Enfant, j'aimais bien le dessin animé et je voulu enfin voir à quoi ressemblait la BD. Surprise, c'est beaucoup plus sombre que le DA.
Les six premiers tomes en tous cas. Certains passages sont à couper le souffle comme la scène finale du méchant dans le tome 3 ! Ce n'est pas le genre de truc que je mettrais dans une histoire pour enfants, mais est-ce bien pour enfants ? Le dessin est très sympathique.
Malheureusement, les auteurs ont changé à partir du tome 7 et on a eu droit à deux tomes d'histoires courtes insipides et à deux autres d'histoire longues sans aucun intérêt.
Je vais rejoindre beaucoup d'internautes mais je trouve que cette série regorge de bonnes idées. Je l'ai relue de nombreuses fois en très peu de temps ce qui est un signe.
Le dessin est de toute évidence assisté par ordinateur : on aime ou pas, ici, je trouve que ça passe.
Ce qui me plaît par dessus tout, c'est le scénar : les années 2050 sont très bien imaginées, on sent que Duval sait de quoi il parle, tout est dans les détails.
On nous propose ici de la science-fiction qui n'a rien de tape à l'oeil, c'est crédible sans être banal, c'est divertissant sans être vulgaire, c'est intelligent sans être pédant.
Je recommande à ceux qui le peuvent encore de se procurer les premières éditions de certains tomes : on y trouve des carnets de croquis et des explications supplémentaires sur l'univers. Histoire d'achever de vous convaincre que le scénariste maîtrise parfaitement son univers.
Chapeau bas les gars !
C'est le troisième ouvrage de BD qui sort cette année sur le sujet après L'Anneau des Nibelungen de Sébastien Ferran et Le Crépuscule des Dieux de Jarry et Djief.
Cette nouvelle adaptation, que l'on sent un peu plus libre que les précédentes, offre une vision personnelle mais très forte de l'histoire de ce héros du nord.
Graphiquement, le style de Alice est reconnaissable pour ceux qui ont lu le Troisième Testament. La particularité ici étant que l'on observera plus de décors naturels que d'architectures gothiques.
Cette édition en avant-première nous fait bénéficier de quelques tuyaux de l'auteur : il nous parle de ses sources littéraires (Tolkien, R. E. Howard...), picturales (Friedrich...), cinématographiques (J. Henson pour Dark Crystal, J. Boorman pour Excalibur, F. Lang pour ses Niebelungen et même Disney...) et forcément musicales avec la Tétralogie de Wagner par où tout commence.
Du travail d'orfèvre !
Cette série (que j'ai découverte enthousiasmé en prépublication dans le journal de Spirou) aurait été culte si l'auteur avait bouclé les aventures de notre amnésique tatoué à son XIIIe album. Malheureusement, les impératifs commerciaux ne sont pas compatibles avec ceux de la cohérence scénaristique. Alors XIII continue à cavaler un peu partout, toujours aussi fort, mais la série elle a faibli. Dommage !
Je m'étonnais de ne pas trouver cette série sur ce site alors qu'elle en est déjà à son 12e album et que c'est pour moi la série la plus aboutie d'André Taymans.
Même si les histoires de Caroline Baldwin sont parfois conventionnelles, le personnage principal de cette série est intéressant car l'évolution en parallèle de ses enquêtes et de ses problèmes privés est bien menée.
Le dessin me plaît : il est globalement maîtrisé, tant du point de vue de l'expression des personnages que des décors (qui font parfois penser au style de Cosey). De plus la colorisation est pertinente et agréable.
C'est donc une série "classique" que j'apprécie beaucoup et que je relis volontiers de temps à autre.
Je conseille de lire le 1er album et si celui-ci vous inspire de poursuivre la découverte de cette série de qualité mais trop méconnue.
Le titre de cette bd me fait furieusement penser au film de Sergio Léone « Il était une fois en Amérique ». La comparaison ne s’arrête pas là puisque ce long métrage et la série abordent tous les deux une des périodes sombres de l’histoire du pays concerné.
En effet, « Il était une fois en France » raconte le destin de Joseph Joanovici, un immigré juif roumain qui bâtit sa fortune avant et pendant la seconde guerre mondiale.
J’avais beaucoup de méfiance avant de me lancer dans ce premier tome car les précédentes séries de Fabien Nury m’avaient assez déçu dans l’ensemble (Je suis légion et W.E.S.T) et parce qu’un tel titre me paraissait arrogant. Ce fut le contraire !
J’ai été littéralement captivé par cette histoire inspirée par ce personnage réel, je dis bien « inspirée » parce que les auteurs attirent l’attention des lecteurs sur des passages de fiction dans la préface du livre.
Je ne le cache pas : j’aime les récits historiques surtout quand un conteur a le talent de rendre attachants les personnages qui ont réellement vécu qu’ils soient héros ou criminels voire même les deux à la fois. J’aime l’histoire aussi quand un récit met en scène un personnage qui a eu une vie cahoteuse et qui a beaucoup marqué son époque.
Tout cela, je les retrouve dans « Il était une fois en France » !
Certes, la bd, même si elle a eu le don de me captiver du début à la fin, possède quelques défauts dont le principal est de compliquer un peu le récit en permutant/narrant plusieurs périodes de la vie de Joseph Joanovici. Le tout donne une histoire assez dense qu’il faut absolument s’accrocher.
Le dessin de « Il était une fois en France » a été confié à Sylvain Vallée, un auteur qui a repris la série Gil St André. J’apprécie beaucoup sa représentation de ses personnages dont le lecteur peut facilement les différencier d’un coup d’œil. Ses cadrages ne sont jamais très spectaculaires mais ils ont l’avantage de faciliter la compréhension des scènes. Sa mise en page est correcte.
« Il était une fois en France » est une bd qui est bien partie pour être une série historique captivante et intéressante. Elle met en page des personnages réels qui semblent avoir eu des destins riches, qui ont marqué leur temps par leurs bonnes actions et aussi par leurs coups bas (surtout pendant l’occupation !). Une série à suivre absolument pour tous ceux qui apprécient l’histoire de France d’autant plus que le récit est assez touchant !
Voilà une nouvelle belle surprise de cette rentrée. L'auteur de Toxic planet , série d'ailleurs que je n'ai pas lu, nous livre ici un premier tome d'une excellente facture !
Tout dedans fait preuve d'une grande justesse. Pourtant, le sujet abordé par les temps qui court est osé, voir risqué. La religion. Dans les guerres stupides qui se déroulent aujourd'hui, dans les crises que le moindre dessin réussit à provoquer, oser encore caricaturer et rire de la religion est une belle chose. D'autant plus belle lorsqu'elle est réaliser de cette façon.
Nous abordons ainsi l'histoire de Jésus, fils de Dieu, ou non, par un nouveau coté, celui des pères des apôtres qui voient leurs fistons quitter le foyer familial pour suivre un inconnu qui soit disant fait des miracles. L'humour est très bien dosé, j'ai même pouffé de rire par moment, ce qui est extrêmement rare pour moi surtout en lisant une BD.
Le scénario par son coté autre bout de la lorgnette est bien conçu, laissant cependant un vaste champs à la libre interprétation et au détournement des textes d'origine.
Le dessin est tout aussi agréable. Clair, lisible. Le trait lui aussi caricatural se marie (et Joseph ?) parfaitement au ton du scénario et fournit un tout homogène et efficace. Avec tous les auteurs qui aujourd'hui ont un trait trop réel, ou trop édition soleil, le trait personnel de David Ratte est une vraie bouffée d'oxygène.
Bref, ceci est un album qui transforme l'essai haut la main et que je ne peux que recommander vivement.
Bien que cette histoire soit un véritable bestiaire, il ne s'agit nullement d'une fable animalière.
Calvo m'a ici plongé avec délices dans une description -faite de bruits et de fureur- de la seconde guerre mondiale, et réalisée en 1944.
Les Russes sont des ours, les Japonais des singes jaunes, les Nazis des loups très féroces, les Américains des bisons, les Français des... lapins ou écureuils.
Même les grands meneurs de l'époque sont ainsi transformés : Mussolini sera une hyène et de Gaulle une cigogne.
Pour l'époque, c'est du costaud. J'ai eu affaire à de grandes mises en scènes pleine page... et en couleurs ! Qui plus est, Calvo a fait preuve d'une très grande minutie, parfois d'un extrême pointillisme ; y allant de moult détails dans les scènes de violence. Et il y en a, de ces scènes !...
A l'heure actuelle on pourrait bien sûr disserter sur le fait que l'auteur n'a pas fait de différence entre soldats allemands et nazis ; car tous sont des "boches". Mais dans le contexte de l'époque, le lectorat pouvait ainsi -et d'une certaine façon- "oublier" cinq années de guerre, d'humiliations et de privations.
Deux tomes seront édités en 1945 et 1946. Gros succès à l'époque et puis...
Est-ce son caractère outrancier, cette sorte de "pétainisme" qui accompagne le scénario ?... ou la censure d'état qui est intervenue ?... toujours est-il qu'il faudra attendre 32 ans (1977) pour voir une "première" publication de cette "bête" sous forme d'album.
Qu'en dire ?... cette histoire retrace un moment de la vie de nos grands parents ; dès années noires qu'ils n'ont pas oubliés... et qu'on aurait bien tort de le faire...
Au delà du contenu du scénario, ce qui frappe surtout dans cette mini série, c'est l'ambiance qu'elle dégage.
C'est pas rien pour moi de préciser cela d'emblée, tant je suis habituellement sensible aux histoires bien écrites. Mais dans ce cas précis, pour une fois, je dirais que l'essentiel n'est pas forcément dans la structure même du récit. C'est l'endroit où il nous mène et les images qu'il grave dans la mémoire. Et sur ce plan là, j'ai littéralement été emballé ; mieux même. Je suis entré tout entier dans ce monde, porté par le caractère onirique de l'histoire et par le graphisme, très, très beau.
Après avoir dit cela, on peut ergoter sur le sens, la pertinence, la cohérence du propos. Personnellement, au bout de quelques pages, je n'en étais plus là. Ce qui m'importait, c'était surtout de boire les images et l'ambiance magique qui s'en dégageait. Au bout du compte, je suis sorti de cette aventure, comblé. Que m'importait la quête des papillons, la folle motivation des clowns gardiens où la symbolique du félix à ailes. Ce qu'il me reste de ma lecture, ce sont des couleurs, des regards, des bruits de fêtes, la course effrénée du petit garçon. Exactement, le genre de sensations, d'impressions qui reste le matin, après un joli rêve.
En empruntant cette série, après un rapide feuilletage, je me suis dit “ce sera sans doute du 3/5". Le dessin me paraissait bien sans plus et l’histoire ne semblait pas d’une originalité époustouflante.
Et puis, j’ai commencé à lire et là, très vite, je suis tombée sous le charme et de l’histoire, et du dessin.
Celui-ci est fin, les silhouettes des personnages sont gracieuses et élancées, on les croirait virevoltant, en apesanteur (je me suis même mise à penser que la série "Candélabres" dessinée par Isabelle Dethan y aurait grandement gagné) et les costumes ainsi que les rues de la ville sont soignés.
La mise en couleur, elle aussi soignée, n’est pas étrangère à l’atmosphère empreinte de magie et de poésie, de cette série.
Un seul bémol concernant les couleurs : celle du jardin de Pareiza, mais je pinaille, là.
L’histoire, elle, est très vite prenante. J’avais la chance d’avoir les trois tomes à ma disposition et le week-end devant moi pour les dévorer, sinon, bonjour la frustration ! Ce mélange de fantastique et d’une certaine poésie distille un charme vraiment envoûtant, et le fait que l’auteur soit une femme, n’est sûrement pas étranger à la chose. Ses personnages féminins ont du caractère et constituent le véritable moteur de l’histoire.
Je me suis également régalée des dialogues, très vivants.
Bref, tout concourt à faire de cette trilogie un excellent moment de lecture, et c’est sans la moindre hésitation que je la note 4/5 !
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Billy the cat
Enfant, j'aimais bien le dessin animé et je voulu enfin voir à quoi ressemblait la BD. Surprise, c'est beaucoup plus sombre que le DA. Les six premiers tomes en tous cas. Certains passages sont à couper le souffle comme la scène finale du méchant dans le tome 3 ! Ce n'est pas le genre de truc que je mettrais dans une histoire pour enfants, mais est-ce bien pour enfants ? Le dessin est très sympathique. Malheureusement, les auteurs ont changé à partir du tome 7 et on a eu droit à deux tomes d'histoires courtes insipides et à deux autres d'histoire longues sans aucun intérêt.
Travis
Je vais rejoindre beaucoup d'internautes mais je trouve que cette série regorge de bonnes idées. Je l'ai relue de nombreuses fois en très peu de temps ce qui est un signe. Le dessin est de toute évidence assisté par ordinateur : on aime ou pas, ici, je trouve que ça passe. Ce qui me plaît par dessus tout, c'est le scénar : les années 2050 sont très bien imaginées, on sent que Duval sait de quoi il parle, tout est dans les détails. On nous propose ici de la science-fiction qui n'a rien de tape à l'oeil, c'est crédible sans être banal, c'est divertissant sans être vulgaire, c'est intelligent sans être pédant. Je recommande à ceux qui le peuvent encore de se procurer les premières éditions de certains tomes : on y trouve des carnets de croquis et des explications supplémentaires sur l'univers. Histoire d'achever de vous convaincre que le scénariste maîtrise parfaitement son univers. Chapeau bas les gars !
Siegfried
C'est le troisième ouvrage de BD qui sort cette année sur le sujet après L'Anneau des Nibelungen de Sébastien Ferran et Le Crépuscule des Dieux de Jarry et Djief. Cette nouvelle adaptation, que l'on sent un peu plus libre que les précédentes, offre une vision personnelle mais très forte de l'histoire de ce héros du nord. Graphiquement, le style de Alice est reconnaissable pour ceux qui ont lu le Troisième Testament. La particularité ici étant que l'on observera plus de décors naturels que d'architectures gothiques. Cette édition en avant-première nous fait bénéficier de quelques tuyaux de l'auteur : il nous parle de ses sources littéraires (Tolkien, R. E. Howard...), picturales (Friedrich...), cinématographiques (J. Henson pour Dark Crystal, J. Boorman pour Excalibur, F. Lang pour ses Niebelungen et même Disney...) et forcément musicales avec la Tétralogie de Wagner par où tout commence. Du travail d'orfèvre !
XIII
Cette série (que j'ai découverte enthousiasmé en prépublication dans le journal de Spirou) aurait été culte si l'auteur avait bouclé les aventures de notre amnésique tatoué à son XIIIe album. Malheureusement, les impératifs commerciaux ne sont pas compatibles avec ceux de la cohérence scénaristique. Alors XIII continue à cavaler un peu partout, toujours aussi fort, mais la série elle a faibli. Dommage !
Caroline Baldwin
Je m'étonnais de ne pas trouver cette série sur ce site alors qu'elle en est déjà à son 12e album et que c'est pour moi la série la plus aboutie d'André Taymans. Même si les histoires de Caroline Baldwin sont parfois conventionnelles, le personnage principal de cette série est intéressant car l'évolution en parallèle de ses enquêtes et de ses problèmes privés est bien menée. Le dessin me plaît : il est globalement maîtrisé, tant du point de vue de l'expression des personnages que des décors (qui font parfois penser au style de Cosey). De plus la colorisation est pertinente et agréable. C'est donc une série "classique" que j'apprécie beaucoup et que je relis volontiers de temps à autre. Je conseille de lire le 1er album et si celui-ci vous inspire de poursuivre la découverte de cette série de qualité mais trop méconnue.
Il était une fois en France
Le titre de cette bd me fait furieusement penser au film de Sergio Léone « Il était une fois en Amérique ». La comparaison ne s’arrête pas là puisque ce long métrage et la série abordent tous les deux une des périodes sombres de l’histoire du pays concerné. En effet, « Il était une fois en France » raconte le destin de Joseph Joanovici, un immigré juif roumain qui bâtit sa fortune avant et pendant la seconde guerre mondiale. J’avais beaucoup de méfiance avant de me lancer dans ce premier tome car les précédentes séries de Fabien Nury m’avaient assez déçu dans l’ensemble (Je suis légion et W.E.S.T) et parce qu’un tel titre me paraissait arrogant. Ce fut le contraire ! J’ai été littéralement captivé par cette histoire inspirée par ce personnage réel, je dis bien « inspirée » parce que les auteurs attirent l’attention des lecteurs sur des passages de fiction dans la préface du livre. Je ne le cache pas : j’aime les récits historiques surtout quand un conteur a le talent de rendre attachants les personnages qui ont réellement vécu qu’ils soient héros ou criminels voire même les deux à la fois. J’aime l’histoire aussi quand un récit met en scène un personnage qui a eu une vie cahoteuse et qui a beaucoup marqué son époque. Tout cela, je les retrouve dans « Il était une fois en France » ! Certes, la bd, même si elle a eu le don de me captiver du début à la fin, possède quelques défauts dont le principal est de compliquer un peu le récit en permutant/narrant plusieurs périodes de la vie de Joseph Joanovici. Le tout donne une histoire assez dense qu’il faut absolument s’accrocher. Le dessin de « Il était une fois en France » a été confié à Sylvain Vallée, un auteur qui a repris la série Gil St André. J’apprécie beaucoup sa représentation de ses personnages dont le lecteur peut facilement les différencier d’un coup d’œil. Ses cadrages ne sont jamais très spectaculaires mais ils ont l’avantage de faciliter la compréhension des scènes. Sa mise en page est correcte. « Il était une fois en France » est une bd qui est bien partie pour être une série historique captivante et intéressante. Elle met en page des personnages réels qui semblent avoir eu des destins riches, qui ont marqué leur temps par leurs bonnes actions et aussi par leurs coups bas (surtout pendant l’occupation !). Une série à suivre absolument pour tous ceux qui apprécient l’histoire de France d’autant plus que le récit est assez touchant !
Le Voyage des Pères
Voilà une nouvelle belle surprise de cette rentrée. L'auteur de Toxic planet , série d'ailleurs que je n'ai pas lu, nous livre ici un premier tome d'une excellente facture ! Tout dedans fait preuve d'une grande justesse. Pourtant, le sujet abordé par les temps qui court est osé, voir risqué. La religion. Dans les guerres stupides qui se déroulent aujourd'hui, dans les crises que le moindre dessin réussit à provoquer, oser encore caricaturer et rire de la religion est une belle chose. D'autant plus belle lorsqu'elle est réaliser de cette façon. Nous abordons ainsi l'histoire de Jésus, fils de Dieu, ou non, par un nouveau coté, celui des pères des apôtres qui voient leurs fistons quitter le foyer familial pour suivre un inconnu qui soit disant fait des miracles. L'humour est très bien dosé, j'ai même pouffé de rire par moment, ce qui est extrêmement rare pour moi surtout en lisant une BD. Le scénario par son coté autre bout de la lorgnette est bien conçu, laissant cependant un vaste champs à la libre interprétation et au détournement des textes d'origine. Le dessin est tout aussi agréable. Clair, lisible. Le trait lui aussi caricatural se marie (et Joseph ?) parfaitement au ton du scénario et fournit un tout homogène et efficace. Avec tous les auteurs qui aujourd'hui ont un trait trop réel, ou trop édition soleil, le trait personnel de David Ratte est une vraie bouffée d'oxygène. Bref, ceci est un album qui transforme l'essai haut la main et que je ne peux que recommander vivement.
La bête est morte
Bien que cette histoire soit un véritable bestiaire, il ne s'agit nullement d'une fable animalière. Calvo m'a ici plongé avec délices dans une description -faite de bruits et de fureur- de la seconde guerre mondiale, et réalisée en 1944. Les Russes sont des ours, les Japonais des singes jaunes, les Nazis des loups très féroces, les Américains des bisons, les Français des... lapins ou écureuils. Même les grands meneurs de l'époque sont ainsi transformés : Mussolini sera une hyène et de Gaulle une cigogne. Pour l'époque, c'est du costaud. J'ai eu affaire à de grandes mises en scènes pleine page... et en couleurs ! Qui plus est, Calvo a fait preuve d'une très grande minutie, parfois d'un extrême pointillisme ; y allant de moult détails dans les scènes de violence. Et il y en a, de ces scènes !... A l'heure actuelle on pourrait bien sûr disserter sur le fait que l'auteur n'a pas fait de différence entre soldats allemands et nazis ; car tous sont des "boches". Mais dans le contexte de l'époque, le lectorat pouvait ainsi -et d'une certaine façon- "oublier" cinq années de guerre, d'humiliations et de privations. Deux tomes seront édités en 1945 et 1946. Gros succès à l'époque et puis... Est-ce son caractère outrancier, cette sorte de "pétainisme" qui accompagne le scénario ?... ou la censure d'état qui est intervenue ?... toujours est-il qu'il faudra attendre 32 ans (1977) pour voir une "première" publication de cette "bête" sous forme d'album. Qu'en dire ?... cette histoire retrace un moment de la vie de nos grands parents ; dès années noires qu'ils n'ont pas oubliés... et qu'on aurait bien tort de le faire...
MangeCoeur
Au delà du contenu du scénario, ce qui frappe surtout dans cette mini série, c'est l'ambiance qu'elle dégage. C'est pas rien pour moi de préciser cela d'emblée, tant je suis habituellement sensible aux histoires bien écrites. Mais dans ce cas précis, pour une fois, je dirais que l'essentiel n'est pas forcément dans la structure même du récit. C'est l'endroit où il nous mène et les images qu'il grave dans la mémoire. Et sur ce plan là, j'ai littéralement été emballé ; mieux même. Je suis entré tout entier dans ce monde, porté par le caractère onirique de l'histoire et par le graphisme, très, très beau. Après avoir dit cela, on peut ergoter sur le sens, la pertinence, la cohérence du propos. Personnellement, au bout de quelques pages, je n'en étais plus là. Ce qui m'importait, c'était surtout de boire les images et l'ambiance magique qui s'en dégageait. Au bout du compte, je suis sorti de cette aventure, comblé. Que m'importait la quête des papillons, la folle motivation des clowns gardiens où la symbolique du félix à ailes. Ce qu'il me reste de ma lecture, ce sont des couleurs, des regards, des bruits de fêtes, la course effrénée du petit garçon. Exactement, le genre de sensations, d'impressions qui reste le matin, après un joli rêve.
Le Roi Cyclope
En empruntant cette série, après un rapide feuilletage, je me suis dit “ce sera sans doute du 3/5". Le dessin me paraissait bien sans plus et l’histoire ne semblait pas d’une originalité époustouflante. Et puis, j’ai commencé à lire et là, très vite, je suis tombée sous le charme et de l’histoire, et du dessin. Celui-ci est fin, les silhouettes des personnages sont gracieuses et élancées, on les croirait virevoltant, en apesanteur (je me suis même mise à penser que la série "Candélabres" dessinée par Isabelle Dethan y aurait grandement gagné) et les costumes ainsi que les rues de la ville sont soignés. La mise en couleur, elle aussi soignée, n’est pas étrangère à l’atmosphère empreinte de magie et de poésie, de cette série. Un seul bémol concernant les couleurs : celle du jardin de Pareiza, mais je pinaille, là. L’histoire, elle, est très vite prenante. J’avais la chance d’avoir les trois tomes à ma disposition et le week-end devant moi pour les dévorer, sinon, bonjour la frustration ! Ce mélange de fantastique et d’une certaine poésie distille un charme vraiment envoûtant, et le fait que l’auteur soit une femme, n’est sûrement pas étranger à la chose. Ses personnages féminins ont du caractère et constituent le véritable moteur de l’histoire. Je me suis également régalée des dialogues, très vivants. Bref, tout concourt à faire de cette trilogie un excellent moment de lecture, et c’est sans la moindre hésitation que je la note 4/5 !