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La Douce (Schuiten)

Note: 2.89/5
(2.89/5 pour 9 avis)

À cinquante ans passés, Léon Van Bel, machiniste-mécanicien proche de la retraite, s’accroche passionnément à son métier de cheminot, et à la machine qui l’incarne : la 12.004, somptueuse loco à vapeur de plus de vingt mètres de long, avec laquelle il a déjà fait quatre fois le tour de la terre et qu’il surnomme affectueusement « la Douce ». (texte de l'éditeur)


Autour du Rail Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc, Bruxelles Schuiten

À cinquante ans passés, Léon Van Bel, machiniste-mécanicien proche de la retraite, s’accroche passionnément à son métier de cheminot, et à la machine qui l’incarne : la 12.004, somptueuse loco à vapeur de plus de vingt mètres de long, avec laquelle il a déjà fait quatre fois le tour de la terre et qu’il surnomme affectueusement « la Douce ». Mais au fond, il ne se fait guère d’illusions. Dans ce monde qui pourrait être le nôtre, les transports ferroviaires traditionnels seront très bientôt détrônés par le téléphérique, et Van Bel irrémédiablement mis au rancart, sacrifié comme sa machine aux exigences de la modernité. Pour protéger la loco du dépeçage, le vieux cheminot révolté tente, en vain, de voler la Douce. Persuadé néanmoins qu’elle a pu échapper aux ferrailleurs, et qu’il saura la retrouver, il embarque clandestinement à bord du téléphérique, en compagnie d’une jeune femme mutique dont il a déjà brièvement croisé la route, dans des circonstances dramatiques… (texte de l'éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Avril 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Douce (Schuiten)
Les notes (9)
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14/05/2012 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Noirdésir

Schuiten est un auteur qui m’intéresse, et qui a la particularité de faire de ses décors (cités fantastiques généralement) les vrais personnages principaux de ses albums. C’est avec un peu plus de circonspection que j’ai lu celui-ci, craignant, après un feuilletage rapide (et à la vue du dossier final), que ce ne soit qu’un album de circonstance, sponsorisé par une quelconque SNCF (en l’occurrence son homologue belge), bref, qu’il ne s’y trouve rien d’intéressant. Au final, c’est un avis ambigu qui pointe. En effet, comme pressenti, ce n’est pas l’histoire de Schuiten qui m’a le plus intéressé. De lui, je préfère largement Les Cités obscures ou ses « Terres creuses ». Mais j’avoue qu’après un départ poussif (une sorte de naturalisme à la Zola et sa « Bête humaine »), un côté fantastique pointe le bout de son nez, la « Douce » ayant là un petit air de "Transperceneige". J’ai donc suivi la quête de ce cheminot amoureux de sa loco, qui ne veut pas voir mourir un monde dont les repères disparaissent, engloutis par les eaux et l’absence de mémoire ou de reconnaissance pour ceux qui l’ont rendu possible. Cela se laisse lire, mais ça reste quand même décevant. Même si le dessin de Schuiten – comme toujours, est vraiment bon.

11/03/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
L'avatar du posteur sloane

Quant au dessin de Shuiten, il n'y a rien à dire. Ce monsieur sait tenir une plume et le look de cette vieille locomotive des années 30 ne pouvait que convenir à son style. En ce qui concerne l'histoire c'est juste un peu faible. Alors oui cet ancien chauffeur mécanicien à quelque chose d'un peu pathétique, il se dresse comme un rempart face à la modernité qui signifie abandonner tout ce qui a fait sa vie. Malheureusement j'ai eu beaucoup de mal éprouver de l'empathie pour ce vieux bonhomme; sans doute est ce dû à un aspect un peu paradoxal induit par le dessin, à savoir une certaine froideur. Cet ultime voyage est joli mais ne m'a pas touché.

17/05/2015 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 3/5

J'ai bien aimé mais au final, on ne peut s’empêcher de se dire : tout ça pour ça. Je pense tout simplement qu’à travers cette BD, Schuiten a voulu rendre hommage aux cheminots et à cette fameuse locomotive de type 12 (très belle d'ailleurs) qui a fait la gloire des chemins de fers belges durant pas mal d’années comme le témoigne le dossier en fin de tome. On rencontre bien sûr les thèmes chers à l’auteur comme : l’évolution des villes, le progrès, la modernité...et je reste toujours bluffé par son côté visionnaire au goût parfois mélancolique, mystérieux, son interprétation de l’architecture et son trait à l’encre de chine toujours très maîtrisé et vivant. Un artiste que j’apprécie beaucoup. Même si certaines situations ne sont pas toujours crédibles, l’histoire a l’avantage d’être simple, humaine et de se lire rapidement.

27/07/2013 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'ai apprécié l'ambiance proche de Cités obscures de ce récit. C'est ici aussi un pays imaginaire qui est mis en scène, avec une part de mystère, un léger sens du fantastique ou du moins de l'irréaliste, une grande influence de l'architecture et de la technologie, et une histoire dont le rythme et la narration rappellent ceux de la série phare de Schuiten et Peeters. J'ai apprécié aussi l'hommage rendu au monde du rail, soutenu par le petit documentaire en fin d'album sur la vraie locomotive 12.004 qui est franchement une très belle machine. Et le tout bénéficie évidemment de l'excellent dessin, toujours aussi soigné, de François Schuiten. Maintenant je dois dire aussi que j'ai été un peu déçu par une fin trop abrupte et sans surprise. Je m'y attendais franchement mais j'aurais aimé plus d'originalité, un développement plus étonnant. Je suis resté sur ma faim et cette conclusion trop plate m'empêche de vraiment apprécier cet ouvrage qui malheureusement ne restera pas fortement ancré dans ma mémoire. J'en conseille quand même l'achat car c'est un bel objet, avec un très beau graphisme et un beau décor sur la thématique du rail.

14/05/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Schuiten est vraiment un excellent dessinateur, mais je ne suis pas convaincu par ses talents de scénariste. L'histoire n'est pas franchement intéressante et les personnages ne sont pas du tout charismatiques. Bon, c'était déjà le cas avec d'autres séries de Schuiten, mais au moins ses autres albums se lisaient rapidement alors qu'ici j'ai dû prendre au moins une demi-heure pour lire ce one-shot et je me suis ennuyé de plus en plus au fil des pages. J'aurais bien mis une étoile si je n'aimais pas le dessin.

18/03/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

Un album bien dans le ton de la série Les Cités obscures, et qui en reprend tous les ingrédients : un personnage mâle relativement âgé et porté sur son travail, une jeune femme en guise de compagnon et une quête insensée nous faisant voyager dans un monde mystérieux magnifiquement mis en image, tantôt en train, tantôt en téléphérique. Les thèmes abordés sont intéressants et abordés de façon subtile : l’amour obsessionnel que peuvent porter certains à leur carrière, le refus du progrès et les conséquences de l’avancée technologique sur l’environnement et notre société (bureaucratie, disparition de certaines professions). La fin m’a semblé un peu convenue, mais cela ne m’a absolument pas gâché mon plaisir de lecture. Un moment de lecture dépaysant et stimulant !

01/02/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 2/5
L'avatar du posteur Blue boy

C’est vrai qu’elle était belle cette locomotive, avec ses lignes rétro-futuristes inspirées du style art déco. Pas étonnant que le passionné d’architecture qu’est Schuiten ait voulu lui rendre cet hommage. Le dessinateur a recouru pour ce one-shot aux hachures à la plume et en noir et blanc, technique avec laquelle il excelle. Pour le reste, je suis plus mitigé. J’ai trouvé que l’histoire se traînait et comportait de nombreux flottements. Le fait que son compère scénariste Peeters n’ait pas conçu le scénario y est sans doute pour quelque chose. Comme pour compenser cette absence, Schuiten a beaucoup emprunté à l’univers des Cités obscures, comme par exemple les anachronismes ou les architectures imposantes, ou encore certaines thématiques telles que la brutalité des froides machines bureaucratiques, avec toujours le corps féminin vu comme un refuge, la matrice soulageant les maux du monde. Pourtant, rien n’y a fait, il apparaît évident que les Cités obscures sans Peeters ne sont plus les Cités obscures. Les personnages sont désincarnés et les dialogues d’une platitude confondante. A aucun moment, je n’ai été vraiment émerveillé par le dessin, si talentueux soit-il, ou happé par le récit. Et malgré toute la poésie qui traverse l’histoire, je n’ai pas ressenti d’émotion. Cette loco ne m’a donc pas embarqué, et nonobstant toute la sincérité et le talent graphique de l’auteur, je trouve cet hommage à moitié raté, ou, si l’on veut rester positif, à moitié réussi. Seuls les amateurs de belles machines pourront peut-être y trouver leur compte, je ne dissuaderai donc pas ceux-là.

25/06/2012 (modifier)

L’auteur s’épanouit dans le thème récurrent du rail qui semble exercer une sorte de fascination sur Schuiten dès qu’il se sépare de Peeters. Après le beau one shot Le Rail l’auteur retrouve ce thème pour un hommage aux machine, une fascination de la relation homme machine et un discours habituel sur le progrès. La maturité permet à l’auteur de rendre son album nettement plus abordable que le rail. Ce qui est perdu en ellipse et en liberté est gagné en simplification du discours. On suit nettement mieux le fil du récit. Parfois j’ai même déploré que l’on soit dans un basique trop fade. Un homme, une relation d’amour avec une machine, le progrès qui laisse pas mal de techniques sur le carreau (et donc les hommes refusant de s’adapter), et l’impact sur la géographie du progrès des hommes. Une partie des thèmes des cités obscures se retrouvent dans ce récit, hélas il manque un côté mystérieux, presque mystique à cette modernité pour donner une ambiance totalement immersive pour le lecteur. Graphiquement en revanche, le trait fait merveille, les machines, les réseaux, les braquets se montrent sous leur meilleur jour. Le noir et blanc donne une force esthétique aux réseaux de communication et donne une âme à la matière. Et si les personnages trouvent des postures parfois peu académiques le travail des visages n’en demeure pas moins brillant. Ce one-shot m’a semblé agréable à la lecture mais perfectible, il manque quelque chose dans le scénario pour en faire une histoire captivante, ici le lecteur se prend plus d’intérêt pour les câbles et l’ingénierie que pour les sujets. A trop vouloir se montrer concret, l’auteur perd l’ellipse et se retrouve dans la vulgaire (au sens commun). Je suis néanmoins ravi de garder cet album dans ma bibliothèque tant le progrès et l’impact sur l’homme se trouvent magistralement présentés.

05/06/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Cet album n’aurait certainement pas dénoté s’il avait été intégré aux Cités obscures. Signé du seul Schuiten, il est cependant paru comme un one-shot. On retrouve bien des ingrédients auxquels l’auteur nous a déjà habitués : un objet industriel et esthétique comme élément central (ici, une locomotive), une femme-enfant belle et énigmatique, une quête, un final qui mène les personnages vers de nouveaux horizons, un dessin léché, élégant, un univers marqué par le travail de l’homme mais non dénué de poésie. Le résultat est plaisant. Le début m’a rappelé « la bête humaine » de Zola, la suite est moins puissante mais je me suis attaché à ce vieux monsieur refusant la modernité et parti pour une quête désespérée autant qu’ultime. Le final, un peu plat et convenu m’a laissé sur ma faim, par contre. Mais un album de Schuiten dépasse souvent son simple support. L’auteur est un chercheur, un aventurier de la bd. Dans le cas présent, acquérir l’album permet de mener une expérience médiatique étonnante qui associe bande dessinée et informatique. Cette technique permet d’ouvrir de nouvelles portes même si, dans le cas présent, il s’agit plus d’une démonstration de savoir-faire que d’un ajout ludique. Au final, voilà un bel album, qui plaira aux amateurs du genre. Mieux que « pas mal », mais « franchement bien » me serait paru excessif… s’il n’y avait eu ce petit plus de l’association bd/informatique.

14/05/2012 (modifier)