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Manhattan Beach 1957

Note: 3.3/5
(3.3/5 pour 23 avis)

Des personnages troublants. L’atmosphère envoûtante des indémodables classiques du cinéma «noir» américain. Une splendide mise en images réalisée en couleurs directes.


Elvis Presley Road movie Une histoire de famille [USA] - Côte Ouest [USA] - Les déserts Nord-Américains

1976, John Reed, la petite quarantaine, s’ennuie dans son patelin perdu au fin fond du Missouri. Son boulot de flic ne le passionne guère. Il faut dire qu’il ne s’y passe pas grand’chose. Jusqu’au jour où une jeune fille est retrouvée assassinée dans une forêt voisine... Mais John, tout en faisant son boulot avec sérieux, vit enfermé dans ses souvenirs de l’été 1957 où il croisa le destin de Daisy dont il tomba amoureux. Elle rêvait de rejoindre Manhattan Beach, station balnéaire de la banlieue de Los Angeles où vivaient ses parents, lui, de tenter sa chance à Las Vegas où il pourrait faire sa vie et rencontrer son idole, Elvis Presley. Ils firent ainsi un bout de route ensemble. Mais en faisant la connaissance de Daisy, il mit aussi à jour le drame qu’elle vivait et qui allait se transformer en tragédie devant ses yeux. Il ne pourrait plus jamais l’oublier. Sa vie, comme celle de Daisy, s’est arrêtée cet été-là... Mais les événements qui surviennent en cet automne 1976 vont-ils lui permettre de sortir de sa prison psychologique ?

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2002
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Manhattan Beach 1957

13/09/2002 | Pifou
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Par Yann135
Note: 4/5
L'avatar du posteur Yann135

Avec la lecture de cet album, je pense que j’aurais tout lu Hermann. Presque une centaine d’albums à son actif et je suis toujours ébloui par le talent du sanglier des Ardennes. Ce one-shot est particulièrement intéressant. Nous voilà embarqué dans un road-movie se déroulant dans les années 50 entre le Missouri et la Californie avec en sourdine la musique du King. John Haig, un flic désabusé persiste à vivre dans le passé en s’accrochant à une rencontre fortuite survenue une vingtaine d’années plus tôt. Le présent et le passé s’entremêlent. Les planches soulignent les époques en jouant sur la lumière éclatante et les nuances de gris. Visuellement ce chassé-croisé est magnifique. L’atmosphère mélancolique voulue par les auteurs est merveilleusement bien restituée. Pour ne pas gâcher votre plaisir, le récit est rythmé et bien cadencé entre les périodes lentes et les cycles violents. L’intrigue tient la route et vous tiendra surtout en haleine pour que vous ne lâchiez pas l’album avant de découvrir une fin dramatique bien sûr. Un récit poignant et palpitant. Un graphisme de rêve et envoûtant. Hermann est assurément un génie. Tous les ingrédients pour un album réussi sont bien là. Le duo père fils a encore frappé un grand coup.

13/03/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

C’est l’une des premières collaborations entre Hermann et son fils, qui se charge depuis le plus souvent des scénarios du père. Si l’on fait abstraction des visages féminins (défaut récurrent chez lui, mais ici, après tout pas trop gênant, et ils sont même le plus souvent réussis, comme quoi…), le dessin d’Hermann est toujours aussi beau. Des décors très bien rendus (Amérique profonde des années 1950 et des années 1970), que ce soit pour les décors urbains ou les grands espaces, des ambiances bien calées, et une colorisation elle aussi réussie – il en joue aussi pour situer dans le temps les différents flash-backs : l’emballage est vraiment des plus accrocheurs. Reste le scénario du fils, qui m’a souvent déçu. Eh bien celui-ci me réconcilie presque avec Yves H., car ça se laisse lire agréablement, il y a bien là une histoire qui tient la route, même si c’est parfois un peu tarabiscoté. On aurait presque pu développer encore plus l’intrigue, mais bon. Les passages avec Elvis sont par contre à la fois trop longs et nombreux, d’autant plus que je trouve qu’ils n’apportent pas grand-chose à l’intrigue. Pour le reste, on a là un polar noir, qui se développe sur un rythme lent, avec des passages introspectifs, souvent liés aux flash-backs, qui peuvent rebuter les amateurs d’actions pure. Mais dans l’ensemble, c’est quand même un album réussi.

01/11/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Une histoire pas mal et c'est peut-être le meilleur scénario d'Yves H. Le récit est plutôt psychologique et on n'a pas droit aux scènes spectaculaire qu'affectionne le fils d'Hermann et qui souvent cachent un scénario peu profond. Ici c'est un peu plus original et recherché que la plupart des histoires de ce scénariste. La narration entre le passé et le présent est très bien maîtrisée et je ne fus pas du tout confus durant ma lecture. Le dessin d'Hermann est pas mal et j'aime bien comment il utilise les couleurs pour montrer la différence entre le passé et le présent. Ce n'est pas bien au point où ça m'a marqué et que ça m'a semblé être une lecture indispensable, mais c'est à lire si on aime Hermann et si on n'est pas allergique aux histoires dont le rythme est un peu lent durant plusieurs pages.

18/02/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Une jolie chronique psychologique dans l'Amérique profonde qui s'articule autour de 2 personnages, mais plus axée sur celui de John Reed. Le ton est un peu amer et désenchanté, très empreint de mélancolie, de nostalgie des années 50, avec une imagerie développée par Hermann très évocatrice sur l'Amérique de cette époque vue à travers de nombreux films ; les incursions d'Elvis avec "Love me tender" sont parfois un peu gratuites, mais pas dérangeantes, elles soulignent les états d'âme du héros qui se parle à lui-même. Les aller-retours entre flashbacks sur le passé de 1957 et la réalité de 1976 sont bien calibrés ; parfois ce procédé quand il est utilisé à outrance, peut nuire à la narration, mais pas ici où tout est mesuré et se révèle beaucoup plus complexe que ça en a l'air, car à vue de nez, ce scénario peut sembler léger, alors qu'il est intimiste, avec une atmosphère très particulière basée sur l'intensité émotionnelle et la poésie mélancolique, le tout sur fond de polar plutôt classique. Le dessin a vraiment belle allure et correspond bien au sujet ; le travail est fin, posé, précis, aux très jolis contours, malgré quelques erreurs de proportions sur des voitures. Le noir et blanc pour les scènes rétro alterne avec la couleur pour le présent, ça permet au lecteur de passer d'une époque à l'autre sans confusion. Le Grand Canyon vu par Hermann, c'est quand même quelque chose ! Un chouette récit qui s'il était adapté en film, pourrait s'étirer un peu pour imprimer une certaine lenteur travaillée afin d'y immerger le spectateur, le sujet s'y prête. Ici, le lecteur n'a pas trop le temps de rentrer bien au fond du récit, Hermann et son fils devant boucler le tout en 52 pages..

22/05/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Je dirais même plus Fabuleux! Il se dégage de cette histoire une ambiance, une poésie un sentiment de nostalgie qui tous m’ont littéralement embarqué. L'histoire oscille entre 1957 et 1976 ou à ces années d'intervalle un flic enquête sur des disparitions mystérieuses. Lentement mais surement le scénario nous emmène dans ces deux époques ou nous suivons des personnages bien plus complexes qu'ils n'y paraît, hantés par le passé. Le scénario est très habilement construit faisant des aller retours entre réalité subjective et passé revisité. Sur le coup le fils Hermann nous fait dans le grand art. Et le père donc, hormis le dessin sur lequel je n'ai rien à dire sauf à le louer encore une fois, il y a ici une utilisation des couleurs qui confèrent à l'ensemble tout son côté "ancien" qui joue parfaitement avec les époques qui sont évoquées. Juste un détail, mais j'ai en mémoire quelques planches qui présentent une scène de crime dans un sous bois, là Hermann nous montre l'horreur d'un corps abandonné par le bourreau, images dures mais contrebalancées par l'aspect calme, reposant, champêtre du reste de la scène. Magnifique juxtaposition de deux éléments qui n'auraient à priori rien à faire l'un à côté de l'autre. Impeccable donc et chaudement recommandable.

08/05/2015 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5
L'avatar du posteur DamBDfan

J'aime beaucoup ce "Manhattan Beach 1957" du duo Hermann père et fils. Un excellent thriller sur pages. Les ingrédients principaux y sont réunis: - l'Amérique et son désert californien, ses canyons, un flic muré dans son silence et ses souvenirs de l'été 1957 avec cette femme complexe Daisy, le spectre d'Elvis Presley rôdant autour de notre "héros" et qui donne ce côté mystique à l'album, des meurtres, un tueur en série dont on sait pas grand chose, une atmosphère noire digne des meilleurs films des frères Coen et surtout Manhattan Beach, une très jolie station balnéaire qui existe réellement sur la côte ouest des Etats-Unis. Hermann, fidèle à lui-même, réalise de magnifiques planches en couleurs directs soutenu par un bon scénario de son fils. Le seul petit regret que j'aurai à formuler concernerait le personnage du fils de Daisy, on ne sait pas grand chose à son sujet. A part cela, ça reste vraiment tout bon.

29/11/2014 (modifier)

Voilà maintenant près de 7 ans que l’album est paru, que peut-on en dire aujourd’hui ? Les dessins sont sublimes, à comparer aux productions actuelles, que de nuances, que de poésie. L’album se découpe en parties en noir et nuances de gris d’autres en couleur, parfois certaines partie d’images sont en dégradés mono chromiques tandis que d’autres en polychromie. L’ensemble est très travaillé, très exigeant. Les cadrages sont absolument parfaits et une adaptation filmée n’aurait aucun problème à se baser sur les prises de vues pour faire une histoire vivante et dynamique. On peut tout de même reprocher une similitude à Hermann par rapport à d’autres visages dans d’autres créations. Le scénario écrit par son fils est très prenant, c’est un policier avec nombre flash back racontant l’histoire de personnages complexes. De nombreux avis précédents résument l’album à des flash back en noir et blanc et un présent en couleur, je crains qu’ils n’aient lu l’album en diagonale car ce n’est pas aussi simple et au cours du récit cette tendance des premières pages s’inverse et on est plutôt ensuite dans la dualité réalité pensée / réalité vécue. Car les personnages ne sont pas lisses et très complexes, pour preuve on ne saura jamais vraiment si la poursuite du passé est faite avec une folle ou si c’est son pseudo bourreau qui est un criminel. On ne saura jamais vraiment la vérité car tout est relatif, voila qui est si bien exprimé dans cet album : la relativité des relations humines, le sentiment de gâchis qui peut pointer devant certains choix. Si l’enquête est effectivement résolue (tragiquement) on se rend bien compte que là n’était pas le sujet principal. De nombreuses scènes mettant Elvis en situation à côté du flic peuvent paraitre lourdes, je les trouve au contraire poétiques tant elles alternent et viennent agrémenter la réflexion interne de cet homme abattu. Au final certains verront dans cet album aux belles couleurs pastel du kitch policier vu et revu, pour ma part j’y trouve un scénario complexe et poétique sur la vie d’un homme qui exerce une profession de policier. Il vit dans un passé lointain et subjectif en oubliant le présent et ses opportunités. Le dessin met brillamment en relief le hiatus rêve/réalité et ne se résume pas du tout au basique présent/passé comme j’ai pu lire ici. Une très belle œuvre à posséder tant on la relit avec plaisir.

04/05/2009 (modifier)
Par tolllo
Note: 3/5

Peut être le meilleur scénario de Yves H. (en attendant de lire Le Diable des sept mers). Enfin, en tout cas le premier dans lequel j’ai réussi à rentrer sans trop de difficulté. Une enquête policière classique, plausible, pas complètement inintéressante, c'est déjà pas mal. Le personnage central m’est apparu attachant, attrayant et sympathique c’est une première pour moi pour une production scénaristique du fils. Le dessin d’Hermann est comme d’habitude très bon, c’est d’ailleurs comme d’habitude la raison qui ma décidé à acheter cette BD à l’époque. Le choix des couleurs est toujours bien choisi et participe au dynamisme de l’histoire. Pas excellent mais sympathique, à réserver, je pense, à ceux qui aiment le travail d’Hermann. Scénario (coefficient 2) : 11/20 Dessin : 14/20 Univers, atmosphère : 14/20 Développements et psychologie des personnages : 11/20 (12.2/20)

08/10/2008 (modifier)

Manhattan Beach 1957 est basée sur une histoire d'un classicisme éprouvé, mais la qualité des dessins et la sensibilité omniprésente de ce one shot en font une oeuvre tout à fait correcte. La colorisation remarquable et la poésie des dessins de Hermann participent à transcrire une tristesse émouvante qui entoure nos deux personnages au destin brisé. Cette bande dessinée réussit à nous faire partager la sensibilité de cette histoire d'amour tragique. Cette histoire n'a certes, au fond, rien d'exceptionnelle ni d'originale et ne sort pas du lot des nombreux BD convenables que l'on peut trouver dans ce style (d'où le "non" dans achat conseillé). Mais ce récit intime et triste touchera sûrement les lecteurs intéressés. Un bon moment de lecture.

19/03/2008 (MAJ le 19/03/2008) (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Les 20 premières pages sont longues et l'action tarde à venir. J'étais un peu agacé entre ces plongeons incessants dans le passé et ces retours sur l'action présente située en 1976. Avec en plus l'apparition d'Elvis Presley à tout bout de champ, il y avait de quoi s'énerver tant cela faisait cliché. Je ne sais pas ce qu'il s'est produit mais j'ai aimé cette histoire car elle tend à démontrer qu'avec le pouvoir de suggestion, on peut tout faire avaler à un homme amoureux ou un fils en perdition. La subjectivité est ainsi le point d'orgue de cette histoire. J'ai également apprécié la fin de cette histoire triste où le héros n'a pas aimé la femme qu'il fallait. Le dessin est tout simplement magnifique notamment les paysages du Grand Canyon. Je reproche seulement à Herrman de dessiner toujours les mêmes visages d'une bd à l'autre.

27/09/2007 (MAJ le 04/03/2008) (modifier)