De toutes les autobiographies de Trondheim, c'est celle que j'ai le plus aimée. Les anecdotes ne sont pas racontées de manière à ce qu'il y ait une chute à la fin de chaque page comme dans Les Petits Riens. Elles sont développées sur plusieurs pages et je préfère cela. J'ai même relu certains passages.
Ces anecdotes sont souvent rigolotes et j'aime beaucoup le sens de l'autodérision de Trondheim qui n'hésite pas à montrer ses défauts. J'aime aussi les réflexions qu'il a au cours de l'album. Je me reconnais d'ailleurs souvent dans ce que Trondheim pense.
Le seul truc qui m'a dérangé, c'est que chaque fois que je voyais Jean-Christophe Menu j'étais un peu gêné parce que je sais comment sa relation s'est détériorée avec Trondheim, donc les voir copains tout en ayant en tête ce qu'ils sont devenus n'est pas un sentiment agréable.
Très belle découverte !
Je ne suis d’ordinaire pas passionné par les westerns mais là, je dois reconnaître que j’ai pris un grand plaisir à cette lecture.
Les planches de Rosinski sont incroyables de technique et de beauté. Tout est très soigné : décors, personnages, couleurs… avec en prime quelques doubles pages grandioses ponctuant les moments clés de l’histoire.
Côté scénar, je ne serai pas aussi dithyrambique mais force est de reconnaître qu’il est très solide.
Van Hamme s’empare avec talent des codes du genre et propose une histoire très prenante, bien qu’un brin classique.
Excellent one shot que je conseille chaleureusement !
Un premier tome très prometteur.
La dimension fantastique est amenée avec finesse tandis que les personnages principaux s’imposent directement grâce à leur charisme et leurs parts de mystère. L’époque et la localisation géographique choisies (la Sicile de l’immédiat après-guerre) apportent encore une nouvelle touche d’originalité.
Par ailleurs, et malgré son originalité, cette histoire est fondamentalement classique dans sa mise en place (un jeune ado « monstrueux » en quête de son père, sa belle-famille sur le dos, est pris en amitié par un projectionniste ambulant marqué par la guerre). Et je suis grand amateur de ce genre de récit… pourvu qu’il soit bien mené.
Enfin, le dessin est d’une grande finesse, finesse encore rehaussée par une colorisation pastel. Là, franchement, c’est du très haut de gamme !!
L’album se lit vite et avec plaisir, avant de se relire plus lentement, histoire de mieux apprécier le dessin. Je suis impatient de retrouver ces personnages pour une suite qui, je l’espère, restera aussi accrocheuse.
Notre belle planète Terre (ou est-ce un autre satellite ?) connait un gigantesque raz-de marée sur l’archipel des Moluques !!!! Sic
De viles créatures ressemblant à des méduses, les Sukoïds, en profitent pour engloutir les hommes ! Il est donc grand temps d’appeler à la rescousse nos Mousquetaires de la Résurrection, j’ai nommé les Praticiens de l’Infernal à savoir Fongor et les jumeaux mutants Thémistècle !!! Tadam !
Si ces noms bizarres sortis de nulle part n’évoquent rien pour vous, nul doute que cette présente et récente œuvre va vous passer au-dessus du crâne comme votre première brosse à reluire.
Pour les autres, les déglingos du ciboulot et les anciens lecteurs des Inrocks quand cette revue était encore hautement intéressante se souviennent peut-être des pérégrinations de ces curieux personnages par un auteur dont je n’avais jamais entendu parlé : Pierre la Police.
L’indignation de l’incompréhension de ces dessins pas très beaux figés par une légende s’est mué peu à peu en curiosité puis en véritable intérêt.
Je cherchais vainement une compilation de ces aventures lorsque la famille Cornélius en fin limier redoutable d’œuvres très recommandables mais peu vendables a eu la bonne idée de sortir cette nouvelle aventure ubuesque et inclassable de ce trio pas ordinaire.
Pierre la Police a un trait gras, figé, statique mais très dynamique. Cet album se lit très rapidement mais pour peu que vous aimez le style, vous y reviendrez comme un idiot attiré par l’appat du gain. Et du gain ici il n’y en a pas par contre il faut avoir plus d’un grain pour apprécier à sa juste mesure ces histoires sans sens, aux dialogues et aux situations complètement dingues qui se suivent, s’empilent et se reproduisent comme une histoire qui n’aurait simplement ni queue ni tête.
On se fiche bien de la cohérence d’une histoire qui n’est qu’un prétexte aux situations les plus absurdes et finalement les plus drôles car cet auteur atypique a le culot d’égaler sur papier les plus grands comme les Monty Pythons sans pour autant les parodier. Qu’importe donc si tel personnage meurt pour mieux revenir 3 pages plus tard ou si les situations sont aussi bêtes qu’hilarantes. On ne sait jamais où l’on va être entrainé mais pour peu qu’on succombe au charme inattendu de Fongor et des deux jumeaux aux pouvoirs insensés, on risque de prendre un pied comme pas permis.
C’est donc peut-être une histoire qui ne surprendra pas les fans de Pierre la Police mais qui sera une véritable torture pour les autres ou au contraire un délice à nul autre égal.
J’ai choisi mon camp et suis toujours aussi surpris de l’effet de ces polissonneries et n’attends qu’une seule chose : la suite comme le promet le prometteur "Vol. 1" sur la couverture immonde à souhait qui ne trompera personne : oui mes amis, bénissez ce jour comme la venue du pape François car Fongor revient et pour le bien d'entre nous tous ! ;)
Ma Loreleï de 11 ans (d'ailleurs une des ados de la meute se nomme aussi ainsi) me remet ce petit format de Bd dans les mains en me disant : "Tu ne l'as pas encore lu !". Et bien c'est ce que je fais avec vous : je vous remets "Varulf" entre les mains et je vous dis : "Vous ne l'avez pas encore lu !"
Ce premier tome campe un univers intriguant voire dérangeant où une bande d'enfants se voient octroyer malgré eux le pouvoir de se transformer en loup ou tout autre animal, traduction du nom scandinave Varulf. Ce qui dérange et rend la lecture encore plus succulente, c'est que le mystère de ce pouvoir n'est en rien révélé.
Seule une chose est sûre, et j'espère ne pas trop en dire, c'est qu'ils tuent les uns après les autres leurs parents. Là aussi le pourquoi de ces agressions reste en suspens.
Mais bon notre bon docteur Freud ne contrariera pas Gwen de Bonneval si sa meute mi homme mi animaux (à chacun son totem) tue leurs parents sans le vouloir tel Oedipe trompé par le destin.
Passons maintenant au dessin de Hugo Piette qui lui aussi rajoute au suspense. Nous sommes avec un dessin certes en ligne claire mais qui donne l'impression d'un dessin enfantin sans pour autant être négligé. Disons un dessin adapté à cet univers médiéval fantastique onirique. Je suis vite rentré dans cet univers qui, de par le travail de couleur, codifie le temps des émotions. Le rouge est là lors de la mort et des scènes de combats, les marrons et gris verts pour l'angoisse ou le stress des personnages et ces noirs si apaisants !
La Bd est collée aux personnages avec très peu de décors ou de paysages détaillés. Ce qui encore une fois restitue le fantastique de l'univers de Varulf. Le personnage du petit frère pose dans la narration les questions essentielles sur le futur de la bande en errance et accompagne le lecteur dans sa lecture.
Un très bon moment de lecture où votre esprit va s'aiguiser et vagabonder avec cette meute en devenir.
La Grande guerre comme décor, comme ambiance d'arrière plan. Période trouble, surtout l'année 1917 durant laquelle se déroule cette histoire. Année du dégoût, des mutineries, "l'année charnière".
Et c'est loin de la boue des tranchées - même si certains flash back nous y ramènent, que l'intrigue se développe. En fait dans une autre boue tout aussi trouble. Celle des intrigues de palais autour de Clémenceau. Celle des marchands d'armes et de leurs petits calculs. Celle des services secrets et autres barbouzes dont on ne sait pas toujours qui ils servent... Pas la morale en tout cas.
J'ai bien aimé le dessin d'Alary, dynamique et en phase avec le scénario de Nury, fluide et rythmé. Les dialogues sont eux aussi courts et rythmés, et on ne s'ennuie pas à la lecture de cet album, qui a fait plus que planter le décor et présenter les personnages.
Et il donne vraiment envie de connaître la suite de l'histoire, avec en plus la promesse d'en connaître le fin mot bientôt puisque c'est un dyptique qui est annoncé.
Bref, lecture fortement recommandée. Si la conclusion de l'histoire ne trahit pas ce premier tome, je pense revoir à la hausse ma note (3,5/5).
**************************************************************************
Après lecture du second tome, je reste sur ma bonne impression.
Silas Corey est encore plus désinvolte, mais toujours aussi efficace, au milieu du panier de crabe où il se débat.
Les rangs s'éclaircissent parmi tous ceux qui recherchent le timbre, et l'on a bien là comme promis la fin de l'histoire.
C'est toujours aussi dynamique et on pardonne facilement le côté James Bond de Silas, infaillible certes, mais quand c'est bien fait, comme ici, je suis bon public.
Seul (tout) petit bémol: j'ai trouvé que l'intrigue s'est un peu trop vite démélée. Sans qu'il y ait d'incohérence. J'aurais aussi aimé voir la personnalité de Nam plus développée.
Enfin bref, je chipote, mais vous recommande toujours autant la lecture de ce dyptique. et passe ma note à 4/5 !
J'ai découvert cette collection "Documentaire" d'Emmanuel Lepage chez Futuropolis avec Un printemps à Tchernobyl, cela avait été une grande révélation pour moi (voir mon avis). Tout naturellement je me suis précipité sur "Voyage aux îles de la Désolation".
Disons le tout de suite, je suis moins enthousiaste que pour Un printemps à Tchernobyl, le voyage dans lequel nous emmène Emmanuel Lepage m'a moins transporté, moins intéressé. C'est tout simplement une histoire de thème, car la façon dont est traitée l'histoire, la narration est excellente. Ça reste instructif pour le béotien que je suis concernant les expéditions scientifiques, les terres australes, les espèces animales qui composent ces terres, etc.
Je pense que l'auteur a voulu aussi mettre en avant les hommes, ces scientifiques qui partent pendant plusieurs semaines/mois loin de leurs familles, faire un travail qui les passionne et c'est réussi. L'ambiance sur le bateau, ou lors des étapes est plutôt bien retranscrite (notamment avec ces portraits).
Le gros plus de ce carnet de voyage, c'est évidement le dessin ! Quelle beauté, quelle maitrise ! Les ambiances sont dans parfaitement retranscrites, les paysages dessinés sont a couper le souffle (je me suis souvent arrêté pour admirer les doubles pages somptueuses). Les mélanges de style (tantôt de l’aquarelle, du croquis, du dessins plus réaliste etc) en font une mise en page réussit ! Vraiment fan de ça !
Alors pour faire un rapide bilan : des dessins somptueux, une histoire instructive, mais avec peu être parfois un rythme un peu lent qui rend la lecture moins prenante. Mais une belle réussite malgré tout !
Pffff... Alors là je ne dis pas merci à BDthèque !!!
Je prends comme résolutions 2013 de moins acheter de BD faute de place et politique d'austérité oblige, et BAM!, je tombe un jour sur le coup de cœur de la semaine de BDthèque : "Neverwhere".
Pour avoir beaucoup aimé le livre originel, je me lance dans la lecture de l'avis et patatras, mes résolutions volent en éclat, et je me retrouve à commander la BD dans la foulée... Je ne craquerai pas la prochaine fois (ah bah non, raté aussi, je me suis lancé dans le diptyque Batman - Un long Halloween et Batman - Amère victoire (Dark Victory), flûte !!!).
Bref : joli livre épais, couleurs chatoyantes, format et dessin style Comics (on aime ou pas, mais en tout cas le résultat est vraiment très propre et très net), histoire respectée et joliment illustrée, je n'ai pas regretté mon achat. Et ça m'a donné envie de relire le livre. Comme quoi l'adaptation ne nuit pas forcément à l'ouvrage initial.
Il faut aimer les récits fantastiques, sur une trame de monde parallèle, mais en tout cas le livre originel ayant déjà été primé, aucune chance d'être déçu par le scénario si vous aimez ce type de récit !!! Et inutile donc d'avoir lu le livre avant. Et si vous l'avez lu, je ne pense pas qu'on puisse être déçu non plus !
Dans les défauts ? Une impression de coloris un peu pâlot parfois qui fait un trop grand contraste avec certaines couleurs prédominantes mais c'est un détail et encore une fois, on est très dans le dessin made in "comics" donc ça ne m'a choqué plus que ça. Et une reliure qui m'inquiète un peu mais c'est peut-être lié à mon volume que j'ai acheté d'occasion (j'ai déjà eu un sacré problème avec quelques Bone alors je me méfie).
Voilà, amateurs de fantastique et de BD, ce livre est fait pour vous, n'hésitez pas ! Sauf à être allergique au côté comics du dessin !
PS : Vive le coup de cœur de la semaine et tant pis pour mon porte monnaie !!!
PS : Et donc un grand merci à tous ceux qui nous livrent parfois des avis si plaisants à lire et si convaincants puisqu'ils permettent de découvrir des tas de BD auxquelles on n'aurait pas forcément pensé !!!
Je ne suis pas fan de Batman à l'origine, mais les derniers films de C. Nolan m'ont donné envie de me plonger un peu plus dans cet univers. Et pour cause ils sont plus ou moins inspirés par ce Long Halloween.
La nouvelle édition me plaît beaucoup. D'aucuns lui trouveront en effet un air de dico, mais moi j'apprécie la belle réalisation qualitative de l'ensemble. Un énorme volume bien présenté avec plus de 300 pages à lire, et de très bonnes critiques sur bdthèque, ça donne envie, alors j'ai craqué !
Eh ben, je n'ai pas été déçu du tout.
Le style du dessin m'a d'abord dérouté : je suis très sensible à la qualité graphique et on va dire que le dessin utilisé fait de noir profond et de couleurs ternes, jouant beaucoup sur les ombres, et sur une certaine simplicité du trait mais aussi sur un côté un peu "mal fini" ou inachevé ne fait pas partie de ce qui m'attire au premier regard. Pourtant la magie opère et au bout de quelques pages, on en apprécie que davantage les effets de mise en page particulièrement soignés, les cadrages, les pleines pages etc... Et la palette de teintes utilisée vous plonge dans un Gotham étouffant et glauque à souhait.
On retrouve aussi avec un certain plaisir les principaux adversaires de Batman. Avec notamment Catwoman dont le relationnel avec Batman est assez intriguant. Certes on peut considérer qu'ils arrivent un peu à la queue leu leu, à la manière d'un inventaire à la Prévert (notamment sur une planche où ils sont tous rassemblés !!!) ! Cela dit, cette succession d'adversaires reste cohérente avec l'histoire, et n'est pas bâclée pour autant. Et puis pourquoi pas après tout puisque cela entre dans un récit qui évoque une histoire globale de Batman autour d'un fil conducteur qui est une intrigue policière. Intrigue parfaitement maîtrisée d'ailleurs jusqu'au coup de théâtre final ! Bien sûr, les ficelles ont déjà été utilisées mais ça marche à tous les coups, et je me suis vraiment pris au jeu de chercher qui était Holiday !!!
Bref... J'ai adoré. Ce livre, c'est un peu "découvrez Gotham, Batman et tout son univers en un tome" ! Et du coup, je signe bientôt pour 'Amère victoire', le second volet de ce diptyque. On peut s'arrêter à un Long Halloween, l'histoire fait un tout. Mais personnellement, j'ai pris un vrai plaisir à lire cet ouvrage, alors j'ai envie de me promener à nouveau dans Gotham en compagnie de l'homme chauve souris !
J'avais peine à croire cette lecture autre qu'un immense canular !
Et de lire ensuite que cela s'est vraiment passé ... c'en devient un immense camouflet !
C'est un véritable traité sur jusqu'où la peur et la haine peuvent mener l'âme humaine ?
Et l'humanité ne se retrouve pas tellement grandie à la lecture de cet opus troublant sur le fond, et déconcertant voire comique sur la forme !
Je n'aimais que moyennement le traitement graphique qui m'a fait sérieusement hésiter de mettre une cote en dessous de celle laissée. Mais l'originalité de l'ensemble, et le récit très bien mené de cet opus, m'a conduit à tout de même laisser les 4 *
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Approximativement
De toutes les autobiographies de Trondheim, c'est celle que j'ai le plus aimée. Les anecdotes ne sont pas racontées de manière à ce qu'il y ait une chute à la fin de chaque page comme dans Les Petits Riens. Elles sont développées sur plusieurs pages et je préfère cela. J'ai même relu certains passages. Ces anecdotes sont souvent rigolotes et j'aime beaucoup le sens de l'autodérision de Trondheim qui n'hésite pas à montrer ses défauts. J'aime aussi les réflexions qu'il a au cours de l'album. Je me reconnais d'ailleurs souvent dans ce que Trondheim pense. Le seul truc qui m'a dérangé, c'est que chaque fois que je voyais Jean-Christophe Menu j'étais un peu gêné parce que je sais comment sa relation s'est détériorée avec Trondheim, donc les voir copains tout en ayant en tête ce qu'ils sont devenus n'est pas un sentiment agréable.
Western
Très belle découverte ! Je ne suis d’ordinaire pas passionné par les westerns mais là, je dois reconnaître que j’ai pris un grand plaisir à cette lecture. Les planches de Rosinski sont incroyables de technique et de beauté. Tout est très soigné : décors, personnages, couleurs… avec en prime quelques doubles pages grandioses ponctuant les moments clés de l’histoire. Côté scénar, je ne serai pas aussi dithyrambique mais force est de reconnaître qu’il est très solide. Van Hamme s’empare avec talent des codes du genre et propose une histoire très prenante, bien qu’un brin classique. Excellent one shot que je conseille chaleureusement !
Vito
Un premier tome très prometteur. La dimension fantastique est amenée avec finesse tandis que les personnages principaux s’imposent directement grâce à leur charisme et leurs parts de mystère. L’époque et la localisation géographique choisies (la Sicile de l’immédiat après-guerre) apportent encore une nouvelle touche d’originalité. Par ailleurs, et malgré son originalité, cette histoire est fondamentalement classique dans sa mise en place (un jeune ado « monstrueux » en quête de son père, sa belle-famille sur le dos, est pris en amitié par un projectionniste ambulant marqué par la guerre). Et je suis grand amateur de ce genre de récit… pourvu qu’il soit bien mené. Enfin, le dessin est d’une grande finesse, finesse encore rehaussée par une colorisation pastel. Là, franchement, c’est du très haut de gamme !! L’album se lit vite et avec plaisir, avant de se relire plus lentement, histoire de mieux apprécier le dessin. Je suis impatient de retrouver ces personnages pour une suite qui, je l’espère, restera aussi accrocheuse.
Les Praticiens de l'infernal
Notre belle planète Terre (ou est-ce un autre satellite ?) connait un gigantesque raz-de marée sur l’archipel des Moluques !!!! Sic De viles créatures ressemblant à des méduses, les Sukoïds, en profitent pour engloutir les hommes ! Il est donc grand temps d’appeler à la rescousse nos Mousquetaires de la Résurrection, j’ai nommé les Praticiens de l’Infernal à savoir Fongor et les jumeaux mutants Thémistècle !!! Tadam ! Si ces noms bizarres sortis de nulle part n’évoquent rien pour vous, nul doute que cette présente et récente œuvre va vous passer au-dessus du crâne comme votre première brosse à reluire. Pour les autres, les déglingos du ciboulot et les anciens lecteurs des Inrocks quand cette revue était encore hautement intéressante se souviennent peut-être des pérégrinations de ces curieux personnages par un auteur dont je n’avais jamais entendu parlé : Pierre la Police. L’indignation de l’incompréhension de ces dessins pas très beaux figés par une légende s’est mué peu à peu en curiosité puis en véritable intérêt. Je cherchais vainement une compilation de ces aventures lorsque la famille Cornélius en fin limier redoutable d’œuvres très recommandables mais peu vendables a eu la bonne idée de sortir cette nouvelle aventure ubuesque et inclassable de ce trio pas ordinaire. Pierre la Police a un trait gras, figé, statique mais très dynamique. Cet album se lit très rapidement mais pour peu que vous aimez le style, vous y reviendrez comme un idiot attiré par l’appat du gain. Et du gain ici il n’y en a pas par contre il faut avoir plus d’un grain pour apprécier à sa juste mesure ces histoires sans sens, aux dialogues et aux situations complètement dingues qui se suivent, s’empilent et se reproduisent comme une histoire qui n’aurait simplement ni queue ni tête. On se fiche bien de la cohérence d’une histoire qui n’est qu’un prétexte aux situations les plus absurdes et finalement les plus drôles car cet auteur atypique a le culot d’égaler sur papier les plus grands comme les Monty Pythons sans pour autant les parodier. Qu’importe donc si tel personnage meurt pour mieux revenir 3 pages plus tard ou si les situations sont aussi bêtes qu’hilarantes. On ne sait jamais où l’on va être entrainé mais pour peu qu’on succombe au charme inattendu de Fongor et des deux jumeaux aux pouvoirs insensés, on risque de prendre un pied comme pas permis. C’est donc peut-être une histoire qui ne surprendra pas les fans de Pierre la Police mais qui sera une véritable torture pour les autres ou au contraire un délice à nul autre égal. J’ai choisi mon camp et suis toujours aussi surpris de l’effet de ces polissonneries et n’attends qu’une seule chose : la suite comme le promet le prometteur "Vol. 1" sur la couverture immonde à souhait qui ne trompera personne : oui mes amis, bénissez ce jour comme la venue du pape François car Fongor revient et pour le bien d'entre nous tous ! ;)
Varulf
Ma Loreleï de 11 ans (d'ailleurs une des ados de la meute se nomme aussi ainsi) me remet ce petit format de Bd dans les mains en me disant : "Tu ne l'as pas encore lu !". Et bien c'est ce que je fais avec vous : je vous remets "Varulf" entre les mains et je vous dis : "Vous ne l'avez pas encore lu !" Ce premier tome campe un univers intriguant voire dérangeant où une bande d'enfants se voient octroyer malgré eux le pouvoir de se transformer en loup ou tout autre animal, traduction du nom scandinave Varulf. Ce qui dérange et rend la lecture encore plus succulente, c'est que le mystère de ce pouvoir n'est en rien révélé. Seule une chose est sûre, et j'espère ne pas trop en dire, c'est qu'ils tuent les uns après les autres leurs parents. Là aussi le pourquoi de ces agressions reste en suspens. Mais bon notre bon docteur Freud ne contrariera pas Gwen de Bonneval si sa meute mi homme mi animaux (à chacun son totem) tue leurs parents sans le vouloir tel Oedipe trompé par le destin. Passons maintenant au dessin de Hugo Piette qui lui aussi rajoute au suspense. Nous sommes avec un dessin certes en ligne claire mais qui donne l'impression d'un dessin enfantin sans pour autant être négligé. Disons un dessin adapté à cet univers médiéval fantastique onirique. Je suis vite rentré dans cet univers qui, de par le travail de couleur, codifie le temps des émotions. Le rouge est là lors de la mort et des scènes de combats, les marrons et gris verts pour l'angoisse ou le stress des personnages et ces noirs si apaisants ! La Bd est collée aux personnages avec très peu de décors ou de paysages détaillés. Ce qui encore une fois restitue le fantastique de l'univers de Varulf. Le personnage du petit frère pose dans la narration les questions essentielles sur le futur de la bande en errance et accompagne le lecteur dans sa lecture. Un très bon moment de lecture où votre esprit va s'aiguiser et vagabonder avec cette meute en devenir.
Silas Corey
La Grande guerre comme décor, comme ambiance d'arrière plan. Période trouble, surtout l'année 1917 durant laquelle se déroule cette histoire. Année du dégoût, des mutineries, "l'année charnière". Et c'est loin de la boue des tranchées - même si certains flash back nous y ramènent, que l'intrigue se développe. En fait dans une autre boue tout aussi trouble. Celle des intrigues de palais autour de Clémenceau. Celle des marchands d'armes et de leurs petits calculs. Celle des services secrets et autres barbouzes dont on ne sait pas toujours qui ils servent... Pas la morale en tout cas. J'ai bien aimé le dessin d'Alary, dynamique et en phase avec le scénario de Nury, fluide et rythmé. Les dialogues sont eux aussi courts et rythmés, et on ne s'ennuie pas à la lecture de cet album, qui a fait plus que planter le décor et présenter les personnages. Et il donne vraiment envie de connaître la suite de l'histoire, avec en plus la promesse d'en connaître le fin mot bientôt puisque c'est un dyptique qui est annoncé. Bref, lecture fortement recommandée. Si la conclusion de l'histoire ne trahit pas ce premier tome, je pense revoir à la hausse ma note (3,5/5). ************************************************************************** Après lecture du second tome, je reste sur ma bonne impression. Silas Corey est encore plus désinvolte, mais toujours aussi efficace, au milieu du panier de crabe où il se débat. Les rangs s'éclaircissent parmi tous ceux qui recherchent le timbre, et l'on a bien là comme promis la fin de l'histoire. C'est toujours aussi dynamique et on pardonne facilement le côté James Bond de Silas, infaillible certes, mais quand c'est bien fait, comme ici, je suis bon public. Seul (tout) petit bémol: j'ai trouvé que l'intrigue s'est un peu trop vite démélée. Sans qu'il y ait d'incohérence. J'aurais aussi aimé voir la personnalité de Nam plus développée. Enfin bref, je chipote, mais vous recommande toujours autant la lecture de ce dyptique. et passe ma note à 4/5 !
Voyage aux îles de la Désolation
J'ai découvert cette collection "Documentaire" d'Emmanuel Lepage chez Futuropolis avec Un printemps à Tchernobyl, cela avait été une grande révélation pour moi (voir mon avis). Tout naturellement je me suis précipité sur "Voyage aux îles de la Désolation". Disons le tout de suite, je suis moins enthousiaste que pour Un printemps à Tchernobyl, le voyage dans lequel nous emmène Emmanuel Lepage m'a moins transporté, moins intéressé. C'est tout simplement une histoire de thème, car la façon dont est traitée l'histoire, la narration est excellente. Ça reste instructif pour le béotien que je suis concernant les expéditions scientifiques, les terres australes, les espèces animales qui composent ces terres, etc. Je pense que l'auteur a voulu aussi mettre en avant les hommes, ces scientifiques qui partent pendant plusieurs semaines/mois loin de leurs familles, faire un travail qui les passionne et c'est réussi. L'ambiance sur le bateau, ou lors des étapes est plutôt bien retranscrite (notamment avec ces portraits). Le gros plus de ce carnet de voyage, c'est évidement le dessin ! Quelle beauté, quelle maitrise ! Les ambiances sont dans parfaitement retranscrites, les paysages dessinés sont a couper le souffle (je me suis souvent arrêté pour admirer les doubles pages somptueuses). Les mélanges de style (tantôt de l’aquarelle, du croquis, du dessins plus réaliste etc) en font une mise en page réussit ! Vraiment fan de ça ! Alors pour faire un rapide bilan : des dessins somptueux, une histoire instructive, mais avec peu être parfois un rythme un peu lent qui rend la lecture moins prenante. Mais une belle réussite malgré tout !
Neverwhere
Pffff... Alors là je ne dis pas merci à BDthèque !!! Je prends comme résolutions 2013 de moins acheter de BD faute de place et politique d'austérité oblige, et BAM!, je tombe un jour sur le coup de cœur de la semaine de BDthèque : "Neverwhere". Pour avoir beaucoup aimé le livre originel, je me lance dans la lecture de l'avis et patatras, mes résolutions volent en éclat, et je me retrouve à commander la BD dans la foulée... Je ne craquerai pas la prochaine fois (ah bah non, raté aussi, je me suis lancé dans le diptyque Batman - Un long Halloween et Batman - Amère victoire (Dark Victory), flûte !!!). Bref : joli livre épais, couleurs chatoyantes, format et dessin style Comics (on aime ou pas, mais en tout cas le résultat est vraiment très propre et très net), histoire respectée et joliment illustrée, je n'ai pas regretté mon achat. Et ça m'a donné envie de relire le livre. Comme quoi l'adaptation ne nuit pas forcément à l'ouvrage initial. Il faut aimer les récits fantastiques, sur une trame de monde parallèle, mais en tout cas le livre originel ayant déjà été primé, aucune chance d'être déçu par le scénario si vous aimez ce type de récit !!! Et inutile donc d'avoir lu le livre avant. Et si vous l'avez lu, je ne pense pas qu'on puisse être déçu non plus ! Dans les défauts ? Une impression de coloris un peu pâlot parfois qui fait un trop grand contraste avec certaines couleurs prédominantes mais c'est un détail et encore une fois, on est très dans le dessin made in "comics" donc ça ne m'a choqué plus que ça. Et une reliure qui m'inquiète un peu mais c'est peut-être lié à mon volume que j'ai acheté d'occasion (j'ai déjà eu un sacré problème avec quelques Bone alors je me méfie). Voilà, amateurs de fantastique et de BD, ce livre est fait pour vous, n'hésitez pas ! Sauf à être allergique au côté comics du dessin ! PS : Vive le coup de cœur de la semaine et tant pis pour mon porte monnaie !!! PS : Et donc un grand merci à tous ceux qui nous livrent parfois des avis si plaisants à lire et si convaincants puisqu'ils permettent de découvrir des tas de BD auxquelles on n'aurait pas forcément pensé !!!
Batman - Un long Halloween
Je ne suis pas fan de Batman à l'origine, mais les derniers films de C. Nolan m'ont donné envie de me plonger un peu plus dans cet univers. Et pour cause ils sont plus ou moins inspirés par ce Long Halloween. La nouvelle édition me plaît beaucoup. D'aucuns lui trouveront en effet un air de dico, mais moi j'apprécie la belle réalisation qualitative de l'ensemble. Un énorme volume bien présenté avec plus de 300 pages à lire, et de très bonnes critiques sur bdthèque, ça donne envie, alors j'ai craqué ! Eh ben, je n'ai pas été déçu du tout. Le style du dessin m'a d'abord dérouté : je suis très sensible à la qualité graphique et on va dire que le dessin utilisé fait de noir profond et de couleurs ternes, jouant beaucoup sur les ombres, et sur une certaine simplicité du trait mais aussi sur un côté un peu "mal fini" ou inachevé ne fait pas partie de ce qui m'attire au premier regard. Pourtant la magie opère et au bout de quelques pages, on en apprécie que davantage les effets de mise en page particulièrement soignés, les cadrages, les pleines pages etc... Et la palette de teintes utilisée vous plonge dans un Gotham étouffant et glauque à souhait. On retrouve aussi avec un certain plaisir les principaux adversaires de Batman. Avec notamment Catwoman dont le relationnel avec Batman est assez intriguant. Certes on peut considérer qu'ils arrivent un peu à la queue leu leu, à la manière d'un inventaire à la Prévert (notamment sur une planche où ils sont tous rassemblés !!!) ! Cela dit, cette succession d'adversaires reste cohérente avec l'histoire, et n'est pas bâclée pour autant. Et puis pourquoi pas après tout puisque cela entre dans un récit qui évoque une histoire globale de Batman autour d'un fil conducteur qui est une intrigue policière. Intrigue parfaitement maîtrisée d'ailleurs jusqu'au coup de théâtre final ! Bien sûr, les ficelles ont déjà été utilisées mais ça marche à tous les coups, et je me suis vraiment pris au jeu de chercher qui était Holiday !!! Bref... J'ai adoré. Ce livre, c'est un peu "découvrez Gotham, Batman et tout son univers en un tome" ! Et du coup, je signe bientôt pour 'Amère victoire', le second volet de ce diptyque. On peut s'arrêter à un Long Halloween, l'histoire fait un tout. Mais personnellement, j'ai pris un vrai plaisir à lire cet ouvrage, alors j'ai envie de me promener à nouveau dans Gotham en compagnie de l'homme chauve souris !
Le Singe de Hartlepool
J'avais peine à croire cette lecture autre qu'un immense canular ! Et de lire ensuite que cela s'est vraiment passé ... c'en devient un immense camouflet ! C'est un véritable traité sur jusqu'où la peur et la haine peuvent mener l'âme humaine ? Et l'humanité ne se retrouve pas tellement grandie à la lecture de cet opus troublant sur le fond, et déconcertant voire comique sur la forme ! Je n'aimais que moyennement le traitement graphique qui m'a fait sérieusement hésiter de mettre une cote en dessous de celle laissée. Mais l'originalité de l'ensemble, et le récit très bien mené de cet opus, m'a conduit à tout de même laisser les 4 *