Il y a des centres d’intérêt qui ne s’expliquent que très difficilement, et si je me suis intéressé à cette bande dessinée, c’est surtout dû à son sujet : le livre de Kells. Ceci ne devrait pas dire grand-chose à grand monde mais ce livre est, en vérité, une des plus remarquables bibles enluminées dont la valeur provient surtout de son métissage entre culture celte et religion chrétienne.
Ce récit, adapté d’un dessin animé dont je n’avais que très vaguement entendu parler, use du livre comme d’un pivot autour duquel vont s’articuler plusieurs éléments, sans oublier pour autant l’aventure.
Le premier élément est l’art pictural celte. Tout au long du récit, on a droit à un dessin directement inspiré par ce style naïf… Et c’est super bien foutu !! Certaines planches sont vraiment belles à voir et constamment reviennent plusieurs éléments (l’ordonnance des arbres notamment) typiques de cet art. Ceci dit, je pense que ce style, s’il m’a beaucoup plu, en laissera d’autres totalement de marbre, voire pire encore. Par conséquent, je ne peux que vous inviter à jeter un œil avant l’achat.
Le deuxième élément est la rencontre entre religion et culture. Brendan, petit moine et apprenti enlumineur, va découvrir la culture celte lors de ses escapades en forêt. Son initiatrice sera une fée étrange et fascinante. Nous nous retrouvons donc avec deux représentants de deux cultures différentes qui vont s’associer dans un but commun, ce fameux livre de Kells. Ces deux personnages sont touchants et je m’y suis vite attaché.
Troisième élément : un élément historique. Car si ce récit est avant tout fantaisiste, il n’en repose pas moins sur des faits historiques véridiques. Invasions viking, périple de St Colomban, incendie de l’abbaye d’Iona sont autant d’éléments qui permettent à ce récit de reposer sur une base historique solide. Sans parler du livre de Kells !!
Enfin, et comme je le disais, l’aventure est au rendez-vous et ce récit non exempt de symbolisme invite à la réflexion (avec un oncle qui, pour protéger les siens, les isole… et donc les affaiblit) tout en nous offrant un récit rythmé. Et si l’humour est souvent présent, cette histoire nous offre quelques passages plus effrayants. La morale de l'histoire, quant à elle, nous sort des entiers battus et, à nouveau, invite à la réflexion.
Une lecture que j’ai beaucoup appréciée, mais cette appréciation est certainement faussée par mon intérêt pour ce livre de Kells et tout ce qui tourne autour. Mais je ne peux que vous inviter à découvrir ce diptyque.
Note : 3.5/5
Cette bande dessinée m'a appris de manière fluide et agréable des faits historiques très intéressants que j'ignorais totalement : je ne savais pas du tout qu'il existait une nation de pirates sarrasins fermement installée sur la côté Provençale aux alentours de l'an Mille, plus précisément dans la ville de Freinet (La Garde-Freinet de nos jours). Dès les premières pages, on est plongé aux côtés de cette petite nation faite d'hommes libres vivants du pillage, d'enlèvement et de commerce. Ils sont rendus attachants, dotés d'une véritable âme et d'une culture intéressantes. Et on découvre leur relation complexe entre le marteau formé par les chrétiens de Provence et l'enclume formée par le Califat de Cordoue et les Maures d'Espagne à la civilisation très différente et nettement plus installée.
S'il n'y avait pas eu quelques légers défauts réduisant à mes yeux la qualité complète de cet album, je lui aurais volontiers accordé le demi-point qu'il lui manque pour être franchement bien. Parmi ces défauts, il y a pour une petite part le dessin qui n'est pas mauvais mais ne m'a pas tellement charmé et qui présente quelques personnages trop similaires et quelques expressions de visages pas très réalistes. Il y a ensuite quelques invraisemblances comme le fait que visiblement soit les personnages parlent toutes les langues locales sans accent, soit les chrétiens, les sarrasins et les maures parlent tous la même langue puisqu'ils se comprennent tous et peuvent se dissimuler les uns parmi les autres sans être repérés à l'oreille dès les premières paroles. En outre, je n'ai pas très bien compris en quoi récupérer le fameux parchemin était si important pour le Califat de Cordoue alors que d'une part sa simple destruction suffisait à remplir ses objectifs et que d'autre part l'émetteur du parchemin restait en mesure de transmettre de nouveau l'information si cruciale donc qu'il était plus dangereux encore que le parchemin.
Bref, cette bande dessinée manque légèrement de finition à mes yeux sur le plan de l'intrigue et de maîtrise technique sur le plan graphique mais, sur le plan narratif et sur le plan historique, elle est très bien foutue et très instructive. A lire.
Comme toujours quand je lis une histoire de Paul, j'apprécie sa narration fluide et son histoire qui coule agréablement. J'apprécie d'être plongé dans la vie semi-fictive de ce personnage et d'être transporté avec lui dans le Québec des années 70 à nos jours.
Pour cet album, nous sommes plongés dans l'adolescence de Paul, alors qu'il découvre avec intérêt le mouvement scout et qu'il intègre une troupe avec qui il passe d'agréables moments.
Ce fut pour moi une lecture plaisante. Et ce n'est qu'en atteignant le dernier quart de l'album que j'ai commencé à me dire qu'il ne s'était pas passé grand chose d'autre que des récits nostalgiques et anecdotiques jusque là. J'en venais à me demander si l'auteur allait apporter un message plus profond, quelque chose de plus marquant dans cette lecture. Et ce fut juste au moment où je me demandais ça qu'eut lieu l’événement essentiel de ce récit. J'ai alors pu apprécier la justesse avec laquelle l'auteur l'a amené et comment il distille ensuite les émotions à ce sujet.
Ce n'est pas l'album de Paul le plus marquant à mon goût, j'ai davantage été touché par Paul à Québec, mais c'est un bon album qui montre que son auteur a encore des choses intéressantes à raconter et toujours la manière pour le faire.
Si j’apprécie énormément la fin de cet opus, le contenu de l’album consiste en du bon polar.
Une histoire que le lecteur prend plaisir à suivre, un destin tout en tension que le lecteur ressent de bout en bout. Il ressort de l’adaptation narrative au format BD une sorte de naïveté dans la fuite de notre tueur. Naïveté qui atteint son point culminant avec le fait d’avoir confié tout son magot à un Madoff local. Notre idéaliste des sentiments si méticuleux dans son travail se fait finalement avoir par tous les gens qui l’entourent, cette fragilité chez un tueur professionnel m’a touché de bout en bout, même si les ficelles scénaristiques sont parfois grosses. Mais il y a cette chute incroyable qui m’a totalement scié et qui a fait basculer la lecture d’un album sympa à une sacrée expérience. Poétique, dramatique, je ne saurais dire le ressenti, mais j’accroche
Tardi assure une narration graphique au poil, qui ne perd pas le lecteur et le place au contraire dans un contexte de tension permanente bien ressentie, si Paris me semble moins vivant que dans Nestor Burma, l’écrin géographique prend son sens dans les appartements de rencontres et les planques. Attention néanmoins cela reste du Tardi et il y a 10 ans je n’aurais certainement pas pu continuer plus de trois pages de ce récit.
L’association Manchette Tardi fonctionne bien et tout comme avec Le Petit bleu de la côte Ouest, je suis conquis par le récit.
Etrange la façon dont j'appréhende cette série. je l'avais déjà abordée dans le journal Tintin des années 1980, avec des "morceaux" qui m'avaient donné une impression d'étrangeté autant qu'une fascination, qui ne s'expliquera qu'un peu plus tard, lorsque je découvris Lovecraft et son oeuvre si particulière.
Et en visitant une magnifique exposition sur Andreas à l'occasion du festival d'Angoulême avec l'auteur en personne, je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'un manque inacceptable à ma culture de bdphile, même si je suivais sa série Capricorne de façon plus ou moins fidèle. Il semblait que Rork constituait, en quelque sorte, l'essence de son oeuvre. Lorsque j'eus la chance de trouver les 7 premiers tomes de la série, je sautai donc sur l'occasion et les dévorai en l'espace de deux soirées.
Et j'ai retrouvé mes sensations d'enfance : des abysses phénoménaux, des engins vertigineux, des personnages énigmatiques et des constructions narratives tout sauf linaires. Et même 30 ans après, j'ai l'impression de ne pas avoir tout compris, mais l'impression générale est celle d'une oeuvre de toute première importance, que je suis heureux de (re)découvrir.
Comme l'a indiqué PAco, le style est un poil balbutiant au début, mais dès le troisième tome Andreas approche de sa maturité graphique, pour s'y tenir et y être encore, 30 ans après...
A lire absolument.
Moi , franchement j'ai beaucoup apprécié cette série en deux tomes .Je suis peut-être bon public ou c'est sans doute dû au fait que j'adore les séries dessinées par José-Luis Munuera.
Son dessin est tout simplement splendide. D'ailleurs c'est graphiquement aussi beau que dans Le Signe de la Lune, mais cette fois-ci la couleur est présente dans ce diptyque car le one shot précédemment cité était en noir et blanc.
Mais ce n'est pas seulement le dessin qui me permet de mettre à cette très belle série la note de 4/5, le scénario de Juan Diaz Canales m'a énormément plu, mais si je vous assure. J'ai trouvé originale l'histoire d'un enfant sauvage récupéré par une communauté particulière qui prône le partage entre ses membres, en pleine Guerre de Sécession américaine.
Même la présence du monstre ne m'a pas du tout dérangé, au contraire je pense que cet aspect du récit est très intéressant. Le fait que cette charmante bestiole protège l'enfant et qu'elle ne veuille pas le manger ne m'a pas paru si bête que cela, bien au contraire.
Donc à mon avis l'idée d'un ange gardien extraordinaire pour un enfant sortant de l'ordinaire est plutôt attirante. Bon d'accord on ne sait pas trop d'où il sort mais on peut fermer les yeux sur ce genre de petit détail pour une fois.
J'ai donc adoré ce diptyque et je compte bien me lancer dans la nouvelle série de José-Luis Munuera, Sortilèges car j'adore tout ce que fait ce dessinateur espagnol. Il faut rappeler que cette série alléchante est scénarisée par Jean Dufaux qui est loin d'être un novice dans le milieu de la bande dessinée.
En tout cas, en ce qui concerne Fraternity, n'hésitez pas plongez vous dans ce récit captivant vous ne le regretterez pas.
Abymes est encore une série à concept pour le moins intelligent. Pour autant, j’ai l’impression que Valérie Mangin ne sort pas de son thème favori qu’est l’uchronie. En l’occurrence, elle s’applique au destin d’hommes célèbres ayant marqué la littérature ou le cinéma. Je ne vais pas critiquer car j’aime également ce genre de thèmes. Le talent de la scénariste fait que c’est bien exploité. J’ai toujours du plaisir à lire ces œuvres.
Le second tome nous transporte après la Seconde Guerre mondiale et l'épuration qui a suivi en France. Un réalisateur de film semble être dans le collimateur. Henri-Georges Clouzot sera surtout la victime d'une sombre machination alors qu'il est entrain de tourner un film sur la vie de Balzac. On voit forcément le lien avec le premier tome. La mise en abyme est encore une réussite.
Le troisième tome réserve d’ailleurs une surprise de taille puisque l'auteur elle-même se met en scène et que c’est son célèbre mari qui est au dessin. Il est vrai que dernièrement, une autre série à concept à savoir Trois Christs m’avait fortement déçu. Là, le rattrapage est plutôt réussi.
L’exercice consiste à s’amuser de la mise en abyme. Cette trilogie avec 3 dessinateurs différents est très intéressante avec un scénario inventif et une cohérence digne de ce nom. Au niveau de la qualité, cela ira en crescendo avec une tension entre réalité et fantastique qui semble brouiller les pistes.
L'avis de Agecanonix avait attiré mon attention sur cette série et je le félicite parce que sans lui je n'aurais peut-être jamais lu ce premier tome dont j'ai hâte de lire la suite. Au début, j'avais un peu peur de ne pas aimer parce que le dessin ne m'attirait pas trop et que comme je ne connais que quelques lignes historiques sur cette période (par exemple, je sais qu' Édouard II était homosexuel et comment il est mort, mais c'est tout) j'avais peur de me perdre facilement.
Heureusement, même si je ne suis toujours pas un grand fan du dessin, le dessinateur sait au moins comment bien découper une histoire et le tout est très fluide. De plus, les scénaristes savent comment rendre des histoires politiques un peu complexes compréhensibles (même si il y a encore un ou deux personnages dont je ne comprends pas trop les motivations) et captivantes. Le personnage d'Isabelle est très intéressant et j'ai bien envie d'en connaitre d'avantage sur elle !
C’est une bonne BD d’aventure s’inspirant de Moby Dick. Le scénario était à l’origine proposé pour un spin-of sur un personnage de « Thorgal », mais refusé (pas suffisamment emballant ?).
Avec Xavier Dorison au scénario et Ralph Meyer au dessin, cette mini-série vise le haut du panier et sans être la BD de l’année on est en présence d’une série divertissante et c’est bien tout ce qu’on lui demande.
J’ai trouvé le dessin de Meyer moins bon que sur « Berceuse Assassine » mais on reconnaît bien la patte du dessinateur et donc pour ceux qui connaissent l’auteur il n’y a pas à s’inquiéter c’est du très bon boulot.
L’histoire concoctée par Dorison n’est pas des plus originales (on sent que c’est une série intermédiaire en attendant d’écrire un projet plus ambitieux). Les personnages sont classiques et plutôt caricaturaux avec Pied-de-Fer, homme mutilé à la fois dans sa chair, dans son âme, et qui a un cœur gros comme ça sous ses apparences de gros dur. Il y a aussi l’adolescente orpheline (sans modèle paternel donc), espiègle (donc enquiquineuse) et qui va mûrir au fil de l’aventure.
Histoire classique donc, mais divertissante et très bien dessinée. Suffisamment de bons points pour la classer dans le haut du panier. Je ne comprends pas pourquoi le scénario a été rejeté à l’origine. Il y a des albums de Thorgal qui font vraiment pitié en comparaison.
Lé Zitata nous entraîne de la Guadeloupe à la Martinique où un jeune homme essaye de vivre son rêve: celui de devenir acteur de théâtre. Cependant, il ne sera guère soutenu par ses parents. Qu'importe, il s'enfuit loin de chez lui pour vivre une aventure hors du commun.
Il sera tout d'abord un sans-papier sur une île des Caraïbes qu'il connait à peine. J'ai beaucoup aimé ce personnage très attachant par son côté fantasque. Il se fait tout le temps avoir. Il est d'une naïveté parfois déconcertante. Mais on l'aime bien !
Cette lecture aux couleurs créoles a été une vraie bouffée d'oxygène pour nous montrer les DOM comme on ne l'avait jamais ressenti. Le rythme est soutenu et la lecture a été très divertissante. En conclusion, il y a quelque chose qui sort de l'ordinaire et cela demeure assez plaisant.
A noter qu'il ne s'agit pas d'un one-shot comme indiqué sur la fiche mais bien d'une série en cours.
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Brendan et le Secret de Kells
Il y a des centres d’intérêt qui ne s’expliquent que très difficilement, et si je me suis intéressé à cette bande dessinée, c’est surtout dû à son sujet : le livre de Kells. Ceci ne devrait pas dire grand-chose à grand monde mais ce livre est, en vérité, une des plus remarquables bibles enluminées dont la valeur provient surtout de son métissage entre culture celte et religion chrétienne. Ce récit, adapté d’un dessin animé dont je n’avais que très vaguement entendu parler, use du livre comme d’un pivot autour duquel vont s’articuler plusieurs éléments, sans oublier pour autant l’aventure. Le premier élément est l’art pictural celte. Tout au long du récit, on a droit à un dessin directement inspiré par ce style naïf… Et c’est super bien foutu !! Certaines planches sont vraiment belles à voir et constamment reviennent plusieurs éléments (l’ordonnance des arbres notamment) typiques de cet art. Ceci dit, je pense que ce style, s’il m’a beaucoup plu, en laissera d’autres totalement de marbre, voire pire encore. Par conséquent, je ne peux que vous inviter à jeter un œil avant l’achat. Le deuxième élément est la rencontre entre religion et culture. Brendan, petit moine et apprenti enlumineur, va découvrir la culture celte lors de ses escapades en forêt. Son initiatrice sera une fée étrange et fascinante. Nous nous retrouvons donc avec deux représentants de deux cultures différentes qui vont s’associer dans un but commun, ce fameux livre de Kells. Ces deux personnages sont touchants et je m’y suis vite attaché. Troisième élément : un élément historique. Car si ce récit est avant tout fantaisiste, il n’en repose pas moins sur des faits historiques véridiques. Invasions viking, périple de St Colomban, incendie de l’abbaye d’Iona sont autant d’éléments qui permettent à ce récit de reposer sur une base historique solide. Sans parler du livre de Kells !! Enfin, et comme je le disais, l’aventure est au rendez-vous et ce récit non exempt de symbolisme invite à la réflexion (avec un oncle qui, pour protéger les siens, les isole… et donc les affaiblit) tout en nous offrant un récit rythmé. Et si l’humour est souvent présent, cette histoire nous offre quelques passages plus effrayants. La morale de l'histoire, quant à elle, nous sort des entiers battus et, à nouveau, invite à la réflexion. Une lecture que j’ai beaucoup appréciée, mais cette appréciation est certainement faussée par mon intérêt pour ce livre de Kells et tout ce qui tourne autour. Mais je ne peux que vous inviter à découvrir ce diptyque.
Sarrasins !
Note : 3.5/5 Cette bande dessinée m'a appris de manière fluide et agréable des faits historiques très intéressants que j'ignorais totalement : je ne savais pas du tout qu'il existait une nation de pirates sarrasins fermement installée sur la côté Provençale aux alentours de l'an Mille, plus précisément dans la ville de Freinet (La Garde-Freinet de nos jours). Dès les premières pages, on est plongé aux côtés de cette petite nation faite d'hommes libres vivants du pillage, d'enlèvement et de commerce. Ils sont rendus attachants, dotés d'une véritable âme et d'une culture intéressantes. Et on découvre leur relation complexe entre le marteau formé par les chrétiens de Provence et l'enclume formée par le Califat de Cordoue et les Maures d'Espagne à la civilisation très différente et nettement plus installée. S'il n'y avait pas eu quelques légers défauts réduisant à mes yeux la qualité complète de cet album, je lui aurais volontiers accordé le demi-point qu'il lui manque pour être franchement bien. Parmi ces défauts, il y a pour une petite part le dessin qui n'est pas mauvais mais ne m'a pas tellement charmé et qui présente quelques personnages trop similaires et quelques expressions de visages pas très réalistes. Il y a ensuite quelques invraisemblances comme le fait que visiblement soit les personnages parlent toutes les langues locales sans accent, soit les chrétiens, les sarrasins et les maures parlent tous la même langue puisqu'ils se comprennent tous et peuvent se dissimuler les uns parmi les autres sans être repérés à l'oreille dès les premières paroles. En outre, je n'ai pas très bien compris en quoi récupérer le fameux parchemin était si important pour le Califat de Cordoue alors que d'une part sa simple destruction suffisait à remplir ses objectifs et que d'autre part l'émetteur du parchemin restait en mesure de transmettre de nouveau l'information si cruciale donc qu'il était plus dangereux encore que le parchemin. Bref, cette bande dessinée manque légèrement de finition à mes yeux sur le plan de l'intrigue et de maîtrise technique sur le plan graphique mais, sur le plan narratif et sur le plan historique, elle est très bien foutue et très instructive. A lire.
Paul au parc
Comme toujours quand je lis une histoire de Paul, j'apprécie sa narration fluide et son histoire qui coule agréablement. J'apprécie d'être plongé dans la vie semi-fictive de ce personnage et d'être transporté avec lui dans le Québec des années 70 à nos jours. Pour cet album, nous sommes plongés dans l'adolescence de Paul, alors qu'il découvre avec intérêt le mouvement scout et qu'il intègre une troupe avec qui il passe d'agréables moments. Ce fut pour moi une lecture plaisante. Et ce n'est qu'en atteignant le dernier quart de l'album que j'ai commencé à me dire qu'il ne s'était pas passé grand chose d'autre que des récits nostalgiques et anecdotiques jusque là. J'en venais à me demander si l'auteur allait apporter un message plus profond, quelque chose de plus marquant dans cette lecture. Et ce fut juste au moment où je me demandais ça qu'eut lieu l’événement essentiel de ce récit. J'ai alors pu apprécier la justesse avec laquelle l'auteur l'a amené et comment il distille ensuite les émotions à ce sujet. Ce n'est pas l'album de Paul le plus marquant à mon goût, j'ai davantage été touché par Paul à Québec, mais c'est un bon album qui montre que son auteur a encore des choses intéressantes à raconter et toujours la manière pour le faire.
La Position du Tireur couché
Si j’apprécie énormément la fin de cet opus, le contenu de l’album consiste en du bon polar. Une histoire que le lecteur prend plaisir à suivre, un destin tout en tension que le lecteur ressent de bout en bout. Il ressort de l’adaptation narrative au format BD une sorte de naïveté dans la fuite de notre tueur. Naïveté qui atteint son point culminant avec le fait d’avoir confié tout son magot à un Madoff local. Notre idéaliste des sentiments si méticuleux dans son travail se fait finalement avoir par tous les gens qui l’entourent, cette fragilité chez un tueur professionnel m’a touché de bout en bout, même si les ficelles scénaristiques sont parfois grosses. Mais il y a cette chute incroyable qui m’a totalement scié et qui a fait basculer la lecture d’un album sympa à une sacrée expérience. Poétique, dramatique, je ne saurais dire le ressenti, mais j’accroche Tardi assure une narration graphique au poil, qui ne perd pas le lecteur et le place au contraire dans un contexte de tension permanente bien ressentie, si Paris me semble moins vivant que dans Nestor Burma, l’écrin géographique prend son sens dans les appartements de rencontres et les planques. Attention néanmoins cela reste du Tardi et il y a 10 ans je n’aurais certainement pas pu continuer plus de trois pages de ce récit. L’association Manchette Tardi fonctionne bien et tout comme avec Le Petit bleu de la côte Ouest, je suis conquis par le récit.
Rork
Etrange la façon dont j'appréhende cette série. je l'avais déjà abordée dans le journal Tintin des années 1980, avec des "morceaux" qui m'avaient donné une impression d'étrangeté autant qu'une fascination, qui ne s'expliquera qu'un peu plus tard, lorsque je découvris Lovecraft et son oeuvre si particulière. Et en visitant une magnifique exposition sur Andreas à l'occasion du festival d'Angoulême avec l'auteur en personne, je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'un manque inacceptable à ma culture de bdphile, même si je suivais sa série Capricorne de façon plus ou moins fidèle. Il semblait que Rork constituait, en quelque sorte, l'essence de son oeuvre. Lorsque j'eus la chance de trouver les 7 premiers tomes de la série, je sautai donc sur l'occasion et les dévorai en l'espace de deux soirées. Et j'ai retrouvé mes sensations d'enfance : des abysses phénoménaux, des engins vertigineux, des personnages énigmatiques et des constructions narratives tout sauf linaires. Et même 30 ans après, j'ai l'impression de ne pas avoir tout compris, mais l'impression générale est celle d'une oeuvre de toute première importance, que je suis heureux de (re)découvrir. Comme l'a indiqué PAco, le style est un poil balbutiant au début, mais dès le troisième tome Andreas approche de sa maturité graphique, pour s'y tenir et y être encore, 30 ans après... A lire absolument.
Fraternity
Moi , franchement j'ai beaucoup apprécié cette série en deux tomes .Je suis peut-être bon public ou c'est sans doute dû au fait que j'adore les séries dessinées par José-Luis Munuera. Son dessin est tout simplement splendide. D'ailleurs c'est graphiquement aussi beau que dans Le Signe de la Lune, mais cette fois-ci la couleur est présente dans ce diptyque car le one shot précédemment cité était en noir et blanc. Mais ce n'est pas seulement le dessin qui me permet de mettre à cette très belle série la note de 4/5, le scénario de Juan Diaz Canales m'a énormément plu, mais si je vous assure. J'ai trouvé originale l'histoire d'un enfant sauvage récupéré par une communauté particulière qui prône le partage entre ses membres, en pleine Guerre de Sécession américaine. Même la présence du monstre ne m'a pas du tout dérangé, au contraire je pense que cet aspect du récit est très intéressant. Le fait que cette charmante bestiole protège l'enfant et qu'elle ne veuille pas le manger ne m'a pas paru si bête que cela, bien au contraire. Donc à mon avis l'idée d'un ange gardien extraordinaire pour un enfant sortant de l'ordinaire est plutôt attirante. Bon d'accord on ne sait pas trop d'où il sort mais on peut fermer les yeux sur ce genre de petit détail pour une fois. J'ai donc adoré ce diptyque et je compte bien me lancer dans la nouvelle série de José-Luis Munuera, Sortilèges car j'adore tout ce que fait ce dessinateur espagnol. Il faut rappeler que cette série alléchante est scénarisée par Jean Dufaux qui est loin d'être un novice dans le milieu de la bande dessinée. En tout cas, en ce qui concerne Fraternity, n'hésitez pas plongez vous dans ce récit captivant vous ne le regretterez pas.
Abymes
Abymes est encore une série à concept pour le moins intelligent. Pour autant, j’ai l’impression que Valérie Mangin ne sort pas de son thème favori qu’est l’uchronie. En l’occurrence, elle s’applique au destin d’hommes célèbres ayant marqué la littérature ou le cinéma. Je ne vais pas critiquer car j’aime également ce genre de thèmes. Le talent de la scénariste fait que c’est bien exploité. J’ai toujours du plaisir à lire ces œuvres. Le second tome nous transporte après la Seconde Guerre mondiale et l'épuration qui a suivi en France. Un réalisateur de film semble être dans le collimateur. Henri-Georges Clouzot sera surtout la victime d'une sombre machination alors qu'il est entrain de tourner un film sur la vie de Balzac. On voit forcément le lien avec le premier tome. La mise en abyme est encore une réussite. Le troisième tome réserve d’ailleurs une surprise de taille puisque l'auteur elle-même se met en scène et que c’est son célèbre mari qui est au dessin. Il est vrai que dernièrement, une autre série à concept à savoir Trois Christs m’avait fortement déçu. Là, le rattrapage est plutôt réussi. L’exercice consiste à s’amuser de la mise en abyme. Cette trilogie avec 3 dessinateurs différents est très intéressante avec un scénario inventif et une cohérence digne de ce nom. Au niveau de la qualité, cela ira en crescendo avec une tension entre réalité et fantastique qui semble brouiller les pistes.
Isabelle - La Louve de France
L'avis de Agecanonix avait attiré mon attention sur cette série et je le félicite parce que sans lui je n'aurais peut-être jamais lu ce premier tome dont j'ai hâte de lire la suite. Au début, j'avais un peu peur de ne pas aimer parce que le dessin ne m'attirait pas trop et que comme je ne connais que quelques lignes historiques sur cette période (par exemple, je sais qu' Édouard II était homosexuel et comment il est mort, mais c'est tout) j'avais peur de me perdre facilement. Heureusement, même si je ne suis toujours pas un grand fan du dessin, le dessinateur sait au moins comment bien découper une histoire et le tout est très fluide. De plus, les scénaristes savent comment rendre des histoires politiques un peu complexes compréhensibles (même si il y a encore un ou deux personnages dont je ne comprends pas trop les motivations) et captivantes. Le personnage d'Isabelle est très intéressant et j'ai bien envie d'en connaitre d'avantage sur elle !
Asgard
C’est une bonne BD d’aventure s’inspirant de Moby Dick. Le scénario était à l’origine proposé pour un spin-of sur un personnage de « Thorgal », mais refusé (pas suffisamment emballant ?). Avec Xavier Dorison au scénario et Ralph Meyer au dessin, cette mini-série vise le haut du panier et sans être la BD de l’année on est en présence d’une série divertissante et c’est bien tout ce qu’on lui demande. J’ai trouvé le dessin de Meyer moins bon que sur « Berceuse Assassine » mais on reconnaît bien la patte du dessinateur et donc pour ceux qui connaissent l’auteur il n’y a pas à s’inquiéter c’est du très bon boulot. L’histoire concoctée par Dorison n’est pas des plus originales (on sent que c’est une série intermédiaire en attendant d’écrire un projet plus ambitieux). Les personnages sont classiques et plutôt caricaturaux avec Pied-de-Fer, homme mutilé à la fois dans sa chair, dans son âme, et qui a un cœur gros comme ça sous ses apparences de gros dur. Il y a aussi l’adolescente orpheline (sans modèle paternel donc), espiègle (donc enquiquineuse) et qui va mûrir au fil de l’aventure. Histoire classique donc, mais divertissante et très bien dessinée. Suffisamment de bons points pour la classer dans le haut du panier. Je ne comprends pas pourquoi le scénario a été rejeté à l’origine. Il y a des albums de Thorgal qui font vraiment pitié en comparaison.
Lé Zitata
Lé Zitata nous entraîne de la Guadeloupe à la Martinique où un jeune homme essaye de vivre son rêve: celui de devenir acteur de théâtre. Cependant, il ne sera guère soutenu par ses parents. Qu'importe, il s'enfuit loin de chez lui pour vivre une aventure hors du commun. Il sera tout d'abord un sans-papier sur une île des Caraïbes qu'il connait à peine. J'ai beaucoup aimé ce personnage très attachant par son côté fantasque. Il se fait tout le temps avoir. Il est d'une naïveté parfois déconcertante. Mais on l'aime bien ! Cette lecture aux couleurs créoles a été une vraie bouffée d'oxygène pour nous montrer les DOM comme on ne l'avait jamais ressenti. Le rythme est soutenu et la lecture a été très divertissante. En conclusion, il y a quelque chose qui sort de l'ordinaire et cela demeure assez plaisant. A noter qu'il ne s'agit pas d'un one-shot comme indiqué sur la fiche mais bien d'une série en cours.