Les derniers avis (32283 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Meunier hurlant
Le Meunier hurlant

Après La Forêt des Renards Pendus, c’est la seconde fois que Nicolas Dumontheuil se livre à une adaptation en BD de l’écrivain finlandais Arto Paasilinnna. Et on comprend assez vite, étant donné la teneur des romans de ce dernier, ce qui rapproche ces deux auteurs. Paasilinna, décédé en 2018, avait pour habitude d’injecter du burlesque et de la jovialité dans ses récits, une caractéristique qui se retrouve souvent dans les ouvrages de l’auteur de Qui a tué l'idiot ?. Il en va de même avec « Le Meunier hurlant », une fable tragi-comique avec pour protagoniste principal un personnage haut en couleurs, Agnar Huttunen, qui va provoquer un tohu-bohu mémorable dans un bourg forestier paisible de Finlande. Et Agnar, tout sympathique soit-il, on n’aimerait pas l’avoir comme voisin ! Particulièrement doué de ses mains, l’homme a réparé le vieux moulin à la grande satisfaction des habitants qui l’adoptent rapidement. De plus, les enfants l’adorent, fascinés par son exubérance et son talent pour imiter les cris d’animaux. Le problème, c’est que notre meunier a des phases où il semble possédé et se met à hurler très fort comme cent loups, de préférence la nuit. De coqueluche sympathique, il deviendra ainsi paria, obligé de fuir ceux qui veulent le faire enfermer, car c’est certain, on a affaire un fou furieux ! On ne va pas se mentir, il est plutôt perché Agnar, et pas qu’un peu. Mais s’il passe pour fou aux yeux des habitants, il est loin d’être idiot, avec peut-être même un Q.I. au-dessus de la moyenne. Dans son cas, on pourrait imaginer une forme extrême du syndrome de la Tourette, même si personne ne l’a diagnostiqué. Et le jeune homme n’est pas rebutant pour autant. D’ailleurs, une idylle va naître entre lui et la jeune et affriolante conseillère du club rural local, celle-ci n’étant pas insensible à sa fougue et son côté… animal ! Mais bien sûr, comme on s’en doute, cette charmante histoire d’amour sera entravée par nombre d’obstacles, notamment la jalousie de la gent masculine… Comme indiqué plus haut, le dessin de Dumontheuil est à l’image du propos. Son trait semi-réaliste, extrêmement dynamique et détaillé, respire la vie de tous les côtés. « Gueules » expressives, corps élancés, postures énergiques, refus des lignes droites, tout contribue à faire virevolter nos rétines enivrées par un tel savoir-faire. La représentation des sombres forêts scandinaves et des imposantes habitations en bois ajoutent à l’ambiance envoûtante. Je suis moi-même toujours émerveillé par la façon dont l’auteur dessine les demeures, avec ce je-ne-sais-quoi de cosy qui fait appel peut-être à l’imaginaire enfantin. Si « Le Meunier hurlant » fournit le prétexte à ses auteurs de brocarder la méchanceté et la mesquinerie du genre humain, cette fable grinçante, qui se termine un peu comme un conte — soyez sans crainte, je ne spoilerai rien —, est aussi une très belle ode à la nature (il faut préciser ici que Paasilinna a été bucheron et ouvrier agricole). En tous cas, une réussite de plus pour Nicolas Dumontheuil, qui inaugure en beauté la première salve de parutions de l’année. Pour les plus curieux, on peut préciser qu’une adaptation au cinéma à été faite du roman. Passée inaperçue à sa sortie en 2018, cette revisite déjantée a été réalisé par Yann Le Quellec, par ailleurs scénariste de la bande dessinée Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie, avec dans les rôles principaux Bonaventure Gacon, Anaïs Demoustier, Gustave Kervern et Denis Lavant. On notera que la musique du film est interprété par Iggy Pop (eh oui !) et Anaïs Demoustier.

07/02/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Celle qui parle
Celle qui parle

Un album qui se rapproche par certains aspects de l'excellent Phoolan Devi, reine des bandits : la biographie d'une femme au parcours difficile dans un monde violent dominé par les hommes et je rejoins les avis sur la ressemblance des dessins. Je découvre Alicia Jaraba Abellan, et elle a beaucoup de talent. Une biographie romancée de Malinalli dit La Malinche, fille d'un cacique et devenue esclave. Elle va avoir un rôle crucial auprès d'Hernán Cortés dans la conquête espagnole sur les peuples d'Amérique Centrale, grâce à sa connaissance des langues et des coutumes locales. Un récit palpitant grâce à la justesse de la mise en scène. Je respecte les choix de l'autrice sur l'orientation qu'elle a choisi pour nous présenter ce personnage controversé, pour certains une traîtresse et pour d'autres le symbole du peuple mexicain moderne. Des choix qui restent cependant discutables (elle sera la maîtresse de Cortés à partir d'octobre 1519 et elle lui donnera un fils), mais cela n'enlève en rien à la qualité de cet ouvrage, il faut juste ne pas être trop pointilleux et fermer les yeux sur certains faits avérés. Un dessin lisible et lumineux qui met bien en valeur les décors et les personnages, il est pour beaucoup dans mon plaisir de lecture. Je recommande.

07/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Nuits de Saturne
Les Nuits de Saturne

Des fois je suis un peu débile, je me suis lancé dans l’aventure en me disant que j’allais être fort indulgent, tant j’ai de la sympathie pour cet auteur. Je pensais tomber sur un truc relativement mineur dans sa bibliographie, assister aux prémices de son style, sans que ce soit réellement abouti … mais quelle belle erreur !! Nul besoin d’indulgence ou quoique ce soit, Les nuits de Saturne possède tout d’une œuvre majeure. Je ne connaissais pas le roman et le résumé ne me bottait que moyennement. Mais quelle claque mes aïeux !! Je n’en reviens toujours pas, quelle belle adaptation. J’en suis sorti ravi, avec cette impression que Pierre-Henri Gomont sublime vraiment le matériau de base. L'histoire et les personnages sont bons bien sûr mais c’est surtout l’atmosphère qui y règne que j’ai trouvé magistral dans le rendu. Quelle science des couleurs, des silences, de la mise en page … bref de l’émotion, ça sonne juste. Je ne pensais pas être autant touché par la trajectoire des protagonistes. Un album superbe et qui se classe dans le top de ce que j’ai déjà pu découvrir de cet auteur.

07/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Washing-Town
Washing-Town

Un album que je n’aurais sans doute jamais lu sans l’avis enthousiaste de Titanick, ni la présence de la dessinatrice au dernier salon d’Angoulême. Et franchement, j’aurais raté quelque chose ! Son principal atout réside dans la personnalité de son personnage central, Frances Gabe. Génie excentrique ou simplement pragmatique ? Cette femme a imaginé et conçu des inventions farfelues de prime abord mais pourtant efficaces pour alléger la charge de travail des femmes au foyer. Innovantes et visionnaires, ses idées seront cependant ignorées et Frances gabe vivra dans la pauvreté. J’ai beaucoup aimé cette lecture, depuis son introduction durant laquelle la charge mentale qui repose sur Frances est très bien illustrée, jusqu’à sa conclusion, dans laquelle on ne peut que regretter que personne n’ait pu ou voulu l’épauler dans ses initiatives. Bon ! Clairement, Frances Gabe ne devait vraiment pas être facile à vivre (encore un bon point pour cette biographie qui n’enjolive pas inutilement les choses) et ses idées sortaient du commun, mais il y avait (et il y a encore) matière à réflexion dans sa démarche. Le dessin Fanny Grosshans convient bien à cette thématique. Son aspect à la fois confus et dynamique est en total accord avec la personnalité de Frances Gabe. Du coup les personnages semblent constamment survoltés ou a minima exaltés, mais c’est exactement ce qu’on attend d’eux (les enfants de Frances, au début du récit, bon sang ! Qu’est-ce qu’on a envie de les baffer !!). L’emploi parcimonieux de couleurs (on reste souvent dans des teintes similaires) permet de garder une bonne lisibilité du dessin. Je trouve que c’est bien vu car, dans le cas contraire, ce dessin aurait, je pense, été vite fatigant. Pour moi, c’est clairement un album à lire. Pour son héroïne, pour l’image de l’Amérique qu’il donne (loin des paillettes dorées), pour prendre un peu plus conscience de la charge que représente l’entretien d’une maison et l’éducation d’enfants, mais également tout simplement pour se divertir (car le récit est amusant). Merci Titanick !

07/02/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série CosmoBacchus
CosmoBacchus

J'avais cette BD dans l'oeil depuis longtemps, notamment parce qu'elle était souvent présentée conjointement aux Les Ignorants de Davodeau et que j'étais intrigué par ça, d'autant que la BD parle de l'anthroposophie, pseudo-science aux dérives sectaires dont j'ai déjà entendu parler. L'ouvrage est conséquent et pas forcément attractif de par son dessin, qui semble chargé et brouillon au premier abord. Mais à la lecture, on est vite embarqué dans le récit et la lecture ne fut jamais problématique, sauf lorsque l'auteur à décidé de faire son texte en spirale volontairement. Parce qu'il y a des planches travaillées dans les compositions, et on comprend pourquoi. Tenter d'expliquer le délire mystico-cosmique de Steiner nécessite quelques fulgurances visuelles ! Mais globalement, c'est parfaitement lisible même si les cases m'ont semblé souvent trop petites. Niveau scénario, nous suivons l'auteur de BD accompagné d'un caviste, sorte d'Obélix hédoniste qui aime boire son vin, dans une découverte de la biodynamie, de sa face la plus connue : les vins, jusqu'à sa face la plus sombre : l'anthroposophie. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les découvertes sont nombreuses ! L'auteur a privilégié la forme du dialogue entre les deux personnages qui découvrent progressivement tout l'ensemble de croyances et mythes qui sous-tendent l'agriculture biodynamique, mais aussi les contradictions que celle-ci contient, les polémiques et problématiques au sens large. Cependant, l'auteur ne se prive jamais de rappeler qu'une critique de la biodynamie n'est pas une apologie de l'agriculture conventionnelle. Car si nombreux sont ceux qui veulent échapper au pesticides et autres saloperies allègrement projetés à tout va, rares sont les alternatives structurés, scientifiques et rigoureuses. La biodynamie, dérivée agricole de l'anthroposophie, semble alors la seule alternative viable, notamment en terme économique. Je referme immédiatement cette parenthèse qui ouvrirait un long débat inutile dans un avis, mais vous avez une idée du foisonnement de questions qu'on peut avoir en sortant de la BD : critiquer le charlatanisme est salutaire, mais lorsqu'il s'oppose à la destruction systématique des sols, n'est-ce pas critiquer la seule alternative ? En soi, c'est une mauvaise réponse à une bonne question, mais nous n'avons que ça ... Sauf que la BD rappelle bien que les dérives sont nombreuses : homéopathie et refus médicamenteux (qui peuvent conduire à des décès), dérives sectaristes notamment à l'école, pseudo-sciences et magie considérées comme réelles, enseignement privé avec des grandes zones d'ombres ... Tout n'est pas que mystico-philosophique au pays de la théosophie, et il y a de vrais soucis derrière, parfois liés à des noms connus du grand public. Distinguer ceux qui veulent une culture agricole propre de ceux qui croient aux lutins et aux réincarnations des planètes devient un travail de longue haleine, qu'il faut faire individuellement. La BD développe son propos dans plusieurs sens, ce qui donne l'impression un peu fouillis et fourre-tout d'ailleurs, notamment dans le troisième volume qui interroge le concept de rationalité et de folie, tout en replaçant les délires de Steiner dans un contexte qui fait froid dans le dos. Les critiques des partisans de Steiner, égrenées tout au long du récit, semblent presque résonner juste avant que les arguments retour n'arrivent. Et ce débat montre la complexité de la chose mais aussi l'urgence de traiter ce sujet, alors que l'écologie devient de plus en plus parasité par le new-age et les croyances. Sauver nos sols nécessite plus que la foi ! Bref, c'est une BD qui a des défauts que je note, mais qui permets d'introduire à tout ce qui se cache derrière un vin "biodynamique", la face cachée de l'idée sympathique de changer notre agriculture. Le pire étant sans doute que le débat devient choisir entre deux alternatives qui ne me satisfont pas ... C'est une BD qui ouvre le débat et pose beaucoup de questions pour notre future agriculture. Un sujet dans l'air du temps et qui mérite qu'on s'y attarde au vu de sa gravité. Lecture recommandée donc, pour comprendre et s'interroger !

07/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Led Zeppelin en bande dessinée
Led Zeppelin en bande dessinée

Des grands groupes rocks des années ’60 et ’70, il y en a eu à la pelle, mais Led Zeppelin occupe une place de choix dans la discographie de n’importe quel amateur du genre. Par la puissance de ses morceaux emblématiques, par la fusion réussie entre le folk, le blues et le rock qui était sa marque de fabrique, enfin par la dextérité des quatre musiciens qui le composaient, ce groupe a plus que marqué son époque : il lui a donné une direction musicale dans laquelle de nombreux musiciens se sont engouffrés par la suite (encore aujourd’hui, que serait Greta Van Fleet si Led Zeppelin n’avait pas existé ?). Les éditions Petit à petit se sont fait une spécialité, depuis quelques temps, dans la réalisation de ce type de biographie. Et si je n’ai pas lu d’autres tomes de la collection, je trouve celui-ci pleinement réussi ! L’alternance entre de courtes bandes dessinées centrées sur des points précis de la carrière du groupe et de courts documentaires (2 pages) revenant plus en détails sur les faits exposés dans les dites bandes dessinées permet un bel équilibre entre facilité de lecture et profondeur d’analyse. Certes, tous les dessins ne sont pas à mon goût, mais le fait de rapidement passer d’un style à l’autre permet d’oublier l’inconfort causé par certains d’entre eux, d’autant plus facilement qu’en définitive il y a peu de dessinateurs dont je n’ai vraiment pas aimé le style. La partie documentaire, elle, est exemplaire. Reprenant des événements marquants ou des thématiques judicieuses dans un ordre relativement chronologique, ces documentaires permettent de revenir sur l’ensemble de la carrière du groupe, des origines jusqu’aux derniers soubresauts, des coups de génie jusqu’aux excès. J’ai vraiment trouvé matière à me cultiver, connaissant finalement bien plus Led Zeppelin par ses gros hits que par ses à-côtés. Cet album m’a vraiment donné l’envie d’approfondir mes connaissances musicales, découvrant grâce à telle ou telle indication l’un ou l’autre morceau méconnu mais digne du plus grand intérêt. Par ailleurs, par ses excès, par ses expérimentations, par ses innovations, Led Zeppelin symbolise parfaitement la scène rock de l’époque et les chapitres consacrés aux pochettes des albums en sont un bel exemple. Franchement, j’ai beaucoup aimé !

07/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil
Le Royal Fondement - L'Histoire vraie de la face cachée du Roi Soleil

Pas l’album de l’année mais une lecture fort agréable. Déjà, ça m’a fait plaisir de retomber sur ce dessinateur que je n’avais plus aperçu depuis sa période Soleil. J’aime bien le trait d’Éric Hubsch, semi caricatural et qui dégage de bonnes ondes. De plus, cette histoire lui va comme un gant. Le récit, justement, est tout aussi sympathique à suivre, grossièrement résumé, une sorte de fable humoristique historique. Les ingrédients sont connus pour l’époque, les bons mots de la cour (nous sommes alors aux prémices des siècles des lumières), une petite morale finale à la Jean de La Fontaine, un petit complot façon Dumas … mais le tout est enveloppé d’une belle fraîcheur. Ça s’avère efficace, plaisant à lire et suffisamment décalé avec ce royal fondement. Le petit dossier en fin d’album ajoute une chouette petite plus value à l’ensemble. Un album amusant, divertissant et on n’est pas à l'abris d’y apprendre 2, 3 trucs au passage. 3,5

06/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Kleos
Kleos

J'ai passé un excellent moment de lecture avec Kléos. C'est une lecture assez visuelle tellement le texte est peu fourni si l'on retire les extraits de l'Iliade ou de l'Odysée qui forment l'arête dorsale du récit. Toutefois les emprunts aux textes d'Homère sont si intelligemment utilisés que cela ne gâche pas du tout le plaisir. J'ai toujours eu beaucoup de réticences face aux représentations idylliques et fantasmées de la Grèce Antique. À travers les péripéties à la Candide du jeune Philoklès, c'est une image bien plus sombre que nous invite à penser les deux scénaristes. L'idéal héroïque et viril véhiculé par les poèmes épiques que tout "bien né" s'est efforcé de connaître durant des siècles se heurte à une réalité bien plus crue. Une réalité faite de pillage, de famine, de viols ou d'esclavagisme qui a accompagné l'histoire de l'humanité. C'est d'ailleurs tout le paradoxe et la complexité du récit de montrer comment la beauté de l'art dû à l'esprit fait l'apologie du crime via la notion de gloire immortelle du Kléos donc. Les auteurs nous le montrent bien, Philoklès aurait dû mourir dix fois sans leur aide providentielle. Toutefois le jeune héros n'est pas sorti d'affaire car nous restons dans la tragédie comme le rappelle ce final époustouflant. Le très beau graphisme d'Amélie Causse participe pleinement au plaisir de lecture, d'autant plus qu'il y a de nombreuses cases sans texte. Ainsi l'expressivité du trait de l'auteure soutient le très bon rythme narratif du récit. Je ne me suis pas ennuyé une seconde dans le tourbillon des heurs et malheurs du petit pêcheur. Une belle mise en couleur très lumineuse rend parfaitement la beauté des éclairages et des paysages grecs. Une lecture très plaisante.

06/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Chaka
Chaka

J'ai bien aimé cette série qui voyage entre légende et récit historique à la manière d'un poème épique grec. Pourtant Chaka n'est pas un personnage vraiment sympathique. Il y a même de nombreux passages qui renvoient aux atrocités du XXème siècle quand Chaka ordonne le massacre des handicapés, des bébés ou des "faibles" selon sa conception. Cela reste un personnage légendaire dans l'imaginaire Zoulou puisqu'il a conquis de nombreux territoires en quelques années. Il a aussi organisé socialement son peuple mais ce n'est pas présenté dans la série. La force du récit de J.F Chanson est de nous immerger dans une mentalité africaine très crédible. Le scénario donne une belle place à la sorcellerie, aux féticheurs et aux traditions pointilleuses qui régissent une part des comportements du continent. En outre j'ai trouvé le récit très bien structuré, fluide malgré de nombreux intervenants avec une intensité dramatique qui va crescendo tout au long de l'histoire. C'est le type de récit qui vous enferme dans l'horreur de la folie du pouvoir. Il m'a été impossible de m'en détacher et l'on referme la dernière page avec soulagement de retrouver une ambiance paisible dans sa chambre. J'apprécie le dessin de Koffi N'guessan même si son trait peut sembler un peu naïf. C'est appréciable d'avoir un artiste africain qui donne sa propore vision de l'histoire de son continent. Koffi n'économise pas le nombre de ses personnages. Il soigne l'ambiance des villages et les tenues des rois ou guerriers. Sa mise en couleur très axée sur les bruns et les ocres reste un peu monotone sans que cela ait géné ma lecture. Une bonne lecture pour découvrir l'histoire de cette partie australe de l'Afrique. 3.5

06/02/2024 (modifier)
Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Blacksad est indéniablement une jolie BD policière. Les illustrations de Guarnido nous plongent dans un univers et un genre aux codes élégamment agencés. Quelques cases suffisent à redonner vie au film noir et à imprégner notre mémoire. Le panache de certaines mises en page amuse et l'on flirte avec un style plus spaghetti, gentiment tape à l’œil, mais avec ce qu'il faut de retenue pour échapper à la vaine sinon regrettable esbroufe. Ainsi visuellement, la réussite est complète. Mais les scénarios comptent grandement dans ce type d'intrigue, et la fortune y est là plus chancelante. Les recettes sont appliquées par Diaz Canalès, éventuellement stylisées si l'on souhaite rester aimable. Mais, cela manque d'originalité, de bravoure, de construction, d'habileté ! Même l'inattendu diptyque tout récemment sorti ne déroge à cette dramaturgie quelque peu convenue. Une BD pas tout à fait digne de sa monstrueuse cote d'amour, que nos rétines titillées aiment à réévaluer a posteriori.

06/02/2024 (modifier)