Je n’ai pas tout lu de Frédérik Peeters mais j’apprécie beaucoup ce qu’il fait en général.
Avec Aama, nous voici embarqués dans de la SF qui garde une grande part de mystère (c’est presqu’une marque de fabrique). Le récit est habilement construit entre un présent éthéré pour Verloc et son passé peu reluisant qu’il se remémore par bribes grâce à Churchill et à son journal. Le scénario tient bien la route et laisse la porte ouverte à toutes les possibilités . . . Malgré tout, je n’ai pas été aussi captivé qu’espéré par l’histoire et j’aurai difficile de mettre plus de 3 étoiles pour le moment. Côté dessin, Peeters assure. Il ne m’a jamais déçu sur ce plan.
Pour les amateurs de l’auteur et de SF en général.
MAJ du 05/11/2012
Avec le tome 2, Frédérik Peeters nous plonge au cœur de l’influence d’Aama sur son environnement. On en sait plus sur cette entité et l’expérience qui gravite autour (et son fiasco aussi). De plus, l’expédition à laquelle Verloc participe est l’occasion d’en savoir plus sur sa vie passée et sa fille. A souligner des décors très soignés . . .
Bref, une suite qui ne déçoit pas et qui m’amène à revoir ma note à la hausse.
Cette histoire ne relate pas une série d’évènements véridique, mais les réinterprète avec poésie et tendresse. Je pense qu’il est important d’insister sur ce fait, car le lecteur désireux de découvrir la triste jeunesse d’une enfant cachée risque d’être sinon déçu, du moins déstabilisé.
Pour ma part, la première surprise passée, j’ai vraiment bien apprécié cette lecture. Virginie Cady a un réel talent de narratrice. Son évocation est loin d’être larmoyante (chose que je craignais par-dessus tout) et la poésie est omniprésente.
Pour tempérer mon enthousiasme, je reconnais certaines longueurs dans le récit. Mais il est vrai qu’il est difficile de garder la même intensité lorsqu’un récit est long de 200 pages. Je pense cependant que "Clandestine" aurait encore gagné en qualité s’il avait été plus concis.
Au niveau graphique : … c’est la baffe ! Marc-Renier a totalement changé de style pour le présent album. Il officie ici dans une veine intimiste simple et dépouillée mais d’une adresse à toute épreuve. Sa maitrise lui permet d’opter pour des angles de vue très délicats sans que la moindre erreur de perspective n’apparaisse. Je soulignerai l’illustration d’un personnage, bras tendus perpendiculaires au corps (comme s’il mimait un avion), et croqué de profil avec une évidence, une simplicité déconcertante.
Toutefois, dans ce style de récit, le graphisme se doit de rester en retrait vis-à-vis de la narration. Et c’est le cas ici : ce trait a beau être d’une très belle qualité technique, son aspect faussement amateur nous pousse à nous centrer sur l’histoire. C’est à mes yeux une preuve de modestie de la part de Marc-Renier, et un des paramètres du pouvoir de séduction du présent album.
La série ayant été abandonnée, nous ne connaitrons jamais la fin de cette histoire, ce qui est très frustrant. Je déconseille donc l'achat. Posséder la série n'aurait en effet de sens que si l'histoire était complète.
Cela fait un petit moment que je voulais m'attaquer à cette série qui semble un must dans son genre. Et je ne suis pas déçu car j'ai beaucoup aimé le contexte historique de l'époque d'Henri IV dans lequel est ancrée cette série. D'ailleurs je me suis avalé les 7 tomes en quelques jours.
Les dialogues sont choisis avec soin pour coller à la façon de parler de l'époque, bien qu'à mon avis on en est encore loin mais il faut bien que ça reste intelligible pour un lecteur d'aujourd'hui.
Les auteurs mettent en place un drame familial, un héros masqué, une sorcière voyante et puis les héros qu'on connaît tels ce bon Henri, sa mégère italienne, le dauphin et Ravaillac. Au fil des 7 tomes on va évoluer aussi dans le temps, des jeunes années d'Ariane de Troil à l'âge adulte, dans l'espace entre Paris et l'Auvergne. Pour cela le dessin de Juillard même s'il a un peu vieilli par rapport aux standards d'aujourd'hui est tout à fait bon, le réalisme des décors est très bien rendu et les personnages sont bien campés.
Par contre au niveau du rythme de l'histoire, on passe parfois d'une case à l'autre sans se rendre compte immédiatement qu'on a changé de lieu. Puis 2 cases plus loin on revient dans la scène initiale. Ce n'est pas toujours du meilleur effet pour la compréhension du lecteur qui a parfois du mal à savoir si on est à Paris ou ailleurs par exemple. Mais globalement je n'ai pas eu trop de mal à me repérer dans les personnages pourtant nombreux et dont les destins s'entremêlent. Le personnage de la voyante est celui qui me plaît le moins mais c'est un artifice pour servir la narration du scénariste.
Le dernier tome est un peu surprenant quand Ariane ne reconnait pas son adversaire manchot. Il y a un moment ça doit faire tilt mais c'est sûrement pour donner une fin plus tragique. Je suis un circonspect sur ce final.
Pour conclure, voici une série historique tout à fait recommandable.
Mac Coy est un western "classique", qui souffre de la comparaison avec Blueberry dans le même registre, mais qui mérite quand même plus qu'un coup d’œil.
L'intrigue utilise souvent le même arrière plan historique que son illustre "concurrent" (les guerres civiles aux USA et au Mexique; les guerres indiennes), et Mac Coy finit lui aussi par triompher de l'adversité, après quelques rebondissements. Inégales, les histoires sont généralement plutôt bien bâties (même si Gourmelen n'est pas Charlier...).
Plus que le scénario de Gourmelen, c'est le dessin de Palacios, et ses traits gras et brouillons qui fait la vraie originalité de cette série. Les couleurs "psychédéliques", outrancières et quasi baroques, si elles restent très typées années 1970, signent aussi un auteur (voir pour confirmer cela Manos Kelly).
Un bon western, à lire donc !
Note réelle 3,5/5.
Une aventure de science-fiction dans un univers à la Blade Runner ou du 5ème élément sur fond de télé-réalité en y mêlant également une touche de fantaisie avec Alice aux pays des merveilles. Bref, un cocktail assez étrange mais qui semble bien fonctionner en l'espèce. On s'attache assez facilement avec ce héros au physique ingrat mais si humain.
Le récit manque cependant un peu de dynamisme. Il ne se passera pas grand chose. On sent que c'est un tome introductif pour mettre en place un univers assez singulier. Pour autant, on sait que le plaisir de lecteur viendra par la suite car le scénariste sait transformer les moindres détails en révélation surprenante. En attendant, on pourra néanmoins admirer un beau graphisme détaillé afin de s'emprégner de cet atmosphère. Les habitants portent de curieux costumes qui sont autant de clin d'oeil à des oeuvres classiques comme Star War par exemple.
Au final, une bonne bd qui a du potentiel qu'il reste à développer. Ma note est par conséquent susceptible de changer. Et oui, je suis convaincu par le second tome. On gagne par conséquent un cran.
Voici un ouvrage qui se rapproche plus, selon moi, du conte philosophique que du véritable roman d'aventure.
Tezuka signe ici un vrai chef d'oeuvre du genre, un pavé de plus de 300 pages tout de même, qui part d'un postulat de base que je trouve très intéressant : l'humanité disparait, remplacée par ceux qui se présentent comme les successeurs légitimes des humains, les oiseaux. Ceux-ci n'y sont pas parvenus seuls, usant d'une matière envoyée par les extra-terrestre.
Ce début d'histoire semblant se rapprocher du scénario catastrophe ou du film de science-fiction donne lieu à une succession d'histoires courtes (ce qui semble être une spécialité de Tezuka, soit dit en passant) qui vont présenter un peu toutes les facettes de ce changement d'ordre sur Terre.
Les histoires sont mises dans un ordre chronologique, avec au départ les histoires présentant l'attaque des oiseaux sur les humains et leurs domination progressive. J'ai trouvé ce début quelque peu fade, notamment par rapport au reste, bien que Tezuka introduit plusieurs idées sur notre société, notamment lorsqu'il parle de l'Afrique du Sud. Mais dans l'ensemble, le début n'est pas franchement transcendant.
Par contre les histoires à partir de l'apparition de la société extra-terrestre et de son implication sont d'une toute autre facture ! Tezuka profite de son sujet pour introduire des métaphores en continu. Ainsi les premières histoires font fortement penser aux combats de gladiateurs, et peut-être à la révolte de Spartacus. Cependant en beaucoup plus nuancé que l'on pourrait s'y attendre. L'humain n'est pas seulement l'être dominé, il reste avant tout un humain, et Tezuka ne le présente pas sous son meilleur jour en dépeignant un être barbare et cruel.
Les histoires s'enchainent, avec une excellente reprise de Jésus, incroyablement bien faite à mon goût (même si je trouve dommage les pointes d'humour qu'il introduit lors du dialogue entre Pololo et l'extra-terrestre) avec un oiseau nommée Pololo. Les clins d'oeil sont plus qu'évidents, et pourtant, Tezuka glisse ici un message assez frappant, en expliquant presque sa vision du message de Jésus. C'est assez incroyable et j'ai trouvé qu'il y avait matière à pas mal de réflexion. J'ai aussi beaucoup aimé la façon dont il intègre dedans des "anachronismes" (si tant est qu'on puisse parler ainsi) notamment en mettant un panneau Auschwitz lorsque les partisans de Pololo se font massacrer. Une sorte de roue du temps est en route. L'histoire se répète ... Est-elle destinée à le faire indéfiniment ?
La suite, plus proche du far-west, est à mon sens moins réussie, même si Tezuka en profite pour en faire une fable sur la tolérance, le racisme, et surtout sur la condition indienne dans les Etats-Unis naissants. Il est d'ailleurs amusant de constater la façon dont Tezuka présente les élections chez les oiseaux. C'est un beau pied de nez à celles que nous connaissons.
L'histoire suivante est bonne, mais je l'ai trouvée moins intéressante sur le plan réflexion. Par contre l'ambiance est clairement moins joyeuse que les autres.
Ce pessimisme se glisse aussi dans l'histoire suivante, où Tezuka fait carrément disparaitre les humains de la planète. Les oiseaux sont seuls maitres. Cette histoire donne plus à réfléchir sur la corruption et à ce sens le final est superbement bien trouvé. Une sorte d'engrenage fatidique est en marche.
Les histoires suivantes tiennent plus de l'anecdote, reprenant les thèmes du bonheur et de la ségrégation raciale. Malgré une certaine poésie, je les ai trouvées plus "gentillettes".
Mais la dernière histoire est celle qui à mon sens donne l'impulsion énorme à l'ensemble. En effet, en revenant sur les extra-terrestres, je trouve que Tezuka donne une nouvelle dimension à l'ensemble et apporte matière à beaucoup plus de réflexion. Cependant cette conclusion se teint d'une sorte de fatalité qui n'est pas forcément au gout de tout le monde.
Dans l'ensemble du livre, le trait de Ozama Tezuka fait mouche. Les décors sont toujours aussi beaux et les personnages toujours tournés très cartoon. Le mariage des deux reste aussi digeste et maintenant que j'y suis plus habitué, je comprends le trait de Tezuka. Il s'en dégage un charme indéniable. Les paysages détaillés nous donnent envie de rentrer dedans, on se sent au milieu des espaces.
Cette œuvre regroupe à mon avis un ensemble d'histoires qui sont, disons le clairement, très inégales. Cependant, si certaines ne dépassent pas le stade du "Bof, sans plus", je trouve que la dernière et particulièrement celle de Pololo montent jusqu'à "Culte". Dans l'ensemble, le tout se lit très agréablement, même si je n'ai pas compris les dessins d'oiseaux (très beaux soit dit en passant) qui se glissent dans toutes les pages.
Tezuka signe à mes yeux une production incroyable, et hautement philosophique dans l'ensemble. La dernière histoire est à mon avis celle qui donne tout le sel à l’œuvre, invitant à une réflexion profonde. Le tout agrémenté par un dessin au poil.
La note finale sera donc de 4/5 et un conseil de lecture, car je pense franchement qu'il y a là matière à réfléchir. Un nouvel opus recommandé.
Le trash est-il tout public ? C'est ce qu'on peut se demander en lisant les gags très bêtes et très méchants de ces deux imbéciles.
Et puis, à les relire, je ne m'étonne plus qu'ils aient été publiés dans les magazines Disney (c'est même mon fils de 10 ans à l'époque qui me l'a appris...). Tout d'abord parce que le pipi caca est le champ lexical dominant des cours de récréation - et aussi probablement des vannes de bureau, la différence étant dans le vocabulaire et la violence des images. Mais aussi parce que justement ici, si les gags sont très cons, ils ne sont pas non plus très violents. Les auteurs ont fait bien plus corrosif et/ou intéressant ailleurs.
J'ai en tout cas souvent rigolé de leurs fanfaronnades, de leurs calamiteux échecs. Et c'est bien là l'essentiel.
Contrairement aux deux héros, les albums sont assez "fins", la lecture est très rapide. Mais je la recommande quand même !
Et une nouvelle relecture me fait passer à 4 étoiles, pour ce diptyque trash mais tout public vraiment poilant.
Un récit assez étrange et atypique.
La pluie à tout envahit, l'eau monte, les silures arrivent, et dans ce chaos de la fin du monde, une femme est envahit par la mélancolie.
Le récit est très joliment illustré, avec un ton très sombre et pourtant pas noir. On est dans une atmosphère ouatée, l'émotion de l'héroïne envahit les pages. Le récit tend vers le fantastique, et pourtant on ne décroche pas une seconde de la réalité. Car quoi de mieux pour comprendre la réalité que le fantastique ?
Des personnages apparaissent et parlent. D'abord un chat dans une maison vide, et une grand-mère qui semble savoir beaucoup. Un père et un petit garçon vont venir plus tard. Il faut parler, beaucoup parler. C'est une catharsis pour le personnage principal que de faire ce trajet.
On va assister à une révélation sur ce qui s'est passé. Le récit prendra une allure de drame. Et pourtant le soleil reviendra, le jour se lèvera à nouveau.
Ce récit est à la fois prenant et pourtant insaisissable au premier abord. Tout est suggéré, on se doit de comprendre par soi-même. Les relations entre les gens ne sont pas simples, les raisons des actes non plus. On ne peut pas tout comprendre. Mais au moins en savoir le plus gros. Et c'est ce que ce livre démontre.
Un bien bel ouvrage, d'autant que Futuropolis fait des magnifiques impressions. La lecture est chaudement recommandée. Elle est envoutante.
4/5
Deuxième Tezuka que je lis, deuxième grande claque dans la figure.
Ce que j'ai apprécié notamment, c'est que j'ai trouvé le dessin plus agréable que dans Ikki Mandara, avec moins de tête SD notamment. De plus je commence à m'habituer à son trait, mélangeant toujours aussi bien les personnages très cartoon et les décors grandioses et magnifiquement dépeint. On se sent totalement transporté dans le récit.
Récit qui d'ailleurs ne dépareille pas du tout. Tezuka fait ici un mélange de plusieurs genres, traitant à la fois d'un thème policier, d'un tueur en série qui n'a rien à envier à ceux de Naoki Urasawa, de l'amour entre deux êtres de façon très originales, ainsi que de politique, de société et d'écologie. Bref, un cocktail de thèmes cher à Tezuka.
Le propos est cependant incroyable, tant sur le personnage principal, Yuki, odieux et tellement charismatique à la fois, beau et cruel. Tezuka arrive à créer un être qui nous échappe totalement dans les trois tomes, sans qu'on sache finalement son fond bien qu'on le suive en permanence.
A cet homme va s'ajouter son comparasse et amant. Là aussi Tezuka nous livre un personnage incroyablement charismatique et torturé. Un homme tiraillé entre sa foi et son amour, entre son passé et son présent, entre sa lâcheté et sa volonté. Le père Garai est un être très complexe, incroyablement humain et qui nous charme tout au long du récit. Un portrait incroyablement réussi.
Mais face à ces deux protagonistes principaux, une galerie de personnages secondaires viennent se greffer, ajoutant des portraits bien campés et qui rajoutent une grande profondeur au récit. Qu'il s'agisse des personnages féminins, même la rédactrice du journal qui n'a finalement qu'un très court rôle mais très marquant, ou des personnages masculins, le député, le policier, le paysan et tout ces personnages ont leurs manières, leurs attitudes, leur façon de parler, leur expression et leur volonté.
Ce récit est à mon sens pleinement réussi tant par ses personnages qui sonnent tous tellement vrai qu'on croirait à des caricatures de gens réels, que par le propos qui va se développer autour de ce gaz, le MW, lien entre tout les protagonistes. Tout part de lui, et tout se finira avec lui.
Le récit est d'ailleurs superbe avec un traitement absolument pas manichéen du scénario. Ainsi le personnage principal apparait comme odieux, mais torturé, puis à nouveau odieux. On en vient à l'excuser de certains crimes, sans pouvoir tous les innocenter. Tout le monde conserve sa part d'ombre, tous peuvent se révéler tout à coup bon ou au contraire lâche.
Mais, face à toutes ces qualités, pourquoi mettre seulement une note de 4/5 me direz-vous ?
Et bien, deux points m'empêchent de mettre une note maximale.
Tout d'abord, le récit prend parfois des tournures très hollywoodienne, je pense en particulier à la fin du récit ou bien l'apparition de l'hélicoptère sur l'île. Et d'autres part j'ai trouvé que parfois Tezuka utilisait trop facilement des raccourcis. Certaines situations semblent un poil tirées par les cheveux, parfois un retournement semble bien trop facile. Ces "défauts" étant plus concentrés dans le troisième tome, peut-être que Tezuka devait faire face à une demande et n'avait pas le temps de bien traiter son récit ? C'est regrettable en tout cas.
Qu'en ressort-il donc ? Un récit époustouflant, magistral, dont le réalisme extrêmement poussé se trouve parfois détourné. Mais ces défauts tâchent-t-ils le récit ? Absolument pas dirais-je. L’œuvre est magistrale et démontre (s'il en est encore besoin) le talent immense qu'avait Ozama Tezuka, ce dieu du manga.
4.5/5 pour le récit qui frise le parfait. A lire ! Vraiment.
Il est vrai que pour un western récent (genre que j'apprécie), cette série est une véritable perle.
En se basant sur des lieux communs et autres clichés du genre (bande de hors-la-loi qui se reforment pour un coup, chasse au trésor, etc...) et en y ajoutant quelques éléments nouveaux, N. Pothier nous offre une BD aux dialogues intelligemment écrits et plutôt drôles, avec une narration en béton armée nous rendant l'histoire présentée totalement passionnante, des personnages aux caractères bien trempés qu’on a envie de suivre, etc...
Même si je trouve que le rebondissement principal (je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la lecture) du second tome est assez facile, ce qui amène à une chute plutôt simple, je trouve que le scénario est extrêmement bien construit.
Drôle, palpitant, bien écrit, ce western est une réussite soutenu par le dessin de Brüno. Auteur que pourtant, je n’attendais pas vraiment à trouver dans ce genre, mais comme son dessin est maîtrisé et que son style graphique me plaît (même si je peux concevoir que ça ne soit pas le cas de tous) cette lecture fut vraiment agréable.
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Aâma
Je n’ai pas tout lu de Frédérik Peeters mais j’apprécie beaucoup ce qu’il fait en général. Avec Aama, nous voici embarqués dans de la SF qui garde une grande part de mystère (c’est presqu’une marque de fabrique). Le récit est habilement construit entre un présent éthéré pour Verloc et son passé peu reluisant qu’il se remémore par bribes grâce à Churchill et à son journal. Le scénario tient bien la route et laisse la porte ouverte à toutes les possibilités . . . Malgré tout, je n’ai pas été aussi captivé qu’espéré par l’histoire et j’aurai difficile de mettre plus de 3 étoiles pour le moment. Côté dessin, Peeters assure. Il ne m’a jamais déçu sur ce plan. Pour les amateurs de l’auteur et de SF en général. MAJ du 05/11/2012 Avec le tome 2, Frédérik Peeters nous plonge au cœur de l’influence d’Aama sur son environnement. On en sait plus sur cette entité et l’expérience qui gravite autour (et son fiasco aussi). De plus, l’expédition à laquelle Verloc participe est l’occasion d’en savoir plus sur sa vie passée et sa fille. A souligner des décors très soignés . . . Bref, une suite qui ne déçoit pas et qui m’amène à revoir ma note à la hausse.
Clandestine
Cette histoire ne relate pas une série d’évènements véridique, mais les réinterprète avec poésie et tendresse. Je pense qu’il est important d’insister sur ce fait, car le lecteur désireux de découvrir la triste jeunesse d’une enfant cachée risque d’être sinon déçu, du moins déstabilisé. Pour ma part, la première surprise passée, j’ai vraiment bien apprécié cette lecture. Virginie Cady a un réel talent de narratrice. Son évocation est loin d’être larmoyante (chose que je craignais par-dessus tout) et la poésie est omniprésente. Pour tempérer mon enthousiasme, je reconnais certaines longueurs dans le récit. Mais il est vrai qu’il est difficile de garder la même intensité lorsqu’un récit est long de 200 pages. Je pense cependant que "Clandestine" aurait encore gagné en qualité s’il avait été plus concis. Au niveau graphique : … c’est la baffe ! Marc-Renier a totalement changé de style pour le présent album. Il officie ici dans une veine intimiste simple et dépouillée mais d’une adresse à toute épreuve. Sa maitrise lui permet d’opter pour des angles de vue très délicats sans que la moindre erreur de perspective n’apparaisse. Je soulignerai l’illustration d’un personnage, bras tendus perpendiculaires au corps (comme s’il mimait un avion), et croqué de profil avec une évidence, une simplicité déconcertante. Toutefois, dans ce style de récit, le graphisme se doit de rester en retrait vis-à-vis de la narration. Et c’est le cas ici : ce trait a beau être d’une très belle qualité technique, son aspect faussement amateur nous pousse à nous centrer sur l’histoire. C’est à mes yeux une preuve de modestie de la part de Marc-Renier, et un des paramètres du pouvoir de séduction du présent album. La série ayant été abandonnée, nous ne connaitrons jamais la fin de cette histoire, ce qui est très frustrant. Je déconseille donc l'achat. Posséder la série n'aurait en effet de sens que si l'histoire était complète.
Les 7 vies de l'épervier
Cela fait un petit moment que je voulais m'attaquer à cette série qui semble un must dans son genre. Et je ne suis pas déçu car j'ai beaucoup aimé le contexte historique de l'époque d'Henri IV dans lequel est ancrée cette série. D'ailleurs je me suis avalé les 7 tomes en quelques jours. Les dialogues sont choisis avec soin pour coller à la façon de parler de l'époque, bien qu'à mon avis on en est encore loin mais il faut bien que ça reste intelligible pour un lecteur d'aujourd'hui. Les auteurs mettent en place un drame familial, un héros masqué, une sorcière voyante et puis les héros qu'on connaît tels ce bon Henri, sa mégère italienne, le dauphin et Ravaillac. Au fil des 7 tomes on va évoluer aussi dans le temps, des jeunes années d'Ariane de Troil à l'âge adulte, dans l'espace entre Paris et l'Auvergne. Pour cela le dessin de Juillard même s'il a un peu vieilli par rapport aux standards d'aujourd'hui est tout à fait bon, le réalisme des décors est très bien rendu et les personnages sont bien campés. Par contre au niveau du rythme de l'histoire, on passe parfois d'une case à l'autre sans se rendre compte immédiatement qu'on a changé de lieu. Puis 2 cases plus loin on revient dans la scène initiale. Ce n'est pas toujours du meilleur effet pour la compréhension du lecteur qui a parfois du mal à savoir si on est à Paris ou ailleurs par exemple. Mais globalement je n'ai pas eu trop de mal à me repérer dans les personnages pourtant nombreux et dont les destins s'entremêlent. Le personnage de la voyante est celui qui me plaît le moins mais c'est un artifice pour servir la narration du scénariste. Le dernier tome est un peu surprenant quand Ariane ne reconnait pas son adversaire manchot. Il y a un moment ça doit faire tilt mais c'est sûrement pour donner une fin plus tragique. Je suis un circonspect sur ce final. Pour conclure, voici une série historique tout à fait recommandable.
Mac Coy
Mac Coy est un western "classique", qui souffre de la comparaison avec Blueberry dans le même registre, mais qui mérite quand même plus qu'un coup d’œil. L'intrigue utilise souvent le même arrière plan historique que son illustre "concurrent" (les guerres civiles aux USA et au Mexique; les guerres indiennes), et Mac Coy finit lui aussi par triompher de l'adversité, après quelques rebondissements. Inégales, les histoires sont généralement plutôt bien bâties (même si Gourmelen n'est pas Charlier...). Plus que le scénario de Gourmelen, c'est le dessin de Palacios, et ses traits gras et brouillons qui fait la vraie originalité de cette série. Les couleurs "psychédéliques", outrancières et quasi baroques, si elles restent très typées années 1970, signent aussi un auteur (voir pour confirmer cela Manos Kelly). Un bon western, à lire donc ! Note réelle 3,5/5.
Urban
Une aventure de science-fiction dans un univers à la Blade Runner ou du 5ème élément sur fond de télé-réalité en y mêlant également une touche de fantaisie avec Alice aux pays des merveilles. Bref, un cocktail assez étrange mais qui semble bien fonctionner en l'espèce. On s'attache assez facilement avec ce héros au physique ingrat mais si humain. Le récit manque cependant un peu de dynamisme. Il ne se passera pas grand chose. On sent que c'est un tome introductif pour mettre en place un univers assez singulier. Pour autant, on sait que le plaisir de lecteur viendra par la suite car le scénariste sait transformer les moindres détails en révélation surprenante. En attendant, on pourra néanmoins admirer un beau graphisme détaillé afin de s'emprégner de cet atmosphère. Les habitants portent de curieux costumes qui sont autant de clin d'oeil à des oeuvres classiques comme Star War par exemple. Au final, une bonne bd qui a du potentiel qu'il reste à développer. Ma note est par conséquent susceptible de changer. Et oui, je suis convaincu par le second tome. On gagne par conséquent un cran.
Demain les Oiseaux
Voici un ouvrage qui se rapproche plus, selon moi, du conte philosophique que du véritable roman d'aventure. Tezuka signe ici un vrai chef d'oeuvre du genre, un pavé de plus de 300 pages tout de même, qui part d'un postulat de base que je trouve très intéressant : l'humanité disparait, remplacée par ceux qui se présentent comme les successeurs légitimes des humains, les oiseaux. Ceux-ci n'y sont pas parvenus seuls, usant d'une matière envoyée par les extra-terrestre. Ce début d'histoire semblant se rapprocher du scénario catastrophe ou du film de science-fiction donne lieu à une succession d'histoires courtes (ce qui semble être une spécialité de Tezuka, soit dit en passant) qui vont présenter un peu toutes les facettes de ce changement d'ordre sur Terre. Les histoires sont mises dans un ordre chronologique, avec au départ les histoires présentant l'attaque des oiseaux sur les humains et leurs domination progressive. J'ai trouvé ce début quelque peu fade, notamment par rapport au reste, bien que Tezuka introduit plusieurs idées sur notre société, notamment lorsqu'il parle de l'Afrique du Sud. Mais dans l'ensemble, le début n'est pas franchement transcendant. Par contre les histoires à partir de l'apparition de la société extra-terrestre et de son implication sont d'une toute autre facture ! Tezuka profite de son sujet pour introduire des métaphores en continu. Ainsi les premières histoires font fortement penser aux combats de gladiateurs, et peut-être à la révolte de Spartacus. Cependant en beaucoup plus nuancé que l'on pourrait s'y attendre. L'humain n'est pas seulement l'être dominé, il reste avant tout un humain, et Tezuka ne le présente pas sous son meilleur jour en dépeignant un être barbare et cruel. Les histoires s'enchainent, avec une excellente reprise de Jésus, incroyablement bien faite à mon goût (même si je trouve dommage les pointes d'humour qu'il introduit lors du dialogue entre Pololo et l'extra-terrestre) avec un oiseau nommée Pololo. Les clins d'oeil sont plus qu'évidents, et pourtant, Tezuka glisse ici un message assez frappant, en expliquant presque sa vision du message de Jésus. C'est assez incroyable et j'ai trouvé qu'il y avait matière à pas mal de réflexion. J'ai aussi beaucoup aimé la façon dont il intègre dedans des "anachronismes" (si tant est qu'on puisse parler ainsi) notamment en mettant un panneau Auschwitz lorsque les partisans de Pololo se font massacrer. Une sorte de roue du temps est en route. L'histoire se répète ... Est-elle destinée à le faire indéfiniment ? La suite, plus proche du far-west, est à mon sens moins réussie, même si Tezuka en profite pour en faire une fable sur la tolérance, le racisme, et surtout sur la condition indienne dans les Etats-Unis naissants. Il est d'ailleurs amusant de constater la façon dont Tezuka présente les élections chez les oiseaux. C'est un beau pied de nez à celles que nous connaissons. L'histoire suivante est bonne, mais je l'ai trouvée moins intéressante sur le plan réflexion. Par contre l'ambiance est clairement moins joyeuse que les autres. Ce pessimisme se glisse aussi dans l'histoire suivante, où Tezuka fait carrément disparaitre les humains de la planète. Les oiseaux sont seuls maitres. Cette histoire donne plus à réfléchir sur la corruption et à ce sens le final est superbement bien trouvé. Une sorte d'engrenage fatidique est en marche. Les histoires suivantes tiennent plus de l'anecdote, reprenant les thèmes du bonheur et de la ségrégation raciale. Malgré une certaine poésie, je les ai trouvées plus "gentillettes". Mais la dernière histoire est celle qui à mon sens donne l'impulsion énorme à l'ensemble. En effet, en revenant sur les extra-terrestres, je trouve que Tezuka donne une nouvelle dimension à l'ensemble et apporte matière à beaucoup plus de réflexion. Cependant cette conclusion se teint d'une sorte de fatalité qui n'est pas forcément au gout de tout le monde. Dans l'ensemble du livre, le trait de Ozama Tezuka fait mouche. Les décors sont toujours aussi beaux et les personnages toujours tournés très cartoon. Le mariage des deux reste aussi digeste et maintenant que j'y suis plus habitué, je comprends le trait de Tezuka. Il s'en dégage un charme indéniable. Les paysages détaillés nous donnent envie de rentrer dedans, on se sent au milieu des espaces. Cette œuvre regroupe à mon avis un ensemble d'histoires qui sont, disons le clairement, très inégales. Cependant, si certaines ne dépassent pas le stade du "Bof, sans plus", je trouve que la dernière et particulièrement celle de Pololo montent jusqu'à "Culte". Dans l'ensemble, le tout se lit très agréablement, même si je n'ai pas compris les dessins d'oiseaux (très beaux soit dit en passant) qui se glissent dans toutes les pages. Tezuka signe à mes yeux une production incroyable, et hautement philosophique dans l'ensemble. La dernière histoire est à mon avis celle qui donne tout le sel à l’œuvre, invitant à une réflexion profonde. Le tout agrémenté par un dessin au poil. La note finale sera donc de 4/5 et un conseil de lecture, car je pense franchement qu'il y a là matière à réfléchir. Un nouvel opus recommandé.
Wizz et Buzz
Le trash est-il tout public ? C'est ce qu'on peut se demander en lisant les gags très bêtes et très méchants de ces deux imbéciles. Et puis, à les relire, je ne m'étonne plus qu'ils aient été publiés dans les magazines Disney (c'est même mon fils de 10 ans à l'époque qui me l'a appris...). Tout d'abord parce que le pipi caca est le champ lexical dominant des cours de récréation - et aussi probablement des vannes de bureau, la différence étant dans le vocabulaire et la violence des images. Mais aussi parce que justement ici, si les gags sont très cons, ils ne sont pas non plus très violents. Les auteurs ont fait bien plus corrosif et/ou intéressant ailleurs. J'ai en tout cas souvent rigolé de leurs fanfaronnades, de leurs calamiteux échecs. Et c'est bien là l'essentiel. Contrairement aux deux héros, les albums sont assez "fins", la lecture est très rapide. Mais je la recommande quand même ! Et une nouvelle relecture me fait passer à 4 étoiles, pour ce diptyque trash mais tout public vraiment poilant.
La Fin du monde
Un récit assez étrange et atypique. La pluie à tout envahit, l'eau monte, les silures arrivent, et dans ce chaos de la fin du monde, une femme est envahit par la mélancolie. Le récit est très joliment illustré, avec un ton très sombre et pourtant pas noir. On est dans une atmosphère ouatée, l'émotion de l'héroïne envahit les pages. Le récit tend vers le fantastique, et pourtant on ne décroche pas une seconde de la réalité. Car quoi de mieux pour comprendre la réalité que le fantastique ? Des personnages apparaissent et parlent. D'abord un chat dans une maison vide, et une grand-mère qui semble savoir beaucoup. Un père et un petit garçon vont venir plus tard. Il faut parler, beaucoup parler. C'est une catharsis pour le personnage principal que de faire ce trajet. On va assister à une révélation sur ce qui s'est passé. Le récit prendra une allure de drame. Et pourtant le soleil reviendra, le jour se lèvera à nouveau. Ce récit est à la fois prenant et pourtant insaisissable au premier abord. Tout est suggéré, on se doit de comprendre par soi-même. Les relations entre les gens ne sont pas simples, les raisons des actes non plus. On ne peut pas tout comprendre. Mais au moins en savoir le plus gros. Et c'est ce que ce livre démontre. Un bien bel ouvrage, d'autant que Futuropolis fait des magnifiques impressions. La lecture est chaudement recommandée. Elle est envoutante. 4/5
MW
Deuxième Tezuka que je lis, deuxième grande claque dans la figure. Ce que j'ai apprécié notamment, c'est que j'ai trouvé le dessin plus agréable que dans Ikki Mandara, avec moins de tête SD notamment. De plus je commence à m'habituer à son trait, mélangeant toujours aussi bien les personnages très cartoon et les décors grandioses et magnifiquement dépeint. On se sent totalement transporté dans le récit. Récit qui d'ailleurs ne dépareille pas du tout. Tezuka fait ici un mélange de plusieurs genres, traitant à la fois d'un thème policier, d'un tueur en série qui n'a rien à envier à ceux de Naoki Urasawa, de l'amour entre deux êtres de façon très originales, ainsi que de politique, de société et d'écologie. Bref, un cocktail de thèmes cher à Tezuka. Le propos est cependant incroyable, tant sur le personnage principal, Yuki, odieux et tellement charismatique à la fois, beau et cruel. Tezuka arrive à créer un être qui nous échappe totalement dans les trois tomes, sans qu'on sache finalement son fond bien qu'on le suive en permanence. A cet homme va s'ajouter son comparasse et amant. Là aussi Tezuka nous livre un personnage incroyablement charismatique et torturé. Un homme tiraillé entre sa foi et son amour, entre son passé et son présent, entre sa lâcheté et sa volonté. Le père Garai est un être très complexe, incroyablement humain et qui nous charme tout au long du récit. Un portrait incroyablement réussi. Mais face à ces deux protagonistes principaux, une galerie de personnages secondaires viennent se greffer, ajoutant des portraits bien campés et qui rajoutent une grande profondeur au récit. Qu'il s'agisse des personnages féminins, même la rédactrice du journal qui n'a finalement qu'un très court rôle mais très marquant, ou des personnages masculins, le député, le policier, le paysan et tout ces personnages ont leurs manières, leurs attitudes, leur façon de parler, leur expression et leur volonté. Ce récit est à mon sens pleinement réussi tant par ses personnages qui sonnent tous tellement vrai qu'on croirait à des caricatures de gens réels, que par le propos qui va se développer autour de ce gaz, le MW, lien entre tout les protagonistes. Tout part de lui, et tout se finira avec lui. Le récit est d'ailleurs superbe avec un traitement absolument pas manichéen du scénario. Ainsi le personnage principal apparait comme odieux, mais torturé, puis à nouveau odieux. On en vient à l'excuser de certains crimes, sans pouvoir tous les innocenter. Tout le monde conserve sa part d'ombre, tous peuvent se révéler tout à coup bon ou au contraire lâche. Mais, face à toutes ces qualités, pourquoi mettre seulement une note de 4/5 me direz-vous ? Et bien, deux points m'empêchent de mettre une note maximale. Tout d'abord, le récit prend parfois des tournures très hollywoodienne, je pense en particulier à la fin du récit ou bien l'apparition de l'hélicoptère sur l'île. Et d'autres part j'ai trouvé que parfois Tezuka utilisait trop facilement des raccourcis. Certaines situations semblent un poil tirées par les cheveux, parfois un retournement semble bien trop facile. Ces "défauts" étant plus concentrés dans le troisième tome, peut-être que Tezuka devait faire face à une demande et n'avait pas le temps de bien traiter son récit ? C'est regrettable en tout cas. Qu'en ressort-il donc ? Un récit époustouflant, magistral, dont le réalisme extrêmement poussé se trouve parfois détourné. Mais ces défauts tâchent-t-ils le récit ? Absolument pas dirais-je. L’œuvre est magistrale et démontre (s'il en est encore besoin) le talent immense qu'avait Ozama Tezuka, ce dieu du manga. 4.5/5 pour le récit qui frise le parfait. A lire ! Vraiment.
Junk
Il est vrai que pour un western récent (genre que j'apprécie), cette série est une véritable perle. En se basant sur des lieux communs et autres clichés du genre (bande de hors-la-loi qui se reforment pour un coup, chasse au trésor, etc...) et en y ajoutant quelques éléments nouveaux, N. Pothier nous offre une BD aux dialogues intelligemment écrits et plutôt drôles, avec une narration en béton armée nous rendant l'histoire présentée totalement passionnante, des personnages aux caractères bien trempés qu’on a envie de suivre, etc... Même si je trouve que le rebondissement principal (je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la lecture) du second tome est assez facile, ce qui amène à une chute plutôt simple, je trouve que le scénario est extrêmement bien construit. Drôle, palpitant, bien écrit, ce western est une réussite soutenu par le dessin de Brüno. Auteur que pourtant, je n’attendais pas vraiment à trouver dans ce genre, mais comme son dessin est maîtrisé et que son style graphique me plaît (même si je peux concevoir que ça ne soit pas le cas de tous) cette lecture fut vraiment agréable.