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La Position du Tireur couché

Note: 3.42/5
(3.42/5 pour 12 avis)

Tardi nous revient avec cette adaptation d’un roman noir de Jean-Patrick Manchette. Manchette, c’est le néo-polar à la française des années 70 et 80. Social et politique. Ça parle de l’époque. C’est froid, très efficace.


Adaptations de romans en BD Paris Tardi Tueurs à gages

À 20 ans, Martin Terrier était pauvre, esseulé, inculte et crétin. Mais pour changer tout cela, il avait un plan de vie beau comme une ligne droite. À 30 ans, Christian Terrier, tueur à gages, sa dernière mission accomplie, impeccablement ou presque, il décide de se retirer, de congédier sa régulière en cinq minutes, lui faisant cadeau de son chat Soudan, de récupérer son fric bien placé, et de rentrer au pays pour couler des jours tranquilles avec sa promise, en tout cas celle qui lui avait promis de l’attendre… Mais pour se baigner deux fois dans le même fleuve, il faut que beaucoup de sang passe sous les ponts ! Rien ne se déroule donc comme prévu. À commencer par Alice Freux, qui est devenue Madame Schrader. Et puis, Cox, l’Américain, son donneur d’ordres depuis 10 ans, n’accepte pas son départ à la retraite décidé uni latéralement, et entend bien l’obliger à un dernier contrat. Quand il retrouve Faulques, son conseiller financier, pendu, suicidé sous le poids des mauvais placements, les carottes sont cuites pour lui.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 09 Novembre 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Position du Tireur couché
Les notes (12)
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11/11/2010 | Erik
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L'avatar du posteur Noirdésir

On a dans cet album, reconstituée, la dérive d’un tueur, froid, énigmatique et manipulé. Beaucoup d’hémoglobine coule, et les rangs s’éclaircissent autour de Martin Terrier comme s’éclaircissent peu à peu son histoire, ses motivations et sa personnalité. Il ne faut pas chercher de morale, comme bien souvent dans les romans de Manchette. Tardi a aussi su dépeindre les errances dans la région parisienne et la fuite en avant du tueur, jusqu’à cette fin, finalement nulle et sordide. Une histoire d’ambiance, noire, poisseuse, où l’on a du mal à accrocher aux choses, aux personnages : aucun ne déclenche d’empathie, que ce soient les barbouzes en tout genre qui peuplent cette histoire, mais aussi leurs victimes. Pas plus d’ailleurs Terrier ou ses « proches ». On se détache de tout et de tous, mais on les suit quand même, pour voir où Tardi, à la suite de Manchette, veut nous mener. La préface de François Guérif se termine par cette phrase : « Un vent glacé souffle sur cet album. C’est celui du roman noir. » Et il a raison.

12/02/2014 (modifier)

Si j’apprécie énormément la fin de cet opus, le contenu de l’album consiste en du bon polar. Une histoire que le lecteur prend plaisir à suivre, un destin tout en tension que le lecteur ressent de bout en bout. Il ressort de l’adaptation narrative au format BD une sorte de naïveté dans la fuite de notre tueur. Naïveté qui atteint son point culminant avec le fait d’avoir confié tout son magot à un Madoff local. Notre idéaliste des sentiments si méticuleux dans son travail se fait finalement avoir par tous les gens qui l’entourent, cette fragilité chez un tueur professionnel m’a touché de bout en bout, même si les ficelles scénaristiques sont parfois grosses. Mais il y a cette chute incroyable qui m’a totalement scié et qui a fait basculer la lecture d’un album sympa à une sacrée expérience. Poétique, dramatique, je ne saurais dire le ressenti, mais j’accroche Tardi assure une narration graphique au poil, qui ne perd pas le lecteur et le place au contraire dans un contexte de tension permanente bien ressentie, si Paris me semble moins vivant que dans Nestor Burma, l’écrin géographique prend son sens dans les appartements de rencontres et les planques. Attention néanmoins cela reste du Tardi et il y a 10 ans je n’aurais certainement pas pu continuer plus de trois pages de ce récit. L’association Manchette Tardi fonctionne bien et tout comme avec Le Petit bleu de la côte Ouest, je suis conquis par le récit.

20/08/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Encore une BD de Tardi ! Et pas la meilleure selon moi. En fait, on peut noter quelques "défauts" dans les BD de Tardi en général : les personnages féminins qui se ressemblent souvent énormément, l'abondance de texte, les visages avec les yeux presque tout le temps fermés ... Pas des défauts majeurs, mais quand on lit beaucoup de BD de Tardi, ca frappe au bout d'un moment. Et dans mon cas, ça a tendance à m'agacer. Ensuite, le scénario en lui même est potable, tiré d'un roman, et même si certains trucs font un peu clichés (le tueur à gage, la promesse d'amour, les retrouvailles ....) on arrive quand même à des bonnes idées et une fin que j'ai trouvé très correcte. Mais dans l'ensemble, je n'ai rien trouvé de transcendant. La lecture était assez ralentie par l'abondance de texte, parfois vraiment trop importante, et par le rythme assez lent de l'histoire. Et puis l'histoire est en fait peu intéressante. On suit sans passion les péripéties. En fait, je crois que la BD arrive après la lecture de trop d'autre Tardi, avec certaines choses qui sont un peu redondante : la ville, les manteaux noirs, les "gueules", les thèmes ... Bref, sauf pour inconditionnels de Tardi, ce n'est pas vraiment à acheter, mais si on vous l'offre, ca peut se lire.

29/01/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Le dernier Tardi est sans aucun doute un des albums les plus verbeux qu'il a fait ! Ce n'est pas une lecture qu'on peut terminer rapidement. Il faut bien se concentrer pour suivre ce qui se passe. Comme d'habitude, le dessin de Tardi est excellent bien que je commence à en avoir marre que ses personnages féminins ressemblent à Adèle Blanc-Sec. Le scénario possède des bons et des mauvais côtés. Globalement, j'ai bien aimé l'histoire, l'ambiance et les dialogues, mais certains trucs ne vont pas dans le récit. La première partie est un peu dure à comprendre et je n'ai commencé à comprendre et apprécier le scénario qu'après 30-40 pages quand on voit la vie du héros. Malheureusement, certains éléments du scénario m'ont énervé. Alice ne sert à rien et je me demande ce qu'elle fout là, la conclusion survient rapidement et la fin est tout bonnement ridicule. On ne dirait même pas que les dernières pages font partie du même récit. Dommage parce que les trois quarts de l'album sont plutôt bien faits.

29/05/2011 (modifier)
Par raistlin
Note: 3/5

Je rejoindrai l'avis précédent mais pas pour les mêmes raisons. D'abord parce que je ne suis pas forcément un fan ou un adepte du genre polar, et ensuite parce que j'aime bien Tardi mais à la manière d'un grand classique que je juge incontournable à connaître sans pour autant avoir envie d'en posséder dans mes rayonnages... Ceci explique donc peut-être mon avis final. Voilà une histoire bien menée. J'ai beaucoup aimé la narration et le rythme. Mais l'histoire en elle même ne m'a pas convaincu. L'idée du mutisme, pourquoi pas. Le personnage de la fille ? Trop extrême à mon goût tandis que la fin est trop abracadabradantesque ! Je n'insiste pas sur le dessin. C'est du Tardi et j'apprécie moyen. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas autant accroché que d'autres. Le tout mis bout à bout m'a trop fait penser à du Tardi justement. Alors qu'il s'agissait d'une adaptation d'un autre auteur... Peut-être que Tardi et moi, finalement, ce n'est pas tout à fait ça, et que j'entretiens surtout la flamme nostalgique de mes premiers Adèle... Du coup, pour conclure, je dirai, fans de Tardi, foncez, pour les autres (même fans de polars), essayez mais je ne suis pas convaincu du résultat...

26/01/2011 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
L'avatar du posteur Alix

Ben ça alors, les autres avis me donnent l’impression d’être passé à coté de cette BD. Je suis pourtant bon public, j’aime les polars noirs, et le style un peu verbeux de Tardi ne me dérange pas du tout. J’avais d’ailleurs adoré Le Der des ders dans le même genre. Mais bizarrement, je suis le seul à avoir trouvé certains aspects de cette histoire… grotesques : le comportement d’Alice, le mutisme soudain du héros, et surtout cette fin tarabiscotée. J’ai vraiment adoré tout le début, avec son ambiance noire, son rythme lent (donc je mets quand même 3/5, de justesse), mais les petits problèmes suscités ont fini par me gâcher ma lecture. En refermant cet album, je restais sur un goût de « tout ça pour ça » et sur la furieuse impression d’avoir perdu 2 heures de mon précieux temps (et 19 euros au passage). Je conserverai l’album jusqu’à une relecture qui éclairera peut-être ma lanterne.

12/01/2011 (modifier)

Autant le préciser d’emblée : en tant qu’amateur de polar noir, j’étais une cible parfaite pour ce type d’album. J’ai vraiment apprécié l’histoire de ce tueur à gages qui souhaite mettre un terme à sa sanglante carrière mais que ses employeurs essaient de retenir malgré tout. Du déjà vu ? Sans doute. Mais ça fonctionne ! Le rythme du récit, même s’il trahit rapidement la nature romanesque de l’œuvre originelle de Manchette, fonctionne. Le dessin de Tardi, son trait relativement caricatural qui tranche singulièrement avec le réalisme de certaines scènes crues, fonctionne. Il n’y a finalement que le personnage et le caractère d’Alice qui ne m’ont pas véritablement convaincu. J’avoue ne pas être un fin connaisseur de l’œuvre de Tardi, mais ce one-shot m’aura assurément donné envie de remédier à cette lacune.

12/01/2011 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Avec Tardi et Manchette aux commandes, on sait à quoi s'attendre. Je n'ai pas été surpris ni déçu. J'aime ce genre de polard à l'ancienne avec ces brutes épaisses et ces coups foireux. "La Position du Tireur couché" est une BD très bavarde, il faut prendre du temps pour en venir à bout. Les textes sont excellents, la narration reste fluide malgré la quantité d'informations à ingérer. Pour le dessin, c'est du pur Tardi, le trait est maîtrisé et si caractéristique, il ne manque que quelques lavis gris pour rendre plus lisibles les planches. L'histoire est divertissante, le récit a beau être linéaire, il ne manque pas d'intérêt. Ce one shot se révèle concentré et dense tant au niveau du dessin que de l'intrigue. Cette BD est et restera intemporelle comme ses auteurs. J'ai franchement aimé, il ne faut pas s'arrêter à l'aspect brut de ce récit, une fois la lecture entamée, on prend du plaisir à avancer dans l'histoire.

11/01/2011 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Ce récit est un véritable polar noir, avec toutes les caractéristiques du genre. Et cela a tendance à m'agacer un peu car je n'aime pas ce genre. Je n'aime pas ces milieux criminels, ces magouilles à tiroirs, espionnage, contre-espionnage, manipulations, ces meurtres, ces introductions mystérieuses où seuls les faits présents sont mis en scène et où le lecteur doit cogiter pour recoller les morceaux et comprendre ce que tous les personnages ont l'air de saisir à demi-mots ou avec des regards emplis de bien-entendus. Ce n'est pas mon style. Et pourtant, j'ai tout de même trouvé plaisante la lecture de cette bande dessinée. Malgré une tendance stéréotypée de la narration à s'attacher à des détails anodins comme ce que mangent les personnages et autres marques de voitures, et malgré quelques noms de personnages parmi lesquels on finit par s'embrouiller si on ne suit pas tout avec attention, j'ai trouvé la lecture fluide et plutôt agréable. J'ai retrouvé un peu de ce qui m'avait plu dans la série Le Tueur avec cet autre tueur que l'on suit de près et dont on finit par comprendre l'état d'esprit et les motivations simples et souvent contrariées par le destin. L'histoire, bien qu'un peu confuse dans la première moitié du récit quand on n'en a pas encore eu les clés, tient bien la route et l'explication finale y apporte pas mal d'éclaircissements. Il n'y a finalement que le comportement de la fameuse Alice, une vraie morue celle-là, et ce que devient le héros sur la toute fin qui m'ont un peu déçu. Dans l'ensemble, j'ai passé un plutôt agréable moment de lecture, même si cela n'en deviendra pas pour autant ma tasse de thé.

03/01/2011 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5

Le dernier Tardi est arrivé ! C’est un peu comme le dernier Baru, beaucoup l’attendent, dont moi ! Et c’est avec un réel bonheur que j’ai lu cet album, de 100 planches tout de même. Le récit est déjà bien résumé, je vais donc m’abstenir d’en remettre une couche. Personnellement, je n’ai pas eu de difficulté à rentrer dans l’histoire. Justement, c’est même les 30 premières planches qui m’ont fait accrocher à l’histoire. Certes c’est chargé en texte - cela ne nous étonne pas de l’auteur, cf. Le Der des ders - mais la narration est fluide et stylisée. Elle semble détachée, froide, sans émotion et anecdotique. Cela étaye le caractère du « triste » héros et l’aspect sans concession du polar noir. L’aspect graphique est… « Tardiesque », aucune surprise, le trait est maîtrisé, le noir et blanc est parfaitement adapté et utilisé ; réussi, tout simplement. Au final, si vous aimez Tardi, cet album ne devrait pas vous décevoir. Le corollaire étant que l’album est effectivement dense, son rythme n’est pas explosif, et il pourrait dès lors en décevoir certains. Pour les amateurs du genre, suivre la galère d’un tueur en série voulant décrocher mais rattrapé par les démons de ses anciens contrats est un véritable plaisir. Un très bon moment de lecture que je vous conseille vivement !

12/12/2010 (modifier)