Le Silence de Malka m’a époustouflé par son dessin. Je savais que j’aimais bien le style de Pellejero mais je crois que je ne l’avais jamais autant apprécié qu’avec cette BD là. J’adore son trait et son encrage gras, j’adore la majorité de ses couleurs (je n’aime pas trop les arcs-en-ciel qu’on voit par moment), et j’adore la façon dont ils s’épousent les uns avec les autres. La plus grande partie des planches de cet album sont proprement épatantes d’esthétisme à mes yeux.
Quant à l’histoire, j’aime son cadre original mélangeant mystique juive, golem et décor de colonisation argentine.
J’avoue avoir trouvé le début un peu confus. Mais je crois avoir été embrouillé par le texte d’introduction qui présentait le contexte historique mais m’a également fait croire que l’intrigue y serait identique alors qu’il n’est en fait qu’un point de départ à une histoire différente et à thématique fantastique.
Dans l’ensemble, je trouve le scénario sympathique et original, mais il m’a nettement moins marqué que le dessin. Mais ce dessin se vaut presque à lui tout seul d’où mon avis très positif sur cette BD.
J'avais beaucoup aimé Gabrielle et Le Miroir des Alices, même si ce dernier se perdait dans des discours à rallonge.
Avec "Le Bleu du Ciel", on ne change pas vraiment d'univers. Kara reprend les éléments qu'il maîtrise apparemment le mieux, c'est à dire l'ésotérisme. On n'est donc pas dépaysé. Par contre, ce qui change par rapport à ces réalisations précédentes, c'est la fluidité du récit. Moins de paroles, un peu plus d'action, et le résultat est très réussi. On reprochera quelques éléments un peu fouillis mais le plaisir est là.
La qualité graphique de Kara n'est plus à démontrer dans un style très "manga". Les décors fourmillent de détails et les couleurs sont également très réussies, bien qu'un peu sombres sur quelques planches.
Un premier tome très réussi, et on peut faire confiance à Kara pour la suite.
Après avoir découvert "Callède" au scénario de Comptine d'Halloween, Dans la nuit et Enchaînés, je me suis plongé confiant dans "Tatanka".
Fortement inspiré de ce qui a pu être fait au cinéma ou à la télévision, cette série nous offre un savoureux mélange entre "Virus" et "X-Files". Certes, il serait facile de dire que c'est du vu et revu, que tout cela manque d'originalité, mais comme d'habitude, Callède est un scénariste hors pair et on est happé par l'intrigue.
Le tout est parfaitement mis en valeur par un très bon dessin, réaliste et bien maîtrisé. Petit bémol sur les couleurs un peu trop informatisées qui donnent parfois un côté "plastique" et rompent avec le côté réaliste.
Une excellente série, peut-être pas très originale, mais très bien écrite et dessinée.
Voici une série que j'avais hésité à acheter puis finalement... bien m'en a pris.
Nous sommes plongés dans un Paris du début du XXème sur fonds de meurtres des plus glauques. Tout s'étoffe ensuite avec l'apparition de Thomas, jeune homme de bonne famille mystérieux, de son oncle un peu fou qui voue sa vie à ramener à la vie, Freeda, la mère de Thomas. C'est dans ce contexte qu'intervient le Codex Angélique.
Meurtres, fantastique, ésotérisme, tous ces éléments sont mélangés pour nous plonger dans une très bonne intrigue. Il y a très peu de temps morts dans le récit, on avance dans l'histoire avec plaisir.
Le dessin présente quelques défauts de perspectives sur les décors et la mise en couleur donne un petit côté "carré" aux visages. Il est quand même très bon, et correspond parfaitement à l'époque du récit et à l'ambiance du scénario.
Cette série est vraiment intéressante et je vais la suivre avec plaisir.
Voici la première série pour laquelle je poste.
C'est ma femme qui a acheté spontanément cette BD. On avait déjà pu lire les premières pages sur le site Delcourt, et on avait senti un possible "nouveau Garulfo", même si Garulfo est une BD à part.
Toujours est-il que cette nouvelle série amène une vraie fraîcheur dans le monde de la BD, d'autant plus qu'elle est réalisée par des auteurs féminins, ce qui est assez rare.
Entièrement basée sur les contes qui nous bercent depuis notre plus tendre enfance, ce premier album les parodie avec beaucoup de réussite. De "la Belle au bois dormant" à ''Alice au pays des merveilles'' en passant par "le Petit Chaperon rouge", tout est présent et traité avec humour. On pourra également noter d'autres allusions diverses toujours humoristiques ("que la force soit avec vous").
Pour ce qui est du dessin, il accompagne parfaitement cet album qui ne se prend pas au sérieux. Le tout est déjà bien maîtrisé et a un style très vivant. La mise en couleur (informatique) donne un côté "éclatant" aux dessins et renforce le côté "conte".
Cette série s'annonce riche et risque de plaire à de nombreux lecteurs. Je ne saurais que la conseiller.
Superbe recueil d'histoires courtes de Claude Auclair. Les trois plus anciennes histoires, présentées en fin d'album et publiées dans le journal "Tintin" en 1970, forment une seule grande intrigue autour de la traque d'un grizzli par le jeune et exalté trappeur "Yann-Bois-Brulé" et son complice indien "Main-Longue".
Le jeune trappeur sanguin n'est pas sans rappeler le jeune Buddy Longway, avec qui il partage la même soif d'aventures et la générosité. De même, il est loin d'être un surhomme et la réussite de sa chasse se révèle mitigée. Mais même si ce personnage obsessionnel n'est pas toujours attachant, il faut souligner la qualité des récits de Auclair, la justesse de son évocation des indiens, la qualité du texte.
Le reste de la galerie de personnages et l'univers des trappeurs où la nature joue un rôle à part entière, achèvent de rendre convaincant cet essai de Auclair, qui ne démérite pas au niveau du dessin, malgré une petite raideur dans le trait, qui retrace cet univers avec talent et recherche.
D'une toute autre envergure est l'histoire (plus longue : quinze planches) qui ouvre l'album : "la légende de Nez-Pointu et de Trois-Patte-Le-Loup", récit écrit en 1976, simple, limpide, bouleversant.
Le texte est toujours de la même qualité, mais le dessin a acquis une telle maturité qu'il sublime cette histoire de l'amitié d'un trappeur et d'un loup, tout deux écorchés par la vie. Le talent de Auclair, notamment dans la représentation des animaux, est remarquable et donne une plus grande fluidité à ce récit habité par un vrai lyrisme.
Ces petites fables écologiques possèdent un charme indéniable, très marquées par leur date de création, mais le talent de Auclair est intemporel et rend très accessible les aventures de "Yann-Bois-Brulé" et ménage toujours la même émotion.
C'est brillant et sans esbroufe, très réussi.
Souvenirs souvenirs...
J'ai découvert ce fantastique personnage en 1967/68... Etonnant pour l'époque : une sorte d'anti-héros argenté glissant dans les airs sur un surf de même teinte ! Fallait y penser. Stan Lee l'a fait.
Le Surfer ?... c'est l'histoire de Galactus, un être qui règne sur de nombreuses galaxies. Décidant d'étendre son empire, il jette son dévolu sur une petite planète : Zenn-La. Il consent pourtant à épargner ce monde à condition qu'un de ses habitants, Norrin Radd, se prête à devenir son ambassadeur. Le marché est conclu. Norrin est recouvert d'une enveloppe argentée destinée à le protéger des rayons cosmiques. Il se voit attribuer une planche de surf pour moyen de locomotion.
Condamné à un exil perpétuel, Norrin va pourtant s'empresser de combattre le mal sous toutes ses formes plutôt que de céder aux idées d'expansion de Galactus.
A ses débuts, ce héros va connaître un énorme succès. Différent des "musclors" habituels, le Surfer d'Argent est un être pathétique magnifiquement dessiné -à ses débuts en 1966- par Jack Kirby ; ce sous les scénarios de Stan Lee.
Suite au succès du personnage, la "Marvel Comics" va créer un périodique homonyme dès 1968 (de magnifiques "grands pockets" brochés qui garnissent encore un coin d'une de mes étagères). Dès cette année, le dessin sera repris par John Buscema (Hulk, Captain Marvel, Thor, Les Quatre Fantastiques, Conan...), excusez du peu !...
Interrompue en 1970, cette série reprendra en 1982.
A noter un magnifique album broché, réalisé en 1990 et paru chez Casterman. Un album dont le scénario est toujours de Stan Lee mais, et surtout, dont le graphisme a été réalisé par Moebius/Giraud. Superbe... et très rare !...
C'est vrai que ce personnage est peu connu de nos jours, mais vous pourrez le (re)trouver chez un vide-grenier ou sur une brocante dans de vieux "Fantask" ou "Strange" du début des années 70. J'en possède pas mal, de ces opus ; et même si le tout a un peu vieilli, c'est souvent avec un réel plaisir que j'en pagine quelques-uns...
Le "Surfer d'argent" ?... Immanquable pour les vrais amateurs de la SF "de papa".
Je cote 9/10. Et c'est plutôt rare de ma part.
Une bd pleine de surprises, de trouvailles, de rebondissement, de décalages intelligents, de personnages secondaires attachants, de relâchement juste, bref une excellente lecture, d'un charme fou !
Malheureusement, la "nazification" des méchants amène un je-ne-sais-quoi de sous-culture, d'automatisme pavlovien si vous voulez, de "c'est des méchants hein donc j'ai bon", de "vous voyez le plus méchant des nazis il a un visage de tête de mort" qui a un peu gâché ma lecture.
C'est un peu le problème avec Leo : ramener des méchants d'extrême-droite à tout propos dans des univers qui n'ont vraiment rien à voir... Dans cette oeuvre chaque évocation des années trente est fondue dans un monde imaginaire flou qui rend les références poétiques. Les méchants allemands sont les seuls à être indubitablement rattachables à un Etat réel (surtout par leurs uniformes), ce qui casse la magie créative dès qu'on les voit.
Ce ne sont plus vraiment des méchants nécessaires à l'intrigue, car ils ne "jouent pas le jeu" en ne se rattachant pas à un "empire autoritaire" fictif qui aurait fait partie du flou général, par exemple avec un mélange de Prusse, d'Autriche-Hongrie et de Russie bien pensé. En se rattachant à un Etat réel, il y a intrusion d'un élément d'histoire réelle, ce qui n'est pas bien à propos à mon avis. Le premier diplomate à table donne un bon exemple de ce qui aurait pu rester flou, en harmonie avec le reste.
Le gros avantage de l'oeuvre c'est l'ironie par rapport au personnage principal, et dans une certaine mesure, plus subtile, par rapport à la "scientifique".
Je l'écris sans détour, Desolation Jones est à ce jour la meilleure série écrite par Warren Ellis. Créateur de séries novatrices comme The Authority, d'oeuvres trash et déjantées comme Transmetropolitan, Warren Ellis est l'un des scénaristes de comics les plus en vue du moment.
Et nous, amis lecteurs, avons la chance que soit traduit en France sa toute dernière création chez Wildstorm : Desolation Jones.
Made in England est le titre de ce premier tome, un premier tome de six épisodes formant une histoire complète. Et cette histoire est un choc !
Une histoire violente et sombre dépeignant une société tristement proche de la nôtre, une histoire très décadente et politique, largement empreinte du cynisme de son auteur. Ellis n'était jamais allé si loin dans son délire paranoïaque illustrant le monde qui nous entoure, ses oeuvres précédentes noyaient souvent le propos sous des tonnes de gags et de situations incongrues, ou parfois semblaient impersonnelles. Avec Desolation, Ellis nous montre enfin l'étendue de son talent que l'on avait jusqu'ici seulement pressenti. Mais au delà de l'esprit critique de l'auteur, suintant de cette lecture il y a aussi une histoire, l'histoire d'un homme nommé Michael Jones...
Michael Jones est le premier cobaye à avoir survécu au "Desolation test", une expérience secrète mise sur pied par le gouvernement britannique, dont on ne sait pas grand chose. Jones est aujourd'hui plus un Zombie qu'un homme, son esprit est mort, il ne ressent aucune émotion. Son corps est couvert d'immondes cicatrices et de contusions, sa peau grisâtre ne saurait supporter la lumière du soleil. Ce que l'on sait du passé de Jones ? Rien... ou presque, il était agent du MI6 et probablement alcoolique avant l'expérience.
Aujourd'hui Michael Jones, comme bien d'autres agents "génétiquement modifiés" est assigné à L.A., une ville où la crasse et la dépravation côtoient le luxe le plus exorbitant. Un jour, un certain colonel Nigh demande à Jones de retrouver des films pornographiques très très particuliers, l'intrigue se met en place, l'histoire commence...
Tout va à 100 à l'heure dans cette histoire, Jones dérouille et défouraille tandis qu'en tournant les pages le lecteur en redemande, le mystère s'épaissit, l'intrigue rebondit tous azimuts, les révélations pleuvent au même rythme que les nouvelles questions se posent... Arrivé à la fin de cette lecture enivrante, j'en redemandais déjà, alors j'ai relu et j'ai de nouveau adoré, j'ai trouvé de nouvelles subtilités, j'ai apprécié la vraie richesse qu'offre cette BD.
C'est J.H. Williams III, le collaborateur d'Alan Moore sur Promethea, qui se charge de dessiner Jones et toute la faune psychotique environnante. Williams assure, son trait aussi précis qu'aiguisé convient parfaitement à cette ambiance sale et dure. Le visage décharné de Jones est impressionnant !
L'agencement des cases est extraordinaire de variété, le choix des vues détonne. Une vraie démonstration de découpage séquentiel. Les couleurs très contrastés varient du très sombre à l'extrêmement saturé, avec quelques inserts de cases en noir et blancs, ce qui enrichit de façon considérable la force graphique de cette BD.
J'ai dévoré ce tome avec avidité, j'attends la suite avec autant d'avidité.
À découvrir d'urgence !
JJJ
C'est drôle, le graphisme est bon et le sujet est pas mal traité. La série se lit très, voire trop rapidement.
Le monde est à la fois classique dans la fantasy mais à la sauce New Yorkaise avec des flics, des dealers, chef de la police etc...
J'ai aimé car pas prise de tête, scénario pas trop mal mais c'est une BD qui a surtout l'avantage de plaire aux petits et aux grands.
Bref je recommande.
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Le Silence de Malka
Le Silence de Malka m’a époustouflé par son dessin. Je savais que j’aimais bien le style de Pellejero mais je crois que je ne l’avais jamais autant apprécié qu’avec cette BD là. J’adore son trait et son encrage gras, j’adore la majorité de ses couleurs (je n’aime pas trop les arcs-en-ciel qu’on voit par moment), et j’adore la façon dont ils s’épousent les uns avec les autres. La plus grande partie des planches de cet album sont proprement épatantes d’esthétisme à mes yeux. Quant à l’histoire, j’aime son cadre original mélangeant mystique juive, golem et décor de colonisation argentine. J’avoue avoir trouvé le début un peu confus. Mais je crois avoir été embrouillé par le texte d’introduction qui présentait le contexte historique mais m’a également fait croire que l’intrigue y serait identique alors qu’il n’est en fait qu’un point de départ à une histoire différente et à thématique fantastique. Dans l’ensemble, je trouve le scénario sympathique et original, mais il m’a nettement moins marqué que le dessin. Mais ce dessin se vaut presque à lui tout seul d’où mon avis très positif sur cette BD.
Le Bleu du Ciel
J'avais beaucoup aimé Gabrielle et Le Miroir des Alices, même si ce dernier se perdait dans des discours à rallonge. Avec "Le Bleu du Ciel", on ne change pas vraiment d'univers. Kara reprend les éléments qu'il maîtrise apparemment le mieux, c'est à dire l'ésotérisme. On n'est donc pas dépaysé. Par contre, ce qui change par rapport à ces réalisations précédentes, c'est la fluidité du récit. Moins de paroles, un peu plus d'action, et le résultat est très réussi. On reprochera quelques éléments un peu fouillis mais le plaisir est là. La qualité graphique de Kara n'est plus à démontrer dans un style très "manga". Les décors fourmillent de détails et les couleurs sont également très réussies, bien qu'un peu sombres sur quelques planches. Un premier tome très réussi, et on peut faire confiance à Kara pour la suite.
Tatanka
Après avoir découvert "Callède" au scénario de Comptine d'Halloween, Dans la nuit et Enchaînés, je me suis plongé confiant dans "Tatanka". Fortement inspiré de ce qui a pu être fait au cinéma ou à la télévision, cette série nous offre un savoureux mélange entre "Virus" et "X-Files". Certes, il serait facile de dire que c'est du vu et revu, que tout cela manque d'originalité, mais comme d'habitude, Callède est un scénariste hors pair et on est happé par l'intrigue. Le tout est parfaitement mis en valeur par un très bon dessin, réaliste et bien maîtrisé. Petit bémol sur les couleurs un peu trop informatisées qui donnent parfois un côté "plastique" et rompent avec le côté réaliste. Une excellente série, peut-être pas très originale, mais très bien écrite et dessinée.
Le Codex angélique
Voici une série que j'avais hésité à acheter puis finalement... bien m'en a pris. Nous sommes plongés dans un Paris du début du XXème sur fonds de meurtres des plus glauques. Tout s'étoffe ensuite avec l'apparition de Thomas, jeune homme de bonne famille mystérieux, de son oncle un peu fou qui voue sa vie à ramener à la vie, Freeda, la mère de Thomas. C'est dans ce contexte qu'intervient le Codex Angélique. Meurtres, fantastique, ésotérisme, tous ces éléments sont mélangés pour nous plonger dans une très bonne intrigue. Il y a très peu de temps morts dans le récit, on avance dans l'histoire avec plaisir. Le dessin présente quelques défauts de perspectives sur les décors et la mise en couleur donne un petit côté "carré" aux visages. Il est quand même très bon, et correspond parfaitement à l'époque du récit et à l'ambiance du scénario. Cette série est vraiment intéressante et je vais la suivre avec plaisir.
Il y avait une fois
Voici la première série pour laquelle je poste. C'est ma femme qui a acheté spontanément cette BD. On avait déjà pu lire les premières pages sur le site Delcourt, et on avait senti un possible "nouveau Garulfo", même si Garulfo est une BD à part. Toujours est-il que cette nouvelle série amène une vraie fraîcheur dans le monde de la BD, d'autant plus qu'elle est réalisée par des auteurs féminins, ce qui est assez rare. Entièrement basée sur les contes qui nous bercent depuis notre plus tendre enfance, ce premier album les parodie avec beaucoup de réussite. De "la Belle au bois dormant" à ''Alice au pays des merveilles'' en passant par "le Petit Chaperon rouge", tout est présent et traité avec humour. On pourra également noter d'autres allusions diverses toujours humoristiques ("que la force soit avec vous"). Pour ce qui est du dessin, il accompagne parfaitement cet album qui ne se prend pas au sérieux. Le tout est déjà bien maîtrisé et a un style très vivant. La mise en couleur (informatique) donne un côté "éclatant" aux dessins et renforce le côté "conte". Cette série s'annonce riche et risque de plaire à de nombreux lecteurs. Je ne saurais que la conseiller.
La Saga du Grizzli
Superbe recueil d'histoires courtes de Claude Auclair. Les trois plus anciennes histoires, présentées en fin d'album et publiées dans le journal "Tintin" en 1970, forment une seule grande intrigue autour de la traque d'un grizzli par le jeune et exalté trappeur "Yann-Bois-Brulé" et son complice indien "Main-Longue". Le jeune trappeur sanguin n'est pas sans rappeler le jeune Buddy Longway, avec qui il partage la même soif d'aventures et la générosité. De même, il est loin d'être un surhomme et la réussite de sa chasse se révèle mitigée. Mais même si ce personnage obsessionnel n'est pas toujours attachant, il faut souligner la qualité des récits de Auclair, la justesse de son évocation des indiens, la qualité du texte. Le reste de la galerie de personnages et l'univers des trappeurs où la nature joue un rôle à part entière, achèvent de rendre convaincant cet essai de Auclair, qui ne démérite pas au niveau du dessin, malgré une petite raideur dans le trait, qui retrace cet univers avec talent et recherche. D'une toute autre envergure est l'histoire (plus longue : quinze planches) qui ouvre l'album : "la légende de Nez-Pointu et de Trois-Patte-Le-Loup", récit écrit en 1976, simple, limpide, bouleversant. Le texte est toujours de la même qualité, mais le dessin a acquis une telle maturité qu'il sublime cette histoire de l'amitié d'un trappeur et d'un loup, tout deux écorchés par la vie. Le talent de Auclair, notamment dans la représentation des animaux, est remarquable et donne une plus grande fluidité à ce récit habité par un vrai lyrisme. Ces petites fables écologiques possèdent un charme indéniable, très marquées par leur date de création, mais le talent de Auclair est intemporel et rend très accessible les aventures de "Yann-Bois-Brulé" et ménage toujours la même émotion. C'est brillant et sans esbroufe, très réussi.
Silver Surfer - L'intégrale (Le Surfer d'Argent)
Souvenirs souvenirs... J'ai découvert ce fantastique personnage en 1967/68... Etonnant pour l'époque : une sorte d'anti-héros argenté glissant dans les airs sur un surf de même teinte ! Fallait y penser. Stan Lee l'a fait. Le Surfer ?... c'est l'histoire de Galactus, un être qui règne sur de nombreuses galaxies. Décidant d'étendre son empire, il jette son dévolu sur une petite planète : Zenn-La. Il consent pourtant à épargner ce monde à condition qu'un de ses habitants, Norrin Radd, se prête à devenir son ambassadeur. Le marché est conclu. Norrin est recouvert d'une enveloppe argentée destinée à le protéger des rayons cosmiques. Il se voit attribuer une planche de surf pour moyen de locomotion. Condamné à un exil perpétuel, Norrin va pourtant s'empresser de combattre le mal sous toutes ses formes plutôt que de céder aux idées d'expansion de Galactus. A ses débuts, ce héros va connaître un énorme succès. Différent des "musclors" habituels, le Surfer d'Argent est un être pathétique magnifiquement dessiné -à ses débuts en 1966- par Jack Kirby ; ce sous les scénarios de Stan Lee. Suite au succès du personnage, la "Marvel Comics" va créer un périodique homonyme dès 1968 (de magnifiques "grands pockets" brochés qui garnissent encore un coin d'une de mes étagères). Dès cette année, le dessin sera repris par John Buscema (Hulk, Captain Marvel, Thor, Les Quatre Fantastiques, Conan...), excusez du peu !... Interrompue en 1970, cette série reprendra en 1982. A noter un magnifique album broché, réalisé en 1990 et paru chez Casterman. Un album dont le scénario est toujours de Stan Lee mais, et surtout, dont le graphisme a été réalisé par Moebius/Giraud. Superbe... et très rare !... C'est vrai que ce personnage est peu connu de nos jours, mais vous pourrez le (re)trouver chez un vide-grenier ou sur une brocante dans de vieux "Fantask" ou "Strange" du début des années 70. J'en possède pas mal, de ces opus ; et même si le tout a un peu vieilli, c'est souvent avec un réel plaisir que j'en pagine quelques-uns... Le "Surfer d'argent" ?... Immanquable pour les vrais amateurs de la SF "de papa". Je cote 9/10. Et c'est plutôt rare de ma part.
Dexter London
Une bd pleine de surprises, de trouvailles, de rebondissement, de décalages intelligents, de personnages secondaires attachants, de relâchement juste, bref une excellente lecture, d'un charme fou ! Malheureusement, la "nazification" des méchants amène un je-ne-sais-quoi de sous-culture, d'automatisme pavlovien si vous voulez, de "c'est des méchants hein donc j'ai bon", de "vous voyez le plus méchant des nazis il a un visage de tête de mort" qui a un peu gâché ma lecture. C'est un peu le problème avec Leo : ramener des méchants d'extrême-droite à tout propos dans des univers qui n'ont vraiment rien à voir... Dans cette oeuvre chaque évocation des années trente est fondue dans un monde imaginaire flou qui rend les références poétiques. Les méchants allemands sont les seuls à être indubitablement rattachables à un Etat réel (surtout par leurs uniformes), ce qui casse la magie créative dès qu'on les voit. Ce ne sont plus vraiment des méchants nécessaires à l'intrigue, car ils ne "jouent pas le jeu" en ne se rattachant pas à un "empire autoritaire" fictif qui aurait fait partie du flou général, par exemple avec un mélange de Prusse, d'Autriche-Hongrie et de Russie bien pensé. En se rattachant à un Etat réel, il y a intrusion d'un élément d'histoire réelle, ce qui n'est pas bien à propos à mon avis. Le premier diplomate à table donne un bon exemple de ce qui aurait pu rester flou, en harmonie avec le reste. Le gros avantage de l'oeuvre c'est l'ironie par rapport au personnage principal, et dans une certaine mesure, plus subtile, par rapport à la "scientifique".
Desolation Jones
Je l'écris sans détour, Desolation Jones est à ce jour la meilleure série écrite par Warren Ellis. Créateur de séries novatrices comme The Authority, d'oeuvres trash et déjantées comme Transmetropolitan, Warren Ellis est l'un des scénaristes de comics les plus en vue du moment. Et nous, amis lecteurs, avons la chance que soit traduit en France sa toute dernière création chez Wildstorm : Desolation Jones. Made in England est le titre de ce premier tome, un premier tome de six épisodes formant une histoire complète. Et cette histoire est un choc ! Une histoire violente et sombre dépeignant une société tristement proche de la nôtre, une histoire très décadente et politique, largement empreinte du cynisme de son auteur. Ellis n'était jamais allé si loin dans son délire paranoïaque illustrant le monde qui nous entoure, ses oeuvres précédentes noyaient souvent le propos sous des tonnes de gags et de situations incongrues, ou parfois semblaient impersonnelles. Avec Desolation, Ellis nous montre enfin l'étendue de son talent que l'on avait jusqu'ici seulement pressenti. Mais au delà de l'esprit critique de l'auteur, suintant de cette lecture il y a aussi une histoire, l'histoire d'un homme nommé Michael Jones... Michael Jones est le premier cobaye à avoir survécu au "Desolation test", une expérience secrète mise sur pied par le gouvernement britannique, dont on ne sait pas grand chose. Jones est aujourd'hui plus un Zombie qu'un homme, son esprit est mort, il ne ressent aucune émotion. Son corps est couvert d'immondes cicatrices et de contusions, sa peau grisâtre ne saurait supporter la lumière du soleil. Ce que l'on sait du passé de Jones ? Rien... ou presque, il était agent du MI6 et probablement alcoolique avant l'expérience. Aujourd'hui Michael Jones, comme bien d'autres agents "génétiquement modifiés" est assigné à L.A., une ville où la crasse et la dépravation côtoient le luxe le plus exorbitant. Un jour, un certain colonel Nigh demande à Jones de retrouver des films pornographiques très très particuliers, l'intrigue se met en place, l'histoire commence... Tout va à 100 à l'heure dans cette histoire, Jones dérouille et défouraille tandis qu'en tournant les pages le lecteur en redemande, le mystère s'épaissit, l'intrigue rebondit tous azimuts, les révélations pleuvent au même rythme que les nouvelles questions se posent... Arrivé à la fin de cette lecture enivrante, j'en redemandais déjà, alors j'ai relu et j'ai de nouveau adoré, j'ai trouvé de nouvelles subtilités, j'ai apprécié la vraie richesse qu'offre cette BD. C'est J.H. Williams III, le collaborateur d'Alan Moore sur Promethea, qui se charge de dessiner Jones et toute la faune psychotique environnante. Williams assure, son trait aussi précis qu'aiguisé convient parfaitement à cette ambiance sale et dure. Le visage décharné de Jones est impressionnant ! L'agencement des cases est extraordinaire de variété, le choix des vues détonne. Une vraie démonstration de découpage séquentiel. Les couleurs très contrastés varient du très sombre à l'extrêmement saturé, avec quelques inserts de cases en noir et blancs, ce qui enrichit de façon considérable la force graphique de cette BD. J'ai dévoré ce tome avec avidité, j'attends la suite avec autant d'avidité. À découvrir d'urgence ! JJJ
Hardland
C'est drôle, le graphisme est bon et le sujet est pas mal traité. La série se lit très, voire trop rapidement. Le monde est à la fois classique dans la fantasy mais à la sauce New Yorkaise avec des flics, des dealers, chef de la police etc... J'ai aimé car pas prise de tête, scénario pas trop mal mais c'est une BD qui a surtout l'avantage de plaire aux petits et aux grands. Bref je recommande.