J’ai un temps cru à une adaptation du roman pornographique d’Apollinaire « Les onze mille verges », mais pas du tout, König se débrouille comme un grand pour inventer sa propre histoire, même s’il a puisé dans un fond historique pour le contexte. En effet, il part d’une légende parfaitement documentée (il évoque ça en début d’album), légende qu’il fait évidemment quelque peu dévier.
Si bien entendu l’homosexualité (des moines, mais aussi sur la fin d’improbables gays déguisés en Huns) est bien présente, comme dans la plupart des séries de cet auteur allemand, ça n’est pas le cœur du sujet, et les fantasmes développés par les vierges en question, plutôt hétérosexuels, sont aussi utilisés par König.
J’ai trouvé l’histoire savoureuse, souvent amusante, avec quelques dialogues carrément poilants. König caricature certes, mais pas tant que ça. L’hypocrisie de l’Église (pape en tête) en prend pour son grade.
Une lecture très plaisante donc, accompagné du dessin traditionnel de König, très expressif avec peu de moyens.
Un chouette album en tout cas, une lecture agréable, König est un auteur atypique, mais qui est sous-estimé je trouve – en tout cas il mériterait plus de lecteurs ou d’avis sur ses séries, celle-ci pouvant être une bonne porte d’entrée à son œuvre.
Note réelle 3,5/5.
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Cléopâtre - La Reine fatale
Dans la collection "Les Reines de sang" voici venir Cléopâtre. La famille Gloris et leur goût prononcé pour l'histoire leur font continuer l'aventure avec ce nouveau grand personnage historique féminin, avec cette fois-ci au dessin Joël Mouclier que je découvre. Ce premier tome installe tranquillement ses pièces sur l'échiquier autour de notre grande reine d'Egypte. Car c'est qu'il y en a du monde à évoluer autour d'elle, à commencer par son jeune frère Ptolémée, avec qui les tensions familiales vont monter crescendo. Ajoutez à cela un empire romain lui aussi déchiré entre Pompée et César mais qui tient l’Égypte par les bourses et vous allez pouvoir sortir le pop corn pour profiter d'une partie pas toujours fine qui ne donnera pas forcément dans la dentelle... Ce qui marque d'emblée c'est l'ambiance qui nous est retranscrite de cette Egypte du Ier siècle avant J.C. Joël Mouclier a le don de nous immerger dans cette période historique grâce à la qualité de son dessin et de sa mise en couleur. Faste, chaleur, architecture démesurée, chatoyance des maquillages ou des décors, on s'y croirait. Mais derrière les fards, c'est aussi une période sans pitié où la mort et les complots ponctuent le quotidien de ces grands de l'Histoire. Et c'est tout cela que notre Cléopâtre va polariser autour d'elle, menant sa barque tant bien que mal dans ce vortex dangereux. Les grandes lignes sont maintenant posées avec ce premier opus, reste à suivre dans les prochains tomes l'évolution de cette femme bien trempée ! *** Tome 2 *** Voici donc venir le deuxième opus de cette série qui aura réussi à me réconcilier avec la BD historique. Toujours aussi chatoyant et intense, le personnage historique de Cléopâtre a, il faut l'avouer quelques atouts pour nous prendre par la main et nous tenir en haleine. Car il s'en passe des choses dans cette suite. Cléopâtre trouve un moyen radical pour assoir son pouvoir, elle donne a César le fils qu'il attendait et lui fait la surprise de la rejoindre à Rome pour le lui présenter... Sauf que les surprises ne sont parfois pas du gout de tout le monde et Cléopâtre si à l'aise chez elle, va vite déchanter et se rendre compte que le faste de Rome est peut-être rutilant vu de loin, mais qu'il n'est pas aussi éclatant et intéressant au quotidien. Surtout que César ne semble plus aussi impatient de revoir sa belle maintenant qu'elle lui a donné ce qu'il attendait... C'est donc toujours aussi bien construit, mêlant habilement l'Histoire et les intrigues de couloir pour nous servir une narration soutenue. On ne lâche l'album qu'en le refermant, ce qui est révélateur de sa qualité. Je monte donc déjà ma note à 4 et j'attends la suite avec impatience. *** Tome 3 *** Arfff... Ba mince alors, moi qui m'étais entiché de cette série, j'avoue que ce troisième tome ne m'aura pas autant emballé que les autres. Car si dans les tomes précédents Cléopâtre crevait les pages de par son personnage et son rôle historique, je l'ai trouvée cette fois-ci nettement en retrait derrière les intrigues romaines une bonne partie de l'album... Heureusement son retour en Égypte permet de recentrer le récit sur elle, même si les intrigues de l'Empire ou de ses proches continuent de servir de fil rouge au récit et d'émailler le quotidien de la souveraine. Pour ce qui est du dessin, rien à redire, c'est toujours aussi efficace et colorisé de façon chatoyante, rendant à cette période historique et au bassin méditerranéen toute la chaleur et l'exubérance dont elle sait faire preuve. Il ne reste plus qu'à attendre le 4e album conclusif, en espérant qu'il relève un peu la barre au niveau des deux premiers pour terminer ce récit de belle manière et ainsi rendre hommage comme il se doit à ce nez de l'Histoire. *** Tome 4 *** Petite surprise pour commencer, ce 4e tome ne sera finalement pas le dernier : un cinquième est annoncé ! Du côté de l'histoire, si les intrigues romaines continuent d'alimenter une bonne partie du récit, Cléopâtre y retrouve un rôle plus prépondérant que dans le tome précédent qui m'avait un peu déçu. On est plus ici dans cette dualité qui ne fait que commencer entre l'Orient et l'Occident. Cléopâtre cherche à conquérir définitivement le coeur de Marc-Antoine, consul de la partie orientale de l'Empire Romain. Octave, l'autre consul avec qui Marc-Antoine se partage l'Empire, ne va pas lui rendre la vie facile et les trahisons s'enchaînent, tout comme les batailles... Marc-Antoine manque d'y laisser sa peau à plusieurs reprises, mais heureusement, le soutient de Cléopâtre lui sera à chaque fois salvateur. Pour autant Octave n'en a pas fini de ses manigances et cherche à en finir avec Marc-Antoine. Voilà donc un quatrième tome qui a su redonner du rythme et repiquer ma curiosité en nous se recentrant sur la partie orientale de la Méditerranée. Je suis moins fan des séries historiques centrée sur Rome, d'autres l'ont déjà très bien traité. Le dessin de Joël Mouclier est toujours aussi efficace pour restituer le faste et la grandeur de cette période dominante de l'Egypte. Il nous reste donc plus qu'à attendre le 5e tome de cette série, qui sera le dernier cette fois-ci je l'espère. *** Tome 5 *** Voici donc le dernier tome de cette très bonne série historique qu'on serait tenté de résumer par "Amour et pouvoir ne font pas bon ménage". En effet, dans ce dernier opus, c'est le déchirement inéluctable de la relation entre Marc-Antoine et Cléopâtre qui se joue, jusqu'à la mort fatidique de nos deux protagonistes (je ne spoile pas grand chose si vous avez été un minimum assidu pendant vos cours d'histoire, hein :p ). Car entre les velléités de pouvoir d'Octave qui s'impose à Rome par un coup d'état afin de pouvoir s'arroger le titre de César et d'en finit avec le partage du pouvoir et cette relation amoureuse avec Cléopâtre qui semble transformer Marc-Antoine, son aura de chef de guerre s'étiole et la confiance de ses troupes fond comme neige au soleil d’Égypte... De défaites en défaites et de trahisons en trahisons, Marc-Antoine n'est plus que l'ombre du conquérant qu'il a été, ce qui n'arrange rien dans sa relation avec l'impétueuse Cléopâtre. C'est donc son destin tragique et sa chute dans laquelle finira par le suivre la plus célèbre des reines égyptienne que nous narre cet album de la plus belle des manières. Une très bonne série !
L'Or et le Sang
J'ai encore beaucoup apprécié cette oeuvre où participe Fabien Nury. Malgré quelques petites réserves, la lecture des quatre tomes de cette épopée de Calixte et Léon est vraiment plaisante. L'idée de placer ce récit d'aventure en pleine guerre du Rif est assez originale. C'est un conflit assez peu connu car comme le montre la série, les armées française et espagnole ont eu toutes les peines du monde à vaincre le courage et l'opiniâtreté des combattants d'Abdelkrim. Le scénario équilibre très bien les passages de fictions incorporés dans les événements de la grande histoire. Mais ce qui fait le sel de la série est la formidable personnalité de Calixte (le plus beau et le nom de la Corse pour les premiers Grecs !!). C'est Calixte comme idéaliste absolu qui porte le souffle épique de la série. Sa recherche de mise en conformité de sa vie avec ses valeurs de liberté, de courage et de fidélité en fait un personnage à la fois enfantin par sa naïveté et inaccessible par sa pureté d'âme. Léon est son altérité dans ses compromissions, sa vénalité et son matérialisme. C'est donc la rencontre entre ces deux composantes de nous-même qui fait avancer l'histoire de façon si dynamique. Un très bon récit qui travaille en profondeur les différentes personnalités des deux personnages. Si j'aime beaucoup le côté aventure du scénario, je suis un peu plus réservé sur le côté historique des combats proposés par les auteurs. J'ai trouvé que certaines de ces scènes tombaient dans la facilité (l'évasion de Léon en T4 par exemple). J'ai même trouvé certains passages du ventre de la série un peu longs et mous. Les dialogues sont assez simples avec une dose d'humour agréable et la série se lit rapidement. Graphiquement j'ai trouvé les deux amis très bien réalisés. Leurs gestuelles, leurs attitudes traduisent parfaitement leur éducation supposée et leur origine sociale. C'est du bel ouvrage. Les décors des montagnes manquent un peu de grandiose et d'aridité pour créer l'ambiance adéquat mais cela reste un visuel plaisant. Malgré ces quelques réserves la lecture est très plaisante comme souvent quand Nury signe une série.
Le Dieu vagabond
Je suis un peu indécis après la lecture de cette série. Incontestablement le graphisme de Dori est magnifique. C'est très travaillé avec des changements de style en fonction de l'épisode traversé. Il en va de même d'une mise en couleur très luxuriante qui va des rouges les plus chauds aux pastels les plus doux. Si l'idée de départ du scénario est séduisante avec Eutis qui traine sa solitude divine comme une âme en peine depuis des siècles. Je me suis quand-même par moment demandé où l'auteur voulait nous conduire sauf à voyager dans un univers à la Ulysse pour se réapproprier les divinités grecques. Le monde mythologique de Dori reste bien en phase avec les écrits antiques, toutefois Dori ne fait pas l'effort d'approfondir le sens de ces mythes. Le scénario reste à un niveau poétique agréable mais insuffisant à mon goût. Ainsi en bon disciple de Dionysos, Eutis est réduit à un gros buveur de vin sans beaucoup plus de charisme. Or Dionysos et sa suite représentent bien plus que trois verres de vin. C'est une petite réserve pour un ouvrage très travaillé graphiquement mais avec un scénario qui ne m'a pas fait vibrer. 3.5
Saint-Exupéry - Les grands noms de l'histoire en manga
Pour apprécier les écrits de l’aviateur écrivain poète reporter Antoine Saint Exupéry, je ne pouvais passer à côté de la sortie attendue aux éditions Nobi Nobi de sa biographie surtout que cela coïncide avec le 80e anniversaire de la sortie du Petit Prince. Quand il y a une attente, il peut arriver que l’album ne soit pas au rendez-vous car au final le rendu ne correspond pas à vos désirs. Pour ma part je voulais absolument que certains épisodes de la vie de Saint Exupéry soient repris et détaillés dans cet album. Son intégration chez Latécoère, son accident dans le désert Libyen accompagné de son mécanicien André Prévot, sa relation avec Henri Guillaumet avec qui il contribua à la gloire de la ligne aéropostale ainsi qu'à l'ouverture de nombreuses routes commerciales françaises ainsi bien évidemment que la partie Petit Prince sur la fin de sa vie. Et bien je vous le donne en mille. Tous les événements majeurs sont bien là avec également la description de sa jeunesse ! Tous les épisodes de sa vie sont minutieusement détaillés. Quel plaisir ! Je me suis donc régalé comme jamais à la lecture de cet album et pourtant je ne suis pas un adepte enthousiaste de mangas. C’est pour vous dire combien celui-ci est réussi. En bonus un album photos, la chronologie détaillée de sa vie avec en parallèle l’histoire de l’aviation et les événements majeures dans le monde. Un bonheur pour tous les passionnés d’histoire. Un très bon moment de lecture ! Je ne peux que vous recommander ardemment de vous procurer ce manga au plus vite. Un petit moment délicieux en perspective.
Noir Horizon
Une couverture et un titre qui ne laisse aucun doute sur ce qu'on va découvrir à la lecture. Dans un futur lointain, le monde est régi par une dictature où la religion est omniprésente. L'homme a colonisé un grand nombre de planètes dans de nombreux systèmes solaires et une de ces planètes est Kepler-452 b et sur celle-ci se trouve un mur opaque noir, derrière se trouve une formidable source d'énergie. Après plusieurs tentatives pour le traverser, rien n'y fait, les soldats se font massacrer par une force obscure et les robots et autres sondes cessent aussitôt d'émettre. Dans la cité de Kadingirra, lieu du pouvoir, il est décidé d'envoyer les pires criminels qui pourrissent dans les geôles de l'empire pour essayer une nouvelle tentative de franchissement de ce Noir Horizon. Rien de révolutionnaire donc, mais dès les premières planches j'ai été happé par l'histoire, par le rythme impulsé, par ce monde post-apocalyptique qui se dévoile doucement derrière le mur et par les rebondissements bien amenés. Une narration musclée avec quelques flash-back sur le passé de nos taulards, quelques citations biblique qui ne sont pas anodines et une dernière page qui prend une direction inattendue. Un Pélaez (Maudit sois-tu) en grande forme. Benjamin Blasco-Martinez (Catamount) a réalisé un travail monstrueux avec des planches d'un réalisme à couper le souffle. C'est dynamique, cinématographique et bourré de détails. Les couleurs apportent un vrai plus à ce décor de chaos. On en prend plein les mirettes. Grandiose. En conclusion, un blockuster qui tient toutes ses promesses et que je recommande chaudement.
Kaboul Requiem
Le hasard d’un vol en direction de l’Argentine, met Nicolas en relation avec Sean, un reporter de la BBC. Quelques mois plus tôt, Sean a été envoyé à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan pour réaliser un scoop : interviewer un chef taliban dans une région soupçonnée d’abriter Al-Qaeda. Mais la mission tourne au drame, et le journaliste et son fixeur sont pris en otages. Le temps du vol, Sean raconte son histoire. A nouveau basé sur des faits réels, Nicolas Wild revient sur le terrain afghan mais cette fois avec moins d’humour et plus de tension dans les situations. Mission ambitieuse, prise d’otages, détention difficile et dégradante pour les otages, libération et inadaptation à revenir à une vie normale. J’avais énormément aimé Kaboul Disco et je me suis plongé avec envie dans ce nouveau récit même si cette fois, c’est Sean qui est le sujet du scénario. La dimension reportage de cet album apporte des détails intéressants sur le travail du journaliste, ses ambitions, ses dangers et finalement sa dure réalité. Le dessin est toujours aussi convaincant, l’ambiance est là, la découverte des traditions pachtounes est très intéressante et la période de détention intelligemment traitée. Encore un bon roman graphique de reportage.
Wiloucha - Les dernières heures de Troie
Tous les éléments se sont alignés dans ce péplum pour me plaire : batailles épiques, complots et un brin de sensualité. Toute la férocité achéenne s'y déverse à l'encontre des Troyens, sûrement due à des années de frustration devant les murs de cette cité quasi imprenable. Dans les récits concernant cet épisode, on a toujours tendance à prendre parti pour les Achéens. Pas ici ! Ils sont montrés sous leur vrai jour, à savoir brutaux, immoraux et dénués de pitié. C'est sûrement toute cette brutalité, qui confère la singularité de cet album, que j'ai beaucoup aimée. Le dessin de Blasco-Martinez n'est pas en reste, j'apprécie énormément son coup de crayon.
Les Cœurs de ferraille
J’aurais plus facilement classé cette série en « tout public » plutôt que « Ado-Adulte », et c’est à cette aune que je mets 4 étoiles. Car je trouve que les jeunes ados apprécieront cet album (en attendant de voir comment va se décliner cette collection - l'avis porte donc sur le premier album, seul encore paru). Le dessin et la colorisation sont assez chouettes, simples mais dynamiques, et ce alors même que le visuel est important. En effet, on entre dès les premières pages dans un univers étrange, mêlant régressions temporelles et aspects futuristes SF un peu steampunk. J’ai bien aimé ce mélange. Ainsi, décors et personnages rappellent clairement les États-Unis vers la fin du XIXème siècle, dans le sud ségrégationniste, avec quelques aspects presque milieu du XIXème, des sortes d’esclaves travaillant pour des planteurs. Mais, en parallèle, certaines technologies sont très futuristes, et les « esclaves » en question sont des robots humanoïdes. L’intrigue fait allusion au massacre de Tulsa, à une forme de marronnage. Bref, un arrière-plan intrigant et riche. Nous suivons deux gamins dans une aventure rythmée, peut-être un peu légère (mais en un tome, on ne peut trop développer), mais qui est agréable à suivre. Je regrette juste le côté trop manichéen des personnages, et l’aspect très Disneyen mais trop caricatural de la mère de l’héroïne, qui est vraiment très (trop ?) méchante, sorte de mixe de Cruella, Médusa et autre méchante monolithique. Mais ça n’en reste pas moins un album sympathique à lire (j’aurais sans doute mis 3 étoiles, mais si je pense à un lectorat plus jeune je monte au niveau supérieur). ********************** Le deuxième tome confirme la qualité et l'intérêt de cette série, résolument tournée vers un lectorat de jeunes ados, même si les adultes peuvent y trouver leur compte. Toujours dans un univers western dans le sud esclavagiste, avec quelques aspects steampunk et des robots jouant le rôle d'esclaves et de tueurs (les Limiers), l'histoire développe des questionnements assez contemporains, autour des IA et de leur capacité/droit à créer de façon autonome (ce que n'acceptent pas certains humains, qui cherchent à faire disparaitre créateurs et créations. Là encore il y a un happy end et des valeurs positives qui, comme le dessin, conviendront aux jeunes lecteurs. Malgré l'importante pagination, ça se lit encore rapidement. Note réelle 3,5/5.
Catharsis
J'ai été très touché par cette série de Luz. Ce n'est jamais facile de livrer ses peurs et ses faiblesses à un public versatile. Le scénario est un tel cri de vérité intime dans un événement traumatisant à l'extrême qu'il m'est impossible de faire la moindre réflexion dessus. Ce vécu appartient à Luz et j'ai été très touché qu'il nous le fasse partager. De plus j'ai beaucoup aimé le trait minimaliste que Luz réussit à maîtriser pour s'exprimer. Il y a beaucoup de force dans ce trait qui exprime l'essentiel. Cela me donne l'impression que beaucoup de victimes d'attentats peuvent se retrouver dans le message que Luz veut faire passer : c'est difficile parfois chaotique mais cela doit sortir (un peu comme pour le pigeon). Une lecture qui m'a beaucoup touché.
Les Onze Mille Vierges
J’ai un temps cru à une adaptation du roman pornographique d’Apollinaire « Les onze mille verges », mais pas du tout, König se débrouille comme un grand pour inventer sa propre histoire, même s’il a puisé dans un fond historique pour le contexte. En effet, il part d’une légende parfaitement documentée (il évoque ça en début d’album), légende qu’il fait évidemment quelque peu dévier. Si bien entendu l’homosexualité (des moines, mais aussi sur la fin d’improbables gays déguisés en Huns) est bien présente, comme dans la plupart des séries de cet auteur allemand, ça n’est pas le cœur du sujet, et les fantasmes développés par les vierges en question, plutôt hétérosexuels, sont aussi utilisés par König. J’ai trouvé l’histoire savoureuse, souvent amusante, avec quelques dialogues carrément poilants. König caricature certes, mais pas tant que ça. L’hypocrisie de l’Église (pape en tête) en prend pour son grade. Une lecture très plaisante donc, accompagné du dessin traditionnel de König, très expressif avec peu de moyens. Un chouette album en tout cas, une lecture agréable, König est un auteur atypique, mais qui est sous-estimé je trouve – en tout cas il mériterait plus de lecteurs ou d’avis sur ses séries, celle-ci pouvant être une bonne porte d’entrée à son œuvre. Note réelle 3,5/5.