Il ne se passe rien de particulier dans cette BD, pas vraiment de suspense, juste des tranches de vie toutes simples d'une maman et de son grand fils handicapé. Et pourtant une fois l'album commencé, je n'ai pas pu le lacher avant la fin.
Parfois drôle, souvent émouvant mais jamais misérabiliste. Zidrou fait passer parfaitement tout l'amour que Catherine a pour "son gros bonhomme en chocolat". Même si la tâche est parfois difficile, surtout vu son grand âge, elle assumera son rôle de maman jusqu'au bout.
Pour ce qui est du dessin, le trait très expressif de Roger montre à merveille toute l'émotion qui passe dans les visages et les yeux des protagonistes. Les couleurs sont tout en nuances, discrètes comme Catherine.
Et puis mention particulière pour le titre que j'adore. J'avoue que c'est ça qui m'a intriguée et attirée en premier vers l'album.
Très bel hommage à ces personnes de l'ombre qui se "battent" chaque jour pour rendre la vie plus facile et agréable aux personnes handicapées. Achat vivement conseillé !
"Rampokan" nous propose une histoire peu connue.
En France, nous avons vécu entre 1946 et 1962, deux conflits coloniaux, en Indochine, puis en Algérie. C'est peut-être pour cette raison que nous n'avons pas prêté attention à ceux de nos voisins européens, qui furent pourtant similaires par leur violence et par les déchirements qu’ils provoquèrent chez les colonisés comme chez les métropolitains.
Les Néerlandais étaient présents en Indonésie depuis le XVIIe siècle et ils considéraient que l'archipel, dont ils avaient tiré de substantiels bénéfices depuis 300 ans, leur appartenait de droit. Quand les Japonais l'occupent en 1942, les nationalistes autochtones les accueillent en libérateurs ; d'ailleurs, dès la fin de la guerre, ils proclament leur indépendance. Mais les Pays-Bas, comme les autres pays d'Europe, ne comprennent pas que le temps du colonialisme est révolu. Ils envoient des troupes afin de rétablir l'ordre. Débute alors une de ces sales guerres d'indépendance, faite d'attentats sanglants, de représailles aveugles, de massacres, de tortures où la brutalité du colonisateur répond à l’intransigeance meurtrière des indépendantistes… Une guerre qui dure 3 ans pour parvenir à un résultat prévisible, puisque l'Indonésie obtient son indépendance en 1949.
Voilà pour le contexte. La mère de l'auteur, Peter Van Dongen, a vécu ce conflit et c'est à partir de certains de ses souvenirs qu'il a construit l'histoire. Le personnage principal et un fils de colons blancs, piégé en Europe par la guerre, qui découvre avec le lecteur à quel point le paradis colonial de son enfance lui est devenu étranger en une petite décennie. Envoyé dans la colonie avec l'armée hollandaise à la fin de l’année 1946, il est le témoin et l'acteur impuissant d'une guerre perdue d'avance.
Van Dongen dépeint avec justesse le crépuscule de l’empire hollandais à travers une galerie de personnages en demi-teinte, sans jamais sombrer dans le manichéisme ni la caricature. La société coloniale indonésienne est présentée avec toutes ses contradictions. À travers les deux albums de son récit, cette guerre devient l’archétype des guerres coloniales.
Un beau récit, nuancé, vraiment touchant.
Les dessins, en noir et blanc, relevés de plages ocre, font partie de l’école de la ligne claire, qui reste très vivante chez les néerlandophones. Le trait de Van Dongen, bien maîtrisé, rappelle le travail de Bob de Moor (Barelli), ou pour évoquer des auteurs plus récents, Eric Heuvel (Jennifer jones) ou Henk Kuijpers (Franka), sauf qu’ici, l’humour n’est pas vraiment de mise, même si certaines situations liées à l’absurdité de la société coloniale peuvent faire sourire. Cependant, les choix graphiques de l'auteur permettent surtout d’introduire une distance qui tempère judicieusement la violence de certaines scènes.
Peter Van Dongen a obtenu plusieurs prix aux Pays-Bas pour cette œuvre. Il est regrettable que les éditions « Vertige Graphic », qui l’ont fait paraître en 2003-2005, n’aient pas réédité ces deux albums, qu'il faut aujourd’hui rechercher chez les bouquinistes.
Rampokan est vraiment un beau diptyque, une histoire forte et originale servie par un dessin maîtrisé.
J'avais un peu peur de m'ennuyer en lisant cet album et heureusement ce ne fut pas le cas ! J'aime le dessin qui est d'ailleurs la raison pourquoi ce one-shot m'a attiré. J'aime ce noir et blanc qui donne une atmosphère qui va très bien avec le récit. On voit toute la noirceur dont sont capables les humains.
Le récit est basé sur des faits réels puisque c'est l'adaptation d'un roman d'un auteur qui avait vécu des situations similaires. Les auteurs montrent les pires cotés du Congo colonial sans que cela soit moralisateur ou que cela semble exagéré. Par exemple, un personnage m'a semblé sympathique au début, mais ensuite on le voit agir de manière peu correcte avec les noirs sans que cela ne tombe dans la caricature.
En tout cas, les auteurs représentent bien comment ça devait être à l'époque et je pense que entre des blancs colonisateurs qui ne pensent qu'au profit et des noirs pas toujours sympas (les tribus ont l'air de se détester entre elles pour une raison quelconque), je serais vite devenu fou !
Je ne savais pas de quoi parlait cet album avant d'en commencer la lecture et ce titre à rallonge ne m'a pas aidé à me faire une idée. Mais dès les toutes première pages, j'ai plongé avec bonheur dans ce récit. Immédiatement il se dégage quelque chose grâce à un dessin merveilleux et a un style narratif très accrocheur. Il y a des BD comme ça où il suffit d'en lire 2 pages pour sentir qu'on va l'aimer. Celle là fait partie de cette catégorie.
Il est question du quotidien d'une vieille dame qui s'occupe de son fils handicapé. Ce sujet à priori sensible et difficile est abordé de manière remarquable. Ce n'est pas larmoyant, le résultat est touchant juste ce qu'il faut. Mais attention on ne sort pas de cette lecture attristé, bien au contraire, on en sort avec le sourire. Cette façon de voir la vie du bon coté malgré ces difficultés nous offre des scènes étonnantes. Car si certains passages montrent évidemment des moments délicats, beaucoup d'autres surprennent par leur coté amusant et positif.
C'est une des forces du récit : arriver à toucher le lecteur sans vouloir forcément le faire pleurer. Une autre de ses qualités, ce sont les personnages qui sont excellents et attachants. Enfin le dernier point fort est le dessin. Il est au diapason et il nous offre des planches merveilleuses.
Il n'y a que du bon à prendre dans cet album réussi en tout point !
L'univers carcéral U.S. a été vu maintes fois dans des films, toutes les grandes stars Eastwood, Kurt Russell, Stallone, Tom Hanks, Morgan Freeman, et même Tom Selleck et Van Damme ont tâté des cellules et de cet univers pesant ; d'ailleurs, le titre de la série reprend celui d'un des meilleurs films de Stallone en 1989. Ensuite, la télé a produit des séries comme Oz ou Prison Break, il ne restait donc plus que la BD pour aborder ce terrain. N'ayant pas suivi les séries TV pré-citées, j'ai abordé la Bd d'un oeil neuf si on peut dire, en ayant en mémoire que les films.
Cette société brutale et abrupte donne lieu à une foule de possibiltés scénaristiques et psychologiques que les auteurs explorent avec brio ; c'est vrai que ça rappelle plein de films, mais l'univers carcéral est bien rendu, avec bien-sûr un inévitable catalogue de clichés, même celui de la gardienne canon alors que dans ce genre de poste, on y voit surtout des thons, assez bouffies. Même chose pour le gardien Skinner, une vraie tête de con sadique, et même chose pour les taulards avec un défilé de gros durs aux gueules de l'emploi, où chacun est parqué dans son camp (Blacks, Latinos, Asiatiques, Ritals...) et où chaque groupe impose ses règles et défend son territoire. Un truc me surprend quand même, c'est l'emploi de femmes dans ce genre de prison, que ce soit des gardiennes ou une directrice, est-ce vraiment conforme à la réalité ? Mais ça permet une approche différente.
Les auteurs parviennent à capter les sentiments exacerbés de ce monde en huis-clos en axant l'action vue à travers les yeux du jeune bleu Aleks. Il y a parfois un peu d'humour (le clin d'oeil peu flatteur à Steven Seagal), et le dialogue est bien construit. Un vrai récit d'atmosphère, qui décrit avec acuité un monde violent régi par des codes et des lois ethniques, qui démarre par un diptyque riche et rondement mené.
Après lecture des 5 tomes du cycle 1.
Savez-vous qu'il n'y a que dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ? Avec "Légende", Swolfs le prouve puisqu'on concède volontiers que l'intrigue est traditionnelle et mille fois vue en BD et à l'écran (héritier dépossédé par un parent aidé par un conseiller en fourberie, qui vient adulte réclamer son dû). Cette recette un peu remodelée ici, fonctionne bien et parvient finalement à captiver le lecteur que je suis, et qui n'est sans doute pas assez objectif car trop admiratif du style de Swolfs qui reste un de mes dessinateurs favoris, et ce depuis Durango. N'a-t-il pas recyclé de façon virtuose le mythe vampirique avec Le Prince de la nuit et tous les clichés que ça comporte ? Ici, le plaisir du lecteur est là, malgré des situations déjà vues, et c'est ça le plus important.
La narration est bien maîtrisée, chaque partie du récit est racontée en flash-back jusqu'au tome 5 où tout se rejoint. Swolfs utilise peu l'Histoire pour ne pas s'encombrer de références trop lourdes à développer (l'action a lieu d'après les architectures au XIIème siècle, au sein d'un duché de l'Empire Germanique, et on y fait allusion au cousin du roi de France). Swolfs préfère jouer sur un contexte médiéval très bien restitué avec une ambiance superbe de Moyen Age imaginaire emplie de mystères, de sortilèges, de crainte et de superstitions.
La partie graphique est véritablement somptueuse, le dessin de Swolfs est toujours aussi vigoureux, sa mise en page intelligente, et ses dessins de châteaux forts sont grandioses avec des perspectives très justes (seul le donjon de Matthias semble un peu trop haut pour un donjon roman). Ses corps de femmes sont toujours autant envoûtants et ses gueules pittoresques de soudards très réussies. La colorisation de Sophie Swolfs est également très belle avec ses tons correspondant à différentes ambiances. J'ai aussi beaucoup apprécié la grande richesse du dialogue, au vocabulaire particulièrement brillant. La seule chose que je peux reprocher à cette Bd est la mort un peu facile et trop cliché de Shaggan dans ce tome 5 où Swolfs semble se précipiter pour conclure son récit ; un tel méchant aurait mérité une fin plus douloureuse. Sinon, on peut dire que Swolfs a livré là une Bd de grande qualité, bâtie pourtant sur un sujet très classique.
Ces aventures maritimes fantastiques et burlesques ont été publiées juste avant Lanfeust De Troy, utilisant de ce fait, quelques codes d'heroic fantasy pas encore trop usés en 1993, qui deviendront ensuite trop clichés à cause des séries de fantasy lancées dans le sillage de Lanfeust. Ici, l'équipe hétéroclite constituée par les héros principaux (un mercenaire trapu, une danseuse érotique, un filou habile au lancer de couteaux, un pédant rimailleur et un mousse astucieux) était donc suffisamment originale pour susciter l'intérêt du lecteur.
Je ne sais pas si on peut qualifier vraiment ce récit de fantasy, c'est un peu inclassable comme genre, l'univers est riche, inventif, plein de bonnes idées, le monde d'Askell est un monde liquide entouré d'îles, et si on veut vraiment y voir de la fantasy, c'est une fantasy inhabituelle où l'eau joue un grand rôle, car la fantasy a bien plus souvent pour décor la forêt ou la montagne. Ici, le décor donne donc un aspect très original à cette aventure. Les personnages sont consistants et chacun joue son rôle, sauf peut-être Keresquin qui n'est parfois guère utile aux autres ; son personnage est souvent aussi insupportable que celui de Cybil est agréable à regarder, elle se dévoile sûrement un peu trop gratuitement, mais elle est active et ne se contente pas de jouer la potiche de service. L'humour qui pourrait gâcher toutes ces péripéties s'incruste parfaitement et ne déborde jamais, sans oublier quelques scènes bien saignantes dues à la grosse hache de Dao X'ian.
Tout ça est bien distrayant, embelli par le dessin superbe et fluide de Mourier qui avec la couleur directe offre un rendu très esthétisant, bien plus joli que ce qu'il fait sur Trolls De Troy. Aussi, la frustration n'en est que plus grande lorsque les auteurs ne donnent pas suite après le tome 3, gâchant ainsi non seulement un potentiel assez riche, mais surtout en se foutant des lecteurs qui se sont engagés dans cette histoire, attendant de façon hypothétique un tome 4 annoncé qui ne viendra jamais ; c'est un mépris caractérisé du public.
L'intrigue est très intéressante car mystérieuse. L'aîné d'une famille est frappé d'une malédiction: il meurt dans sa 33ème année comme le Christ. On devine que c'est lié à une mystérieuse statue précolombienne qu'un des ancêtres de cette famille avait reçu en cadeau.
Cependant, dès le premier tome, on va partir sur la guerre d'Espagne. Le concept est celui d'un scénario écrit à quatre main par les principaux auteurs de la collection Grand Angle chez Bamboo.
Bref, le choix a été d'ancrer chaque histoire dans une réalité historique différente. Ainsi le second tome nous emporte dans la tourmente des manifestations violentes à Brest peu après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. On regrettera que les dates de certains faits historiques ont été honteusement tronqués pour les besoins du récit.
Dans l'ensemble, c'est une saga familiale plutôt réussie qui pourrait être adaptée un jour en feuilleton pour la TV comme pour Les Maîtres de l'Orge par exemple. Il y a une intrigue bien spécifique à chaque album. Vers la fin, plutôt que de subir leur destin, les ainés maudits vont essayer de combattre la malédiction.
Le quatrième et dernier épisode va réserver une surprise de taille qui donne une cohérence à la série. Bref, il faut lire jusqu'à la fin pour pouvoir bien apprécié cette série à sa juste valeur. Du bon travail au niveau du scénario.
Cette belle aventure maritime au temps de la Compagnie des Indes montre bien la rivalité entre les puissances des nations qui tentaient de défier toujours le voisin pour s'approprier les routes marchandes et ainsi jouir d'un rôle économique important. Le sujet, bien développé par Giroud est donc instructif et intéressant car jamais traité en BD. Il permet aussi de mettre en lumière le rôle de la cartographie, science qui se développait au XVIIIème siècle en essayant de repousser les limites des cartes connues ; le géographe Pieter Hoorn campe donc un héros volontaire et sympathique.
Puisque ce récit est vu sous l'angle hollandais, le rôle des Français ici n'est guère flatteur, mais à cette période de l'Histoire, les Français étaient en guerre contre les Provinces Unies et l'Angleterre, donc la partie historique est fidèlement reconstituée, avec parfois une abondance de dialogues qui peut ennuyer le lecteur préférant l'action. Mais il y a aussi de l'exotisme, des îles sauvages avec des indigènes, c'est l'époque des découvertes qui a parfois un petit côté "révoltés du Bounty" fort plaisant.
Malgré une fin un peu expédiée et quelques facilités peu gênantes, le scénario tient la route, et graphiquement, Norma s'est surpassé ; je crois que de toutes ses séries, c'est celle où son dessin est le plus appliqué, notamment dans les décors et les vaisseaux. Une bonne série d'aventure.
J'ai lu la réédition de Tonkam (donc je n'ai pas encore lu la fin) de ce manga dont j'ai vu l'anime qui est parfois un peu différent (la famille de Kyosuke a un chat et certains personnages présents dans le manga n'existent pas dans l'anime).
J'aime bien cette série pour ses personnages. Je les trouve attachants et de plus les histoires sont assez originales grâce au pouvoir de la famille de Kyosuke qui entraine plusieurs quiproquos. Bon c'est sûr qu'en lisant les tomes d'affilée, il y a plusieurs répétitions (Kyosuke est pris pour un pervers plusieurs fois par exemple), mais cela ne m'a pas dérangé.
Le seul truc que je trouve faible est le triangle amoureux Kyosuke-Madoka-Hikaru. Il y a des moments mignons, mais je trouve que la relation amoureuse avance longtemps et de plus c'est évident dès le début que Kyosuku est uniquement amoureux de Madoka. J'aurais aimé qu'il aime les deux pour qu'il y ait un peu de suspense.
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Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Il ne se passe rien de particulier dans cette BD, pas vraiment de suspense, juste des tranches de vie toutes simples d'une maman et de son grand fils handicapé. Et pourtant une fois l'album commencé, je n'ai pas pu le lacher avant la fin. Parfois drôle, souvent émouvant mais jamais misérabiliste. Zidrou fait passer parfaitement tout l'amour que Catherine a pour "son gros bonhomme en chocolat". Même si la tâche est parfois difficile, surtout vu son grand âge, elle assumera son rôle de maman jusqu'au bout. Pour ce qui est du dessin, le trait très expressif de Roger montre à merveille toute l'émotion qui passe dans les visages et les yeux des protagonistes. Les couleurs sont tout en nuances, discrètes comme Catherine. Et puis mention particulière pour le titre que j'adore. J'avoue que c'est ça qui m'a intriguée et attirée en premier vers l'album. Très bel hommage à ces personnes de l'ombre qui se "battent" chaque jour pour rendre la vie plus facile et agréable aux personnes handicapées. Achat vivement conseillé !
Rampokan
"Rampokan" nous propose une histoire peu connue. En France, nous avons vécu entre 1946 et 1962, deux conflits coloniaux, en Indochine, puis en Algérie. C'est peut-être pour cette raison que nous n'avons pas prêté attention à ceux de nos voisins européens, qui furent pourtant similaires par leur violence et par les déchirements qu’ils provoquèrent chez les colonisés comme chez les métropolitains. Les Néerlandais étaient présents en Indonésie depuis le XVIIe siècle et ils considéraient que l'archipel, dont ils avaient tiré de substantiels bénéfices depuis 300 ans, leur appartenait de droit. Quand les Japonais l'occupent en 1942, les nationalistes autochtones les accueillent en libérateurs ; d'ailleurs, dès la fin de la guerre, ils proclament leur indépendance. Mais les Pays-Bas, comme les autres pays d'Europe, ne comprennent pas que le temps du colonialisme est révolu. Ils envoient des troupes afin de rétablir l'ordre. Débute alors une de ces sales guerres d'indépendance, faite d'attentats sanglants, de représailles aveugles, de massacres, de tortures où la brutalité du colonisateur répond à l’intransigeance meurtrière des indépendantistes… Une guerre qui dure 3 ans pour parvenir à un résultat prévisible, puisque l'Indonésie obtient son indépendance en 1949. Voilà pour le contexte. La mère de l'auteur, Peter Van Dongen, a vécu ce conflit et c'est à partir de certains de ses souvenirs qu'il a construit l'histoire. Le personnage principal et un fils de colons blancs, piégé en Europe par la guerre, qui découvre avec le lecteur à quel point le paradis colonial de son enfance lui est devenu étranger en une petite décennie. Envoyé dans la colonie avec l'armée hollandaise à la fin de l’année 1946, il est le témoin et l'acteur impuissant d'une guerre perdue d'avance. Van Dongen dépeint avec justesse le crépuscule de l’empire hollandais à travers une galerie de personnages en demi-teinte, sans jamais sombrer dans le manichéisme ni la caricature. La société coloniale indonésienne est présentée avec toutes ses contradictions. À travers les deux albums de son récit, cette guerre devient l’archétype des guerres coloniales. Un beau récit, nuancé, vraiment touchant. Les dessins, en noir et blanc, relevés de plages ocre, font partie de l’école de la ligne claire, qui reste très vivante chez les néerlandophones. Le trait de Van Dongen, bien maîtrisé, rappelle le travail de Bob de Moor (Barelli), ou pour évoquer des auteurs plus récents, Eric Heuvel (Jennifer jones) ou Henk Kuijpers (Franka), sauf qu’ici, l’humour n’est pas vraiment de mise, même si certaines situations liées à l’absurdité de la société coloniale peuvent faire sourire. Cependant, les choix graphiques de l'auteur permettent surtout d’introduire une distance qui tempère judicieusement la violence de certaines scènes. Peter Van Dongen a obtenu plusieurs prix aux Pays-Bas pour cette œuvre. Il est regrettable que les éditions « Vertige Graphic », qui l’ont fait paraître en 2003-2005, n’aient pas réédité ces deux albums, qu'il faut aujourd’hui rechercher chez les bouquinistes. Rampokan est vraiment un beau diptyque, une histoire forte et originale servie par un dessin maîtrisé.
Kongo
J'avais un peu peur de m'ennuyer en lisant cet album et heureusement ce ne fut pas le cas ! J'aime le dessin qui est d'ailleurs la raison pourquoi ce one-shot m'a attiré. J'aime ce noir et blanc qui donne une atmosphère qui va très bien avec le récit. On voit toute la noirceur dont sont capables les humains. Le récit est basé sur des faits réels puisque c'est l'adaptation d'un roman d'un auteur qui avait vécu des situations similaires. Les auteurs montrent les pires cotés du Congo colonial sans que cela soit moralisateur ou que cela semble exagéré. Par exemple, un personnage m'a semblé sympathique au début, mais ensuite on le voit agir de manière peu correcte avec les noirs sans que cela ne tombe dans la caricature. En tout cas, les auteurs représentent bien comment ça devait être à l'époque et je pense que entre des blancs colonisateurs qui ne pensent qu'au profit et des noirs pas toujours sympas (les tribus ont l'air de se détester entre elles pour une raison quelconque), je serais vite devenu fou !
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Je ne savais pas de quoi parlait cet album avant d'en commencer la lecture et ce titre à rallonge ne m'a pas aidé à me faire une idée. Mais dès les toutes première pages, j'ai plongé avec bonheur dans ce récit. Immédiatement il se dégage quelque chose grâce à un dessin merveilleux et a un style narratif très accrocheur. Il y a des BD comme ça où il suffit d'en lire 2 pages pour sentir qu'on va l'aimer. Celle là fait partie de cette catégorie. Il est question du quotidien d'une vieille dame qui s'occupe de son fils handicapé. Ce sujet à priori sensible et difficile est abordé de manière remarquable. Ce n'est pas larmoyant, le résultat est touchant juste ce qu'il faut. Mais attention on ne sort pas de cette lecture attristé, bien au contraire, on en sort avec le sourire. Cette façon de voir la vie du bon coté malgré ces difficultés nous offre des scènes étonnantes. Car si certains passages montrent évidemment des moments délicats, beaucoup d'autres surprennent par leur coté amusant et positif. C'est une des forces du récit : arriver à toucher le lecteur sans vouloir forcément le faire pleurer. Une autre de ses qualités, ce sont les personnages qui sont excellents et attachants. Enfin le dernier point fort est le dessin. Il est au diapason et il nous offre des planches merveilleuses. Il n'y a que du bon à prendre dans cet album réussi en tout point !
Haute sécurité
L'univers carcéral U.S. a été vu maintes fois dans des films, toutes les grandes stars Eastwood, Kurt Russell, Stallone, Tom Hanks, Morgan Freeman, et même Tom Selleck et Van Damme ont tâté des cellules et de cet univers pesant ; d'ailleurs, le titre de la série reprend celui d'un des meilleurs films de Stallone en 1989. Ensuite, la télé a produit des séries comme Oz ou Prison Break, il ne restait donc plus que la BD pour aborder ce terrain. N'ayant pas suivi les séries TV pré-citées, j'ai abordé la Bd d'un oeil neuf si on peut dire, en ayant en mémoire que les films. Cette société brutale et abrupte donne lieu à une foule de possibiltés scénaristiques et psychologiques que les auteurs explorent avec brio ; c'est vrai que ça rappelle plein de films, mais l'univers carcéral est bien rendu, avec bien-sûr un inévitable catalogue de clichés, même celui de la gardienne canon alors que dans ce genre de poste, on y voit surtout des thons, assez bouffies. Même chose pour le gardien Skinner, une vraie tête de con sadique, et même chose pour les taulards avec un défilé de gros durs aux gueules de l'emploi, où chacun est parqué dans son camp (Blacks, Latinos, Asiatiques, Ritals...) et où chaque groupe impose ses règles et défend son territoire. Un truc me surprend quand même, c'est l'emploi de femmes dans ce genre de prison, que ce soit des gardiennes ou une directrice, est-ce vraiment conforme à la réalité ? Mais ça permet une approche différente. Les auteurs parviennent à capter les sentiments exacerbés de ce monde en huis-clos en axant l'action vue à travers les yeux du jeune bleu Aleks. Il y a parfois un peu d'humour (le clin d'oeil peu flatteur à Steven Seagal), et le dialogue est bien construit. Un vrai récit d'atmosphère, qui décrit avec acuité un monde violent régi par des codes et des lois ethniques, qui démarre par un diptyque riche et rondement mené.
Légende
Après lecture des 5 tomes du cycle 1. Savez-vous qu'il n'y a que dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ? Avec "Légende", Swolfs le prouve puisqu'on concède volontiers que l'intrigue est traditionnelle et mille fois vue en BD et à l'écran (héritier dépossédé par un parent aidé par un conseiller en fourberie, qui vient adulte réclamer son dû). Cette recette un peu remodelée ici, fonctionne bien et parvient finalement à captiver le lecteur que je suis, et qui n'est sans doute pas assez objectif car trop admiratif du style de Swolfs qui reste un de mes dessinateurs favoris, et ce depuis Durango. N'a-t-il pas recyclé de façon virtuose le mythe vampirique avec Le Prince de la nuit et tous les clichés que ça comporte ? Ici, le plaisir du lecteur est là, malgré des situations déjà vues, et c'est ça le plus important. La narration est bien maîtrisée, chaque partie du récit est racontée en flash-back jusqu'au tome 5 où tout se rejoint. Swolfs utilise peu l'Histoire pour ne pas s'encombrer de références trop lourdes à développer (l'action a lieu d'après les architectures au XIIème siècle, au sein d'un duché de l'Empire Germanique, et on y fait allusion au cousin du roi de France). Swolfs préfère jouer sur un contexte médiéval très bien restitué avec une ambiance superbe de Moyen Age imaginaire emplie de mystères, de sortilèges, de crainte et de superstitions. La partie graphique est véritablement somptueuse, le dessin de Swolfs est toujours aussi vigoureux, sa mise en page intelligente, et ses dessins de châteaux forts sont grandioses avec des perspectives très justes (seul le donjon de Matthias semble un peu trop haut pour un donjon roman). Ses corps de femmes sont toujours autant envoûtants et ses gueules pittoresques de soudards très réussies. La colorisation de Sophie Swolfs est également très belle avec ses tons correspondant à différentes ambiances. J'ai aussi beaucoup apprécié la grande richesse du dialogue, au vocabulaire particulièrement brillant. La seule chose que je peux reprocher à cette Bd est la mort un peu facile et trop cliché de Shaggan dans ce tome 5 où Swolfs semble se précipiter pour conclure son récit ; un tel méchant aurait mérité une fin plus douloureuse. Sinon, on peut dire que Swolfs a livré là une Bd de grande qualité, bâtie pourtant sur un sujet très classique.
Les Feux d'Askell
Ces aventures maritimes fantastiques et burlesques ont été publiées juste avant Lanfeust De Troy, utilisant de ce fait, quelques codes d'heroic fantasy pas encore trop usés en 1993, qui deviendront ensuite trop clichés à cause des séries de fantasy lancées dans le sillage de Lanfeust. Ici, l'équipe hétéroclite constituée par les héros principaux (un mercenaire trapu, une danseuse érotique, un filou habile au lancer de couteaux, un pédant rimailleur et un mousse astucieux) était donc suffisamment originale pour susciter l'intérêt du lecteur. Je ne sais pas si on peut qualifier vraiment ce récit de fantasy, c'est un peu inclassable comme genre, l'univers est riche, inventif, plein de bonnes idées, le monde d'Askell est un monde liquide entouré d'îles, et si on veut vraiment y voir de la fantasy, c'est une fantasy inhabituelle où l'eau joue un grand rôle, car la fantasy a bien plus souvent pour décor la forêt ou la montagne. Ici, le décor donne donc un aspect très original à cette aventure. Les personnages sont consistants et chacun joue son rôle, sauf peut-être Keresquin qui n'est parfois guère utile aux autres ; son personnage est souvent aussi insupportable que celui de Cybil est agréable à regarder, elle se dévoile sûrement un peu trop gratuitement, mais elle est active et ne se contente pas de jouer la potiche de service. L'humour qui pourrait gâcher toutes ces péripéties s'incruste parfaitement et ne déborde jamais, sans oublier quelques scènes bien saignantes dues à la grosse hache de Dao X'ian. Tout ça est bien distrayant, embelli par le dessin superbe et fluide de Mourier qui avec la couleur directe offre un rendu très esthétisant, bien plus joli que ce qu'il fait sur Trolls De Troy. Aussi, la frustration n'en est que plus grande lorsque les auteurs ne donnent pas suite après le tome 3, gâchant ainsi non seulement un potentiel assez riche, mais surtout en se foutant des lecteurs qui se sont engagés dans cette histoire, attendant de façon hypothétique un tome 4 annoncé qui ne viendra jamais ; c'est un mépris caractérisé du public.
La Lignée
L'intrigue est très intéressante car mystérieuse. L'aîné d'une famille est frappé d'une malédiction: il meurt dans sa 33ème année comme le Christ. On devine que c'est lié à une mystérieuse statue précolombienne qu'un des ancêtres de cette famille avait reçu en cadeau. Cependant, dès le premier tome, on va partir sur la guerre d'Espagne. Le concept est celui d'un scénario écrit à quatre main par les principaux auteurs de la collection Grand Angle chez Bamboo. Bref, le choix a été d'ancrer chaque histoire dans une réalité historique différente. Ainsi le second tome nous emporte dans la tourmente des manifestations violentes à Brest peu après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. On regrettera que les dates de certains faits historiques ont été honteusement tronqués pour les besoins du récit. Dans l'ensemble, c'est une saga familiale plutôt réussie qui pourrait être adaptée un jour en feuilleton pour la TV comme pour Les Maîtres de l'Orge par exemple. Il y a une intrigue bien spécifique à chaque album. Vers la fin, plutôt que de subir leur destin, les ainés maudits vont essayer de combattre la malédiction. Le quatrième et dernier épisode va réserver une surprise de taille qui donne une cohérence à la série. Bref, il faut lire jusqu'à la fin pour pouvoir bien apprécié cette série à sa juste valeur. Du bon travail au niveau du scénario.
Pieter Hoorn
Cette belle aventure maritime au temps de la Compagnie des Indes montre bien la rivalité entre les puissances des nations qui tentaient de défier toujours le voisin pour s'approprier les routes marchandes et ainsi jouir d'un rôle économique important. Le sujet, bien développé par Giroud est donc instructif et intéressant car jamais traité en BD. Il permet aussi de mettre en lumière le rôle de la cartographie, science qui se développait au XVIIIème siècle en essayant de repousser les limites des cartes connues ; le géographe Pieter Hoorn campe donc un héros volontaire et sympathique. Puisque ce récit est vu sous l'angle hollandais, le rôle des Français ici n'est guère flatteur, mais à cette période de l'Histoire, les Français étaient en guerre contre les Provinces Unies et l'Angleterre, donc la partie historique est fidèlement reconstituée, avec parfois une abondance de dialogues qui peut ennuyer le lecteur préférant l'action. Mais il y a aussi de l'exotisme, des îles sauvages avec des indigènes, c'est l'époque des découvertes qui a parfois un petit côté "révoltés du Bounty" fort plaisant. Malgré une fin un peu expédiée et quelques facilités peu gênantes, le scénario tient la route, et graphiquement, Norma s'est surpassé ; je crois que de toutes ses séries, c'est celle où son dessin est le plus appliqué, notamment dans les décors et les vaisseaux. Une bonne série d'aventure.
Kimagure orange road - Max et Compagnie
J'ai lu la réédition de Tonkam (donc je n'ai pas encore lu la fin) de ce manga dont j'ai vu l'anime qui est parfois un peu différent (la famille de Kyosuke a un chat et certains personnages présents dans le manga n'existent pas dans l'anime). J'aime bien cette série pour ses personnages. Je les trouve attachants et de plus les histoires sont assez originales grâce au pouvoir de la famille de Kyosuke qui entraine plusieurs quiproquos. Bon c'est sûr qu'en lisant les tomes d'affilée, il y a plusieurs répétitions (Kyosuke est pris pour un pervers plusieurs fois par exemple), mais cela ne m'a pas dérangé. Le seul truc que je trouve faible est le triangle amoureux Kyosuke-Madoka-Hikaru. Il y a des moments mignons, mais je trouve que la relation amoureuse avance longtemps et de plus c'est évident dès le début que Kyosuku est uniquement amoureux de Madoka. J'aurais aimé qu'il aime les deux pour qu'il y ait un peu de suspense.