Les derniers avis (32076 avis)

Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Je ne peux dire qu'un seul mot aux auteurs de ce one shot , bravo. Je ne vais pas être trop long pour vanter les mérites de ce très bel ouvrage car tout a quasiment été dit ici et ailleurs. J'avais été interpellé par cette BD à sa sortie , mais en la feuilletant le dessin m'avait poussé à la reposer sur les rayons de ma librairie. Mais au fur à mesure que les mois passaient je m'aperçu que le récit de Lupano (dont je n'avais jamais rien lu) récoltait un grand nombre d'avis positifs sur la BDthèque et qu'il avait été sélectionné au festival d'Angoulême. Ne voulant pas mourir idiot, j'ai emprunté ce one shot à ma médiathèque et j'en suis ravi car il y avait très longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir en lisant une bande dessinée. L'histoire est tout simplement ahurissante car il s'agirait d'une légende anglaise datant des guerres napoléoniennes , période à laquelle Français et Anglais se détestaient copieusement . Après le naufrage d'un navire français les habitants d'un petit village anglais découvrent un survivant qu'ils supposent être un soldat français et veulent lui faire payer son appartenance à l'autre camp. Mais ce naufragé n'est rien d'autre qu'un singe , ancienne mascotte du navire ennemi. Quand on parle de légende on se doute que la vérité a été exagérée, en tout cas je le souhaite en ce qui concerne celle-ci. Mais ce qui me fait peur c'est que de nos jours les habitants du charmant village d'Hartlepool sont encore surnommés "les pendeurs de singe" , cela signifie qu'une partie de cette légende est exacte . Les auteurs eux ne font pas dans la dentelle et dénoncent au travers de cette oeuvre le nationalisme , le racisme , la cruauté et j'en passe. Tout le monde en prend pour son grade Français et Anglais , car la bêtise humaine ne s'arrête pas aux frontières, bien au contraire. Certaines répliques sont à mon goût tellement acides qu'elles en deviennent malsaines ( je pense en particulier aux paroles du capitaine français, mais je laisse le soin aux futurs lecteurs de les découvrir, alors chut). Wilfrid Lupano alterne donc l'humour et le tragique avec brio et à la fin de notre lecture on ne peut qu'être touché par cette fable particulière mais d'une beauté rare. Le dessin , qui au premier abord ne me plaisait pas , est à mon avis en parfait accord avec ce récit. Jérémie Moreau réussit à nous faire détester certains personnages grâce à son dessin qui souvent déforme les personnages au point de les rendre monstrueux. Que dire de plus de cet étonnant one shot , si ce n'est qu'à mon avis il mérite largement le bien que beaucoup de lecteurs pensent de lui.

24/03/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Adieu mélancolie
Adieu mélancolie

Sur le fond, ce recueil de petites histoires est irrésistible, et nous révèle un Goossens au sommet de sa forme, loin d’être mélancolique... Il fait valdinguer les princesses, renvoie le père Noël à ses chères études, ou se moque de l’écriture préhistorique… Son coup de crayon académique et « sérieux », allié à des textes au style volontairement ampoulé et démontant allègrement tous les clichés et autres mythes nichés dans notre inconscient collectif, fait mouche à chaque fois. Les scénarios (si l’on peut dire) sont consternants, et le pire, c’est qu’on s’en tape, parce que c’est tellement unique, le seul risque étant d’imploser de rire. On appelle ça le « Goossens’ style », l’humour au 33ème degré qui déboule là où on ne l’attend pas ! Sur la forme, je suis tout de même un peu plus réticent : seulement 6 histoires sur 28 pages ! Certes, l’objet est bien réalisé comme sait le faire l’Association, mais ces sketchs, si excellents soient-ils, ont déjà été publiés dans Fluide Glacial, donc la maigreur du contenu n’est même pas équilibrée par l’attrait de la nouveauté. C’est dommage, mais au moins l’éditeur a-t-il l’honnêteté de le mentionner…

23/03/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Georges et Louis
Georges et Louis

Georges et Louis, deux écrivains pathétiques à l’origine de scénarios aussi improbables qu’hilarants… Louis le créatif expose sans relâche des idées fumeuses qui laissent bien souvent son compère Georges sans voix. Ce dernier semble être juste là pour l’écouter devant une page désespérément blanche… Son talent : se montrer compréhensif et diplomate (du moins essayer), tout en écartant une à une les propositions du pauvre Louis, car lui seul semble être assez lucide sur les chances de succès de leur entreprise commune… L’humour inclassable et décalé de Goossens provoque des fous-rires irrésistibles, à condition bien sûr de rentrer dans son univers lunaire et intemporel. La particularité du trait est qu’il est à la fois réaliste et caricatural, surtout au niveau des visages qui ont souvent des expressions hilarantes. Il ne faut pas chercher une cohérence dans le récit, dans la mesure où l’absurde est ce qui définit le mieux son style. L’auteur sait comme personne jouer avec les mythes et clichés nichés dans les recoins de notre inconscient collectif. Et comme toujours, on ne sait jamais où il va nous emmener et c’est ça qui est bon. On peut relire ses BD mille fois, on y trouvera toujours un détail amusant auquel on n’aura pas fait attention auparavant. Incontestablement, Goossens restera pour moi un, si ce n’est LE maître en « humour de rire »… Georges et Louis racontent Introduction à la psychologie de bazar La Reine des mouches Panique au bout du fil Sacré comique

23/03/2013 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lastman
Lastman

Je ne suis guère un inconditionnel des ouvrages de Vivès (seuls trouvent grâce à mes yeux Polina et l'irrésistible Les Melons de la colère), pourtant avec "Lastman", cosigné par Balk et Sanlaville, j'ai pris une véritable claque. D'une part, il s'agit d'un formidable divertissement, comparé à tort dans la presse spécialisée à un manga (les magazines Zoo, DBD et CaseMate consacrent ce mois ci de longs articles sur cette nouvelle série). Le ton adopté est drôle, enlevé et enjoué (le personnage de Richard Aldana est riche en bons mots et possède un caractère d'un véritable ours), et j'avoue avoir passé un excellent moment à la lecture de ces presque 200 pages. D'autre part, le dessin, même s'il n'est pas signé par Vivès, l'étoile montante de la bd actuelle, s'apparente à son style si particulier. Avec ce premier volume, de nombreuses intrigues peuvent se développer avec le temps : d'où vient Richard Aldana? Comment vont évoluer ses rapports avec la très belle Mme Valba ? Comment va réagir le Maître Jansen ? Qui est ce mystérieux personnage s'intéressant au tournoi ? Bref un premier volume prometteur et innovant dans la production franco-belge actuelle, qui mérite vraiment toute votre attention (le tirage initial étant prévu à 30 000 exemplaires, Casterman prévoit tout de même un succès éditorial) et qui sera suivi dans l'année 2013 par la parution des deux prochains volumes. J'attends donc la suite avec impatience.

22/03/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

Comme beaucoup, c'est le parti pris graphique mêlant vraies photographies et un dessin minimaliste, tant dans le trait que dans la couleur, qui me rebutait. J'ai longtemps hésité à me lancer dans la lecture de ces trois tomes pourtant encensés. Comme quoi, il faut savoir passer au dessus de ses préjugés pour découvrir les pépites que recèlent des blocs si peu avenants. Car une fois lancé sur les traces de ce médecin de terrain et photographe dans les fins fonds de l'Afghanistan des années 80', en pleine guerre contre l'URSS, on est captivé, saisi, littéralement happé par le récit qu'on nous balance. C'est tout simplement d'une justesse incroyable, emprunt d'une humanité qui fait chaud au cœur, mais aussi d'une grande rudesse dans le choc des cultures qui nous est ici exposé sans jugement. Et c'est ce qui à mes yeux fait la force de cette BD documentaire. Moi qui ne suis pas spécialement adepte du genre, mais qui sait l'apprécier quand il est bien mené, j'ai complètement accroché à cette histoire qu'on nous rapporte. Témoignage clé sur l'envers d'un décor que je ne connaissais qu'à travers des images d'Epinal un peu galvaudées, cette série a changé mon regard sur ce pays, les conflits qui s'y sont passés, sur les gens qui l'ont subi et m'a permis d'appréhender les conflits actuels qui y perdurent de façon nouvelle. Et puis franchement, les péripéties de notre médecin sont dignes d'un bon vieux roman de Jules Verne ! Quel courage et quelle inconscience en même temps ! On ne peut être qu'admiratif devant ce qu'il accomplit. C'est sans conteste un témoignage incontournable sur l'Afghanistan et une période tragique de son histoire, mais aussi sur un peuple et sa façon de vivre dans un pays rude et méconnu. Et ce parti pris graphique, tout aussi aride en début de lecture, sait lui aussi donner l'essentiel et donne toute sa force et sa richesse au récit qu'on nous a transmis. A lire impérativement !

22/03/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Fragments
Fragments

« Fragments » est une chronique de la vie en Italie pendant la seconde guerre mondiale, mais aussi plus récente. Il ne faut pas chercher une analyse poussée de la situation historique. L’auteur s’intéresse surtout au quotidien des gens, le ton est nostalgique, l’histoire est remplie de souvenirs d’enfance, de petits détails et autres anecdotes. Puis il nous explique que la fin de la guerre fut aussi le début de la modernisation, voire américanisation du pays, pour le meilleur ou pour le pire. Graphiquement l’album est superbe, avec de magnifiques pleines pages et une mise en couleur aquarelle élégante. Si je devais faire un reproche je dirais que la narration est parfois confuse. On passe un peu du coq à l’âne, d’une époque à une autre... mais rien de bien gênant. « Fragments » est un « roman graphique » ancré dans un contexte historique et géographique intéressant. Une chouette découverte.

22/03/2013 (modifier)
Par NashTULSA
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Home
Home

J'ai adoré cette BD, autant d'un point de vue graphique que pour son histoire. On sent un potentiel narratif énorme et j'ai vraiment aimé cette sensation de mondes imbriqués que l'on découvre à la fin. Je regrette une fois de plus que ce tome doive rester sans suite surtout avec le nombre de questions soulevées par le scénario et qui resteront malheureusement sans réponse. Je n'ai trouvé aucun blog de l'auteur et Soleil ne répond pas quand on leur demande si cette série verra une suite un jour. Après 5 ans, on peut raisonnablement penser qu'elle est bel et bien morte.

22/03/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête
La Bête

C'est la première fois que je lis une oeuvre de Christophe Chabouté et je ne le regrette pas du tout , bien au contraire. J'ai trouvé ce one shot très plaisant et particulièrement prenant. D'ailleurs je compte bien m'attaquer à d'autres ouvrages de cet auteur qui maîtrise parfaitement le noir et blanc, en espérant prendre autant de plaisir qu'avec cet album. L'histoire , même si elle peut paraître classique, m'a quand même tenue en haleine tout le long de ma lecture. Un policier se rend dans un village perdu en montagne (pendant l'hiver et en pleine tempête de neige bien évidemment) pour enquêter sur la mort suspecte d'un des villageois. Mais voilà le taux de mortalité du "charmant" village ne cesse de croître durant la présence de notre flic aigri mais tout de même sympathique. Le personnage principal est attachant, grâce à son humour décapant et ses remarques qui ne peuvent être que celles d'un flic blasé. Je veux bien croire qu'à force de cotoyer les malfrats, dealers et d'autres personnes aussi peu fréquentables, un policier puisse avoir ce genre de vision des choses. Le scénario est intéressant et il m'a fait penser à un roman de Jean Christophe Grangé adapté au cinéma dont je ne citerai pas le nom pour ne pas inciter de futurs lecteurs à se dire "tiens j'ai déjà vu ça quelque part". Mais il n'y a pas que le policier qui nous permet de passer un bon moment, tous les autres personnages (surtout ceux qui vivent plus de trois pages) sont tous attachants, je pense en particulier au fameux "Vinasse" qui m'a beaucoup amusé. Le dessin est absolument superbe et comme je l'ai déjà signalé plus haut Christophe Chabouté maîtrise le noir et blanc à la perfection. C'est un régal pour les yeux! Je suis en règle générale friand de BD en noir et blanc et j'en lis donc assez souvent, mais de cette qualité c'est quand même assez rare. Si comme moi (avant de lire cet album) vous ne connaissez pas Chabouté lancez vous dans la lecture de ce remarquable thriller, je vous promets une seule chose c'est que vous ne le regretterez pas.

21/03/2013 (modifier)
Couverture de la série L'Héritage du Colonel
L'Héritage du Colonel

Mes précédentes lectures d’albums de Trillo avaient abouti à des impressions très mitigées. Aussi disparates que ses productions : j’avais plutôt aimé Histoires sans paroles, et moins accroché à La Grande Arnaque. L’Héritage du Colonel ne ressemble à aucun des deux ! Mais, après un petit temps d’adaptation – au récit et au dessin, j’avoue avoir apprécié cet album. Le dessin m’a surpris au début. A mi chemin entre un dessin pour enfants et les comics, il y a un petit décalage avec le propos. Au début tout au moins. Car rapidement, je les trouve en symbiose, même si alors ils entretiennent un certain malaise. En effet, cet album est dérangeant. Construit autour de la souffrance, des frustrations, des cauchemars post traumatiques du personnage principal, mais aussi de la société argentine, il traite des effets de la dictature de Videla comme le ferait une analyse mêlant psys et historiens. La lecture de l’introduction est d’ailleurs recommandée pour bien comprendre l’album. Le livre et le documentaire de Robin auxquels il est fait référence sont à lire/voir aussi. Pour la torture dans les dictatures sud-américaines, mais aussi pour le rôle qu’y ont joué certains spécialistes français de la chose après leurs expérimentations algériennes (expérience qui a fortement intéressé certains "humanistes" de Guantanamo…). Elvio, le personnage principal, est traumatisé par ce qu’il a vécu, même si c’est de manière différente des victimes survivantes des tortures de son père. Le transfert qu’il effectue sur les poupées et la torture qu’il inflige involontairement et symboliquement à sa mère, qu’il affame, sont assez dures à suivre – et dans tous les sens du terme ! Les poupées, d’ailleurs, et les sévices qu’elles subissent, ainsi que la manière de les représenter, parfois, m’ont fait songer à Blanquet. Une même ambiance dérangeante les rapproche aussi. Au final, c’est vraiment un album original, dont je recommande vraiment la lecture. Mais pas forcément dans un moment de déprime…

21/03/2013 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Impostures
Impostures

Attention, si vous avez l’impression que les personnages sur la couverture vous rappellent de célèbres héros de bandes dessinées, ce n’est pas une hallucination. Oui nous sommes bien en présence de quelques-uns des piliers du 9e art. Bon, à quelques détails près bien sûr. Ils ont vieilli, pris des rides, du ventre, des cernes, vous leur trouvez un air fatigué ou alcoolique, c’est normal. Une parodie ? Non mieux. L’auteur est allé plus loin que la simple caricature trash. Il nous offre un remarquable détournement de personnages et de séries parmi les plus populaires qui soient. On a droit à des petites séquences qui mettent en scène à chaque fois des héros différents. En vrac on va croiser Spirou et Fantasio qui s’inquiètent du changement de dessinateur, et qui changeront de tête au fil des planches. Un schtroumpf qui se sépare de sa compagne pour incompatibilité de communication, un Luky Luke qui perd la boule, … enfin inutile de tous les citer, allez plutôt lire cet album ! Les situations sont vraiment bien trouvées car on s’éloigne du contenu original et on déporte des marqueurs forts de ces séries dans un contexte inattendu. Ça marche vraiment. On retrouve une multitude de détails empruntés à l’original et réutilisés de manière astucieuse, systématiquement à bon escient, et du coup c’est toujours drôle. L’humour fonctionne d’ailleurs super bien. Que ce soient les dialogues, les situations ou juste les clins d’œil, il y a matière à rigoler à chaque histoire. Certaines plus que d’autres, c’est vrai, mais il n’y a rien à jeter ici. Quand ce n'est pas les dialogues qui sont marrants, on pourra toujours s'amuser de la façon dont sont réutilisés tels ou tels aspects incontournables de l'original. Et en plus ce n’est pas vraiment gras, comme on pourrait le penser au premier abord. Pour ne rien gâcher il y a des petits bonus qui eux aussi sont des références plus que sympathiques à d’autres BD : la première double page intérieure, les pubs pour de faux albums… Tout est bon ! Malin, drôle, très bien réalisé, chaudement recommandé.

21/03/2013 (modifier)