Le Prince de Machiavel est un monument de la littérature que j'ai beaucoup apprécié. On l'étudie jusqu'à Science Po dans le cours d'histoire des idées politiques que j'avais suivi en son temps. C'est une bonne idée que de l'avoir adapté en manga pour le rendre accessible aux plus jeunes.
Il s'agit ici de revivre la vie de Machiavel dans le contexte de l'époque où l'Italie était morcelée en différents états se faisant la guerre souvent à l'aide des forces étrangères comme les Français. Nicolas Machiavel, diplomate de la ville état de Florence va étudier les princes, rois et reines de nombreux pays. Il va forger petit à petit une théorie politique lorsqu'il écrira le Prince.
Le constat est qu'avant d'être admiré, un prince doit être redouté. On a surtout retenu de Machiavel que la fin justifie les moyens. Il lui est attaché une mauvaise image qui ne correspond pas à la réalité de ce qu'il a voulu faire passer comme message. Il faut suivre le parcours de Machiavel pour comprendre sa réflexion au-delà de toute hérésie intellectuelle.
Bien de ses idées sont encore d'actualité de nos jours. Ainsi, il a écrit : "Le peuple place ses espoirs en cette nouvelle présidence aux apparences trompeuses... Il sera rapidement trahi". Cela ne vous rappelle rien ?
Plus qu'une biographie, un état des lieux de l'Europe de la Renaissance où tout était encore à construire. Un but culturel largement atteint par ce manga chaudement recommandé.
Ne boudons pas notre plaisir : une série avec Rosinski aux pinceaux de bout en bout et qui tient en 2 tomes, c'est du tout bon !
Surtout que la trame de fonds qu'il utilise flirte avec quelques uns de mes sujets de prédilection : la peinture ; le XIXe ; les pirates. Autre point intéressant, c'est le jeu qu'Yves Sente introduit dans la construction de son scénario ; il manie les rebondissements en jongleur hors pair pour donner à son récit ce côté épique, dont il se moque en même temps en ridiculisant d'une certaine manière Alexandre Dumas. Pirouette scénaristique à double tranchant, mais que j'ai trouvé efficace pour ce qui me concerne.
Alors, certains pourront reprocher à cette histoire d'aller de Charybde et Scylla et que cet enchaînement de rebondissements est de trop, j'y ai pour ma part trouvé un nouveau clin d’œil au goût du lectorat du XIXe pour le roman d'aventure édité en feuilleton dans les nombreux journaux de l'époque. Si cette série avait traînée en longueur, je ne dis pas que cela aurait pu lasser, mais là, ça tient en 2 tomes, et c'est très bien comme ça.
Rosinski quant à lui s'en donne à cœur joie et fait chauffer sa palette pour nous proposer des planches toutes plus hallucinantes les unes que les autres quand on sait le temps que représente de travailler à la couleur directe. Autre clin d'oeil d'ailleurs à son sujet et à cette période qui reste pour moi la plus riche concernant l'histoire de l'art.
Alors, oui ces deux albums composant cette courte série n'ont pas usurpés les très bonnes notes et appréciations reçues ; je ne peux qu'en conseiller chaudement la lecture.
Belle petite série.
On suit le destin tragique des membres d’une famille dans le Népal du 19ème siècle.
L’histoire, très romanesque, est agréable à suivre. On sent que les auteurs se sont beaucoup documentés pour la création de ce diptyque. Les différents éléments historiques, politiques, culturels ou religieux de la région sont finement intégrés dans le récit sans casser le dynamisme de l’intrigue.
Les dessins sont assez réussis avec un soin particulier pour les paysages et les décors, toujours dans un souci de réalisme.
Bref Les Chevaux du vent est une bonne série qui vaut vraiment le coup d’être lue.
3,5 sur 5
Voilà un bon cru pour le chevalier noir. Cette série fait partie de la renaissance DC et reste un peu bâtarde. En effet on est dans un relaunch mais on garde quand même la continuité donc on a un passif énorme et pas toujours connu. Personnellement je lis cette série dans le magazine Batman Saga qui est accompagné des épisodes Détective Comics, Batman et Robin et Bat-Girl (les deux dernières séries sont excellentes aussi et mériteraient 4/5 également).
Revenons à nos moutons, cette série est bien ficelée. Snyder amène un nouvel ennemi à Batman avec beaucoup de mystères et de suspense. Ce nouvel ennemi charismatique est d'autant plus dangereux qu'il amène Batman à découvrir qu'il ne connaît pas autant Gotham City qu'il le pense. L'ergot est impressionant et les mystères les entourants se dévoilent petit à petit. La présentation de Gotham amène de nouveaux élèments rendant cette ville toujours plus sombre et dégageant une certaine attirance.
D'ailleurs les dessins de Capullon sont remarquables et rendent fascinantes la ville où évoluent les protagonistes. Certaines cases sont magnifiques et se laissent admirer par leur dynamisme et leur justesse.
Une très bonne histoire pas culte à cause de quelques imprécisions.
Oula … gros coup de cœur pour ce diptyque à la narration sans faille !
Pourtant je trouve le dessin assez inégal et au demeurant peu engageant. Mais bizarrement, on s’y fait, la mise en couleurs de qualité atténuant sans doute le trait approximatif. Mais quelle histoire les amis ! J’ai été littéralement happé par le scénario qui jongle avec les flash-back avec une aisance déconcertante. Le contexte n’est pas pour me déplaire … les années folles, un acteur muet rangé au placard avec l’arrivée du son, un meurtre non élucidé qui refait surface des décennies après, un soupçon de fantastique, un amour perdu, un cirque minable, des rapaces . . . C’est surréaliste comme ambiance mais on y croit. La sauce prend, et de quelle manière !
A lire sans réserve !
Il s’est passé plus de 200 ans depuis la première publication de Hansel et Gretel par les frères Grimm. Inutile de dire que l’histoire est connue et qu’elle a été adaptée moult fois, ne serait-ce que en BD (déjà 3 albums postés sur le site). Une question se pose donc d’emblée : à quoi bon adapter ce conte une énième fois ?
L’histoire est fidèle à l’original, et le travail d’adaptation est parfaitement maitrisé – pas de surcharges textuelles, pas d’omissions maladroites. Le rythme est parfait, et le découpage sur 48 planches adapté.
Le Hir père et fils m’avaient déjà ébloui graphiquement en 2012 avec le superbe Clown. Leur travail sur « Hänsel et Gretel » est encore une fois réussi. Les planches sont magnifiques, et le style apporte une touche moderne à ce conte ancien.
Voilà, l’histoire est connue, mais parfaitement racontée, et superbement mise en image. Avis aux amateurs !
Suite du Chat du kimono, Tea Party m’a littéralement charmé.
L’histoire est captivante et fort originale : deux lords anglais, par l’intermédiaire de leur conseiller culinaire respectif, s’affrontent dans un match pour obtenir le meilleur thé et ainsi pouvoir briller dans la haute société londonienne.
Nancy Peña conserve beaucoup d’éléments du premier volume et notamment la plupart des personnages que l’on retrouve avec plaisir quinze ans après. Elle s’applique cette fois à leur donner davantage de consistance et de psychologie. Alice et Victor (les deux personnages principaux) sont d’ailleurs particulièrement soignés et intéressants.
Elle corrige au passage les défauts du Chat du kimono en proposant une narration plus classique qui sert une histoire bien plus aboutie.
L’atmosphère de ce Londres victorien est excellente, toujours soutenue par des dessins en noir et blanc magnifiques. Le ton de l’album est encore très singulier, oscillant entre conte fantastique et onirisme.
Drôle et envoûtant, Tea Party est à découvrir absolument. Je m’en vais de ce pas acheter la suite.
Un grand bravo à Nancy Peña pour ce superbe album! Coup de coeur mérité !
3.5
Une bonne série de Morvan ! Le récit est rempli de clichés (le méchant tyran, les deux enfants avec les pouvoirs magiques), mais il réussit à rendre le tout original avec des idées que je n'ai jamais vues avant. Le ton est à la fois sérieux et drôle et j'aime ça ! Les personnages sont franchement sympathiques et j'ai eu du plaisir à lire leurs aventures.
Enfin, tout n'est pas parfait. Je ne suis pas fan du dessin, quoique à force j'ai réussi à m'habituer. Aussi, les albums 4 et 5 ne sont pas mauvais, mais j'avais envie que l'histoire se finisse parce que j'avais l'impression que les auteurs étiraient la sauce. Heureusement, le dernier tome conclut très bien cette série qui est une des meilleures de Morvan.
L’éditeur Cornelius a eu la bonne initiative de rééditer en 2012 cet ouvrage de superhéros à la française passé malheureusement inaperçu lors de sa publication initiale en 2002.
En gros c’est l’occasion rêvée de réévaluer une œuvre plus que sympathique et à destination de tous, du grand public de la bd franco-belge comme de l’amateur éclairé de comics en mélangeant une jolie chronique sociale et sentimentale à une histoire respectant tous les codes du comics avec un respect et quelques trouvailles des plus pertinentes.
Le fait de vouloir transposer l’ensemble sur un contexte contemporain des plus classiques renforce complètement le récit en se resserrant sur une histoire d’amour toute simple entre deux étudiants des plus attachants : Emile, grand myope casanier et maladroit et surtout Géraldine, sa petite amie protectrice et délurée.
Emile passe plus de temps devant sa télé dans son studio dans l’attente de boucler ses études que la vie étudiante festive que sa petite amie Géraldine lui préfère.
Après avoir fait l’acquisition bien malgré lui d’une panoplie de superhéros ressemblant à s’y méprendre à un Iron Man de pacotille pour une soirée déguisée, la vie de ce dernier va basculer quand il va se trouver dans l’incapacité de retirer ce costume plus « vivant » et imprévisible qu’une simple défroque de carnaval…
C’est en mélangeant les genres sur un dessin noir et blanc nerveux et inspiré que Cycloman trouve toute sa force et sa poésie dans un quotidien malmené par l’absurdité d’une armure militaire surhumaine.
Tout ce qui fait la saveur d’un épisode de comics est habilement reproduit avec intelligence comme la dualité mal/bien, les scènes de dévastation et les pouvoirs incontrôlables que l’on retrouve dans nombre de récits équivalents sur les origines. Rajoutez quelques particularités bien européennes comme le fait de devoir uriner ou faire l’amour avec une armure tentaculaire et pleine de surprises et je me suis surpris à sourire autant que sur l’origine même du « méchant » de l’histoire, le bien nommé « Gore » juste là pour rendre Cycloman plus crédible que cette tantouse de Superman :)
L’ensemble se lit à la vitesse de la lumière, non pas que le récit soit court sur ses 150 pages mais parce qu’on a de cesse d’aller vers sa conclusion classique et efficace comme transporté par un joli blockbuster sorti de nulle part et dont les traits hachurés de de Mardon sont aussi agréables dans l’expression des personnages que dans les scènes d’action brèves mais efficaces.
Me rappelant aussi bien Goldorak que le Géant de Fer en animation que Spider-Man et Iron Man dans le rayon Comics, il serait vraiment dommage de passer à côté de cette œuvre singulière dont j’invite les posteurs précédents aux avis mitigés de lui redonner une seconde chance en relisant ce chouette one-shot qui est aussi agréable que futile à lire et par là même hautement recommandable.
Voici une histoire vraiment originale, elle se déroule à une époque futuriste dans une ville touristique et bien nommée « Monplaisir » où tout le monde vit déguisé et où tout est mis en œuvre pour distraire et satisfaire le client. A première vue l’ambiance régnante semblerait presque espiègle et inoffensive, mais tout de suite une certaine agitation dérangeante et difficile à décrire commence à suinter de partout, l’atmosphère devenant très vite oppressante. Une des distractions est d’ailleurs des jeux de téléréalité assez violents. Sans oublier la robotisation générale et un ordinateur qui contrôle une partie de la vie des citoyens, prénommée A.L.I.C.E. Le monde du conte se mélange à celui d’un futur plutôt violent, et ce de manière cohérente et intelligente, où chaque détail a été pensé. L’histoire des personnages dans ce background est prenant et l’intrigue très bien menée, sans temps morts ni coup d’accélérateur.
Ma première surprise a donc été cet univers coloré et costumé, talonné par le fait que dans ce scénario de Luc Brunschwig il n’y a pas de gosse malheureux, comme à son accoutumé, que j’ai la plupart du temps envie d’épingler au mur. Hélas, en toute fin d’album apparaît un petit mioche qui s’invite dans le scénario, - pour ma part un bon coup de pied au cul et je le dégagerais illico du récit, - j’espère juste qu’il aura la personnalité d’une « Hit-Girl » (Kick-Ass) et non celle d’un petit trouillard, qui me gâchera à coup sûr ma lecture.
Le graphisme de Roberto Ricci est juste sublime, comme je les aime, détaillé, animé, riche mais sans lourdeur, et aux couleurs apaisantes.
tome 2
Une petite maj rapide. Le dessin est pareillement beau qu'au premier tome. L'histoire ne m'a pas déçue, j’appréhendais cette suite car je n'ai jamais véritablement réussi à rentrer dans un scénario de Luc Brunschwig et surtout à y rester, et pour l'instant tout roule. Par contre j'ai trouvé que ce tome ne faisait pas beaucoup avancer le récit, mais tant que je reste accrochée c'est le principal, d'ailleurs j'ai hâte de lire la suite.
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Le Prince
Le Prince de Machiavel est un monument de la littérature que j'ai beaucoup apprécié. On l'étudie jusqu'à Science Po dans le cours d'histoire des idées politiques que j'avais suivi en son temps. C'est une bonne idée que de l'avoir adapté en manga pour le rendre accessible aux plus jeunes. Il s'agit ici de revivre la vie de Machiavel dans le contexte de l'époque où l'Italie était morcelée en différents états se faisant la guerre souvent à l'aide des forces étrangères comme les Français. Nicolas Machiavel, diplomate de la ville état de Florence va étudier les princes, rois et reines de nombreux pays. Il va forger petit à petit une théorie politique lorsqu'il écrira le Prince. Le constat est qu'avant d'être admiré, un prince doit être redouté. On a surtout retenu de Machiavel que la fin justifie les moyens. Il lui est attaché une mauvaise image qui ne correspond pas à la réalité de ce qu'il a voulu faire passer comme message. Il faut suivre le parcours de Machiavel pour comprendre sa réflexion au-delà de toute hérésie intellectuelle. Bien de ses idées sont encore d'actualité de nos jours. Ainsi, il a écrit : "Le peuple place ses espoirs en cette nouvelle présidence aux apparences trompeuses... Il sera rapidement trahi". Cela ne vous rappelle rien ? Plus qu'une biographie, un état des lieux de l'Europe de la Renaissance où tout était encore à construire. Un but culturel largement atteint par ce manga chaudement recommandé.
La Vengeance du Comte Skarbek
Ne boudons pas notre plaisir : une série avec Rosinski aux pinceaux de bout en bout et qui tient en 2 tomes, c'est du tout bon ! Surtout que la trame de fonds qu'il utilise flirte avec quelques uns de mes sujets de prédilection : la peinture ; le XIXe ; les pirates. Autre point intéressant, c'est le jeu qu'Yves Sente introduit dans la construction de son scénario ; il manie les rebondissements en jongleur hors pair pour donner à son récit ce côté épique, dont il se moque en même temps en ridiculisant d'une certaine manière Alexandre Dumas. Pirouette scénaristique à double tranchant, mais que j'ai trouvé efficace pour ce qui me concerne. Alors, certains pourront reprocher à cette histoire d'aller de Charybde et Scylla et que cet enchaînement de rebondissements est de trop, j'y ai pour ma part trouvé un nouveau clin d’œil au goût du lectorat du XIXe pour le roman d'aventure édité en feuilleton dans les nombreux journaux de l'époque. Si cette série avait traînée en longueur, je ne dis pas que cela aurait pu lasser, mais là, ça tient en 2 tomes, et c'est très bien comme ça. Rosinski quant à lui s'en donne à cœur joie et fait chauffer sa palette pour nous proposer des planches toutes plus hallucinantes les unes que les autres quand on sait le temps que représente de travailler à la couleur directe. Autre clin d'oeil d'ailleurs à son sujet et à cette période qui reste pour moi la plus riche concernant l'histoire de l'art. Alors, oui ces deux albums composant cette courte série n'ont pas usurpés les très bonnes notes et appréciations reçues ; je ne peux qu'en conseiller chaudement la lecture.
Les Chevaux du vent
Belle petite série. On suit le destin tragique des membres d’une famille dans le Népal du 19ème siècle. L’histoire, très romanesque, est agréable à suivre. On sent que les auteurs se sont beaucoup documentés pour la création de ce diptyque. Les différents éléments historiques, politiques, culturels ou religieux de la région sont finement intégrés dans le récit sans casser le dynamisme de l’intrigue. Les dessins sont assez réussis avec un soin particulier pour les paysages et les décors, toujours dans un souci de réalisme. Bref Les Chevaux du vent est une bonne série qui vaut vraiment le coup d’être lue. 3,5 sur 5
Batman (DC Renaissance)
Voilà un bon cru pour le chevalier noir. Cette série fait partie de la renaissance DC et reste un peu bâtarde. En effet on est dans un relaunch mais on garde quand même la continuité donc on a un passif énorme et pas toujours connu. Personnellement je lis cette série dans le magazine Batman Saga qui est accompagné des épisodes Détective Comics, Batman et Robin et Bat-Girl (les deux dernières séries sont excellentes aussi et mériteraient 4/5 également). Revenons à nos moutons, cette série est bien ficelée. Snyder amène un nouvel ennemi à Batman avec beaucoup de mystères et de suspense. Ce nouvel ennemi charismatique est d'autant plus dangereux qu'il amène Batman à découvrir qu'il ne connaît pas autant Gotham City qu'il le pense. L'ergot est impressionant et les mystères les entourants se dévoilent petit à petit. La présentation de Gotham amène de nouveaux élèments rendant cette ville toujours plus sombre et dégageant une certaine attirance. D'ailleurs les dessins de Capullon sont remarquables et rendent fascinantes la ville où évoluent les protagonistes. Certaines cases sont magnifiques et se laissent admirer par leur dynamisme et leur justesse. Une très bonne histoire pas culte à cause de quelques imprécisions.
La Voix
Oula … gros coup de cœur pour ce diptyque à la narration sans faille ! Pourtant je trouve le dessin assez inégal et au demeurant peu engageant. Mais bizarrement, on s’y fait, la mise en couleurs de qualité atténuant sans doute le trait approximatif. Mais quelle histoire les amis ! J’ai été littéralement happé par le scénario qui jongle avec les flash-back avec une aisance déconcertante. Le contexte n’est pas pour me déplaire … les années folles, un acteur muet rangé au placard avec l’arrivée du son, un meurtre non élucidé qui refait surface des décennies après, un soupçon de fantastique, un amour perdu, un cirque minable, des rapaces . . . C’est surréaliste comme ambiance mais on y croit. La sauce prend, et de quelle manière ! A lire sans réserve !
Hänsel et Gretel (Le Hir)
Il s’est passé plus de 200 ans depuis la première publication de Hansel et Gretel par les frères Grimm. Inutile de dire que l’histoire est connue et qu’elle a été adaptée moult fois, ne serait-ce que en BD (déjà 3 albums postés sur le site). Une question se pose donc d’emblée : à quoi bon adapter ce conte une énième fois ? L’histoire est fidèle à l’original, et le travail d’adaptation est parfaitement maitrisé – pas de surcharges textuelles, pas d’omissions maladroites. Le rythme est parfait, et le découpage sur 48 planches adapté. Le Hir père et fils m’avaient déjà ébloui graphiquement en 2012 avec le superbe Clown. Leur travail sur « Hänsel et Gretel » est encore une fois réussi. Les planches sont magnifiques, et le style apporte une touche moderne à ce conte ancien. Voilà, l’histoire est connue, mais parfaitement racontée, et superbement mise en image. Avis aux amateurs !
Tea Party
Suite du Chat du kimono, Tea Party m’a littéralement charmé. L’histoire est captivante et fort originale : deux lords anglais, par l’intermédiaire de leur conseiller culinaire respectif, s’affrontent dans un match pour obtenir le meilleur thé et ainsi pouvoir briller dans la haute société londonienne. Nancy Peña conserve beaucoup d’éléments du premier volume et notamment la plupart des personnages que l’on retrouve avec plaisir quinze ans après. Elle s’applique cette fois à leur donner davantage de consistance et de psychologie. Alice et Victor (les deux personnages principaux) sont d’ailleurs particulièrement soignés et intéressants. Elle corrige au passage les défauts du Chat du kimono en proposant une narration plus classique qui sert une histoire bien plus aboutie. L’atmosphère de ce Londres victorien est excellente, toujours soutenue par des dessins en noir et blanc magnifiques. Le ton de l’album est encore très singulier, oscillant entre conte fantastique et onirisme. Drôle et envoûtant, Tea Party est à découvrir absolument. Je m’en vais de ce pas acheter la suite. Un grand bravo à Nancy Peña pour ce superbe album! Coup de coeur mérité !
Zorn & Dirna
3.5 Une bonne série de Morvan ! Le récit est rempli de clichés (le méchant tyran, les deux enfants avec les pouvoirs magiques), mais il réussit à rendre le tout original avec des idées que je n'ai jamais vues avant. Le ton est à la fois sérieux et drôle et j'aime ça ! Les personnages sont franchement sympathiques et j'ai eu du plaisir à lire leurs aventures. Enfin, tout n'est pas parfait. Je ne suis pas fan du dessin, quoique à force j'ai réussi à m'habituer. Aussi, les albums 4 et 5 ne sont pas mauvais, mais j'avais envie que l'histoire se finisse parce que j'avais l'impression que les auteurs étiraient la sauce. Heureusement, le dernier tome conclut très bien cette série qui est une des meilleures de Morvan.
Cycloman
L’éditeur Cornelius a eu la bonne initiative de rééditer en 2012 cet ouvrage de superhéros à la française passé malheureusement inaperçu lors de sa publication initiale en 2002. En gros c’est l’occasion rêvée de réévaluer une œuvre plus que sympathique et à destination de tous, du grand public de la bd franco-belge comme de l’amateur éclairé de comics en mélangeant une jolie chronique sociale et sentimentale à une histoire respectant tous les codes du comics avec un respect et quelques trouvailles des plus pertinentes. Le fait de vouloir transposer l’ensemble sur un contexte contemporain des plus classiques renforce complètement le récit en se resserrant sur une histoire d’amour toute simple entre deux étudiants des plus attachants : Emile, grand myope casanier et maladroit et surtout Géraldine, sa petite amie protectrice et délurée. Emile passe plus de temps devant sa télé dans son studio dans l’attente de boucler ses études que la vie étudiante festive que sa petite amie Géraldine lui préfère. Après avoir fait l’acquisition bien malgré lui d’une panoplie de superhéros ressemblant à s’y méprendre à un Iron Man de pacotille pour une soirée déguisée, la vie de ce dernier va basculer quand il va se trouver dans l’incapacité de retirer ce costume plus « vivant » et imprévisible qu’une simple défroque de carnaval… C’est en mélangeant les genres sur un dessin noir et blanc nerveux et inspiré que Cycloman trouve toute sa force et sa poésie dans un quotidien malmené par l’absurdité d’une armure militaire surhumaine. Tout ce qui fait la saveur d’un épisode de comics est habilement reproduit avec intelligence comme la dualité mal/bien, les scènes de dévastation et les pouvoirs incontrôlables que l’on retrouve dans nombre de récits équivalents sur les origines. Rajoutez quelques particularités bien européennes comme le fait de devoir uriner ou faire l’amour avec une armure tentaculaire et pleine de surprises et je me suis surpris à sourire autant que sur l’origine même du « méchant » de l’histoire, le bien nommé « Gore » juste là pour rendre Cycloman plus crédible que cette tantouse de Superman :) L’ensemble se lit à la vitesse de la lumière, non pas que le récit soit court sur ses 150 pages mais parce qu’on a de cesse d’aller vers sa conclusion classique et efficace comme transporté par un joli blockbuster sorti de nulle part et dont les traits hachurés de de Mardon sont aussi agréables dans l’expression des personnages que dans les scènes d’action brèves mais efficaces. Me rappelant aussi bien Goldorak que le Géant de Fer en animation que Spider-Man et Iron Man dans le rayon Comics, il serait vraiment dommage de passer à côté de cette œuvre singulière dont j’invite les posteurs précédents aux avis mitigés de lui redonner une seconde chance en relisant ce chouette one-shot qui est aussi agréable que futile à lire et par là même hautement recommandable.
Urban
Voici une histoire vraiment originale, elle se déroule à une époque futuriste dans une ville touristique et bien nommée « Monplaisir » où tout le monde vit déguisé et où tout est mis en œuvre pour distraire et satisfaire le client. A première vue l’ambiance régnante semblerait presque espiègle et inoffensive, mais tout de suite une certaine agitation dérangeante et difficile à décrire commence à suinter de partout, l’atmosphère devenant très vite oppressante. Une des distractions est d’ailleurs des jeux de téléréalité assez violents. Sans oublier la robotisation générale et un ordinateur qui contrôle une partie de la vie des citoyens, prénommée A.L.I.C.E. Le monde du conte se mélange à celui d’un futur plutôt violent, et ce de manière cohérente et intelligente, où chaque détail a été pensé. L’histoire des personnages dans ce background est prenant et l’intrigue très bien menée, sans temps morts ni coup d’accélérateur. Ma première surprise a donc été cet univers coloré et costumé, talonné par le fait que dans ce scénario de Luc Brunschwig il n’y a pas de gosse malheureux, comme à son accoutumé, que j’ai la plupart du temps envie d’épingler au mur. Hélas, en toute fin d’album apparaît un petit mioche qui s’invite dans le scénario, - pour ma part un bon coup de pied au cul et je le dégagerais illico du récit, - j’espère juste qu’il aura la personnalité d’une « Hit-Girl » (Kick-Ass) et non celle d’un petit trouillard, qui me gâchera à coup sûr ma lecture. Le graphisme de Roberto Ricci est juste sublime, comme je les aime, détaillé, animé, riche mais sans lourdeur, et aux couleurs apaisantes. tome 2 Une petite maj rapide. Le dessin est pareillement beau qu'au premier tome. L'histoire ne m'a pas déçue, j’appréhendais cette suite car je n'ai jamais véritablement réussi à rentrer dans un scénario de Luc Brunschwig et surtout à y rester, et pour l'instant tout roule. Par contre j'ai trouvé que ce tome ne faisait pas beaucoup avancer le récit, mais tant que je reste accrochée c'est le principal, d'ailleurs j'ai hâte de lire la suite.