Avouons le tout de suite, Fabien Nury nous a concocté un scénario plus que réussi à partir des nouvelles de Jack London, auteur que l'on connait beaucoup plus par son intérêt pour les grands froids que par son tempérament d'aventurier sous le soleil.
Il faut dire qu'à la lecture de cette bande dessinée, l'histoire m'a immédiatement replongé dans les meilleurs films "maritimes" d'Hollywood, des "Contrebandiers de Moonflit" à "La perle noire", que l'on découvrait dans la désormais mythique "Dernière Séance"
Même le dessin d'Eric Henninot conserve un aspect assez rétro qui peut faire songer à celui de William Vance (avec " Bruce J. Hawker"), et dans un premier temps, les couleurs employées m'ont un peu rebuté; à tel point qu'une version en noir& blanc aurait suffi à mes yeux.
Et pourtant, avec les pages consacrées à la tempête, cet album est d'une beauté incroyable.
Amateurs d'aventures, embarquez vite à bord du vaisseau "Wonder", vous ne regretterez pas votre voyage, même s'il sera évidemment mouvementé.
Un des meilleurs albums de cette rentrée 2014, sans aucun doute.
Seuls, ou le Club des Cinq version fantastico-thriller...
Eh bien voilà une excellente bande dessinée, dont le succès mérité ne se dément pas et qui à mon avis ne va pas aller decrescendo, le duo d'auteurs ambitionne de produire pas moins de vingt tomes (et même plus) ! On a donc là affaire à une future série fleuve, ce qui détonne assez d'ailleurs avec la tendance actuelle qui se satisfait de peu de volumes par série.
D'entrée de jeu, on se retrouve plongé au coeur d'un nébuleux mystère : un beau jour, dans ce qui m'a tout l'air d'être une banlieue française, cinq gamins se réveillent et découvrent avec effroi que la ville a été subitement abandonnée et qu'ils se retrouvent...seuls ! Absolument seuls dans ce qui devient rapidement une jungle d'asphalte et de béton, sans plus aucune tutelle parentale, livrés à leur seule ingéniosité pour survivre. Dans cette épreuve, Dodji, Yvan, Leïla, Camille et Terry, puisqu'il faut bien nommer nos cinq héros, vont péniblement apprendre les vertus de l'unité et du courage. Cependant une question, angoissante, obsédante, subsiste : mais qu'a t-il donc bien pu arriver au restant de la population ? Que s'est-il passé cette nuit, qui précéda le jour où ils se retrouvèrent esseulés ? Un exode ? Une immense et horrible blague de très mauvais goût ? Au fil des tomes, huit pour l'instant, où le quintet sera amené à voyager, certains pans obscurs de l'énigme vont s'éclaircir (ils vont par exemple rencontrer d'autres enfants esseulés tout comme eux), mais des pans entiers restent encore dans l'ombre et une dizaine de tomes tourbillonnant d'aventures et de périls de toutes sortes nous attendent avant de connaître le fin mot de l'histoire...
Fabien Vehlmann, qui est une valeur sûre maintenant du petit monde de la bd, nous a concocté avec son compère belge Bruno Gazzotti une oeuvre envoûtante au scénario malin, baignant dans une bouillabaisse d'idées empruntées pour la plupart aux cadors de la pop culture américaine, je pense avant tout à "2001:l'Odyssée de l'espace" et à "Lost".
Intrigue palpitante, pour l'instant cohérente, atmosphère lugubre et oppressante, des protagonistes représentant un joli petit patchwork ethnique, "Seuls", qui a été par deux fois récompensé à Angoulême, accumule les bons points et dégage un vivifiant air de nouveauté. Que demande le peuple ?
RG est sans conteste la meilleure série du genre que j’ai pu lire. Un ancien flic comme scénariste livrant son quotidien, le tout mis en image par un crayonneux. J’avais l’année dernière trouvé très décevante 22, conçue un peu sur le même modèle, mais là, c’est clairement un ou deux crans au dessus !
Le crayonneux en question est Frederik Peeters, dont j’adore les albums qu’il scénarise (en solo ou avec Ibn Al Rabin). Son dessin s’adapte parfaitement aux intrigues et à l’ambiance de la série.
Les intrigues des deux albums (deux enquêtes différentes, même si l’on suit dans la continuité les personnages principaux) se laissent lire agréablement. On est dans le quotidien de flics des R.G., dont la personnalité est privilégiée à l’action pure (un peu comme dans la série de Canal « Braquo » ou L.627 de Tavernier je trouve pour ce qui est du ton.
Un diptyque à découvrir. A noter qu’un troisième tome est annoncé en fin du second volume, mais il ne verra sans doute jamais le jour.
Note réelle 3,5/5.
Le duo gagnant de Sang noir est déjà de retour, avec une nouvelle histoire prenant pied dans la première guerre mondiale. Cette fois-ci il s'agit d'un triptyque, et les auteurs ont donc tout le loisir de raconter tranquillement leur histoire. Celle d'un groupe de gamins, nés à la fin du XIXème siècle, qui vont se retrouver dans l'engrenage le plus cruel qui soit, celui de la guerre.
Le premier tome est consacré à la jeunesse de ces gamins, dans un petit village des Alpes, et le récit permet de se rendre compte de leur cohésion, de leurs dissensions aussi, parfois liées à de la jalousie et des sentiments contrariés. C'est assez basique, mais plutôt efficace, puisque l'ambiance monte crescendo et que cet album se referme sur la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne. Des bonus en fin de volume retracent les origines du conflit, et même si elles ont été rabâchées à l'école, ce n'est jamais mauvais de se les remettre en mémoire.
Le trait de Julien Monier, à la fois rond et incisif, lui permet de croquer des situations très différentes, aidé par des ambiances colorées plutôt réussies. Dans le deuxième tome les ambiances sont plus sombres, toujours réussies.
Dans le deuxième les enfants, devenus de jeunes hommes, entrent de plain-pied dans la guerre. Ils vont y laisser des plumes, et même plus. L'ensemble de la guerre est ainsi traité, de façon un peu rapide cependant.
Le troisième tome s'appesantit nettement plus, avec des scènes "classiques" : les bombardements, les corps démembrés, la déshumanisation, la mécanisation, les mutineries, les redditions, la connerie des sous-officiers... Le gaz moutarde... Et une fin émouvante, qui clôture bien cette très belle série.
Mais que voilà un bon diptyque associant cinq voleurs improbables qui organisent le casse du siècle pendant la chute de Carthage. Débutant sur un ton humoristique, j'avoue que le premier tome m'avait bien plu alors même que je ne trouvais pas totalement sympathiques nos compères.
Mais je voulais déjà connaître la suite... Et quelle suite !
En deux tomes, on passe du ton comico tragique à celui tragico-comique. J'ai vraiment été touchée par cette histoire et mon coeur a battu pour ce petit groupe.
Au final nous est livré un second tome riche qui nous touche. De l'horreur de certaines pratiques à l'honneur carthagénois, Tanquerelle nous offre un sombre et beau tableau de la chute de Carthage.
Sous un ton faussement drôle, on s'attache à observer ces personnages face à la chute de cette civilisation. Tous réagissent différemment face au marasme mais j'ai trouvé que c'était bien amené, pas totalement surprenant, mais complètement prenant !
Ce n'est pas tous les jours qu'on a droit à une telle narration en seulement deux tomes.
Voilà un album bien réjouissant ! Alors que le sujet l’est pourtant beaucoup moins…
On y traite en effet d’un des derniers hauts faits de la colonisation française en Afrique à la fin du XIXème siècle, au moment où une colonne était censée faire la jonction avec d’autres pour renforcer l’empire colonial français face aux intérêts anglais ou allemands.
La colonne française en question va se comporter de manière ignoble, en procédant à force massacres – au nom d’une mission civilisatrice qui ne semblait pas incompatible avec ce comportement abjecte. La supériorité du Blanc sur le Noir (voir les discours de Jules Ferry à ce propos, ou les textes incroyables de Tocqueville expliquant la nécessité des massacres d’indigènes au moment de la conquête de l’Algérie) justifie alors l’injustifiable. Même si des gens comme Clémenceau avaient à juste titre dénoncé les idées de Ferry devant l’assemblée nationale.
L’épisode relaté dans cette série est l’un des plus abjects, mais aussi l’un des plus méconnus (on se demande bien pourquoi…), même si je me rappelle avoir vu un film ou téléfilm il y a quelques années à ce sujet.
C’est donc un sujet grave. Mais son traitement est très réussi ! D’abord la petite préface d’un auteur africain (et les références qu’il rappelle) est intéressante et importante. Ensuite Dabitch a su ne pas rester dans le rappel aride des faits, en ajoutant une touche humoristique (les militaires français surjouent parfois, fanfaronnent, et la présence de l’esprit jouant un peu le rôle du chœur antique ajoute aussi un tour comique aux actes et diatribes desdits militaires par ses commentaires décalés). Cela donne un air picaresque et grand guignolesque à cette colonne infernale.
Ensuite, il faut dire que le dessin de Dumontheuil est à la fois très bon et en complète harmonie avec le ton de l’album, qui est une vraie réussite. A découvrir, en espérant que le deuxième album de ce diptyque soit à la hauteur formellement (car pour ce qui est du dénouement, nous le connaissons déjà).
Pour finir, n’hésitez pas à jeter un œil à la série Africa Dreams qui, dans un style différent, critique aussi fortement la colonisation (ici belge) de l’Afrique au nom d’une prétendue mission civilisatrice.
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La lecture du deuxième tome qui clôt cette histoire confirme toutes les qualités entrevues dans le premier. Le traitement de l'intrigue et le dessin renforcent à la fois l'horreur de cette histoire et la folie douce ou furieuse qui s'est emparée des militaires français.
Lecture et achat fortement recommandés donc !
Bien avant ces séries géniales que sont Criminal, Incognito ou Gotham Central, en 1999, le trio gagnant Brubaker/Phillips/Lark expérimentait le style de polar noir collant si bien à ses auteurs par cette mini série Scène de Crime qui peut faire office d'introduction à leur travail commun.
Delcourt a eu l'excellente initiative de compiler cette petite perle méconnue en un album que je ne peux que recommander à tous les amoureux de Criminal.
En effet, on retrouve tout le sel des scénarios de Brubaker dans cette histoire de détective privé à la recherche d'une femme disparue et dont le cheminement va s'avérer surprenant, glauque mais toujours palpitant.
Découpé par de petits chapitres courts et utilisant la voix off de Jack Herrigan sur la plupart des cases, cette aventure va s'avérer complexe et relancer le passé de tous les protagonistes y compris celui du héros principal.
Vivant chez son oncle, photographe de scènes de crime de renom, Jack est un jeune détective privé au passé plutôt trouble. Sa profession cherche à enterrer ses vieilles addictions alcoolique et une vie sentimentale désastreuse.
Aussi ne voit-il pas d'un très bon œil de rendre service à Raymonds, un ancien collègue de son père défunt, un flic tombé sous le courroux de la mafia mais il accepte de bonne grâce en mémoire de services rendus.
Retrouver la soeur de la maitresse de Raymonds aurait du être une partie de plaisir mais la mort rapide de cette dernière va le pousser à mettre le doigt dans un engrenage fatal et bien plus complexe que prévu.
Ce qui fait et a toujours fait la force des histoires de Brubaker tient en un seul mot : des personnages de papier extrêmement bien pensés et écrit.
Ce "Scène de crime" ne déroge pas à la règle par la construction de personnages simples mais remarquablement bien pensés et une habileté à rendre l'ordinaire relativement extraordinaire.
Le trait de Phillips et de Lark reste relativement simple mais va droit à l'essentiel. Extrêmement lisible et efficace, l'encrage et la colorisation arrivent à imprégner le décor d'une ambiance pesante et percutante.
Qu'il pleuve ou qu'il fasse nuit, le lecteur ressent les sensations comme s'il s'y trouvait. Les sensations reposent sur celles des grands films noirs et j'ai même ressenti quelques similitudes au "Chinatown" de Polanski avec un Jack Nicholson au nez cassé et une foule d’événements échappant à tout contrôle.
Mais loin d'être un plagiat, ce Scène de Crime est un tout autre hommage, exploitant comme décor les sectes, les mensonges et les secrets enfouis. L'ensemble est original, subtil et se termine par une conclusion réellement réussi levant le voile sur bien des doutes et pas uniquement sur l'intrigue principale.
L'album est complété d'un court récit dit de "Noël" avec les mêmes protagonistes assez anecdotique mais toujours agréable ce qui rend cette édition plus que complète.
Remarquable et habile, loin d'être le brouillon des autres séries de Brubaker, Scène de Crime est un polar divertissant et surprenant pas loin d'être aussi indispensable que les œuvres déjà citées.
Mieux, il ne s'agit pas d'un péché de jeunesse comme j'ai pu le lire ailleurs mais véritablement d'une perle de jeunesse autonome et qui mériterait d'être aussi reconnue que leurs autres travaux. A ne pas louper.
Un type ordinaire à la vie plutôt morne et casanière décide de suivre une inconnue rencontrée par hasard. Pas par voyeurisme mais juste parce qu'il a déjà vu cette femme sans se rappeler où... et parce qu'il n'a pas grand chose d'autre à faire.
On peut dire que le point de départ de cette trilogie est surprenant. Camille Jourdy, par un habile développement de l'intrigue et par l'entrée en scène de tout un tas de personnages aussi originaux qu'attachants, parvient à tenir en haleine le lecteur tout au long de l'histoire. Le ton est réaliste, parfois grave, souvent décalé mais il sonne toujours juste.
J'ai bien aimé les dessins, qui sans être extraordinaires, donnent une vraie personnalité au récit.
Rosalie Blum est un beau roman graphique, à la fois sensible et intelligent.
A découvrir.
Voila de la vraie fantasy comme je l'aime, celle qui développe un véritable univers merveilleux de "sword and sorcery", un univers à la Conan. Ce sont 2 Bd très proches avec plein d'éléments communs, et c'est tout à fait normal puisque c'est du Robert Howard.
Malheureusement, le personnage de Kull est beaucoup moins connu que Conan, Howard ne s'y étant pas consacré avec autant de sérieux ; en France, il est quasiment inconnu, sauf d'une poignée de fans, la bande ayant été trop peu diffusée. Mais les 2 personnages sont très proches ; comme Conan, Kull règle ses problèmes au fil de l'épée et se confronte aux forces maléfiques, le ton est aussi épique, et la fureur guerrière y est aussi présente.
Ce personnage a fait l'objet d'une adaptation ciné en 1997, Kull le Conquérant, avec Kevin Sorbo en roi Kull qui devait récupérer une arme magique censée l'aider à reconquérir son trône. Hélas, cette version est pitoyable, non seulement par l'acteur choisi (qui était déjà un Hercule discutable) totalement dénué de charisme (au moins, Schwarzy en 1981 a donné une force à Conan), mais aussi par le reste du casting peu à la hauteur, par les effets spéciaux complètement fauchés et grossiers, par un réalisateur pas du tout inspiré (pour Conan, John Milius s'était vraiment investi dans sa tâche), et surtout par le scénario d'une indigence totale et complètement fantoche, bourré de ficelles et de scènes bidon. Tout ceci dénaturait un personnage qui n'avait pas besoin de cette grosse daube...
C'est pourquoi il faut se rabattre sur cette adaptation BD qui a la chance de bénéficier de 2 pointures des comic book : le texte de Doug Moench est d'une très grande richesse, et le dessin de Bolton est absolument somptueux par son noir et blanc en forme de relief hyperréaliste qui sublime véritablement cet univers chaotique et barbare.
J'ai lu l'unique récit paru en France dans un pocket de moyen format édité par Arédit et daté de 1983 qui contenait aussi un récit de Red Sonja, autre personnage de Robert Howard ; le tout était dessiné par Ross Andru. Ce numéro est activement recherché par les collectionneurs. Je sais qu'il existe aussi un autre numéro daté de 1984 dessiné par Buscema sur scéanrio de Roy Thomas que je n'ai pas lu ; celui-ci, je le recherche. Mais cet album Delcourt présentement, se fait hélas de plus en plus rare...
Et bien, pour ma part, j'ai franchement bien apprécié ce premier tome.
Je ne m'attendais pas à tomber sur ce type de récit, le titre me laissant penser que la musique allait y jouer un rôle plus important (ce qui sera certainement le cas dans le second tome). Mais force m'est de reconnaitre qu'avec Jack Doyle, les auteurs nous offrent une forte personnalité très attachante. Ce boxeur assoiffé d'honnêteté et pourtant manipulé du début à la fin de ce récit est des plus réussis. Tout aussi réussie, l'ambiance de cette fin de prohibition avec ces bars qui n'ont plus de clandestins que le nom, ces mafieux et autres magouilleurs influents, et ces ruelles humides et dégoulinantes de misère.
Le récit est copieux, tant en nombre de pages qu'en événements. On n'a pas le temps de s'ennuyer même si le souci d'installer l'ambiance est bien présent et si le rythme narratif est relativement lent.
Je me méfiais du dessin, qui me semblait bien plus brouillon que ce que la couverture laissait croire. A la lecture, j'ai finalement trouvé un style en accord total avec l'esprit de la bd mais aussi très riche dans ses détails. La colorisation limite volontairement la palette des couleurs et opte pour un style "passé". Ce n'est pas mon style préféré mais, dans le cas présent, cela marche plutôt bien.
Au final, et bien je me réjouis de lire le second tome pour découvrir l'autre face de cette pièce en deux actes. Ce premier récit, qui à la limite peut se lire comme un one-shot, m'a mis plus que l'eau à la bouche !!
Le deuxième tome nous offre l’autre face de la pièce, avec un autre personnage mis en avant pour la circonstance.
Il sera donc question de musique et non plus de boxe, même si les deux histoires sont étroitement liées (il y a unité de temps et souvent de lieux). J’ai trouvé cette partie un peu moins prenante. J’avais un peu le sentiment que les auteurs devaient tellement consacrer d’énergie à imbriquer les deux histoires sans laisser place à la moindre incohérence (et c’est, je pense, très réussi de ce point de vue) qu’ils n’ont plus su construire un récit aussi prenant pour R.J., guitariste talentueux et naïf, que pour Jack Doyle, le boxeur désabusé.
J’ai tout de même apprécié le fait que tout se tient et que chaque pan de ce diptyque nourrit finalement l’autre. Le scénario est bien pensé et bien construit et comme le premier tome m’avait vraiment bien plu, je conserve cette note de 4/5.
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Fils du Soleil
Avouons le tout de suite, Fabien Nury nous a concocté un scénario plus que réussi à partir des nouvelles de Jack London, auteur que l'on connait beaucoup plus par son intérêt pour les grands froids que par son tempérament d'aventurier sous le soleil. Il faut dire qu'à la lecture de cette bande dessinée, l'histoire m'a immédiatement replongé dans les meilleurs films "maritimes" d'Hollywood, des "Contrebandiers de Moonflit" à "La perle noire", que l'on découvrait dans la désormais mythique "Dernière Séance" Même le dessin d'Eric Henninot conserve un aspect assez rétro qui peut faire songer à celui de William Vance (avec " Bruce J. Hawker"), et dans un premier temps, les couleurs employées m'ont un peu rebuté; à tel point qu'une version en noir& blanc aurait suffi à mes yeux. Et pourtant, avec les pages consacrées à la tempête, cet album est d'une beauté incroyable. Amateurs d'aventures, embarquez vite à bord du vaisseau "Wonder", vous ne regretterez pas votre voyage, même s'il sera évidemment mouvementé. Un des meilleurs albums de cette rentrée 2014, sans aucun doute.
Seuls
Seuls, ou le Club des Cinq version fantastico-thriller... Eh bien voilà une excellente bande dessinée, dont le succès mérité ne se dément pas et qui à mon avis ne va pas aller decrescendo, le duo d'auteurs ambitionne de produire pas moins de vingt tomes (et même plus) ! On a donc là affaire à une future série fleuve, ce qui détonne assez d'ailleurs avec la tendance actuelle qui se satisfait de peu de volumes par série. D'entrée de jeu, on se retrouve plongé au coeur d'un nébuleux mystère : un beau jour, dans ce qui m'a tout l'air d'être une banlieue française, cinq gamins se réveillent et découvrent avec effroi que la ville a été subitement abandonnée et qu'ils se retrouvent...seuls ! Absolument seuls dans ce qui devient rapidement une jungle d'asphalte et de béton, sans plus aucune tutelle parentale, livrés à leur seule ingéniosité pour survivre. Dans cette épreuve, Dodji, Yvan, Leïla, Camille et Terry, puisqu'il faut bien nommer nos cinq héros, vont péniblement apprendre les vertus de l'unité et du courage. Cependant une question, angoissante, obsédante, subsiste : mais qu'a t-il donc bien pu arriver au restant de la population ? Que s'est-il passé cette nuit, qui précéda le jour où ils se retrouvèrent esseulés ? Un exode ? Une immense et horrible blague de très mauvais goût ? Au fil des tomes, huit pour l'instant, où le quintet sera amené à voyager, certains pans obscurs de l'énigme vont s'éclaircir (ils vont par exemple rencontrer d'autres enfants esseulés tout comme eux), mais des pans entiers restent encore dans l'ombre et une dizaine de tomes tourbillonnant d'aventures et de périls de toutes sortes nous attendent avant de connaître le fin mot de l'histoire... Fabien Vehlmann, qui est une valeur sûre maintenant du petit monde de la bd, nous a concocté avec son compère belge Bruno Gazzotti une oeuvre envoûtante au scénario malin, baignant dans une bouillabaisse d'idées empruntées pour la plupart aux cadors de la pop culture américaine, je pense avant tout à "2001:l'Odyssée de l'espace" et à "Lost". Intrigue palpitante, pour l'instant cohérente, atmosphère lugubre et oppressante, des protagonistes représentant un joli petit patchwork ethnique, "Seuls", qui a été par deux fois récompensé à Angoulême, accumule les bons points et dégage un vivifiant air de nouveauté. Que demande le peuple ?
RG
RG est sans conteste la meilleure série du genre que j’ai pu lire. Un ancien flic comme scénariste livrant son quotidien, le tout mis en image par un crayonneux. J’avais l’année dernière trouvé très décevante 22, conçue un peu sur le même modèle, mais là, c’est clairement un ou deux crans au dessus ! Le crayonneux en question est Frederik Peeters, dont j’adore les albums qu’il scénarise (en solo ou avec Ibn Al Rabin). Son dessin s’adapte parfaitement aux intrigues et à l’ambiance de la série. Les intrigues des deux albums (deux enquêtes différentes, même si l’on suit dans la continuité les personnages principaux) se laissent lire agréablement. On est dans le quotidien de flics des R.G., dont la personnalité est privilégiée à l’action pure (un peu comme dans la série de Canal « Braquo » ou L.627 de Tavernier je trouve pour ce qui est du ton. Un diptyque à découvrir. A noter qu’un troisième tome est annoncé en fin du second volume, mais il ne verra sans doute jamais le jour. Note réelle 3,5/5.
La Faucheuse des moissons
Le duo gagnant de Sang noir est déjà de retour, avec une nouvelle histoire prenant pied dans la première guerre mondiale. Cette fois-ci il s'agit d'un triptyque, et les auteurs ont donc tout le loisir de raconter tranquillement leur histoire. Celle d'un groupe de gamins, nés à la fin du XIXème siècle, qui vont se retrouver dans l'engrenage le plus cruel qui soit, celui de la guerre. Le premier tome est consacré à la jeunesse de ces gamins, dans un petit village des Alpes, et le récit permet de se rendre compte de leur cohésion, de leurs dissensions aussi, parfois liées à de la jalousie et des sentiments contrariés. C'est assez basique, mais plutôt efficace, puisque l'ambiance monte crescendo et que cet album se referme sur la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne. Des bonus en fin de volume retracent les origines du conflit, et même si elles ont été rabâchées à l'école, ce n'est jamais mauvais de se les remettre en mémoire. Le trait de Julien Monier, à la fois rond et incisif, lui permet de croquer des situations très différentes, aidé par des ambiances colorées plutôt réussies. Dans le deuxième tome les ambiances sont plus sombres, toujours réussies. Dans le deuxième les enfants, devenus de jeunes hommes, entrent de plain-pied dans la guerre. Ils vont y laisser des plumes, et même plus. L'ensemble de la guerre est ainsi traité, de façon un peu rapide cependant. Le troisième tome s'appesantit nettement plus, avec des scènes "classiques" : les bombardements, les corps démembrés, la déshumanisation, la mécanisation, les mutineries, les redditions, la connerie des sous-officiers... Le gaz moutarde... Et une fin émouvante, qui clôture bien cette très belle série.
Les Voleurs de Carthage
Mais que voilà un bon diptyque associant cinq voleurs improbables qui organisent le casse du siècle pendant la chute de Carthage. Débutant sur un ton humoristique, j'avoue que le premier tome m'avait bien plu alors même que je ne trouvais pas totalement sympathiques nos compères. Mais je voulais déjà connaître la suite... Et quelle suite ! En deux tomes, on passe du ton comico tragique à celui tragico-comique. J'ai vraiment été touchée par cette histoire et mon coeur a battu pour ce petit groupe. Au final nous est livré un second tome riche qui nous touche. De l'horreur de certaines pratiques à l'honneur carthagénois, Tanquerelle nous offre un sombre et beau tableau de la chute de Carthage. Sous un ton faussement drôle, on s'attache à observer ces personnages face à la chute de cette civilisation. Tous réagissent différemment face au marasme mais j'ai trouvé que c'était bien amené, pas totalement surprenant, mais complètement prenant ! Ce n'est pas tous les jours qu'on a droit à une telle narration en seulement deux tomes.
La Colonne
Voilà un album bien réjouissant ! Alors que le sujet l’est pourtant beaucoup moins… On y traite en effet d’un des derniers hauts faits de la colonisation française en Afrique à la fin du XIXème siècle, au moment où une colonne était censée faire la jonction avec d’autres pour renforcer l’empire colonial français face aux intérêts anglais ou allemands. La colonne française en question va se comporter de manière ignoble, en procédant à force massacres – au nom d’une mission civilisatrice qui ne semblait pas incompatible avec ce comportement abjecte. La supériorité du Blanc sur le Noir (voir les discours de Jules Ferry à ce propos, ou les textes incroyables de Tocqueville expliquant la nécessité des massacres d’indigènes au moment de la conquête de l’Algérie) justifie alors l’injustifiable. Même si des gens comme Clémenceau avaient à juste titre dénoncé les idées de Ferry devant l’assemblée nationale. L’épisode relaté dans cette série est l’un des plus abjects, mais aussi l’un des plus méconnus (on se demande bien pourquoi…), même si je me rappelle avoir vu un film ou téléfilm il y a quelques années à ce sujet. C’est donc un sujet grave. Mais son traitement est très réussi ! D’abord la petite préface d’un auteur africain (et les références qu’il rappelle) est intéressante et importante. Ensuite Dabitch a su ne pas rester dans le rappel aride des faits, en ajoutant une touche humoristique (les militaires français surjouent parfois, fanfaronnent, et la présence de l’esprit jouant un peu le rôle du chœur antique ajoute aussi un tour comique aux actes et diatribes desdits militaires par ses commentaires décalés). Cela donne un air picaresque et grand guignolesque à cette colonne infernale. Ensuite, il faut dire que le dessin de Dumontheuil est à la fois très bon et en complète harmonie avec le ton de l’album, qui est une vraie réussite. A découvrir, en espérant que le deuxième album de ce diptyque soit à la hauteur formellement (car pour ce qui est du dénouement, nous le connaissons déjà). Pour finir, n’hésitez pas à jeter un œil à la série Africa Dreams qui, dans un style différent, critique aussi fortement la colonisation (ici belge) de l’Afrique au nom d’une prétendue mission civilisatrice. ****************************************************************************** La lecture du deuxième tome qui clôt cette histoire confirme toutes les qualités entrevues dans le premier. Le traitement de l'intrigue et le dessin renforcent à la fois l'horreur de cette histoire et la folie douce ou furieuse qui s'est emparée des militaires français. Lecture et achat fortement recommandés donc !
Scène de crime
Bien avant ces séries géniales que sont Criminal, Incognito ou Gotham Central, en 1999, le trio gagnant Brubaker/Phillips/Lark expérimentait le style de polar noir collant si bien à ses auteurs par cette mini série Scène de Crime qui peut faire office d'introduction à leur travail commun. Delcourt a eu l'excellente initiative de compiler cette petite perle méconnue en un album que je ne peux que recommander à tous les amoureux de Criminal. En effet, on retrouve tout le sel des scénarios de Brubaker dans cette histoire de détective privé à la recherche d'une femme disparue et dont le cheminement va s'avérer surprenant, glauque mais toujours palpitant. Découpé par de petits chapitres courts et utilisant la voix off de Jack Herrigan sur la plupart des cases, cette aventure va s'avérer complexe et relancer le passé de tous les protagonistes y compris celui du héros principal. Vivant chez son oncle, photographe de scènes de crime de renom, Jack est un jeune détective privé au passé plutôt trouble. Sa profession cherche à enterrer ses vieilles addictions alcoolique et une vie sentimentale désastreuse. Aussi ne voit-il pas d'un très bon œil de rendre service à Raymonds, un ancien collègue de son père défunt, un flic tombé sous le courroux de la mafia mais il accepte de bonne grâce en mémoire de services rendus. Retrouver la soeur de la maitresse de Raymonds aurait du être une partie de plaisir mais la mort rapide de cette dernière va le pousser à mettre le doigt dans un engrenage fatal et bien plus complexe que prévu. Ce qui fait et a toujours fait la force des histoires de Brubaker tient en un seul mot : des personnages de papier extrêmement bien pensés et écrit. Ce "Scène de crime" ne déroge pas à la règle par la construction de personnages simples mais remarquablement bien pensés et une habileté à rendre l'ordinaire relativement extraordinaire. Le trait de Phillips et de Lark reste relativement simple mais va droit à l'essentiel. Extrêmement lisible et efficace, l'encrage et la colorisation arrivent à imprégner le décor d'une ambiance pesante et percutante. Qu'il pleuve ou qu'il fasse nuit, le lecteur ressent les sensations comme s'il s'y trouvait. Les sensations reposent sur celles des grands films noirs et j'ai même ressenti quelques similitudes au "Chinatown" de Polanski avec un Jack Nicholson au nez cassé et une foule d’événements échappant à tout contrôle. Mais loin d'être un plagiat, ce Scène de Crime est un tout autre hommage, exploitant comme décor les sectes, les mensonges et les secrets enfouis. L'ensemble est original, subtil et se termine par une conclusion réellement réussi levant le voile sur bien des doutes et pas uniquement sur l'intrigue principale. L'album est complété d'un court récit dit de "Noël" avec les mêmes protagonistes assez anecdotique mais toujours agréable ce qui rend cette édition plus que complète. Remarquable et habile, loin d'être le brouillon des autres séries de Brubaker, Scène de Crime est un polar divertissant et surprenant pas loin d'être aussi indispensable que les œuvres déjà citées. Mieux, il ne s'agit pas d'un péché de jeunesse comme j'ai pu le lire ailleurs mais véritablement d'une perle de jeunesse autonome et qui mériterait d'être aussi reconnue que leurs autres travaux. A ne pas louper.
Rosalie Blum
Un type ordinaire à la vie plutôt morne et casanière décide de suivre une inconnue rencontrée par hasard. Pas par voyeurisme mais juste parce qu'il a déjà vu cette femme sans se rappeler où... et parce qu'il n'a pas grand chose d'autre à faire. On peut dire que le point de départ de cette trilogie est surprenant. Camille Jourdy, par un habile développement de l'intrigue et par l'entrée en scène de tout un tas de personnages aussi originaux qu'attachants, parvient à tenir en haleine le lecteur tout au long de l'histoire. Le ton est réaliste, parfois grave, souvent décalé mais il sonne toujours juste. J'ai bien aimé les dessins, qui sans être extraordinaires, donnent une vraie personnalité au récit. Rosalie Blum est un beau roman graphique, à la fois sensible et intelligent. A découvrir.
Chroniques du temps où Kull était Roi
Voila de la vraie fantasy comme je l'aime, celle qui développe un véritable univers merveilleux de "sword and sorcery", un univers à la Conan. Ce sont 2 Bd très proches avec plein d'éléments communs, et c'est tout à fait normal puisque c'est du Robert Howard. Malheureusement, le personnage de Kull est beaucoup moins connu que Conan, Howard ne s'y étant pas consacré avec autant de sérieux ; en France, il est quasiment inconnu, sauf d'une poignée de fans, la bande ayant été trop peu diffusée. Mais les 2 personnages sont très proches ; comme Conan, Kull règle ses problèmes au fil de l'épée et se confronte aux forces maléfiques, le ton est aussi épique, et la fureur guerrière y est aussi présente. Ce personnage a fait l'objet d'une adaptation ciné en 1997, Kull le Conquérant, avec Kevin Sorbo en roi Kull qui devait récupérer une arme magique censée l'aider à reconquérir son trône. Hélas, cette version est pitoyable, non seulement par l'acteur choisi (qui était déjà un Hercule discutable) totalement dénué de charisme (au moins, Schwarzy en 1981 a donné une force à Conan), mais aussi par le reste du casting peu à la hauteur, par les effets spéciaux complètement fauchés et grossiers, par un réalisateur pas du tout inspiré (pour Conan, John Milius s'était vraiment investi dans sa tâche), et surtout par le scénario d'une indigence totale et complètement fantoche, bourré de ficelles et de scènes bidon. Tout ceci dénaturait un personnage qui n'avait pas besoin de cette grosse daube... C'est pourquoi il faut se rabattre sur cette adaptation BD qui a la chance de bénéficier de 2 pointures des comic book : le texte de Doug Moench est d'une très grande richesse, et le dessin de Bolton est absolument somptueux par son noir et blanc en forme de relief hyperréaliste qui sublime véritablement cet univers chaotique et barbare. J'ai lu l'unique récit paru en France dans un pocket de moyen format édité par Arédit et daté de 1983 qui contenait aussi un récit de Red Sonja, autre personnage de Robert Howard ; le tout était dessiné par Ross Andru. Ce numéro est activement recherché par les collectionneurs. Je sais qu'il existe aussi un autre numéro daté de 1984 dessiné par Buscema sur scéanrio de Roy Thomas que je n'ai pas lu ; celui-ci, je le recherche. Mais cet album Delcourt présentement, se fait hélas de plus en plus rare...
Blue note
Et bien, pour ma part, j'ai franchement bien apprécié ce premier tome. Je ne m'attendais pas à tomber sur ce type de récit, le titre me laissant penser que la musique allait y jouer un rôle plus important (ce qui sera certainement le cas dans le second tome). Mais force m'est de reconnaitre qu'avec Jack Doyle, les auteurs nous offrent une forte personnalité très attachante. Ce boxeur assoiffé d'honnêteté et pourtant manipulé du début à la fin de ce récit est des plus réussis. Tout aussi réussie, l'ambiance de cette fin de prohibition avec ces bars qui n'ont plus de clandestins que le nom, ces mafieux et autres magouilleurs influents, et ces ruelles humides et dégoulinantes de misère. Le récit est copieux, tant en nombre de pages qu'en événements. On n'a pas le temps de s'ennuyer même si le souci d'installer l'ambiance est bien présent et si le rythme narratif est relativement lent. Je me méfiais du dessin, qui me semblait bien plus brouillon que ce que la couverture laissait croire. A la lecture, j'ai finalement trouvé un style en accord total avec l'esprit de la bd mais aussi très riche dans ses détails. La colorisation limite volontairement la palette des couleurs et opte pour un style "passé". Ce n'est pas mon style préféré mais, dans le cas présent, cela marche plutôt bien. Au final, et bien je me réjouis de lire le second tome pour découvrir l'autre face de cette pièce en deux actes. Ce premier récit, qui à la limite peut se lire comme un one-shot, m'a mis plus que l'eau à la bouche !!
Le deuxième tome nous offre l’autre face de la pièce, avec un autre personnage mis en avant pour la circonstance. Il sera donc question de musique et non plus de boxe, même si les deux histoires sont étroitement liées (il y a unité de temps et souvent de lieux). J’ai trouvé cette partie un peu moins prenante. J’avais un peu le sentiment que les auteurs devaient tellement consacrer d’énergie à imbriquer les deux histoires sans laisser place à la moindre incohérence (et c’est, je pense, très réussi de ce point de vue) qu’ils n’ont plus su construire un récit aussi prenant pour R.J., guitariste talentueux et naïf, que pour Jack Doyle, le boxeur désabusé. J’ai tout de même apprécié le fait que tout se tient et que chaque pan de ce diptyque nourrit finalement l’autre. Le scénario est bien pensé et bien construit et comme le premier tome m’avait vraiment bien plu, je conserve cette note de 4/5.