Une adaptation soignée d’un grand classique de la littérature d’aventure.
Même si vous n’avez jamais lu « l’île au trésor », cette histoire est telle que vous aurez le sentiment de l’avoir déjà mille fois vue… N’empêche ! Elle est tellement efficace que vous aurez du mal à l’abandonner avant le mot fin.
Ce fût encore une fois le cas pour moi. Dès le récit entamé, et même si je connais l’histoire par cœur (ou presque), j’ai redécouvert ces différents personnages avec un grand plaisir. Le découpage de David Chauvel est bien pensé et permet une lecture fluide, sans aucun sentiment de « coupure dans le texte » pourtant si fréquent à la lecture de ce genre d’adaptation. Le narratif est très présent, ce qui rappelle au lecteur qu'il s'agit là de l'adaptation d'un roman. Le dessin de Fred Simon est agréable de lisibilité et d’expressivité. De plus, ses décors sont soignés. A noter que j’ai lu la série en petit format. Un petit format qui convient justement bien au dessin de Simon, qui s’en retrouve plus concentré sans rien perdre de sa netteté.
Rien à redire, donc. Dans la catégorie « adaptation », cette petite série est une réussite. Peut-être pourra-t-on reprocher aux auteurs d’avoir fait montre de trop de respect vis-à-vis de l’œuvre originale… mais, à titre personnel, j’aime justement cette démarche.
Entre « pas mal » et « franchement bien », j’opte pour la note la plus généreuse car j’ai vraiment eu du mal à interrompre ma lecture en cours de route. Quant à l’achat, et bien, les petits formats sont vendus à 5,90 € (6,00 € en Belgique) pièce. Soit les trois tomes pour 17,70 €. A ce prix-là, ce serait bête de s’en priver !
Avis après lecture du tome 3
Marini se lance dans la fresque antique façon Murena avec cette histoire de 2 frères adoptifs qui se retrouveront fatalement un jour ou l'autre face à face.
Sur une intrigue relativement simple mais toujours accrocheuse de meilleurs ennemies, il nous délivre une série plaisante, fluide, toujours aussi bien illustrée que ses autres œuvres et diablement efficace dans ses rebondissements, trahisons et rapprochements de protagonistes. Le tout sans se montrer trop graveleux gratuit, ce qui est bienvenu.
Moins axé sur les complots de palais que Murena pour se porter plus sur les armes et exils de chacun, Les aigles de Rome propose une alternative intéressante, plus orienté entertainement (sans atteindre la décérébrée série Z le Scorpion sur ce point), sans temps morts ni ennui, et qui n'hésite pas à avancer dans la chronologie pour raconter des choses prenantes.
Je suis passé complètement à côté de cette Bd dans mon enfance, et je l'ai regretté, je ne sais pas vraiment pourquoi, peut-être étais-je trop Ric Hochet ; aussi, quand j'ai véritablement découvert Gil, c'était avec les premières intégrales Tout Gil Jourdan, j'étais déja adulte et j'ai malgré ça adoré cette bande, qui était je l'ai appris peu après, une sorte de nouvelle version de " Félix ", bande détective créée par Tillieux en 1949.
Après son apparition dans le journal Spirou en 1956, "Gil Jourdan" va devenir une référence en matière de Bd policière, elle sera l'une des bandes vedettes du journal, et bercera 2 générations de lecteurs. Influencé par Hergé, Tillieux devient ainsi l'un des meilleurs représentants de cette école belge à mi-chemin entre le réalisme et l'humoristique. Tillieux, c'est la marque d'une efficacité certaine aux rouages parfaitement huilés, c'est un créateur d'ambiances qui sait vous dessiner des rues et quartiers populaires sortis des séries noires à la papa, une ambiance portuaire ou une jungle avec tout le mystère que ça implique, le tout bien servi par d'excellents décors aux airs nocturnes et parfois inquiétants. Bref, la grande tradition du polar français des années 50-60.
Tillieux aime les voitures, non seulement, il les dessine fidèlement, telle la Dauphine Renault du héros, mais il offre de belles scènes de poursuites qui dynamisent la série, dont les scénarios sont parfois de qualité inégale. De même, les facéties de Libellule alourdissent parfois certaines histoires inutilement durant 5 ou 6 cases. Ces petits défauts sont rattrapés par le côté sympathique des personnages, la lisibilité du trait, le côté parfois mystérieux des enquêtes, les situations cocasses et la restitution impeccable d'une époque.
Gil en lui-même n'est guère rigolo comme personnage, il est un peu autoritaire, au ton sec et ironique, mais il est élégant et instruit, et surtout, il n'a pas de gros moyens financiers ; c'était très inhabituel à l'époque d'accorder une importance à l'argent des personnages, car de son côté, Tintin a parcouru le monde sans que Hergé ne précise la source de ses revenus.
Libellule et Crouton sont les éléments comiques ; le premier adore faire des jeux de mots vaseux dont il est le seul à rire bruyamment ; le second est un brave et sérieux fonctionnaire de la police judiciaire, aux bourdes sympathiques. Ce personnage qui soi-disant ridiculisait la police française, entraîna quelques ennuis aux 2 premiers albums de la part des censeurs gaullistes dénués d'humour. Un trio très personnalisé donc et complémentaire, dégageant une grande sympathie et qui passionna les lecteurs de Spirou, auquel venait s'adjoindre Queue-de-Cerise, une gamine intrépide servant de secrétaire à Gil.
En 1969, Tillieux abandonne la partie graphique à Gos qui s'en sort de façon très honorable ; mettez un album du Scrameustache et un "Gil Jourdan" l'un à côté de l'autre, et vous verrez que le style graphique est très ressemblant. Tillieux conservera les scénarios, tout en écrivant pour d'autres (Tif et Tondu ou Jess Long) jusqu'à sa mort tragique en 1978 dans un accident de la route ; une véritable ironie du sort pour celui qui avait dessiné tant de carambolages.
Un grand classique de la Bd franco-belge, que du plaisir!
Avis après la lecture du tome 8
Un cardinal démoniaque avide de pouvoir, des familles romaines tout aussi disposé à s'enrichir, un scorpion affublé d'un hussard évoluant dans une Rome aux multiples pépés à la câlinerie et aux formes généreuses et enfin des secrets mystérieux sur un passé trouble au milieu de cela.
Le scorpion me fait penser aux films de capes et d'épées de Jean Marais où serait plongé un Indiana Jones de la renaissance. Assez fantaisiste, pour ne pas dire imaginaire dans l'encrage historique et dans ses péripéties, il ne faut porter aucune attention archéologique à ce récit. C'est bien là le principal reproche de cette série qui aurait gagné à s'inscrire plus dans de la pédagogie d'une période et des régions qu'elle parcourt, déjà bien riches sans avoir à inventer un background superflu.
Pour le reste, ce n'est souvent du bonheur tant on vogue dans de la série B sans prise de tête avec moult rebondissements scénaristiques, des aventures en terrains exotiques, de l'action bien troussée, de la punchline, de l'humour assez léger et des coquines de temps en temps. Le traitement des femmes, bien que correct sur les protagonistes principales, se montre quand même un chouïa trop caricatural (en gros, elle finisse toute facilement dans un lit, et pas par sommeil).
Cependant, Marini les sublime il faut bien le dire, tout comme il transcende le Scorpion dans son ensemble par son dessin impeccable, vivace et colorisé à la perfection. Chaque page est un enchantement pour les mirettes, explosant littéralement d'ambiance dans les décors et de dynamisme même si le trait semble perdre en application au fur et à mesure que l'intrigue avance.
On pourra quand même sentir la série tourner en rond dans les derniers volumes. En effet, on commence à s'habituer aux schémas utilisés de façon récurrente (un personnage emprisonné en fin d'album, l'évasion qui débute la suivante, les dernières chances allouées à quelqu'un pour accomplir un tâche, qui rate, mais qui dispose encore d'une dernière chance). De plus, la perfection du scorpion et son aptitude à se sortir de tous les dangers dans le plus pur style James "Sean Connery" Bond en font un héros qui perd de sa substance aux profits des seconds couteaux plus intéressants mais trop peu approfondis (le hussard, Mejai, Ansea).
De manière générale, le scorpion gagnerait à disséminer plus d'éléments sur les ressorts scénaristiques principaux plutôt que de donner l'impression de jouer la montre en évitant soigneusement les ombres précédemment jetées sur des pans d'histoire. On se retrouve ainsi sur les tomes 7 et 8 à avoir l'impression d'albums plus facilement dispensables ou exagérément étirés pour succomber au mercantilisme tentant quand on rencontre le succès.
Quelques inquiétudes donc sur la globalité, mais un dessin et une légèreté source de plaisir parfois coupable surtout.
Cette belle série d'aventure débute en 1982 et s'inscrit dans une thématique que j'aime particulièrement : la vie des trappeurs et la colonisation souvent barbare et violente du continent nord américain. Dans le même genre que Bas de cuir de Ramaïoli, la série est d'une qualité nettement supérieure par son ton historique parfaitement documenté, on sent que J.F. Charles traite d'un sujet qu'il maîtrise bien et qu'il a envie de faire partager cette passion au lecteur ; on retrouvera ce sentiment dans sa série suivante India Dreams.
On suit donc dans cette Nouvelle France (exotique pour nous Européens avec ses paysages superbes) le destin du personnage principal Benjamin Graindal, ainsi que Louise, Mary, Bill et quelques hommes des bois, pris au milieu du conflit souvent sanglant entre Français et Anglais pour la possession de ce riche territoire où s'affrontent aussi les tribus de Hurons et d'Algonquins aux rivalités tenaces.
Avec un soin méticuleux, Charles reconstitue cette époque remplie de cruauté qui rappelle un peu le thème du célèbre roman de Fenimore Cooper, le Dernier des Mohicans, mais comme il n'est pas dépendant du roman, son récit étant fictif, il a une plus grande liberté, tout en devant s'appuyer sur la réalité historique. En filigrane, c'est d'ailleurs aussi la naissance des futurs Etats-Unis d'Amérique et de Québec.
Je reproche seulement à la bande sa longévité , le récit s'étire sur trop d'albums et s'éparpille trop dans une trop grand quantité de personnages, dont on suit le destin sur les 2 continents, dans des directions qui n'ont parfois plus rien à voir avec le sujet initial, c'est un peu fatigant car inutile ; le premier cycle de 6 albums est magistral, il écrase tout le reste, mais pour la suite, c'est au feeling, surtout que le dessin de Ersel surprend un peu au tome 7, pour ensuite se faire accepter. Celui de J.F. Charles est joli et soigné, avec de très belles images et des pleines pages très intéressantes à détailler. Je maintiens malgré tout une note positive pour cette belle épopée embellie par le talent de conteur de l'auteur.
Après avoir découvert cette série en bibliothèque un peu par hasard, j'en suis tombé immédiatement amoureux, et j'ai lu les 3 premiers d'une traite, les autres plus tard. C'est une belle série humaniste où transparaît la solitude et l'amertume, du moins dans les premiers épisodes, car le héros mène une vie solitaire par son métier au contact de la nature; sa solitude lui laisse le temps d'avoir des pensées personnelles, bien évoquées dans l'épisode 3, Quand s'allument les lampes.
Il y a dans ces albums une ambiance étrange qui tranche résolument avec celle que l'on retrouve dans les westerns traditionnels, c'est apaisant, c'est plein d' émotion, et ça magnifie les grands espaces neigeux du Grand Nord. Coiffé de son chapeau style Baden-Powell, et assisté par son chien sans nom, Trent est l'ami des tribus indiennes du Canada, il est fidèle à l'adage qui dit qu'une Tunique rouge attrape toujours celui qu'il poursuit. Il fait évidemment penser à la célèbre Bd américaine "King of the royal mounted" qui développait comme ici une idéologie saine éprise de justice. Mais ici, il y a quelque chose de profondément humain chez ce héros.
Les autres personnages sont bien cernés, le scénariste mêle l'action à la réflexion et à l'émotion. Beaucoup de psychologie donc dans cette série, où le dessinateur brésilien Léo affine sa technique de trait réaliste élégant et clair, qui culmine dans certains plans de paysages grandioses. Malgré une histoire par album, la bande suit une progression : l'action commence en 1897, où dès le premier épisode, le héros rencontre Agnès de Saint-Yves, celle qui deviendra plus tard son épouse, mais après une série d'épreuves et une longue attente. Les auteurs décident d'arrêter en 2000 après 8 albums, où Trent vit enfin heureux auprès de l'amour de sa vie et de son fils, une fin logique même si je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais bien voulu que ça continue. Une très belle série, atypique dans son genre, pas si connue, qui mérite l'arrêt et l'achat.
Dans la grande tradition de la veine historique à la française qui a occupé la décennie 1980-90, Gilles Chaillet organise sa reconstitution avec une minutie héritée de Jacques Martin avec qui il a collaboré sur Lefranc. C'est surtout très flagrant dans les 2 ou 3 premiers récits, son style clair propre à l'école de Bruxelles, et les poses hiératiques des personnages sont typiques de Jacques Martin ; Chaillet parviendra cependant à se débarrasser progressivement du graphisme martinien, tout en gardant un air de famille.
Son sens du décor précis se déploie d'une façon magistrale dans de somptueux palais et édifices italiens qu'il restitue à l'aide d'une documentation consistante ; j'en ai discuté avec lui un jour lors d'une dédicace, et il m'a avoué qu'il regrettait un peu d'avoir sacrifié l'aspect dynamique de sa série au profit d'une méticulosité architecturale. C'est vrai, on peut le lui reprocher, ça manque un peu de vigueur dans l'action, mais cette série qui s'appuie aussi sur une véracité historique, reste pour moi l'une des plus intéressantes de la BD franco-belge classique, et pour un amateur de vieilles pierres comme moi, c'est un véritable festival.
Son héros, Vasco Baglioni qui accomplit pour son oncle banquier lombard des missions, a le mérite de voyager à travers le monde médiéval dans plusieurs pays différents ; les tomes 7 et 8 le voient en France, c'est un vrai régal d'admirer les superbes reconstitutions de la Cité de Carcassonne (en double page), l'abbaye de Conques, Albi ou le château de Montségur, tant de lieux que j'ai visité et parfaitement restitués. Mais une Bd ne doit pas être qu'un beau livre d'images à regarder, il faut aussi de bons scénarios ; dans "Vasco", tous ne sont pas excellents, mais en règle générale, au soin du décor, Chaillet ajoute de multiples rebondissements, un sens dramatique travaillé, l'authenticité du détail, notamment sur les costumes, et un récit bien mené... autant d'atouts qui donnent envie de s'attacher aux pas de Vasco, héros valeureux.
Oh yeah baby yeahhhhh ! Voilà ce qu'aurait pu dire mon éponyme sexuel en lisant ces deux tomes des Brigades du Temps! Une saga ma foi fort sympathique qui est justement dans l’air du temps puisque l'on va nous faire voyager et que l'on est au mois de juillet (et oui c'est les vacances). Let's go donc pour un rollback explicatif dans le plus pur jus genre Twilight zone. Matelots, à vos bastingages!
De nos jours, des gens pas contents, il y en a toujours et l’agence Uchronia l’a vite compris à ses dépens. Depuis que le voyage dans le temps a été découvert, les terroristes ne se cassent plus l’arrière train à faire des attentats dans leur époque, mais ils les font plutôt dans le passé; c'est évidemment plus fastoche vu qu'il y a moins de surveillance et une altération temporelle a vite de terribles conséquences. Imaginez qu’Edison décède avant qu’il ne lâche sont fameux « Eureka j’ai trouvé » … heu … ou essayez d'imaginer les conséquences si Christophe Colomb n'avait pas découvert les Amériques ? Pas de patates, tomates, le cacao n'en parlons pas. ... ça fait froid dans le dos hein ! Je ne vous le fais pas dire.
D'ailleurs les terroristes , qui se feront appeler « Les manipulateurs », ont sûrement eu vent de la prose que vous êtes en train de lire à l'instant même, puisque Christophe Colomb, en mettant son gros orteil sur ce qu’il croyait être l'Inde, vient juste de se faire empaler par une flèche, non di dju.
Quelqu'un a cafté et les indigènes l'attendaient de pied ferme. Les Espagnols, sur l'entrefaite et vu qu'ils se retrouvent sans leur capitaine adoré, vont prendre leur courage et leurs jambes à leur cou pour faire fissa une rotation à 180° pour un retour direct à "la casa", la mama et ses tapas. … Les Amérique furent, de ce fait là, découvertes beaucoup plus tard, engendrant un retard dans l’évolution puisque monsieur A ne rencontrera jamais madame B pour faire un joli bébé C ... et les descendants de C vont devoir mourir puisque ne devraient pas exister (vous suivez?)
Mais voilà, l'agence U.C.H.R.O.N.I.A veille au grain et va envoyer des agents temporels pour réguler tous cela sauf que, malheureusement, elle manque d’agents et va être forcée de faire appel au der-des-ders, au plus incontrôlable de leurs agents c-à-d Daggy Kallaghan : un homme d’une autre époque, bourru, caractériel; et son jeune coéquipier fraîchement émoulu et sorti de l'académie; j'ai nommé Stuart Tomcalm, qui est là pour le calmer voire le contrebalancer :)
Leur mission ? Se démerder pour que la reine d’Espagne affrète de nouvelles caravelles pour redécouvrir les Amériques et remettre tout cela dans l’ordre afin de minimiser les dégâts, … bref le plus tôt possible ... 1492 (ou 3) nous voilà!
Nos deux agents du futur vont avoir du pain sur la planche afin d’éviter les attentats terroristes et les paradoxes temporels.
Voilà ce que nous proposent ces joyeux drilles d'auteurs Duhamel et Kris, une bd pure buddy movies. A l’image d’un bon Clint EastWood , on se retrouve face à un duo qui mélange allègrement du Tango & Cash, un "La relève" ou même un "La manière forte" avec Michael J. Fox. A propos de Michael J. Fox, le récit fait pas mal de références à plein de films ou bd dont, notamment le "Back to The Future" et Nimitz puisque l'idée est de créer un futur alternatif à partir d'un point, un nouveau continuum spatio-temporel comme l'aurait dit le doc ... une autre réalité quoi !
Mise en place de personnages, des vannes pourries et décomplexées (oui, vous savez les jeux de mots que personne ne lâche et quand il y en a une tout le monde ricane un peu gêné), une excellente documentation, des histoires/intrigues parsemées en filigrane qui serviront pour des histoires futures ce qui n'est pas une mince affaire vu le contexte; et évidemment des dialogues soignés.
Quoique j'ai trouvé que dans le deuxième tome, puisque c'est un diptique, s'installait une certaine lourdeur et un peu trop de blablas dans le deuxième épisode.
J'ajouterai une aisance dans l'image qui fait aussi des introspections sur plusieurs époques. Et avec un style graphique très semi-réaliste qui a beaucoup de charme, proche de certains auteurs, genre Franquin, Lambil , Eisner...
C'est facile à lire et il y a beaucoup de texte, ce qui change des PIF-PAF-BOUM de certaines bd que l'on peut trouver chez certains libraires. Le tout est livré en deux épisodes avec un arc narratif complet avec une visite humoristique de l’histoire sans faire pour autant de révisionnisme (encore bien d’ailleurs ^^)
Bref, vous l'aurez compris, personnellement c'est franchement bon, c'est frais même si à mon sens le deuxième tome est en dessous du premier (sûrement dû au fait du format) et qu'il m'a déçu.
En gros, une bd qui me donne envie de lui donner une seconde chance et qui est franchement chouette, pour tous publics et intéressante. ... que dire de plus ? :) ... on croise les doigts pour la suite.
Avec Les 7 vies de l'épervier, c'est la seconde grosse série historique de la collection Vécu à susciter engouement ou répulsion. Pour ma part, je figure évidemment dans le premier camp, étant friand d'Histoire, et connaissant bien cette période trouble de notre Histoire de France qui a vu des guerres sanglantes ravager notre pays. Au cours de ces conflits, de nombreux mercenaires étrangers ont pris part dans un camp ou dans l'autre; c'est le cas des 2 héros centraux de cette longue fresque de fureur et de sang: Gunther et Maître Pritz, lansquenets ou reîtres allemands au service de la France, mandatés par le Béarnais (qui n'est pas encore officiellement Henri IV). Ces 2 personnages vont ainsi parcourir la France et se retrouver un temps en Normandie, un temps en Limousin etc.
Cette histoire relate à travers le parcours des 2 héros un des moments les plus fulgurants de l'Histoire de France, un des plus sanguinaires et des plus féroces : les guerres de Religion qui ont ruiné le pays au XVIème siècle, bien plus que ne l'avaient fait les exactions pourtant nuisibles de la guerre de Cent Ans au Moyen Age; ces guerres qui s'étendent sur une longue période, ont détruit des villes, villages, campagnes et mutilé quantité d'églises et d'édifices religieux (incendiés le plus souvent par les Huguenots), j'en sais quelque chose puisque j'ai visité souvent ces lieux chargés d'Histoire. C'est pourquoi cette série est saluée par de nombreux historiens pour son exactitude. Trop peut-être ? Il est vrai qu'elle s'adresse à un lectorat exigeant; être initié à cette époque trouble sera en effet plus utile que pour un néophyte. La série a le mérite non seulement de nous apprendre ou rafraîchir quelques grandes lignes, mais aussi nous montre tout ce qu'on n'apprend pas à l'école, d'où son incontestable authenticité.
Ce chassé-croisé d'intrigues meurtrières puise une force supplémentaire dans sa narration qui est contée en langage d'époque avec des dialogues d'un raffinement sans pareil; pour un initié, c'est un régal, pour les néophytes, c'est effectivement plus difficile. C'est un peu comme quand on lit la poésie de François Villon en "vieux françoy", mais je ne fais pas le malin pour autant, car si je n'avais pas la traduction, je n'y comprendrais rien; ce que je veux dire, c'est qu'il est bien agréable de voir fleurir ce langage ancien parfois, à notre époque où l'on parle si mal le français et où on le déforme avec des acronymes de langage internet ou sms.
La bonne idée du scénariste Bardet, c'est qu'il impose en même temps un ton truculent et une paillardise rarement vue encore en 1982 dans une Bd, date où elle a démarré dans Circus. Le dessin très documenté de Dermaut qui s'affine dès le tome 3, est soigné et rigoureux, avec un souci du détail et une minutie dans la reconstitution d'un Paris du XVIème siècle finissant, avec notamment un soin tout particulier sur les architectures et les monuments (dont certains qui n'existent plus) ; il a dû écumer les bibliothèques car à l'époque, il n'y avait pas internet. Pour contrebalancer cette grande rigueur historique, il intercale quelques scènes érotiques qu'on lui a parfois reproché.
Pour moi, cette fresque tragique où gravitent de nombreux personnages secondaires qui croisent la route des 2 héros, arrive juste derrière Les 7 vies de l'épervier, mais je ne la note pas au-dela de 4, car je la trouve trop longue, aussi, parmi tant d'albums, il faut savoir trier.
Pour finir, je cite un petit détail amusant : dans l'épisode 3 des "7 Vies de l'épervier" (L'arbre de mai), un clin d'oeil sympathique entre 2 grandes séries s'est glissé : on aperçoit lors d'une rixe de taverne, Pritz et Gunther.
J'ai bien aimé cette bd absurde et poétique, les dessins sont beaux et mettent bien en valeur l'atmosphère qui se dégage, pas vraiment de message contenu dedans mais ce n'est pas vraiment ce qu'on attend d'une histoire tirée par les cheveux comme celle ci, l'atmosphère est bien réussie et personnellement ça me suffit. Une bonne bd.
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L'Ile au trésor de Robert Louis Stevenson
Une adaptation soignée d’un grand classique de la littérature d’aventure. Même si vous n’avez jamais lu « l’île au trésor », cette histoire est telle que vous aurez le sentiment de l’avoir déjà mille fois vue… N’empêche ! Elle est tellement efficace que vous aurez du mal à l’abandonner avant le mot fin. Ce fût encore une fois le cas pour moi. Dès le récit entamé, et même si je connais l’histoire par cœur (ou presque), j’ai redécouvert ces différents personnages avec un grand plaisir. Le découpage de David Chauvel est bien pensé et permet une lecture fluide, sans aucun sentiment de « coupure dans le texte » pourtant si fréquent à la lecture de ce genre d’adaptation. Le narratif est très présent, ce qui rappelle au lecteur qu'il s'agit là de l'adaptation d'un roman. Le dessin de Fred Simon est agréable de lisibilité et d’expressivité. De plus, ses décors sont soignés. A noter que j’ai lu la série en petit format. Un petit format qui convient justement bien au dessin de Simon, qui s’en retrouve plus concentré sans rien perdre de sa netteté. Rien à redire, donc. Dans la catégorie « adaptation », cette petite série est une réussite. Peut-être pourra-t-on reprocher aux auteurs d’avoir fait montre de trop de respect vis-à-vis de l’œuvre originale… mais, à titre personnel, j’aime justement cette démarche. Entre « pas mal » et « franchement bien », j’opte pour la note la plus généreuse car j’ai vraiment eu du mal à interrompre ma lecture en cours de route. Quant à l’achat, et bien, les petits formats sont vendus à 5,90 € (6,00 € en Belgique) pièce. Soit les trois tomes pour 17,70 €. A ce prix-là, ce serait bête de s’en priver !
Les Aigles de Rome
Avis après lecture du tome 3 Marini se lance dans la fresque antique façon Murena avec cette histoire de 2 frères adoptifs qui se retrouveront fatalement un jour ou l'autre face à face. Sur une intrigue relativement simple mais toujours accrocheuse de meilleurs ennemies, il nous délivre une série plaisante, fluide, toujours aussi bien illustrée que ses autres œuvres et diablement efficace dans ses rebondissements, trahisons et rapprochements de protagonistes. Le tout sans se montrer trop graveleux gratuit, ce qui est bienvenu. Moins axé sur les complots de palais que Murena pour se porter plus sur les armes et exils de chacun, Les aigles de Rome propose une alternative intéressante, plus orienté entertainement (sans atteindre la décérébrée série Z le Scorpion sur ce point), sans temps morts ni ennui, et qui n'hésite pas à avancer dans la chronologie pour raconter des choses prenantes.
Gil Jourdan
Je suis passé complètement à côté de cette Bd dans mon enfance, et je l'ai regretté, je ne sais pas vraiment pourquoi, peut-être étais-je trop Ric Hochet ; aussi, quand j'ai véritablement découvert Gil, c'était avec les premières intégrales Tout Gil Jourdan, j'étais déja adulte et j'ai malgré ça adoré cette bande, qui était je l'ai appris peu après, une sorte de nouvelle version de " Félix ", bande détective créée par Tillieux en 1949. Après son apparition dans le journal Spirou en 1956, "Gil Jourdan" va devenir une référence en matière de Bd policière, elle sera l'une des bandes vedettes du journal, et bercera 2 générations de lecteurs. Influencé par Hergé, Tillieux devient ainsi l'un des meilleurs représentants de cette école belge à mi-chemin entre le réalisme et l'humoristique. Tillieux, c'est la marque d'une efficacité certaine aux rouages parfaitement huilés, c'est un créateur d'ambiances qui sait vous dessiner des rues et quartiers populaires sortis des séries noires à la papa, une ambiance portuaire ou une jungle avec tout le mystère que ça implique, le tout bien servi par d'excellents décors aux airs nocturnes et parfois inquiétants. Bref, la grande tradition du polar français des années 50-60. Tillieux aime les voitures, non seulement, il les dessine fidèlement, telle la Dauphine Renault du héros, mais il offre de belles scènes de poursuites qui dynamisent la série, dont les scénarios sont parfois de qualité inégale. De même, les facéties de Libellule alourdissent parfois certaines histoires inutilement durant 5 ou 6 cases. Ces petits défauts sont rattrapés par le côté sympathique des personnages, la lisibilité du trait, le côté parfois mystérieux des enquêtes, les situations cocasses et la restitution impeccable d'une époque. Gil en lui-même n'est guère rigolo comme personnage, il est un peu autoritaire, au ton sec et ironique, mais il est élégant et instruit, et surtout, il n'a pas de gros moyens financiers ; c'était très inhabituel à l'époque d'accorder une importance à l'argent des personnages, car de son côté, Tintin a parcouru le monde sans que Hergé ne précise la source de ses revenus. Libellule et Crouton sont les éléments comiques ; le premier adore faire des jeux de mots vaseux dont il est le seul à rire bruyamment ; le second est un brave et sérieux fonctionnaire de la police judiciaire, aux bourdes sympathiques. Ce personnage qui soi-disant ridiculisait la police française, entraîna quelques ennuis aux 2 premiers albums de la part des censeurs gaullistes dénués d'humour. Un trio très personnalisé donc et complémentaire, dégageant une grande sympathie et qui passionna les lecteurs de Spirou, auquel venait s'adjoindre Queue-de-Cerise, une gamine intrépide servant de secrétaire à Gil. En 1969, Tillieux abandonne la partie graphique à Gos qui s'en sort de façon très honorable ; mettez un album du Scrameustache et un "Gil Jourdan" l'un à côté de l'autre, et vous verrez que le style graphique est très ressemblant. Tillieux conservera les scénarios, tout en écrivant pour d'autres (Tif et Tondu ou Jess Long) jusqu'à sa mort tragique en 1978 dans un accident de la route ; une véritable ironie du sort pour celui qui avait dessiné tant de carambolages. Un grand classique de la Bd franco-belge, que du plaisir!
Le Scorpion
Avis après la lecture du tome 8 Un cardinal démoniaque avide de pouvoir, des familles romaines tout aussi disposé à s'enrichir, un scorpion affublé d'un hussard évoluant dans une Rome aux multiples pépés à la câlinerie et aux formes généreuses et enfin des secrets mystérieux sur un passé trouble au milieu de cela. Le scorpion me fait penser aux films de capes et d'épées de Jean Marais où serait plongé un Indiana Jones de la renaissance. Assez fantaisiste, pour ne pas dire imaginaire dans l'encrage historique et dans ses péripéties, il ne faut porter aucune attention archéologique à ce récit. C'est bien là le principal reproche de cette série qui aurait gagné à s'inscrire plus dans de la pédagogie d'une période et des régions qu'elle parcourt, déjà bien riches sans avoir à inventer un background superflu. Pour le reste, ce n'est souvent du bonheur tant on vogue dans de la série B sans prise de tête avec moult rebondissements scénaristiques, des aventures en terrains exotiques, de l'action bien troussée, de la punchline, de l'humour assez léger et des coquines de temps en temps. Le traitement des femmes, bien que correct sur les protagonistes principales, se montre quand même un chouïa trop caricatural (en gros, elle finisse toute facilement dans un lit, et pas par sommeil). Cependant, Marini les sublime il faut bien le dire, tout comme il transcende le Scorpion dans son ensemble par son dessin impeccable, vivace et colorisé à la perfection. Chaque page est un enchantement pour les mirettes, explosant littéralement d'ambiance dans les décors et de dynamisme même si le trait semble perdre en application au fur et à mesure que l'intrigue avance. On pourra quand même sentir la série tourner en rond dans les derniers volumes. En effet, on commence à s'habituer aux schémas utilisés de façon récurrente (un personnage emprisonné en fin d'album, l'évasion qui débute la suivante, les dernières chances allouées à quelqu'un pour accomplir un tâche, qui rate, mais qui dispose encore d'une dernière chance). De plus, la perfection du scorpion et son aptitude à se sortir de tous les dangers dans le plus pur style James "Sean Connery" Bond en font un héros qui perd de sa substance aux profits des seconds couteaux plus intéressants mais trop peu approfondis (le hussard, Mejai, Ansea). De manière générale, le scorpion gagnerait à disséminer plus d'éléments sur les ressorts scénaristiques principaux plutôt que de donner l'impression de jouer la montre en évitant soigneusement les ombres précédemment jetées sur des pans d'histoire. On se retrouve ainsi sur les tomes 7 et 8 à avoir l'impression d'albums plus facilement dispensables ou exagérément étirés pour succomber au mercantilisme tentant quand on rencontre le succès. Quelques inquiétudes donc sur la globalité, mais un dessin et une légèreté source de plaisir parfois coupable surtout.
Les Pionniers du Nouveau Monde
Cette belle série d'aventure débute en 1982 et s'inscrit dans une thématique que j'aime particulièrement : la vie des trappeurs et la colonisation souvent barbare et violente du continent nord américain. Dans le même genre que Bas de cuir de Ramaïoli, la série est d'une qualité nettement supérieure par son ton historique parfaitement documenté, on sent que J.F. Charles traite d'un sujet qu'il maîtrise bien et qu'il a envie de faire partager cette passion au lecteur ; on retrouvera ce sentiment dans sa série suivante India Dreams. On suit donc dans cette Nouvelle France (exotique pour nous Européens avec ses paysages superbes) le destin du personnage principal Benjamin Graindal, ainsi que Louise, Mary, Bill et quelques hommes des bois, pris au milieu du conflit souvent sanglant entre Français et Anglais pour la possession de ce riche territoire où s'affrontent aussi les tribus de Hurons et d'Algonquins aux rivalités tenaces. Avec un soin méticuleux, Charles reconstitue cette époque remplie de cruauté qui rappelle un peu le thème du célèbre roman de Fenimore Cooper, le Dernier des Mohicans, mais comme il n'est pas dépendant du roman, son récit étant fictif, il a une plus grande liberté, tout en devant s'appuyer sur la réalité historique. En filigrane, c'est d'ailleurs aussi la naissance des futurs Etats-Unis d'Amérique et de Québec. Je reproche seulement à la bande sa longévité , le récit s'étire sur trop d'albums et s'éparpille trop dans une trop grand quantité de personnages, dont on suit le destin sur les 2 continents, dans des directions qui n'ont parfois plus rien à voir avec le sujet initial, c'est un peu fatigant car inutile ; le premier cycle de 6 albums est magistral, il écrase tout le reste, mais pour la suite, c'est au feeling, surtout que le dessin de Ersel surprend un peu au tome 7, pour ensuite se faire accepter. Celui de J.F. Charles est joli et soigné, avec de très belles images et des pleines pages très intéressantes à détailler. Je maintiens malgré tout une note positive pour cette belle épopée embellie par le talent de conteur de l'auteur.
Trent
Après avoir découvert cette série en bibliothèque un peu par hasard, j'en suis tombé immédiatement amoureux, et j'ai lu les 3 premiers d'une traite, les autres plus tard. C'est une belle série humaniste où transparaît la solitude et l'amertume, du moins dans les premiers épisodes, car le héros mène une vie solitaire par son métier au contact de la nature; sa solitude lui laisse le temps d'avoir des pensées personnelles, bien évoquées dans l'épisode 3, Quand s'allument les lampes. Il y a dans ces albums une ambiance étrange qui tranche résolument avec celle que l'on retrouve dans les westerns traditionnels, c'est apaisant, c'est plein d' émotion, et ça magnifie les grands espaces neigeux du Grand Nord. Coiffé de son chapeau style Baden-Powell, et assisté par son chien sans nom, Trent est l'ami des tribus indiennes du Canada, il est fidèle à l'adage qui dit qu'une Tunique rouge attrape toujours celui qu'il poursuit. Il fait évidemment penser à la célèbre Bd américaine "King of the royal mounted" qui développait comme ici une idéologie saine éprise de justice. Mais ici, il y a quelque chose de profondément humain chez ce héros. Les autres personnages sont bien cernés, le scénariste mêle l'action à la réflexion et à l'émotion. Beaucoup de psychologie donc dans cette série, où le dessinateur brésilien Léo affine sa technique de trait réaliste élégant et clair, qui culmine dans certains plans de paysages grandioses. Malgré une histoire par album, la bande suit une progression : l'action commence en 1897, où dès le premier épisode, le héros rencontre Agnès de Saint-Yves, celle qui deviendra plus tard son épouse, mais après une série d'épreuves et une longue attente. Les auteurs décident d'arrêter en 2000 après 8 albums, où Trent vit enfin heureux auprès de l'amour de sa vie et de son fils, une fin logique même si je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais bien voulu que ça continue. Une très belle série, atypique dans son genre, pas si connue, qui mérite l'arrêt et l'achat.
Vasco
Dans la grande tradition de la veine historique à la française qui a occupé la décennie 1980-90, Gilles Chaillet organise sa reconstitution avec une minutie héritée de Jacques Martin avec qui il a collaboré sur Lefranc. C'est surtout très flagrant dans les 2 ou 3 premiers récits, son style clair propre à l'école de Bruxelles, et les poses hiératiques des personnages sont typiques de Jacques Martin ; Chaillet parviendra cependant à se débarrasser progressivement du graphisme martinien, tout en gardant un air de famille. Son sens du décor précis se déploie d'une façon magistrale dans de somptueux palais et édifices italiens qu'il restitue à l'aide d'une documentation consistante ; j'en ai discuté avec lui un jour lors d'une dédicace, et il m'a avoué qu'il regrettait un peu d'avoir sacrifié l'aspect dynamique de sa série au profit d'une méticulosité architecturale. C'est vrai, on peut le lui reprocher, ça manque un peu de vigueur dans l'action, mais cette série qui s'appuie aussi sur une véracité historique, reste pour moi l'une des plus intéressantes de la BD franco-belge classique, et pour un amateur de vieilles pierres comme moi, c'est un véritable festival. Son héros, Vasco Baglioni qui accomplit pour son oncle banquier lombard des missions, a le mérite de voyager à travers le monde médiéval dans plusieurs pays différents ; les tomes 7 et 8 le voient en France, c'est un vrai régal d'admirer les superbes reconstitutions de la Cité de Carcassonne (en double page), l'abbaye de Conques, Albi ou le château de Montségur, tant de lieux que j'ai visité et parfaitement restitués. Mais une Bd ne doit pas être qu'un beau livre d'images à regarder, il faut aussi de bons scénarios ; dans "Vasco", tous ne sont pas excellents, mais en règle générale, au soin du décor, Chaillet ajoute de multiples rebondissements, un sens dramatique travaillé, l'authenticité du détail, notamment sur les costumes, et un récit bien mené... autant d'atouts qui donnent envie de s'attacher aux pas de Vasco, héros valeureux.
Les Brigades du Temps
Oh yeah baby yeahhhhh ! Voilà ce qu'aurait pu dire mon éponyme sexuel en lisant ces deux tomes des Brigades du Temps! Une saga ma foi fort sympathique qui est justement dans l’air du temps puisque l'on va nous faire voyager et que l'on est au mois de juillet (et oui c'est les vacances). Let's go donc pour un rollback explicatif dans le plus pur jus genre Twilight zone. Matelots, à vos bastingages! De nos jours, des gens pas contents, il y en a toujours et l’agence Uchronia l’a vite compris à ses dépens. Depuis que le voyage dans le temps a été découvert, les terroristes ne se cassent plus l’arrière train à faire des attentats dans leur époque, mais ils les font plutôt dans le passé; c'est évidemment plus fastoche vu qu'il y a moins de surveillance et une altération temporelle a vite de terribles conséquences. Imaginez qu’Edison décède avant qu’il ne lâche sont fameux « Eureka j’ai trouvé » … heu … ou essayez d'imaginer les conséquences si Christophe Colomb n'avait pas découvert les Amériques ? Pas de patates, tomates, le cacao n'en parlons pas. ... ça fait froid dans le dos hein ! Je ne vous le fais pas dire. D'ailleurs les terroristes , qui se feront appeler « Les manipulateurs », ont sûrement eu vent de la prose que vous êtes en train de lire à l'instant même, puisque Christophe Colomb, en mettant son gros orteil sur ce qu’il croyait être l'Inde, vient juste de se faire empaler par une flèche, non di dju. Quelqu'un a cafté et les indigènes l'attendaient de pied ferme. Les Espagnols, sur l'entrefaite et vu qu'ils se retrouvent sans leur capitaine adoré, vont prendre leur courage et leurs jambes à leur cou pour faire fissa une rotation à 180° pour un retour direct à "la casa", la mama et ses tapas. … Les Amérique furent, de ce fait là, découvertes beaucoup plus tard, engendrant un retard dans l’évolution puisque monsieur A ne rencontrera jamais madame B pour faire un joli bébé C ... et les descendants de C vont devoir mourir puisque ne devraient pas exister (vous suivez?) Mais voilà, l'agence U.C.H.R.O.N.I.A veille au grain et va envoyer des agents temporels pour réguler tous cela sauf que, malheureusement, elle manque d’agents et va être forcée de faire appel au der-des-ders, au plus incontrôlable de leurs agents c-à-d Daggy Kallaghan : un homme d’une autre époque, bourru, caractériel; et son jeune coéquipier fraîchement émoulu et sorti de l'académie; j'ai nommé Stuart Tomcalm, qui est là pour le calmer voire le contrebalancer :) Leur mission ? Se démerder pour que la reine d’Espagne affrète de nouvelles caravelles pour redécouvrir les Amériques et remettre tout cela dans l’ordre afin de minimiser les dégâts, … bref le plus tôt possible ... 1492 (ou 3) nous voilà! Nos deux agents du futur vont avoir du pain sur la planche afin d’éviter les attentats terroristes et les paradoxes temporels. Voilà ce que nous proposent ces joyeux drilles d'auteurs Duhamel et Kris, une bd pure buddy movies. A l’image d’un bon Clint EastWood , on se retrouve face à un duo qui mélange allègrement du Tango & Cash, un "La relève" ou même un "La manière forte" avec Michael J. Fox. A propos de Michael J. Fox, le récit fait pas mal de références à plein de films ou bd dont, notamment le "Back to The Future" et Nimitz puisque l'idée est de créer un futur alternatif à partir d'un point, un nouveau continuum spatio-temporel comme l'aurait dit le doc ... une autre réalité quoi ! Mise en place de personnages, des vannes pourries et décomplexées (oui, vous savez les jeux de mots que personne ne lâche et quand il y en a une tout le monde ricane un peu gêné), une excellente documentation, des histoires/intrigues parsemées en filigrane qui serviront pour des histoires futures ce qui n'est pas une mince affaire vu le contexte; et évidemment des dialogues soignés. Quoique j'ai trouvé que dans le deuxième tome, puisque c'est un diptique, s'installait une certaine lourdeur et un peu trop de blablas dans le deuxième épisode. J'ajouterai une aisance dans l'image qui fait aussi des introspections sur plusieurs époques. Et avec un style graphique très semi-réaliste qui a beaucoup de charme, proche de certains auteurs, genre Franquin, Lambil , Eisner... C'est facile à lire et il y a beaucoup de texte, ce qui change des PIF-PAF-BOUM de certaines bd que l'on peut trouver chez certains libraires. Le tout est livré en deux épisodes avec un arc narratif complet avec une visite humoristique de l’histoire sans faire pour autant de révisionnisme (encore bien d’ailleurs ^^) Bref, vous l'aurez compris, personnellement c'est franchement bon, c'est frais même si à mon sens le deuxième tome est en dessous du premier (sûrement dû au fait du format) et qu'il m'a déçu. En gros, une bd qui me donne envie de lui donner une seconde chance et qui est franchement chouette, pour tous publics et intéressante. ... que dire de plus ? :) ... on croise les doigts pour la suite.
Les Chemins de Malefosse
Avec Les 7 vies de l'épervier, c'est la seconde grosse série historique de la collection Vécu à susciter engouement ou répulsion. Pour ma part, je figure évidemment dans le premier camp, étant friand d'Histoire, et connaissant bien cette période trouble de notre Histoire de France qui a vu des guerres sanglantes ravager notre pays. Au cours de ces conflits, de nombreux mercenaires étrangers ont pris part dans un camp ou dans l'autre; c'est le cas des 2 héros centraux de cette longue fresque de fureur et de sang: Gunther et Maître Pritz, lansquenets ou reîtres allemands au service de la France, mandatés par le Béarnais (qui n'est pas encore officiellement Henri IV). Ces 2 personnages vont ainsi parcourir la France et se retrouver un temps en Normandie, un temps en Limousin etc. Cette histoire relate à travers le parcours des 2 héros un des moments les plus fulgurants de l'Histoire de France, un des plus sanguinaires et des plus féroces : les guerres de Religion qui ont ruiné le pays au XVIème siècle, bien plus que ne l'avaient fait les exactions pourtant nuisibles de la guerre de Cent Ans au Moyen Age; ces guerres qui s'étendent sur une longue période, ont détruit des villes, villages, campagnes et mutilé quantité d'églises et d'édifices religieux (incendiés le plus souvent par les Huguenots), j'en sais quelque chose puisque j'ai visité souvent ces lieux chargés d'Histoire. C'est pourquoi cette série est saluée par de nombreux historiens pour son exactitude. Trop peut-être ? Il est vrai qu'elle s'adresse à un lectorat exigeant; être initié à cette époque trouble sera en effet plus utile que pour un néophyte. La série a le mérite non seulement de nous apprendre ou rafraîchir quelques grandes lignes, mais aussi nous montre tout ce qu'on n'apprend pas à l'école, d'où son incontestable authenticité. Ce chassé-croisé d'intrigues meurtrières puise une force supplémentaire dans sa narration qui est contée en langage d'époque avec des dialogues d'un raffinement sans pareil; pour un initié, c'est un régal, pour les néophytes, c'est effectivement plus difficile. C'est un peu comme quand on lit la poésie de François Villon en "vieux françoy", mais je ne fais pas le malin pour autant, car si je n'avais pas la traduction, je n'y comprendrais rien; ce que je veux dire, c'est qu'il est bien agréable de voir fleurir ce langage ancien parfois, à notre époque où l'on parle si mal le français et où on le déforme avec des acronymes de langage internet ou sms. La bonne idée du scénariste Bardet, c'est qu'il impose en même temps un ton truculent et une paillardise rarement vue encore en 1982 dans une Bd, date où elle a démarré dans Circus. Le dessin très documenté de Dermaut qui s'affine dès le tome 3, est soigné et rigoureux, avec un souci du détail et une minutie dans la reconstitution d'un Paris du XVIème siècle finissant, avec notamment un soin tout particulier sur les architectures et les monuments (dont certains qui n'existent plus) ; il a dû écumer les bibliothèques car à l'époque, il n'y avait pas internet. Pour contrebalancer cette grande rigueur historique, il intercale quelques scènes érotiques qu'on lui a parfois reproché. Pour moi, cette fresque tragique où gravitent de nombreux personnages secondaires qui croisent la route des 2 héros, arrive juste derrière Les 7 vies de l'épervier, mais je ne la note pas au-dela de 4, car je la trouve trop longue, aussi, parmi tant d'albums, il faut savoir trier. Pour finir, je cite un petit détail amusant : dans l'épisode 3 des "7 Vies de l'épervier" (L'arbre de mai), un clin d'oeil sympathique entre 2 grandes séries s'est glissé : on aperçoit lors d'une rixe de taverne, Pritz et Gunther.
Central Park
J'ai bien aimé cette bd absurde et poétique, les dessins sont beaux et mettent bien en valeur l'atmosphère qui se dégage, pas vraiment de message contenu dedans mais ce n'est pas vraiment ce qu'on attend d'une histoire tirée par les cheveux comme celle ci, l'atmosphère est bien réussie et personnellement ça me suffit. Une bonne bd.