Les derniers avis (32268 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Belem
Belem

Se basant sur l'histoire réelle du Bélem, j'ai entamé cette lecture en pensant aborder une BD documentaire, qui aurait pu être certes intéressante mais sans doute trop académique à mes yeux. Je me trompais. Car l'auteur a vraiment su transformer en fiction prenante une histoire vraie, en y ajoutant des éléments cruciaux dont je ne saurais dire s'ils sont véridiques ou non. Cette histoire, à même de plaire à tout amateur de la mer, est en outre servie par un dessin excellent. Face à des images d'océan et de grands voiliers, on pense immédiatement à du Bourgeon. Eh bien, je crois que le dessin de J-Y Delitte tient vraiment la comparaison avec celui de la série Les Passagers du vent. Très proche du trait de Bourgeon, il est impressionnant de soin et de réussite, tant dans les personnages que les paysages et le Bélem lui-même. Il lui manque juste une petite dose d'atmosphère, de ce quelque chose qui donne une âme et une ambiance de rêverie aux meilleures oeuvres de Bourgeon. Les aquarelles y sont peut-être trop sages ? Je suis également un peu frustré par le fait que les vues éloignées du Bélem soittrop souvent prise au niveau de la mer : j'aurais aimé de plus nombreux angles de vue, notamment aériennes. Une lecture qui m'a vraiment intéressé et captivé, mettant en scène avec brio des marins et un voilier d'exception.

11/03/2007 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série C'était la guerre des tranchées
C'était la guerre des tranchées

Tardi se sent investi d'un devoir de mémoire j'ai l'impression. Il se doit de raconter cette portion de notre Histoire récente dans laquelle fut impliquée sa famille dont son grand-père au Front. Cet album est une suite d'anecdotes toutes tragiques sur la guerre dans les tranchées comme le laisse entendre le titre. La plupart du temps sont mis en scènes de pauvres types, souvent français mais pour les Allemands c'est pareil, que la machine de guerre du pays amène à combattre. Comme dans de nombreuses réflexions et romans sur la guerre comme « A l'ouest, rien de nouveau », il est question de son absurdité, d'une guerre entre hommes qui finalement ne sont que des pions et qui ne sont pas si éloignés qu'on voudrait leur faire croire. Un bon opus historique comme sait le faire Tardi.

11/03/2007 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5
Couverture de la série Raymond Calbuth
Raymond Calbuth

Le voilà, lunettes au vent, insensible au ricanement des perfides Vache-qui-rit armées de leur languette traîtresse, et dans son regard se lit la farouche détermination d'un homme qui sait que le destin s'est arrêté sur sa toile cirée. Juste entre le beurrier et le grille-pain. Sauveur du monde en charentaises, bourreau des coeurs incapable de rester plus de 50 ans avec la même femme, il arrive, c'est lui. Raymond Calbuth. Celui qui croit que le monde entier l'attend. Inutile d'aller chercher l'aventure au bout du monde. Pour Raymond Calbuth, le petit-déjeuner est une partie d'échecs digne du 7e Sceau, les courses à la supérette l'exploration d'un nouveau continent et le journal télévisé un message personnel qui l'appelle à sauver l'humanité. Pour les beaux yeux (myopes) de Monique, qui repasse ses slips en robe de chambre de pilou, bigoudis sur la tête, Raymond Calbuth se sent prêt aux dernières folies. Et les commet. Pour la plus grande hilarité de ses lecteurs. De Tronchet, poète du quotidien sordide et des petites banlieues grisâtres du Nord-Pas de Calais, il faut aussi lire Jean-Claude Tergal et les sinistres et poilants Damnés de la terre associés.

10/03/2007 (modifier)
Couverture de la série Homunculus
Homunculus

J'ai été agréablement surpris à la lecture du premier tome de cette série. Il est vrai que mis à part la trépanation du néo-SDF, il ne se passe pas grand chose durant les 3 premiers quarts, mais tout est dans l'atmosphère qui règne. Malheureusement les dernières pages m'ont un peu refroidi et je demande à voir la direction que prendra le deuxième tome. A conseiller aux fans de 20th Century Boys et peut être aussi à ceux qui ont aimé Parasite pour la fin... Coté dessin, rien à dire c'est du bon et il y a beaucoup de planches avec peu de cases, ce qui met d'autant plus en valeur les visages et les expressions des personnages. J'raconte pas plus ma vie...

10/03/2007 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Black Hole
Black Hole

Charles Burns fait parti de la nouvelle génération de la bande dessinée américaine underground et rejoint des auteurs majeurs comme Craig Thompson et surtout Daniel Clowes. Black Hole est une œuvre d’une noirceur totale, où règne un profond désespoir. Ce désespoir est partagé par l’ensemble des adolescents de son livre. Burns maîtrise parfaitement son dessin constitué d’aplats noirs. D’ailleurs, ces dessins sont particulièrement terrifiants et inquiétants. Ces thèmes sont proches de ceux des livres de Daniel Clowes ; mais chez celui-ci, les personnages peuvent parfois espérer une forme de rédemption. Point de salut chez Burns, ses héros sont marginalisés, exclus de la société, voire bannis. Tous ces jeunes adolescents se droguent, boivent, sans très bien comprendre le mal qui les affecte. Les relations sexuelles engendrent chez eux de terribles malformations physiques. Cet ouvrage évoque donc les thèmes de l’exclusion, de l’absence de normalité qui entraînent la déchéance. Burns montre des transformations physiques écœurantes et le rejet qu’elles provoquent de la part de la communauté ; la scène du fast-food en est un parfait exemple. Ce qui nous frappe aussi, c’est l’absence d’horizon : peu d’échappatoire pour cette jeunesse désabusée et désespérée, où le rêve se transforme toujours en cauchemar. Un ouvrage sombre, mais fondamental et incontournable, qui fait parti des essentiels du festival d’Angoulême 2007…

10/03/2007 (modifier)
Par turt
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur le Chien
Monsieur le Chien

J'ai suivi le parcours depuis en bon moment de ce "monsieur le chien" en le découvrant via un autre blog, et j'adore : Il faut reconnaître que si son style de dessin est "relativement" classique et agréable à lire, son humour et ses références peuvent en choquer plus d'un... surtout dans les planches de son blog. Je trouve que la bd est un peu moins réussie que sur son site car il y a comme un effet de (auto ?)censure dans "Paris est une mélopée", peut-être dû à l'éditeur. Ses planches ne forment plus l'ensemble à la fois homogène et hétérogène du grand foutoir qui compose son univers, ses réflexions vaines et sans fondement d'un contribuable moyen. Du MLC un peu édulcoré en somme. En bref, je conseille : - d'aller faire un tour sur le blog de MLC ( http://www.monsieur-le-chien.fr ) et de lire toutes les planches depuis le début (courage, il n'y en a "que" 215 à ce jour...), cela permet de voir le travail sur le trait, la mise en page et la mise en place des personnages d'un dessineux (comme il se définit lui-même ) au jour le jour... - éventuellement de réfléchir un peu sur le bien fondé du port du maillot de foot brésilien ou la conquête du monde par la Chine via les baguettes... - d'acheter la bd ; ça pourrait servir comme circonstances atténuantes si vous êtes jugé comme serial-killer... Bon courage et bonne lecture, PS : MLC décline toute responsabilité en cas de dommages cérébraux suite à la lecture de son site ou de son album... turt

10/03/2007 (modifier)
Par Estel
Note: 4/5
Couverture de la série Oumpah-Pah
Oumpah-Pah

C'est en voyant cette BD dans les avis que je m'en suis souvenue et si je l'ai lue dans les Spirou quand j'étais ado, j'en garde des traces assez fraîches parce que je m'étais régalée (et que de temps en temps quand je suis chez mes parents je farfouille dans les vieux Spirou). Les histoires sont hilarantes, de la même veine qu'Astérix comme tout le monde le dit mais quand même avec sa propre vie puisque les lieux et l'époque n'ont rien à voir. Dans les personnages, on retrouve les mêmes caractéristiques qui font gags mais ils ont une autre interaction que dans Astérix ; J'ai vu qu'il y avait peu de tomes, je vais tâcher de me les trouver (ou l'intégrale) et je pense que même ceux qui ne sont pas fans d'Astérix devraient l'essayer !

10/03/2007 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5
Couverture de la série Pom et Teddy
Pom et Teddy

Ah, "Pom et Teddy" ! Un pur produit de la ligne claire et du moralisme bon enfant à la "Tintin". Mais pour l'enfant que j'étais, l'histoire est palpitante et les héros très attachants : Teddy, l'orphelin courageux qui n'a que son âne Pom, Tarass Boulba, le bon géant du cirque, Maggy, la courageuse écuyère. Il faut bien toute cette bande pour résister aux manigances de l'Impossible, régisseur du cirque et sosie d'Adolf Hitler ! Teddy passera par bien des affres, fugue, prison, procès, avant de sauver son âne et retrouver sa place au cirque. Pom frôlera la mort. Mais les gentils triomphent à la fin, les méchants sont ridicules et l'Impossible disparaît. Ouf ! Un bonheur de lecteur pour des gamins.

09/03/2007 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5
Couverture de la série Oumpah-Pah
Oumpah-Pah

Une oeuvre de jeunesse méconnue du duo Goscinny-Uderzo, qui allait accoucher peu après du phénomène Astérix. En choisissant de placer leur histoire au moment de la colonisation française de l'Amérique, au milieu du XVIIIe siècle, Goscinny et Uderzo renouvellent singulièrement le genre du Western. Car l'occidental qui débarque ici dans l'ouest sauvage est un jeune noble français à perruque -ce qui lui vaudra son surnom de Double-Scalp !-. Le regard naïf de Double-Scalp sur le monde indien puis celui, plus lucide mais non moins neuf de son désormais ami Oumpah-Pah sur la France de Louis XV sont prétextes aux quiproquos les plus réjouissants. La galerie de personnages savoureux qui a fait le succès d'Astérix est déjà là : sorcier maladroit, responsable des signaux de fumée totalement dyslexique, pirate cruel et fier de l'être, espion veule... Le talent graphique d'Uderzo les rend souvent irrésistibles. Chaque case contient un gag et les histoires des cinq albums de la série témoignent du souci de Goscinny de construire ses scénarios avec la rigueur horlogère des meilleures comédies de théâtre ou de cinéma. Je recommande d'ailleurs l'intégrale en un volume, compte tenu du faible nombre d'épisodes et du fait que les histoires s'enchaînent pour n'en former finalement qu'une seule.

09/03/2007 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Ce n'est qu'en fermant le livre que j'ai remarqué que "Là où vont nos pères" était publié dans la collection "long courrier" de Dargaud, tant cette bande dessinée tranche avec la production actuelle (et le style Dargaud). Ce type d'ouvrage se rapproche au niveau graphique plus de la collection Mirages de Delcourt, à l'image d'un Fritz Haber de David Vandermeulen que d'une série de Dargaud. En effet, il s'agit ici d'une bande dessinée muette, mais qui, de par son étonnante palette de vignettes peut se passer de dialogue. "Là où vont nos pères" aurait pu être un portrait triste et poignant de l'immigration, mais non. L'auteur, Shaun Tan, a choisi une toute autre voie, qui oscille sans cesse entre Chaplin (Modern times, ou encore L'émigrant) et un monde à la Kafka, où tout nous est inconnu : alphabet, animaux, transports, langage etc. Si j'ai été, dans un premier temps, assez désorienté par le scénario, j'avoue qu'il faut une seconde lecture pour bien appréhender la richesse de l'histoire. Mais c'est vrai que le scénario est peut-être étouffé par la beauté des illustrations, d'ailleurs, je n'ai eu de cesse de contempler les superbes pages à plusieurs reprises depuis que j'ai acheté cette bande dessinée. Ce livre est une fable, fable sur l'émigration, fable universelle et magnifiquement illustrée, et surtout qui ne sombre pas dans le misérabilisme mais au contraire dans l'optimisme et la joie de vivre. C'est beau, souvent sombre et angoissant, mais résolument tourné vers l'avenir, vers l'espoir (comme le montre la dernière page). Cette bd c'est le rêve américain sans le Crack de 29. Un petit ovni vient de débarquer ce mois-ci chez votre libraire... achetez-le.

09/03/2007 (modifier)