Mars aller-retour

Note: 3/5
(3/5 pour 8 avis)

Pierre Wazem revient comme auteur complet après cinq ans d’absence pour livrer un album qu’il qualifie lui-même de « sorte d’autobiographie mélancolique autocritique, auto-apitoyée, auto-flagellante, un genre de salon de l’auto ».


Auteurs suisses Autobiographie Mars Profession : bédéiste

Il suffit d’écraser un hérisson avec un petit dossard pour faire une millième anecdote improbable à raconter. Sauf que maintenant, ces histoires, Pierre Wazem s’en fiche. Il n’a plus aucune envie de raconter quoi que ce soit. Il y a bien ce fameux projet qui traîne, Mars aller-retour, mais à quoi bon ? Il y a tellement d’excuses pour ne pas s’y mettre : les soucis d’argent, les soucis avec sa femme et ses enfants, les soucis avec ces autres femmes que la sienne, les soucis avec ses collègues dessinateurs qui dessinent sans dépasser, les soucis avec les chats de son père, les soucis avec sa mère qui a une tête de souris… Acculé par la réalité, il s’enfonce dans la forêt, espérant y trouver un peu de calme et d’isolement. C’est là, sous le plancher d’une vieille cabane en bois qu’il va trouver Mars. Un déclic, comme une autoroute devant lui : reprendre ce projet de bande dessinée, le temps d’un voyage éprouvant mais nécessaire, sur une planète où tout et n’importe quoi semble s’être donné rendez-vous. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Août 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Mars aller-retour
Les notes (8)
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23/08/2012 | Alix
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Par Ro
Note: 2/5
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Cette lecture m'a ennuyé. Cela commence comme une autobiographie un peu décalée de l'auteur qui se met en scène, se regarde le nombril, parle de lui, met en avant ses défauts et sa vie familiale assez bizarre. Je ne me suis absolument pas attaché au personnage dont le mode de vie et de pensée est radicalement différent du mien. Puis le récit prend un détour nettement plus loufoque, un peu onirique ou symbolique. Mais là encore je n'ai pas accroché car ça ressemble parfois à une sorte de psychanalyse par l'absurde. Car même dans ce cadre soudain vraiment différent et surprenant, on reste toujours dans le nombrilisme et le récit de soi. Sans me donner davantage envie de m'attacher au personnage. Tout ça pour une réflexion sur soi-même et une remise en question... qui ne m'a pas parlé du tout.

21/08/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
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Un one-shot que j'ai trouvé inégal. En effet, je trouve que l'histoire débute longtemps et il faut attendre une cinquantaine de pages pour que je trouve le récit enfin intéressant. Certes, durant cette première partie il y a quelques répliques savoureuses, mais la vie quotidienne de cet auteur misanthrope tourne vite en rond. Heureusement, vers la moitié de l'album il se passe quelque chose qui a su captiver mon attention sauf que vers la fin j'ai ressenti que mon intérêt retombait, entre autres parce que je ne savais pas où l'auteur voulait en venir et j'étais bien content lorsque j'ai fini cet album.

21/07/2014 (modifier)
Par Elrik
Note: 4/5

Ok c'est peut-être "autobiographique" et l'auteur ne donne pas envie qu'on le trouve sympathique, pourtant je m'y suis attaché car ce qui est évoqué est terriblement humain. C'est vrai qu'ici c'est peut-être exacerbé ou tout-en-un mais quand même, on ne peut s'empêcher de penser à sa propre vie. J'espère que si c'est en partie vrai, l'espoir de rédemption existe. Le dessin colle bien à l'ambiance et les vues de Mars (par les dessins) permettent de bien se prendre au jeu.

14/07/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Ce n’est pas la première fois que je vois un auteur se mettre en scène dans une bd avec une part oscillant entre l’autobiographie et l’aventure psychologique d’un accomplissement de soi. A force, je dois bien reconnaître que c’est plutôt soulant. Cela commence toujours par un portrait pas toujours glorifiant d’un sombre abruti en panne d’inspiration. C’est vrai que j’ai détesté au plus haut point ce personnage qui n’hésiterait pas à commettre des incartades au risque de sacrifier sa famille. Je ne juge point mais c’est à l’opposé de mes valeurs. C’est difficile par la suite d’adhérer à une autre logique. Pour autant, c’est un exercice que j’ai réussi à maîtriser en étant neutre. Après tout, chacun sa vie et ses expériences. Le voyage de cet aller-retour entre la terre et mars sera fort original si on fait abstraction du petit prince de Saint-Exupéry. C’est surtout l’esprit qui voyagera. C’est une rêverie introspective un peu poétique mais surtout psychologique comme la rencontre avec soi-même en étant enfant. Le but est le retour de la créativité. L’auteur nous livre avec sincérité et sans complaisance. On réussira à surmonter les angoisses existentielles d’une crise de la quarantaine. Pour le reste, c’est joliment dessiné avec un effort particulier pour l’arrière-plan ainsi que pour les couleurs. Prêt pour un voyage mélancolique ?

12/02/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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J'ai un peu le cul entre deux chaises avec cet album. Un peu comme si je lisais deux histoires différentes. Il semblerait que Pierre Wazem soit parti de sa propre histoire, y ait injecté des trucs bien farfelus pour la faire dériver loin de ses bases, et finalement y revenir dans un numéro de haute voltige un peu inédit. Comme certains je me suis un peu ennuyé lors de la première partie. Certes, l'auteur s'y dépeint de façon assez peu conventionnelle, mais je ne sais pas, le décalage me semble peu réaliste, quelque part. Et lorsqu'il part vers Mars, c'est autre chose, mais curieusement cela me semble plus intéressant d'évoquer sa situation familiale et sa vie de cette façon. Au final ce fut quand même une bonne lecture, bien qu'un peu trop décalée dans sa première partie.

02/10/2013 (modifier)
Par ArzaK
Note: 3/5

Mon avis est un peu l’inverse de celui de Jetjet. J’ai préféré la deuxième partie de l’album (celle où il se retrouve sur mars). La première partie était, je trouve, un peu trop nombriliste. J’avoue que le personnage que j’y ai découvert, ce misanthrope qui trompe sa femme et s’apitoie beaucoup sur son sort, ne m’a pas tellement paru sympathique… L’album emporte mon adhésion grâce à la seconde partie. Par sa fantaisie, son caractère introspectif et sa fin, vraiment réussie. C'est un bon album, sincère et touchant.

07/11/2012 (modifier)
Par Jetjet
Note: 2/5
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Inutile de tortiller du cul davantage, Mars Aller-Retour constitue à mes yeux une cruelle déception. Désolé d’arriver aussi élégamment dans le vif du sujet mais on m’avait présenté cette œuvre que j’aurais adoré chérir et considéré comme un livre de chevet comme une peinture réaliste de ma propre personnalité mais je ne m’y suis retrouvé à aucun moment. Pire je me suis royalement emmerdé pendant la fameuse introspection personnelle de Pierre Wazem sur la planète Mars où l’auteur se remet en cause (rappelons que l’histoire complète met en scène sa propre vie fantasmée ou imagée) dont est constituée la seconde partie de cet ouvrage. Pourtant le récit commençait de façon agréable avec ce portrait agréable et sans concession d’un auteur de bd sans inspiration, jeune quadra débonnaire incapable de subvenir aux besoins financiers de sa famille et dépassé par ses enfants. Si on ajoute que ce triste sire trompe allègrement sa femme pour tuer le temps, néglige ses gosses et ne sait tout simplement pas quoi faire de sa vie, on obtient de savoureux dialogues et pensées plutôt acèrbes et sans ménagement à l’égard de l’auteur lui-même. L’absurde n’est pas loin non plus avec une mise en abime plutôt efficace (Wazem parle même de « Mars Aller-Retour » dans sa propre œuvre) en distillant quelques éléments dignes d’un film de David Lynch où les repères sont abolis et les hérissons écrasés portent des dossards de course. Le style graphique approché est plus que satisfaisant en me rappelant le trait rond, minimaliste et à la fois travaillé du Larcenet du Combat Ordinaire ce qui n’est pas à mes yeux un mince compliment. Un joli travail de hachures et une colorisation oscillant entre teintes rouges et brunâtres complètent admirablement l’ensemble. Non, ce qui coince c’est que tout simplement passé la mise en place de la première partie que je trouve vraiment réussie, Wazem déséquilibre totalement ses propos avec ce voyage mental vers Mars et les états d’âme hermétiques de son protagoniste. Ce n’est ni plaisant ni réellement passionnant à lire mais cela entraine toute l’œuvre vers une conclusion téléphonée et classique sans que l’on ressente la moindre émotion. D’ailleurs d’émotion je n’en ai peu ressenti, me sentant complètement à côté d’un personnage que l’on m’avait présenté comme proche de mon propre parcours personnel. Certes des conneries j’en ai fait pas mal, certaines pouvant se rapprocher des flottements erratiques du Wazem de cette œuvre, mais aucune qui ne compare de près ou de loin mon parcours à celui de cet auteur dont je partage finalement assez peu de points communs. Ouf ! L’honneur est sauf mais en dépit de ses qualités qui lui sont propres et d’une réalisation éditoriale de haute volée je suis resté finalement de marbre pour une mise à nu courageuse d’un auteur qu’il me tarde de découvrir au travers d’autres facettes.

07/11/2012 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
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L’auteur nous explique que « Mars aller-retour » est une « autobiographie mélancolique autocritique, auto-apitoyée, auto-flagellante, un genre de salon de l’auto », et c’est assez bien dit je trouve. C’est très nombriliste, mais avec ce qu’il faut de cynisme et d’humour pour que la pilule passe. Certains passages m’ont fait éclater de rire – je pense notamment à la planche 24, ou à la conversation téléphonique avec son papa (je vous ai mis les planches dans la galerie.) Alors avec un résumé pareil, vous imaginez bien que c’est souvent onirique voire loufoque, surtout sur la deuxième moitié de l’album. Mais à part quelques petites longueurs j’ai trouvé l’ensemble digeste et bien raconté. Les réflexions sont souvent bien vues, parfois un peu éculées, certes, mais jamais bateau. La fin est un peu convenue mais très belle. Une autobiographique loufoque, drôle, poignante, et superbement mise en image. Les amateurs apprécieront.

23/08/2012 (modifier)