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Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Une fois de plus, Lupano me scotche ! Et pourtant son intrigue est toute simple… Oui mais voilà, le gars a l’art du dialogue, la science du profil psychologique attachant, l’humour à fleur de peau, le don de glisser la petite anecdote mortelle au coin d’une case, là, comme ça, l’air de rien. Résultat : un récit vif, alerte, drôle, surprenant, peuplé de personnages attachants. Le genre de récit où l’on se dit : « Qu’importe la fin, ce qui compte ici, c’est le voyage… ». Sauf que la fin, je suis tout de même très curieux de la découvrir. Avec cet auteur, la surprise est souvent au coin de la route, au détour d’un chemin de traverse aux parfums d’école buissonnière. Cette liberté de ton, cet art de toucher à plusieurs registres dans un seul et même album est une des marques de fabrique de l’auteur. Et toujours ce talent de conteur qui nous offre des séquences magiques comme "le polichinelle dans le tiroir" ou "la sortie de route" (vous me comprenez si vous avez lu cet album ;) ). Et que dire du travail réalisé par Cauuet sinon qu’il est du même niveau que celui de son complice. Le trait est rond et nerveux à la fois, extrêmement expressif et vivant. Les personnages sont croqués avec talent, les cadrages font régulièrement montre d’originalité (ce plan en contre-plongée depuis l’intérieur d’une camionnette en est un bel exemple). La colorisation est au diapason. C’est un sans faute ! J’attends déjà la suite avec impatience !!! Reste le problème de la notation. D’ordinaire, je n’accorde la note maximale qu’à des œuvres qui me semblent avoir contribué à l’évolution de la bande dessinée ou, du moins, qui constituent des tournants décisifs dans la carrière d’auteurs majeurs… A mes yeux, Lupano est devenu sinon majeur du moins incontournable. Et signer après l’excellent « Ma révérence » un album tel que celui-ci m’incite à penser qu’il a atteint un niveau digne du culte.


La série perd une étoile à mes yeux suite à la lecture du deuxième tome. J’ai en effet trouvé celui-ci plus confus, plus éparpillé et moins tranchant que le premier. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai bien aimé ce tome mais plus au point de lui attribuer la note maximale. Par ailleurs, je regrette également certains choix scénaristiques qui nous montrent une nouvelle génération qui se plait à critiquer l’ancienne… mais qui adopte rapidement un profil bas, histoire de ne pas faire de vague, alors qu’elle a les armes pour (un peu) changer le monde. Ce manque d’ambition est peut-être volontaire de la part des auteurs mais il me déçoit, à l’heure actuelle. Ceci dit, cette série figure parmi celles qui m’ont le mieux accroché depuis quelques années. La truculence des personnages est formidable, ce qui me les a rendus attachants en un temps record. J’attends donc la suite avec impatience.

23/04/2014 (MAJ le 18/11/2014) (modifier)
Couverture de la série Mégots et miracles
Mégots et miracles

Voilà un très bon millésime de cette collection de petits albums à l’italienne de l’Institut Pacôme ! Pas courant à trouver, et qui ne paye pas de mine. Mais si vous le rencontrez, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil. Le dessin est bon, simple, même si le petit format gêne parfois la lisibilité. L’histoire est elle aussi fort simple, mais bien menée et intéressante. C’est une sorte de parabole sur la réussite ou la déchéance, et sur l’adaptabilité de chacun à notre monde. Où l’on apprendra à la fin que celui qui tend la main pour l’obole peut aussi s’en servir pour serrer celle invisible du marché… Chute amusante – en plus d’un regard plus ou moins corrosif sur le tourisme de la misère, que je vous encourage à découvrir (comme l’album en général d’ailleurs !).

18/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Fils du Soleil
Fils du Soleil

De la grande aventure dans les mers du Sud : ça sent les embruns et la testostérone… Dans ce bon gros one-shot Fabien Nury délaisse – provisoirement j'espère – les à-côtés de la grande Histoire pour nous gratifier d'une belle adaptation des romans d'aventures maritimes d'il y a un siècle. Deux récits de Jack London en une seule BD ! Il nous transporte aux antipodes, les vraies, là où les voiliers des aventuriers excentriques et vénaux glissent sur des mers aussi turquoises que vicieuses, entre des îles paradisiaques peuplées d'indigènes occasionnellement cannibales ou de joueurs de cartes capables de tirer sur le marin qui oserait mettre pied à terre sans avoir pris la précaution de changer son pagne pour un pantalon… Toute une époque révolue depuis que l'on a implanté un aéroport sur le moindre îlot, que les déchets plastiques s'échouent sur toutes les plages de la planète, que les autochtones ont cessé de boulotter les missionnaires pour boire du Coca, et que Google Earth offre aux quidams la possibilité de naviguer d'îles en îles sans souffrir du mal de mer, de l'humidité ni des fièvres malignes. Sans sombrer dans la nostalgie… je trouve que le bout du monde était plus beau quand il était vraiment inaccessible au commun des mortels. La lecture de Fils du Soleil apporte néanmoins une fraîcheur et un dépaysement réels. Quelque part entre l'aventure exotique à la Jules Verne et l'onirisme des premières planches de la La Ballade de la mer salée (Corto Maltese n°1), Nury invente cette belle histoire de négociants aventuriers rendus fous par la perspective d'une vente de perles. Le scénario est magnifié par le trait nerveux d'Éric Henninot, qui a déjà prouvé son talent pour la représentation des scènes maritimes dans la série Carthago. Il se montre aussi à l'aise pour dépeindre l'ambiance classique de cet album que dans l'univers fantastico-écologique de Christophe Bec. Ses dessins de marine sont dignes du travail de Jean-Yves Delitte sur la série Belem, et il est bien plus à l'aise que ce dernier dans la représentation des personnages, lesquels ont une souplesse de mouvement qui me rappellent dans certaines cases l'immense René Follet. Autant dire que le dessin de cet album est excellent. C'est le genre d'album dont on termine la lecture à regret. Seul bémol : les personnages manquent un peu de charisme, bien qu'ils soient de vrais durs. Peut-être que si le “Fils du Soleil” était amené à vivre d'autres aventures, sa personnalité y gagnerait en densité. Une suite au one-shot… pourquoi pas ? S'il est un scénariste qui est capable de donner une suite à Jack London sans être ridicule, c'est bien Fabien Nury.

17/11/2014 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

Voilà une des bonnes surprises de l'année. Bien sûr c'est le nom de Riad Sattouf qui m'a attiré, bien connu pour ses bandes dessinées à l'humour assez acerbe, particulièrement sur la jeunesse, cf. La Vie secrète des jeunes ou encore Pascal Brutal. Ici l'auteur se dévoile, il raconte son enfance donc forcément c'est plus intime. Cela reste drôle mais ce n'est pas le but premier. C'est dans sa façon de voir les choses et les situations qui sont drôles par elle-mêmes. On sent beaucoup de respect pour son père syrien, diplômé ce qui n'était pas si courant et qui a galéré comme pas deux pour essayer de se faire une place dans le milieu intellectuel si peu valorisé dans son pays d'origine, avec une tentative de travail en Libye au préalable. Bien sûr la mère de l'auteur, bretonne, est présente mais semble plus effacée et discrète, dans ce premier volume du moins, suivant son mari de la Bretagne vers l'étranger et l'inconnu. On ne sait pas trop si elle avait son mot à dire mais elle semble plutôt épanouie. Riad quant à lui préfère de loin la Bretagne et déteste ce pays lointain dont il ne comprend pas la langue et où ses cousins le brutalisent. Petit blondinet un peu trouillard et très chouchouté, son père doit considérer que cela ne lui fait pas de mal d'être un peu malmené. En tout cas il rêve d'un destin pour son fils. Ce sera l'arabe du futur. Ces aventures sont un vrai plaisir à lire, et le dessin n'est pas en reste avec une jolie bichromie. Vivement la suite.

17/11/2014 (modifier)
Par Pedrolito
Note: 4/5
Couverture de la série Green Arrow - Année Un
Green Arrow - Année Un

Oliver Queen, alias Green Arrow, fait partie de cette catégorie de super héros qui n'ont en fait pas grand chose de "super". En effet, notre protagoniste, milliardaire dilettante, qui ne se passionne que pour l'alcool, les femmes et le frisson qu'il ne trouve jamais (tiens, on dirait notre bon vieux Tony Stark) n'a rien d'extraordinaire, si ce n'est sa fortune. Un jour cependant, le destin frappe à sa porte et notre ami se retrouve confronté à une introspection aussi contrainte qu'express : isolé sur une île déserte, le jeune playboy va devoir se débrouiller seul pour survivre dans un monde hostile... A l'instar de Batman - Year one, on nous propose ici de revivre l'instant où la vie de cet homme bascule pour embrasser un destin héroïque. Diggle réussit très bien ce chapitre introductif sur la flèche verte malgré l'étroitesse de liberté que ce genre d'exercice peut offrir. L'action passe très vite et on se retrouve rapidement à la fin du livre, de quoi être frustré. Outre l'aspect scénaristique, je tiens à souligner le magnifique travail de Jock et Baron pour les dessins. Le trait assez grossier, qui peut déstabiliser en premier lieu, colle parfaitement à l'histoire et apporte de l'énergie aux mots de Diggle. Le tout parait très rythmé! Que dire des jeux de couleurs, d'ombres, qui sont juste sublimes... Avis à tous les amateurs qui voudraient (re)découvrir ce super héros : ne passez pas à côté de cet ouvrage qui va devenir la nouvelle référence sur l'origine de l'archer vert.

16/11/2014 (modifier)
Couverture de la série Dans la nuit la liberté nous écoute...
Dans la nuit la liberté nous écoute...

Voilà une bd que je ne m'attendais pas à adorer. Les bd historiques sur les guerres passées ont généralement tendance à me gonfler. J'ai beaucoup apprécié le côté témoignage, et non explication-recul-dialogues que je pensais trouver dans cette bd lorsque j'ai lu les 10 premières pages. C'est un témoignage qui vaut ce qu'il vaut peut être d'un point historique, je suis ne suis pas historien mais que je l'ai trouvé très intéressant : il donne à réfléchir malgré tout. J'ai refermé cette bd en ayant l'impression d'avoir appris un petit quelque chose que je ne saurais bien expliquer, peut être sur le fait d'avoir pris un peu de largeur sur certains points ou tout du moins de se poser quelques questions. J'ai également beaucoup apprécié les carnets de fin qui précisent certains points. Pour l'anecdote, il y a quelques années de ça, atteignant mes 20 ans, je découvrais la guerre d'Indochine que l'on ne m'avait jamais enseigné ni mentionné à l'école. Quand aujourd'hui j'entends que l'on veut réduire les cours d'histoire les bras m'en tombent...

16/11/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Boule à zéro
Boule à zéro

Un petit coup de coeur pour cette BD que j'ai eu le plaisir de lire aujourd'hui. Je l'avais déjà repérée depuis un petit moment avec les avis que j'entendais à gauche et à droite, et je me suis laissé tenter en la voyant. Cette BD est vraiment agréable à lire, elle laisse un goût dans la bouche, comme un bon vin ou un repas que l'on aime. Lorsque la BD est finie, il reste cette petite trace en arrière-plan, une petite pensée qui trotte dans la tête et qui me fait sourire encore maintenant. C'est une histoire de petite fille dans un hôpital, mais pour une fois, ce n'est pas tellement son récit contre la maladie. C'est simplement la vie au jour le jour, avec l'hôpital pour unique horizon et son personnel pour compagnons. J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur arrive à ne pas nous centrer uniquement sur la maladie mais sur la vie, qui continue autant qu'ailleurs, avec ses moments forts et ses moments plus délicats. C'est également le croisement de nombreux malades, de différentes personnes. La BD regorge de petits moments magiques, de cases belles et de petites phrases qui sont lourdes de sens. Mais avec tout ça, c'est une histoire simple qui est présentée à chaque fois. Des petites historiettes sans grands enjeux, mais le contexte nous fournit tout le reste. C'est aussi beaucoup d'humour, dans le style d'une BD pour jeune ou adolescent, mais qui ne tombe jamais dans le lourd. L'atmosphère générale reste sympathique et assez légère, malgré le thème qui est développé, et je tire mon chapeau à l'auteur pour nous offrir ça. Si j'ai mis le coup de coeur, c'est parce que dans ce genre de BD, on peut se planter vite fait. Le dosage est subtil, entre l'humour et le sérieux, les moments forts et les temps plus légers. C'est un exercice d'équilibre, qui peut virer vite dans le pathos ou l'humour lourd, et qui arrive ici à rester bien équilibré. J'ai aimé me plonger dans la vie de cette petite Zita, qui n'est pas la petite fille malade et faible qu'on imaginerait. C'est une fille pétillante de vie, mais qui reste une jeune fille de 13 ans malgré tout. Et pour toutes ces qualités, j'ai été séduit. C'est simple, humain, touchant, c'est agréable à lire, et j'en redemande volontiers.

16/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Petzi
Petzi

Petzi c'est sympa, c'est mignon et c'est la lecture idéale pour les tout petits. J'en possède une dizaine d'exemplaires et à l'occasion les enfants d'amis les feuillettent. Et ils aiment! Cette bande bien que très ancienne possède encore aujourd'hui beaucoup de charme et parle de manière simple des choses essentielles, du moins pour cet âge. Partons en mer avec Amiral tout en mangeant de crêpes au chocolat! Notez que Casterman réédite depuis quelques années cette série. essayez auprès de vos jeunes enfants, ils ne seront pas déçus.

16/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Sylvain et Sylvette
Sylvain et Sylvette

Qui n'a pas dans sa prime jeunesse lu ou feuilleté un album de cette série? Le premier mot qui me vient à l'esprit pour la qualifier c'est: Frais. Ben oui nous sommes ici dans un monde ou les soucis ne durent jamais bien longtemps et ne provoquent pas de burn out. Le monde de Sylvain et Sylvette est totalement irréel, plein de charme, avec ses animaux qui parlent, des méchants sur qui retombent leur funestes desseins. Dans le cadre de mon boulot j'ai fait le test de proposer la lecture de cette bande a des enfants d'aujourd'hui, et bien ça marche! autant que les Simsons. Bien sur au début ils disent c'est pour les bébés mais il suffit d'une page ou deux pour s'immerger dans l'histoire. Alors oui se n'est pas moderne mais ça véhicule suffisamment de thèmes simples (pas simplistes) pour intéresser les plus jeunes.

16/11/2014 (modifier)
Par Pedrolito
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shazam
Shazam

L'excellent Geoff Johns s’intéresse ici à un personnage peu connu de l'univers DC : Shazam. Créé par Beck et Parker en 1940 sous le nom de Captain Marvel, le personnage a connu ses heures de gloire dans les années 1940s. Le personnage a basculé de Marvel à DC dans les années 70 pour devenir Shazam. Geoff Johns reprend ici la genèse du personnage et nous le plonge dans un univers contemporain. On fait donc la connaissance de Billy Batson, jeune enfant élevé par l'assistance publique qui va devenir le nouveau champion de la magie et incarner le super héros Shazam. Johns nous décrit non sans humour l'apprentissage du métier par notre jeune héros, ainsi que ses premières joute contre l'ancien élu de la magie, Black Adam, qui entend bien occuper seul le trône de champion. L'action s’enchaîne sans temps mort avec une très bonne fluidité, le lecteur n'a donc pas le temps de lever le nez de l'ouvrage... la marque des grands! Le tout étant très bien servi par la mise en image de Frank. Du très bon en somme! Je n'en dirais pas d'avantage sur l'histoire pour que les personnes qui ne connaissent pas le personnage (comme moi) puisse le découvrir avec autant d’appétit que moi. Je ne saurais que trop recommander la lecture de cette renaissance du personnage de Shazam par Geoff Johns! Avis aux amateurs de supers héros!

15/11/2014 (modifier)