Les derniers avis (32087 avis)

Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Jeangot
Jeangot

J’ai attrapé cette B.D. sur les piles de ma librairie, avec sa belle couverture et le nom de Sfar inscrit dessus, j’ai embarqué la chose même si Sfar m’a un peu déçue dernièrement. Je n’avais pas vu l’autocollant : « une vie de Django Reinhardt », sinon j’aurais peut-être hésité ; d’autant que j’ai confondu cet homme avec un autre, du genre pouilleux dégoutant mais chanteur, dont je n’ai pas plus mémorisé le nom. C’est en lisant la B.D. que je me suis rendue compte de ma méprise, car le Django ne chante pas et je découvre en passant que c’est un joueur de jazz. Misère ! je déteste le jazz ! ça m’horripile au plus haut point. J’ai un voisin amateur de la chose, que j’ai du le maudire au moins un million de fois, je ne supporte pas cette musique qui à mes oreilles tient juste du bruit exaspérant, si l’enfer existe, on doit y passer du Jazz nuit et jour. Tout ça pour dire à quel point ma lecture était mal barrée, malgré le nom de Sfar et le si joli dessin d'Oubrerie, la galerie ne rend pas beauté des planches, la douceur et la texture des couleurs. Visuellement c’est parfait, il n’y a rien à redire. Les personnages animaliers sont expressifs et adorablement bien dessinés ; les couleurs sont chaudes et chatoyantes ; le découpage globalement classique s’adapte à chaque scène. Un régal pour les mirettes, une lecture visuellement reposante. Passons au scénario que personnellement j’esquive, c’est la vie d’un jazzman, mais moi je le prends comme la vie d’un musicien sans style prédéfini, car si je me mets à penser « jazz » je remballe la B.D. et la retourne à ma librairie. Je suis quand même allée faire un tour sur le net pour savoir qui était ce Django et l’adaptation de sa vie est bien retranscrite ici. Ceci étant dit je n’y reviendrai pas. Les personnages animaliers sont au poil, choisis en fonction des personnalités de chacun. L’humour est presque omniprésent, si ce n’est dans une réplique ce sera sur une expression faciale ou une situation, il sera plus ou moins appuyé, mais toujours actif. On y parle de sexe aussi, ce que je n’apprécie pas trop dans une B.D. qui n’est pas de cul, mais c’est amené avec beaucoup d’humour et finalement ça passe très bien et sans choquer. Il y a aussi une pointe de cruauté qui apporte un peu de piquant à l’ouvrage. Les personnages sont très attachants et leurs répliques savoureuses, ce qui a largement contribué à mon appréciation de cette nouvelle série. Je suis contente, SFAR IS BACK !

03/11/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Au Pays des Ombres (Vincent mon frère mort-vivant)
Au Pays des Ombres (Vincent mon frère mort-vivant)

J’ai lu une BD intitulée « Au pays des ombres » mais dès les première pages elle m’a fait penser à « Vincent, mon frère mort-vivant » (que je n’ai pas lue), en effet, il est ici question d’un petit garçon prénommé Antoine, qui arrive à communiquer avec son frère Vincent, mort, mais qui a trouvé le moyen de revenir dans le pays des vivants. J’ai d’abord songé à une coïncidence, puis en fin de lecture, après avoir vu que les auteurs étaient les mêmes, je me suis dit qu’ils avaient trouvé à raconter une suite ou une variation sur le même thème, mais la planche de la galerie était la même que dans ce que j’avais lu… là j’ai compris (confirmé par Miranda ;)) que Soleil ressortait, sous un autre titre et dans une autre collection, la même BD qu’en 2005, sans le mentionner (ni sur son site, ni en préface de la BD). Au-delà des considérations mercantiles, la BD elle-même est vraiment chouette, je ne suis pas fan du dessin, mais l’histoire est bien menée, pleine d’humour, de poésie mais aussi de méchants zombies et d’un diable pour le moins particulier (mais je n’en dis pas plus). L’amour d’Antoine pour son frère, qui n’est pas débile, mais un « innocent d’un gabarit exceptionnel » comme dirait l’autre, est très fort et lui permet de braver tous les dangers pour le retrouver quand ce dernier est en danger. Il y a quelques scènes un peu flippantes, Antoine est parfois dans de très mauvaises postures… Une bien belle histoire, riche et pleine d’humour, à découvrir, mais faites attention à ne pas l’avoir déjà dans vos étagères, sous un autre titre…

03/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Le Baron Noir
Le Baron Noir

Une lecture assez réjouissante que celle de ce Baron noir ! Et pourtant, un dessin assez minimaliste (décor et personnages), et des histoires qui s'enchaînent au gré des strips pour commenter l'actualité d'une époque (fin des années 70 dans le journal Le Matin de Paris) qui s'éloigne de nous. On ne sait s'il faut s'en réjouir, mais la critique frontale du cynisme, de l'arrivisme, de la lacheté reste toujours nécessaire, et donc le Baron et ses victimes, animaux d'une fable qui n'atteint pas le sommet de La Ferme des animaux d'Orwell, mais qui participe de la même critique je trouve, sont toujours aussi "édifiants". A travers ces quelques "types", les auteurs nous font rire d'une société qui nous donne plutôt des motifs de pleurer. C'est peut-être lassant à force, et peut-être ne faut-il pas tout lire d'un seul trait. Mais c'est une lecture qui renforce plus que nos zygomatiques.

02/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Petite histoire du grand Texas
Petite histoire du grand Texas

Que voilà un album jouissif ! Un format à l'italienne - mais c'est un grand format pour cet éditeur, qui réalise par ailleurs de très bons flip books!- , plein de qualités. Texte et illustrations sont souvent en décalage, mais c'est un des leviers de leur humour, plutôt grinçant et cynique. D'ailleurs c'est cet effet chorale en canon qui m'a fait monter la note de 3 à 4 étoiles. En effet, l'Histoire dont il est question ici est souvent - raccourcis aidant- une compilation d'histoires, qui font sens, alors que les dessins, souvent minimalistes, laissent toute sa chance à notre imagination et/ou à nos connaissances pour aller plus loin qu'ils ont bien voulu nous amener. Bref, loin d'un cours formaté, nous avons là une vision décapante - même si ce n'est pas un brûlot, de la marche en avant du "progrès". Et comme en plus on s'amuse en la lisant, je vous en conseille l'achat.

02/11/2012 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Isabelle - La Louve de France
Isabelle - La Louve de France

Avec Isabelle, la louve de France Thierry et Marie Gloris changent quelque peu de registre, une BD historique qui à mon humble avis est assez fidèle à la réalité. Malgré la complexité des événements durant cette période de l’histoire de France, les scénaristes parviennent à faire un récit clair et passionnant, une bien jolie façon de nous (ré)apprendre l’histoire. Le choix des auteurs n’est pas innocent, la vie d’Isabelle de France et de son entourage est loin d’être un long fleuve tranquille. Le dessin réalisé par Jaime Calderon est superbe ; les décors intérieurs et extérieurs sont très soignés et précis, il n’hésite pas à multiplier les angles de vues, le résultat est tout simplement époustouflant. Les personnages ne sont pas en reste, ils sont très bien travaillés et possèdent beaucoup d’expressivité. Une BD historique de la même veine que l’excellent Le Trône d'argile. Une BD à découvrir.

02/11/2012 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5
Couverture de la série Witch Doctor
Witch Doctor

« Witch Doctor » est une jolie surprise trouvée par hasard sur les rayons de ma librairie, elle a un arrière goût de moisi et une modernité certaine entremêlés. Au début on a affaire à des histoires courtes où le Docteur Vincent Morrow essaie, autant que possible, de sauver la peau de ses malades atteints de maux divers qui ont tous comme point commun d’être du genre monstrueux. Dans la première il doit soigner un gamin possédé, dans la seconde (excellente !) une fée pond ses œufs dans des bébés qui se font bouffer de l’intérieur ; oui, sur la quatrième de couverture il est indiqué : pour lecteurs avertis, certes, ce n’est pas vraiment effrayant mais assez ragoûtant et cynique, avec pas mal de tripaille. A partir de la troisième histoire on rentre dans un récit plus général, les deux premières permettant de présenter ces incroyables, ahurissants et très attachants personnages. L'humour est bien présent tout au long du récit, parfois noir, parfois juste basique, mais il fait toujours mouche. Le côté vieillot vient de certaines scènes qu’on croirait issues d’une très ancienne B.D. dégotée au fond d’un grenier, et pour ce qui est du moderne ça se situe plutôt dans le joli graphisme très détaillé, aux couleurs chaudes, et infiniment agréable à regarder.

02/11/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Vingt-trois prostituées
Vingt-trois prostituées

Le dernier album de Chester Brown ne fait pas l'unanimité. Loin d'être un plaidoyer absolu pour la légalisation de la prostitution, il prône plutôt avec ce livre sa libéralisation. Sa non pénalisation si vous voulez partant du principe qu'une personne doit être libre de disposer de son propre corps et d'en faire profiter de potentiels clients à travers des relations tarifées. C'est un sujet qui revient régulièrement dans nos sociétés, tout comme celui de la légalisation du cannabis par exemple sans que clairement une solution politique soit apportée. Je dois dire que, sans faire montre de ma propre opinion à ce sujet, j'ai trouvé le discours de Brown en postface particulièrement étayé et intéressant sur la réflexion d'un homme qui fréquente des prostituées depuis plusieurs années. Cette annexe faite de 23 sections, ce qui renvoie aussi au nombre de prostituées rencontrées, détaille vraiment son avis sur un éventail très large de sujets comme l'argent, la violence, le trafic d'êtres humains, la fiscalité (les actes sexuels tarifés doivent-ils être soumis à l'impôt ?) sans pour autant faire l'apologie de la prostitution. A l'inverse de cette annexe littéraire, le coeur même de la bande dessinée peut sembler un peu longuet tant Brown y décrit méticuleusement mais sans toutefois faire apparaître aucun détail physique ni visage pouvant compromettre l'identité de ces dames, ce qui contribue à l'impersonnalité de ces 23 rencontres, chacune de ses expériences. Forme simple, 1 gaufrier de 8 cases de même taille par planche, 1 chapitre avec un prénom (modifié) par tête de pipe. On peut y lire ses émois de la première fois, et comment il s'est décidé à franchir le pas après une relation avortée avec sa petite amie. Puis arrivent alors toutes les questions : sécurité, la peur d'être vu, d'être arrêté par la police, les maladies, le paiement, le pourboire, les positions, avec ou sans fellation. Bref un panorama très large où l'on voit ses affinités avec certaines et pas d'autres. Doit-il donner son vrai nom ou pas ? Est-ce que les descriptions sur tel ou tel site d'annonces sont fiables ? Plein de situations et de questionnements de ce genre qui font qu'au final je ne me suis pas vraiment lassé de lire 23 descriptions malgré leur côté presque médical. Il y a un aspect comptable aussi qui peut choquer, une évaluation de la prestation comme on évalue la qualité d'une transaction sur un site internet. Ceci est toujours illustré par un dessin impeccable, on sent une sorte de maniaquerie chez Brown à retranscrire le plus fidèlement possible les situations, les dialogues y compris avec ses amis que sont Seth et Joe Matt également dessinateurs de bande dessinée. Brown dessine comme il traite ce sujet avec ses proches amis, c'est-à-dire sans tabou, le plus naturellement du monde dans une société où l'acte sexuel et la femme - ou l'homme mais c'est plus rare - devient une marchandise comme une autre destinée à assouvir une envie immédiate. A travers son dessin on a l'impression que son personnage n'a pas d'émotions avec toujours un petit trait plat pour sa bouche comme le souligne Robert Crumb en introduction et un visage qui ne change guère, des petites lunettes ne montrant pas ses yeux. Quand sa petite amie le quitte mais décide de rester habiter avec lui puis fait venir son nouveau copain, Brown prend ça avec un aplomb incroyable. Quand Seth lui demande : "Tu n'es pas en colère ou jaloux ?", il lui répond : "Je me sens comme d'habitude. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes". En conclusion, un livre qui m'a plu globalement où Brown explore son sujet avec un certain cynisme mais aussi une pointe d'humour. Ce n'est pas pour autant qu'il m'a convaincu de ses thèses, si tant est qu'il ait pour intention sous-jacente de convaincre le lecteur à travers cet ouvrage.

02/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Les Peaux-Rouges
Les Peaux-Rouges

Voilà une série qui ne mérite pas le quasi anonymat dans lequel elle reste, même parmi les lecteurs de bd western, dont je suis. Je ne l'ai découverte que tardivement, et ai eu du mal à la compléter par des achats sur des vides greniers. Parue en 9 tomes, elle raconte - entre autres - les premiers contacts entre les conquistadors et les Apaches et autres pueblos. En plus du sujet, assez rarement traité, c'est l'approche, qui se veut très réaliste et documentée, qui est intéressante. Le dessin m'a au début dérouté, mais après un temps d'adaptation, force m'est de constater qu'il est très beau - et lui aussi différent de ce que l'on peut voir ailleurs. J'avais été attiré par le titre de la série, et les dessins de la quatrième de couverture, espérant avoir découvert un filon rare et précieux: une série western de qualité traitant de toutes les tribus indiennes ! Hélas pour moi, et peut-être pour Kresse, "Les Peaux-Rouges" reste concentrée sur les Apaches. Probablement que le succès mitigé de ces albums - et quelques "conseils" de l'éditeur, Casterman, ont coupé les ailes de l'auteur. C'est bien dommage, car j'aurais bien aimé voir ce que Kresse aurait pu faire en quittant ce sud sud-ouest des Etats-Unis (ou plutôt ce nord de la méso-Amérique). De même la série elle-même semble s'être arrêtée brusquement, un prolongement semblait possible. J'ai découvert récemment une autre bd de Kresse sur le même thème, les Apaches, il s'agit de Mangas Coloradas. Cela confirme que l'auteur s'est "volontairement" recentré sur les Apaches (un dossier d'une dizaine de pages introduit le sujet en début d'album), mais aussi qu'il n'a pas trouvé un lectorat assez nombreux pour poursuivre, car là aussi, je reste sur l'impression d'une suite possible. En tout cas, si vous tombez sur la série des Peaux Rouges, jetez-y un coup d'oeil, elle le vaut !

02/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Les Sept Ours Nains
Les Sept Ours Nains

J'avais acheté ce livre pour les lectures du soir avec mes enfants, et il nous a procuré beaucoup de moments de plaisir. Et, ce qui est quand même rare et appréciable, c'est que j'y ai trouvé matière à rire, et pas seulement avec mes enfants, modérément, mais suffisamment pour que cet album "jeunesse" n'y soit pas confiné: un album "tout public" donc, bourré de références qui mènent à plein de discutions ou clins d'oeil avec vos enfants et qui rallonge un peu le temps de lecture, assez court - ce qui est la règle pour les "livres avant d'aller au dodo" mais qui rend du coup le prix assez élevé... C'est à mon avis le meilleur des trois que l'auteur a écrits sur le même canevas (compilation/ détournement des contes européens).

01/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Pour l'Empire
Pour l'Empire

Contrairement à l'avis précédent, je trouve que les dessins sont plus qu'attirants. Ces trois albums, sortis visiblement quasi en même temps, sont très originaux. Originaux par rapport à leurs compagnons de Poisson Pilote, mais surtout originaux dans le genre péplum. Originaux tout court d'ailleurs ! C'est une quête qui mène à l'infini, qui ne finit pas - et laisse le lecteur avec ses interrogations. Une ambiance qui m'a fait penser, allez savoir pourquoi, au film Dead Man, de Jim Jarmush. Comme une sorte de rêve éveillé (il ne manquait que la musique de Neil Young pour l'accompagner). Les couleurs sont vraiment superbes, et habillent d'un halo de brume, de rouille, cette aventure, dont je recommande chaudement la lecture, et donc l'achat !

01/11/2012 (modifier)