Cette série vaut vraiment la peine d'être découverte; elle est composée d'une très "belle" (surtout très triste) histoire et de personnages intéressants et attachants.
Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de ces trois albums que j'ai d'ailleurs lu d'une traite.
Le destin de cette petite fille surnommée affectueusement "Petit verglas" par François, un fils de paysan, n'est pas des plus communs et sa vie (si on peut appeler cela ainsi) aura été difficile.
Orpheline, recueillie puis enfermée par un professeur-médecin cruel désirant mener sur elle une aberrante expérience "éducative", on devine que l'issue ne pourra être que tragique.
Corbeyran signe un scénario original et prenant soutenu par un graphisme agréable et collant parfaitement au récit.
"La revanche de Bane", c'est le comics à posséder pour tout (ou presque) savoir sur l'un des vilains les plus célèbres de l'univers Batman: le dénommé Bane.
Cet album est divisé en deux parties: la première histoire est consacrée aux origines de Bane, sa naissance et sa jeunesse passée en prison, condamné à payer pour les crimes d'un père qu'il n'a jamais connu, sa métamorphose physique et musculaire par la pratique intensive de la gymnastique en prison, l'expérience militaire pratiquée sur lui, son évasion et son désir de rejoindre Gotham pour affronter le Dark Knight,...
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, j'ai trouvé que le personnage de Bane est loin d'être qu'une brute sans cervelle ne rêvant que de gloire. On se rend compte aussi qu'il est très cultivé (Bane est un passionné de lecture en prison et a soif de savoir et de connaissance), intelligent et si il est devenu ce qu'il est, c'est quelque part en partie à cause de ce monde barbare dans lequel il est né et un destin qui ne lui a jamais fait de cadeau.
La deuxième histoire est aussi intéressante mais, pour ma part, un peu moins prenante que la précédente. Bane part sur les traces de ce père inconnu et va faire par la même occasion la rencontre de Ra's al Ghul et de sa fille Talia qui projètent de lancer une attaque bactériologique sur la ville de Gotham.
Les dessins de Nolan sont très bons, accompagnés de couleurs vives qui sied bien à l'ensemble de l'oeuvre. Cet album sert également de prologue intéressant à la série parallèle "Batman Knightfall"dont le premier tome La Chute verra la conclusion épique de la lutte opposant Bane et notre héros Batman.
Un comics d'assez bonne facture. 3,5/5
J'aime beaucoup ce "Manhattan Beach 1957" du duo Hermann père et fils.
Un excellent thriller sur pages. Les ingrédients principaux y sont réunis:
- l'Amérique et son désert californien, ses canyons, un flic muré dans son silence et ses souvenirs de l'été 1957 avec cette femme complexe Daisy, le spectre d'Elvis Presley rôdant autour de notre "héros" et qui donne ce côté mystique à l'album, des meurtres, un tueur en série dont on sait pas grand chose, une atmosphère noire digne des meilleurs films des frères Coen et surtout Manhattan Beach, une très jolie station balnéaire qui existe réellement sur la côte ouest des Etats-Unis.
Hermann, fidèle à lui-même, réalise de magnifiques planches en couleurs directs soutenu par un bon scénario de son fils.
Le seul petit regret que j'aurai à formuler concernerait le personnage du fils de Daisy, on ne sait pas grand chose à son sujet. A part cela, ça reste vraiment tout bon.
A l'instar de L'Incroyable Histoire de Benoît-Olivier, cette série est l'adaptation d'une série de romans publiés au Québec, un patrimoine encore peu exploité en France. Mieux, il s'agit d'une véritable "Bible" pour les adolescentes entre 9 et 15 ans.
Et Didier Alcante signe donc cette adaptation, avec pour commencer le départ de la provinciale Léa pour Montréal, loin de ses amis d'enfance et surtout de son petit copain... Tout comme dans la série précédemment citée, ce qui frappe à la lecture de cet album c'est sa vraisemblance. Les adolescents sont traités avec justesse, sans bienveillance excessive ou moquerie facile. Léa a 14 ans, ce n'est pas une adulte mais elle ne joue plus à la poupée. Elle essaie de garder une place dans son coeur pour son petit ami, mais l'adage dit bien "loin des yeux, loin du coeur"... Face à elle, plusieurs personnages assez nuancés, si on écarte la peste de service. Qui j'imagine changera de posture par la suite.
Le tout est réalisé dans une ligne claire très nette par Ludo Borecki, dont le trait se rapproche un peu de ce que faisait Jean-Marc Krings pour Violine, surtout pour les visages. C'est propre, carré, avec de chouettes couleurs de Johan Pilet.
J'espère revoir rapidement Léa.
Tout d'abord, je remercie Gaston d'avoir posté cette série, c'est un gros morceau que je n'avais pas trop envie de poster moi-même.
Sinon, l'entreprise qui apparaît colossale pourra peut-être décourager certains lecteurs, surtout des plus jeunes, parce qu'elle a surtout pour but de satisfaire un lectorat de nostalgiques du journal Tintin. Il vaut mieux l'emprunter en bibliothèque, l'achat se révélant quand même onéreux... à moins de choisir ses préférés, c'est à voir.
A l'image du journal Spirou qui avait ses fameux récits de l'Oncle Paul, il était tout à fait légitime que Tintin ait les siens en matière d'Histoire. Le premier de ces récits apparaît dans le journal en 1952, et dès l'année suivante, la rubrique va devenir régulière chaque semaine. En 1963, elle devient une spécialité et même une véritable institution du journal qui va s'étendre à 3 récits par semaine : un récit d'actualité contemporaine, un récit humoristique (où l'on trouvera entre autres L'Indésirable Désiré de Mitteï, Monsieur Tric (les aventures de) de De Moor, Les Frères Bross de Guilmard, ou Korrigan de Franz...), mais c'est le récit historique qui récolte un beau succès auprès des jeunes lecteurs, et qui s'intitulera parfois " Histoire Vraie " (titre générique pourtant peu original).
Pourquoi c'était si bien ? Tout simplement parce que ces récits étaient bien faits, traités sérieusement, pas fantaisistes, et surtout ils serviront aux nombreux dessinateurs à se faire la main sur le format court de 4 pages hebdomadaires, qui souvent bénéficiait de l'illustration de couverture du journal. Parmi ces dessinateurs, la plupart deviendront ensuite des grands noms de la BD franco-belge classique des années 60-70 et 80.
C'est pourquoi l'intérêt que je porte à cette série d'albums m'enchante, même si je n'ai pas pu tous les lire. Mais de toute façon, comme je raffolais de cette rubrique, j'ai lu beaucoup de ces récits directement dans le journal.
Retrouver Weinberg, Paape, Aidans, Hermann, Funcken ou Sidney dans cette collection me rappelle de beaux souvenirs, mais je déplore quand même le choix qui a été opéré, car il ignore des auteurs comme Vance (52 récits de 1962 à 1967), Reding (39 récits de 1952 à 1961), Craenhals (20 récits de 1953 à 1955), Graton (68 récits de 1956 à 1965) qui se spécialise plutôt dans le récit sportif, ou encore Torton (mon préféré avec 42 récits de 1962 à 1971) qui lui se pose en maître du récit historique, créneau pourtant bien occupé par le couple Funcken. J'aurais donc préféré voir ces auteurs plutôt que d'avoir 5 albums sur Attanasio ou 3 sur Weinberg... tandis que les Funcken qui détiennent le record avec pas moins de 225 récits de 1953 à 1969, obtiennent bien justement 4 albums ; ceux-là, c'était un vrai plaisir à lire, car leur passion de l'Histoire et leur précision étaient irréprochables à une époque où rappelons-le, la BD était encore pas toujours bien vue par les adultes qui surveillaient les lectures de leurs rejetons.
Cette série d'albums bien conçus qui permet donc de voir les débuts de certains dessinateurs pour qui cette rubrique historique était un véritable banc d'essai, a comme fil conducteur un scénariste qu'il faut saluer : Yves Duval, dont la prodigieuse carrière entamée au journal Tintin en 1952, a fait de lui le spécialiste des scénarios en tous genres. Surnommé "Monsieur Cent mille histoires", il a écrit plus de 1500 scénarios pour les " Histoires Vraies ", en plus des aventures avec héros de ses congénères du journal (Howard Flynn pour Vance, Rataplan pour Berck, Capitan et Doc Silver pour Funcken, Les Franval pour Aidans...). Sa production est telle qu'il est vain de recenser tous les sujets qu'il a pu écrire ; il signe aussi des nouvelles illustrées par les dessinateurs maison. Cette oeuvre impressionnante témoigne d'une imagination fertile, d'une doc très sérieuse, et d'une puissance de travail rare. Malgré ça, il reste méconnu du grand public.
Cette énorme collection d'albums même si elle semble fastidieuse à aborder (après tout, il suffit de privilégier les dessinateurs qu'on apprécie), permet non seulement de découvrir les travaux de grands dessinateurs parfois à leurs débuts et hors du contexte de leurs propres séries, mais c'est aussi une façon de rendre hommage à ce grand monsieur qu'est Yves Duval.
Franchement magnifique. Quel dessin! Pour de la maitrise c'est de la maitrise. Les animaux sont fabuleux, le décor se prête idéalement à de grandes lignes de fuites, le reste est du même tonneau, qu'il s'agisse de la couleur ou du cadrage. Après effectivement on pourrait reprocher un petit poil de lenteur dans le déroulé de l'histoire mais c'est juste pour pinailler.
Je ferais donc court pour redire que nous avons là une magnifique trilogie, jamais ennuyante et visuellement superbe. Quand c'est du tout bon, point n'est besoin de s'appesantir.
Le graphisme n'est pas mon préféré, mais bon disons qu'il a ce petit côté brouillon et dynamique qui correspond bien aux histoires.
Ceci dit: Vive TOM TOM et Nana, cette série a certainement contribué à inculquer le goût de la lecture à de nombreux enfants et déjà pour cela il faut lui tirer notre chapeau. De l'humour sympa, des scénarios inventifs qui ne peuvent que plaire aux enfants. Egalement il faut dire que cette série traverse bien le temps, elle est donc tout a fait appropriée. Noël approche!
Voilà de la BD vraiment très, très bonne.
Première raison, c'est qu'elle ne s'essouffle pas, je trouve que tout au long des plus de 40 albums les auteurs ont réussi à nous livrer de la qualité en sachant se renouveler.
Seconde raison, les personnages, ce pitoyable Léonard, le génial disciple, le chat Raoul, la servante Mathurine, la petite souris, bref tous possèdent une sacrée personnalité et leurs interactions sont toujours drôlissimes. Les gags font mouche, il y a parfois une mise en abime avec le chat qui renforce le propos. Du tout bon donc que l'on peut relire à l'envi en piochant de ci de là, ces albums se déclinant en histoires courtes d'une ou deux ou trois pages.
A conseiller, il faut au moins posséder quelques albums.
Dans un état totalitaire imaginaire mais très semblable au Japon, le gouvernement dans le cadre d’une loi dite « de prospérité nationale » condamne à mort un jeune sur mille. Le choix des sacrifiés est complètement arbitraire. En effet, chaque enfant, durant une grande campagne de vaccination, a une chance sur mille de recevoir en même temps que son vaccin une capsule mortelle qui tuera inévitablement son porteur entre ses 18 et 24 ans. Cette loi, pilier de cette société « nipponne », est sensée améliorée la productivité du pays en permettant aux citoyens d’estimer au mieux la valeur de la vie.
Le personnage principal est un type assez ordinaire et peu politisé. Petit fonctionnaire, sa mission consiste à donner le fameux Ikigami. Ce « préavis de mort », symbole du système, signifie qu’il ne reste au condamné que 24 heures à vivre. Un peu apathique au début de la série, le héros, au fur et à mesure de ses livraisons (et donc de la mort de tant de jeunes gens pour « la patrie »), va développer tout un cheminement intellectuel sur cette loi, ses conséquences et les drames humains qu’elle occasionne, jusqu’à prendre parti. En filigrane, il faut y voir les réflexions de l’auteur, Motorô Mase, sur une société japonaise (réelle cette fois) qui valorise tant le sacrifice individuel. En créant un monde dystopique où le sacrifice est institutionnalisé et géré de façon industriel par l’état, l’auteur oblige ses lecteurs japonais à y réfléchir. De ce point de vue, Ikigami est une série plus profonde qu’elle n’en a l’air au premier abord.
Le cadre de ce Japon alternatif est très réaliste et particulièrement crédible et effrayant. Bien qu’omniprésentes, les émanations de cet état totalitaire (propagande, police secrète, délations « citoyennes ») sont assez discrètes, ce qui rend l’ambiance de la saga assez inquiétante.
Les dessins sont très soignés et leur côté froid accentue l’atmosphère angoissante.
Ikigami est une série parfaite, me direz-vous ?
Et bien non. L’auteur prend le parti de scinder chaque volume en deux parties où l’on suit invariablement la dernière journée de deux condamnés. Malheureusement, ces histoires, bien qu’agréables à lire sont assez inégales. De plus, ce parti-pris narratif est assez redondant. J’ai été plutôt frustré de voir l’auteur mettre trop souvent sa trame principale au second plan et de ne pas plus développer l’excellent univers d’Ikigami. Vraiment dommage !
Ikigami est malgré tout un très bon manga, original et intelligent, qui satisfera les amateurs de récit d’anticipation.
Voilà un album totalement déjanté qui m’a franchement plu !
Il est découpé en deux histoires : la première « Gilles la jungle contre Méchant-Man », la plus longue, a déjà été publiée en 1989, et se voit ici regroupée avec « Gilles la jungle contre les Vampires », dans une publication plutôt chouette de La Pastèque.
Les deux histoires sont très proches dans la manière de traiter les aventures totalement délirantes et parodiques de Gilles, vague pastiche imbécile et sûr de lui de Tarzan.
Ce sont des caricatures de roman-photo, avec aussi une influence « vieille BD ». Le dessin, tout en crayonnés, presque gribouillages pour le remplissage des corps, est assez réaliste pour le reste. C’est d’ailleurs l’une des rares choses un peu réalistes ici ! En tout cas j’ai trouvé l’aspect graphique en parfaite harmonie avec l’ensemble délirant et survitaminé de l’album.
L’action est commentée en voix off au-dessus des cases, de manière tout à fait absurde, voire débile, ceci étant accentué par le fait que les dialogues, eux-aussi généralement complètement crétins, sont souvent lourds et redondants par rapport aux commentaires.
C’est parfois un humour à la Monthy Python, voire proche des Nuls. En tout cas les amateurs d’humour con et absurde peuvent trouver là de quoi entretenir leurs zygomatiques. J’ai vraiment beaucoup aimé que Claude Cloutier assume jusqu’au bout son parti pris absurde. Bien sûr, mille pages de cette folie douce auraient été dures à ingurgiter, mais ces deux histoires fournissent un bon moment de connerie, sans risque de surdose.
Un défouloir de potache à découvrir !
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Petit Verglas
Cette série vaut vraiment la peine d'être découverte; elle est composée d'une très "belle" (surtout très triste) histoire et de personnages intéressants et attachants. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de ces trois albums que j'ai d'ailleurs lu d'une traite. Le destin de cette petite fille surnommée affectueusement "Petit verglas" par François, un fils de paysan, n'est pas des plus communs et sa vie (si on peut appeler cela ainsi) aura été difficile. Orpheline, recueillie puis enfermée par un professeur-médecin cruel désirant mener sur elle une aberrante expérience "éducative", on devine que l'issue ne pourra être que tragique. Corbeyran signe un scénario original et prenant soutenu par un graphisme agréable et collant parfaitement au récit.
La Revanche de Bane
"La revanche de Bane", c'est le comics à posséder pour tout (ou presque) savoir sur l'un des vilains les plus célèbres de l'univers Batman: le dénommé Bane. Cet album est divisé en deux parties: la première histoire est consacrée aux origines de Bane, sa naissance et sa jeunesse passée en prison, condamné à payer pour les crimes d'un père qu'il n'a jamais connu, sa métamorphose physique et musculaire par la pratique intensive de la gymnastique en prison, l'expérience militaire pratiquée sur lui, son évasion et son désir de rejoindre Gotham pour affronter le Dark Knight,... Contrairement à ce que l'on pourrait croire, j'ai trouvé que le personnage de Bane est loin d'être qu'une brute sans cervelle ne rêvant que de gloire. On se rend compte aussi qu'il est très cultivé (Bane est un passionné de lecture en prison et a soif de savoir et de connaissance), intelligent et si il est devenu ce qu'il est, c'est quelque part en partie à cause de ce monde barbare dans lequel il est né et un destin qui ne lui a jamais fait de cadeau. La deuxième histoire est aussi intéressante mais, pour ma part, un peu moins prenante que la précédente. Bane part sur les traces de ce père inconnu et va faire par la même occasion la rencontre de Ra's al Ghul et de sa fille Talia qui projètent de lancer une attaque bactériologique sur la ville de Gotham. Les dessins de Nolan sont très bons, accompagnés de couleurs vives qui sied bien à l'ensemble de l'oeuvre. Cet album sert également de prologue intéressant à la série parallèle "Batman Knightfall"dont le premier tome La Chute verra la conclusion épique de la lutte opposant Bane et notre héros Batman. Un comics d'assez bonne facture. 3,5/5
Manhattan Beach 1957
J'aime beaucoup ce "Manhattan Beach 1957" du duo Hermann père et fils. Un excellent thriller sur pages. Les ingrédients principaux y sont réunis: - l'Amérique et son désert californien, ses canyons, un flic muré dans son silence et ses souvenirs de l'été 1957 avec cette femme complexe Daisy, le spectre d'Elvis Presley rôdant autour de notre "héros" et qui donne ce côté mystique à l'album, des meurtres, un tueur en série dont on sait pas grand chose, une atmosphère noire digne des meilleurs films des frères Coen et surtout Manhattan Beach, une très jolie station balnéaire qui existe réellement sur la côte ouest des Etats-Unis. Hermann, fidèle à lui-même, réalise de magnifiques planches en couleurs directs soutenu par un bon scénario de son fils. Le seul petit regret que j'aurai à formuler concernerait le personnage du fils de Daisy, on ne sait pas grand chose à son sujet. A part cela, ça reste vraiment tout bon.
La Vie compliquée de Léa Olivier
A l'instar de L'Incroyable Histoire de Benoît-Olivier, cette série est l'adaptation d'une série de romans publiés au Québec, un patrimoine encore peu exploité en France. Mieux, il s'agit d'une véritable "Bible" pour les adolescentes entre 9 et 15 ans. Et Didier Alcante signe donc cette adaptation, avec pour commencer le départ de la provinciale Léa pour Montréal, loin de ses amis d'enfance et surtout de son petit copain... Tout comme dans la série précédemment citée, ce qui frappe à la lecture de cet album c'est sa vraisemblance. Les adolescents sont traités avec justesse, sans bienveillance excessive ou moquerie facile. Léa a 14 ans, ce n'est pas une adulte mais elle ne joue plus à la poupée. Elle essaie de garder une place dans son coeur pour son petit ami, mais l'adage dit bien "loin des yeux, loin du coeur"... Face à elle, plusieurs personnages assez nuancés, si on écarte la peste de service. Qui j'imagine changera de posture par la suite. Le tout est réalisé dans une ligne claire très nette par Ludo Borecki, dont le trait se rapproche un peu de ce que faisait Jean-Marc Krings pour Violine, surtout pour les visages. C'est propre, carré, avec de chouettes couleurs de Johan Pilet. J'espère revoir rapidement Léa.
Les Meilleurs Récits de...
Tout d'abord, je remercie Gaston d'avoir posté cette série, c'est un gros morceau que je n'avais pas trop envie de poster moi-même. Sinon, l'entreprise qui apparaît colossale pourra peut-être décourager certains lecteurs, surtout des plus jeunes, parce qu'elle a surtout pour but de satisfaire un lectorat de nostalgiques du journal Tintin. Il vaut mieux l'emprunter en bibliothèque, l'achat se révélant quand même onéreux... à moins de choisir ses préférés, c'est à voir. A l'image du journal Spirou qui avait ses fameux récits de l'Oncle Paul, il était tout à fait légitime que Tintin ait les siens en matière d'Histoire. Le premier de ces récits apparaît dans le journal en 1952, et dès l'année suivante, la rubrique va devenir régulière chaque semaine. En 1963, elle devient une spécialité et même une véritable institution du journal qui va s'étendre à 3 récits par semaine : un récit d'actualité contemporaine, un récit humoristique (où l'on trouvera entre autres L'Indésirable Désiré de Mitteï, Monsieur Tric (les aventures de) de De Moor, Les Frères Bross de Guilmard, ou Korrigan de Franz...), mais c'est le récit historique qui récolte un beau succès auprès des jeunes lecteurs, et qui s'intitulera parfois " Histoire Vraie " (titre générique pourtant peu original). Pourquoi c'était si bien ? Tout simplement parce que ces récits étaient bien faits, traités sérieusement, pas fantaisistes, et surtout ils serviront aux nombreux dessinateurs à se faire la main sur le format court de 4 pages hebdomadaires, qui souvent bénéficiait de l'illustration de couverture du journal. Parmi ces dessinateurs, la plupart deviendront ensuite des grands noms de la BD franco-belge classique des années 60-70 et 80. C'est pourquoi l'intérêt que je porte à cette série d'albums m'enchante, même si je n'ai pas pu tous les lire. Mais de toute façon, comme je raffolais de cette rubrique, j'ai lu beaucoup de ces récits directement dans le journal. Retrouver Weinberg, Paape, Aidans, Hermann, Funcken ou Sidney dans cette collection me rappelle de beaux souvenirs, mais je déplore quand même le choix qui a été opéré, car il ignore des auteurs comme Vance (52 récits de 1962 à 1967), Reding (39 récits de 1952 à 1961), Craenhals (20 récits de 1953 à 1955), Graton (68 récits de 1956 à 1965) qui se spécialise plutôt dans le récit sportif, ou encore Torton (mon préféré avec 42 récits de 1962 à 1971) qui lui se pose en maître du récit historique, créneau pourtant bien occupé par le couple Funcken. J'aurais donc préféré voir ces auteurs plutôt que d'avoir 5 albums sur Attanasio ou 3 sur Weinberg... tandis que les Funcken qui détiennent le record avec pas moins de 225 récits de 1953 à 1969, obtiennent bien justement 4 albums ; ceux-là, c'était un vrai plaisir à lire, car leur passion de l'Histoire et leur précision étaient irréprochables à une époque où rappelons-le, la BD était encore pas toujours bien vue par les adultes qui surveillaient les lectures de leurs rejetons. Cette série d'albums bien conçus qui permet donc de voir les débuts de certains dessinateurs pour qui cette rubrique historique était un véritable banc d'essai, a comme fil conducteur un scénariste qu'il faut saluer : Yves Duval, dont la prodigieuse carrière entamée au journal Tintin en 1952, a fait de lui le spécialiste des scénarios en tous genres. Surnommé "Monsieur Cent mille histoires", il a écrit plus de 1500 scénarios pour les " Histoires Vraies ", en plus des aventures avec héros de ses congénères du journal (Howard Flynn pour Vance, Rataplan pour Berck, Capitan et Doc Silver pour Funcken, Les Franval pour Aidans...). Sa production est telle qu'il est vain de recenser tous les sujets qu'il a pu écrire ; il signe aussi des nouvelles illustrées par les dessinateurs maison. Cette oeuvre impressionnante témoigne d'une imagination fertile, d'une doc très sérieuse, et d'une puissance de travail rare. Malgré ça, il reste méconnu du grand public. Cette énorme collection d'albums même si elle semble fastidieuse à aborder (après tout, il suffit de privilégier les dessinateurs qu'on apprécie), permet non seulement de découvrir les travaux de grands dessinateurs parfois à leurs débuts et hors du contexte de leurs propres séries, mais c'est aussi une façon de rendre hommage à ce grand monsieur qu'est Yves Duval.
Zoo
Franchement magnifique. Quel dessin! Pour de la maitrise c'est de la maitrise. Les animaux sont fabuleux, le décor se prête idéalement à de grandes lignes de fuites, le reste est du même tonneau, qu'il s'agisse de la couleur ou du cadrage. Après effectivement on pourrait reprocher un petit poil de lenteur dans le déroulé de l'histoire mais c'est juste pour pinailler. Je ferais donc court pour redire que nous avons là une magnifique trilogie, jamais ennuyante et visuellement superbe. Quand c'est du tout bon, point n'est besoin de s'appesantir.
Tom-Tom et Nana
Le graphisme n'est pas mon préféré, mais bon disons qu'il a ce petit côté brouillon et dynamique qui correspond bien aux histoires. Ceci dit: Vive TOM TOM et Nana, cette série a certainement contribué à inculquer le goût de la lecture à de nombreux enfants et déjà pour cela il faut lui tirer notre chapeau. De l'humour sympa, des scénarios inventifs qui ne peuvent que plaire aux enfants. Egalement il faut dire que cette série traverse bien le temps, elle est donc tout a fait appropriée. Noël approche!
Léonard
Voilà de la BD vraiment très, très bonne. Première raison, c'est qu'elle ne s'essouffle pas, je trouve que tout au long des plus de 40 albums les auteurs ont réussi à nous livrer de la qualité en sachant se renouveler. Seconde raison, les personnages, ce pitoyable Léonard, le génial disciple, le chat Raoul, la servante Mathurine, la petite souris, bref tous possèdent une sacrée personnalité et leurs interactions sont toujours drôlissimes. Les gags font mouche, il y a parfois une mise en abime avec le chat qui renforce le propos. Du tout bon donc que l'on peut relire à l'envi en piochant de ci de là, ces albums se déclinant en histoires courtes d'une ou deux ou trois pages. A conseiller, il faut au moins posséder quelques albums.
Ikigami - Préavis de mort
Dans un état totalitaire imaginaire mais très semblable au Japon, le gouvernement dans le cadre d’une loi dite « de prospérité nationale » condamne à mort un jeune sur mille. Le choix des sacrifiés est complètement arbitraire. En effet, chaque enfant, durant une grande campagne de vaccination, a une chance sur mille de recevoir en même temps que son vaccin une capsule mortelle qui tuera inévitablement son porteur entre ses 18 et 24 ans. Cette loi, pilier de cette société « nipponne », est sensée améliorée la productivité du pays en permettant aux citoyens d’estimer au mieux la valeur de la vie. Le personnage principal est un type assez ordinaire et peu politisé. Petit fonctionnaire, sa mission consiste à donner le fameux Ikigami. Ce « préavis de mort », symbole du système, signifie qu’il ne reste au condamné que 24 heures à vivre. Un peu apathique au début de la série, le héros, au fur et à mesure de ses livraisons (et donc de la mort de tant de jeunes gens pour « la patrie »), va développer tout un cheminement intellectuel sur cette loi, ses conséquences et les drames humains qu’elle occasionne, jusqu’à prendre parti. En filigrane, il faut y voir les réflexions de l’auteur, Motorô Mase, sur une société japonaise (réelle cette fois) qui valorise tant le sacrifice individuel. En créant un monde dystopique où le sacrifice est institutionnalisé et géré de façon industriel par l’état, l’auteur oblige ses lecteurs japonais à y réfléchir. De ce point de vue, Ikigami est une série plus profonde qu’elle n’en a l’air au premier abord. Le cadre de ce Japon alternatif est très réaliste et particulièrement crédible et effrayant. Bien qu’omniprésentes, les émanations de cet état totalitaire (propagande, police secrète, délations « citoyennes ») sont assez discrètes, ce qui rend l’ambiance de la saga assez inquiétante. Les dessins sont très soignés et leur côté froid accentue l’atmosphère angoissante. Ikigami est une série parfaite, me direz-vous ? Et bien non. L’auteur prend le parti de scinder chaque volume en deux parties où l’on suit invariablement la dernière journée de deux condamnés. Malheureusement, ces histoires, bien qu’agréables à lire sont assez inégales. De plus, ce parti-pris narratif est assez redondant. J’ai été plutôt frustré de voir l’auteur mettre trop souvent sa trame principale au second plan et de ne pas plus développer l’excellent univers d’Ikigami. Vraiment dommage ! Ikigami est malgré tout un très bon manga, original et intelligent, qui satisfera les amateurs de récit d’anticipation.
Gilles la jungle
Voilà un album totalement déjanté qui m’a franchement plu ! Il est découpé en deux histoires : la première « Gilles la jungle contre Méchant-Man », la plus longue, a déjà été publiée en 1989, et se voit ici regroupée avec « Gilles la jungle contre les Vampires », dans une publication plutôt chouette de La Pastèque. Les deux histoires sont très proches dans la manière de traiter les aventures totalement délirantes et parodiques de Gilles, vague pastiche imbécile et sûr de lui de Tarzan. Ce sont des caricatures de roman-photo, avec aussi une influence « vieille BD ». Le dessin, tout en crayonnés, presque gribouillages pour le remplissage des corps, est assez réaliste pour le reste. C’est d’ailleurs l’une des rares choses un peu réalistes ici ! En tout cas j’ai trouvé l’aspect graphique en parfaite harmonie avec l’ensemble délirant et survitaminé de l’album. L’action est commentée en voix off au-dessus des cases, de manière tout à fait absurde, voire débile, ceci étant accentué par le fait que les dialogues, eux-aussi généralement complètement crétins, sont souvent lourds et redondants par rapport aux commentaires. C’est parfois un humour à la Monthy Python, voire proche des Nuls. En tout cas les amateurs d’humour con et absurde peuvent trouver là de quoi entretenir leurs zygomatiques. J’ai vraiment beaucoup aimé que Claude Cloutier assume jusqu’au bout son parti pris absurde. Bien sûr, mille pages de cette folie douce auraient été dures à ingurgiter, mais ces deux histoires fournissent un bon moment de connerie, sans risque de surdose. Un défouloir de potache à découvrir !