On pense à Little Nemo... Nic se retrouve en rêve, nuit après nuit, dans une étrange île où débarqueront bientôt des animaux naufragés.
Une histoire très attachante, accessible aux préados. Et c'est signé Hermann, un des très grands de la BD des années 80-90...
Un cadre moyen japonais retourne sur les lieux de son enfance, sur un coup de tête. Il se retrouve soudain 30 ans en arrière, dans le corps de celui qu'il était à 14 ans, avec ses souvenirs d'adulte. Il sait que dans un mois, son père va partir pour ne plus jamais revenir... Comment l'en empêcher ?
J'ai adoré la reconstitution de ce Japon des années 60 que nous connaissons si mal, et ces petits riens de la vie de tous les jours, à l'âge où l'on s'éveille à l'amour et aux grandes questions.
Le dessin, sobre et soigné, sert à merveille le récit.
Je pardonne sans problème une fin prévisible. De toute façon, avec une telle idée de départ, il était difficile de finir autrement.
La BD type pour trentenaire mal grandi. M. Jean, écrivain rêveur et inadapté, entouré de copains aussi sympathiques qu'immatures, promène sa nonchalance en cherchant un sens à la vie. Serait-ce le fait d'être père ? Difficile question...
L'histoire est parfaitement improbable mais prend le temps de s'installer et de laisser respirer les personnages, deux abîmés de la vie qui tombent amis comme on tombe amoureux.
Les dessins sont superbes et l'univers a beau ressembler à notre monde, s'y ajoute une étrangeté diffuse (sans doute aidée par la présence d'une mystérieuse fantôme).
Deux tomes déjà sortis. J'attends la suite avec impatience.
Mais pourquoi Philémon ne parvient-il jamais à retrouver et à ramener définitivement son ami Barthélémy, prisonnier des îles en forme de lettre qui forment les mot Océan Atlantique sur le globe terrestre ?
Fred a un univers bien à lui, largement onirique, au point parfois de se sentir mal à l'aise en retrouvant les sensations de ces rêves proches du cauchemar qu'on fait parfois : errances dans des bâtiments labyrinthiques, chutes interminables, décors qui se transforment soudain, personnages qui semblent voir une autre réalité que vous...
J'ai lu Philémon assez jeunes et ses personnages ont beaucoup marqué mon imaginaire enfantin. Notamment ses Manu-Manu, des mains sauvages géantes qu'on peut domestiquer en Manu militari ou cacher sous une identité factice en les couvrant d'une marionnette.
On peut être allergique, mais je reconnais à Fred une patte et une originalité que peu d'auteurs possèdent à ce point. Son dessin est également très reconnaissable, mais je n'ai jamais réussi à me faire complètement à ces traits anguleux et ces couleurs criardes. 4/5 quand même pour l'originalité de la série, envoûtante et difficile à lâcher.
Une excellente série pour ados. Les scénarios sont parfois un peu faiblards, mais les personnages sont si sympathiques et les atmosphères si bien rendues qu'on se laisse embarquer sans regret.
Le meilleur épisode selon moi (avec un scénario qui, pour une fois, tient bien la route) : Passé recomposé.
4/5 pour Jérôme K. Jérôme Bloche, détective privé (privé de quoi ?).
Attention, série réservée aux amateurs. Certains détestent, d'autres adorent. Je peux comprendre qu'on n'accroche pas du tout ou qu'on s'agace des costumes volontairement clownesques des deux héros.
Le Vagabond des Limbes, plus qu'une série de SF, est une série onirique qui brode sur le thème de l'identité, de la solitude, des relations entre les êtres, du passage à l'âge adulte (le vaisseau du héros est un véritable utérus volant).
Chaque album est une parabole sur un aspect de notre monde à nous, dans lequel se cache d'ailleurs la Chimeer que le héros recherche depuis qu'il en a rêvé.
Bon, on parle aussi beaucoup de sexe: puisqu'on est dans le domaine du rêve, Godard laisse régulièrement libre cours à ses fantasmes...
Comme dans beaucoup de séries, les derniers albums ont tendance à tomber dans la répétition. Et le dessin baisse en qualité.
L'essor du syndicalisme chrétien dans le Maine-et-Loir rural des années 50 à 80.
Dit comme ça, je vous sens l'envie de zapper comme quand on tombe sur ces documentaires plombés d'ennui sur Arte. Ne faites pas cette erreur !
On suit ici de vrais personnages -les parents de l'auteur- dans ce qui devient une chronique de la France des 30 glorieuses.
On accompagne ces jeunes dans leur initiation au dur monde de l'usine, leurs envies d'ailleurs et d'action, leurs interrogations sur la vie et le monde, leur apprentissage de la dignité et du refus face aux abus d'un patronat paternaliste et tout puissant. On découvre aussi les tensions internes à l'Eglise de l'époque, où les prêtres-ouvriers commençaient à gêner...
L'album se lit tout seul, sans une once d'ennui. Et l'on ne peut s'empêcher de regarder avec un peu de tristesse ces ouvriers pleurer de joie, à la dernière page, en apprenant le nom du vainqueur de la présidentielle de 81. Persuadés que le temps de l'exploitation et de la pauvreté venait de prendre fin...
Après un enthousiasmant tome 1, "Miss Pas Touche" vient de trouver une conclusion à sa hauteur dans un tome deux non moins réussi.
Miss Pas Touche, c'est pour moi une des meilleures surprises de l'année 2006 (et début 2007 :) ). Une histoire enlevée, extrêmement bien racontée, et qui se lit et se relit sans lassitude avec un grand sourire aux lèvres.
Je trouve que les auteurs ont su éviter de nombreux écueils, notamment vis à vis du monde du bordel : on aurait facilement pu tomber dans le vulgaire ou le racoleur, mais il n'en est rien. Le dessin rend à merveille la diversité des corps féminins et confère beaucoup de personnalité et d'expressivité aux personnages.
Une grande réussite, pour une BD facile d'accès qui se dévore.
Edit après sortie du tome 3 : mouaiche, pas convaincue pour le coup que la série méritait une suite. Pas emballée par ce tome, dont la suite me semble extremement prévisible (on verra quand le tome 4 sera sorti si je me faisais des idées)
Pas neuf, le coup de l'amnésique : L'Homme sans Passé ou la Mémoire dans la peau (quasi décalque de XIII) nous l'ont refait récemment au cinéma. Mais c'est un mine scénaristique que Van Hamme a su très bien exploiter.
On se laisse prendre au récit, de coup de théâtre en coup de théâtre, à la découverte progressive d'un effroyable complot digne des grandes séries télé américaines (ça se passe d'ailleurs aux Etats-Unis).
Un mauvais point pour le dessin de Vance, parfois brouillon et souvent rigide. Mais c'est un détail qu'on oublie vite.
Un conseil : arrêtez-vous au tome 8. La suite n'est pas à la hauteur, Van Hamme tire un peu à la ligne.
Et ne manquez pas les deux meilleurs albums : le Dossier Jason Fly et la Nuit du 3 août (tomes 6 et 7), qui abordent la question du racisme et de l'anti-intellectualisme primaires d'une certaine Amérique profonde. L'atmosphère lourde et rancie de la petite ville perdue sous la neige au milieu des Rockies est une réussite. Blacksad, depuis, a su retrouver le même ton.
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Nic
On pense à Little Nemo... Nic se retrouve en rêve, nuit après nuit, dans une étrange île où débarqueront bientôt des animaux naufragés. Une histoire très attachante, accessible aux préados. Et c'est signé Hermann, un des très grands de la BD des années 80-90...
Quartier lointain
Un cadre moyen japonais retourne sur les lieux de son enfance, sur un coup de tête. Il se retrouve soudain 30 ans en arrière, dans le corps de celui qu'il était à 14 ans, avec ses souvenirs d'adulte. Il sait que dans un mois, son père va partir pour ne plus jamais revenir... Comment l'en empêcher ? J'ai adoré la reconstitution de ce Japon des années 60 que nous connaissons si mal, et ces petits riens de la vie de tous les jours, à l'âge où l'on s'éveille à l'amour et aux grandes questions. Le dessin, sobre et soigné, sert à merveille le récit. Je pardonne sans problème une fin prévisible. De toute façon, avec une telle idée de départ, il était difficile de finir autrement.
Monsieur Jean
La BD type pour trentenaire mal grandi. M. Jean, écrivain rêveur et inadapté, entouré de copains aussi sympathiques qu'immatures, promène sa nonchalance en cherchant un sens à la vie. Serait-ce le fait d'être père ? Difficile question...
Carême
L'histoire est parfaitement improbable mais prend le temps de s'installer et de laisser respirer les personnages, deux abîmés de la vie qui tombent amis comme on tombe amoureux. Les dessins sont superbes et l'univers a beau ressembler à notre monde, s'y ajoute une étrangeté diffuse (sans doute aidée par la présence d'une mystérieuse fantôme). Deux tomes déjà sortis. J'attends la suite avec impatience.
Philémon
Mais pourquoi Philémon ne parvient-il jamais à retrouver et à ramener définitivement son ami Barthélémy, prisonnier des îles en forme de lettre qui forment les mot Océan Atlantique sur le globe terrestre ? Fred a un univers bien à lui, largement onirique, au point parfois de se sentir mal à l'aise en retrouvant les sensations de ces rêves proches du cauchemar qu'on fait parfois : errances dans des bâtiments labyrinthiques, chutes interminables, décors qui se transforment soudain, personnages qui semblent voir une autre réalité que vous... J'ai lu Philémon assez jeunes et ses personnages ont beaucoup marqué mon imaginaire enfantin. Notamment ses Manu-Manu, des mains sauvages géantes qu'on peut domestiquer en Manu militari ou cacher sous une identité factice en les couvrant d'une marionnette. On peut être allergique, mais je reconnais à Fred une patte et une originalité que peu d'auteurs possèdent à ce point. Son dessin est également très reconnaissable, mais je n'ai jamais réussi à me faire complètement à ces traits anguleux et ces couleurs criardes. 4/5 quand même pour l'originalité de la série, envoûtante et difficile à lâcher.
Jérôme K. Jérôme Bloche
Une excellente série pour ados. Les scénarios sont parfois un peu faiblards, mais les personnages sont si sympathiques et les atmosphères si bien rendues qu'on se laisse embarquer sans regret. Le meilleur épisode selon moi (avec un scénario qui, pour une fois, tient bien la route) : Passé recomposé. 4/5 pour Jérôme K. Jérôme Bloche, détective privé (privé de quoi ?).
Le Vagabond des Limbes
Attention, série réservée aux amateurs. Certains détestent, d'autres adorent. Je peux comprendre qu'on n'accroche pas du tout ou qu'on s'agace des costumes volontairement clownesques des deux héros. Le Vagabond des Limbes, plus qu'une série de SF, est une série onirique qui brode sur le thème de l'identité, de la solitude, des relations entre les êtres, du passage à l'âge adulte (le vaisseau du héros est un véritable utérus volant). Chaque album est une parabole sur un aspect de notre monde à nous, dans lequel se cache d'ailleurs la Chimeer que le héros recherche depuis qu'il en a rêvé. Bon, on parle aussi beaucoup de sexe: puisqu'on est dans le domaine du rêve, Godard laisse régulièrement libre cours à ses fantasmes... Comme dans beaucoup de séries, les derniers albums ont tendance à tomber dans la répétition. Et le dessin baisse en qualité.
Les Mauvaises Gens
L'essor du syndicalisme chrétien dans le Maine-et-Loir rural des années 50 à 80. Dit comme ça, je vous sens l'envie de zapper comme quand on tombe sur ces documentaires plombés d'ennui sur Arte. Ne faites pas cette erreur ! On suit ici de vrais personnages -les parents de l'auteur- dans ce qui devient une chronique de la France des 30 glorieuses. On accompagne ces jeunes dans leur initiation au dur monde de l'usine, leurs envies d'ailleurs et d'action, leurs interrogations sur la vie et le monde, leur apprentissage de la dignité et du refus face aux abus d'un patronat paternaliste et tout puissant. On découvre aussi les tensions internes à l'Eglise de l'époque, où les prêtres-ouvriers commençaient à gêner... L'album se lit tout seul, sans une once d'ennui. Et l'on ne peut s'empêcher de regarder avec un peu de tristesse ces ouvriers pleurer de joie, à la dernière page, en apprenant le nom du vainqueur de la présidentielle de 81. Persuadés que le temps de l'exploitation et de la pauvreté venait de prendre fin...
Miss Pas Touche
Après un enthousiasmant tome 1, "Miss Pas Touche" vient de trouver une conclusion à sa hauteur dans un tome deux non moins réussi. Miss Pas Touche, c'est pour moi une des meilleures surprises de l'année 2006 (et début 2007 :) ). Une histoire enlevée, extrêmement bien racontée, et qui se lit et se relit sans lassitude avec un grand sourire aux lèvres. Je trouve que les auteurs ont su éviter de nombreux écueils, notamment vis à vis du monde du bordel : on aurait facilement pu tomber dans le vulgaire ou le racoleur, mais il n'en est rien. Le dessin rend à merveille la diversité des corps féminins et confère beaucoup de personnalité et d'expressivité aux personnages. Une grande réussite, pour une BD facile d'accès qui se dévore. Edit après sortie du tome 3 : mouaiche, pas convaincue pour le coup que la série méritait une suite. Pas emballée par ce tome, dont la suite me semble extremement prévisible (on verra quand le tome 4 sera sorti si je me faisais des idées)
XIII
Pas neuf, le coup de l'amnésique : L'Homme sans Passé ou la Mémoire dans la peau (quasi décalque de XIII) nous l'ont refait récemment au cinéma. Mais c'est un mine scénaristique que Van Hamme a su très bien exploiter. On se laisse prendre au récit, de coup de théâtre en coup de théâtre, à la découverte progressive d'un effroyable complot digne des grandes séries télé américaines (ça se passe d'ailleurs aux Etats-Unis). Un mauvais point pour le dessin de Vance, parfois brouillon et souvent rigide. Mais c'est un détail qu'on oublie vite. Un conseil : arrêtez-vous au tome 8. La suite n'est pas à la hauteur, Van Hamme tire un peu à la ligne. Et ne manquez pas les deux meilleurs albums : le Dossier Jason Fly et la Nuit du 3 août (tomes 6 et 7), qui abordent la question du racisme et de l'anti-intellectualisme primaires d'une certaine Amérique profonde. L'atmosphère lourde et rancie de la petite ville perdue sous la neige au milieu des Rockies est une réussite. Blacksad, depuis, a su retrouver le même ton.