Les derniers avis (32035 avis)

Par Elrik
Note: 4/5
Couverture de la série Une Histoire d'hommes
Une Histoire d'hommes

L'histoire, au final est sans surprise, pourtant les dessins et le découpage m'ont captivé. Je reconnais que certains dialogues peuvent choquer et dans ces moments on se dit quelle bande de nuls. Mais en fait, c'est parce que cela colle bien aux personnages. J'ai retrouvé l'ambiance cliché du rock et des légendes passées (avec les mythes évoqués) associées à notre difficulté d'être humain: son besoin de se faire souffrir, de ne pas dire les choses et de se révéler grâce aux enfants.

14/07/2014 (modifier)
Par Elrik
Note: 4/5
Couverture de la série Mars aller-retour
Mars aller-retour

Ok c'est peut-être "autobiographique" et l'auteur ne donne pas envie qu'on le trouve sympathique, pourtant je m'y suis attaché car ce qui est évoqué est terriblement humain. C'est vrai qu'ici c'est peut-être exacerbé ou tout-en-un mais quand même, on ne peut s'empêcher de penser à sa propre vie. J'espère que si c'est en partie vrai, l'espoir de rédemption existe. Le dessin colle bien à l'ambiance et les vues de Mars (par les dessins) permettent de bien se prendre au jeu.

14/07/2014 (modifier)
Par elveen
Note: 4/5
Couverture de la série Le Captivé
Le Captivé

C’est une histoire vraie qui nous est présentée ici par Christophe Dabitch et Christian Durieux : l’histoire d’Albert Dadas, fugueur pathologique, un "captivé", comme les a appelés le docteur Tissié. C’est aussi, surtout, l’histoire de la rencontre entre cet homme "perdu", voyageur compulsif désirant trouver une certaine stabilité, et le docteur Philippe Tissié dont il devient le patient. Tout cela n’est pas raconté comme un documentaire. Certes, on sent la recherche historique et scientifique sur le cas, et les passages où des personnages tiers témoignent sur les événements renforcent cette idée. Mais il s’agit là d’un roman graphique, nous présentant les sentiments des personnages, leurs relations, leurs doutes, leurs espoirs et leurs désirs. Et cela est fait remarquablement. Dans une narration empreinte de douceur et de simplicité, on s’attache à Albert et à Tissié. On scrute leur devenir, Albert se sentant dépendant de son médecin pour être enfin guéri, Tissié étant, lui, fasciné, "captivé" par son patient. Cet homme instruit, ne devant sa réussite qu’à lui-même, féru de sport, est fixé par la force des choses, à Bordeaux. Et si Albert, son patient, a pour lui une grande reconnaissance, Tissié a pour Albert une grande admiration, pour ses capacités physiques d’une part, pour ses voyages d’autre part. Il écoute les récits de voyage d’Albert avec un intérêt médical, mais surtout avec curiosité et une certaine envie. J’ai donc été prise dans le récit qui, certes, n’a rien de follement trépidant, mais qui est présenté de telle manière que j’ai été intéressée, tout au long de ma lecture, par l’histoire de ces deux personnages. Mais la sauce ne pourrait prendre sans le dessin, noir et blanc, de Christian Durieux. Le trait et les nuances de gris de l’artiste sont d’une grande douceur et amènent une atmosphère tranquille, mêlant sérénité, mélancolie et compassion. Les voyages non désirés d’Albert sont ainsi perçus non comme des escapades trépidantes ni même comme des expéditions difficiles et éprouvantes, mais bien, comme Albert les ressentait lui-même : des errances dont il ne résulte que malheurs et tristesse. Certaines scènes de voyage semblent réalisées à partir de photographies (dessin sur photo), et cela donne de la profondeur à ces paysages. Je trouve cela assez réussi. L’ensemble est donc d’une grande cohérence, dessin et récit magnifiquement en symbiose. La manière dont dessin et scénario se servent l’un l’autre est parallèle à la manière dont Albert et Tissié sont liés, s’admirent l’un l’autre et ont besoin l’un de l’autre, l'un pour être guéri, l'autre pour mener à bien ses recherches. C’est ce qui me fait mettre un 4 étoiles. J’ai hésité. Beaucoup trouveront sans doute que c’est une bonne BD, sans plus. Certains seront peut-être ennuyés par cette histoire manquant de piquant et d’action. Il ne s’agit nullement d’aventure mais d’un sujet tenant plus de la recherche documentaire et de la réflexion sociologique. De mon côté, je trouve l’album tellement bien conçu et nous faisant passer les émotions des personnages, que je ne peux que vous en conseiller la lecture.

14/07/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Isabelle - La Louve de France
Isabelle - La Louve de France

Que cette série "Les reines de sang" est bien faite. Après Aliénor, cette Isabelle est juste excellente. En plus d'un intérêt pédagogique certain celui ci n'est jamais chiant, certes l'histoire de la Dame en elle même vaut la peine d'être racontée mais ici tout ça est fait de manière fluide. Pas besoin d'être un féru d'histoire et de cette époque pour être plongé et surtout captivé sans être perdu au milieu de tous les personnages. Voilà des BD qui auraient toutes leurs places dans les cours d'histoire. Elles sont une manière ludique d'aborder des périodes peu étudiées. Le dessin clair et léché vient en parfait accord avec l'histoire. A faire connaitre! Y a t'il d'autres Reines de Sang dont on pourrait conter l'histoire?

13/07/2014 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Putain de guerre !
Putain de guerre !

Une BD qui aborde la première guerre mondiale de manière assez atypique puisqu'elle ne développe pas vraiment de réel scénario, on se contente de nous présenter certains faits année après année (de 1914 à l'armistice) vus par les yeux d'un soldats français enrolé comme tant d'autres dans une guerre qui va le changer à tout jamais. Ainsi l'histoire ne comporte aucun dialogue mais seulement la voix off du "héros" qui utilise le jargon du troufion de base de l'époque. On met l'accent sur ses impressions, son ressenti en décrivant avec minutie certaines horreurs de cette guerre, la bétise des hauts gradés, le désespoir des combattants et leurs sacrifices inutiles, les conditions de vie déplorables dans les tranchées, la boucherie des grandes offensives, mais aussi les avancées technologiques, la vie des populations civiles de l'arrière. Le récit se termine sur le destin croisé de plusieurs personnages de tous camps qui ont vécu de près ou de loin ce terrible conflit. Quant aux dessins, ceux qui connaissent les oeuvres de Tardi (comme le très célèbre Nestor Burma) reconnaitront son style propre qui se marie très bien avec toutes ces scènes de combats et d'horreurs. La colorisation, au début, comprend une palette diverse et lumineuse mais s'estompe progressivement pour en arriver sur une dominante de gris comme pour mieux coller au moral du soldat ou au paysage du front d'une uniformité cataclismique. La dernière partie est une sorte de document, avec photos d'archives à l'appui, qui dépeind le conflit de a à z avec toutes les répercutions géopolitiques qui en découleront. En une vingtaine de pages l'essentiel est résumé pour les années 1914 à 1919 et on peut dire que cette analyse est tellement complète qu'elle n'a rien à envier à certains livres d'histoire. Bref, cette BD comprend tous les attributs d'un pamphlet anti militariste poignant traitant des affres de cette guerre qui, aux égards d'une telle cruauté, aurait vraiment dû être la der des ders. A lire pour tous les amateurs d'histoire ou ceux qui veulent découvrir un des conflits les plus sanglants de l'humanité.

11/07/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Mezolith
Mezolith

Vous attendez tous le tome 2 mais comment voulez-vous qu'il paraisse si vous le notez si mal? Honnêtement j'ai été transportée par cette BD: évidemment des images extra, où les techniques assistées par ordinateur ne créent pas un cadre fermé et aseptisé, mais permettent réellement une ambiance nouvelle au bord de l'hyperréalisme. Une lumière évidente, presque un courant d'air, une sorte de transparence et des visages fins, assez égarés, au bouches entrouvertes, en effet, mais comment s'imaginer ces premiers hommes avec les mêmes cerveaux que nous mais pas encore de cultures historiques sur lesquelles s'appuyer? Sur quoi fixer son intelligence si rien n'est écrit? Quelles étaient leurs réflexions, leurs langues, leurs imaginaires? Je ne crois pas du tout dans la justesse de la réponse que donne la BD, mais en revanche, l'hyperréalisme des images, paradoxalement, sert cette interrogation. Un dessin conventionnel aurait donné l'illusion que la société l'était aussi, que le monde nous était connu. Ici , c'est l'inconnu, sort-il de l'esprit du jeune héros, de cette petite collectivité humaine, de notre multiculturalisme occidental et contemporain? Peu importe finalement, il sourd de l'image, et emporte les séquences de la vie quotidienne et ses dangers comme les passages plus oniriques. La réalité, est une invention récente. Vraiment pour moi une expérience très sauvage que je souhaite ardemment renouveler!

11/07/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Les Gens honnêtes
Les Gens honnêtes

J'irai jusqu'au franchement bien. Une histoire peut-être ordinaire de reconversion, mais avec la malice de Gibrat qui se débrouille pour nous faire croire que la vie est un jeu, et qu'en pariant sur le plus incongru, on gagne presque toujours. L'idée du coiffeur de train c'est tellement séduisant... Moi je coupe les cheveux de toute la famille et je m'y vois très bien, c'est très agréable, on se la joue, on est totalement maître de la tête de l'autre, et en même temps ce n'est que de la frivolité. On laisse le paysage défiler, on dodeline sous les vibrations du TGV... Le dessin très sobre, presque ennuyeux, des couleurs passe-partout, mais un personnage principal qu'on a croisé partout, le quinquagénaire blagueur, agaçant au possible mais qui sait faire le nounours quand c'est nécessaire. Imaginez votre voisin du dessous avec ses remarques vaguement déplacées (mais de quoi je me mêle?) qui se fait virer et qui devient coiffeur de train, c'est chouette, non? Moi je dis: c'est le truc qui vous réalise le fantasme de changer de vie à 50 ans. Et une vie vraisemblable, pas combattre les méchant sur la planète mars, non un truc auquel personne n'a pensé mais qui est très faisable finalement. il y en a surement plein d'autres à chercher, il suffit de s'y mettre...

11/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Isabelle - La Louve de France
Isabelle - La Louve de France

Très bien vu ! Réaliser une biographie historique sans être lourd et ennuyeux relève souvent du tour de force, même lorsqu'il s'agit de celle d'Isabelle de France dont la vie est au centre d'enjeux géopolitiques et d'intrigues de palais qui en font un merveilleux sujet de scénario. Maurice Druon ne s'y est pas trompé dans ses Rois maudits. Marie et Thierry Gloris construisent une histoire passionnante et bien rythmée autour de la réalité historique, que Jaime Calderón illustre avec brio. Les deux albums racontent 15 années de la vie d'Isabelle, fille de roi, mariée à un roi étranger, écartelée entre son sens du devoir, ses ambitions et ses passions. C'est brillamment raconté et les auteurs rendent compréhensible une époque et des querelles politiques qui ne le sont guère. Un petit dossier présentant les généalogies royales, quelques cartes et une chronologie en fin d'album ne seraient peut-être pas superflus. Isabelle la Louve de France est très bon diptyque qui séduira les passionnés d'histoire, mais aussi tous ceux qui aiment les sagas dramatiques centrées sur une personnalité attachante.

11/07/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen
Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen

Un reportage comme je les adore. Agnès Montanari, reporter-photographe, a vécu plusieurs mois au Yémen et a rencontré de nombreuses femmes aux vies assez représentatives de ce que doivent endurer des millions de femmes dans le monde, aujourd‘hui en 2014 (couvertes de la tête au pied, mariage et relations sexuelles forcés dès l’âge de 12 ans, difficulté d’accès à l’éducation, abus en tout genre). Le portrait est sombre, mais les accusations viennent de l’intérieur, des femmes concernées, ce qui lui donne une puissance et un poids remarquables. L’auteur s’efface presque pour ne laisser la parole qu’aux « victimes ». Il y a même certaines nuances intéressantes, par exemple cette femme qui demande si une occidentale en jupe n’est pas elle aussi otage et esclave d’une autre mal : la beauté obsessionnelle. La sexualisation de nos jeunes filles est-elle l’autre extrémité de cette folie ? Des photos sont insérées dans le récit (à la manière d’Emmanuel Guibert dans Le Photographe, mais dans une moindre proportion), ce qui apporte encore plus de réalisme au propos. Les photos sont magnifiques, quels regards ! Le dessin en noir et blanc est par ailleurs très joli et parfaitement maitrisé. Un reportage passionnant et parfaitement réalisé. Avis aux amateurs du genre.

11/07/2014 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vents Contraires
Vents Contraires

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Pfiouuu ! Un tout bon thriller ! Genre qui est peut-être plus difficile à rendre en BD qu’au cinéma, par exemple, où l’on peut mettre du vrai rythme, des effets spéciaux, du son… Mais là, on commence le premier tome de ce diptyque et on ne lâche plus l’affaire jusqu’au dénouement du deuxième album, tellement on est pris par l’histoire, le dessin, précis, aidant bien à se mettre dans l’ambiance. Du coup, le rythme c’est toi qui te le donne puisque tu dévores les livres ! A partir de faits complètement réels (que je ne veux pas dévoiler au risque de déflorer un peu le contenu), M.Hautière, le scénariste, nous concocte un thriller haletant qui fait froid dans le dos si l’on vient à penser que tout cela est plausible. Et bon sang, que cela le semble ! De quoi en tirer un sacré film dans la veine des "Ne le dis à personne" ou "A bout portant" pour le rythme, d’un "Blood diamond" pour un thème plus approchant ! J’ai trouvé le héros très crédible et les seconds rôles bien présents. Bref que du bon (où les deux couvertures démontrent bien qu’il y est décidément question de lunettes !). Le dessin semble perfectible au début pour s’améliorer rapidement et grandement ensuite. Vraiment adapté au profil demandé. 16 / 20 4* oui

10/07/2014 (modifier)