La série la mieux notée du site avec Astérix. J’ai appris l'existence de cette série depuis que je traîne sur ce site voilà deux ans, et le fait qu’elle soit hissée au même rang que certains grands classiques de la BD me laissait perplexe comme je n’avais jamais vu ou entendu parler de cette série auparavant.
Au final je me retrouve bien dans la plupart des avis postés, j’ai noté les mêmes qualités que tout le monde, mais aussi les mêmes défauts, car malgré les nombreux éloges des internautes, cette série est loin d'être inattaquable.
Le dessin de Masbou est effectivement de grande qualité et les albums s’améliorent à chaque fois; les détails fourmillent, j’ai adoré les faciès changeants des personnages et adaptés selon la situation, comique ou sérieuse. Je m’incline sur le travail du coloriage qui est tout simplement fabuleux. Les couleurs sont chatoyantes et très diversifiées avec une mention spéciale aux arrières plans sublimes, nos héros voyageant dans toutes sortes de contrées atypiques où les lois de la nature sont différentes de notre réalité.
Mais à mon avis le succès tient surtout des dialogues savoureux d’Ayroles qui a un talent fou. De cape et de crocs est une pièce de théâtre grandeur nature, une aventure, une comédie et à la fois une tragédie où les personnages parlent en rimes et en alexandrins, le tout dans un français de bon aloi. On y trouve aussi des références à Molière et aux fables de La Fontaine entre autres.
Une comédie, oui, et vraiment drôle en plus, même les personnages les plus sérieux ont leurs moments de loufoqueries. Il y a cette scène au début du tome 3 avec Don Lope (le loup), Armand (le renard) et Kader (le turc) :
Armand (montrant un parchemin): « Ce parchemin provient de la bouteille que Kader trouva l’an passé gisant sur une grève cyrénaïque ».
Don Lope : « Quel sont ces glyphes abscons ? » (Une phrase qu’il répète souvent)
Kader : « Du cananéen ! »
Armand (présentant un autre parchemin) : « La bouteille identique à la première que nous découvrîmes dans le coffre, contenait une carte et ce document-ci… »
Don Lope : « Quels sont ces… Ah, tiens ! C’est du français. »
Bon il faut que j’aborde aussi ce qui ne m’a pas plu. L’histoire d’abord est complètement abracadabrantesque ! Ça part dans tous les sens et au final le scénario n’a ni queue ni tête, il ne faut vraiment pas être très regardant là-dessus pour pouvoir se plonger totalement dans le récit. C’est pourquoi j’ai eu du mal à finir la série, près d’un mois pour lire les 10 albums alors que d’habitude quand une série me passionne vraiment je dévore les albums en quelques jours. Une carte au trésor, l’Atlantide, le navire « hollandais volant », des arbres qui font pousser des lingots d’or, un voyage sur la Lune où le nombre de bizarreries est tellement élevé qu’on ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du comment, faut suivre... La chanson des pirates, qui tourne en boucle ainsi que leurs jérémiades m’ont gavé à la longue. En fait, à partir du moment où on accepte que l’histoire soit secondaire et qu’elle n’est qu’un instrument au service du dialogue et à la mise en place de mondes oniriques, la pilule passe mieux.
Une dernière critique et là je vais [SPOILER] : Mais quelle cruche cette Sélène ! Elle, elle m’a vraiment gonflé, toutes ses niaiseries avec Armand, et vas-y que je te fais mes yeux de biche et que je fasse tomber mon mouchoir, et que je tombe dans les pommes quand il arrive malheur à mon bien-aimé. On s’envoie des mots d’amour, on se fait la cour, et tout ça pour finir avec l’autre et son pif de flamand rose. C’est dans ces moments là que je me rends compte que le scénario a été écrit au fur et à mesure sans aucune logique de départ. [FIN SPOILER].
La série est apparemment terminée, un coffret regroupant les 5 tomes en intégrale est sorti, et pourtant à la lecture du tome 10 il y a certains indices qui annoncent une suite. Hermine lance des regards furtifs pleins de regrets vers Andreo qui se retrouve bien triste tout seul, le passé d’Eusèbe demeure un mystère, ou encore Mademoiselle la sœur du roi que l’on aperçoit à la fin. En parcourant le forum de la série sur le site j’ai appris qu’un « spin-off » consacré à Eusèbe le lapin devrait voir le jour sous la forme d’un dyptique, un prologue et un épilogue de De cape et de crocs. On devrait donc avoir les réponses à nos questions dans cette suite très attendue.
Je ne sais pas comment remercier mon collègue de travail qui m'a quasiment forcé à lire le premier tome de cette série. Grâce à lui j'ai pu lire cette magnifique bande dessinée qui est avant tout un ouvrage par lequel s'exprime le Devoir de mémoire. Celui-ci traite de la vie des prisonniers de guerre(à travers celle du père de Jacques Tardi) dans les camps allemands. C'est on peut le dire une période de l'Histoire de France qui a souvent été mise de côté ou en tout cas qui a très peu été abordée, que ce soit au cinéma ou plus encore en bande dessinée.
J'ai failli ne pas lire ce récit historique car je l'avoue je n'ai été que rarement enthousiasmé par les ouvrages de Jacques Tardi sauf par le remarquable" C'était la guerre des tranchées".
Si je n'accroche pas particulièrement avec les oeuvres de Tardi c'est que son dessin ne m'attire pas spécialement, voilà tout.
Avant de continuer, je vais faire un bref rappel historique sur les prisonniers de guerre français sous le Troisième Reich.
Au cours de la campagne de France (mai-juin 1940), 1 800 000 soldats français furent capturés par les troupes allemandes avant d'être internés dans différents types de camps.
On doit distinguer les frontstalags, camps installés dans la France occupée (réservés en particulier aux troupes coloniales) et les camps établis sur le territoire du Reich allemand, les oflags (camps d'officiers) et les stalags (camps de sous-officiers et de soldats).
Au nombre de 75 oflags et stalags étaient répartis dans les régions militaires allemandes dont ils portaient le numéro suivi d'une lettre ( Ia, Ib etc..). Celui qui nous interesse grâce à cet ouvrage est le stalag IIb, celui dans lequel le père de l'auteur fut interné durant 5 ans.
Jacques Tardi revient donc sur la captivité de son père grâce aux notes que celui-ci avait prises durant son "expérience" particulière dans les camps de prisonniers de guerre.
René a passé la plupart de son temps à observer ce qu'il se passait dans ce stalag, mais également ceux qui étaient passés dans ce camp.
Ce que l'on peut en retenir en priorité c'est que la principale préoccupation d'un prisonnier est de se nourrir donc de survivre. Cela n'a donc rien de comique, d'ailleurs cette bd même si Tardi y fait un peu d'humour, n'a rien de drôle car la vie de ces hommes fut un enfer permanent. La mort est présente dans de nombreuses pages. L'auteur nous rappelle le destin tragique de certains prisonniers dont la seule faute était d'être russes ou polonais.
Jacques Tardi n'oublie pas de nous rappeler un grand nombre d'évènements importants de la Seconde Guerre Mondiale comme des dates importantes (la fin de la zone libre en France ou le débarquement en Normandie) ainsi que des faits marquants comme l'extermination des juifs d'Europe mais aussi l'assassinat des officiers polonais en 1940 par l'armée russe à Katyn.
L'auteur grâce à ce remarquable premier tome nous replonge dans ce passé trop souvent occulté. N'est-il pas vrai qu'il fut un temps où l'on avait honte en France de parler des prisonniers de guerre? Il valait mieux parler des résistants.
Pourtant ils ont existé et il ne faut surtout pas l'oublier .
Je ne reviendrai pas sur le dessin avec lequel j'ai du mal à accrocher, par contre j'ai beaucoup aimé que l'auteur se soit intégré au récit (sous les traits d'un enfant) en apparaissant aux côtés de son père et en lui posant un grand nombre de questions.
Je ne peux donc que recommander la lecture de ce premier tome, certes volumineux, de cette superbe série car je suis presque sûr que la suite ne pourra qu'être aussi bien.
Le dessin est très détaillé, mais assez impersonnel ; en tout cas, le design des personnages ne fonctionne pas vraiment pour moi. A l’inverse, j’aime assez le remix du vocabulaire architectural des bâtiments et véhicules.
Les personnages, même secondaires, ont des motivations relativement nuancées, mais ils ne pas forcément assez développés.
En fait, le problème, ou la faiblesse, de la série vient de son rythme narratif effréné. C’est un choix scénaristique : les auteurs ont développé un univers assez vaste, pour finalement se concentrer sur une série d’événements brève et violente. La narration le rend bien, et le lecteur n’a pas plus le temps de réfléchir que les personnages pris dans le tourbillon d’un plan qui les dépasse largement.
Inutile (quoi que) de préciser qu’il faut enchainer les 5 albums en une seule session.
Du côté des points forts, une action soutenue, mais surtout un scénario riche, solide, et surprenant jusqu’à la fin, en particulier sur ce qu’il implique dans son dénouement.
Et tant pis pour tous les détails en suspens, j’ai fini la lecture sans resté sur ma faim, mais si il y aurait la place pour un Atlas d’Acriborea qui revisiterait calmement les mondes décrits.
Un beau dessin, c'est toujours un (très bon) départ pour une BD agréable à lire. Et ici, c'est d'autant plus performant qu'il accompagne le récit par sa teneur. Les couleurs agréables, les formes et les décors colorés, les têtes et les zones d'ombres, tout est déjà en place dans le dessin avant qu'on s'en rende vraiment compte.
Et le spectacle commence. On s'approche, on s'installe. Les présentations sont vite faites. Le grand-père dans le rôle de la victime, le jeune dans celui du sauveteur, la mère s'enfuit vite. Mais tout n'est pas fini, un acteur qu'on avait pensé inerte bouge. Et voilà que le chat ailé rejoint le héros. Il sera le mentor. La marionnette s'anime, le marionnettiste n'est plus. Mais qui tient les ficelles ?
Il faut partir. Où ? A la foire. Là où se trouve le remède au Mangecœur qui dévore le grand-père. Oui, mais qu'est-ce que ce Mangecœur qui dévore les cœurs des pauvres gens ? Les métaphores ne semblent évidentes qu'après coup.
Mais nous n'avons pas le temps de penser ! Le temps joue contre nous, le héros se dépêche, il faut y aller. Les actions s'enchainent.
La foire est interdite aux enfants. Peut-être qu'il faut les protéger de ce qu'on peut trouver à l'intérieur. Car après tout, qui est véritablement méchant en dehors ? Et voilà que la foire ouvre ses portes. On y trouve de l'aide, des énigmes, des questions et peu de réponses, de la cruauté, de la douceur, des non-dits, et un Mangecœur. Au centre de tout. Au centre de quoi ?
De la foire. La grande foire. Le lieu où tout est permis. On s'amuse, l'ambiance est coloré, on rit et on se distrait, mais tout est cloisonnée, des portes et des grillages sont fermés, des lieux ne sont pas accessible sans payer. Que cachent-ils ? Pourquoi ne pas laisser l'accès libre ? Et puis, qui est cette foule ? Des gens venus s'amuser ? Des visiteurs connus ? Et que viennent-ils faire ici ? Que cherchent-ils ? Ne sont-ils pas là que pour Benjamin ? Toute la foire n'est-elle pas que pour lui ? Qui l'a construite si près de chez lui, à un tir de canon près ?
La foire remplie de joie, de festivités, qui cache tout aussi bien les dangers, les zones noires. Les coulisses s'ouvrent et ne sont pas belles, les masques tombent derrière le rideau. La féerie côtoie rapidement les moments dramatiques. La mort et la vie se disputent dans cet endroit. Et la nuit ne semble pas en finir, l'aube sera mortelle.
Coup de théâtre, un nouveau personnage intervient. Il n'est pas dans l'histoire, juste en dehors, une ombre qui passe sans interagir. Il n'a pas sa place, mais il n'est pas à sa place. Il veut disparaître, mais ce n'est pas forcément aussi facile. Puis voilà qu'on découvre toute son importance. Les évènements se clarifient, les dessous commencent à transparaitre. On voit devine beaucoup de choses, peu est dit, mais tout ne doit pas être dit.
Et lorsque le rideau tombe, on est surpris et en même temps conforté dans notre idée. C'est simple, mais efficace. Le spectacle (de qui ?) est fini, il est temps de rendre aux gens leurs liberté. La vie reprend, et voilà que tout se rejoint. Le final est éclatant de simplicité mais également, et tout simplement, beau.
Lorsqu'on referme la BD, les images restent en tête. Tout ne semble pas clair. Ce qui se trouve derrière n'est pas dit explicitement. Et c'est d'autant mieux. Car n'a-t-on pas compris sans pouvoir l'expliquer ? Un sentiment qui trouble, comme un mot qui nous échappe. Il est là, présent dans la tête, mais refuse de s'échapper. Au final, quelle importance ? Il y aura toujours à comprendre à chaque fois. Les délires semblent réel, c'est ce qui compte.
Décidément, Manu Larcenet a bien raison : la poésie rachète tout. La poésie sauve le monde. Et cette BD est un poème.
Quelle bonne idée d’adapter la vie de William Shakespeare en manga. Cela permet à de jeunes lecteurs de faire la connaissance du plus célèbre des dramaturges au monde. Le premier chapitre nous présente un jeune acteur qui est également l’auteur d’une pièce de théâtre à succès à savoir « Hamlet ». Cela fait scandale dans la société britannique puritaine à l’époque de la Renaissance. Les Autorités tentent même d’empêcher les représentations de cette pièce. Cependant, la reine Elisabeth qui assistait incognito semble beaucoup apprécier cette audace. Alors, il n’y a plus qu’à s’incliner et que Dieu sauve la Reine !
Par la suite, il va y avoir une véritable coupure car nous sommes plongés en plein Chinatown dans la ville anglaise de Liverpool avec un retour de plusieurs années en arrière. J’ai eu du mal à croire à l’implantation d’un tel quartier au XVIème siècle malgré l’essor de la marine marchande. De mémoire, les quartiers asiatiques ne sont apparus que vers la fin du XIXème siècle. Mais bon, accordons le bénéficie du doute. On fait la connaissance d’une jeune fille à savoir Li qui possède des dons de voyance. Pour son entourage, cela sera vécu comme une malédiction. Il faut dire que la sorcellerie n’est pas bien vue dans l’Angleterre puritaine.
Je suis très curieux de savoir comment les deux histoires vont se rejoindre par la suite. Il est vrai qu’on peut être déçu dans un premier temps par rapport à une approche un peu singulière. On entraperçoit à peine Shakespeare avant d’être embarqué dans l’histoire des premiers migrants chinois en Angleterre. Bref, tromperie sur la marchandise. Néanmoins, c’est vraiment bien écrit avec un scénario intéressant, un graphisme appliqué et des dialogues efficaces… A n'en pas douter, il s'agit d'une bonne série à découvrir même si Shakespeare a cruellement manqué dans ce premier tome.
Raaa mais qu’est-ce que c’est beau ! Rosinski est vraiment au sommet de son art, chaque case est une peinture à l’huile magnifique, très détaillée et aux couleurs lumineuses. Vraiment les mots me manquent pour exprimer mon ressenti.
L’histoire m’a aussi beaucoup plu. Je ne suis pas spécialement familier avec l’histoire du comte de Monte-Cristo à laquelle cet album fait apparemment référence, mais cela n’a pas du tout affecté mon plaisir de lecture. J’ai trouvé l’intrigue passionnante et parfaitement narrée, même si certaines planches sont un poil chargées textuellement. Il faut aussi être friand de retournements de situations inattendus. En finissant le premier tome on se dit que l’histoire est pliée, mais le second tome présente les faits sous un angle complètement nouveau, avant de nous reprendre par surprise sur la fin !
Un diptyque passionnant, et puis bon sang quel dessin !
Ouvrez votre esprit et imaginez un peu qu'un évènement de notre histoire ne se soit pas produit, imaginez-en les conséquences, imaginez l'impact que cela pourrait avoir sur nous aujourd'hui ... Et si ... Sur base de ce postulat, nous voilà plongés en 1851 à Paris. Napoléon Bonaparte a décidé de rester au pouvoir de force via un coup d'état et le jeune Victor Hugo ainsi que Pierre-Jules Hetzel ont fuit la France pour la Belgique, Malheureusement un soldat reconnait l'un d'eux et tue Pierre-Jules Hetzel ... et il ne deviendra pas l'éditeur des fabuleuses histoires de Jules Verne.
1862, Jules Verne ne trouvant pas d'éditeur assez courageux et fou pour l’éditer (donc pas de Voyages au centre de la Terre, de Michel Strogoff, De la Terre à la Lune, etc …) décide d’arrêter l'écriture et va se concentrer sur d’autres projets ; il veut et va rendre le monde meilleur grâce à son imaginaire et ses idées révolutionnaires.
En quelques années il construit une île utopique du nom d'Univerne mais son avancée technologique, son idéologie, son modernisme agace ou attise l'intérêt de beaucoup de gens et même certains états. S'en suit un siège de près d'un an où L'Univerne est détruite et pillée, il n'en restera plus rien et Jules Nemo Verne est laissé pour mort. Les survivants ? A ce qu’il paraitrait ils sont partis vivre sur la Lune. Jules Verne était si extravagant!
Aujourd’hui, l’an 1900, Paris, l'Exposition Universelle. Le monde a changé et Nikola Tesla écrase le monde de ses inventions novatrices. Une jeune journaliste féministe, Juliette Hénin, est là pour couvrir l'évènement mais aussi pour enquêter sur celle qui fut la maitresse de Jules Verne et qui lui a transmis un mystérieux message.
Voilà l’intrigue posée dans ce premier opus ; et évidemment hors de question de vous lâcher le dénouement de ce premier épisode, à vous de le lire ;)
Mélange d'Uchronie Steampunk et Testlapunk qui nous emmène dans un monde alternatif et l'imaginaire de Jules Verne, le tout saupoudré de coups de savate dans la France de fin du XIXe siècle.
L'univers et l'histoire produite par Morvan est terrible, moi je suis un vrai fan je l'avoue et le dessin, la structure, le découpage et le style des couleurs utilisés servent à merveille l’histoire de ce premier tome. Morvan maîtrise très bien son histoire et nous emmène non stop dans la trame principale de l'histoire.
Quant au dessin, on sent que Nesmo (? le fils de Nemo) maitrise son style de dessin (mélange de bd européenne avec une pointe de manga) pour certaines scènes mais qui colle très bien au style et aux couleurs; on en reste scotché parfois.
Pour finir, c'est un petit bijou dont l'histoire et le dessin des plus atypiques nous fait vivre une aventure hors normes en parcourant certains sujets de l'époque tel que le féminisme, le modernisme, les alternatives. Une redécouverte des mondes de Jules Verne.... et un vrai petit plaisir visuel à lire et à regarder. Sans conteste un de mes petits coups de cœurs :)
Je ne sais pas dire pourquoi mais je n’étais pas été attiré par cet album. Mêler la chauve-souris à la fête de Noël… Non mais franchement, c’est une blague ?
Alors, ça donne quoi au final ? Un très bon album sur Batman. L’album propose une histoire hyper basique, soit la recherche et l’arrestation du Joker. Vous aurez compris que ce n’est pas dans l’intrigue que cet album puise sa qualité mais bien dans la narration qui l’accompagne. Elle propose au lecteur de revivre certains grands moments dans la vie du justicier, transposée au conte de Noël. Cela s’accompagne d’un questionnement sur sa quête de vengeance et sur la façon dont il l’exerce : la fin justifie-t-elle bien (tous) les moyens ? En cela, la chauve-souris passe par pas mal d’états d’esprit. C’est assez intéressant de le suivre de ce point de vue.
Côté graphique, le travail est superbe. Le trait d’abord est très réussi. Mais c’est surtout dans la colorisation que l’album fait mouche. Quel talent ! Vraiment, cela mérite d’être souligné.
Ma conclusion : un one-shot qui fait mouche et qui mérite vraiment d’être découvert. N’hésitez pas !
Édouard Cour, pour son premier album signe une bien belle œuvre.
Étant fan de mythologie grecque, je ne pouvais pas passer à côté de cette version très personnelle du mythe d’Héraclès, vision à rapprocher à celle de Sfar et Blain dans leur Socrate le demi-chien...
Oui, cette comparaison n'est pas innocente car on sent une filiation entre le graphisme d’Édouard Cour et celui d'autres auteurs modernes, tel Blain justement.
Moderne, hachuré, très esthétique et expressif, avec de très jolis décors et des couleurs chaudes magnifiques, mais avec un sens du mouvement parfois mal maitrisé ou tout simplement brouillon, la partie du visuel de cet album est une pure merveille qui m'a totalement enchanté et dépaysé.
Pour ce qui est du scénario, on est "lancé" dans les 12 travaux sans contexte (que ça soit des évènements antérieurs ou une présentation des personnages). Si ça ne m'a pas dérangé car je connais très bien l'histoire, peut-être que les non amateurs de mythologie grecque seront un peu déroutés.
Au niveau de l'adaptation, elle est très libre (avec quelques changements qui peuvent paraître choquants), n'empêche que j'aime l'interprétation donnée au personnage d'Heraklès (c'est un peu celle que je m'en faisais). Les dialogues ne sont pas en reste et sont assez rigolos.
Une bonne BD, très moderne dans son ton mais qui souffre d'un léger problème de narration. Je lirai la suite avec intérêt.
Astérix, c'est à ranger au même rayon que Tintin ou Spirou : les immanquables certifiés de la bibliothèque.
Astérix, combien de dérivés cette petite BD aura-t-elle connus ? Le succès ne se tarit pas, malgré les ans, et en ouvrant certains albums, je sais d'avance que j'aurai la larme à l'oeil et le corps secoué de rires. C'est toujours un plaisir que de suivre les aventures légendaires de ce petit moustachu de Gaulois.
Le dessin est juste parfait, en adéquation totale avec le propos, rond, simple, efficace, amusant, on garde en mémoire les têtes et les situations. D'ailleurs le dessin lui-même apporte autant à l'humour que le texte, et plus d'une fois le mélange entre les deux crée encore plus.
Par contre, si je ne mets que 4 étoiles à Astérix, c'est qu'il me reste en bouche un très mauvais goût et une amère déception dus aux derniers albums, qui sont vraiment de qualité très inférieure, mais à un point que les derniers feraient presque pleurer. Du coup, je mets un 4.5 arrondi à l'inférieur, d'autant que d'autres albums avec d'autres auteurs sont prévus, et je dois dire que je crains le pire. Les perspectives n'étant pas roses, je laisse à l'inférieur pour l'instant.
Mais un immanquable, cela ne fait aucun doute. Astérix reste un fleuron de la bande dessinée.
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De Cape et de Crocs
La série la mieux notée du site avec Astérix. J’ai appris l'existence de cette série depuis que je traîne sur ce site voilà deux ans, et le fait qu’elle soit hissée au même rang que certains grands classiques de la BD me laissait perplexe comme je n’avais jamais vu ou entendu parler de cette série auparavant. Au final je me retrouve bien dans la plupart des avis postés, j’ai noté les mêmes qualités que tout le monde, mais aussi les mêmes défauts, car malgré les nombreux éloges des internautes, cette série est loin d'être inattaquable. Le dessin de Masbou est effectivement de grande qualité et les albums s’améliorent à chaque fois; les détails fourmillent, j’ai adoré les faciès changeants des personnages et adaptés selon la situation, comique ou sérieuse. Je m’incline sur le travail du coloriage qui est tout simplement fabuleux. Les couleurs sont chatoyantes et très diversifiées avec une mention spéciale aux arrières plans sublimes, nos héros voyageant dans toutes sortes de contrées atypiques où les lois de la nature sont différentes de notre réalité. Mais à mon avis le succès tient surtout des dialogues savoureux d’Ayroles qui a un talent fou. De cape et de crocs est une pièce de théâtre grandeur nature, une aventure, une comédie et à la fois une tragédie où les personnages parlent en rimes et en alexandrins, le tout dans un français de bon aloi. On y trouve aussi des références à Molière et aux fables de La Fontaine entre autres. Une comédie, oui, et vraiment drôle en plus, même les personnages les plus sérieux ont leurs moments de loufoqueries. Il y a cette scène au début du tome 3 avec Don Lope (le loup), Armand (le renard) et Kader (le turc) : Armand (montrant un parchemin): « Ce parchemin provient de la bouteille que Kader trouva l’an passé gisant sur une grève cyrénaïque ». Don Lope : « Quel sont ces glyphes abscons ? » (Une phrase qu’il répète souvent) Kader : « Du cananéen ! » Armand (présentant un autre parchemin) : « La bouteille identique à la première que nous découvrîmes dans le coffre, contenait une carte et ce document-ci… » Don Lope : « Quels sont ces… Ah, tiens ! C’est du français. » Bon il faut que j’aborde aussi ce qui ne m’a pas plu. L’histoire d’abord est complètement abracadabrantesque ! Ça part dans tous les sens et au final le scénario n’a ni queue ni tête, il ne faut vraiment pas être très regardant là-dessus pour pouvoir se plonger totalement dans le récit. C’est pourquoi j’ai eu du mal à finir la série, près d’un mois pour lire les 10 albums alors que d’habitude quand une série me passionne vraiment je dévore les albums en quelques jours. Une carte au trésor, l’Atlantide, le navire « hollandais volant », des arbres qui font pousser des lingots d’or, un voyage sur la Lune où le nombre de bizarreries est tellement élevé qu’on ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du comment, faut suivre... La chanson des pirates, qui tourne en boucle ainsi que leurs jérémiades m’ont gavé à la longue. En fait, à partir du moment où on accepte que l’histoire soit secondaire et qu’elle n’est qu’un instrument au service du dialogue et à la mise en place de mondes oniriques, la pilule passe mieux. Une dernière critique et là je vais [SPOILER] : Mais quelle cruche cette Sélène ! Elle, elle m’a vraiment gonflé, toutes ses niaiseries avec Armand, et vas-y que je te fais mes yeux de biche et que je fasse tomber mon mouchoir, et que je tombe dans les pommes quand il arrive malheur à mon bien-aimé. On s’envoie des mots d’amour, on se fait la cour, et tout ça pour finir avec l’autre et son pif de flamand rose. C’est dans ces moments là que je me rends compte que le scénario a été écrit au fur et à mesure sans aucune logique de départ. [FIN SPOILER]. La série est apparemment terminée, un coffret regroupant les 5 tomes en intégrale est sorti, et pourtant à la lecture du tome 10 il y a certains indices qui annoncent une suite. Hermine lance des regards furtifs pleins de regrets vers Andreo qui se retrouve bien triste tout seul, le passé d’Eusèbe demeure un mystère, ou encore Mademoiselle la sœur du roi que l’on aperçoit à la fin. En parcourant le forum de la série sur le site j’ai appris qu’un « spin-off » consacré à Eusèbe le lapin devrait voir le jour sous la forme d’un dyptique, un prologue et un épilogue de De cape et de crocs. On devrait donc avoir les réponses à nos questions dans cette suite très attendue.
Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag IIb
Je ne sais pas comment remercier mon collègue de travail qui m'a quasiment forcé à lire le premier tome de cette série. Grâce à lui j'ai pu lire cette magnifique bande dessinée qui est avant tout un ouvrage par lequel s'exprime le Devoir de mémoire. Celui-ci traite de la vie des prisonniers de guerre(à travers celle du père de Jacques Tardi) dans les camps allemands. C'est on peut le dire une période de l'Histoire de France qui a souvent été mise de côté ou en tout cas qui a très peu été abordée, que ce soit au cinéma ou plus encore en bande dessinée. J'ai failli ne pas lire ce récit historique car je l'avoue je n'ai été que rarement enthousiasmé par les ouvrages de Jacques Tardi sauf par le remarquable" C'était la guerre des tranchées". Si je n'accroche pas particulièrement avec les oeuvres de Tardi c'est que son dessin ne m'attire pas spécialement, voilà tout. Avant de continuer, je vais faire un bref rappel historique sur les prisonniers de guerre français sous le Troisième Reich. Au cours de la campagne de France (mai-juin 1940), 1 800 000 soldats français furent capturés par les troupes allemandes avant d'être internés dans différents types de camps. On doit distinguer les frontstalags, camps installés dans la France occupée (réservés en particulier aux troupes coloniales) et les camps établis sur le territoire du Reich allemand, les oflags (camps d'officiers) et les stalags (camps de sous-officiers et de soldats). Au nombre de 75 oflags et stalags étaient répartis dans les régions militaires allemandes dont ils portaient le numéro suivi d'une lettre ( Ia, Ib etc..). Celui qui nous interesse grâce à cet ouvrage est le stalag IIb, celui dans lequel le père de l'auteur fut interné durant 5 ans. Jacques Tardi revient donc sur la captivité de son père grâce aux notes que celui-ci avait prises durant son "expérience" particulière dans les camps de prisonniers de guerre. René a passé la plupart de son temps à observer ce qu'il se passait dans ce stalag, mais également ceux qui étaient passés dans ce camp. Ce que l'on peut en retenir en priorité c'est que la principale préoccupation d'un prisonnier est de se nourrir donc de survivre. Cela n'a donc rien de comique, d'ailleurs cette bd même si Tardi y fait un peu d'humour, n'a rien de drôle car la vie de ces hommes fut un enfer permanent. La mort est présente dans de nombreuses pages. L'auteur nous rappelle le destin tragique de certains prisonniers dont la seule faute était d'être russes ou polonais. Jacques Tardi n'oublie pas de nous rappeler un grand nombre d'évènements importants de la Seconde Guerre Mondiale comme des dates importantes (la fin de la zone libre en France ou le débarquement en Normandie) ainsi que des faits marquants comme l'extermination des juifs d'Europe mais aussi l'assassinat des officiers polonais en 1940 par l'armée russe à Katyn. L'auteur grâce à ce remarquable premier tome nous replonge dans ce passé trop souvent occulté. N'est-il pas vrai qu'il fut un temps où l'on avait honte en France de parler des prisonniers de guerre? Il valait mieux parler des résistants. Pourtant ils ont existé et il ne faut surtout pas l'oublier . Je ne reviendrai pas sur le dessin avec lequel j'ai du mal à accrocher, par contre j'ai beaucoup aimé que l'auteur se soit intégré au récit (sous les traits d'un enfant) en apparaissant aux côtés de son père et en lui posant un grand nombre de questions. Je ne peux donc que recommander la lecture de ce premier tome, certes volumineux, de cette superbe série car je suis presque sûr que la suite ne pourra qu'être aussi bien.
Acriboréa
Le dessin est très détaillé, mais assez impersonnel ; en tout cas, le design des personnages ne fonctionne pas vraiment pour moi. A l’inverse, j’aime assez le remix du vocabulaire architectural des bâtiments et véhicules. Les personnages, même secondaires, ont des motivations relativement nuancées, mais ils ne pas forcément assez développés. En fait, le problème, ou la faiblesse, de la série vient de son rythme narratif effréné. C’est un choix scénaristique : les auteurs ont développé un univers assez vaste, pour finalement se concentrer sur une série d’événements brève et violente. La narration le rend bien, et le lecteur n’a pas plus le temps de réfléchir que les personnages pris dans le tourbillon d’un plan qui les dépasse largement. Inutile (quoi que) de préciser qu’il faut enchainer les 5 albums en une seule session. Du côté des points forts, une action soutenue, mais surtout un scénario riche, solide, et surprenant jusqu’à la fin, en particulier sur ce qu’il implique dans son dénouement. Et tant pis pour tous les détails en suspens, j’ai fini la lecture sans resté sur ma faim, mais si il y aurait la place pour un Atlas d’Acriborea qui revisiterait calmement les mondes décrits.
MangeCoeur
Un beau dessin, c'est toujours un (très bon) départ pour une BD agréable à lire. Et ici, c'est d'autant plus performant qu'il accompagne le récit par sa teneur. Les couleurs agréables, les formes et les décors colorés, les têtes et les zones d'ombres, tout est déjà en place dans le dessin avant qu'on s'en rende vraiment compte. Et le spectacle commence. On s'approche, on s'installe. Les présentations sont vite faites. Le grand-père dans le rôle de la victime, le jeune dans celui du sauveteur, la mère s'enfuit vite. Mais tout n'est pas fini, un acteur qu'on avait pensé inerte bouge. Et voilà que le chat ailé rejoint le héros. Il sera le mentor. La marionnette s'anime, le marionnettiste n'est plus. Mais qui tient les ficelles ? Il faut partir. Où ? A la foire. Là où se trouve le remède au Mangecœur qui dévore le grand-père. Oui, mais qu'est-ce que ce Mangecœur qui dévore les cœurs des pauvres gens ? Les métaphores ne semblent évidentes qu'après coup. Mais nous n'avons pas le temps de penser ! Le temps joue contre nous, le héros se dépêche, il faut y aller. Les actions s'enchainent. La foire est interdite aux enfants. Peut-être qu'il faut les protéger de ce qu'on peut trouver à l'intérieur. Car après tout, qui est véritablement méchant en dehors ? Et voilà que la foire ouvre ses portes. On y trouve de l'aide, des énigmes, des questions et peu de réponses, de la cruauté, de la douceur, des non-dits, et un Mangecœur. Au centre de tout. Au centre de quoi ? De la foire. La grande foire. Le lieu où tout est permis. On s'amuse, l'ambiance est coloré, on rit et on se distrait, mais tout est cloisonnée, des portes et des grillages sont fermés, des lieux ne sont pas accessible sans payer. Que cachent-ils ? Pourquoi ne pas laisser l'accès libre ? Et puis, qui est cette foule ? Des gens venus s'amuser ? Des visiteurs connus ? Et que viennent-ils faire ici ? Que cherchent-ils ? Ne sont-ils pas là que pour Benjamin ? Toute la foire n'est-elle pas que pour lui ? Qui l'a construite si près de chez lui, à un tir de canon près ? La foire remplie de joie, de festivités, qui cache tout aussi bien les dangers, les zones noires. Les coulisses s'ouvrent et ne sont pas belles, les masques tombent derrière le rideau. La féerie côtoie rapidement les moments dramatiques. La mort et la vie se disputent dans cet endroit. Et la nuit ne semble pas en finir, l'aube sera mortelle. Coup de théâtre, un nouveau personnage intervient. Il n'est pas dans l'histoire, juste en dehors, une ombre qui passe sans interagir. Il n'a pas sa place, mais il n'est pas à sa place. Il veut disparaître, mais ce n'est pas forcément aussi facile. Puis voilà qu'on découvre toute son importance. Les évènements se clarifient, les dessous commencent à transparaitre. On voit devine beaucoup de choses, peu est dit, mais tout ne doit pas être dit. Et lorsque le rideau tombe, on est surpris et en même temps conforté dans notre idée. C'est simple, mais efficace. Le spectacle (de qui ?) est fini, il est temps de rendre aux gens leurs liberté. La vie reprend, et voilà que tout se rejoint. Le final est éclatant de simplicité mais également, et tout simplement, beau. Lorsqu'on referme la BD, les images restent en tête. Tout ne semble pas clair. Ce qui se trouve derrière n'est pas dit explicitement. Et c'est d'autant mieux. Car n'a-t-on pas compris sans pouvoir l'expliquer ? Un sentiment qui trouble, comme un mot qui nous échappe. Il est là, présent dans la tête, mais refuse de s'échapper. Au final, quelle importance ? Il y aura toujours à comprendre à chaque fois. Les délires semblent réel, c'est ce qui compte. Décidément, Manu Larcenet a bien raison : la poésie rachète tout. La poésie sauve le monde. Et cette BD est un poème.
7 Shakespeares
Quelle bonne idée d’adapter la vie de William Shakespeare en manga. Cela permet à de jeunes lecteurs de faire la connaissance du plus célèbre des dramaturges au monde. Le premier chapitre nous présente un jeune acteur qui est également l’auteur d’une pièce de théâtre à succès à savoir « Hamlet ». Cela fait scandale dans la société britannique puritaine à l’époque de la Renaissance. Les Autorités tentent même d’empêcher les représentations de cette pièce. Cependant, la reine Elisabeth qui assistait incognito semble beaucoup apprécier cette audace. Alors, il n’y a plus qu’à s’incliner et que Dieu sauve la Reine ! Par la suite, il va y avoir une véritable coupure car nous sommes plongés en plein Chinatown dans la ville anglaise de Liverpool avec un retour de plusieurs années en arrière. J’ai eu du mal à croire à l’implantation d’un tel quartier au XVIème siècle malgré l’essor de la marine marchande. De mémoire, les quartiers asiatiques ne sont apparus que vers la fin du XIXème siècle. Mais bon, accordons le bénéficie du doute. On fait la connaissance d’une jeune fille à savoir Li qui possède des dons de voyance. Pour son entourage, cela sera vécu comme une malédiction. Il faut dire que la sorcellerie n’est pas bien vue dans l’Angleterre puritaine. Je suis très curieux de savoir comment les deux histoires vont se rejoindre par la suite. Il est vrai qu’on peut être déçu dans un premier temps par rapport à une approche un peu singulière. On entraperçoit à peine Shakespeare avant d’être embarqué dans l’histoire des premiers migrants chinois en Angleterre. Bref, tromperie sur la marchandise. Néanmoins, c’est vraiment bien écrit avec un scénario intéressant, un graphisme appliqué et des dialogues efficaces… A n'en pas douter, il s'agit d'une bonne série à découvrir même si Shakespeare a cruellement manqué dans ce premier tome.
La Vengeance du Comte Skarbek
Raaa mais qu’est-ce que c’est beau ! Rosinski est vraiment au sommet de son art, chaque case est une peinture à l’huile magnifique, très détaillée et aux couleurs lumineuses. Vraiment les mots me manquent pour exprimer mon ressenti. L’histoire m’a aussi beaucoup plu. Je ne suis pas spécialement familier avec l’histoire du comte de Monte-Cristo à laquelle cet album fait apparemment référence, mais cela n’a pas du tout affecté mon plaisir de lecture. J’ai trouvé l’intrigue passionnante et parfaitement narrée, même si certaines planches sont un poil chargées textuellement. Il faut aussi être friand de retournements de situations inattendus. En finissant le premier tome on se dit que l’histoire est pliée, mais le second tome présente les faits sous un angle complètement nouveau, avant de nous reprendre par surprise sur la fin ! Un diptyque passionnant, et puis bon sang quel dessin !
Univerne
Ouvrez votre esprit et imaginez un peu qu'un évènement de notre histoire ne se soit pas produit, imaginez-en les conséquences, imaginez l'impact que cela pourrait avoir sur nous aujourd'hui ... Et si ... Sur base de ce postulat, nous voilà plongés en 1851 à Paris. Napoléon Bonaparte a décidé de rester au pouvoir de force via un coup d'état et le jeune Victor Hugo ainsi que Pierre-Jules Hetzel ont fuit la France pour la Belgique, Malheureusement un soldat reconnait l'un d'eux et tue Pierre-Jules Hetzel ... et il ne deviendra pas l'éditeur des fabuleuses histoires de Jules Verne. 1862, Jules Verne ne trouvant pas d'éditeur assez courageux et fou pour l’éditer (donc pas de Voyages au centre de la Terre, de Michel Strogoff, De la Terre à la Lune, etc …) décide d’arrêter l'écriture et va se concentrer sur d’autres projets ; il veut et va rendre le monde meilleur grâce à son imaginaire et ses idées révolutionnaires. En quelques années il construit une île utopique du nom d'Univerne mais son avancée technologique, son idéologie, son modernisme agace ou attise l'intérêt de beaucoup de gens et même certains états. S'en suit un siège de près d'un an où L'Univerne est détruite et pillée, il n'en restera plus rien et Jules Nemo Verne est laissé pour mort. Les survivants ? A ce qu’il paraitrait ils sont partis vivre sur la Lune. Jules Verne était si extravagant! Aujourd’hui, l’an 1900, Paris, l'Exposition Universelle. Le monde a changé et Nikola Tesla écrase le monde de ses inventions novatrices. Une jeune journaliste féministe, Juliette Hénin, est là pour couvrir l'évènement mais aussi pour enquêter sur celle qui fut la maitresse de Jules Verne et qui lui a transmis un mystérieux message. Voilà l’intrigue posée dans ce premier opus ; et évidemment hors de question de vous lâcher le dénouement de ce premier épisode, à vous de le lire ;) Mélange d'Uchronie Steampunk et Testlapunk qui nous emmène dans un monde alternatif et l'imaginaire de Jules Verne, le tout saupoudré de coups de savate dans la France de fin du XIXe siècle. L'univers et l'histoire produite par Morvan est terrible, moi je suis un vrai fan je l'avoue et le dessin, la structure, le découpage et le style des couleurs utilisés servent à merveille l’histoire de ce premier tome. Morvan maîtrise très bien son histoire et nous emmène non stop dans la trame principale de l'histoire. Quant au dessin, on sent que Nesmo (? le fils de Nemo) maitrise son style de dessin (mélange de bd européenne avec une pointe de manga) pour certaines scènes mais qui colle très bien au style et aux couleurs; on en reste scotché parfois. Pour finir, c'est un petit bijou dont l'histoire et le dessin des plus atypiques nous fait vivre une aventure hors normes en parcourant certains sujets de l'époque tel que le féminisme, le modernisme, les alternatives. Une redécouverte des mondes de Jules Verne.... et un vrai petit plaisir visuel à lire et à regarder. Sans conteste un de mes petits coups de cœurs :)
Batman - Noël
Je ne sais pas dire pourquoi mais je n’étais pas été attiré par cet album. Mêler la chauve-souris à la fête de Noël… Non mais franchement, c’est une blague ? Alors, ça donne quoi au final ? Un très bon album sur Batman. L’album propose une histoire hyper basique, soit la recherche et l’arrestation du Joker. Vous aurez compris que ce n’est pas dans l’intrigue que cet album puise sa qualité mais bien dans la narration qui l’accompagne. Elle propose au lecteur de revivre certains grands moments dans la vie du justicier, transposée au conte de Noël. Cela s’accompagne d’un questionnement sur sa quête de vengeance et sur la façon dont il l’exerce : la fin justifie-t-elle bien (tous) les moyens ? En cela, la chauve-souris passe par pas mal d’états d’esprit. C’est assez intéressant de le suivre de ce point de vue. Côté graphique, le travail est superbe. Le trait d’abord est très réussi. Mais c’est surtout dans la colorisation que l’album fait mouche. Quel talent ! Vraiment, cela mérite d’être souligné. Ma conclusion : un one-shot qui fait mouche et qui mérite vraiment d’être découvert. N’hésitez pas !
Héraklès
Édouard Cour, pour son premier album signe une bien belle œuvre. Étant fan de mythologie grecque, je ne pouvais pas passer à côté de cette version très personnelle du mythe d’Héraclès, vision à rapprocher à celle de Sfar et Blain dans leur Socrate le demi-chien... Oui, cette comparaison n'est pas innocente car on sent une filiation entre le graphisme d’Édouard Cour et celui d'autres auteurs modernes, tel Blain justement. Moderne, hachuré, très esthétique et expressif, avec de très jolis décors et des couleurs chaudes magnifiques, mais avec un sens du mouvement parfois mal maitrisé ou tout simplement brouillon, la partie du visuel de cet album est une pure merveille qui m'a totalement enchanté et dépaysé. Pour ce qui est du scénario, on est "lancé" dans les 12 travaux sans contexte (que ça soit des évènements antérieurs ou une présentation des personnages). Si ça ne m'a pas dérangé car je connais très bien l'histoire, peut-être que les non amateurs de mythologie grecque seront un peu déroutés. Au niveau de l'adaptation, elle est très libre (avec quelques changements qui peuvent paraître choquants), n'empêche que j'aime l'interprétation donnée au personnage d'Heraklès (c'est un peu celle que je m'en faisais). Les dialogues ne sont pas en reste et sont assez rigolos. Une bonne BD, très moderne dans son ton mais qui souffre d'un léger problème de narration. Je lirai la suite avec intérêt.
Astérix
Astérix, c'est à ranger au même rayon que Tintin ou Spirou : les immanquables certifiés de la bibliothèque. Astérix, combien de dérivés cette petite BD aura-t-elle connus ? Le succès ne se tarit pas, malgré les ans, et en ouvrant certains albums, je sais d'avance que j'aurai la larme à l'oeil et le corps secoué de rires. C'est toujours un plaisir que de suivre les aventures légendaires de ce petit moustachu de Gaulois. Le dessin est juste parfait, en adéquation totale avec le propos, rond, simple, efficace, amusant, on garde en mémoire les têtes et les situations. D'ailleurs le dessin lui-même apporte autant à l'humour que le texte, et plus d'une fois le mélange entre les deux crée encore plus. Par contre, si je ne mets que 4 étoiles à Astérix, c'est qu'il me reste en bouche un très mauvais goût et une amère déception dus aux derniers albums, qui sont vraiment de qualité très inférieure, mais à un point que les derniers feraient presque pleurer. Du coup, je mets un 4.5 arrondi à l'inférieur, d'autant que d'autres albums avec d'autres auteurs sont prévus, et je dois dire que je crains le pire. Les perspectives n'étant pas roses, je laisse à l'inférieur pour l'instant. Mais un immanquable, cela ne fait aucun doute. Astérix reste un fleuron de la bande dessinée.