Les derniers avis (32088 avis)

Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Un peu plus de trois ans sépare A bord de l'Etoile Matutine de Loup des mers, et pourtant j’ai l’impression qu’à peine dix mois se sont écoulés. L’effet de surprise passé à la vue de cette nouvelle production, j’ai constaté avec un brin de tristesse que cela ressemble beaucoup trop - à mon goût - à l’Etoile Matutine, encore une histoire de marins et pire, une adaptation de Jack London dont je n’ai jamais vraiment apprécié les histoires. Je me suis donc efforcée à la lire sans aprioris, ce qui n’est pas trop difficile dans le cas présent vu que je suis une inconditionnelle du graphisme de Riff Reb’s. J'espère qu'une publication en noir & blanc verra le jour, à l‘image de la petite tuerie visuelle qu’est l’Etoile Matutine publiée en très grand format chez BD Must. Le scénario commence de manière assez classique, j’avais un peu peur qu’il le reste, mais les évènements que je n’avais pas vu venir et ses personnages très particuliers, lui donnent une certaine originalité ainsi qu’une note d’intellectualisme bienvenue dans cette aventure en mer, où habituellement les marins bourrus sont légion. Bien que n’ayant pas lu l’histoire originale je trouve que ce format B.D. est traité de manière assez parfaite, rien ne vient perturber son avancée harmonieuse. L’écriture est très belle et détone un peu au début avec ce récit de pêcheurs mal dégrossis, jusqu’à ce qu’on fasse plus ample connaissance avec le capitaine du rafiot, Loup Larsen, dont les conversation avec Humphrey sont un pur délice et remontent le niveau. Larsen est un personnage assez déstabilisant, aux airs d’abruti mais cultivé, aussi attachant qu’odieux, aussi drôle que désagréable, très réaliste sur la nature humaine mais à la fois cruel et violent, au final on ne sait s'il faut l'aimer ou le haïr. Les autres personnages paraissent presque inconsistants à côté, mais chacun apporte sa pierre l’ouvrage. L’humour est distillé tout au long des planches avec justesse, que ce soit par le biais des répliques ou du graphisme. J’ai adoré.

26/10/2012 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Siècle
Le Grand Siècle

Il est agréable de se laisser surprendre par une série dont on n'attendait pas grand-chose et qui se révèle être finalement passionnante. Le récit est dense avec une foule d’informations transmises au fil des pages sans pour autant alourdir la lecture. Au contraire, elle est des plus prenantes. L’intrigue reste entière sans pour autant frustrer le lecteur. L’auteur se joue de nous avec une grande habileté et nous fait voyager aussi au gré des errements de ses personnages. Il est rare de trouver une telle évolution graphique au sein d’une série sans changement de main. Dans le premier opus, le trait est appuyé pour s’affiner et devenir presque aérien dans les suivants. Il devient plus brouillon aussi, mais sans perdre en lisibilité grâce à une mise en couleur adaptée. Bref, j’attends la suite !

26/10/2012 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Niourk
Niourk

Chouette idée que de consacrer une collection à Stefan Wul. Ne connaissant pas ce grand monsieur de la SF, c’est l’occasion de découvrir ce qu’il a écrit (et ça m’a l’air engageant). Chouette idée que de confier l’adaptation de Niourk à Vatine qui est finalement un auteur pétri de qualités qu’on aimerait retrouver plus souvent. Chouette lecture aussi. Vatine s’occupe de tout (scénario, dessin et couleur) et il s’en tire plutôt bien. La narration est fluide et prenante. Dans une bd, il n’est pas toujours aisé de faire correspondre profondeur des propos et accessibilité au plus grand nombre. Vatine concilie les deux avec brio. Le récit se suit donc aisément sans perdre en intensité. De ce que j’en sais du roman, l’adaptation semble assez fidèle. Il est interpelant de constater que les préoccupations des années 50 sont toujours d’actualité. Il faut dire aussi que les thèmes abordés sont universels (terre dévastée par la folie humaine). Par le ton employé, ce récit s’adresse avant tout aux ados mais pas exclusivement. Les enchainements entre chapitres sont bien amenés. On voit que Vatine a de la bouteille et son expérience profite à la réussite de ce premier opus. Il n’y a pas de grande originalité quant au traitement de ce monde post apocalyptique mais les soins apportés sont de qualité. Bref, un album efficace et d’accès facile.

26/10/2012 (modifier)
Par raistlin
Note: 4/5
Couverture de la série Songes
Songes

6 ans d'attente avant d'avoir le tome 2, j'ai vraiment eu peur que celui-ci ne sorte jamais!!! Or il se trouve que celui-ci boucle finalement l'histoire... malheureusement de manière un peu trop rapide, d'aucuns diraient bâclée. Mais voilà, je suis un amoureux de la BD pour qui le dessin est essentiel. Je peux passer outre bien entendu, mais ça reste un critère déterminant. Et moi, quand je vois un livre d'aussi bonne qualité, avec une couverture pareille, je craque dès lors que l'intérieur est de la même qualité !!! Le dessin est splendide, je lirai des tonnes de pages avec un dessin pareil, mais alors vraiment!!! Bien sûr, les courbes de Coraline m'aveuglent énormément, mais l'univers dessiné mêlant technologie et 18è siècle me plaît énormément. Et puis, l'histoire reste intrigante, avec de l'humour, et une jolie interprétation de certaines références littéraires. OK, c'est une BD légère, autant par son scénario original mais aussi un peu mince sur la fin, que par la tenue que portent de nombreux corps féminins souvent dénudés. OK, on peut aussi s'interroger sur la cohérence du tout (je pense aux dérives un peu érotiques des rêves et à leur auteur qui ne me paraît pas forcément avoir la maturité ad hoc). OK encore, on peut se sentir frustré sur le manque d'explications apportées dans le second tome ou l'impression de les voir expédiées sans vraiment approfondir. Autant le premier tome vous mettait l'eau à la bouche, autant le second révèle à la fois une histoire intéressante mais trop superficiellement et rapidement dévoilée... La première BD faisait 56 pages, la seconde, 46, cherchez l'erreur... C'est vraiment dommage parce qu'encore une fois, je suis fan du dessin de l'auteur et de l'imagination déployée par le scénariste, et il y avait matière à faire une véritable réussite... Peut-être s'agit il d'une BD ayant misé sur une certaine cible de lecteurs, peut-être suis-je tombé dans le panneau, mais bon, une BD pour moi, c'est du plaisir à la lire et à la relire. Et j'ai éprouvé ce plaisir là. Même teintée de déception. Alors oui, malgré tout, je mets un 4/5 pour ce dessin dont je suis avide, et tant pis si je passe pour le spécimen type du mâle primitif qu'on va cataloguer rapidement, j'assume! Mais j'espère revoir des dessins de cette qualité très vite...

25/10/2012 (modifier)
Par kanibal
Note: 4/5
Couverture de la série Les Aigles décapitées
Les Aigles décapitées

"Les Aigles décapitées" c'est la vie des châtelains et celle des petites gens qui sont dépeintes, c'est surtout cette misère chronique des paysans et cette crasse que l'on ressent en lisant cette BD tout ceci sous fond de vengeance, de complot, d’alliance. Par contre après le cycle en Terre Sainte je pense qu'il fallait arrêter la série. La suite n'a plus cette intensité du 3ème cycle où Hughes est accusé d’être un usurpateur. Dans l'ensemble "Les Aigles décapitées" reste une bonne série bien documentée avec des dessins juste corrects.

24/10/2012 (modifier)
Couverture de la série Martha Jane Cannary
Martha Jane Cannary

Une très bonne narration, c’est la première chose que je soulignerai. La vie de Calamity en devient passionnante. De plus, Christian Perrissin a l’art de créer du suspense avec un rien. Par exemple, le début du deuxième volet commence quelques années après la fin du premier volet. On retrouve alors Calamity Jane dans une ferme en compagnie de cinq autres personnes … dont son propre enfant. Comment est-elle arrivée là ? C’est la question ! En lisant la vie de Calamity de manière linéaire, jamais ce genre d’envie de savoir n’aurait germé dans mon cerveau. Ici, ma curiosité est titillée, Perrissin me garde en éveil ! Je rajouterai encore que Christian Perrissin s’applique à nous donner une vision d’ensemble du Far West de l’époque. Cet aspect historique et géographique est très intéressant et permet vraiment d’ancrer le personnage de Calamity dans une époque, un lieu et un contexte … et cela grandit encore l’anachronisme du personnage. Ces pages sont, cependant, un peu plus pénibles à lire mais, à mon avis, indispensables à la réussite de la série. Du point de vue du dessin, je suis moins emballé. Je trouve le travail de Matthieu Blanchin d’une incontestable qualité mais je n’aime pas ce style « gribouillé ». Pourtant, le trait reste toujours lisible et ne manque pas de dynamisme. En plus, il est expressif. En fait, ce sont surtout les visages en gros plan qui me dérangent tandis que les silhouettes esquissées finissent par vraiment me plaire. Toutes ces qualités font que ce dessin n’est pas un frein à mon envie de connaître la fin de l’histoire mais, sans cette accrocheuse narration, j’aurais certainement déjà abandonné la série. La fin, enfin, est touchante. Voir Martha Jane partir ainsi sur son fidèle compagnon d'aventures a presque réussi à m'arracher une larme. Un très beau portrait, vraiment !!

16/09/2010 (MAJ le 24/10/2012) (modifier)
Par Raphifty
Note: 4/5
Couverture de la série La Licorne
La Licorne

Evidemment, l'une des forces de cette BD réside dans son dessin purement et simplement magnifique. Pour cet aspect, je lui donne 5/5. Cependant si cette première approche est on ne peut plus élogieuse, quelques petits défauts viennent ternir cette première impression. En effet, la complexité du scénario et quelques visages trop similaires rendent parfois la lecture un peu difficile. "Attends mais c'est qui celui-là ?", "Ils doivent faire quoi déjà ?". Mais bon, pour une fois que l'on a une série avec un vrai scénario, on ne va pas trop se plaindre ! Car coté scénario c'est du lourd. En effet, malgré un premier tome qui n'est pas extrêmement passionnant (la course dans laquelle se jettent nos héros n’est pas assez... intrigante), la suite est très intéressante et mélange historique et contes fantastiques. Au fil des tomes, le scénario se densifie et se révèle passionnant, très original. L’aspect fantastique rajoute du cachet à cette série que je conseille vivement !

04/08/2008 (MAJ le 23/10/2012) (modifier)
Couverture de la série Blast
Blast

Après lecture des trois premiers tomes de la série, je réalise combien celle-ci est finalement parvenue à s’imposer à moi. Pourtant, le personnage central est loin d’être attachant… mais quel charisme, quelle sublime dégénérescence dans son déni de lui-même ! Voilà un personnage tellement répugnant par plus d’un aspect, tellement à côté de la plaque et à côté de ses pompes, tellement en quête d’une mort libératrice qu’il souhaite telle un orgasme (ce fameux « blast » qu’il ressent dans des situations extrêmes (abus d’alcool ou de drogues, passages à tabac, …)), tellement abject et pitoyable mais si totalement assumé qu’il en devient touchant. Au-delà de ce profil, je ne sais toujours pas ce que Larcenet veut raconter à ses lecteurs. Voit-il dans cette série une occasion de parler de la dépression, une occasion de nous ouvrir les yeux face à des existences vouées à l’autodestruction ? Je ne saurais dire… mais force est d’avouer que je lis cette série avec intérêt. Enfin, il y a cette intrigue de départ dont j’aimerais connaître le dénouement. Et puis, il y a le travail graphique. Trois styles différents, l’un gris et terne pour le quotidien, l’autre coloré et enfantin pour les « blast », le dernier à l’image des passages qu’il illustre : torturé et maladif. Cela ne laisse pas de marbre et des réactions de rejet sont à craindre, mais ces styles conviennent parfaitement au propos, et ça, c’est ce que je recherche prioritairement en matière de dessin de bande dessinée : un style qui convient au récit et le nourrit. Il y a juste ces nez plus proches de becs d’oiseaux dont l’auteur dote ses personnages pour me faire tiquer. Bon, à force, on s’habitue mais je ne comprends pas l’intérêt de pareilles déformations. Enfin, chaque tome est incroyablement riche en terme de pages, ce qui explique le prix plus élevé de ces albums. Mais, bon, honnêtement, 23 euros pour 200 pages, c’est pas volé du tout ! Et pour ceux qui craindraient une production lente étant donné la taille des tomes, qu’ils se rassurent : jusqu’à présent Manu Larcenet tient le rythme d’un tome tous les 18 mois. En résumé : une série étonnante, dérangeante, peu ragoûtante mais aussi très prenante.

04/02/2010 (MAJ le 23/10/2012) (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shrimp
Shrimp

« Shrimp » nouvelle série sur les piles B.D. des librairies dont les auteurs sont à mettre aux côtés des Sfar, Trondheim, Larcenet et Cie, et je n’exagère aucunement le grand talent dont ils font preuve dans ce premier opus, qui fait partie de mes grandes découvertes de ce début d’année. Comme avec l’autre bande de joyeux drilles les auteurs nous proposent une histoire décalée, qui tient la route et qui garde une trame totalement fluide et logique. On est en plein dans de la S.-F. à tendance humoristique où l'humour n’est pas présent constamment et à chaque case certes, il se révèle souvent subtil, on le trouve dans une situation ou dans un détail du décor, une expression, une réplique, etc. on aurait plus tendance à sourire tout du long qu’à s’esclaffer. Je ne sais pas ce que nous réservent Matthieu Donk (d’après son idée originale, et c’est peu dire) et Benjamin d’Aoust, mais je ne peux imaginer être déçue par la suite, ça me semble de l’ordre de l’impossible. Le récit est foutrement original (justement) entre voyage dans l’espace et cuisine aux crustacés, voici une vraie trouvaille délirante aux personnages hyper attachants. Prévue en deux tomes seulement (sniff) j'espère qu'ils feront une suite histoire de rester le plus longtemps possible dans cet univers cocasse à souhait. Visuellement Mathieu Burniat a un style tout en simplicité mais suffisamment détaillé et surtout très expressif, en quelques coups de crayons bien posés il nous fait des gueules de chez gueules. Les couleurs sont sobres voire peut-être même un peu trop, jouant sur le contraste entre blanc, marron et noir ; additionnées d‘un peu de vert par ci, un peu de gris par là, une chouille de bleu et une pointe d’orangé. Le résultat est reposant et raffiné et surtout il met bien en valeur les personnages et les décors dans lesquels ils évoluent. Tome 2 Graphiquement ce tome est dans la continuité du premier, même style, même colorisation, même qualité, c'est un plaisir. Concernant le scénario l'histoire avance, pas très vite certes, elle a même tendance à partir un peu à droite à gauche, mais le récit étant bien barré dès le début ça passe parfaitement bien. L'humour est toujours présent et les personnages aussi attachants qu'auparavant, si ce n'est plus. A noter un temps d'attente très réduit entre ces deux premiers tomes, j'espère que la suite viendra tout aussi vite.

05/03/2012 (MAJ le 23/10/2012) (modifier)
Couverture de la série Les Aigles de Rome
Les Aigles de Rome

Bravo! Bravo monsieur Marini, à la fois pour le dessin et la mise en scène. "Les aigles de Rome", pourtant la couverture ne donnait pas envie, on se dit "encore une histoire de gladiateurs avec des héros bien galbés qui se détestent puis qui s'aiment", et bien non. Marini étonne par la subtilité des personnages et leurs multi-facettes. Tous ont leurs forces et leurs faiblesses. Je ne sais pas si Marini a déjà écrit tout le scénario à l'avance mais la complexité des personnages lui donne l'accès à une multitude de dénouement différents et j'avoue ne pas trop savoir ce qu'il va se passer. Le vrai point fort de cette série c'est l'ambiance. On ressent bien la différence entre les terres chaudes et arides de l'Italie complètement opposées au climat rude du nord de l'Europe. L'emploi à bon escient des couleurs crée une véritable atmosphère. Le dessin quantà lui est toujours impeccable, c'est du Marini. C'est toujours un plaisir de le voir dessiner les femmes. D'ailleurs j'ai vu quelqu'un se plaindre des scène d'orgies... c'est un blague ? Surtout aujourd'hui où on ne met pas un pied dehors sans tomber sur de la vulgarité (poste radio, musiques explicites, pub de femmes quasi nues sur les abris-bus, des clips quasi-porno à la TV...). Là en plus Marini a une excuse, c'est tout de même l'époque qui veut ça, les orgies romaines et bien ça vient... des romains (comme par hasard). Pour les nostalgiques du début du rap, voici les paroles d'une chanson qui passe à la radio: de Notorious B.I.G, "she don't remember shit. Just the two hits. Her hitting the floor and me hitting the clits". Arrêtons l'hypocrisie s'il vous plaît. L'auteur a également fait des recherches historiques avec les noms, les cartes, les lieux précis et les dates. Du bon boulot. Germania, voici une partie de l'histoire Romaine dont on parle peu mais qui n'en est pas moins passionnante. PS: Marini, si tu passes pars ici, après "Les Aigles de Rome", refais-nous un Gipsy s'il te plaît, il me manque.

23/10/2012 (modifier)