Dans la nuit la liberté nous écoute...

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 4 avis)

Dans la peau d'un soldat français passé dans le Viet-Minh...


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Documentaires Indochine Les Guerres d'Indochine et du Vietnam

En 1943, Albert a 16 ans. Ulcéré par l'occupation de son pays, il épouse les idéaux communistes... Trois ans plus tard, la France est libre et il s'engage dans l'armée, pour voyager et sortir de sa misère sociale. Dépêché en Indochine « pour combattre les terroristes du Viêt-minh », il ne tarde guère à frayer avec les indigènes, en dépit des consignes de l'état-major. Les exactions commises par ses camarades au nom de la liberté le dégoûtant un peu plus chaque jour, Albert comprend alors qu'être libre, c'est aussi faire des choix, parfois radicaux ! (texte : Le Lombard)

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 23 Septembre 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Dans la nuit la liberté nous écoute...
Les notes (4)
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30/09/2012 | Spooky
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Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

J'ai bien aimé le témoignage de cette vie d'un soldat français qui a changé de camp au nom de valeurs bien supérieures au nationalisme ou devrais-je dire au colonialisme. Il s'agit bien d'une critique féroce contre ce régime qui utilise la propagande habituelle de dire que les autres sont des terroristes. Cela me rappelle des exemples encore récents de peuples qui se battent pour leur indépendance territoriale. Pourtant, des membres de ma famille ont fait la guerre d'Indochine en croyant bien faire. C'est clair que c'est une nouvelle lecture qui apporte plus de réflexions. Le trait graphique n'est pas celui que je préfère mais j'ai bien aimé cette bichromie qui utilise la couleur grise. Par ailleurs, le récit est particulièrement fluide au niveau de sa narration. Un homme est face à son destin et va faire un choix pour être en accord avec lui-même. Je l'admire déjà. Bref, c'est un bel hommage rendu par l'auteur pour un homme hors du commun et pourtant méconnu.

13/06/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Yannou D. Yannou

Voilà une bd que je ne m'attendais pas à adorer. Les bd historiques sur les guerres passées ont généralement tendance à me gonfler. J'ai beaucoup apprécié le côté témoignage, et non explication-recul-dialogues que je pensais trouver dans cette bd lorsque j'ai lu les 10 premières pages. C'est un témoignage qui vaut ce qu'il vaut peut être d'un point historique, je suis ne suis pas historien mais que je l'ai trouvé très intéressant : il donne à réfléchir malgré tout. J'ai refermé cette bd en ayant l'impression d'avoir appris un petit quelque chose que je ne saurais bien expliquer, peut être sur le fait d'avoir pris un peu de largeur sur certains points ou tout du moins de se poser quelques questions. J'ai également beaucoup apprécié les carnets de fin qui précisent certains points. Pour l'anecdote, il y a quelques années de ça, atteignant mes 20 ans, je découvrais la guerre d'Indochine que l'on ne m'avait jamais enseigné ni mentionné à l'école. Quand aujourd'hui j'entends que l'on veut réduire les cours d'histoire les bras m'en tombent...

16/11/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
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Je ne connais aucune guerre coloniale dont la France peut se dire fière, et à juste titre. Celle d’Indochine n’échappe pas à la règle, et comme souvent, l’histoire officielle préfère mettre l’accent sur les bonnes intentions d’une « mission civilisatrice » plutôt que sur ses aspects moins glorieux. A travers cette BD-documentaire, l’auteur tente de rétablir une part de vérité, sans tomber dans le rôle du juge accusateur, en donnant la parole à ces « ennemis » que la République préférait voir comme de dangereux terroristes manipulés par la Chine et l’URSS, alors qu’en fait ils se battaient avant tout pour l’indépendance de leur pays. Albert Clavier, ce jeune soldat qui avait connu l’occupation nazie, ne pouvait qu’être révolté par l’attitude des Français qui parfois recouraient aux mêmes méthodes que leurs envahisseurs. Le trait de Maximilien Le Roy, en apparence hésitant, quasiment à l’état d’esquisse, peut paraître incongru et peu adapté à un ouvrage de BD. Pourtant, l’auteur maîtrise incontestablement les attitudes et les expressions, réalistes et reproduites avec sensibilité. Pas de mise en couleur non plus ici, juste une bichromie un peu monotone aux couleurs d’une guerre sans gloire, pour évoquer un voyage dénué d’exotisme, si lointain soit-il. Une économie de moyens pour un résultat optimal, un parti pris minimalisme permettant de ne pas galvauder le propos, consistant à dénoncer une guerre injuste. Par ailleurs j’ai bien apprécié les portraits photo en annexe, notamment ceux d’Albert Clavier lui-même et de sa jeune épouse vietnamienne Oanh, portraits rendus plus émouvants par la lecture du récit. Témoignage précieux d’un chapitre peu glorieux de l’Histoire de France, cet album est aussi un bel hommage à ce Français citoyen du monde, pour qui les idéaux de justice et de liberté primaient sur un patriotisme aveugle et imbécile, quel qu’en soit le prix à payer : la condamnation à mort infligée par une Marianne amnésique, oublieuse de ses cantiques révolutionnaires.

09/06/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
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Plus je lis les albums de Maximilien Le Roy, plus je le trouve intéressant, à l'instar d'un Joe Sacco, dans le choix de ses reportages dessinés. Ici il nous propose l'histoire d'un soldat français qui, à la fin des années 1940 et au début des '50, se retrouve des deux côtés de la barrière lors de la guerre d'Indochine. Un revirement pour des raisons idéologiques, mais pas seulement, puisque les exactions des colons et de l'armée française le dégoûtent. Mais, et c'est là que le récit devient réellement intéressant, Albert se rend compte que ce n'est pas tout rose du côté du Viet-Minh, malgré les bonnes volontés affichées par son leader, Ho Chi Minh... Une histoire -vraie- tout en nuances, lesquelles sont encore approfondies par un entretien en fin d'ouvrage entre l'auteur et un historien spécialiste du Vietnam. En monochromie kaki, Le Roy nous amène au coeur de ce conflit qui laisse des traces encore 60 ans après, d'autant plus qu'en 2005 une loi promulguée par Chirac reconnaissait le rôle "positif" de la colonisation... Très intéressant.

30/09/2012 (modifier)