Approximativement

Note: 3.74/5
(3.74/5 pour 19 avis)

Une autobiographie de Trondheim, c'est peut-être la meilleure définition de ces 200 pages de petits épisodes sans queue ni tête, des plus délirants aux plus quotidiens.


Autobiographie Cornélius Lewis Trondheim

"Comme si c'était pas suffisant de ne pas savoir bien dessiner, en plus je bâcle." "Et même sachant que je bâcle, je continue à bâcler; ce paradoxe me terrifie." Voilà, le ton est donné. L'expérience est lancée. Pendant quelques semaines, Lewis Trondheim va dessiner et interpreter sa vie, avec ses petits details, ses souvenirs, ses interrogations, ses rêves.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 1995
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Approximativement
Les notes (19)
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25/05/2002 | Thorn
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L'avatar du posteur Noirdésir

Même si j’avais déjà lu des Trondheim avant, « Approximativement » est je crois le premier album de lui que j’ai acheté. Une nouvelle relecture confirme la première bonne impression datant d’une petite quinzaine d’années. Trondheim questionne, se pose des questions, fait mine d’hésiter, s’attache à des bouts d’anecdotes, effleure le banal, pour reprendre son élan. Peut-on faire de la BD quand on ne sait pas dessiner ? se demande-t-il, faussement ingénu, alors qu’il a probablement, malgré les doutes qui le taraudent, déjà dépassé cette question. (D’ailleurs, il sait dessiner, même si son trait s’écarte des canons de la BD franco-belge : la reconnaissance des lecteurs et de ses pairs est passée par là pour le conforter dans ses choix). On a là un album autobiographique, construit à partir de bouts de ficelle : malgré les risques, aucun ennui ne pointe à l’horizon. Trondheim a bâti un album sur cette fragilité, sur l’observation des « petits riens » pour reprendre le titre de l’une de ses productions suivantes. Des questionnements, de l’autodérision (voir le long passage décrivant une soirée chez lui, Trondheim ressemblant presque à un parent surveillant ses enfants, avec un côté presque vieux jeu), des collègues de L’Association croqués de manière naturelle ou caricaturale. Trondheim se montre un homme ordinaire – mais un auteur original. Un album touchant, simple, que les amoureux du bonhomme doivent lire (les autres aussi d’ailleurs…).

28/10/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

De toutes les autobiographies de Trondheim, c'est celle que j'ai le plus aimée. Les anecdotes ne sont pas racontées de manière à ce qu'il y ait une chute à la fin de chaque page comme dans Les Petits Riens. Elles sont développées sur plusieurs pages et je préfère cela. J'ai même relu certains passages. Ces anecdotes sont souvent rigolotes et j'aime beaucoup le sens de l'autodérision de Trondheim qui n'hésite pas à montrer ses défauts. J'aime aussi les réflexions qu'il a au cours de l'album. Je me reconnais d'ailleurs souvent dans ce que Trondheim pense. Le seul truc qui m'a dérangé, c'est que chaque fois que je voyais Jean-Christophe Menu j'étais un peu gêné parce que je sais comment sa relation s'est détériorée avec Trondheim, donc les voir copains tout en ayant en tête ce qu'ils sont devenus n'est pas un sentiment agréable.

21/03/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Voila un ouvrage qui sent le Trondheim à plein nez, déjà par le style de dessin (qui n'est pas "moche", je dirais juste "simple" dans le bon sens du terme). Par contre le scénario, c'est typiquement le genre que j'adore. Une grande suites de questions, de tracas, de petits soucis et de grands moments, un tranche du quotidien parfaitement maitrisé. On sent l'investissement de Trondheim dans son œuvre, et ça n'est pas pour me déplaire. J'aime déjà beaucoup aussi son idée de représenter chaque personne sous les traits d'un animal particulier, et surtout les commentaires parfois à la fin qui rajoutent les impressions de chacun. Cette forme d'animalisation est particulièrement amusante, et contribue au charme de l’œuvre. Et surtout, l’intéressant c'est la construction complètement désordonné. On passe d'un sujet à l'autre au fur et à mesure que Trondheim tient une sorte de journal complètement décalé sur lui, ses amis, sa femme, sa famille, sa vie en générale d'auteur de bande-dessinée dans une période qui n'est même pas de crise. Bref, j'ai passé un très bon moment dans cette BD assez décalée, mais très surprenante. Un se pose pas mal de questions au final, et ça n'est pas pour me déplaire. Un 4/5 bien mérité même si je ne trouve pas que c'est ce que Trondheim à fait de mieux, c'est cependant une très bonne BD de cet auteur.

25/02/2012 (modifier)
Par haumaire
Note: 4/5

140 pages de Trondheim, que demander de plus ? Le scénario est autobiographique, j'ai beaucoup aimé quand Trondheim fantasme sur sa personne. Le dessin c'est du Trondheim, il se représente par un oiseau, et tous les personnes du livre (ou presque) ont laissé un commentaire à la fin du livre. J'ai remarqué que plusieurs personnes ne se voyaient pas dans la peau de l'animal que Lewis leur a donné. En bref, c'est un bonne album, certes pas le meilleur de Lewis mais presque.

29/10/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Depuis que j'ai découvert l'oeuvre de Trondheim, je n'arrive plus à me défaire de ce style que je trouve résolument moderne. Ici, nous sommes en pleine autobiographie d'un auteur en proie à des doutes et qui reflète ses angoisses ainsi que sa relation avec les autres. J'aime cette autodérision sous forme de témoignage. C'est une vraie cure de jouvence pour affronter tout ce qui peut nous pourrir la vie. Nous avons là une oeuvre à la fois désopilante et réjouissante.

05/02/2009 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 3/5

Dans cette œuvre autobiographique, Trondheim nous livre un certain nombre de souvenirs, d’opinions ou de considérations ; ça pourrait paraître prise de tête, mais finalement, ça passe assez bien. Il ne faut pas croire qu’il se dévoile intégralement car on n’apprend rien de très important sur sa vie intime. Par exemple, il ne fait aucune référence à son mariage qui a du avoir lieu dans ces années. Il y a des scènes sympathiques, comme la fête de l’Association qui m’a beaucoup fait rire. Toujours amusant de retrouver les auteurs de l’association et surtout de voir les portraits que Lewis dresse de ses confrères. A la fin de l’ouvrage, les auteurs cités ont droit à la parole et c’est plutôt intéressant. On voit que Lewis arrange peut-être un peu la réalité ! Alors, sur le fond, ce n’est pas mon livre préféré de Trondheim, mais c’est peut-être celui qui marqua les premières fondations d’une œuvre aujourd’hui incontournable. Rien que pour cela, ce livre mérite qu’on s’y attarde. Mais attention, ce n’est pas son ouvrage le plus accessible et je pense qu’il faut bien aimer l’auteur pour l’apprécier à sa juste valeur.

01/11/2006 (modifier)
Par Piehr
Note: 4/5

C'est à la fois sincère, d'une auto-dérision extrème, et particulièrement drôle : cet album autobiographique de Trondheim est un must pour tout adorateur de l'auteur. Sa vision du monde, ses craintes, tous ces petits rien : là où un auteur comme Boilet à mes yeux ne ressort que le côté le plus chiant de la vie, Trondheim nous en propose cette parcelle si savoureuse, et ce malgré ce pessimisme omniprésent qui si souvent nous fait sourire. Les lecteurs d'indé' seront ravis de reconnaitre les têtes pensantes de l'Association : Manu, Sfar, Konture... croqués sous le trait de Trondheim. Le fait de rentrer dans l'intimité de l'auteur sans pour autant assister à une vision ultranombriliste (Autobiographies souvent sans réel recul que je déteste), d'appartenir au petit monde de Lewis, est particulièrement prenant. On apprend à comprendre sa vision de l'univers dans lequel il vit, et on relit ses oeuvres avec un interêt différent. Le dessin est typiquement "Lapinesque" : "le moins baclé", comme il se plairait à dire. Personnellement adepte de son trait épuré, grossier et chargé d'émotions (qui mieux que Trondheim peut exprimer des sentiments à l'aide d'un rond et de quatre traits, comme dans Mister O ?), j'ai beaucoup apprécié cet album-ci, en noir et blanc. Bon, le problème de ce genre d'album réside dans l'interet de lecture sucité chez le lecteur, avant tout basé sur son ressenti. Chez moi, cela fonctionne à merveille. Et chez vous ?

22/07/2005 (modifier)
Par Don Lope
Note: 3/5

Probablement le bouquin fondateur de l'oeuvre de Lewis Trondheim. Ne respectant pas le dogme qui veut que l'on sache parfaitement maitriser le dessin et ses techniques avant de commencer ses premières BD, Lewis se lance dans l'aventure, hésitant, et utilisant même ces hésitations comme sujet de ses premières pages: il n'est pas très courant de faire partager ses doutes et ses appréhensions (Larcenet le fait également chez Les rêveurs) au lecteur et je trouve que c'est un signe d'humilité particulièrement touchant. Sans vouloir tirer sur l'ambulance, force est de reconnaitre que Lewis a raison: son dessin n'est effectivement pas toujours au niveau ni exempt de tout reproche mais gagne en assurance au gré des pages; ce n'est ceci dit pas l'attrait principal de ce bouquin qui, souvent drôle nous fait suivre un bout de la vie de l'auteur et des ses amis de L'association. C'est pas d'un intérêt toujours transcendant mais ça sort clairement du lot, même plusieurs années après.

03/02/2005 (modifier)
Par elveen
Note: 3/5

Si vous aimez Trondheim, je pense que vous aimerez cette BD autobiographique. Si l'auteur évite subtilement de parler de sa vie, il nous entraîne dans son univers, ses pensées, ses rêveries. C'est peut-être ainsi que l'on apprend le plus sur une personne. Quant au dessin... Ben... C'est du Trondheim. Evitez si vous n'aimez pas le style de cet auteur ou les BD "tranches de vie", laissez vous tenter sans hésiter si vous accrocher généralement à ce que fait Trondheim. Personnellement j'ai beaucoup apprécié (j'ai hésité entre 3 ou 4 étoiles).

25/05/2004 (modifier)

Pour qui aime Trondheim, ses dessins, sa causticité, son ironie, cet album est peut-être celui qui plaira le plus, car il rassemble tout cela, en plus dense que dans d'autres albums. Raconter sa vie est un exercice difficile. Il faut trier ses souvenirs, ne pas trop en dire, rester distant, savoir rire de soi, ne pas tomber dans l'atermoiement, bref... autant de pièges délicats à éviter. Dans le genre autobiographie humoristique, Approximativement est plutôt réussi. On passera sur les critiques du style "ma soeur de 5 ans dessine mieux que lui", je me suis déjà exprimée à ce sujet sur d'autres albums du même auteur. Evidemment à ne pas prendre au 1er degré (il passe pour un gros paranoïaque imbu de lui-même), cet album fait passer un bon moment, et je le conseille aux fans de l'auteur.

19/04/2004 (modifier)