3.5
Le genre d'humour noir que j'aime. Chaland se moque de la Belgique des années 40-50 et montrant tous les préjugés de l'époque à travers un gamin totalement détestable, mais curieusement le jeune Albert ne m'a pas du tout énervé alors que j'avais envie de donner des baffes à des personnages qui sont moins pires que lui !
Il faut dire que j'ai aussi trouvé une certaine tendresse dans ses gags. J'ai eu l'impression qu'au fond Chaland aimait bien cette époque même s'il en montre les défauts. Toutefois, je trouve dommage que certains gags soient un peu incompréhensibles parce qu'il me manquait des références. Par exemple, si je n'avais pas déjà lu sur un site que tel gag était une référence à la mort d'Hergé, je ne l'aurais probablement jamais deviné.
J'avais ouvert brièvement cet album dans une librairie à sa sortie, et l'avais rapidement refermé, pas attiré par le dessin. Et j'y suis revenu, en passant outre: bien m'en a pris !
En effet, une fois dedans, j'avoue avoir été plus que convaincu par le dessin de Jérémie Moreau, par ses qualités propres, mais aussi parce qu'il est parfaitement adapté au scénario.
Le scénario de Lupano, justement, est bien bâti. Qu'il se soit inspiré d'un fait réel importe peu. Sorti de l'histoire ou de son imagination, il est fluide et plein de fraicheur.
L'album traite de la bétise humaine, et de certaines de ses manifestations les plus absurdes et méchantes, le racisme, la xénophobie. Que ce soient l'officier français au début, puis les habitants de Hartlepool ensuite, les péroraisons des forts en gueule, assénant leurs sentences avec la force et l'assurance des abrutis, tous sont bien campés, et l'ensemble est jubilatoire !
Pas ou peu d'incohérence, on veut bien croire à la confusion entre un singe et un Français. Quant au procès du singe, il est crédible ! Au Moyen-Âge, plusieurs animaux ont été jugés en tant que tels (dont une truie, qui aurait avoué ses péchés !).
Au final, c'est une histoire intemporelle, et une lecture très plaisante: un excellent one shot à lire absolument !
3.5
Une bonne série d'anthologie quoique je préfère 'Tales from the crypt' qui a une ambiance fantastique que j'aime bien.
Les différents dessinateurs sont très bons et la qualité est très homogène. C'est plutôt les scénarios qui sont un peu inégales. J'ai aimé la plupart d'entre-eux, mais deux ou trois m'ont un peu ennuyé car elle repose sur la même base tels qu'indiqué par JetJet: une personne dans un couple veut se débarrasser de l'autre et à la longue cela devient répétitif. Il y a même deux histoires qui ont un twist final similaire !
Sinon, l'édition est pas mal, mais je préfère les albums d'Albin Michel sur 'Tales from the crypt qui étaient plus gros et donc mettaient bien en valeur le dessin. Et puis je trouve cela dommage qu'il n'y ai pas les couvertures originales en grandeur nature dans l'album.
3.5/5 !
En voici un très bel album, comme j'aimerais en lire plus souvent, car il est très original dans son thème.
Bon à vrai dire, je n'y connais pas grand chose dans la période qu'il aborde, en même temps, le thème n'est pas très large (les événements dans les campagnes russes et les pays voisins, qui ont fait suites aux révolutions bolcheviques) et c'est peut-être à cause de mon ignorance sur ce sujet que mon avis ne sera pas forcément des plus louangeurs, mais l'histoire m'a vraiment intéressé.
Le scénario est très bon, c'est de la grande BD d'aventure, comme je l'aime, dépaysante, avec des personnages attachants et charismatiques. Cette BD nous fait découvrir une autre culture, et permet de s'instruire agréablement, car il y a aussi de l'action, des combats, une tribu (avec une jolie fille du chef, malade)... Bref, tous les ingrédients sont réunis pour capter votre attention (cet album m'a fait veiller jusqu'à tard dans la nuit). Je ne sais pas si il y aura une "seconde partie" à cette histoire, mais si tel est le cas, je la lirai avec grand plaisir.
Plaisir des yeux aussi, car le dessin n'est pas en reste et est très joli. Sans être très original, c'est le genre de dessin auquel j'accroche totalement, très moderne, lâché, expressif et vivant, le tout magnifié par une palette de couleurs sombres et ternes (marron, gris, les couleurs qu'on peut facilement imaginer constituées les paysages du nord de la Russie).
Une grande épopée que je vous conseille.
J'ai bien aimé cet opus de Squarzoni encore une fois. Mais je dois dire que je suis un peu plus partagé que pour Saison brune.
En fait le trait de Squarzoni est toujours aussi bon, surtout avec le développement des idées par rapport à une image, qu'il réutilise ensuite pour mettre en relation avec son propos. C'est d'ailleurs intéressant de voir comme il lit les différentes propositions qu'il fait. De ce côté là, c'est très maîtrisé et parfaitement bien fait.
Par contre la forme laisse un peu plus à désirer. Contrairement à Saison brune, j'ai trouvé le propos beaucoup plus fouillis, notamment en changeant de sujet en permanence alors qu'on attendrait un peu plus de développement. C'est assez contrariant, surtout lorsqu'on croit que quelque chose va arriver, alors qu'en fait non.
D'autre part, il faut bien noter que le propos est très orienté, presque hermétique à l'opposition, et que le personnage de Squarzoni est également sacrément militant, surtout autour des actions qu'il mène. L'auteur cherche plus à montrer ce qui peut se faire que de dire "Moi je fais quelque chose, regardez", mais il peut vite être mal interprété.
Par contre, pour tout le reste, j'ai été séduit. Squarzoni sait utiliser tout les outils à sa disposition pour renforcer son propos, cherchant partout les exemples qui étayent son argumentation (qu'on lit également dans Saison brune, les deux livres étant à mon avis très complémentaires). L'attaque est virulente envers le monde moderne, la société de consommation et le capitalisme. J'avoue que j'ai tendance à être réfractaire aux écrits très engagés venant d'anti-capitalistes (souvent très bourrins dans leurs manières) mais, même si le verdict est sans appel, Squarzoni sait faire la part des choses et cherche les vraies causes, sans accuser aveuglément. D'autre part on le sent impliqué dans son propos et engagé, certain de la noblesse de sa cause. C'est tout à son honneur, et je dois dire qu'il parvient très bien à convaincre.
En clair, le livre est orienté clairement et veut militer pour son point de vue, ce qu'on peut lui reprocher, surtout qu'il ne cherche pas trop les arguments de l'opposition. Par contre le propos touche son but, il sait bien viser, et l'argumentaire est intelligent, bien construit. En clair, j'ai beaucoup aimé et je dois dire qu'il a réussi encore une fois à me sensibiliser sur une cause que je ne connaissais que très peu. Je ne suis pas forcément un savant en la matière en ayant fini, mais je suis plus instruit. Et pour cela, j'en conseille la lecture, mais également l'achat. C'est le genre de livre qu'on peut très facilement prêter, et j'ai déjà commencé.
Un album bien dans le ton de la série Les Cités obscures, et qui en reprend tous les ingrédients : un personnage mâle relativement âgé et porté sur son travail, une jeune femme en guise de compagnon et une quête insensée nous faisant voyager dans un monde mystérieux magnifiquement mis en image, tantôt en train, tantôt en téléphérique.
Les thèmes abordés sont intéressants et abordés de façon subtile : l’amour obsessionnel que peuvent porter certains à leur carrière, le refus du progrès et les conséquences de l’avancée technologique sur l’environnement et notre société (bureaucratie, disparition de certaines professions). La fin m’a semblé un peu convenue, mais cela ne m’a absolument pas gâché mon plaisir de lecture.
Un moment de lecture dépaysant et stimulant !
Lucky Luke est à ranger au classique indémodables de la bande-dessinée, sans aucun doute.
Le fameux cow-boy qui tire plus vite que son ombre est légendaire, et ses aventures toujours aussi hilarantes après quelques années. Le dessin est toujours le même, malgré le changement de dessinateur, et j'avoue avoir un petit faible pour son style, notamment autour des couleurs qui font les cases, utilisés de manières saugrenue parfois.
Les albums sont de qualité très diverses, mais je trouve que même après Goscinny, il reste néanmoins des superbes perles. Je dirais que Sarah Bernard, Fingers, Le Daily Star, Le pont sur le Mississippi ou encore Le Klondike sont des albums de vraiment très bonnes factures.
En revanche, il faut aussi compter avec des albums véritablement mauvais (Le ranch Maudit, Bell Starr, La légende de l'ouest, La corde du pendu ou Lucky Luke contre Pinkerton).
Du fait de cette production très éclectique, je laisse un bon 4/5 pour l'ensemble de l’œuvre qui contient tout de même des traits de génies. Jamais dans le scénario, ou Lucky Luke est la plupart du temps sauvé uniquement par son pistolet six coups et sa rapidité, mais dans l'humour et l'inventivité des situations qui sont véritablement un plaisir. On peut noter également la belle part aux faits historiques en ajoutant des explications à la fin, ce qui est toujours très sympathique pour comprendre comment se fit l'ouest.
Lucky Luke, c'est toujours une excellente série, pleine de vie et d'humour, qu'on peut relire (pour les bons albums) sans se lasser, et qui mérite largement sa place dans une BDthèque
Par le scénariste de Il était une fois en France. Oui, sans doute, mais ça ne se ressent pas : c'est moins réaliste, plus fun et un peu moins prenant au final malgré un héros pas piqué des hannetons...
La tension montant bien en fin de tome, je suis quand même bien curieux de connaître le dénouement.
Pas mal du tout au final !
Cette série multiplie les bons côtés : le dessin est très bon, précis, détaillé, expressif, joliment colorisé : ça change de celui de Marianne Duvivier qui oeuvre sur d'autres histoires de la même collection...!
Le fond de l’histoire est très intéressant, basé sur une réalité artistique que j’ai eu plaisir à découvrir, moi qui ne suis pas du tout calée dans le domaine de la peinture et de ses mystères. Le tout est savamment amené par un scénario bien ficelé du début à la fin. Au fil de ses recherches sur le tableau de Millet, on voit se transformer petit à petit le personnage principal, bien insignifiant au départ. J'aurai juste une petite pensée pour la prof d'arts plastiques un peu laissée pour compte au final j'ai l'impression...
J'avais trouvé que le premier tome était de loin le meilleur de la série Secrets que j’avais pu lire à cette époque. Je craignais un peu une fin décevante mais il n'en est rien, bien au contraire. J'adapte donc mon verdict après lecture du T2 et je passe ma note de 3/5 à 4/5 car la suite est à la hauteur de mes attentes !
La série la mieux notée du site avec Astérix. J’ai appris l'existence de cette série depuis que je traîne sur ce site voilà deux ans, et le fait qu’elle soit hissée au même rang que certains grands classiques de la BD me laissait perplexe comme je n’avais jamais vu ou entendu parler de cette série auparavant.
Au final je me retrouve bien dans la plupart des avis postés, j’ai noté les mêmes qualités que tout le monde, mais aussi les mêmes défauts, car malgré les nombreux éloges des internautes, cette série est loin d'être inattaquable.
Le dessin de Masbou est effectivement de grande qualité et les albums s’améliorent à chaque fois; les détails fourmillent, j’ai adoré les faciès changeants des personnages et adaptés selon la situation, comique ou sérieuse. Je m’incline sur le travail du coloriage qui est tout simplement fabuleux. Les couleurs sont chatoyantes et très diversifiées avec une mention spéciale aux arrières plans sublimes, nos héros voyageant dans toutes sortes de contrées atypiques où les lois de la nature sont différentes de notre réalité.
Mais à mon avis le succès tient surtout des dialogues savoureux d’Ayroles qui a un talent fou. De cape et de crocs est une pièce de théâtre grandeur nature, une aventure, une comédie et à la fois une tragédie où les personnages parlent en rimes et en alexandrins, le tout dans un français de bon aloi. On y trouve aussi des références à Molière et aux fables de La Fontaine entre autres.
Une comédie, oui, et vraiment drôle en plus, même les personnages les plus sérieux ont leurs moments de loufoqueries. Il y a cette scène au début du tome 3 avec Don Lope (le loup), Armand (le renard) et Kader (le turc) :
Armand (montrant un parchemin): « Ce parchemin provient de la bouteille que Kader trouva l’an passé gisant sur une grève cyrénaïque ».
Don Lope : « Quel sont ces glyphes abscons ? » (Une phrase qu’il répète souvent)
Kader : « Du cananéen ! »
Armand (présentant un autre parchemin) : « La bouteille identique à la première que nous découvrîmes dans le coffre, contenait une carte et ce document-ci… »
Don Lope : « Quels sont ces… Ah, tiens ! C’est du français. »
Bon il faut que j’aborde aussi ce qui ne m’a pas plu. L’histoire d’abord est complètement abracadabrantesque ! Ça part dans tous les sens et au final le scénario n’a ni queue ni tête, il ne faut vraiment pas être très regardant là-dessus pour pouvoir se plonger totalement dans le récit. C’est pourquoi j’ai eu du mal à finir la série, près d’un mois pour lire les 10 albums alors que d’habitude quand une série me passionne vraiment je dévore les albums en quelques jours. Une carte au trésor, l’Atlantide, le navire « hollandais volant », des arbres qui font pousser des lingots d’or, un voyage sur la Lune où le nombre de bizarreries est tellement élevé qu’on ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du comment, faut suivre... La chanson des pirates, qui tourne en boucle ainsi que leurs jérémiades m’ont gavé à la longue. En fait, à partir du moment où on accepte que l’histoire soit secondaire et qu’elle n’est qu’un instrument au service du dialogue et à la mise en place de mondes oniriques, la pilule passe mieux.
Une dernière critique et là je vais [SPOILER] : Mais quelle cruche cette Sélène ! Elle, elle m’a vraiment gonflé, toutes ses niaiseries avec Armand, et vas-y que je te fais mes yeux de biche et que je fasse tomber mon mouchoir, et que je tombe dans les pommes quand il arrive malheur à mon bien-aimé. On s’envoie des mots d’amour, on se fait la cour, et tout ça pour finir avec l’autre et son pif de flamand rose. C’est dans ces moments là que je me rends compte que le scénario a été écrit au fur et à mesure sans aucune logique de départ. [FIN SPOILER].
La série est apparemment terminée, un coffret regroupant les 5 tomes en intégrale est sorti, et pourtant à la lecture du tome 10 il y a certains indices qui annoncent une suite. Hermine lance des regards furtifs pleins de regrets vers Andreo qui se retrouve bien triste tout seul, le passé d’Eusèbe demeure un mystère, ou encore Mademoiselle la sœur du roi que l’on aperçoit à la fin. En parcourant le forum de la série sur le site j’ai appris qu’un « spin-off » consacré à Eusèbe le lapin devrait voir le jour sous la forme d’un dyptique, un prologue et un épilogue de De cape et de crocs. On devrait donc avoir les réponses à nos questions dans cette suite très attendue.
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Le Jeune Albert
3.5 Le genre d'humour noir que j'aime. Chaland se moque de la Belgique des années 40-50 et montrant tous les préjugés de l'époque à travers un gamin totalement détestable, mais curieusement le jeune Albert ne m'a pas du tout énervé alors que j'avais envie de donner des baffes à des personnages qui sont moins pires que lui ! Il faut dire que j'ai aussi trouvé une certaine tendresse dans ses gags. J'ai eu l'impression qu'au fond Chaland aimait bien cette époque même s'il en montre les défauts. Toutefois, je trouve dommage que certains gags soient un peu incompréhensibles parce qu'il me manquait des références. Par exemple, si je n'avais pas déjà lu sur un site que tel gag était une référence à la mort d'Hergé, je ne l'aurais probablement jamais deviné.
Le Singe de Hartlepool
J'avais ouvert brièvement cet album dans une librairie à sa sortie, et l'avais rapidement refermé, pas attiré par le dessin. Et j'y suis revenu, en passant outre: bien m'en a pris ! En effet, une fois dedans, j'avoue avoir été plus que convaincu par le dessin de Jérémie Moreau, par ses qualités propres, mais aussi parce qu'il est parfaitement adapté au scénario. Le scénario de Lupano, justement, est bien bâti. Qu'il se soit inspiré d'un fait réel importe peu. Sorti de l'histoire ou de son imagination, il est fluide et plein de fraicheur. L'album traite de la bétise humaine, et de certaines de ses manifestations les plus absurdes et méchantes, le racisme, la xénophobie. Que ce soient l'officier français au début, puis les habitants de Hartlepool ensuite, les péroraisons des forts en gueule, assénant leurs sentences avec la force et l'assurance des abrutis, tous sont bien campés, et l'ensemble est jubilatoire ! Pas ou peu d'incohérence, on veut bien croire à la confusion entre un singe et un Français. Quant au procès du singe, il est crédible ! Au Moyen-Âge, plusieurs animaux ont été jugés en tant que tels (dont une truie, qui aurait avoué ses péchés !). Au final, c'est une histoire intemporelle, et une lecture très plaisante: un excellent one shot à lire absolument !
Crime Suspenstories
3.5 Une bonne série d'anthologie quoique je préfère 'Tales from the crypt' qui a une ambiance fantastique que j'aime bien. Les différents dessinateurs sont très bons et la qualité est très homogène. C'est plutôt les scénarios qui sont un peu inégales. J'ai aimé la plupart d'entre-eux, mais deux ou trois m'ont un peu ennuyé car elle repose sur la même base tels qu'indiqué par JetJet: une personne dans un couple veut se débarrasser de l'autre et à la longue cela devient répétitif. Il y a même deux histoires qui ont un twist final similaire ! Sinon, l'édition est pas mal, mais je préfère les albums d'Albin Michel sur 'Tales from the crypt qui étaient plus gros et donc mettaient bien en valeur le dessin. Et puis je trouve cela dommage qu'il n'y ai pas les couvertures originales en grandeur nature dans l'album.
Taïga rouge
3.5/5 ! En voici un très bel album, comme j'aimerais en lire plus souvent, car il est très original dans son thème. Bon à vrai dire, je n'y connais pas grand chose dans la période qu'il aborde, en même temps, le thème n'est pas très large (les événements dans les campagnes russes et les pays voisins, qui ont fait suites aux révolutions bolcheviques) et c'est peut-être à cause de mon ignorance sur ce sujet que mon avis ne sera pas forcément des plus louangeurs, mais l'histoire m'a vraiment intéressé. Le scénario est très bon, c'est de la grande BD d'aventure, comme je l'aime, dépaysante, avec des personnages attachants et charismatiques. Cette BD nous fait découvrir une autre culture, et permet de s'instruire agréablement, car il y a aussi de l'action, des combats, une tribu (avec une jolie fille du chef, malade)... Bref, tous les ingrédients sont réunis pour capter votre attention (cet album m'a fait veiller jusqu'à tard dans la nuit). Je ne sais pas si il y aura une "seconde partie" à cette histoire, mais si tel est le cas, je la lirai avec grand plaisir. Plaisir des yeux aussi, car le dessin n'est pas en reste et est très joli. Sans être très original, c'est le genre de dessin auquel j'accroche totalement, très moderne, lâché, expressif et vivant, le tout magnifié par une palette de couleurs sombres et ternes (marron, gris, les couleurs qu'on peut facilement imaginer constituées les paysages du nord de la Russie). Une grande épopée que je vous conseille.
Garduno, en temps de paix
J'ai bien aimé cet opus de Squarzoni encore une fois. Mais je dois dire que je suis un peu plus partagé que pour Saison brune. En fait le trait de Squarzoni est toujours aussi bon, surtout avec le développement des idées par rapport à une image, qu'il réutilise ensuite pour mettre en relation avec son propos. C'est d'ailleurs intéressant de voir comme il lit les différentes propositions qu'il fait. De ce côté là, c'est très maîtrisé et parfaitement bien fait. Par contre la forme laisse un peu plus à désirer. Contrairement à Saison brune, j'ai trouvé le propos beaucoup plus fouillis, notamment en changeant de sujet en permanence alors qu'on attendrait un peu plus de développement. C'est assez contrariant, surtout lorsqu'on croit que quelque chose va arriver, alors qu'en fait non. D'autre part, il faut bien noter que le propos est très orienté, presque hermétique à l'opposition, et que le personnage de Squarzoni est également sacrément militant, surtout autour des actions qu'il mène. L'auteur cherche plus à montrer ce qui peut se faire que de dire "Moi je fais quelque chose, regardez", mais il peut vite être mal interprété. Par contre, pour tout le reste, j'ai été séduit. Squarzoni sait utiliser tout les outils à sa disposition pour renforcer son propos, cherchant partout les exemples qui étayent son argumentation (qu'on lit également dans Saison brune, les deux livres étant à mon avis très complémentaires). L'attaque est virulente envers le monde moderne, la société de consommation et le capitalisme. J'avoue que j'ai tendance à être réfractaire aux écrits très engagés venant d'anti-capitalistes (souvent très bourrins dans leurs manières) mais, même si le verdict est sans appel, Squarzoni sait faire la part des choses et cherche les vraies causes, sans accuser aveuglément. D'autre part on le sent impliqué dans son propos et engagé, certain de la noblesse de sa cause. C'est tout à son honneur, et je dois dire qu'il parvient très bien à convaincre. En clair, le livre est orienté clairement et veut militer pour son point de vue, ce qu'on peut lui reprocher, surtout qu'il ne cherche pas trop les arguments de l'opposition. Par contre le propos touche son but, il sait bien viser, et l'argumentaire est intelligent, bien construit. En clair, j'ai beaucoup aimé et je dois dire qu'il a réussi encore une fois à me sensibiliser sur une cause que je ne connaissais que très peu. Je ne suis pas forcément un savant en la matière en ayant fini, mais je suis plus instruit. Et pour cela, j'en conseille la lecture, mais également l'achat. C'est le genre de livre qu'on peut très facilement prêter, et j'ai déjà commencé.
La Douce (Schuiten)
Un album bien dans le ton de la série Les Cités obscures, et qui en reprend tous les ingrédients : un personnage mâle relativement âgé et porté sur son travail, une jeune femme en guise de compagnon et une quête insensée nous faisant voyager dans un monde mystérieux magnifiquement mis en image, tantôt en train, tantôt en téléphérique. Les thèmes abordés sont intéressants et abordés de façon subtile : l’amour obsessionnel que peuvent porter certains à leur carrière, le refus du progrès et les conséquences de l’avancée technologique sur l’environnement et notre société (bureaucratie, disparition de certaines professions). La fin m’a semblé un peu convenue, mais cela ne m’a absolument pas gâché mon plaisir de lecture. Un moment de lecture dépaysant et stimulant !
Lucky Luke
Lucky Luke est à ranger au classique indémodables de la bande-dessinée, sans aucun doute. Le fameux cow-boy qui tire plus vite que son ombre est légendaire, et ses aventures toujours aussi hilarantes après quelques années. Le dessin est toujours le même, malgré le changement de dessinateur, et j'avoue avoir un petit faible pour son style, notamment autour des couleurs qui font les cases, utilisés de manières saugrenue parfois. Les albums sont de qualité très diverses, mais je trouve que même après Goscinny, il reste néanmoins des superbes perles. Je dirais que Sarah Bernard, Fingers, Le Daily Star, Le pont sur le Mississippi ou encore Le Klondike sont des albums de vraiment très bonnes factures. En revanche, il faut aussi compter avec des albums véritablement mauvais (Le ranch Maudit, Bell Starr, La légende de l'ouest, La corde du pendu ou Lucky Luke contre Pinkerton). Du fait de cette production très éclectique, je laisse un bon 4/5 pour l'ensemble de l’œuvre qui contient tout de même des traits de génies. Jamais dans le scénario, ou Lucky Luke est la plupart du temps sauvé uniquement par son pistolet six coups et sa rapidité, mais dans l'humour et l'inventivité des situations qui sont véritablement un plaisir. On peut noter également la belle part aux faits historiques en ajoutant des explications à la fin, ce qui est toujours très sympathique pour comprendre comment se fit l'ouest. Lucky Luke, c'est toujours une excellente série, pleine de vie et d'humour, qu'on peut relire (pour les bons albums) sans se lasser, et qui mérite largement sa place dans une BDthèque
Silas Corey
Par le scénariste de Il était une fois en France. Oui, sans doute, mais ça ne se ressent pas : c'est moins réaliste, plus fun et un peu moins prenant au final malgré un héros pas piqué des hannetons... La tension montant bien en fin de tome, je suis quand même bien curieux de connaître le dénouement. Pas mal du tout au final !
Secrets - L'Angélus
Cette série multiplie les bons côtés : le dessin est très bon, précis, détaillé, expressif, joliment colorisé : ça change de celui de Marianne Duvivier qui oeuvre sur d'autres histoires de la même collection...! Le fond de l’histoire est très intéressant, basé sur une réalité artistique que j’ai eu plaisir à découvrir, moi qui ne suis pas du tout calée dans le domaine de la peinture et de ses mystères. Le tout est savamment amené par un scénario bien ficelé du début à la fin. Au fil de ses recherches sur le tableau de Millet, on voit se transformer petit à petit le personnage principal, bien insignifiant au départ. J'aurai juste une petite pensée pour la prof d'arts plastiques un peu laissée pour compte au final j'ai l'impression... J'avais trouvé que le premier tome était de loin le meilleur de la série Secrets que j’avais pu lire à cette époque. Je craignais un peu une fin décevante mais il n'en est rien, bien au contraire. J'adapte donc mon verdict après lecture du T2 et je passe ma note de 3/5 à 4/5 car la suite est à la hauteur de mes attentes !
De Cape et de Crocs
La série la mieux notée du site avec Astérix. J’ai appris l'existence de cette série depuis que je traîne sur ce site voilà deux ans, et le fait qu’elle soit hissée au même rang que certains grands classiques de la BD me laissait perplexe comme je n’avais jamais vu ou entendu parler de cette série auparavant. Au final je me retrouve bien dans la plupart des avis postés, j’ai noté les mêmes qualités que tout le monde, mais aussi les mêmes défauts, car malgré les nombreux éloges des internautes, cette série est loin d'être inattaquable. Le dessin de Masbou est effectivement de grande qualité et les albums s’améliorent à chaque fois; les détails fourmillent, j’ai adoré les faciès changeants des personnages et adaptés selon la situation, comique ou sérieuse. Je m’incline sur le travail du coloriage qui est tout simplement fabuleux. Les couleurs sont chatoyantes et très diversifiées avec une mention spéciale aux arrières plans sublimes, nos héros voyageant dans toutes sortes de contrées atypiques où les lois de la nature sont différentes de notre réalité. Mais à mon avis le succès tient surtout des dialogues savoureux d’Ayroles qui a un talent fou. De cape et de crocs est une pièce de théâtre grandeur nature, une aventure, une comédie et à la fois une tragédie où les personnages parlent en rimes et en alexandrins, le tout dans un français de bon aloi. On y trouve aussi des références à Molière et aux fables de La Fontaine entre autres. Une comédie, oui, et vraiment drôle en plus, même les personnages les plus sérieux ont leurs moments de loufoqueries. Il y a cette scène au début du tome 3 avec Don Lope (le loup), Armand (le renard) et Kader (le turc) : Armand (montrant un parchemin): « Ce parchemin provient de la bouteille que Kader trouva l’an passé gisant sur une grève cyrénaïque ». Don Lope : « Quel sont ces glyphes abscons ? » (Une phrase qu’il répète souvent) Kader : « Du cananéen ! » Armand (présentant un autre parchemin) : « La bouteille identique à la première que nous découvrîmes dans le coffre, contenait une carte et ce document-ci… » Don Lope : « Quels sont ces… Ah, tiens ! C’est du français. » Bon il faut que j’aborde aussi ce qui ne m’a pas plu. L’histoire d’abord est complètement abracadabrantesque ! Ça part dans tous les sens et au final le scénario n’a ni queue ni tête, il ne faut vraiment pas être très regardant là-dessus pour pouvoir se plonger totalement dans le récit. C’est pourquoi j’ai eu du mal à finir la série, près d’un mois pour lire les 10 albums alors que d’habitude quand une série me passionne vraiment je dévore les albums en quelques jours. Une carte au trésor, l’Atlantide, le navire « hollandais volant », des arbres qui font pousser des lingots d’or, un voyage sur la Lune où le nombre de bizarreries est tellement élevé qu’on ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du comment, faut suivre... La chanson des pirates, qui tourne en boucle ainsi que leurs jérémiades m’ont gavé à la longue. En fait, à partir du moment où on accepte que l’histoire soit secondaire et qu’elle n’est qu’un instrument au service du dialogue et à la mise en place de mondes oniriques, la pilule passe mieux. Une dernière critique et là je vais [SPOILER] : Mais quelle cruche cette Sélène ! Elle, elle m’a vraiment gonflé, toutes ses niaiseries avec Armand, et vas-y que je te fais mes yeux de biche et que je fasse tomber mon mouchoir, et que je tombe dans les pommes quand il arrive malheur à mon bien-aimé. On s’envoie des mots d’amour, on se fait la cour, et tout ça pour finir avec l’autre et son pif de flamand rose. C’est dans ces moments là que je me rends compte que le scénario a été écrit au fur et à mesure sans aucune logique de départ. [FIN SPOILER]. La série est apparemment terminée, un coffret regroupant les 5 tomes en intégrale est sorti, et pourtant à la lecture du tome 10 il y a certains indices qui annoncent une suite. Hermine lance des regards furtifs pleins de regrets vers Andreo qui se retrouve bien triste tout seul, le passé d’Eusèbe demeure un mystère, ou encore Mademoiselle la sœur du roi que l’on aperçoit à la fin. En parcourant le forum de la série sur le site j’ai appris qu’un « spin-off » consacré à Eusèbe le lapin devrait voir le jour sous la forme d’un dyptique, un prologue et un épilogue de De cape et de crocs. On devrait donc avoir les réponses à nos questions dans cette suite très attendue.