Les derniers avis (32018 avis)

Couverture de la série Gilles la jungle
Gilles la jungle

Voilà un album totalement déjanté qui m’a franchement plu ! Il est découpé en deux histoires : la première « Gilles la jungle contre Méchant-Man », la plus longue, a déjà été publiée en 1989, et se voit ici regroupée avec « Gilles la jungle contre les Vampires », dans une publication plutôt chouette de La Pastèque. Les deux histoires sont très proches dans la manière de traiter les aventures totalement délirantes et parodiques de Gilles, vague pastiche imbécile et sûr de lui de Tarzan. Ce sont des caricatures de roman-photo, avec aussi une influence « vieille BD ». Le dessin, tout en crayonnés, presque gribouillages pour le remplissage des corps, est assez réaliste pour le reste. C’est d’ailleurs l’une des rares choses un peu réalistes ici ! En tout cas j’ai trouvé l’aspect graphique en parfaite harmonie avec l’ensemble délirant et survitaminé de l’album. L’action est commentée en voix off au-dessus des cases, de manière tout à fait absurde, voire débile, ceci étant accentué par le fait que les dialogues, eux-aussi généralement complètement crétins, sont souvent lourds et redondants par rapport aux commentaires. C’est parfois un humour à la Monthy Python, voire proche des Nuls. En tout cas les amateurs d’humour con et absurde peuvent trouver là de quoi entretenir leurs zygomatiques. J’ai vraiment beaucoup aimé que Claude Cloutier assume jusqu’au bout son parti pris absurde. Bien sûr, mille pages de cette folie douce auraient été dures à ingurgiter, mais ces deux histoires fournissent un bon moment de connerie, sans risque de surdose. Un défouloir de potache à découvrir !

28/11/2014 (modifier)
Par yOyO
Note: 4/5
Couverture de la série Soda
Soda

Une série très intéressante que ces albums de Soda. Tome excelle dans l'art des dialogues et des répliques cinglantes. Cette série fait partie des meilleures séries de Dupuis, pas trop enfantine, ni complètement adulte. Alors certes il y a des clichés, certes le scénariste nous affuble des efforts du héros qui cache la vérité à se mère, certes on décrit toujours les mêmes aspects de NewYork ... mais à chaque épisode, on passe un bon moment, ça se prend pas la tête, ça n'a pas l'intention de laisser le lecteur sur sa faim. Preuve que le scénario est vraiment bien fait, malgré des albums de différents niveaux. Coté dessin, Gazzotti reprend après Warnant et emmène la série au sommet de sa qualité graphique au fil des albums. Un dessin semi réaliste, dans le plus pur style franco-belge, qui remet la série vers sa cible : le grand public. Dan reprend le flambeau après plusieurs années d'absence avec la qualité et la rigueur des séries Dupuis. Rien à dire là dessus, il est de la bonne école. Un bon album où les auteurs ont mis le paquet pour montrer que la série ne s'est jamais arrêtée.

28/11/2014 (modifier)
Par Telenk0
Note: 4/5
Couverture de la série La Passion de Dodin-Bouffant
La Passion de Dodin-Bouffant

Après Shrimp qui a été abandonné pour cause de mauvaise vente ( ce qui est dommage car c'était une série très réussie), Burniat se lance dans un one shot sur la bonne bouffe. J'ai beaucoup aimé : le mystère autour de Dodin-Bouffant qui ne réserve sa table qu'à des amis gastronomes triés sur le volet, le casting de la remplaçante de sa cuisinière et les trips qu'ils font à chaque fois qu'ils goûtent un plat (pour ceux qui connaissent, ça m'a rappelé le dessin animé le Petit Chef). C'est super agréable à lire et les dessins sont savoureux. J'espère qu'il obtiendra le succès qu'il mérite.

28/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Adrastée
Adrastée

Très jolie surprise. Une bd contemplative, ça ne court pas les rues ! Les personnages sont dessinées de manières étranges mais s'intègrent parfaitement dans ces décors somptueux, aux perspectives peut être trop justes qui leur donnent quelque chose d'un peu faux, de trop étiré. On a le sentiment que l'auteur est dans son univers, qu'il aime dessiner ce qu'il dessine, qu'il se fait plaisir que ça en est communicatif. Cette bd ne satisfaira pas je pense bien du monde tant le le scénario n'est qu'une longue promenade. Si vous aimez paresser en regardant ce héros immortel en promenade, dans un univers aux décors somptueux, étranges car aux perpectives peu être trop juste, peuplés de personnages aux design à la fois créatifs/classiques, alors cette bd est pour vous. Moi je vous la conseille vivement, j'ai adoré !

27/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Concrete
Concrete

Hop, je me lâches! lorsque dans les rayons de ma médiathèque préférée j'ai pris cette BD j'avais un peu peur de tomber sur un énième super héros, en béton, qui allait se mettre au service de l'Amérique et qui sans un poil de conscience irait dézinguer tous les méchants que la CIA lui aurait désigné. Alors pour moi justement ça sort du lot. Nous avons un gars ordinaire qui se retrouve un beau jour, ou son pire jour, transformé en un être bizaroïde avec des pouvoirs extraordinaires, mais ce n'est pas le propos. En effet, comment réagir face au monde, aux êtres que l'on aime, quand on a été transformé de manière irréversible Je peux comprendre que les puristes du genre soient déçus, mais ici c'est bien d'un homme ordinaire dont il s'agit et qui n'a pas choisit d'être comme il est. C'est la genèse d'une autre série d'aventure mais je trouve que pour un tome introductif il plante vraiment bien le décor et les personnages. D'autres ont explorés le concept, mais il est ici bien rendu. Rien à dire de particulier sur le dessin sinon qu'il est typique du comics, (pourquoi donc ces gars là ne dessinent-ils pas leurs planches de la même manière que leurs intro!). Je suis donc agréablement surpris et conquis par cet album, j'en conseille la lecture.

26/11/2014 (modifier)
Par Telenk0
Note: 4/5
Couverture de la série Deepwater prison
Deepwater prison

Encore une très bonne série réalisée par ce duo. L'ambiance des grands fonds est oppressante, on vit la vie carcérale de l'intérieur et le plan d'évasion prend forme peu à peu. Les personnalités des détenus sont bien travaillées et on apprécie les suivre. L'intrigue est très bien menée: différentes histoires se recoupent, comme souvent chez Bec. Encore une présence de monstres sous-marins, mais on en redemande. Le dessin et le cadrage cinématographique sont parfaits pour ce genre d'histoires. Les planches du début du tome 1 avec l'effondrement de la plate forme pétrolière sont magnifiques. J'attends le tome 3 avec impatience.

26/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Les Sentinelles
Les Sentinelles

" Ce qui ne te tue pas te rend plus fort". Voilà ce qu'aurait pu dire en souriant le sieur Nietzsche s'il avait pu lire "Les Sentinelles" de Xavier Dorison et Enrique Breccia. Métissage saugrenu entre la bande dessinée franco-belge et le comic américain, cette série constitue un produit unique en son genre, fascinante synthèse entre deux traditions, deux visions différentes du "neuvième art". Ici nous voilà propulsés au début du XXème siècle, Dorison allant à contre-courant d'une certaine tradition des comics US privilégiant la seconde guerre mondiale et les temps suivants. Dans ce climat tendu d'avant-guerre qui électrifie l'Europe, l'armée française teste lors de son intervention coloniale au Maroc sa toute dernière innovation, révolutionnaire : une Sentinelle, un soldat estropié à qui l'on a greffé des prothèses robotiques qui lui confère des capacités hors-normes sur le champ de bataille. Hélas, cette invention en apparence géniale a un inconvénient de taille : au bout d'un moment les batteries d'alimentation tombent à plat et le super-soldat s'effondre immédiatement après, dans l'incapacité de se mouvoir. Cependant, en France un ingénieur nommé Gabriel Feraud a lui aussi mit au point une innovation majeure et révolutionnaire : une pile au radium, véritable aubaine pour l'armée qui y voit la possibilité pour ses sentinelles d'obtenir une autonomie de mouvement pour une très longue durée. Malheureusement le jeune scientifique refuse catégoriquement toute exploitation militaire de son invention, malgré les promesses de versement d'argent conséquent... En 1914, la première guerre mondiale éclate et Féraud, mobilisé, subit de graves blessures qui oblige une amputation. L'armée lui propose alors un pacte : leguer au commandement militaire la pile au radium et devenir une sentinelle. Se faisant passer pour mort auprès de sa femme et de son fils, Gabriel Feraud devient alors Taillefer, le surhomme, étendard du génie technologique français et héros national d'un genre nouveau. Sur quatre tomes, chacun intitulé d'après une période précise de la guerre, Taillefer va donc silloner les champs de bataille et accomplir diverses missions pour le compte du haut-commandement, souvent capitales pour le sort de l'armée et du pays. Il va vite être rejoint par deux autres sentinelles, Djibouti, et Pégase, à qui l'on a greffé une fusée dorsale sur le dos. Avec eux il va former un trio de fantassins ultra-modernes, qui devront cependant affronter des adversaires redoutables d'un même genre qu'eux, que ce soit l'"Ubermensch" allemand (tome 3) ou le "Cimeterre" ottoman (tome 4). Sortant des sentiers battus, Dorison propose là un concept intriguant, une espèce d'Histoire uchronique et revisitée, ou des super-héros à la française apparaîtraient durant la première guerre mondiale. Le dessin de Breccia est lui très plaisant, épuré et un peu "old school ", agrémenté de couleurs vives. Au final je trouve excellente cette idée de fusion de bd US/Franco-Belge, une approche qui a déjà été tentée par d'autres (La Brigade Chimérique, Metropolis, Masqué). Cela a donné des resultats interéssants mais aucun du niveau de réussite des Sentinelles à mon humble avis. D'ailleurs certains ne s'y sont pas trompé car la série va prochainement être adapté au cinéma par un jeune réalisateur français, qui a comme moi sans doute décelé tout le potentiel visuel qu'elle peut offrir. Je recommande vivement de la lire, ça vaut vraiment le détour.

26/11/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Building Stories
Building Stories

Le nouvel « album » de Chris Ware devrait ravir les fans de Jimmy Corrigan et autre Acme bibliothèque Novelty. On y retrouve le même style d’histoire très « roman graphique » aux personnages attachants et un peu misérables. Par contre je mets « album » entre guillemets parce que Chris Ware a choisi d’innover sur la forme. L’histoire du personnage principal nous est contée par bribes, à différents moments de sa vie. Mais plutôt que de regrouper ces épisodes dans un recueil traditionnel, l’auteur a décidé « d’exploser » son histoire en une multitude de livrets de toute taille, allant du petit carnet au format journal (!). Le tout se retrouve dans un énorme coffret (42cm de haut, 30cm de large, 5cm d’épaisseur – voir photo dans la galerie). Alors bon, il est certes rigolo de « piocher » dans cette boite à trésor, et de pouvoir découvrir la vie de l’héroïne dans le désordre sans que la compréhension ne soit affectée. Mais on se retrouve surtout avec un coffret au prix exorbitant (70 euros, est-ce bien sérieux ?), et qui ne rentre dans aucune de mes étagères ! De même on retrouve les « tics » narratifs et graphiques propres à cet auteur. Les cases et les textes sont souvent petits et difficiles à déchiffrer. La narration des planches ne se fait pas toujours de gauche à droite, et de bas en haut. Non, il faut suivre des agencements pas toujours très clairs (parfois fléchés, parfois non). Bonjour le jeu de piste ! Il m’est souvent arrivé de lire les cases dans le mauvais sens. C’est quand même frustrant, pourquoi se borner à bousculer des codes narratifs établis et qui fonctionnent très bien ? Bon, j’avoue volontiers que ses planches ont un esthétisme indéniable, et sont souvent magnifiques. Malgré tout ça, je dois avouer que l’histoire elle-même m’a beaucoup touché et marqué. Chris Ware a décidément un talent fou pour mettre en place ses personnages. Difficile de ne pas s’attacher à l’héroïne, à moins d’être allergique au genre « roman graphique » et aux personnages un peu mous et misérables se postant trop de question sur la vie. Moi, j’adore ça, et je suis ressorti ravi de ma lecture. Par contre les deux livrets sur la vie des abeilles m’ont gonflé au plus haut point, et j’ai fini par les ignorer. Ils ne sont que vaguement reliés au reste de l’histoire, et inintéressants au possible. Avis aux amateurs - du genre et de l’auteur !

26/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Sang de la Sirène
Le Sang de la Sirène

Je connais Anatole Le Braz de réputation, mais étrangement, je n'ai jamais eu l'occasion de lire ses écrits, alors qu'il a abordé les chansons, légendes et contes d'une Bretagne populaire que pourtant j'apprécie beaucoup. Son influence littéraire a d'ailleurs été importante parce que sa relation à la Bretagne n'exclut pas une allégeance sincère à la France. Je dis ça pour ceux qui ne savent pas que la Bretagne, région très particulariste, a mis très longtemps à digérer son intégration au royaume de France en 1532. En tout cas, les descriptions de Le Braz sur une Bretagne rurale et secrète ont intéressé un public qui y voyait un reste d'exotisme bretonnant sur le sol de la métropole. Il y a un dialogue significatif en page 10 de cet album : "De quelle Bretagne êtes-vous donc, monsieur Le Braz ?". Effectivement, il y avait encore au début du 20ème siècle plusieurs Bretagne (Trégor, Penthièvre, Léon, Goëlo, Cornouaille, Retz...), et dans cette Bretagne compartimentée, les îles sont encore plus différentes des autres pays bretonnants, la mentalité des îliens s'est forgée au gré des rudes hivers venteux et des naufrages tragiques. Les Sénans et les Ouessantins surtout ont cette mentalité très spéciale, différente d'un Quimpérois, d'un Malouin ou d'un Vannetais. Et ici, les auteurs ont su parfaitement la retranscrire, avec une vraie atmosphère propre à Ouessant, c'est le souffle d'une Bretagne très authentique et attachée à des traditions séculaires, comme on en voit dans cette Bd, avec notamment les proëlla (les croix de cire) et tout ce qui se rattache aux cérémonies des défunts. Je ne connais pas encore Ouessant, et je rêve d'y aller, mais on dit que c'est une île fascinante ; je crois que les auteurs ont très bien cerné l'environnement, avec un dessin bien adapté, qui laisse voir de beaux paysages sauvages, mais aussi un folklore pittoresque constitué de calvaires, de petites maisons en granit, de clochers bretons hérissés typiques et de lande nue rappée par le vent... Il ne se passe rien de spectaculaire, la narration s'écoule lentement et saisit subtilement l'essence de ce qu'avait su capter Anatole Le Braz dans son oeuvre régionaliste. Une jolie Bd au ton mélancolique et nostalgique.

26/11/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

BLAM ! Ba merde, en voilà une baffe que j’avais pas venu venir ! Ce premier tome de "La Fille Maudite du Capitaine Pirate" est tout simplement sublime ! Car la donzelle qui part en quête de son margoulin de paternel en a sous la botte montante, et celui qui nous conte ses aventures fantastiques en a autant sous le tricorne que sous la plume ! Graphiquement, c’est juste époustouflant. Ça a de la gueule, ça a du style, ça tire à boulet rouge sur toutes les conventions de la BD actuelle, mais qu’est-ce que ça fait du bien !!! Jeremy Bastian nous entraîne dans un univers complet qui lui est propre, dans un noir et blanc épuré et précis. On navigue entre un visuel qui m’a beaucoup évoqué les gravures de Gustave Doré, de part l’aspect graphique qu’il développe et l’imaginaire issu du conte qu’il utilise. Ses planches évoluent rapidement au fil de l’album et de l’histoire pour composer au final de véritables petits bijoux de composition, où détails et lignes courbes se la jouent à la pointe de la plume pour avoir le dernier mot. Si cette façon de composer ses planches proche de l’illustration pure pourra en gêner certains dans la narration, je suis tombé sous le charme de cet équilibre fragile mais magique qu’il a su trouver. D’autant plus que Jeremy Bastian n’est pas du genre cintré côté imagination ! Il l’a même plutôt débridée ! Il n’est qu’à voir le bestiaire qu’il nous propose et les personnages qu’il lâche au fil des pages pour essayer de prendre la (dé)mesure de cet album. C’est L’île au trésor de Stevenson et Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll passés à l’alambic pour en tirer une décoction qui détonne ! On est porté par cette lame de fond narrative où l’épique prends le dessus sur la raison. C’est juste fou. Juste beau. Et on se laisse porter jusqu’aux dernières pages de ce premier tome en piaillant d’impatience pour qu’une suite nous soit livrée… A lire sans conditions !

26/11/2014 (modifier)