Les derniers avis (32018 avis)

Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grand Duduche
Le Grand Duduche

On pourrait dire que je suis la fille du Grand Duduche: mes parents doivent avoir l'âge de Cabu, mon père est une sorte de grand type dans la lune à petite lunettes, et les aventures de Duduche ont toujours trainé chez moi pendant toute mon enfance. Autant dire qu'aujourd'hui elles sont en piteux état, pour ne pas dire, en mille feuilles. Mais les morceaux éparses dont j'ai hérité servent encore à mes enfants qui sont à leur tour au lycée, et qui comparent, ce qui continue, ce qui est vraiment différent... C'est touchant, cela marche encore, le noir et blanc un peu plus rentre-dedans que celui des mangas, l'humour potache années 60, la fille du proviseur, les vêtements qui reviennent à la mode, des silhouettes en tchadors à la place des bonnes sœurs, un peu moins de politique, un peu plus de technologie... Mais tout bonnement des jeunes cons qui se confrontent aux vieux cons. C'est une chouette madeleine de repenser à ça.... Et c'est curieux qu'il n'y ait pas plus d'avis là-dessus, parce que ça a vraiment été la cristallisation d'une génération. j'aurais peut-être du mettre 5 étoiles...

25/11/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série L'OuBaPo
L'OuBaPo

Ces livres sont des jeux. (je n'ai lu que le 2 et le 4) Des jeux fait par d'autres, à regarder, à décrypter, on vous en donne les règles et à vous d’apprécier ou non la prestation. Je trouve cela tout-à-fait jouissif, c'est aussi fascinant que de regarder des gens faire du vélo à une roue: à la fois on a peur qu'ils se cassent la figure, et à la fois on n'attend que ça. Le jeu en Bande Dessinée peut prendre des formes multiples, par la forme de la case, le nombre de cases, l'enchainement des cases...Cela peut être un jeu solitaire ou à plusieurs, cela peut s'appuyer sur d'anciennes BD, conserver l'image et changer les textes, ou inversement... Cela peut être un enchevêtrement de contraintes, ou un océan de liberté, c'est extrêmement stimulant, ça donne envie de faire de la BD.

25/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Ella Mahé
Ella Mahé

Je n'ai jamais eu de fascination pour l'Egypte pharaonique comme certains fous d'Egypte que je connais, mais avec cette Bd, je suis entré sans aucun ennui dans l'histoire parfaitement élaborée par le couple Charles qui a scindé le récit en plusieurs périodes. Ces 2-là s'y connaissent pour rendre un récit romanesque et captivant en vue d'intéresser tout type de public, ils l'ont déjà prouvé et là, ils en font encore la démonstration, avec peut-être moins d'éclat qu'ils ne l'ont fait sur India Dreams, mais tout de même très réussie. Le concept est habile : introduire l'héroïne dans sa progression à travers l'Egypte contemporaine, puis passer le relais à différents dessinateurs pour aborder le passé de cette princesse des sables énigmatique, en utilisant un intéressant gimmick (l'héroïne lit un journal ou se fait conter un récit par un autre personnage). Cette méthode bien agencée permet les changements de graphisme sans perturber le lecteur et crée ainsi un vrai recul, formidablement documenté avec tout le sérieux dont savent faire preuve Maryse et J.F. Charles. Si je suis entré aussi facilement dans cette histoire, c'est sans aucun doute aussi à cause de dessinateurs que j'apprécie beaucoup, que ce soit Taymans qui fait revivre la découverte du tombeau de Toutankhamon par Howard Carter, Carin qui décrit avec un soin poussé le percement du canal de Suez, Goepfert qui retrace la partie croisades, ou Ch. Simon qui revient au règne d'Akhenaton et Nefertiti en présentant enfin cette fameuse princesse aux yeux vairons. Tous font preuve d'un grand talent graphique ; j'ai particulièrement aimé le trait de Carin qui a bien amélioré et peaufiné son dessin depuis le style un peu rigide qu'il adoptait sur Victor Sackville. Il offre aussi 2 belles pleine-pages sur le canal en construction qui sont un régal à scruter en détail. Ce premier cycle de 4 albums constitue donc un bel ensemble dont le soi-disant manque d'originalité m'importe peu parce que l'histoire est habilement développée et procure un vrai plaisir de lecture ; il se termine par un mot adressé à Ella Mahé, "See you soon baby" préfigurant un autre cycle. Bon, ce premier cycle me suffit pour l'instant, il est riche, passionnant et très soigné, mais s'il y a vraiment une suite, je suis preneur, faudra voir l'évolution. Une très belle aventure exotique et propice à l'évasion.

25/11/2014 (modifier)
Couverture de la série La Nouvelle aux pis
La Nouvelle aux pis

L’œuvre de Stéphane Blanquet est de celles qui fascinent, sans que l’on sache toujours en trouver les mots pour l’expliquer. « La Nouvelle aux pis » est un roman graphique muet, qui accroche les yeux jusqu’à les rayer. D’abord parce que Cornélius – une nouvelle fois ! a fait un remarquable travail éditorial, qui met très bien en valeur les qualités graphiques du travail de Blanquet. Ensuite justement ce travail graphique, ces découpages d’ombres chinoises sont franchement superbes. Un théâtre d’ombres conçu comme une forêt qui attire et dans laquelle on se perd, d’autant plus que Blanquet n’a construit son histoire que par fragments, comme un rêve que l’on essayerait de reconstituer au réveil. J’ai dit un rêve, mais je voulais plutôt dire un cauchemar. Car comme toujours chez Blanquet, c’est noir, très noir ! On retrouve donc l’univers habituel de l’auteur, fait d’échappées nocturnes, de corps mutilés : qu’on l’apprécie (ce qui est mon cas) ou pas, on ne sort pas indemne de cette plongée dans les fantasmes d’adultes et les peurs enfantines. Merci encore à l’éditeur, Cornélius, de nous « donner à voir » de telles œuvres, et de le faire avec un tel souci de la « mise en œuvre ».

25/11/2014 (modifier)
Couverture de la série L'Expert
L'Expert

On reconnait le goût de Frank Giroud pour le scénario bien structuré et surtout bien emberlificoté, ainsi qu'aux ramifications nombreuses. Cette formidable enquête entre passé et présent , qui mêle religion, Histoire, art, vengeance et un soupçon de fantastique, réussit à tenir en haleine jusqu'au bout, au prix d'un fabuleux suspense. Dès le tome 1, on est pris, happé dans cette énigme particulièrement bien construite par un scénariste méticuleux qui alterne brillamment les scènes médiévales et les scènes contemporaines dans le Paris d'aujourd'hui (ainsi qu'en Ukraine, en Pologne ou à Rome). De plus, Giroud choisit un contexte médiéval méconnu et très peu usité dans la Lituanie du XVème siècle pour servir de base à son récit ; cette partie là est parfaitement documentée, plausible et très appliquée, donnant ainsi un fond solide et une force supplémentaire au récit pour les recoupements dans l'époque contemporaine. Ce qui aurait pu ronronner vers une banale enquête policière ou suivre les rails balisés de la convention en s'engluant dans des dialogues soporifiques, est au contraire sans cesse relancé par l'habileté de Giroud qui alterne avec brio les scènes de dialogues avec des rebondissements incessants, sans que ça ne vire pour autant à la série d'action à vocation culturelle. Le dosage est donc parfait, les infos livrées au lecteur sont lâchées au compte-goutte, en des moments opportuns bien choisis jusque vers le dénouement un peu théâtral, mais qui ne dépare pas l'histoire. Sans compter le côté énigmatique qu'a su insuffler Giroud qui survole l'ensemble et qui fait qu'on a envie de savoir comment Adam Robak va démêler cet imbroglio. Seul le dessin présente quelques faiblesses, il n'est pas totalement bon, mais pas non plus répulsif ; disons que ça ne m'a pas trop dérangé tant l'intrigue est captivante. Encore un coup de génie de maître Giroud !

25/11/2014 (modifier)
Par Kaff
Note: 4/5
Couverture de la série Un homme de goût
Un homme de goût

Rien à redire au commentaire précédent, une BD sympa avec un dessin que j'ai apprécié et qui colle avec l'univers du scénario. J'espère que Cha et Eldiablo vont poursuivre les collaborations. Du coup, je vais sûrement acheter Pizza roadtrip...

24/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Dusk
Dusk

Ben en fait j'ai vraiment bien aimé. Je sais pas trop pourquoi..., sans doute à cause de l'ambiance que dégagent ces deux histoires, les personnages et puis le dessin aussi qui est quand même spécial mais que finalement j'ai trouvé bien en adéquation avec le propos. Le premier tome nous conte une histoire à la Stephen King, le lieu Salem, donc des sorcières et une population ordinaire avec ses lâchetés, ces gens qui vivent avec des lois non écrites qui sont d'un autre siècle. Je trouve que les auteurs ne font pas dans la surenchère pour installer un climat délétère, angoissant, (magnifique personnage de la petite vieille avec son apple pie). Une ambiance de plomb avec cette neige qui enfouit tout même les plus noirs secrets des uns et des autres. L'intrigue est bien construite, réaliste (hélas), a un rythme qui prend le temps de bien installer tous les éléments. Donc j'ai sauté sur le tome 2. Changement de décor pour cette nouvelle enquête, nous voici sur la côte Est dans des milieux où il de bon ton d'étaler sa réussite et donc son argent. Bien évidemment derrière tout cela se cachent des choses beaucoup moins reluisantes. Ici c'est le thème de la pédophilie qui est traité. Toujours difficile d'émettre un jugement quand ces types de sujets sont abordés. Et dans ce tome et bien je tire mon chapeau aux auteurs qui construisent une intrigue certes difficile mais sans pathos excessif ni voyeurisme complaisant. Au final même si cette série a été abandonnée (problème d'éditeur), j'en conseille tout de même la lecture pour des intrigues bien menées avec un trio d'enquêteurs dont je n'ai pas parlé, mais qui sont très bien croqués chacun dans leur style. L'alchimie fonctionne, aucun ne prenant le pas sur l'autre.

24/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Smoke City
Smoke City

Une très bonne surprise que ce diptyque! Une histoire assez basique de bande de voleurs qui se reforme pour commettre un vol commandité par un homme mystérieux. Déjà la bande en question. Bien trouvé ma foi, beaucoup de bras cassés, mention spéciale pour celui qui croupit en asile psychiatrique, une rousse incendiaire, un maitre ninja, un flic véreux. Dit comme cela on peut avoir l'impression que c'est très cliché, et pourtant ça passe. L'ambiance est très sombre nous sommes véritablement dans un polar noir. je ne suis habituellement pas fan mais ici le dessin à la palette graphique à un rendu vraiment parfait et qui colle à l'histoire de manière totalement adéquate. A partir du tome 2, l'histoire prend un virage plus fantastique avec le personnage Mr Law, le commanditaire, en même temps dès le premier tome on pouvait se douter que se serait le chemin pris simplement en regardant son "look". Personnellement cet aspect des choses ne m'a pas gêné et puis même si beaucoup de choses font penser au polar, prennent leurs racines dans ce thème avec de nombreux codes qui y sont inhérents, je trouve que c'est du fantastique malin. Voila donc une BD qui évolue en cours de route, qui nous propose une galerie de personnages avec des gueules, le tout dans un décor urbain pluvieux et quelque peu déshumanisé. Si d'autres aventures dans cet univers venaient à paraître, je serais preneur.

24/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Rouge comme la neige
Rouge comme la neige

Les albums de Christian de Metter que j’avais lus jusqu’ici étaient des polars ou des thrillers, et je vois qu’il est capable de très bien réussir à dépeindre d’autres ambiances (même si cet album peut aussi se lire comme un polar). Mais aussi qu’il est capable de passer des huis-clos et autres espaces confinés aux grands espaces des contreforts des Montagnes Rocheuses. C’est vraiment une réussite graphique ! Un très beau dessin, de très beaux crayonnés, sur des tons sépia et gris surtout, le sang maculant de rouge ce fond sombre, tout en donnant un sens au titre de l’album. Le travail de de Metter est aussi très bien mis en valeur par le travail éditorial : couverture et papier épais, un bel écrin pour cet album d’environ 110 pages (le prix s’en ressent d’ailleurs, mais faut-il compter quand on aime ?). Quant au scénario, il mêle une trame policière (évasion d’un détenu, recherche d’un enfant disparu…) à un western assez classique quoique se situant dans une période tardive (l’action se déroule en 1896, à part quelques flash-back en 1890). L’intrigue est bien menée, l’auteur prenant le temps de la développer. Du calme plus que de la lenteur, pour une histoire dont je vous recommande la lecture. Petit bémol toutefois. Qualifier Wounded Knee de bataille (même si c’est ainsi que les journaux et l’histoire officielle l’ont classée) est plus qu’abusif. Il s’agit plus précisément d’un massacre, perpétré par le 7ème régiment de cavalerie revanchard (celui-là même qui avait été anéanti par les Lakotas et les Cheyennes une quinzaine d’années auparavant sur la Little Big Horn). Ce massacre plus ou moins prémédité (l’administration US et le Bureau des affaires indiennes redoutaient les débordements liés aux Ghost Dancers) ainsi que l’assassinat de Sitting Bull (présent à la Little Big Horn) au même moment mettent « officiellement » fin aux guerres indiennes et au mythe de la « frontier ». Bon, de toute façon, ce point n’est pas central dans l’album ! Ceci étant dit, c’est vraiment une belle réussite à saluer. En espérant qu’elle en appellera d’autres !

24/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Nouvelles vies
Nouvelles vies

J’ai trouvé cet album sympathique, touchant et même original. Pourtant, nous raconter le quotidien d’une grossesse n’a rien d’original en soi, tant d’autres s’y étant essayé avant Stéphanie Delmas. Mais l’auteure se singularise par le fait qu’elle prend l’ensemble de la famille en considération et insiste sur les besoins de chacun de retrouver une place dans le nouvel arbre généalogique qui se dessine. Et les réactions les plus dérangeantes ne viennent pas forcément de là où on l’attendait (du moins, moi). Il y a donc un vrai caractère informatif dans cette expérience de vie pourtant très banale. Mais ce récit dégage surtout beaucoup de simplicité, de naturel et est loin de manquer d’humour. L’auteure sait prendre du recul face à la situation. Cela donne lieu à quelques passages cocasses assez édifiants… qui permettront peut-être à de futurs parents lecteurs de relativiser leurs propres difficultés. Au niveau du dessin le trait simple et rond de Stéphanie Delmas est des plus adéquats pour ce type de récit. J’ai, par contre, éprouvé quelques difficultés avec la calligraphie. C’est un petit détail, mais il a quand même gêné ma lecture tout du long (avec, en prime, un mot que je n’ai jamais su déchiffrer). Le découpage, enfin, est bien pensé. Les chapitre ne sont ni trop courts ni trop longs et donnent toujours envie d’en lire un autre avant d’interrompre sa lecture. Résultat : on arrive à la fin de l’album sans s’en rendre compte. Pas mal du tout. Je dirais même « franchement bien ! » car il est difficile d’apporter encore quelque chose de neuf dans cette thématique déjà si souvent exploitée.

24/11/2014 (modifier)