Les derniers avis (32035 avis)

Couverture de la série La Digue
La Digue

Voilà un petit album bien réjouissant, et une agréable découverte ! Une histoire qui pourrait paraître désespérée et désespérante, mais que j’ai au contraire trouvée franchement marrante et très poétique. Corbeyran développe ici un univers que j’ai beaucoup apprécié. Un album très influencé par le film Brazil (c’est d’ailleurs le nom de la barque où Paul fait connaissance de celle qui va l’accompagner dans sa quête). C’est un univers totalement absurde, désensibilisé, fataliste, qui se rapproche aussi fortement de celui développé par le génial Marc-Antoine Mathieu dans sa série Julius Corentin Acquefacques - en particulier dans l’album « La Qu… ». On se trouve dans une société sclérosée, froide, un système dictatorial indéfini dans lequel domine le loufoque, l’ennui. Au milieu – de quoi en fait ?, une digue, LA digue, dont on ne saisit pas vraiment l’utilité ni les extrémités. La chute est amusante – et apporte un grand vent de fraicheur dans cette aventure étrange. Et nous donne une version surprenante de l’histoire de Paul et Virginie (même si j’avais un peu vu venir la chose en faisant le lien avec les deux prénoms). Pour finir, il faut dire que le dessin en Noir et Blanc d’Alfred est excellent, tant pour les personnages « à trognes » des scrutateurs (entre autres) que pour les lignes éperdues des décors – essentiellement la digue et les quelques constructions qui la jalonnent. Un vrai coup de cœur pour cet univers kafkaïen !

09/07/2014 (modifier)
Par graveen
Note: 4/5
Couverture de la série Sur la terre comme au ciel
Sur la terre comme au ciel

Evidemment, il faut aimer le style. A la première lecture, c'est du pur cliché. Cependant, en grattant un peu... Bref, je reprends. Le scénario, mystico-nazi-religieux, semble fort convenu (et pas de surprise, il l'est). Le graphisme est dynamique, expressif, en un mot fort adapté à cette oeuvre. Les bons côtés : les personnages sont attachants, un peu barrés. L'archétype des soldats, je ne sais pas ce que je fiche ici mais j'y suis et jusqu'au cou, les choix, leurs motivations personnelles, une quête au delà de toute compréhension... Même si l'on identifie les gentils des méchants, la porte reste ouverte, comme si basculer d'un côté ou de l'autre était simple. Les revendications des méchants sont convenues mais pas dénuées de sens. Bref, j'ai pris ce récit comme il vient, j'ai trouvé les ficelles un peu grosses, mais il en ressort un récit que j'ai apprécié !

09/07/2014 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Histoires inavouables
Histoires inavouables

En 2008, les éditions Delcourt avaient l'audace de relancer la bd érotique,avec Premières fois superbe album où des auteurs comme Pedrosa, Alfred ou Vatine nous livraient des histoires courtes mais osées. Quelques années plus tard, Ovidie, ancienne star du porno (auteur de quelques livres comme "Osez découvrir le point G" ou d'un"Porno manifesto" qu'il faut vraiment lire) nous livre, toujours chez Delcourt, quelques histoires courtes illustrées par Jérôme D'Aviau. Amateur de bd dites" pour adultes", j'ai apprécié le trait de Jérôme d'Aviau, qui malgré certaines scènes très hot, ne sombre jamais dans la vulgarité. Nous sommes ici très loin des bandes dessinées d'Ardem, de Bruce Morgan, voire de Noé. Pourtant, comme dans "Franche amitié virile", les scènes sont très explicites mais dans "Sexting", l'humour reste présent, tout comme dans "Coincée", avec une "morale" assez drôle. Un album à lire en couple tant les histoires racontées, diverses et variées , peuvent susciter quelques discussions intéressantes.... Un album croustillant et bien réalisé.

08/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Quasar contre Pulsar
Quasar contre Pulsar

Voilà un album franchement inclassable, et difficile à résumer, donc à présenter. Je vais pourtant m’y essayer ! C’est d’abord un visuel parfois violent, qui déborde de cases quasiment inexistantes, qui prend souvent le pas sur l’histoire proprement dite : on est là finalement assez proche de ce que pouvait faire Philippe Druillet dans ses albums inspirés comme les Lone Sloane ou le déchirant La Nuit. C’est très psychédélique, parfois kitchissime, avec des couleurs roses seventies à la fois pétantes, mais aussi « sages », puisque « cadrées » par le contour des formes : un dessin stylisé, finalement assez froid au milieu de ces couleurs chaudes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le parti pris esthétique est assez radical ! Les dialogues – souvent au style indirect, et les commentaires en off se baladent un peu partout dans les pages, avec un texte utilisant tailles et formes différentes (j’avoue que c’est parfois difficile à lire !) : ici aussi le côté final de feu d’artifice qui domine, ça explose dans tous les sens ! L’intrigue quant à elle – car il y en a une, pas toujours discernable, au milieu de l’explosion des couleurs et des cases, eh bien l’intrigue est elle aussi un peu foutraque. Grosso modo, il y a une opposition entre Quasar, roi de l’origami interstellaire, capable de tout plier (mais qui n’arrive pas à assumer ses nombreux succès auprès de la gente féminine), et un scientifique surpuissant et mégalomane, Pulsar, qui rêve de recréer l’univers. Là aussi, ça part dans tous les sens, et c’est difficilement résumable. Cela mélange l’onirisme pur, la création expérimentale et la simple caricature de la SF à papa. Improbable ! Mais qu’ont pris les auteurs pour stimuler leur inspiration ? Voilà le genre d’album qui en rebutera beaucoup, mais qui est plein de folie, de créativité, l’imagination des auteurs ayant débordé des cases pour nous sauter aux yeux ! Si son prix est relativement élevé, il faut aussi voir l’originalité du projet, et le souci qu’ont eu les éditions 2024 d’en faire un bel objet. Le prix de la rareté, de la beauté, qui n’a pas de prix.

08/07/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Sept cavaliers
Sept cavaliers

Voilà une histoire fantastique comme je les aime, pleine de questions qui viennent à l'esprit au fur et à mesure des pages: Quand ça se passe? Des indices contradictoires: une cité médiévale, mais une gare de la fin du XIXème, l'impression que c'est une uchronie, comme si les choses avaient tournées différemment au tournant du XXème siècle, comme si les ados avaient pété un câble ... déserté la société...On ne comprend pas vraiment... Où? ce n'est pas clair non plus: des bribes de paysages connus, (petites villes du massif central, gares du nord de l'Europe, pont de Cahors, cour du château Blois, aile Louis XII..), des noms à consonance slave. c'est comme un réassemblage de notre monde dans une configuration différente, avec le plaisir du dessin d'architecture. Les personnages sont difficilement autonomes, ils sont ici comme un seul bloc de 7 cavaliers, ils font corps dans une recherche vouée à l'échec, l'auteur n'a pas essayé de faire le coup classique du catalogue de personnalités différentes qui se confrontent. Mais je trouve que cela dégage une plus grande sincérité, c'est comme dans la vie, certains ont moins de charisme que d'autres, certains mènent le bal et d'autres ne passent pas la première bobine. Notre système connecté peut paraître au début à l'exact opposé de celui qui nous est montré où il faut aller voir pour savoir. Mais finalement, l'incompréhension des personnages devant leur destin collectif n'est pas si éloigné de la nôtre. C'est une sorte de jeu avec la réalité, dans un dessin classique, duquel se dégage, à la fois une certaine nostalgie, mais aussi le plaisir de nous mener par le bout du nez.

07/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Histoire du Far West
Histoire du Far West

Contrairement aux avis précédents, je ne trouve pas que l'ensemble de la série affiche un aspect très didactique, pour la simple raison que la narration est plutôt simplifiée, voire rapide, faite un peu à la va-vite, avec beaucoup de raccourcis, c'est ça qui me dérange légèrement : ceci est flagrant sur l'épisode "la Loi de l'Ouest" consacré aux frères Earp et Wild Bill. Sinon, c'est encore du bel ouvrage pour un gars comme moi qui s'intéresse au Far West et au western. Ce n'est pas non plus inégal parce que la qualité des sujets choisis est bonne, c'est juste une question de préférences ; moi par exemple, je me suis beaucoup plus intéressé aux sujets concernant les Indiens que ceux sur la guerre de Sécession ou les hors-la-loi... La différence par rapport à Histoire de France en Bandes Dessinées réside dans l'épaisseur des fascicules à couverture souple traitant d'un seul sujet, contre les précédents à couverture brochée traitant 2 sujets ; sinon l'approche est la même, la série affiche de grandes qualités éducatives et historiques qui recadrent certaines idées reçues, mais aussi graphiques, Larousse ayant là encore choisi la crème des dessinateurs de l'époque. On retrouve José Bielsa, Marcello, Coelho, Tacconi... la plupart étant Italiens ou Espagnols, mais aussi Français (tels Frisano, Gaty et même Marcello qui est d'origine italienne mais ayant toute sa carrière travaillé en France, notamment chez Vaillant). L'équipe de scénaristes est plutôt française où l'on retrouve Jean Ollivier, Jacques Bastian, Raymond Maric mais aussi Frank Giroud... Il est clair que là, côté dessinateurs, c'est plus inégal, mais disons qu'on peut avoir aussi ses préférés : Serpieri reste inégalable dans l'approche des Indiens, bien qu'il illustre d'autres sujets tel celui des Mormons. José de Huescar est très bon, avec un trait proche de Marcello ; il a réalisé un très beau Gaston Fébus chez Loubatières. J'aime bien aussi le trait de Buzzelli, qui donnera aussi un bon Nevada Hill. Quant à Frisano, son trait n'est pas encore assez abouti, moins léché que sur Courtisanes... En résumé, on n'est pas obligé d'acheter l'intégrale, les sujets étant tous indépendants, sauf peut-être "la Guerre de Sécession" qui couvre 2 volumes, on peut les trouver en vide-greniers, mais souvent en mauvais état hélas ; pour ma part, il m'en manque 3 sur 36. Mais ce que j'aurais préféré trouver, c'est les 12 albums cartonnés, seulement Larousse ne les a édités qu'une seule fois et ils sont très durs à dénicher, d'où le fait de se rabattre sur les fascicules, en choisissant les sujets les plus intéressants.

06/07/2014 (modifier)
Par Eléonore
Note: 4/5
Couverture de la série W.I.T.C.H.
W.I.T.C.H.

Petite, je dévorais les bandes dessinée contenues dans le magazine pour petite filles. Le reste du magazine, quoi qu'intéressant, ne me servait surtout qu'à patienter pour le tome suivant de la série ! Par la suite, ma mère a estimé que j'étais trop grande pour continuer à lire ça et j'ai arrêté de le lire. J'avais 15 ans. Sans vraiment en prendre conscience, j'ai conservé ces magazines et, à mes 17ans, j'ai replongé avec un plaisir nouveau dans ces vielles histoires regrettant de ne pas avoir continué à les lire ! Vu que j'avais raté 2 ans de tomes, l'histoire je ne l'ai lue qu'en partie et je le regrette. De mes 17 à mes actuels 21 ans, je relis régulièrement avec plaisir un épisode ou l'autre. Aujourd'hui je pense qu'ils existent sous forme de roman de la bibliothèque rose pour petites filles mais moi c'étaient les dessins qui me plaisait. L'histoire en elle-même est bien quoique plus appropriée à une enfant qui n'a pas encore eu de petit ami ou qui est encore très naïve par rapport aux sentiments et à l'amour. Malgré ça moi j'y ai trouvé du réconfort et un remède à ma vie d'enfant de parents divorcés. :) Bonne lecture et bonne découverte ! A lire ! Eléonore

06/07/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Une épatante aventure de Jules
Une épatante aventure de Jules

Si vous avez un ado, il faut lui faire essayer: Bien-sûr, les dessins rappellent Tintin, et on s'imagine tout de suite un truc bien pensant, où les méchants sont punis et les situations un peu rebattues. Et bien ce n'est pas ça du tout. Il y a un réel contraste entre la ligne plate du dessin et les intelligences du scénario qui remuent vraiment des choses assez politiquement incorrectes, ou en tout cas à l'opposé du monde propret d'Hergé. Le grand frère haineux, la copine intelligente, la mère effacée devant son imbécile de mari, et qui s'échappe du stéréotype au fil des albums, des péripéties, des grosses blagues, et des sujets graves se mélangent dans une ambiance qui sautille du conventionnel le plus ennuyeux à la surprise la plus dérangeante, dans un va-et vient plein d'allant. Vraiment une manière réussie d'amener les enfants qui ont tendance à désirer l'ordre établi à se confronter à des situations légèrement angoissantes.

04/07/2014 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Luc Orient
Luc Orient

Lire Luc Orient c'est se replonger dans une des séries phares du "Journal Tintin" des années 70/80. Fortement inspiré du Flash Gordon d'Alex Raymond, au moins pour les 5 premiers albums qui constituent un cycle à lui seul, cette série de science fiction met en scène un prix Nobel de science le Professeur Kala, qui dirige un laboratoire scientifique de pointe. Il est assisté d'un homme de main, également un scientifique, Luc Orient, l'archétype du gendre idéal, bien sous tout rapport et fort en muscles. Pour reprendre le titre d'une vieille émission de télévision, c'est un peu "la tête et les jambes". Tous deux et leur charmante assistante sont confrontés à des phénomènes surnaturels qui les conduisent au delà de notre système solaire dans le premier cycle où ils affrontent un savant malfaisant, le Professeur Julius Argos, sur la planète Terango, au coté de ses habitants. Viendront ensuite des aventures en un épisode avant que Greg ne renoue avec un nouveau cycle qui commence avec "La porte de cristal", qui conduira de nouveau les protagonistes sur la planète Terango. Les scénarios de Greg sont solides comme à son habitude même si on peut les trouver un peu désuets, notamment avec cette technique qui consiste à annoncer en caractère gras en fin de page un événement grandiloquent à venir, afin de créer une sorte de dramaturgie comme on pouvait la trouver dans les Comics de l'époque. Le dessin de Paape, quelque peu hésitant au départ, s'améliore au fil du temps pour s'affiner, même si d'aucuns lui reprocheront un style trop figé. Au final nous avons droit à une très bonne série de science fiction qui a plutôt bien vieilli. Mais qu'en pensez vous?

04/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Charlemagne
Charlemagne

Après avoir lu 3 albums de cette collection Ils ont fait l'Histoire, je peux déjà faire un constat : qu'est-ce que c'est bien ! C'est en effet très pointu, mais pas trop pour ne pas ennuyer le lecteur, juste ce qu'il faut pour faire crédible ; c'est beaucoup plus sérieux que les séries de la collection Vécu. Attention, je ne dénigre pas cette vénérable collection qui a bercé ma jeunesse et m'a redonné goût à l'Histoire, j'en raffolais, mais l'aspect aventureux y était plus développé. Ici, Glénat a visé très haut, déjà en s'associant avec Fayard qui est l'éditeur par excellence des bios historiques. Mais aussi en recourant aux conseils d'historiens reconnus. Ce qu'il y a de bien avec cette collection, c'est qu'on n'est pas obligé de lire tous les albums, on choisit en fonction des personnages qu'on apprécie, c'est ce que je fais, et je sais qu'il y a des albums que je ne lirai pas. Mais avec Vercingétorix, Philippe le Bel et "Charlemagne", je me suis régalé. L'album opte d'emblée pour 2 critères importants : les auteurs se bornent à décrire l'ascension de Charlemagne dès la mort de son père, jusqu'à son couronnement impérial. Son royaume était tellement vaste (de la Marche d'Espagne au sud à la vallée de l'Elbe au nord) et donc tellement difficile à gouverner qu'il a passé la moitié de sa vie à chevaucher et à batailler, il a fallu donc choisir parmi cette vie bien remplie les faits les plus marquants, sinon il aurait fallu faire 3 albums rien qu'avec les conquêtes de Charlemagne. Les auteurs insistent toujours sur son désir de protéger la Chrétienté et la papauté. L'autre point important est le refus de l'imagerie d'Epinal : Charlemagne visitant une école et séparant les bons élèves des mauvais est un cliché tellement exploité par de vieux manuels scolaires qu'il était inutile de le montrer ; par contre, il y a une scène entre Charlemagne et Alcuin où celui-ci lui conseille d'éduquer son royaume et de favoriser l'instruction. Le coup de la barbe fleurie nous est également épargné, c'est une aberration de l'imagerie populaire, Charlemagne n'ayant porté que la moustache comme pratiquement tous les Carolingiens. L'épisode héroïque de Roland à Roncevaux est aussi évoqué très discrètement, il ne fallait pas tomber dans l'épopée poétique colportée par la Chanson de Roland, texte écrit seulement au XIIème siècle. Autour de ces 2 points importants, la narration est simplifiée pour des raisons de place, mais on dénote un foisonnement de détails relatés par les dialogues ; le tout est rigoureux tout en montrant aussi un aspect de la vie quotidienne de Charlemagne comme son goût pour la natation et les bains (il avait fait installer dans son palais d'Aix une immense piscine), c'est bien de consacrer 2 pages à ce détail important. Le dossier de fin d'album est très intéressant et complète parfaitement l'épopée de Charlemagne dépeint par les auteurs comme le bâtisseur d'un système politique solide basé sur la foi et le savoir, bref une figure emblématique de l'Histoire de France et même de l'Europe du Haut Moyen Age. Quant au dessin, j'avais déjà apprécié le talent de Gwendal Lemercier sur Durandal et Le Crépuscule des Dieux, il ne pouvait que me plaire, et il y parvient ; le seul reproche que je ferais c'est que certains lettrages sont trop petits. Un très bel album pour les amoureux d'Histoire, à condition de s'intéresser à cette période qui est souvent méconnue du grand public.

04/07/2014 (modifier)