Un bon polar signé Jean-Claude Denis. On suit parallèlement l'enquête sur la mort d'un homme et la vie de cet homme avant sa mort. C'est bien rythmé (surtout les scènes de l'enquête), le personnage principal est intéressant car on ne voit pas un type comme lui tous les jours (j'aime aussi l'inspecteur qui mène l'enquête) et la fin m'a vraiment surpris et d'ailleurs c'est le genre de fin dont je me souviens longtemps parce que c'est très bien fait.
Le dessin de Denis est toujours aussi bon. J'aime son style personnel. Comment il dessine les décors, les personnages et le choix des couleurs.
Le baron noir est une brillante satire de notre société utilisant les animaux de façon métaphorique. Ainsi le baron noir, redoutable prédateur avide de moutons, pourrait symboliser le patronat ou, en élargissant un chouilla, les banquiers et autres « requins de la finance » (celui-ci parle constamment de quotas à respecter à propos de ses proies) ; les moutons représentent le peuple, tantôt résignés à finir dévorés , tantôt comptant sur l’effet de groupe pour échapper à leur cruelle destinée.
Nous trouvons également tonne de figurants : des rhinocéros policiers, ne faisant pas dans la finesse et frappant sans se poser de question ; une autruche, tête enfouie dans le sable, niant les tragédies qui l’entourent ; un ours médecin qui louche (Aïe, Aïe).
Il est vrai que la lecture d’un album du baron noir en une seule traite peut s’avérer relativement pénible (malgré la qualité des strips), l’humour étant assez répétitif. C’est pour cela que je recommanderais une lecture au-goutte-à-goutte, aidée d’une invention très pratique que l’on nomme marque-page.
Alors là, Matthieu Bablet, je connaissais pas et SACREBLEU, quel dessinateur talentueux !!!
Ses planches sont d’une beauté que je ne vois que trop rarement ! Son style est à la fois incisif, subtil, d’une précision chirurgicale ; et ses couleurs… magnifiques, tout simplement.
Nous sommes là en face d’une oeuvre où le lecteur apprendra (ou réapprendra) à contempler. Effectivement, les dialogues ne sont pas légion ; de nombreuses pages sont muettes, nous laissant ainsi admirer les somptueux paysages et décorums antiques détaillés aux perspectives audacieuses. Ce parti-pris de l’auteur colle bien avec le sujet de la quête.
Un roi immortel va partir de sa ville fortifiée « L’Hyperborée » après que tous ses habitants soient morts. Il va partir à la rencontre des dieux afin de les questionner à propos de son don hors du commun. Il vit cette particularité comme une malédiction, luttant pendant son périple pour que ses souvenirs ne disparaissent pas comme les gens qu’il a autrefois aimés.
J’ai trouvé ce thème de l’immortalité intelligemment abordé :
_On ne peut lutter contre cette mémoire, qui tôt ou tard s’effacera. Le passé deviendra poussière comme s’il n’avait existé.
_A quoi cela sert-il d’être immortel si l’on voit tous ses proches, ceux que l’on aime, partir ?
Notre ancien roi, solitaire, va rencontrer sur sa route nombre de créatures fabuleuses issues de la riche mythologie grecque : harpies, Sphynge (ou Sphynx), Cyclope,… L’auteur nous offre d’ailleurs un lexique en fin d’album de tout le bestiaire rencontré durant l’aventure.
Belle découverte, album poétique dont j’attends impatiemment la suite…
Bad Ass a la particularité d'être un comics à la française tout en respectant les lois du genre américain avec la panoplie des super héros costumés. Un adolescent mal dans sa peau se retrouve avec de supers pouvoirs. Le doute demeure sur l'acquisition de son pouvoir qui semble être lié à la chance. Les clins d'oeil sont légions avec Batman à commencer par Black Snake le justicier de la nuit qu'il faut appeler par un signal. Bref, c'est par moment assez jubilatoire.
Notre héros est un super vilain. Cela change la donne. L'humour est prédominant avec un regard complètement décalé sur les comics. Il y a un côté Kick Ass que j'ai franchement apprécié. C'est une parodie politiquement incorrecte mais c'est jouissif à souhait. Le ton est décalé et les dialogues sont savoureux. Il y a véritablement de l'audace. En conclusion, on passe un agréable moment de lecture.
Cette série est une formidable réussite. J'ai rarement lu un comics aussi abouti. Il est réalisé à la perfection. Il y a un excellent dosage entre les divers personnages qui le composent. L'action est savamment orchestrée. Je ne m'attendais pas à cela. Pourtant, les premières pages arrivent déjà à retenir toute notre attention avec la mort brutale du père. On voit tout de suite la différence avec le reste des publications.
Bref, Locke and Key joue véritablement dans la cour des grands avec des auteurs pourtant inconnus. En recherchant bien, on découvre que le scénariste Joe Hill n'est autre que le fils de Stephen King, le maître de l'épouvante. Le talent peut alors se transmettre d'une génération à l'autre.
La maison de Keyhouse va nous faire vivre de palpitantes aventures où il faudra s'accrocher. Ce comics a tout pour devenir culte: un univers riche et horrifique, des personnages attachants, du rythme et un vrai scénario.
En général, je n'aime guère l'Histoire contemporaine avec des périodes proches de la nôtre, mais ici, comme dans Louis la Guigne, la France des années 30 m'a plu et j'ai bien accroché au destin de Raymond Lécluse, ambitieux jeune homme prêt à tout pour réussir et épancher sa soif de pouvoir.
Le scénario très cohérent s'attache aux pas de ce héros qui, malgré un manque de charisme, est bien attachant, les auteurs brassant plein d'événements sous la forme d'un feuilleton populaire, sans temps morts, avec un souci de réalisme historique et une habile description de plusieurs milieux sociaux dûs aux nombreux changements de décors. Cette dramatisation est bénéfique pour la série, on y voit en effet Lécluse troufion sur la Ligne Maginot, puis il se retrouve dans le monde ouvrier, dans le monde de la boxe, dans le grand monde parisien avant de connaître la souffrance des Légionnaires dans le Sahara.
Hulet soigne son dessin, malgré des couleurs peu éclatantes qui finalement collent bien à cette époque sombre, tandis que Bucquoy livre avec réalisme et une certaine poésie une grande saga de l'Entre-deux-guerres. La seule frustration vient du fait qu'une suite potentielle était annoncée sans avoir eu lieu après le tome 4, c'est vraiment dommage.
Une bonne saga qui cerne bien cette époque que je connaissais peu, car elle ne m'attirait pas, mais que je ne regrette pas d'avoir lue ; elle est dans la lignée des Bd Vécu des années 80.
Frank Margerin dessine dans Métal Hurlant depuis le n°4 en mars 1976, des récits courts, des petites fables où évoluent des pépères et des mémères, des Français moyens, des concierges acariâtres, des ringards en peignoir ou en marcel à trous très marrants dans leurs intérieurs petit-bourgeois bien franchouillards, ainsi que des petits boutiquiers comme on n'en voit plus guère, des vieux grincheux, toute une faune populaire et passéiste qu'il confrontait parfois avec des jeunes. C'est ainsi qu'est né Lucien en 1979.
Margerin a ensuite très vite fait évoluer ses personnages fétiches qui restent les loulous de banlieue et à qui il donne la vedette, introduisant de temps en temps un de ces pépères si rigolos. L'action se situe dans une banlieue intemporelle, qui paraît sixties, mais qui finalement hésite entre les années 70 et 80 ; une banlieue qui n'existe plus, celle d'avant la fracture sociale, le rap violent et les voitures incendiées, une sorte de banlieue fleurie.
J'ai tout de suite été fan des frasques hilarantes de Lucien et de ses potes Ricky, Gillou et Riton, parce que je m'y identifiais, j'ai eu ma période rocker avec l'attirail perfecto, santiags à bouts pointus, mob à siège léopard, scotché au flipper à boire des mousses et à draguer les filles, en s'exprimant dans notre franc-parler de l'époque, entre les années 77 et 82. Margerin a parfaitement compris qu'il s'adressait à une catégorie de lecteurs en devenant un peu l'emblème d'un courant propre aux années 80 : la BD rock au ton adulte ; il a mis en place un univers riche, attachant, plein de bonhomie et de tendresse, où son petit monde peuplé de rockers naïfs et sensibles vit des aventures cocasses toute simples, dominées par le rire.
Sa vision de la société est réaliste par son esprit, avec un sens aigu de l'observation, bien rendu surtout dans les différentes "tribus" de jeunes qu'il y avait à cette époque (punks, babas, skins, bcbg....), le tout restitué dans un style graphique en partie caricatural qui favorise les rondeurs, avec en plus des fonds de case qui fourmillent de petits détails savoureux. Les bulles bien remplies pourraient ralentir la lecture, mais elles contiennent le plus souvent des dialogues fort drôles qui éclairent le lecteur sur la vie de ces gentils loubards pas bien méchants qui, même s'ils vivent à notre époque, rêvent des années 60, des teen-agers, des Chaussettes Noires et du Golf Drouot, époque qu'ils n'ont pourtant pas connue mais dont ils sont fans pour sa mythologie.
La série a ensuite élargi son public, Margerin ayant su toucher et amuser plusieurs générations depuis plus de 30 ans ; il s'en dégage une bonne humeur, un goût pour les tronches marrantes, une verve et une fraîcheur inimitables, bref, un vrai plaisir. L'achat est recommandé, surtout les premiers albums qui sont les plus spontanés dans leur drôlerie, jusqu'a Lulu s'maque ; après, il y a un net changement, le héros s'embourgeoise et vieillit, le ton est différent tout en restant amusant.
3.5
Cette série est probablement la meilleure de Lax que j'ai lue jusqu'à présent. J'avais un peu peur de lire cette série parce que je m'étais ennuyé en lisant une autre série de Lax avec du cyclisme: L'Aigle sans orteils. Heureusement, j'ai été plus captivé par le scénario de Pain d'Alouette.
La raison principale est qu'il y a plusieurs personnages qui sont importants dans l'intrigue et que je les trouve tous captivants. J'ai aussi été touché par l'histoire de la pauvre Reine et je voulais absolument savoir comment elle allait s'en sortir. J'avoue toutefois que j'ai plus aimé le premier que le deuxième tome car les dernières pages ne sont pas très captivantes, mais le reste était bien quoique je n'étais pas aussi passionné que dans le tome 1 durant ma lecture.
Le dessin de Lax est toujours excellent et j'adore comment il utilise les couleurs. C'est un plaisir pour les yeux !
Que c'est drôle (au moins la première fois : une fois qu'on connaît la chute ça l'est moins). Emile Bravo est vraiment un excellent auteur.
J'aime bien l'avis du posteur précédent qualifiant de conte philosophique cet ouvrage. La fin est peut être plus drôle pour un adulte que pour un enfant encore que.
Le dessin est attrayant coloré et met bien l'histoire en valeur.
A découvrir absolument comme beaucoup d'oeuvres de Bravo.
Voilà une bonne série Médiévale fantastique. Mais je conseille plutôt la lecture des 4 premiers tomes.
L'histoire est assez intéressante et retranscrit bien l'idée que je me faisais des croisades. L'irruption du fantastique et de la magie pimente cette histoire. Les personnages sont réussis avec une mention pour le maître des machines.
Côté dessin je vous conseille de regarder une des doubles pages qui résument à elles seules tout le talent du dessinateur.
Acquérez les quatre premiers et empruntez les deux suivants, voilà le conseil que je vous donnerais.
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Un bon polar signé Jean-Claude Denis. On suit parallèlement l'enquête sur la mort d'un homme et la vie de cet homme avant sa mort. C'est bien rythmé (surtout les scènes de l'enquête), le personnage principal est intéressant car on ne voit pas un type comme lui tous les jours (j'aime aussi l'inspecteur qui mène l'enquête) et la fin m'a vraiment surpris et d'ailleurs c'est le genre de fin dont je me souviens longtemps parce que c'est très bien fait. Le dessin de Denis est toujours aussi bon. J'aime son style personnel. Comment il dessine les décors, les personnages et le choix des couleurs.
Le Baron Noir
Le baron noir est une brillante satire de notre société utilisant les animaux de façon métaphorique. Ainsi le baron noir, redoutable prédateur avide de moutons, pourrait symboliser le patronat ou, en élargissant un chouilla, les banquiers et autres « requins de la finance » (celui-ci parle constamment de quotas à respecter à propos de ses proies) ; les moutons représentent le peuple, tantôt résignés à finir dévorés , tantôt comptant sur l’effet de groupe pour échapper à leur cruelle destinée. Nous trouvons également tonne de figurants : des rhinocéros policiers, ne faisant pas dans la finesse et frappant sans se poser de question ; une autruche, tête enfouie dans le sable, niant les tragédies qui l’entourent ; un ours médecin qui louche (Aïe, Aïe). Il est vrai que la lecture d’un album du baron noir en une seule traite peut s’avérer relativement pénible (malgré la qualité des strips), l’humour étant assez répétitif. C’est pour cela que je recommanderais une lecture au-goutte-à-goutte, aidée d’une invention très pratique que l’on nomme marque-page.
Adrastée
Alors là, Matthieu Bablet, je connaissais pas et SACREBLEU, quel dessinateur talentueux !!! Ses planches sont d’une beauté que je ne vois que trop rarement ! Son style est à la fois incisif, subtil, d’une précision chirurgicale ; et ses couleurs… magnifiques, tout simplement. Nous sommes là en face d’une oeuvre où le lecteur apprendra (ou réapprendra) à contempler. Effectivement, les dialogues ne sont pas légion ; de nombreuses pages sont muettes, nous laissant ainsi admirer les somptueux paysages et décorums antiques détaillés aux perspectives audacieuses. Ce parti-pris de l’auteur colle bien avec le sujet de la quête. Un roi immortel va partir de sa ville fortifiée « L’Hyperborée » après que tous ses habitants soient morts. Il va partir à la rencontre des dieux afin de les questionner à propos de son don hors du commun. Il vit cette particularité comme une malédiction, luttant pendant son périple pour que ses souvenirs ne disparaissent pas comme les gens qu’il a autrefois aimés. J’ai trouvé ce thème de l’immortalité intelligemment abordé : _On ne peut lutter contre cette mémoire, qui tôt ou tard s’effacera. Le passé deviendra poussière comme s’il n’avait existé. _A quoi cela sert-il d’être immortel si l’on voit tous ses proches, ceux que l’on aime, partir ? Notre ancien roi, solitaire, va rencontrer sur sa route nombre de créatures fabuleuses issues de la riche mythologie grecque : harpies, Sphynge (ou Sphynx), Cyclope,… L’auteur nous offre d’ailleurs un lexique en fin d’album de tout le bestiaire rencontré durant l’aventure. Belle découverte, album poétique dont j’attends impatiemment la suite…
Bad Ass
Bad Ass a la particularité d'être un comics à la française tout en respectant les lois du genre américain avec la panoplie des super héros costumés. Un adolescent mal dans sa peau se retrouve avec de supers pouvoirs. Le doute demeure sur l'acquisition de son pouvoir qui semble être lié à la chance. Les clins d'oeil sont légions avec Batman à commencer par Black Snake le justicier de la nuit qu'il faut appeler par un signal. Bref, c'est par moment assez jubilatoire. Notre héros est un super vilain. Cela change la donne. L'humour est prédominant avec un regard complètement décalé sur les comics. Il y a un côté Kick Ass que j'ai franchement apprécié. C'est une parodie politiquement incorrecte mais c'est jouissif à souhait. Le ton est décalé et les dialogues sont savoureux. Il y a véritablement de l'audace. En conclusion, on passe un agréable moment de lecture.
Locke & Key
Cette série est une formidable réussite. J'ai rarement lu un comics aussi abouti. Il est réalisé à la perfection. Il y a un excellent dosage entre les divers personnages qui le composent. L'action est savamment orchestrée. Je ne m'attendais pas à cela. Pourtant, les premières pages arrivent déjà à retenir toute notre attention avec la mort brutale du père. On voit tout de suite la différence avec le reste des publications. Bref, Locke and Key joue véritablement dans la cour des grands avec des auteurs pourtant inconnus. En recherchant bien, on découvre que le scénariste Joe Hill n'est autre que le fils de Stephen King, le maître de l'épouvante. Le talent peut alors se transmettre d'une génération à l'autre. La maison de Keyhouse va nous faire vivre de palpitantes aventures où il faudra s'accrocher. Ce comics a tout pour devenir culte: un univers riche et horrifique, des personnages attachants, du rythme et un vrai scénario.
Les Chemins de la Gloire
En général, je n'aime guère l'Histoire contemporaine avec des périodes proches de la nôtre, mais ici, comme dans Louis la Guigne, la France des années 30 m'a plu et j'ai bien accroché au destin de Raymond Lécluse, ambitieux jeune homme prêt à tout pour réussir et épancher sa soif de pouvoir. Le scénario très cohérent s'attache aux pas de ce héros qui, malgré un manque de charisme, est bien attachant, les auteurs brassant plein d'événements sous la forme d'un feuilleton populaire, sans temps morts, avec un souci de réalisme historique et une habile description de plusieurs milieux sociaux dûs aux nombreux changements de décors. Cette dramatisation est bénéfique pour la série, on y voit en effet Lécluse troufion sur la Ligne Maginot, puis il se retrouve dans le monde ouvrier, dans le monde de la boxe, dans le grand monde parisien avant de connaître la souffrance des Légionnaires dans le Sahara. Hulet soigne son dessin, malgré des couleurs peu éclatantes qui finalement collent bien à cette époque sombre, tandis que Bucquoy livre avec réalisme et une certaine poésie une grande saga de l'Entre-deux-guerres. La seule frustration vient du fait qu'une suite potentielle était annoncée sans avoir eu lieu après le tome 4, c'est vraiment dommage. Une bonne saga qui cerne bien cette époque que je connaissais peu, car elle ne m'attirait pas, mais que je ne regrette pas d'avoir lue ; elle est dans la lignée des Bd Vécu des années 80.
Lucien
Frank Margerin dessine dans Métal Hurlant depuis le n°4 en mars 1976, des récits courts, des petites fables où évoluent des pépères et des mémères, des Français moyens, des concierges acariâtres, des ringards en peignoir ou en marcel à trous très marrants dans leurs intérieurs petit-bourgeois bien franchouillards, ainsi que des petits boutiquiers comme on n'en voit plus guère, des vieux grincheux, toute une faune populaire et passéiste qu'il confrontait parfois avec des jeunes. C'est ainsi qu'est né Lucien en 1979. Margerin a ensuite très vite fait évoluer ses personnages fétiches qui restent les loulous de banlieue et à qui il donne la vedette, introduisant de temps en temps un de ces pépères si rigolos. L'action se situe dans une banlieue intemporelle, qui paraît sixties, mais qui finalement hésite entre les années 70 et 80 ; une banlieue qui n'existe plus, celle d'avant la fracture sociale, le rap violent et les voitures incendiées, une sorte de banlieue fleurie. J'ai tout de suite été fan des frasques hilarantes de Lucien et de ses potes Ricky, Gillou et Riton, parce que je m'y identifiais, j'ai eu ma période rocker avec l'attirail perfecto, santiags à bouts pointus, mob à siège léopard, scotché au flipper à boire des mousses et à draguer les filles, en s'exprimant dans notre franc-parler de l'époque, entre les années 77 et 82. Margerin a parfaitement compris qu'il s'adressait à une catégorie de lecteurs en devenant un peu l'emblème d'un courant propre aux années 80 : la BD rock au ton adulte ; il a mis en place un univers riche, attachant, plein de bonhomie et de tendresse, où son petit monde peuplé de rockers naïfs et sensibles vit des aventures cocasses toute simples, dominées par le rire. Sa vision de la société est réaliste par son esprit, avec un sens aigu de l'observation, bien rendu surtout dans les différentes "tribus" de jeunes qu'il y avait à cette époque (punks, babas, skins, bcbg....), le tout restitué dans un style graphique en partie caricatural qui favorise les rondeurs, avec en plus des fonds de case qui fourmillent de petits détails savoureux. Les bulles bien remplies pourraient ralentir la lecture, mais elles contiennent le plus souvent des dialogues fort drôles qui éclairent le lecteur sur la vie de ces gentils loubards pas bien méchants qui, même s'ils vivent à notre époque, rêvent des années 60, des teen-agers, des Chaussettes Noires et du Golf Drouot, époque qu'ils n'ont pourtant pas connue mais dont ils sont fans pour sa mythologie. La série a ensuite élargi son public, Margerin ayant su toucher et amuser plusieurs générations depuis plus de 30 ans ; il s'en dégage une bonne humeur, un goût pour les tronches marrantes, une verve et une fraîcheur inimitables, bref, un vrai plaisir. L'achat est recommandé, surtout les premiers albums qui sont les plus spontanés dans leur drôlerie, jusqu'a Lulu s'maque ; après, il y a un net changement, le héros s'embourgeoise et vieillit, le ton est différent tout en restant amusant.
Pain d'Alouette
3.5 Cette série est probablement la meilleure de Lax que j'ai lue jusqu'à présent. J'avais un peu peur de lire cette série parce que je m'étais ennuyé en lisant une autre série de Lax avec du cyclisme: L'Aigle sans orteils. Heureusement, j'ai été plus captivé par le scénario de Pain d'Alouette. La raison principale est qu'il y a plusieurs personnages qui sont importants dans l'intrigue et que je les trouve tous captivants. J'ai aussi été touché par l'histoire de la pauvre Reine et je voulais absolument savoir comment elle allait s'en sortir. J'avoue toutefois que j'ai plus aimé le premier que le deuxième tome car les dernières pages ne sont pas très captivantes, mais le reste était bien quoique je n'étais pas aussi passionné que dans le tome 1 durant ma lecture. Le dessin de Lax est toujours excellent et j'adore comment il utilise les couleurs. C'est un plaisir pour les yeux !
La Leçon de Pêche
Que c'est drôle (au moins la première fois : une fois qu'on connaît la chute ça l'est moins). Emile Bravo est vraiment un excellent auteur. J'aime bien l'avis du posteur précédent qualifiant de conte philosophique cet ouvrage. La fin est peut être plus drôle pour un adulte que pour un enfant encore que. Le dessin est attrayant coloré et met bien l'histoire en valeur. A découvrir absolument comme beaucoup d'oeuvres de Bravo.
Croisade
Voilà une bonne série Médiévale fantastique. Mais je conseille plutôt la lecture des 4 premiers tomes. L'histoire est assez intéressante et retranscrit bien l'idée que je me faisais des croisades. L'irruption du fantastique et de la magie pimente cette histoire. Les personnages sont réussis avec une mention pour le maître des machines. Côté dessin je vous conseille de regarder une des doubles pages qui résument à elles seules tout le talent du dessinateur. Acquérez les quatre premiers et empruntez les deux suivants, voilà le conseil que je vous donnerais.