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Le Der des ders

Note: 3.42/5
(3.42/5 pour 19 avis)

Les aventures d'un detective au début du siècle dernier.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Anarchiste ! Détectives privés Paris Tardi

Avant guerre, Eugène Varlot s'était frotté à pas mal de petits boulots : mécano, imprimeur, libraire, comédien. Après avoir "fait son devoir" comme tant d'autres pauvres gars embarqués dans la plus grande boucherie de l'Histoire, il se retrouve sur le carreau. Il décide alors de photographier tous les amnésiques rentrés du Front, croupissant dans les asiles, et d'offrir ses services aux familles éplorées qui n'avaient pas vu leurs héros rentrer. Il avait trouvé sa vocation, il serait détective ! Installé en ménage avec la belle Irène qui panse à sa manière les blessures de son âme, il accepte ce qu'il croit n'être au début qu'une enquête de routine sur un banal adultère. Son commanditaire : le colonel Fantin de Larsaudière, de l'héroïque 296ème Régiment, le plus médaillé de toute la guerre. Le colonel gère également la fortune de sa femme et une fabrique de Cognac qui porte son nom. Et Amélie de Larsaudière s'en donne à coeur et à corps joie avec tous les uniformes qui traînent sur son chemin. Mais Varlot va vite s'apercevoir qu'il sert d'alibi à une sordide histoire de chantage autour d'un épisode caché et honteux de la guerre. Entre gueules cassées et vies brisées, la lâcheté et l'ignominie sont une nouvelle fois l'apanage de nantis intouchables qui finiront, bien sûr, par gagner.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 1997
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Der des ders
Les notes (19)
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22/06/2002 | okilebo
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L'avatar du posteur Agecanonix

En adaptant ce roman, Tardi fait d'une pierre 2 coups en associant 2 choses qu'il affectionne : la Première guerre mondiale et le polar social. C'est du polar parisien, dans le sens où il est différent du polar provincial ou rural ou urbain d'un autre pays, c'est à dire que Tardi sait lui donner une ambiance très caractéristique, comme on l'a vu dans Nestor Burma, et justement, par la forme, ça ressemble beaucoup à du Burma, mais chez ce dernier, on est dans les années 50, dans un Paris qui avait déjà changé après le bouleversement de la Seconde guerre mondiale. Ici, c'est le Paris des Années Folles, du populisme et de l'immédiate après-guerre 14-18 dont on voit encore les marques, cette guerre ayant laissé des blessures loin d'être cicatrisées, on sent le contexte et les stigmates de cette Grande Guerre qui rythment tout cet album. Ce qui est intéressant dans cette Bd, c'est l'ambiance que lui donne Tardi, avec cette atmosphère nocturne, ruelles sombres et trottoirs mouillés et son soin du décor que j'admire à chaque fois, ces vues de Paris avec ses immeubles, ses voitures, ses pavés, ses lampadaires... qui personnalisent toujours ses Bd, c'est du noir & blanc à la Tardi qui colle parfaitement à cet univers et à ces personnages aux trognes singulières. Le personnage de Varlot est peut-être l'un des rares défauts de cette bande, car sa trop grande ressemblance de caractère avec Burma le dessert un peu, je crois que le personnage aurait gagné à être différent, plus original, avec plus de personnalité. Ensuite, on a une enquête qui s'éternise et traine un peu en longueur, l'ensemble est foisonnant, avec du dialogue abondant et pas mal de flashbacks qui alourdissent la narration, même s'ils sont nécessaires. Cette enquête ne connait son dénouement que dans les toutes dernières pages, c'est un peu imprévu, ou plutôt ça arrive comme un cheveu sur la soupe, mais ça ne m'a pas dérangé, car au final, quand on fait le point, on s'aperçoit que c'est un polar qui certes n'est pas en tous points parfait, mais c'est assez prenant et édifiant sur la nature humaine.

21/07/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je ne connais pas le roman d’origine de Daeninckx, mais je comprends facilement pourquoi Tardi a choisi de l’adapter. En effet, on retrouve dans cette histoire ses deux sujets de prédilection : à savoir une enquête policière dans Paris et sa proche banlieue, avec pérégrinations et bons mots, mais aussi la Grande guerre (présentée dans sa version noire et désenchantée). D’ailleurs, les mêmes auteurs reprendront le personnage de Varlot deux ans plus tard dans un court one shot chez L’Association, cette fois-ci uniquement concentré sur la sale guerre., et dans lequel l’antimilitarisme de Tardi sera encore plus affirmé. Ici, on a une enquête aux faux airs de Nestor Burma, sans réelle surprise. Cela se laisse lire agréablement, mais il manque un peu d’originalité je trouve. Du sympa sans plus, dont l’achat est à réserver aux fans du genre et/ou de Tardi, qui souhaitent rester en terrain connu.

17/04/2017 (modifier)

Cette BD est l'adaptation d'un roman, et elle permet à Tardi de mêler deux genres dans lesquels il a lourdement fait ses preuves: tout d'abord le polar parisien, et ensuite la première guerre mondiale. J'ai suivi avec délectation l'enquête de notre cher Varlot. Je suis d'accord avec Mac Arthur sur la similitude assez flagrante avec Nestor Burma, d'ailleurs, en prenant cette BD je pensais que c'était une histoire de ce célèbre détective. Nous voilà donc habilement plongés dans le Paris des années 20, avec son argot, ses premières automobiles, ses soldats revenus du front...en plus ou moins bon état, sa mode vestimentaire avec les impers et casquettes...Bref le décor est bien planté, et j'ai adoré cette ballade virtuelle. Pour le coup, l'oeuvre a encore une vertu éducative, puisque j'ai appris certains détails historiques de l'époque. L'enquête en elle-même est relativement prenante, puisqu'il n'est pas du tout évident de trouver les motivations du client de Varlot, le détective privé, personnage principal, puis celles du tueur à la moitié de l'ouvrage. La fin vient nous cueillir elle-aussi à rebrousse-poil, sans que l'on puisse s'y attendre. Graphiquement, rien à redire, c'est là aussi du Tardi tout craché: un noir et blanc qui sied à merveille à cet univers, avec ces tronches si particulières. (260)

22/10/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Premier point fort : le côté historique du récit. L’histoire se déroule à Paris en 1920, ce qui permet à Tardi d’officier dans un théâtre qui lui convient à merveille. Deuxième point fort : les seconds rôles. Ils sont nombreux et pittoresques. Chacun apporte quelque chose à cette histoire. Elément neutre : le personnage principal. Il ressemble tellement à Nestor Burma, tant par son caractère que via cette narration à la première personne faussement désinvolte, que c’en devient gênant. Mais d’un autre côté, j’aime bien Nestor Burma. Son clone ici présent m’est donc sympathique mais j’aurais quand même préféré avoir affaire à un personnage plus original. Point faible : la progression. Il faut attendre les dix dernières planches pour que l’enquête progresse enfin ! Les 65 planches précédentes ne semblent être là que pour planter le décor et développer ces nombreux et savoureux seconds rôles. Résultat : un album dans lequel je ne parviens pas à totalement plonger. Pas moyen de jouer au détective en cours de récit (nous n’avons pas assez d’éléments pour deviner voire même extrapoler quoi que ce soit). Donc j’observe les personnages, j’admire la reconstitution historique, je retrouve l’antimilitarisme du Tardi de « C'était la guerre des tranchées », mais je ne me passionne pas pour le cœur du récit, à savoir l’intrigue en elle-même. Et c’est quand même gênant. Pas mal, tout de même mais pas assez captivant à mon goût.

29/04/2011 (modifier)
Par Tomeke
Note: 3/5

Une fois de plus, Tardi nous offre une enquête policière réussie. Plus ou moins complexe de par le nombre d’intervenants et la densité de la narration, j’ai cependant été accroché par cette histoire. Le récit n’est pas explosif, il est même plutôt posé et constant. Il renforce sans soucis la noirceur de l’ensemble. J’épingle au passage une fin très surprenante mais qui laisse le lecteur béat. L’aspect graphique est celui de l’auteur. Peu de surprise donc ; bien que cela signifie pour moi une réelle réussite dans l’utilisation du noir et blanc, la mise en page, le soin apporté aux décors, … En conclusion, je conseille la lecture et l’achat de l’album. Prenant, noir, complexe, je relirai sans aucun doute ce récit de qualité.

28/12/2010 (modifier)
Par Superjé
Note: 3/5

Je continue ma découverte de l'univers de Tardi et je dois bien avouer que, soit je n’ai pas commencé par les « meilleurs » tomes pour bien découvrir l’auteur soit, tous les Tardi se ressemblent. Oui dans ce "Le der des ders", on retrouve (beaucoup) d'éléments communs à Nestor Burma et C'était la guerre des tranchées. Et les deux premiers livres que j'ai lus de Tardi étaient ceux-ci (pour Nestor Burma c'était le "120 rue de la gare"). Une enquête policière, plutôt pas mal foutue, mais où je trouve que tous les éléments de la résolution de l’enquête tombe sur le nez d'Eugène (même reproche qu'avec le Nestor Burma que j'ai lu). Par contre l'intrigue y est beaucoup moins complexe. Moi je ne suis pas fan de ce genre, il faut bien avouer que certaines fois ma lecture était passionnantes, d'autres fois j'ai failli décrocher. Le dessin, c'est du Tardi. Des personnages plutôt jolis, assez ronds, j'aime bien. Tout comme ses décors d'un vieux Paris (qu'on a déjà vu dans Adèle Blanc-Sec et Nestor Burma), c’est un peu lassant. Pour moi, une histoire pas déplaisante mais qui a des relents de déjà vu. Pour les fans de Tardi à la limite.

08/05/2010 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

Un posteur explique plus bas qu’il a trouvé l’ensemble « assez fouillis et manquant singulièrement de rythme. » Je suis plutôt d’accord, il faut reconnaître que la narration est assez lourde, avec beaucoup de personnages, des dialogues assez conséquents, et peu d’action. Pour tout vous dire, lors de ma première lecture j’ai décroché vers la moitié... J’en suis venu à bout lors d’une deuxième lecture, et je dois avouer que finalement, ça m’a beaucoup plu. L’intrigue policière est bien construite et intéressante, dans le genre collecte d’indices et interrogatoires de suspects. Je vois que certains ont trouvé la fin un peu soudaine, mais moi elle m’a beaucoup plu. De plus je trouve que le background historique est vraiment riche, et apporte un certain charme à l’ensemble. Quelle plaisir aussi de se promener dans un Paris d’après-guerre superbement mis en image. Une lecture un peu éprouvante, mais qui finalement en valait la peine !

08/09/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je trouve que l'aspect anti-guerre de cette histoire très lourd. Je suis du coté de Daeninckx sur ce sujet, mais il n'arrête pas d'insister sur 'la guerre c'est mal' que ça en devient chiant. Il semble incapable de faire 5 pages sans faire dire à Varlot un commentaire sur la guerre. Ça aurait été mieux si l'aspect 'horreur de la guerre' se limitait aux actions du colonel. Sinon, la trame policière de l'album est sympathique sans être inoubliable. Il y a de bonnes idées et j'ai été plutôt surpris pas la fin qui est très bonne quoique un peu brutale. Une ou deux pages de plus n'aurait pas fait de tort. De plus, le héros manque de charisme. On dirait un détective privé parmi tant d'autres alors que Nestor Burma, lui, a une vraie personnalité.

27/07/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Très bonne BD qui mêle plusieurs thèmes. L'intrigue policière nous dévoile en parallèle un contexte d'après première guerre relativement noir où les cicatrices ne sont pas guéries, loin de là... La BD se lit facilement d'une traite malgré les dialogues étoffés. Un fois rentré dans le récit il devient difficile d'en ressortir. Les auteurs ont fourni un travail de grande qualité et vont dans le même sens. Le dessin est très détaillé, il aurait été mis en valeur avec des nuances grisâtres. Cette histoire sans compromis aux personnages sans valeurs est un régal à lire malgré son contenu difficile.

06/07/2009 (modifier)
Par Gros Bide
Note: 3/5

Bizarre mais je n’ai pas trop accroché. Je dis bizarre car cet album semblait avoir de prime abord tout pour me plaire. A la base, j’aime beaucoup le dessin de Tardi, et je dois avouer que de ce point de vue, je n’ai pas été déçu. Magnifique noir et blanc. Un Paris parfaitement recomposé et dessiné. Bref, du bon boulot. Non, en fait, c’est plutôt au niveau du scénario que ça a pêché. L’auteur d’un précédent avis a dit que cette production était à mi-chemin entre Nestor Burma et C'était la guerre des tranchées. Je trouve cette remarque assez juste, car en effet, d’une part, la comparaison est inévitable entre les deux détectives privés. Et le problème c’est que l’un souffre de la comparaison par rapport à l’autre. Chez le détective de Daeninckx, je n’ai pas retrouvé le charisme et le réseau de connaissances (qui donne des personnages secondaires croustillants) du privé créé par Léo Malet. Quant aux épisodes rappelant la Guerre 14-18 et ses effets dévastateurs durant les années qui ont suivi, ils sont parfaitement intégrés au récit et lui apportent une vraie épaisseur dramatique. Personnellement, ça m’a d’ailleurs permis d’appréhender des pans sombres de notre Histoire que je ne connaissais pas (on ne les découvre pas à l’école ceux-là !) et qui en disent long sur la bassesse de l’âme humaine. Malheureusement, tout cela ne m’a pas empêché d’être assez déçu par l’enquête. Je n’ai pas réellement accroché, j’ai trouvé l’ensemble assez fouillis et manquant singulièrement de rythme. Symbole de cette narration moyenne, « l’ultime dénouement » (grosso-modo les trois dernières cases de la dernière planche de l’album) qui arrive selon moi un peu comme un cheveu sur la soupe. C’est vraiment dommage car ce parti-pris d’une fin tragique était fort intéressant mais son manque de développement laisse au lecteur l’idée d’un final au fort potentiel mais malencontreusement inabouti. Du coup, pour toutes ces raisons, j’en resterai à 3/5 en ce qui concerne ma note.

27/04/2009 (modifier)