Ce n’est pas un secret pour mon entourage : j’aime les carnets de voyage et j’en fais aussi. Cependant, lorsqu’il s’agit d’en faire une petit bande dessinée, je réponds qu’il faut un sacré coup de patte. Sans contestation possible, Emmanuel Lepage, lui, a ce talent qui peut lui permettre de réaliser un magnifique album à partir de ses « croquis » faits sur place. Cette faculté, il l’a mise en œuvre pour concevoir « Voyage aux îles de la Désolation ».
« Voyage aux îles de la Désolation » retrace le séjour d’un mois d’Emmanuel Lepage à bord du « Marion Dufresne » dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) en mars/avril 2010.
Ce qui frappe à la lecture de cet album, ce sont les superbes illustrations en pleine page qui y apparaissent ça et là. Ensuite, c’est sa pagination conséquente (158 pages) résultant du parti-pris d’Emmanuel Lepage d’aborder son séjour chronologiquement. Et enfin, ce sont les nombreuses explications de l’auteur sur comment s’organise la vie à bord de ce bateau et comment il « vit » la découverte de ces lieux pratiquement coupés du monde.
En lisant « Voyage aux îles de la Désolation », j’ai vraiment eu la sensation de partager avec l’auteur son séjour dans ce navire et dans les terres australes, j’ai eu le sentiment de voyager avec lui au point d’avoir eu du mal à me décrocher de la lecture !
On pourrait peut-être reprocher à l’auteur de ne pas aborder suffisamment l’intérêt de ces missions, sur le « pourquoi » on emmène des scientifiques dans ces contrées mais, moi, lecteur trop gavé de paroles sur l’écologie et sur le développement durable, ce peu d’explications m’ont amplement suffi et ça m’a permis –enfin- de contempler tranquillement les images sans être à chaque fois abruties par les propos écologiques moralisants.
En gros, le « Marion Duquesne » est chargé de ravitailler ces îles où vivent essentiellement des scientifiques… et cette explication me suffit largement !
Le dessin d’Emmanuel Lepage est tantôt brouillon tantôt léché. Personnellement, j’aime cette diversité de style dans un seul album tant que ça reste lisible et beau à contempler, ce qui est le cas dans « Voyage aux îles de la Désolation ».
La narration m’est apparue parfaite, l’auteur sait ralentir et accélérer son récit quand il le faut. Ainsi, lorsqu’il aborde des séquences calmes, le lecteur a le droit à des planches très aérées, et inversement. Ça peut paraître toute simple comme remarque mais avec cet album, j’ai senti vraiment que l’auteur me prenait fermement en main. C’est comme si Emmanuel Lepage nous dictait son voyage sans que nous ayons le besoin de lui couper la parole tellement c’est passionnant ce qu’il raconte !
« Voyage aux îles de la Désolation » est un album que j’ai beaucoup aimé. J’y ai retrouvé tout ce que j’apprécie dans une bande dessinée documentaire : un dessin « vivant » (c’est à dire qu’il change de style) et beau, un récit intéressant mais non « barbant » et une histoire qui me fait scotcher du début jusqu’à la fin et qui me donne la sensation de voyager avec l’auteur.
Cette BD m’a semblé très « académique » sur la forme : narration linéaire, personnages un peu stéréotypés et dessin propre et aéré (presque « ligne claire »).
Par contre son background historique m’a passionné et montre les difficultés pratiques suivant la création d’Israël, et notamment son incapacité à se défendre militairement dans un contexte diplomatique compliqué. Le quotidien de ces mercenaires est intéressant, rythmé par les patrouilles et les empoignades avec les pilotes de l’armée israélienne.
Je n’allais mettre « que » 3/5, la faute à un récit qui selon moi ne décollait pas (un comble !), mais la dernière partie m’a beaucoup plu. L’intrigue s’emballe enfin, et je trouve les réactions de certains personnages intéressantes, on s’éloigne un peu des clichés suscités. Du coup je suis resté sur une impression très positive.
Un album un poil académique, mais intéressant et finalement très divertissant, qui devrait ravir les amateurs de récits de guerre et d’Histoire.
Cette BD m’a beaucoup plu, mais soyez prévenus : elle est très classique et ressert une énième histoire sur le thème de la Bête du Gévaudan, mais cette fois-ci en Sibérie. Le contexte historique peut sembler intéressant au premier abord, mais il est finalement assez peu montré.
On retrouve tous les poncifs du genre : le petit village isolé, des meurtres sauvages attribués à une bête mystérieuse, des croyances locales, des personnages bien épais, et au milieu de tout ça un homme de la ville menant l’enquête, jusqu’à un dénouement inattendu. J’ai récemment lu La Bête de Chabouté, et j’aurais pu décrire cet album exactement de la même façon ! Du déjà-vu donc, mais j’ai trouvé le déroulement de l’intrigue passionnant, et la fin ne m’a pas déçu.
J’ai trouvé le dessin superbe (quelle couverture !), et parfaitement adapté à l’ambiance.
Une chouette « histoire de monstre », classique mais efficace.
Une belle histoire, sur un sujet qui pourrait sembler difficile au premier abord (déportement massif d’orphelins). Mais les auteurs ont réussi à instiller une ambiance légère, presque humoristique, sans pour autant trahir le message de fond. Je dis bien LES auteurs, parce que cette prouesse est due autant au dessin qu’à l’histoire même.
L’intrigue est prenante, car elle commence par une scène finale intrigante, avant de replonger dans le passé pour nous en expliquer les origines. Les aventures de nos orphelins alternent des passages légers et humoristiques avec des scènes consternantes. Les « distributions » d’enfants aux parents en forme de foire aux bovins sont absolument incroyables quand on considère la complexité des procédures d’adoption modernes. La fin est bien vue, même si le « mélange » qui en est à l’origine me parait un peu gros.
Et comme je le dis plus haut, le dessin est en parfaite adéquation avec l’histoire. Il est superbe, mais surtout dédramatise un peu les situations. Il est coloré, dynamique et aéré. Au final les planches sont vraiment superbes.
Une chouette histoire, terminée en deux tomes (même si d’autres cycles sont prévus). Que demander de plus ?
Torture blanche n'est pas une bd dont le but est de nous émerveiller devant les images. Cela s'adresse à un public qui a le sens de la réflexion dans un support qui en est souvent dépourvu par sa nature même divertissante.
En effet, on est plongé au cœur même du conflit israélo-palestinien pour en essayer d'avoir une vue impartiale. On va suivre un petit groupe dont fait partie l'auteur dans une mission qui vise à manifester leur soutien pour la reconnaissance d'un droit du peuple palestinien (droit à la paix, à la sécurité, à l'autodétermination...).
Aujourd'hui, la Palestine est une terre de conflits et de déchirements alors qu'elle était à l'origine une terre biblique et sainte. Il n'y a pas de véritable frontière car elle est parsemée par des colonies israéliennes. La récente construction d'un mur de séparation accentue le fractionnement territorial de ce pays sans état où seule l'Autorité palestinienne peut exercer certains pouvoirs sur une population aux conditions de vie dégradées.
Entre soulèvements populaire (l'Intifada) et affrontements armés, le processus de paix peine à se poursuivre malgré une forte implication de la communauté internationale. Dans ce contexte, les Palestiniens tentent de leur côté de maintenir vivantes une culture et une identité nationale.
La création de l'état d'Israël, état du peuple juif, trouve son origine dans le projet d'établissement d'un foyer national juif en Palestine avancé dès le XIX ème siècle par le mouvement sioniste. C'est en 1948, au lendemain de la Shoah, dans un contexte d'extrême tension, que naît l'état d'Israël. Celui-ci, situé entre l'Égypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie et les Territoires palestiniens, entretient, depuis sa création, des rapports conflictuels avec ses voisins. Il aura fallu plusieurs guerre pour que ce pays dont la démographie a été nourri par l'immigration, puisse exister entre des éléments de grande modernité et de conservatisme religieux.
L'ouvrage nous décrit un autre type de guerre. C'est une violence géographique par la construction de colonies, de murs et de routes de contournement qui barrent le paysage. C'est une agression moins spectaculaire, plus discrète et finalement plus perfide. Le but est d'isoler les palestiniens des petits îlots viables pour les forcer à partir à plus ou moins long terme. Ce blocus de villes et de villages affame une population confinée. Cette logique des colonies empêche toute possibilité d'un état binational. Et surtout, elle alimente le cycle de la violence.
J'ai été victime durant des années d'une certaine vue journalistique qui nous décrivait les palestiniens comme de vulgaires terroristes s'en prenant à des populations civiles innocentes. On avait juste oublié qu'il s'agissait d'une guerre entre un occupant et un territoire occupé. J'ai compris bien plus tard les subtilités de cette guerre où l'on pousse les gens dans leur pire retranchement pour justifier d'une infamie encore plus grande. Bien entendu, les deux camps ne sont pas en reste et on pourrait passer des heures à livrer des auto-critiques. Cependant, cet ouvrage nous fait juste comprendre l'essentiel pour ne pas le perdre de vue. Il s'agit de comprendre le mécanisme instrumentalisation par l'alimentation de la menace terroriste et sécuritaire que l'on crée de toute pièce par des dérives colonialistes.
Etre pour la paix et contre la colonisation, être pour la création de deux Etats qui œuvrent pour le bien de leur peuple respectif: est-ce mal ? Bref, juste le respect des droits de l'homme. Alors, oui, l'auteur a bien fait de nous apporter le témoignage de son livre pour nous ouvrir l'esprit. Ne pas se laisser influencer par les détails qui masquent la forêt. Il faut sauver le peuple palestinien de la violence. C'est à la communauté internationale de changer et d'agir afin que cessent les massacres quasi quotidien dans cette région du monde. Tout conflit finit par cesser. Espérons ne pas aboutir à la destruction totale d'un peuple par un autre car cela serait le pire des scénarios.
Cet l'album est magnifique... S'adressant tout d'abord à la jeunesse, mais pouvant être lu par (car pouvant toucher aussi et surtout) les plus grands.
Le scénario est d'une justesse rare, car une petite partie de l'occupation Allemande y est abordée. Dounia doit juste se cacher à la campagne... Les camps n'est pas le sujet principal de l'album, c'est donc en douceur que l'on pourra commencer à expliquer à son enfant ce qui s'est passé d'horrible pendant la guerre.
La fin de l'album est véritablement touchante et aurait pu me faire pleurer si l'album avait été légèrement plus long.
Le dessin de Lizano est tout mignon, tout en rondeur, juste, personnel, coloré et touchant, tout ce qu'il faut pour accrocher un public jeune.
En un mot, cet album est une perle.
Aimé Lacapelle, le Mike Hammer deep rurality du Tarn ! Avec des vrais bouts d’occitan dedans (et beaucoup de faux), et même un épisode bilingue !
J’ai trouvé les quatre albums terriblement drôles. Les paysans de Ferri sont de vraies caricatures, mais sauvées par une affection profonde de l’auteur, qui glisse de vrais bouts (discrets) de misère campagnarde dans son propos (Ferri, c’est aussi ‘le retour à la terre’).
Le trait n’est pas toujours très lisible, mais colle à l’ambiance : des rustiques trapus, des pépés fatales, et des poules déglinguées.
Pas aussi barré qu’un Gotlieb ou un Maëster, mais j’ai toujours le sourire au lèvres quand je relis la geste tracto-portée du sieur Lacapelle. Macarel !
Ah, la série Jojo ... Toute mon enfance pourrait-on dire.
Jojo, c'est la série type pour enfant, mais le type même de l'excellente série pour enfant.
Le dessin est très bon, étant enfant je l'adorais, mais je constate que même adulte j'accroche autant à celui-ci. Il est simple, rond, mais très attirant, et évolue pas mal au cours des albums. D'ailleurs je dois dire aussi que la colorisation est vraiment bien faite.
Et le tout est servi par des scénarios qui sont excellent. Jojo n'est pas que un héros, c'est un petit garçon comme tout les garçons, et il peut très bien être chahuteur, tapageur, tout comme être émouvant et attachant. Son entourage est également très bon, avec la mamie qui est juste extraordinaire, une mamie en or, autant colérique et carré qu'elle peut se révéler douce et charmante. On rêverait de l'avoir comme mamie. Et le père absent, mais qui adore rire, est aussi excellent. Gros-Louis, Violaine, le proviseur, sont également autant de "gueules" qui amusent, chacun avec ses bons et ses mauvais côtés. J'aimais beaucoup le fait que personne n'est totalement mauvais ou bon.
Et puis les idées développés sont vraiment sympathiques, et j'adorais les morales étant enfant. Maintenant que je suis plus adulte, je trouve certaines un peu simples ou un peu classiques, mais elles sont toujours bien amenées, pas martelées avec des gros sabots. On a également droit à des passages très beau, même si l'humour prédomine, et beaucoup d'interrogation que je me posais étant enfant. J'aimais vraiment beaucoup cette BD.
Maintenant, j'ai grandi, du temps à passé, mais en la relisant je me rends compte que j'aime toujours autant cette BD. Elle est fraiche, sympathique, elle donne le sourire, elle amuse. Je la trouve toujours aussi bien, et je pense qu'elle est encore parfaitement adapté pour les enfants.
Je suis sur d'une chose : cette BD je vais la garder, et je la ferais lire à mes enfants. La bonne BD, c'est irremplaçable, et celle-ci en est le parfait exemple. Jojo a encore de nombreuses lectures devant lui.
Lors de mon passage hebdomadaire chez mon libraire préféré de Narbonne, je suis tombé par hasard sur cette bd et celle-ci m'a interpellé car l'on pouvait voir inscrit sur le présentoir qu'un ex-libris était offert pour l'achat du premier tome de cette série.
Je me suis donc intéressé de plus près à cette œuvre dont la couverture est quand même, quand on y regarde bien, assez glauque : une jolie rouquine assise sur un tas de cadavres à priori découpés au katana.
Comme j'adore la plupart des histoires se déroulant dans le Japon Médiéval et surtout si celles-ci baignent dans une ambiance fantastique, j'ai tout de suite acheté cette bd et je ne le regrette pas du tout .
L'histoire est très originale, une séduisante jeune fille d'origine irlandaise par sa mère (mais de père japonais) recherche sa sœur sur les routes hostiles du Japon en 1192. Cela pourrait être une histoire assez classique, mais voilà elle est accompagnée par le fantôme de son père tué sept ans plus tôt. Durant son périple sanglant (car on s'apercevra que cette frêle demoiselle est en fait une redoutable guerrière) elle rencontre de nombreux personnages tous aussi sympathiques les uns que les autres.
L'histoire est lancée et comme l'a signalé iannick dans son avis, cela va très vite, on alterne entre souvenirs de la jolie demoiselle et scènes d'actions, assez violentes d'ailleurs.
Le dessin est à mon goût sympathique, mais pas extraordinaire (ce n'est le style de dessin que j'affectionne le plus). Il faut tout de même signaler qu'il s'adapte parfaitement au récit et que la colorisation est très agréable.
J'espère, comme les autres posteurs , que cette série va tenir toutes ses promesses et que les prochains tomes seront aussi réussis et qu'ils arriveront à me procurer autant de plaisir que m'a apporté la lecture de ce premier tome.
C'est donc, à mon goût, une série prometteuse à suivre.
Tiens ? Je me rends compte qu'à part cet album (maintenant lu), je ne connaissais pas l’œuvre du très célèbre Lupano. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça donne envie de s'y plonger plus en profondeur.
En effet, cet album est une véritable réussite, tant au niveau du graphisme que du scénario.
L'histoire, adaptée d'une légende anglaise datant de l'époque napoléonienne est formidablement bien travaillée pour nous donner un conte cruel, rempli de dialogues bien sentis, de situations cocasses et de très bons moments, le tout mâtiné d'humour noir, très noir. J'ai beaucoup aimé, cette histoire qui reflète la bêtise et l'absurdité de l'homme. En plus, grâce à la chute magnifiquement bien trouvée, l'album arrive à bien retomber sur ses pattes (le cadre spatio-temporel du récit est vraiment bien réfléchi ; quel plaisir à lire).
Le dessin, quant à lui, résolument moderne, me plait beaucoup. Dans un style proche de celui de Rabaté, c'est le genre de dessin, soigné et lâché en même temps, qui, même si je trouve est un peu brouillon, est extrêmement esthétique (les visages sont très drôles, l'encrage très sympa et les couleurs magnifiques).
Un one-shot récent à lire.
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Voyage aux îles de la Désolation
Ce n’est pas un secret pour mon entourage : j’aime les carnets de voyage et j’en fais aussi. Cependant, lorsqu’il s’agit d’en faire une petit bande dessinée, je réponds qu’il faut un sacré coup de patte. Sans contestation possible, Emmanuel Lepage, lui, a ce talent qui peut lui permettre de réaliser un magnifique album à partir de ses « croquis » faits sur place. Cette faculté, il l’a mise en œuvre pour concevoir « Voyage aux îles de la Désolation ». « Voyage aux îles de la Désolation » retrace le séjour d’un mois d’Emmanuel Lepage à bord du « Marion Dufresne » dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) en mars/avril 2010. Ce qui frappe à la lecture de cet album, ce sont les superbes illustrations en pleine page qui y apparaissent ça et là. Ensuite, c’est sa pagination conséquente (158 pages) résultant du parti-pris d’Emmanuel Lepage d’aborder son séjour chronologiquement. Et enfin, ce sont les nombreuses explications de l’auteur sur comment s’organise la vie à bord de ce bateau et comment il « vit » la découverte de ces lieux pratiquement coupés du monde. En lisant « Voyage aux îles de la Désolation », j’ai vraiment eu la sensation de partager avec l’auteur son séjour dans ce navire et dans les terres australes, j’ai eu le sentiment de voyager avec lui au point d’avoir eu du mal à me décrocher de la lecture ! On pourrait peut-être reprocher à l’auteur de ne pas aborder suffisamment l’intérêt de ces missions, sur le « pourquoi » on emmène des scientifiques dans ces contrées mais, moi, lecteur trop gavé de paroles sur l’écologie et sur le développement durable, ce peu d’explications m’ont amplement suffi et ça m’a permis –enfin- de contempler tranquillement les images sans être à chaque fois abruties par les propos écologiques moralisants. En gros, le « Marion Duquesne » est chargé de ravitailler ces îles où vivent essentiellement des scientifiques… et cette explication me suffit largement ! Le dessin d’Emmanuel Lepage est tantôt brouillon tantôt léché. Personnellement, j’aime cette diversité de style dans un seul album tant que ça reste lisible et beau à contempler, ce qui est le cas dans « Voyage aux îles de la Désolation ». La narration m’est apparue parfaite, l’auteur sait ralentir et accélérer son récit quand il le faut. Ainsi, lorsqu’il aborde des séquences calmes, le lecteur a le droit à des planches très aérées, et inversement. Ça peut paraître toute simple comme remarque mais avec cet album, j’ai senti vraiment que l’auteur me prenait fermement en main. C’est comme si Emmanuel Lepage nous dictait son voyage sans que nous ayons le besoin de lui couper la parole tellement c’est passionnant ce qu’il raconte ! « Voyage aux îles de la Désolation » est un album que j’ai beaucoup aimé. J’y ai retrouvé tout ce que j’apprécie dans une bande dessinée documentaire : un dessin « vivant » (c’est à dire qu’il change de style) et beau, un récit intéressant mais non « barbant » et une histoire qui me fait scotcher du début jusqu’à la fin et qui me donne la sensation de voyager avec l’auteur.
Mezek
Cette BD m’a semblé très « académique » sur la forme : narration linéaire, personnages un peu stéréotypés et dessin propre et aéré (presque « ligne claire »). Par contre son background historique m’a passionné et montre les difficultés pratiques suivant la création d’Israël, et notamment son incapacité à se défendre militairement dans un contexte diplomatique compliqué. Le quotidien de ces mercenaires est intéressant, rythmé par les patrouilles et les empoignades avec les pilotes de l’armée israélienne. Je n’allais mettre « que » 3/5, la faute à un récit qui selon moi ne décollait pas (un comble !), mais la dernière partie m’a beaucoup plu. L’intrigue s’emballe enfin, et je trouve les réactions de certains personnages intéressantes, on s’éloigne un peu des clichés suscités. Du coup je suis resté sur une impression très positive. Un album un poil académique, mais intéressant et finalement très divertissant, qui devrait ravir les amateurs de récits de guerre et d’Histoire.
Ce que le vent apporte
Cette BD m’a beaucoup plu, mais soyez prévenus : elle est très classique et ressert une énième histoire sur le thème de la Bête du Gévaudan, mais cette fois-ci en Sibérie. Le contexte historique peut sembler intéressant au premier abord, mais il est finalement assez peu montré. On retrouve tous les poncifs du genre : le petit village isolé, des meurtres sauvages attribués à une bête mystérieuse, des croyances locales, des personnages bien épais, et au milieu de tout ça un homme de la ville menant l’enquête, jusqu’à un dénouement inattendu. J’ai récemment lu La Bête de Chabouté, et j’aurais pu décrire cet album exactement de la même façon ! Du déjà-vu donc, mais j’ai trouvé le déroulement de l’intrigue passionnant, et la fin ne m’a pas déçu. J’ai trouvé le dessin superbe (quelle couverture !), et parfaitement adapté à l’ambiance. Une chouette « histoire de monstre », classique mais efficace.
Le Train des Orphelins
Une belle histoire, sur un sujet qui pourrait sembler difficile au premier abord (déportement massif d’orphelins). Mais les auteurs ont réussi à instiller une ambiance légère, presque humoristique, sans pour autant trahir le message de fond. Je dis bien LES auteurs, parce que cette prouesse est due autant au dessin qu’à l’histoire même. L’intrigue est prenante, car elle commence par une scène finale intrigante, avant de replonger dans le passé pour nous en expliquer les origines. Les aventures de nos orphelins alternent des passages légers et humoristiques avec des scènes consternantes. Les « distributions » d’enfants aux parents en forme de foire aux bovins sont absolument incroyables quand on considère la complexité des procédures d’adoption modernes. La fin est bien vue, même si le « mélange » qui en est à l’origine me parait un peu gros. Et comme je le dis plus haut, le dessin est en parfaite adéquation avec l’histoire. Il est superbe, mais surtout dédramatise un peu les situations. Il est coloré, dynamique et aéré. Au final les planches sont vraiment superbes. Une chouette histoire, terminée en deux tomes (même si d’autres cycles sont prévus). Que demander de plus ?
Torture blanche
Torture blanche n'est pas une bd dont le but est de nous émerveiller devant les images. Cela s'adresse à un public qui a le sens de la réflexion dans un support qui en est souvent dépourvu par sa nature même divertissante. En effet, on est plongé au cœur même du conflit israélo-palestinien pour en essayer d'avoir une vue impartiale. On va suivre un petit groupe dont fait partie l'auteur dans une mission qui vise à manifester leur soutien pour la reconnaissance d'un droit du peuple palestinien (droit à la paix, à la sécurité, à l'autodétermination...). Aujourd'hui, la Palestine est une terre de conflits et de déchirements alors qu'elle était à l'origine une terre biblique et sainte. Il n'y a pas de véritable frontière car elle est parsemée par des colonies israéliennes. La récente construction d'un mur de séparation accentue le fractionnement territorial de ce pays sans état où seule l'Autorité palestinienne peut exercer certains pouvoirs sur une population aux conditions de vie dégradées. Entre soulèvements populaire (l'Intifada) et affrontements armés, le processus de paix peine à se poursuivre malgré une forte implication de la communauté internationale. Dans ce contexte, les Palestiniens tentent de leur côté de maintenir vivantes une culture et une identité nationale. La création de l'état d'Israël, état du peuple juif, trouve son origine dans le projet d'établissement d'un foyer national juif en Palestine avancé dès le XIX ème siècle par le mouvement sioniste. C'est en 1948, au lendemain de la Shoah, dans un contexte d'extrême tension, que naît l'état d'Israël. Celui-ci, situé entre l'Égypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie et les Territoires palestiniens, entretient, depuis sa création, des rapports conflictuels avec ses voisins. Il aura fallu plusieurs guerre pour que ce pays dont la démographie a été nourri par l'immigration, puisse exister entre des éléments de grande modernité et de conservatisme religieux. L'ouvrage nous décrit un autre type de guerre. C'est une violence géographique par la construction de colonies, de murs et de routes de contournement qui barrent le paysage. C'est une agression moins spectaculaire, plus discrète et finalement plus perfide. Le but est d'isoler les palestiniens des petits îlots viables pour les forcer à partir à plus ou moins long terme. Ce blocus de villes et de villages affame une population confinée. Cette logique des colonies empêche toute possibilité d'un état binational. Et surtout, elle alimente le cycle de la violence. J'ai été victime durant des années d'une certaine vue journalistique qui nous décrivait les palestiniens comme de vulgaires terroristes s'en prenant à des populations civiles innocentes. On avait juste oublié qu'il s'agissait d'une guerre entre un occupant et un territoire occupé. J'ai compris bien plus tard les subtilités de cette guerre où l'on pousse les gens dans leur pire retranchement pour justifier d'une infamie encore plus grande. Bien entendu, les deux camps ne sont pas en reste et on pourrait passer des heures à livrer des auto-critiques. Cependant, cet ouvrage nous fait juste comprendre l'essentiel pour ne pas le perdre de vue. Il s'agit de comprendre le mécanisme instrumentalisation par l'alimentation de la menace terroriste et sécuritaire que l'on crée de toute pièce par des dérives colonialistes. Etre pour la paix et contre la colonisation, être pour la création de deux Etats qui œuvrent pour le bien de leur peuple respectif: est-ce mal ? Bref, juste le respect des droits de l'homme. Alors, oui, l'auteur a bien fait de nous apporter le témoignage de son livre pour nous ouvrir l'esprit. Ne pas se laisser influencer par les détails qui masquent la forêt. Il faut sauver le peuple palestinien de la violence. C'est à la communauté internationale de changer et d'agir afin que cessent les massacres quasi quotidien dans cette région du monde. Tout conflit finit par cesser. Espérons ne pas aboutir à la destruction totale d'un peuple par un autre car cela serait le pire des scénarios.
L'Enfant cachée
Cet l'album est magnifique... S'adressant tout d'abord à la jeunesse, mais pouvant être lu par (car pouvant toucher aussi et surtout) les plus grands. Le scénario est d'une justesse rare, car une petite partie de l'occupation Allemande y est abordée. Dounia doit juste se cacher à la campagne... Les camps n'est pas le sujet principal de l'album, c'est donc en douceur que l'on pourra commencer à expliquer à son enfant ce qui s'est passé d'horrible pendant la guerre. La fin de l'album est véritablement touchante et aurait pu me faire pleurer si l'album avait été légèrement plus long. Le dessin de Lizano est tout mignon, tout en rondeur, juste, personnel, coloré et touchant, tout ce qu'il faut pour accrocher un public jeune. En un mot, cet album est une perle.
Aimé Lacapelle
Aimé Lacapelle, le Mike Hammer deep rurality du Tarn ! Avec des vrais bouts d’occitan dedans (et beaucoup de faux), et même un épisode bilingue ! J’ai trouvé les quatre albums terriblement drôles. Les paysans de Ferri sont de vraies caricatures, mais sauvées par une affection profonde de l’auteur, qui glisse de vrais bouts (discrets) de misère campagnarde dans son propos (Ferri, c’est aussi ‘le retour à la terre’). Le trait n’est pas toujours très lisible, mais colle à l’ambiance : des rustiques trapus, des pépés fatales, et des poules déglinguées. Pas aussi barré qu’un Gotlieb ou un Maëster, mais j’ai toujours le sourire au lèvres quand je relis la geste tracto-portée du sieur Lacapelle. Macarel !
Jojo
Ah, la série Jojo ... Toute mon enfance pourrait-on dire. Jojo, c'est la série type pour enfant, mais le type même de l'excellente série pour enfant. Le dessin est très bon, étant enfant je l'adorais, mais je constate que même adulte j'accroche autant à celui-ci. Il est simple, rond, mais très attirant, et évolue pas mal au cours des albums. D'ailleurs je dois dire aussi que la colorisation est vraiment bien faite. Et le tout est servi par des scénarios qui sont excellent. Jojo n'est pas que un héros, c'est un petit garçon comme tout les garçons, et il peut très bien être chahuteur, tapageur, tout comme être émouvant et attachant. Son entourage est également très bon, avec la mamie qui est juste extraordinaire, une mamie en or, autant colérique et carré qu'elle peut se révéler douce et charmante. On rêverait de l'avoir comme mamie. Et le père absent, mais qui adore rire, est aussi excellent. Gros-Louis, Violaine, le proviseur, sont également autant de "gueules" qui amusent, chacun avec ses bons et ses mauvais côtés. J'aimais beaucoup le fait que personne n'est totalement mauvais ou bon. Et puis les idées développés sont vraiment sympathiques, et j'adorais les morales étant enfant. Maintenant que je suis plus adulte, je trouve certaines un peu simples ou un peu classiques, mais elles sont toujours bien amenées, pas martelées avec des gros sabots. On a également droit à des passages très beau, même si l'humour prédomine, et beaucoup d'interrogation que je me posais étant enfant. J'aimais vraiment beaucoup cette BD. Maintenant, j'ai grandi, du temps à passé, mais en la relisant je me rends compte que j'aime toujours autant cette BD. Elle est fraiche, sympathique, elle donne le sourire, elle amuse. Je la trouve toujours aussi bien, et je pense qu'elle est encore parfaitement adapté pour les enfants. Je suis sur d'une chose : cette BD je vais la garder, et je la ferais lire à mes enfants. La bonne BD, c'est irremplaçable, et celle-ci en est le parfait exemple. Jojo a encore de nombreuses lectures devant lui.
Isabellae
Lors de mon passage hebdomadaire chez mon libraire préféré de Narbonne, je suis tombé par hasard sur cette bd et celle-ci m'a interpellé car l'on pouvait voir inscrit sur le présentoir qu'un ex-libris était offert pour l'achat du premier tome de cette série. Je me suis donc intéressé de plus près à cette œuvre dont la couverture est quand même, quand on y regarde bien, assez glauque : une jolie rouquine assise sur un tas de cadavres à priori découpés au katana. Comme j'adore la plupart des histoires se déroulant dans le Japon Médiéval et surtout si celles-ci baignent dans une ambiance fantastique, j'ai tout de suite acheté cette bd et je ne le regrette pas du tout . L'histoire est très originale, une séduisante jeune fille d'origine irlandaise par sa mère (mais de père japonais) recherche sa sœur sur les routes hostiles du Japon en 1192. Cela pourrait être une histoire assez classique, mais voilà elle est accompagnée par le fantôme de son père tué sept ans plus tôt. Durant son périple sanglant (car on s'apercevra que cette frêle demoiselle est en fait une redoutable guerrière) elle rencontre de nombreux personnages tous aussi sympathiques les uns que les autres. L'histoire est lancée et comme l'a signalé iannick dans son avis, cela va très vite, on alterne entre souvenirs de la jolie demoiselle et scènes d'actions, assez violentes d'ailleurs. Le dessin est à mon goût sympathique, mais pas extraordinaire (ce n'est le style de dessin que j'affectionne le plus). Il faut tout de même signaler qu'il s'adapte parfaitement au récit et que la colorisation est très agréable. J'espère, comme les autres posteurs , que cette série va tenir toutes ses promesses et que les prochains tomes seront aussi réussis et qu'ils arriveront à me procurer autant de plaisir que m'a apporté la lecture de ce premier tome. C'est donc, à mon goût, une série prometteuse à suivre.
Le Singe de Hartlepool
Tiens ? Je me rends compte qu'à part cet album (maintenant lu), je ne connaissais pas l’œuvre du très célèbre Lupano. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça donne envie de s'y plonger plus en profondeur. En effet, cet album est une véritable réussite, tant au niveau du graphisme que du scénario. L'histoire, adaptée d'une légende anglaise datant de l'époque napoléonienne est formidablement bien travaillée pour nous donner un conte cruel, rempli de dialogues bien sentis, de situations cocasses et de très bons moments, le tout mâtiné d'humour noir, très noir. J'ai beaucoup aimé, cette histoire qui reflète la bêtise et l'absurdité de l'homme. En plus, grâce à la chute magnifiquement bien trouvée, l'album arrive à bien retomber sur ses pattes (le cadre spatio-temporel du récit est vraiment bien réfléchi ; quel plaisir à lire). Le dessin, quant à lui, résolument moderne, me plait beaucoup. Dans un style proche de celui de Rabaté, c'est le genre de dessin, soigné et lâché en même temps, qui, même si je trouve est un peu brouillon, est extrêmement esthétique (les visages sont très drôles, l'encrage très sympa et les couleurs magnifiques). Un one-shot récent à lire.