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Sousbrouillard

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Derrière son apparente réalité, Sousbrouillard glisse peu à peu vers le conte philosophique et la fable poétique. L'album met en lumière notre besoin de faire partie d'une histoire, ainsi que l'importance de ces rencontres qui changent parfois le cours d'une vie.


Auteurs nordiques La BD au féminin Petits villages perdus Secrets de famille...

Sara ignore tout de ses origines. Elle n'a jamais connu sa famille. Sur son lit de mort, la vieille tante qui l'a élevée lui confie l'unique indice en sa possession : la moitié déchirée d'un bracelet de naissance. Un mot y est griffonné, c'est un nom de lieu : Sousbrouillard. Sara, en quête de son passé, laisse aussitôt derrière elle sa vie parisienne sans histoire. Elle se rend à Sousbrouillard, village un peu hors du temps, construit autour d'un lac sombre et mystérieux. Après une petite période d'adaptation dans ce « désert au milieu de nulle part », Sara va commencer à y faire des rencontres. Les habitants de Sousbrouillard lui racontent leurs propres parcours, « cabossés et rocambolesques », hauts en couleurs, tristes et émouvants. Sara les écoute avec tant d'empathie qu'elle finit par en oublier sa propre quête. C'est quand elle ne s'y attendra plus que lui sera révélé le noeud secret de toutes ces histoires et qu'elle comprendra d'où elle vient...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Septembre 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Sousbrouillard

12/10/2021 | Mac Arthur
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Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Deuxième parution de l’année pour Pandolfo et Risbjerg, « Sousbrouillard » vient nous rassurer après un « Don de Rachel » un poil décevant. On retrouve ici tous les éléments qui pourraient définir le travail des deux auteurs : une histoire intrigante avec des personnages bien campés, le tout dans une atmosphère un peu inquiétante magnifiquement mis en image par Terkel Risbjerg. Si la narration est plutôt touffue, avec plusieurs histoires dans l’histoire et un grand nombre de protagonistes, Anne-Caroline Pandolfo a su la rendre parfaitement fluide, ce qui n’était pas gagné étant donné le grand nombre de protagonistes. Il fallait donc le talent de cette scénariste qui n’a pas choisi ce métier par hasard, tant celle-ci, on le sent bien, adore conter des histoires et emmener ses lecteurs dans des univers où l’ordinaire se fait extraordinaire. De même, Pandolfo s’intéresse aux gens, qu’ils soient puissants ou tout en bas de l’échelle, et pour elle, chaque anonyme contient les bases d’un récit passionnant. C’est le cas de Sara, personnage central du livre, sans passé et sans histoire… Lorsque cette jeune orpheline débarque dans le village de Sousbrouillard, guidée par un mystérieux bout de tissu mentionnant le nom de la localité et que lui a confié Tante Fine, sa mère adoptive, avant de mourir, le lecteur ne s’attend pas vraiment aux développements qui vont suivre, seulement intrigué par l’ambiance un peu glauque de cette petite cité perdue, au bord d’un lac que les habitants qualifient de « maudit »,et pour cause… Dès son arrivée, le village est confronté à la disparition inquiétante d’un jeune couple dans les eaux sombres du lac… Au fil de ses rencontres avec les habitants, Sara finira par découvrir des vérités sur son passé, l’occasion pour le lecteur de découvrir une galerie de personnages, tous représentés sur la couverture, du plus extravagant au plus insignifiant, chacun avec un rôle ou une histoire à raconter. Empreint de poésie majestueuse, le dessin de Risbjerg magnifie comme toujours l’histoire par ses ambiances nocturnes et, fort logiquement dans le cas présent, brumeuses à souhait. On pourra juste regretter que « Sousbrouillard », « feel-good mélancolique » comme indiqué en quatrième de couverture, n’atteigne pas la force de Serena ou du « Roi des scarabées ». L’histoire, qui peut paraître invraisemblable, n’a au fond pas si grande importance, car ce dont parle le livre, c’est l’amour des histoires et des personnages, avec une variation sur les fluctuations de la mémoire, si bien que l’on se demande à la fin, dans ce final sublimement poétique, s’ils ont vraiment existé… Comme le dit Sara : « Plus j’y pense, plus je comprends que la mémoire est une fiction. Et mieux, je comprends ceci : tout ce que j’ai inventé m’est vraiment arrivé. »

03/11/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Sans la considérer comme une œuvre majeure, l’histoire imaginée par Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg m’a beaucoup plu. Il s’agit d’un récit original, un récit feelgood qui finit mal… Ou pas, ça dépend des points de vue. Un récit dans lequel nous allons suivre un personnage à la recherche de son identité et de ses origines. Un récit dans lequel les secrets enfouis ressurgissent comme des bulles à la surface de l’eau. Sara, le personnage central, quitte ainsi la grande ville pour se rendre dans un village qui semble perdu hors du temps. Cela pourrait sembler très classique comme point de départ mais, d’une part, le style graphique de Terkel Risbjerg donne un aspect un peu underground à la bande dessinée et, d’autre part, la manière dont les faits sont rapportés apporte tout son sel au récit. On rebondit ainsi d’un personnage à un autre, chacun se révélant habile conteur et en disant finalement bien plus sur les autres que sur lui-même. Ce n’est qu’au fur et à mesure des révélations des uns et des autres que Sara finit par cerner le lien qui la relie à Sousbrouillard alors même que les différents habitants se découvrent. Sousbrouillard rend ainsi hommage à ces petites histoires qui font une histoire et la quête de Sara semble parfois bien loin alors même que tout ce qui lui est rapporté a un lien, parfois direct parfois plus éloigné, avec sa propre histoire. J’ai trouvé ce récit facile à lire, amusant à l’occasion, habile dans sa construction et joliment mis en images. Bien sûr, les multiples recoupements peuvent sembler faciles mais c’est un peu le principe de ce type de roman feelgood et, dans le cas présent, la fin de l’histoire vient compenser quelque peu le caractère trop gentil du script. Pas un chef-d’œuvre, donc mais une œuvre distrayante et disposant de suffisamment d’originalité pour sortir du lot.

12/10/2021 (modifier)