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Couverture de la série Nouvelles vies
Nouvelles vies

J’ai trouvé cet album sympathique, touchant et même original. Pourtant, nous raconter le quotidien d’une grossesse n’a rien d’original en soi, tant d’autres s’y étant essayé avant Stéphanie Delmas. Mais l’auteure se singularise par le fait qu’elle prend l’ensemble de la famille en considération et insiste sur les besoins de chacun de retrouver une place dans le nouvel arbre généalogique qui se dessine. Et les réactions les plus dérangeantes ne viennent pas forcément de là où on l’attendait (du moins, moi). Il y a donc un vrai caractère informatif dans cette expérience de vie pourtant très banale. Mais ce récit dégage surtout beaucoup de simplicité, de naturel et est loin de manquer d’humour. L’auteure sait prendre du recul face à la situation. Cela donne lieu à quelques passages cocasses assez édifiants… qui permettront peut-être à de futurs parents lecteurs de relativiser leurs propres difficultés. Au niveau du dessin le trait simple et rond de Stéphanie Delmas est des plus adéquats pour ce type de récit. J’ai, par contre, éprouvé quelques difficultés avec la calligraphie. C’est un petit détail, mais il a quand même gêné ma lecture tout du long (avec, en prime, un mot que je n’ai jamais su déchiffrer). Le découpage, enfin, est bien pensé. Les chapitre ne sont ni trop courts ni trop longs et donnent toujours envie d’en lire un autre avant d’interrompre sa lecture. Résultat : on arrive à la fin de l’album sans s’en rendre compte. Pas mal du tout. Je dirais même « franchement bien ! » car il est difficile d’apporter encore quelque chose de neuf dans cette thématique déjà si souvent exploitée.

24/11/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série La Bulle De Bertold
La Bulle De Bertold

Je m'étais toujours dit que, quand il y avait déjà dix avis, je ne rajoutais pas le mien, mais là j'ai envie de soutenir ce livre: le dessin est vraiment magnifique, profond, expressif, contrasté et nuancé à la fois, il s'imprime dans votre rétine, et dans votre mémoire. Je reconnais que les idées de départ de cet album de science-fiction (cette société où on ampute les condamnés, et du coup ses hommes et femmes-tronc trouvent à se faire embaucher dans des théâtres de marionnettes humaines), très intrigantes , ne sont peut-être pas exploitées au mieux, mais l'idée, les personnages et les dessins valent la lecture, même si la construction de l'histoire s'effrite un peu sur la fin. Il y a une force dans cet objet qui mérite notre attention, par delà les critères de la bande dessinée.

23/11/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Bienvenue
Bienvenue

C'est le même esprit qu'Aya de Yopougon, un enchevêtrement de parcours humains à emmerdements répétés dont les gags émouvants s’entremêlent avec bonheur. Évidemment le contexte est tout différent: une étudiante en art parisienne, par moment revêche, par moment bonne poire, qui finit par devenir adulte au troisième tome. Une sorte de roman d'apprentissage, aux accents contemporains (vêtement, tournure des phrases, dessin, couleur) avec un coté fleur bleue pas désagréable. Pour le dessin, je n'irai pas jusqu'à dire que Singeon singe (facile!) Clément Oubrerie, mais c'est vraiment proche, expressif est très stylisé quand même. Je me suis bien identifiée au rôle principal, et tous les personnages autour d'elle m'ont paru attachants. J'ai acheté les trois tomes d'un coup, et je n'ai pas lâché la lecture, je considère que c'est bon signe. Des tranches de vies bien observées tournant autour d'un fil narratif sympathique et bien construit.

23/11/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série David Boring
David Boring

Comme tant d'autres bouquins, cela faisait longtemps qu'un exemplaire de David Boring trônait dans ma collection avec cette même volonté pour ma part de le l'engloutir très rapidement et de le repousser en même temps par peur d'en être déçu ou exclu. Il faut dire qu'avec un titre pareil évoquant à la fois le leader des Naive New Beaters, celui de David Bowie (dont les consonances orales résonnent comme un miroir) ou tout simplement de l'ennui dont Boring est l'exacte traduction et une couverture peu engageante, je me doutais d'une certaine prise de risques. Daniel Clowes est un de ces auteurs discrets et ô combien talentueux sachant utiliser l'ordinaire de toute situation pour en faire ressortir quelques souvenirs enfouis en chacun de nous. Reste à percevoir quelle sensibilité remonte le plus à la surface après analyse et ce n'est pas forcément ce qui nous honore le plus. David Boring c'est exactement cela, une couverture donc représentant le visage du "héros", à la coiffure classique impeccable, moue triste, deux visages de femmes contrariées, deux flingues pointant vers le lecteur et une ombre ou un fantôme nous représentant une inconnue de dos. Tout est un peu résumé dans cette couverture. Il n'est peut être pas dès lors indispensable d'aller plus loin si elle nous place dans une situation anxiogène car ce sera le cas le long des 3 actes suivants. Et pourtant j'ai trouvé plutôt plaisant le premier acte nous narrant les déboires amoureux d'un jeune homme maigrelet, pas totalement attirant ni sur de lui et partageant ses expériences sexuelles avec sa colocataire lesbienne Dot, la seule personne qui lui sera fidèle d'un bout à l'autre du récit. Sa quête de la femme ultime, David Boring, puisque c'est bien de lui dont on suit les traces, va la trouver dans les premières pages de ce premier acte en la présence de Wanda, une jeune fille à la coiffure d'un autre temps et au postérieur jugé trop imposant selon ses dires. Son départ précipité et sans explications sera donc le point de départ d'une recherche de David Boring, perdu entre une mère trop possessive qu'il fuit et le souvenir d'un père, auteur de sombres comics sans succès, qu'il n'aura pas connu. Cette recherche d'identité sexuelle et de valeurs familiales trouvera une pause vers le refuge d'une petite île vers le second acte où les protagonistes vont se déchirer tel un récit d'Agatha Christie avant de revenir vers le troisième et dernier acte où nombre de questions trouveront leur réponse, pas nécessairement celles que le lecteur attend mais celles que l'on peut trouver soi même dans notre propre vécu avec une part de réflexion ou d'introspection. Aucun des personnages n'est réellement attachant ou fascinant. David Boring subit plus qu'il ne contrôle sa propre existence, portant un regard triste et passif sur son vécu. La voix off qu'il anime lui même permet d'introduire une bonne dose d'humour noir et quelques renvois sur des pages précédentes, des personnages apparaissant ici ou là comme des fantômes pour ne revenir que bien des pages plus tardivement comme les hasards de notre propre existence. La menace d'une invasion terroriste renvoie curieusement à un souffle d'apocalypse. Écrit à la fin des années 1990 et curieusement en avance sur les tristes événements du 11 septembre 2001, Daniel Clowes a simplement posé sur papier les préoccupations toujours légitimes d'ailleurs d'une époque pas si lointaine et d'ailleurs le passage à l'an 2000 se passe bien dans les dernières pages de son David Boring presque comme par défaut sans aucun autre bouleversement. Daniel Clowes, l'air de rien, maitrise toutes les situations de son récit. Son dessin en noir et blanc, juste magnifique, est une succession de regards fuyants comme sa couverture l'évoquait déjà. Ses personnages semblent raides et dénués de vie mais ce n'est pas la faute à son coup de crayon. Sa ligne claire est aussi puissante que celle d'un Burns dont il partage également l'hommage au maitre Hergé (l'arrivée sur l'ile est un clin d’œil à la couverture de l'ile mystérieuse sans aucun doute). On ressort de ce David Boring complètement abasourdi, pas le cœur léger tellement certaines situations renvoient au vécu d'un chacun je suppose. La construction en trois actes complètement différents perturbe un récit se faisant l'hommage de l'ennui, sentiment que je n'ai jamais retrouvé à la lecture tant je m'y suis finalement appliqué à le lire en une seule traite avec plaisir et effectivement il s'agit typiquement d'une lecture pouvant diviser comme rassembler. Assurément David Boring est une grande œuvre de notre époque malheureusement par ailleurs car ses réponses sont ailleurs. A ne pas louper pour le meilleur comme pour le pire.

23/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fils du Soleil
Fils du Soleil

Que voilà un magnifique album! Tout concours ici à nous embarquer. Dés les premières pages une ambiance et un climat s'installe qui ne nous quitte plus jusqu'à la dernière planche. Nous voyageons dans les îles Indonésiennes, en Malaisie dans la deuxième moitié du XIXème siécle ou les grandes puissances par l'intermédiaire de négociants qui y établissaient des comptoirs mettaient en coupe les richesses de ces pays et leurs populations. D'emblée les auteurs nous plongent dans cette ambiance des comptoirs ou les seules distractions sont le jeu et la boisson Henninot au dessin fait des merveilles, il retranscrit la chaleur des îles, l'âpreté d'une partie de cartes, la violence de l'ouragan, des navires sur lesquels ont a envie de tenir la barre; bref son trait est vif, dynamique et parfaitement adapté au récit. Très féru d'histoires maritimes j'avoue que j'ai découvert cet album avec un esprit un peu dubitatif. En effet après ce qu'en a donné Riff Reb's dans Hommes à la mer, Le Loup des Mers et "A bord de l'Etoile Mathutine", je trouvais que la marche était haute. Et bien non, divine surprise! Outre le dessin il faut donc ici saluer le talent de Nury qui brasse, mixe des nouvelles de Jack London et en ressort un récit d'aventure, de vengeance, d'hommes mais avec également un beau personnage de femme. Au passage il nous questionne sur l'avidité, la quête de puissance, de pouvoir, la place de la femme dans cette société dure. Il n'y a qu'à voir cet homme réfugié sur son île tel un potentat qui rêve d'une société dont il est le maitre absolu. Echec. Ce que nous montre les auteurs au travers de cette histoire ou nul n'est épargné, c'est le miroir de nos travers. Ils nous offrent des portraits d'hommes qui ont beaucoup à perdre, et qui perdent beaucoup, ici personne ne ressort indemne. Voilà donc une histoire forte, magnifiquement mise en images qui nous parle d'un monde révolu, brut, violent et qui ne s'embarrassait pas de ronds de jambes. Sans nul doute cette BD fera partie de mon top 10 de l'année.

23/11/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Belle Image
La Belle Image

De Marcel Aymé, je n'ai lu que les contes du chat perché qui ont marqué mon enfance et font parti de mes livres préférés. C'est donc avec optimiste que j'ai lu cette adaptation d'une histoire que je ne connaissais pas du tout. Résultat, j'ai bien aimé cet album. Le scénario part sur une idée de départ agréablement maîtrisé. L'idée qu'un type change soudainement de visage aurait pu être nul et ce n'est pas le cas ici car le scénario est intelligent et tout ce que fait Raoul est logique même lorsqu'il faut une bêtise. La narration est bavarde par moment quoique cela ne m'a pas du tout dérangé vu que le texte était accrochant et qu'il n'y avait pas de répétition inutile entre ce que la case montre et la narration. Le dessin de Cyril Bonin est sublime quoiqu'il ne fait pas parti de mes dessinateurs préférés. J'adore les couleurs qu'il utilise.

23/11/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Little Tulip
Little Tulip

Boucq et Charyn reprennent pour notre plus grand plaisir leur collaboration dans ce one-shot en forme d’uppercut qui nous plonge dans l’enfer du goulag soviétique. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre le destin âpre et hors normes de « Pavel », ce jeune garçon qui fut déporté avec ses parents aux confins de la Sibérie. Citoyens américains, ses géniteurs eurent la malchance de se trouver à Moscou au mauvais moment, alors que la guerre froide dressait sa sinistre épée de Damoclès dans les cieux planétaires. Dans le camp tant redouté de la Kolyma, en proie à la violence et à la toute puissance des gangs, Pavel, séparé de ses parents, devra sa survie à sa connaissance du dessin transmise par son père. En devenant le tatoueur attitré du chef Pakhan Kiril-la-Baleine, le jeune garçon se métamorphosera également en un combattant redoutable surnommé « Little Tulip ». Il fallait bien tout le talent de François Boucq pour mettre en images cette « history of violence » traitant en filigrane de la dimension mystique du dessin et celle, carrément chamanique, du tatouage, « opération magique qui transforme celui qui le porte ». Boucq, qui n’a donc plus grand chose à prouver, semble avoir mieux que personne compris le message distillé dans cette histoire sombre et cruelle, selon lequel l’art, quand il parvient à cerner l’invisible, permet de transcender la dureté du monde, de se sentir libre, même dans la plus verrouillée des cages. Dans leur émaciation menaçante, les corps tendus comme des arcs et les « gueules » hyper expressives suggèrent parfaitement la terreur inspirée par ce lieu où seuls survivent les plus forts, par l’esprit ou le combat. Le jeune américain Paul avait par bonheur réussi à conjuguer les deux, fusionnant littéralement avec son tatouage représentant une tulipe émergeant d’un crâne de loup enserré dans un fil de fer barbelé. Sous des dehors rudes (certaines scènes sont particulièrement éprouvantes et à déconseiller aux âmes les plus sensibles), c’est une riche et magnifique leçon de vie, servie par l’excellent scénario du romancier Jérôme Charyn qui nous offre en outre des textes ciselés grâce à sa verve littéraire. A coup sûr un des meilleurs albums de 2014 avec un héros qui devrait marquer les esprits... au fer rouge…

22/11/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Barthélémy - L'Enfant sans âge
Barthélémy - L'Enfant sans âge

Ce qui rend à mes yeux si élégant l'éditeur Cornélius, c'est cette diversité de récits surprenants, pas forcément tous réussis mais éclectiques et souvent originaux. Le choix éditorial de Cornélius survole un large panel d'histoires savoureuses, des petites perles qui ne méritent que d'être découvertes et appréciées. Aujourd'hui c'est Barthélémy qui a les honneurs de cette petite maison d'édition que j'affectionne. Le récit brasse plusieurs thèmes universels et fantastiques déjà croisés dans Highlander pour l'immortalité, l'étrange histoire de Benjamin Button pour la jeunesse éternelle et un jour sans fin pour la boucle temporelle pour mieux s'en affranchir, détenir une identité propre et mettre en relief un fort sentiment humaniste. Monsieur Barthélémy est au crépuscule de sa vie. Mourant, il échange son dernier souffle devant son fidèle majordome Toussaint pour se réincarner immédiatement dans le corps de ses 11 ans. Barthélémy en est dépité. Cela fait 3000 ans qu'il vit et meurt indéfiniment pour mieux renaître tout en gardant ses souvenirs... et ses remords. Car Barthélémy en a assez de cette malédiction et aimerait pouvoir mourir une fois pour toutes et reposer en paix. Mais avant d'y penser il doit retourner à l'école et subir l'éducation que sa jeune enveloppe charnelle impose.... encore et toujours mais l'attachement à sa camarade Constance ainsi que la rencontre avec un autre immortel, Auguste vont peut être changer la donne... Que dire et par où commencer... Publié dans un petit format souple à l'italienne, l'histoire commence sur les chapeaux de roues comme une comédie où l'on suit le quotidien de Barthélémy à l'école puis on glisse vers le récit d'aventures sans jamais basculer d'un thème vers l'autre. La mélancolie se mélange à l'humour comme des couleurs dans un tableau. Les couleurs, justement, le vert et le rouge, éternels antagonistes, se mélangent parfaitement dans une ligne claire naïve mais hautement maîtrisée rappelant souvent Hergé mais aussi l'évasion de Hugo Pratt. Tout comme le rouge cohabite avec le vert, la mort côtoie la vie. Le message est universel et pourrait pencher vers la nostalgie mais l’œuvre de Simon Roussin est unique et s'affranchit de toute autre référence pour en devenir une à elle seule. Tour à tour romance, farce, conte ou récit d'aventures, Daytripper a trouvé un équivalent francophone avec ce chouette bouquin, aussi joli à regarder qu'à savourer. De Toussaint à Auguste en passant par Barthélémy et Constance, tous les personnages sont attachants.. ce qui donne à la conclusion une saveur aussi logique que de toute beauté. J'espère retrouver cette jolie ligne claire car Simon Roussin possède un style et un talent que bien des éditeurs se mordront les doigts d'avoir laissé filer chez Cornélius. ;) Longue vie à Barthélémy, Simon Roussin et Cornélius !

21/11/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Mesmo Delivery
Mesmo Delivery

Premier défaut et ce sera le seul : ça se lit trop vite, bien trop vite. Les qualités ? Elles sont nombreuses pour ce mélange improbable de 4ème dimension et de récit tarantinesque, deux qualités complètement requises pour intégrer le Label 619 et notamment une partie d'un Doggybags où ce court mais survitaminé récit aurait trouvé sa place. Mais Rafael Grampá est un artiste underground qui monte et c'est une excellente surprise que de lire un de ses premiers travaux même si l'oeuvre ne risque pas de plaire à tout le monde. L'histoire ? On s'en contrefiche ou plutôt elle tient sur du papier à cigarettes : un imitateur raté d'Elvis et un ancien boxeur au look improbable de surhomme blond californien avec casquette vissée sur la tête reconverti en chauffeur sont missionnés par la société Mesmo Delivery de livrer une marchandise dont le contenu reste mystérieux. Arrêt pipi oblige, le duo s'arrête à une station service perdue sur une route poussiéreuse oubliée des grands axes américains. Trois autres chauffeurs un poil imbibés narguent le grand malabar blond et c'est le début des bastons et surtout des embrouilles... Impossible d'en dire davantage sans en dévoiler le sens et surtout le plaisir. L'auteur a juste eu envie également de se faire plaisir en multipliant les références graphiques par un découpage et des cadrages dignes des meilleures séries B et une touche rétro cartoonesque inspirée. Il faut dire que les dessins ne sont pas en reste avec une colorisation rappelant le site célèbre que vous lisez actuellement (si si) mais également avec une touche de rouge en couleur primaire définissant l'aspect le plus punchy de ce comics : le sang et la violence. Après quelques scènes d'action assez remarquables (le sens du détail est assez hallucinant), la conclusion arrive bien trop vite mais ne laissera aucun doute sur l'issue du récit. En un seul mot, il s'agit d'un petit plaisir coupable et remarquable qui pourra en faire tiquer plus d'un mais il est à noter le petit prix de l'éditeur ainsi que la réalisation éditoriale somptueuse comme bien souvent sur le label de Run avec couverture argentée, bonus et croquis, rien ne manque. Apogée de la violence comme perle d'humour noir (soyez attentifs au "chiffre" évoqué non loin de la conclusion et faites vos comptes ;) ), j'avais vraiment peur d'être déçu (le coup de coeur fut impulsif avec le bouquin entre les mains) mais j'en suis sorti agréablement surpris et satisfait !

21/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Temps est proche
Le Temps est proche

Voilà un album paru chez un petit éditeur, et qui ne manque pas d’ambition ! Et qui je trouve est très réussi. Christopher Hittinger traite l’histoire de l’Europe (même si c’est quand même pas mal centré sur le royaume de France) en s’imposant un cadre chronologique stricte, le XIVème siècle. Il reprend ensuite à l’intérieur de ce cadre les événements marquants en suivant la chronologie d’années en années. Certaines années ne voient qu’un fait à peine évoqué en deux lignes, mais parfois plusieurs pages, voire dizaines de pages permettent à l’auteur de développer certains faits plus importants (comme le passage de la Peste noire qui tua le tiers des habitants de l’Europe au milieu du siècle). Le dessin est assez varié, passant du trait réaliste au style minimaliste, sans que cela ne gêne la lecture : peu importe le style, j’ai trouvé ce Noir et Blanc très bon. Pour ce qui est de la narration, on a la même volonté d’éclectisme, puisqu’alternent phrases lapidaires, citations de poète, passages humoristiques… Le parti pris de Christopher Hittinger de traiter de manière exhaustive ce XIVème siècle est original et intéressant (y passent les événements politiques, sociaux, mais aussi les grands artistes et leurs œuvres fondatrices). Par contre il n’explique pas ce choix chronologique, qui par exemple ne correspond pas à la chronologie de la guerre de Cent ans, événement majeur de ces temps troublés. Si les débuts (mais pas forcément les causes) et une bonne partie sont traités ici, comme elle ne se termine qu’en 1453, on reste sur notre faim, puisque l’album se clôt avec l’année 1400. Ceci étant dit, je trouve que cet album est une très belle réussite, et qu’il reste injustement méconnu (comme beaucoup de publications de The Hoochie Coochie d’ailleurs). N’hésitez pas à le lire ou l’acheter, si cette période vous intéresse, vous ne serez pas déçu ! Pour les passionnés d’histoire, mais pas seulement. En tout cas, un gros coup de cœur pour moi !

21/11/2014 (modifier)