L'auteur dépeint avec justesse la vie d'un petit village français sous l'occupation. On a droit à tout le panel représentatif de la population si particulière que l'on pouvait trouver à l'époque : le milicien, le résistant, les passifs qui tendent vers la collaboration et au contraire ceux se portent plus du côté de la résistance, ainsi que les neutres purs et durs. Au milieu de tout ça, notre héros sorte d'amoureux transi qui tente d'échapper aux affres de la guerre en restant cloitré dans son cloché.
L'histoire générale est vraiment très bien écrite, on oscille en permanence entre humour, romance et drame ; de plus les dessins s'avèrent d'une excellente qualité.
Le seul petit reproche concerne la fin, j'aurais aimé quelque chose de plus tranché et qui ne laisse aucune ambiguïté quant au devenir du héros car même si on devine ce qu'il lui arrive il subsistera toujours dans mon esprit un petit doute.
Bref un très bon diptyque qui nous fait voir la seconde guerre mondiale sous un jour différent, autre que ces séries pleines de combats meurtriers.
Très bon moment de lecture avec ce western spaghetti format puzzle.
9 chapitres au premier abord indépendants nous font suivre les péripéties de personnages bien campés et aux personnalités fortes. Au fur et à mesure de l’histoire, les pièces s’assemblent parfaitement pour former une seule et même trame assez jubilatoire. Véritable hommage au western classique, ce récit trouve son originalité par son découpage non linéaire et le chassé croisé incessant de ces différents protagonistes.
Le duo d’auteur Trondheim / Bonhomme, nous livre un excellent one shot pour leur deuxième collaboration. A noter d’ailleurs que le personnage principal de « Omni-Visibilis » semble se trouver téléporté dans le présent album dans l’Ouest américain. A suivre en cas de troisième ouvrage commun entre ces deux talentueux auteurs (Ce que je souhaite vivement), si ce personnage sera toujours de la partie…
Côté visuel, le dessin de Bonhomme est toujours aussi agréable et limpide. De plus, chaque chapitre à droit à sa propre couverture, façon un peu old school, ce qui donne un charme supplémentaire à cet album fortement conseillé.
Commandé sur internet sans lire le résumé de l'histoire, seulement par attirance pour la couverture.
Je n'ai pas été déçu, l'histoire m'a beaucoup plu surtout sur la revanche d'un ado sur la vie et qu'on n'a rien sans rien.
Malgré cela il y a certains détails qui manquent, qui, je pense seront détaillés dans le tome 2...
Voilà ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu un comics aussi sanglant avec une histoire qui nous laisse sur notre faim et nous donne envie de connaitre la suite...
J'espère que la suite va monter en puissance ! mais je n'en doute pas, patience...
Oh là là !
Attention, coup de coeur !
Pourtant, le pari n'était pas gagné : raconter comment un jeune Juif est obligé de fuir pendant la Seconde Guerre, c'est une histoire qu'on a raconté des milliers de fois depuis 60 ans.
Et pourtant, les deux jeunes auteurs de "l'Envolée sauvage" parviennent à toucher le coeur. Bien sûr, l'épicentre de l'émotion tient en la passion du petit Simon pour les oiseaux, métaphore totalement transparente de la liberté qui lui échappe. Et pourtant Laurent Galandon a réussi à sortir son récit des sentiers battus, en découpant son histoire d'une façon à la fois irrégulière, erratique, et totalement en adéquation avec son sujet : séquences de 5 ou 6 pages, ou au contraire, "moments" comprimés (ou juste évoqués" sur une seule page.
Simon c'est un pauvre garçon abandonné, qui a la seule "tare" d'être circoncis. Au travers de ses paysages magnifiques, des visages à la fois disneyens et "nouvelle BD franco-belge" (celui de Simon est particulièrement soigné), Arno Monin fait lui aussi une entrée en force dans la BD en affirmant un beau talent de graphiste en devenir. cependant le tome 2 est un peu en-deça du premier, la faute sans doute à une fin un peu précipitée, malgré les bonnes idées développées dans cette suite (Simon ne recouvre pas la liberté tant espérée)...
Envolées lyriques, cadrages audacieux et soigneusement choisis, les deux jeunes auteurs nous livrent un petit bijou, à fouiner au fond de la remise. En plus c'est un diptyque, qui malgré une fin un peu "juste", vaut le détour.
_________________________________
Cycle 2, sur l'histoire de Ada et Lucja...
Curieusement le récit m'a fait penser à "Un sac de billes", dont j'ai lu la conclusion il y a quelques jours. Nous avons en effet deux enfants, juives de Paris mais très peu au courant de leur religion, qui doivent fuir les rafles et qui se réfugient à la campagne grâce à la bienveillance de plusieurs personnes. Etant plus jeunes que les frères Joffo, elles ne sont pas occupées à "travailler", même si elles participent aux tâches ménagères du foyer où elles ont trouvé refuge. Mais la comparaison s'arrête là, car elles vont se retrouver en très fâcheuse posture vers la fin du premier tome. Le récit est linéaire, avec quelques petits flashes-backs, qui n'entravent en rien le plaisir de lecture. On sent la volonté de Laurent Galandon de proposer son récit à un public un peu plus jeune, et il le fait bien.
Côté dessin c'est Hamo qui a pris le relais d'Arno Monin, et même si c'est plus rond, un poil moins "brut" comme style, c'est très plaisant.
A suivre, vite.
Adapter un classique populaire relève toujours de la gageure. Il faut être sûr de soi et avoir du talent pour le faire sans dénaturer l'intrigue originale et pervertir (au sens large) le message sous-jacent. Le tandem Kris-Bailly, qui avait si bien fonctionné sur Coupures irlandaises, relève le défi du Sac de billes, véritable monument littéraire.
Et avec brio une nouvelle fois. Kris, que je considère comme l'un de nos meilleurs narrateurs de l'intime, nous propose une lecture de grande qualité de l'oeuvre de Joffo, avec des scènes semi-muettes mais très expressives, un récit où les instants graves alternent avec des passages plus légers (lorsque le père des deux enfants leur avoue par exemple ne pas savoir concrètement ce que signifie être juif est l'un des temps forts du roman, et tout aussi réussi dans la BD). Le deuxième tome continue sur le même tempo, entre moments d'émotion, muets ou pas, et scènes un peu plus remuantes. On retrouve toute l'essence du récit, grâce à une construction impeccable. Le côté "voyage" des deux enfants est aussi très présent, ce n'était vraiment pas facile de se déplacer dans ces conditions...
Ma lecture du roman remonte à 20, voire 25 ans, mais c'est toujours un plaisir de suivre Maurice et Jo dans leur périple vers la Zone libre.
Chapeau bas également à Vincent Bailly qui a bien su s'approprier l'atmosphère de la France occupée, probablement bien aidé par la foultitude de films traitant de la période. Ses gamins sont très expressifs et les adultes soignés, en particulier les parents des enfants et le prêtre qui les aide. Son faciès me rappelle d'ailleurs celui de l'éditeur de la BD...
Deux petites choses m'ont un peu ralenti dans ma lecture cependant : le fait que les enfants changent un peu trop souvent de vêtements, et le traitement des couleurs un peu étrange par moments. Des touches trop vives ou encore des "traits" qui ne se justifient pas...
Mais c'est du chipotage car j'ai beaucoup apprécié ma lecture, qui m'a rappelé le plaisir de lire ce classique à l'adolescence.
Au vu des couvertures de ce manga, j'hésitais à emprunter cette série que j'assimilais directement à un shojo cucul-la-praline. Mais ce n'est vraiment pas ça, la couverture est trompeuse.
A la base, c'est un josei, un manga destiné aux jeunes femmes. Son sujet, les femmes ultra-complexées, repliées sur elles-mêmes et sur leurs passions excessives et souvent loufoques, l'une pour les trains, l'autre pour les poupées ou encore l'héroïne pour... les méduses. Celles-ci vivent entre elles dans une résidence dont elles ne sortent qu'à peine et qu'elles appellent leur couvent, formellement interdit aux hommes et aux femmes coquettes. Jusqu'au jour où une superbe jeune femme s'attache à l'héroïne et s'incruste dans la résidence... sauf qu'elle lui avoue bien vite qu'elle n'est pas une femme...
Le ton de cette série est au délire, à l'humour mais aussi aux sentiments. C'est drôle, touchant et assez déjanté.
Les personnages sont tous originaux, très attachants et dotés de psychologies complexes mais réalistes.
L'intrigue est dense et variée. La situation n'est en outre pas figée et les choses évoluent plutôt bien de tome en tome.
Le dessin est simple et agréable et la narration parfaitement fluide et claire.
Et ce que j'ai apprécié par dessus tout, c'est que le ton est vraiment adulte, sans jamais être ni niais ni sombre.
C'est une lecture qui fait plaisir et où l'on suit avec le sourire les petites aventures d'une poignée de personnages qu'on apprécie de plus en plus au fil des pages.
La maison d’édition Ankama tient le bon filon, après Niourk, voici "Oms en série", une autre adaptation en BD d’un roman de Stefan Wul.
Comme pour Niourk on retrouve l’homme dans une période post-apocalyptique.
L’histoire débute sur la planète Ygam peuplée par les Draags, espèce très évoluée dont l’homme est l’animal de compagnie préféré, mais l’homme n’a pas pour autant perdu son grand potentiel.
Un premier tome assez riche avec des concepts que l’on retrouve dans des films à succès comme "Le voyage de Gulliver", ''La Planète des Singes'', "Spartacus"…
Petit bémol : la fin de ce premier tome est trop précipitée, vu la richesse de l’histoire il est bien dommage de s’imposer un nombre minimum de planches ou de tomes.
J’ai moyennement apprécié le dessin, les décors ne sont pas toujours au top et cela donne une impression de froideur qui ne sert pas très bien le récit.
Le film d’animation « La planète sauvage » adapté par René Laloux en 1973 s’inspire directement de "Oms en série". (Visible sur Youtube).
3.5 ajusté à la borne supérieure pour son excellent scénario.
Plus je lis Joe Sacco, plus je trouve son boulot réellement intéressant et précieux. Peut-être parce qu'avant d'être un auteur de BD, c'est un journaliste d'investigation. En tous les cas c'est ainsi qu'il conçoit son boulot.
Cet album est une sorte de compilation de récits plus ou moins longs, plus ou moins forts, de ses reportages à travers le globe. Même si finalement il n'est pas allé en Amérique latine, a priori... Bon, peu importe, ici les récits sont classés par ordre chronologique, et ne manquent pas d'intérêt. De la Palestine à l'Irak, de la Tchétchénie à l'Inde, on se rend compte que le gars a beaucoup voyagé pour recueillir de nombreux témoignages de personnes qui, à cause d'une guerre ou d'une situation économique dramatique, se retrouvent exclus. Cela ressemble beaucoup à ses reportages précédents, dans le ton, dans la façon de recueillir les témoignages, mais la palette est plus large. On assiste ainsi au procès de criminels de guerre serbes, mais aussi à la situation -dont nos media parlent peu- des immigrés clandestins de l'Afrique sub-saharienne à malte... Malte qui est le pays d'origine de Sacco, et dont il nous dévoile ici une facette méconnue...
Graphiquement on sent une évolutions sur les 12 ou 13 années qui séparent le premier récit du dernier, même si le trait est plus rond au départ. C'est très agréable à regarder, pour autant qu'on puisse trouver agréables des camps de concentration ou des maisons en ruine en Palestine... Très efficace, avec un contenu textuel dense, il faut donc lire ça en plusieurs fois, histoire d'éviter la dépression...
Décidément, cette nouvelle collection lancée par Ankama promet ! Après Niourk voici "Oms en série", nouvelle adaptation d'un roman de Stefan Wul.
Les Draags sont des êtres à peau bleue, dont l'animal domestique préféré est l'Om. A chaque portée d'une femelle Om, les petits, une fois sevrés, sont offerts à un enfant d'une autre famille Draag, on leur met un joli collier, on leur trouve un joli nom, ils ont une jolie niche, on joue avec eux, bref, l'Om est le meilleur ami du Draag !
Cette inversion des rôles, qui met l'être humain à la place exacte du chien dans notre société moderne, est d'une justesse qui en fera réfléchir plus d'un sur la condition d'animal domestique ;) On y retrouve tout ! Même les notions de relativité du temps qui passe et la conception de la douleur. C'est plutôt surprenant mais j'ai adoré ! Le héros de l'histoire est un Om qui a réussi à s'instruire en même temps que sa petite maîtresse Draag et qui décide à un moment donné d'échapper à sa condition avant qu'on le remette à sa place d'animal domestique. Il va alors rencontrer les Oms sauvages.
Graphiquement, c'est très joli, l'univers des Draag, tout en couleurs vives, est très réussi. Le dessin est relativement sobre, mais d'une grande justesse.
Le seul petit reproche que je pourrais faire c'est la vitesse à laquelle Terr, notre héros, finit par prendre la tête du groupe. J'imagine que dans le roman cela s'est passé un peu moins vite et qu'on se trouve ici face une des contraintes de l'adaptation en BD.
En dehors de cela, rien à dire ! J'aime décidément beaucoup cet auteur et cette nouvelle collection (à qui je donne ce coup de cœur), vivement la suite, et les autres adaptations prévues par l'éditeur.
Un peu plus de trois ans sépare A bord de l'Etoile Matutine de Loup des mers, et pourtant j’ai l’impression qu’à peine dix mois se sont écoulés. L’effet de surprise passé à la vue de cette nouvelle production, j’ai constaté avec un brin de tristesse que cela ressemble beaucoup trop - à mon goût - à l’Etoile Matutine, encore une histoire de marins et pire, une adaptation de Jack London dont je n’ai jamais vraiment apprécié les histoires. Je me suis donc efforcée à la lire sans aprioris, ce qui n’est pas trop difficile dans le cas présent vu que je suis une inconditionnelle du graphisme de Riff Reb’s. J'espère qu'une publication en noir & blanc verra le jour, à l‘image de la petite tuerie visuelle qu’est l’Etoile Matutine publiée en très grand format chez BD Must.
Le scénario commence de manière assez classique, j’avais un peu peur qu’il le reste, mais les évènements que je n’avais pas vu venir et ses personnages très particuliers, lui donnent une certaine originalité ainsi qu’une note d’intellectualisme bienvenue dans cette aventure en mer, où habituellement les marins bourrus sont légion.
Bien que n’ayant pas lu l’histoire originale je trouve que ce format B.D. est traité de manière assez parfaite, rien ne vient perturber son avancée harmonieuse. L’écriture est très belle et détone un peu au début avec ce récit de pêcheurs mal dégrossis, jusqu’à ce qu’on fasse plus ample connaissance avec le capitaine du rafiot, Loup Larsen, dont les conversation avec Humphrey sont un pur délice et remontent le niveau. Larsen est un personnage assez déstabilisant, aux airs d’abruti mais cultivé, aussi attachant qu’odieux, aussi drôle que désagréable, très réaliste sur la nature humaine mais à la fois cruel et violent, au final on ne sait s'il faut l'aimer ou le haïr. Les autres personnages paraissent presque inconsistants à côté, mais chacun apporte sa pierre l’ouvrage.
L’humour est distillé tout au long des planches avec justesse, que ce soit par le biais des répliques ou du graphisme.
J’ai adoré.
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Le Sursis
L'auteur dépeint avec justesse la vie d'un petit village français sous l'occupation. On a droit à tout le panel représentatif de la population si particulière que l'on pouvait trouver à l'époque : le milicien, le résistant, les passifs qui tendent vers la collaboration et au contraire ceux se portent plus du côté de la résistance, ainsi que les neutres purs et durs. Au milieu de tout ça, notre héros sorte d'amoureux transi qui tente d'échapper aux affres de la guerre en restant cloitré dans son cloché. L'histoire générale est vraiment très bien écrite, on oscille en permanence entre humour, romance et drame ; de plus les dessins s'avèrent d'une excellente qualité. Le seul petit reproche concerne la fin, j'aurais aimé quelque chose de plus tranché et qui ne laisse aucune ambiguïté quant au devenir du héros car même si on devine ce qu'il lui arrive il subsistera toujours dans mon esprit un petit doute. Bref un très bon diptyque qui nous fait voir la seconde guerre mondiale sous un jour différent, autre que ces séries pleines de combats meurtriers.
Texas Cowboys
Très bon moment de lecture avec ce western spaghetti format puzzle. 9 chapitres au premier abord indépendants nous font suivre les péripéties de personnages bien campés et aux personnalités fortes. Au fur et à mesure de l’histoire, les pièces s’assemblent parfaitement pour former une seule et même trame assez jubilatoire. Véritable hommage au western classique, ce récit trouve son originalité par son découpage non linéaire et le chassé croisé incessant de ces différents protagonistes. Le duo d’auteur Trondheim / Bonhomme, nous livre un excellent one shot pour leur deuxième collaboration. A noter d’ailleurs que le personnage principal de « Omni-Visibilis » semble se trouver téléporté dans le présent album dans l’Ouest américain. A suivre en cas de troisième ouvrage commun entre ces deux talentueux auteurs (Ce que je souhaite vivement), si ce personnage sera toujours de la partie… Côté visuel, le dessin de Bonhomme est toujours aussi agréable et limpide. De plus, chaque chapitre à droit à sa propre couverture, façon un peu old school, ce qui donne un charme supplémentaire à cet album fortement conseillé.
Luther Strode
Commandé sur internet sans lire le résumé de l'histoire, seulement par attirance pour la couverture. Je n'ai pas été déçu, l'histoire m'a beaucoup plu surtout sur la revanche d'un ado sur la vie et qu'on n'a rien sans rien. Malgré cela il y a certains détails qui manquent, qui, je pense seront détaillés dans le tome 2... Voilà ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu un comics aussi sanglant avec une histoire qui nous laisse sur notre faim et nous donne envie de connaitre la suite... J'espère que la suite va monter en puissance ! mais je n'en doute pas, patience...
L'Envolée sauvage
Oh là là ! Attention, coup de coeur ! Pourtant, le pari n'était pas gagné : raconter comment un jeune Juif est obligé de fuir pendant la Seconde Guerre, c'est une histoire qu'on a raconté des milliers de fois depuis 60 ans. Et pourtant, les deux jeunes auteurs de "l'Envolée sauvage" parviennent à toucher le coeur. Bien sûr, l'épicentre de l'émotion tient en la passion du petit Simon pour les oiseaux, métaphore totalement transparente de la liberté qui lui échappe. Et pourtant Laurent Galandon a réussi à sortir son récit des sentiers battus, en découpant son histoire d'une façon à la fois irrégulière, erratique, et totalement en adéquation avec son sujet : séquences de 5 ou 6 pages, ou au contraire, "moments" comprimés (ou juste évoqués" sur une seule page. Simon c'est un pauvre garçon abandonné, qui a la seule "tare" d'être circoncis. Au travers de ses paysages magnifiques, des visages à la fois disneyens et "nouvelle BD franco-belge" (celui de Simon est particulièrement soigné), Arno Monin fait lui aussi une entrée en force dans la BD en affirmant un beau talent de graphiste en devenir. cependant le tome 2 est un peu en-deça du premier, la faute sans doute à une fin un peu précipitée, malgré les bonnes idées développées dans cette suite (Simon ne recouvre pas la liberté tant espérée)... Envolées lyriques, cadrages audacieux et soigneusement choisis, les deux jeunes auteurs nous livrent un petit bijou, à fouiner au fond de la remise. En plus c'est un diptyque, qui malgré une fin un peu "juste", vaut le détour. _________________________________ Cycle 2, sur l'histoire de Ada et Lucja... Curieusement le récit m'a fait penser à "Un sac de billes", dont j'ai lu la conclusion il y a quelques jours. Nous avons en effet deux enfants, juives de Paris mais très peu au courant de leur religion, qui doivent fuir les rafles et qui se réfugient à la campagne grâce à la bienveillance de plusieurs personnes. Etant plus jeunes que les frères Joffo, elles ne sont pas occupées à "travailler", même si elles participent aux tâches ménagères du foyer où elles ont trouvé refuge. Mais la comparaison s'arrête là, car elles vont se retrouver en très fâcheuse posture vers la fin du premier tome. Le récit est linéaire, avec quelques petits flashes-backs, qui n'entravent en rien le plaisir de lecture. On sent la volonté de Laurent Galandon de proposer son récit à un public un peu plus jeune, et il le fait bien. Côté dessin c'est Hamo qui a pris le relais d'Arno Monin, et même si c'est plus rond, un poil moins "brut" comme style, c'est très plaisant. A suivre, vite.
Un sac de billes
Adapter un classique populaire relève toujours de la gageure. Il faut être sûr de soi et avoir du talent pour le faire sans dénaturer l'intrigue originale et pervertir (au sens large) le message sous-jacent. Le tandem Kris-Bailly, qui avait si bien fonctionné sur Coupures irlandaises, relève le défi du Sac de billes, véritable monument littéraire. Et avec brio une nouvelle fois. Kris, que je considère comme l'un de nos meilleurs narrateurs de l'intime, nous propose une lecture de grande qualité de l'oeuvre de Joffo, avec des scènes semi-muettes mais très expressives, un récit où les instants graves alternent avec des passages plus légers (lorsque le père des deux enfants leur avoue par exemple ne pas savoir concrètement ce que signifie être juif est l'un des temps forts du roman, et tout aussi réussi dans la BD). Le deuxième tome continue sur le même tempo, entre moments d'émotion, muets ou pas, et scènes un peu plus remuantes. On retrouve toute l'essence du récit, grâce à une construction impeccable. Le côté "voyage" des deux enfants est aussi très présent, ce n'était vraiment pas facile de se déplacer dans ces conditions... Ma lecture du roman remonte à 20, voire 25 ans, mais c'est toujours un plaisir de suivre Maurice et Jo dans leur périple vers la Zone libre. Chapeau bas également à Vincent Bailly qui a bien su s'approprier l'atmosphère de la France occupée, probablement bien aidé par la foultitude de films traitant de la période. Ses gamins sont très expressifs et les adultes soignés, en particulier les parents des enfants et le prêtre qui les aide. Son faciès me rappelle d'ailleurs celui de l'éditeur de la BD... Deux petites choses m'ont un peu ralenti dans ma lecture cependant : le fait que les enfants changent un peu trop souvent de vêtements, et le traitement des couleurs un peu étrange par moments. Des touches trop vives ou encore des "traits" qui ne se justifient pas... Mais c'est du chipotage car j'ai beaucoup apprécié ma lecture, qui m'a rappelé le plaisir de lire ce classique à l'adolescence.
Princess Jellyfish
Au vu des couvertures de ce manga, j'hésitais à emprunter cette série que j'assimilais directement à un shojo cucul-la-praline. Mais ce n'est vraiment pas ça, la couverture est trompeuse. A la base, c'est un josei, un manga destiné aux jeunes femmes. Son sujet, les femmes ultra-complexées, repliées sur elles-mêmes et sur leurs passions excessives et souvent loufoques, l'une pour les trains, l'autre pour les poupées ou encore l'héroïne pour... les méduses. Celles-ci vivent entre elles dans une résidence dont elles ne sortent qu'à peine et qu'elles appellent leur couvent, formellement interdit aux hommes et aux femmes coquettes. Jusqu'au jour où une superbe jeune femme s'attache à l'héroïne et s'incruste dans la résidence... sauf qu'elle lui avoue bien vite qu'elle n'est pas une femme... Le ton de cette série est au délire, à l'humour mais aussi aux sentiments. C'est drôle, touchant et assez déjanté. Les personnages sont tous originaux, très attachants et dotés de psychologies complexes mais réalistes. L'intrigue est dense et variée. La situation n'est en outre pas figée et les choses évoluent plutôt bien de tome en tome. Le dessin est simple et agréable et la narration parfaitement fluide et claire. Et ce que j'ai apprécié par dessus tout, c'est que le ton est vraiment adulte, sans jamais être ni niais ni sombre. C'est une lecture qui fait plaisir et où l'on suit avec le sourire les petites aventures d'une poignée de personnages qu'on apprécie de plus en plus au fil des pages.
Oms en série
La maison d’édition Ankama tient le bon filon, après Niourk, voici "Oms en série", une autre adaptation en BD d’un roman de Stefan Wul. Comme pour Niourk on retrouve l’homme dans une période post-apocalyptique. L’histoire débute sur la planète Ygam peuplée par les Draags, espèce très évoluée dont l’homme est l’animal de compagnie préféré, mais l’homme n’a pas pour autant perdu son grand potentiel. Un premier tome assez riche avec des concepts que l’on retrouve dans des films à succès comme "Le voyage de Gulliver", ''La Planète des Singes'', "Spartacus"… Petit bémol : la fin de ce premier tome est trop précipitée, vu la richesse de l’histoire il est bien dommage de s’imposer un nombre minimum de planches ou de tomes. J’ai moyennement apprécié le dessin, les décors ne sont pas toujours au top et cela donne une impression de froideur qui ne sert pas très bien le récit. Le film d’animation « La planète sauvage » adapté par René Laloux en 1973 s’inspire directement de "Oms en série". (Visible sur Youtube). 3.5 ajusté à la borne supérieure pour son excellent scénario.
Reportages
Plus je lis Joe Sacco, plus je trouve son boulot réellement intéressant et précieux. Peut-être parce qu'avant d'être un auteur de BD, c'est un journaliste d'investigation. En tous les cas c'est ainsi qu'il conçoit son boulot. Cet album est une sorte de compilation de récits plus ou moins longs, plus ou moins forts, de ses reportages à travers le globe. Même si finalement il n'est pas allé en Amérique latine, a priori... Bon, peu importe, ici les récits sont classés par ordre chronologique, et ne manquent pas d'intérêt. De la Palestine à l'Irak, de la Tchétchénie à l'Inde, on se rend compte que le gars a beaucoup voyagé pour recueillir de nombreux témoignages de personnes qui, à cause d'une guerre ou d'une situation économique dramatique, se retrouvent exclus. Cela ressemble beaucoup à ses reportages précédents, dans le ton, dans la façon de recueillir les témoignages, mais la palette est plus large. On assiste ainsi au procès de criminels de guerre serbes, mais aussi à la situation -dont nos media parlent peu- des immigrés clandestins de l'Afrique sub-saharienne à malte... Malte qui est le pays d'origine de Sacco, et dont il nous dévoile ici une facette méconnue... Graphiquement on sent une évolutions sur les 12 ou 13 années qui séparent le premier récit du dernier, même si le trait est plus rond au départ. C'est très agréable à regarder, pour autant qu'on puisse trouver agréables des camps de concentration ou des maisons en ruine en Palestine... Très efficace, avec un contenu textuel dense, il faut donc lire ça en plusieurs fois, histoire d'éviter la dépression...
Oms en série
Décidément, cette nouvelle collection lancée par Ankama promet ! Après Niourk voici "Oms en série", nouvelle adaptation d'un roman de Stefan Wul. Les Draags sont des êtres à peau bleue, dont l'animal domestique préféré est l'Om. A chaque portée d'une femelle Om, les petits, une fois sevrés, sont offerts à un enfant d'une autre famille Draag, on leur met un joli collier, on leur trouve un joli nom, ils ont une jolie niche, on joue avec eux, bref, l'Om est le meilleur ami du Draag ! Cette inversion des rôles, qui met l'être humain à la place exacte du chien dans notre société moderne, est d'une justesse qui en fera réfléchir plus d'un sur la condition d'animal domestique ;) On y retrouve tout ! Même les notions de relativité du temps qui passe et la conception de la douleur. C'est plutôt surprenant mais j'ai adoré ! Le héros de l'histoire est un Om qui a réussi à s'instruire en même temps que sa petite maîtresse Draag et qui décide à un moment donné d'échapper à sa condition avant qu'on le remette à sa place d'animal domestique. Il va alors rencontrer les Oms sauvages. Graphiquement, c'est très joli, l'univers des Draag, tout en couleurs vives, est très réussi. Le dessin est relativement sobre, mais d'une grande justesse. Le seul petit reproche que je pourrais faire c'est la vitesse à laquelle Terr, notre héros, finit par prendre la tête du groupe. J'imagine que dans le roman cela s'est passé un peu moins vite et qu'on se trouve ici face une des contraintes de l'adaptation en BD. En dehors de cela, rien à dire ! J'aime décidément beaucoup cet auteur et cette nouvelle collection (à qui je donne ce coup de cœur), vivement la suite, et les autres adaptations prévues par l'éditeur.
Le Loup des Mers
Un peu plus de trois ans sépare A bord de l'Etoile Matutine de Loup des mers, et pourtant j’ai l’impression qu’à peine dix mois se sont écoulés. L’effet de surprise passé à la vue de cette nouvelle production, j’ai constaté avec un brin de tristesse que cela ressemble beaucoup trop - à mon goût - à l’Etoile Matutine, encore une histoire de marins et pire, une adaptation de Jack London dont je n’ai jamais vraiment apprécié les histoires. Je me suis donc efforcée à la lire sans aprioris, ce qui n’est pas trop difficile dans le cas présent vu que je suis une inconditionnelle du graphisme de Riff Reb’s. J'espère qu'une publication en noir & blanc verra le jour, à l‘image de la petite tuerie visuelle qu’est l’Etoile Matutine publiée en très grand format chez BD Must. Le scénario commence de manière assez classique, j’avais un peu peur qu’il le reste, mais les évènements que je n’avais pas vu venir et ses personnages très particuliers, lui donnent une certaine originalité ainsi qu’une note d’intellectualisme bienvenue dans cette aventure en mer, où habituellement les marins bourrus sont légion. Bien que n’ayant pas lu l’histoire originale je trouve que ce format B.D. est traité de manière assez parfaite, rien ne vient perturber son avancée harmonieuse. L’écriture est très belle et détone un peu au début avec ce récit de pêcheurs mal dégrossis, jusqu’à ce qu’on fasse plus ample connaissance avec le capitaine du rafiot, Loup Larsen, dont les conversation avec Humphrey sont un pur délice et remontent le niveau. Larsen est un personnage assez déstabilisant, aux airs d’abruti mais cultivé, aussi attachant qu’odieux, aussi drôle que désagréable, très réaliste sur la nature humaine mais à la fois cruel et violent, au final on ne sait s'il faut l'aimer ou le haïr. Les autres personnages paraissent presque inconsistants à côté, mais chacun apporte sa pierre l’ouvrage. L’humour est distillé tout au long des planches avec justesse, que ce soit par le biais des répliques ou du graphisme. J’ai adoré.