Dans la même lignée que Le Voyage des Pères où Jonas, le père de Pierre et André, essayait de ramener ses fils sur le "droit" chemin et les faire sortir de l'influence de Jésus de Nazareth, cet exode de Yona nous plonge dans l'univers biblique.
Figurez vous que l'on retrouve un lointain aïeul de Jonas, prénommé Yona, mener paisiblement sa barque en Égypte au temps de Moïse.
La relation entre Égyptiens et Hébreux est au cœur de l'intrigue, et va rapidement embarquer Yona dans tout un tas d'aventures aussi désopilantes que celles de son lointain descendant!
Ici encore les dessins de Ratte servent magnifiquement l'histoire, les expressions des visages sont criantes de talent, les couleurs sublimes.
Quant au scénario, on rit beaucoup pendant les deux premiers tomes, le troisième est un peu en retrait et le quatrième m'a personnellement déçu... Je trouve la fin un peu précipitée...
C'est un peu comme chez Stendhal, où l'on peut se dire que l'auteur en a assez de ses personnages au bout d'un certain temps, et qu'il les fait mourir coup sur coup à quelques pages d'intervalle (lisez La Chartreuse de Parme), David Ratte a précipité la sortie de son héros, allant un peu trop vite à mon goût vers la conclusion.
En résumé, encore un très bon travail de Ratte, mais la fin aurait pu (du) être traitée avec plus de soin.
Dans une belle adaptation d'un excellent roman de G. Darien, "Le voleur", Belmondo, qui joue le rôle titre du voleur affirme, en matière d'auto-justification: " Je fais un sale métier. Mais j'ai une excuse, je le fais salement !".
C'est un peu cette phrase qui me permet d'expliquer pourquoi je mets 4 étoiles à ce petit album plein de défauts, avec un dessin plutôt laid. C'est que justement, pour les horreurs sorties ici le plus froidement du monde, non seulement cela ne gêne pas, mais je trouve plutôt que cela enlève toute espèce d'excuse, de mauvaise interprétation...
Ici, on est d'emblée dans une série de strips très trash, qui prennent un malin plaisir à révulser tout lecteur ayant gardé souvenir de limites à ne pas franchir dans l'expression: plus une valeur est haut placée, plus elle sera piétinée, et le racisme, l'intolérance, pour ne pas parler de l'impolitesse sont incarnés par les deux héros dont on se demande quand on aura le temps de les juger, tant la surenchère d'humour noir nous empêche de "faire le point".
C'est souvent très con, mais c'est souvent très drôle. Pas toujours, bien sûr. D'abord parce que l'overdose guette. Aussi parce que les gags sont inégaux. Enfin, l'histoire plus longue en fin d'album ne m'a pas trop accroché. De trop pour moi, trop longue, moins drôle, peut-être parce que l’œuvre de démolition du bon goût entreprise par Paf et Hencule (on peut au moins dire qu'ils ne cachent pas leur jeu à l'acheteur/lecteur !) n'est assimilable que par petites touches, fussent-elles sismiques.
A noter que certains gags ne sont QUE de l'humour noir, sans être totalement trash (celui du drive-in au Macdo est pas mal !).
Bref, je sur-note peut-être, mais j'ai beaucoup ri, et le mauvais goût est ici tellement assumé jusqu'au bout, sans aucun alibi, fut-il esthétique, que je suis prêt à faire un effort pour les encourager !
******************************************************************************
Bon, ben voilà, la suite de "Paf et Hencule" est enfin parue, après avoir été retardée par je ne sais quels soucis.
Le deuxième tome de cette série culturelle confirme qu'elle restera très clivante (on l'aime ou on la déteste, mais les sans opinions seront rares).
Si je ne change pas ma note d'origine, je trouve que cet album est un peu en deçà du premier. Je l'ai trouvé un peu moins trash. C'est peut-être aussi que l'effet de surprise ne joue plus, je ne sais pas.
Mais bon, je vous rassure, Paf et Hencule ne sont pas devenus moines, ils sont toujours extrêmement racistes, misogynes, s'attaquent aux enfants et aux animaux. Peut-être moins trash, mais la barre était placée haut, donc ça reste quand même pour amateur du genre. C'est donc toujours trash, con, absurde, et souvent drôle (là aussi un chouia moins que le précédent opus) !
Pas de longue histoire cette fois-ci pour contre balancer les strips de trois cases, mais des dessins pleine page (dont une parodie de Pif Gadget). Le dessin est encore hideux, mais on s'en fout ici (c'est même sûrement volontaire pour être raccord avec les propos).
Jamais deux sans trois j'espère !
Ce sont vraiment deux albums très chouettes, bourrés de qualités, et plutôt originaux je trouve.
D’abord, il faut dire que le coup de crayon de Barbe est franchement excellent. C’est un réel atout, et un réel plaisir pour les yeux (que ce soit pour profiter de ses jeux graphiques très inventifs, ou des courbes attirantes des jeunes femmes).
Ensuite ce talent graphique est ici au service d’une imagination très fertile. En effet, Barbe se livre à une série de jeux graphiques – généralement sur des thématiques érotiques, où les dessins s’enchaînent en se déformant peu à peu. Ce qui permet à Barbe de multiplier les retournements (de corps ou de situation), avec des chutes plus ou moins surprenantes, parfois drôles.
Parfois ce sont de grands dessins uniques, dans un style (graphique un peu, « narratif » aussi – même si les textes sont absents) qui m’a fait parfois penser à Sempé.
Exercice de style intéressant donc, dont je ne peux que vous recommander lecture et achat.
Que c'est bon ! Alors oui, l'héroic fantasy a quelques pères spirituels dont Tolkien. Et alors me direz-vous ? Oui il y a des nains, des humains, des elfes, des sorciers ou des sorcières, des morts qui reviennent à la vie, des batailles homériques et grandioses (ah cette sublime double page !), et surtout des orcs qui pour une fois ne sont pas des gros niais qui ne pensent qu'à bouffer (suivez mon regard..). Les planches où nos héros évoluent sont tout bonnement superbes, une précision dans les paysages qui sont rendus avec une minutie parfaite mais sans avoir l'air d'y toucher.
Alors après, et bien oui j'étais en terrain connu, mais si l'on aime le SDA, mais aussi les plus vieux récits de fantasy voire de fantastique, le chemin est certe balisé, mais nous n'avons pas ici une pâle copie. Les codes sont obligatoires mais là les personnages et l'histoire se démarquent habilement de ce que nous connaissons déjà. Et puis ici, ce que je trouve intéressant, c'est justement le démarquage avec les séries habituelles qui s'opère dans le deuxième cycle. On laisse tomber cette histoire de jeune prétendante au trône qu'il fallait absolument sauver pour partir dans une autre direction avec l'orc Hazngar et la guerrière Onimaku. Personnellement ce duo humain/orc m'emballe beaucoup plus, car bien plus profond qu'un autre duo du même type que je connais !!
Certains pourraient dire que le deuxième cycle surfe sur la mode des séries télé qui cartonnent, mais l'apparition des zombies ne m'a pas plus dérangé que cela.
Si les auteurs savent mener leur barque correctement, c'est à dire ne pas nous faire 50 tomes, ni envoyer leurs héros dans les étoiles ou un futur incertain, je maintiendrai ma note pour une série plaisante, agréable à lire et qui possède le pouvoir de nous donner l'envie de connaitre la suite.
Je n'ai pas trop parlé du dessin qui est vraiment très bon, avec une colorisation ou il n'y a rien à dire. Le découpage et la mise en page sont tout aussi excellents.
En général, je suis pas un grand habitué ou lecteur assidu de comics américains mais ce "Batman-Noël" de Lee Bermejo et de la coloriste Barbara Ciardo m'a vraiment scotché et c'est une "oeuvre" incroyable de beauté.
J'ai rarement vu un comics aussi flamboyant et d'une qualité graphique aussi parfaite.
En ce qui concerne l'histoire, c'est clairement une adaptation du "chant de Noël" de Charles Dickens mais vu sous l'angle Batman et de son inquiétante cité Gotham.
79 planches de grand Art. Chapeau à tous les deux !!
Vraiment un très bon album de la collection Aire Libre de chez Dupuis.
L'histoire est touchante et intelligente. Une famille d'inuits, contre de vaines promesses alléchantes d'un explorateur peu scrupuleux, se rendent à New York et misent en pâture face à la curiosité scientifique et publique des occidentaux. Leur adaptation ne se fera pas sans mal et Minik devra se débrouiller seul ou presque dans un monde bien différent du sien en Antarctique.
Marazano signe un scénario intéressant soutenu par un dessin particulier de Hippolyte qui ne plaira sans doute pas à tout le monde mais je m'y suis habitué assez vite et rendu compte qu'il collait parfaitement au charme de l'histoire de Minik. A découvrir.
Cette BD "Fanchon" de Jean-Claude Servais, c'est vraiment le genre d'histoire que j'apprécie de lire. Une histoire d'amour simple, prenante et bien racontée. L'auteur est fidèle à son univers et tout ce qui fait sa force sont encore une fois réussi dans cet album: la campagne, la forêt, la nature sauvage, les personnages et les drames secrets.
Servais n'a pas son pareil pour illustrer la nature et ses bois avec des planches riches en décors champêtres et un mystère qui se dégage à chacune d'elles.
Un très bon one-shot de la collection Aire Libre de chez Dupuis.
Dans la foulée de In Vitro Veritas et Alea Gesta Est, Lapuss' continue à mettre en scène sa vie de famille dans ce nouveau chapitre, qui raconte ses premiers mois de père. Des premiers mois où sa maturité est fortement battue en brèche, où l'angoisse -et même la panique -naît au moindre hoquet de son enfant, où il se retrouve enseveli sous différentes sécrétions enfantines.
Comme toujours, c'est drôle, irrévérencieux, auto-dérisoire, inconséquent, mais du coup fortement recommandé. Les gentils papas s'y reconnaîtront forcément, et les autres se paieront une bonne tranche de rire devant les couillonnades de l'auteur belge.
Lequel utilise toujours son style "gros nez", très dépouillé (le plus souvent seuls les personnages apparaissent, sans cases. Efficacité maximale avec les dialogues et les situations.
Cette série vaut vraiment la peine d'être découverte; elle est composée d'une très "belle" (surtout très triste) histoire et de personnages intéressants et attachants.
Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de ces trois albums que j'ai d'ailleurs lu d'une traite.
Le destin de cette petite fille surnommée affectueusement "Petit verglas" par François, un fils de paysan, n'est pas des plus communs et sa vie (si on peut appeler cela ainsi) aura été difficile.
Orpheline, recueillie puis enfermée par un professeur-médecin cruel désirant mener sur elle une aberrante expérience "éducative", on devine que l'issue ne pourra être que tragique.
Corbeyran signe un scénario original et prenant soutenu par un graphisme agréable et collant parfaitement au récit.
"La revanche de Bane", c'est le comics à posséder pour tout (ou presque) savoir sur l'un des vilains les plus célèbres de l'univers Batman: le dénommé Bane.
Cet album est divisé en deux parties: la première histoire est consacrée aux origines de Bane, sa naissance et sa jeunesse passée en prison, condamné à payer pour les crimes d'un père qu'il n'a jamais connu, sa métamorphose physique et musculaire par la pratique intensive de la gymnastique en prison, l'expérience militaire pratiquée sur lui, son évasion et son désir de rejoindre Gotham pour affronter le Dark Knight,...
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, j'ai trouvé que le personnage de Bane est loin d'être qu'une brute sans cervelle ne rêvant que de gloire. On se rend compte aussi qu'il est très cultivé (Bane est un passionné de lecture en prison et a soif de savoir et de connaissance), intelligent et si il est devenu ce qu'il est, c'est quelque part en partie à cause de ce monde barbare dans lequel il est né et un destin qui ne lui a jamais fait de cadeau.
La deuxième histoire est aussi intéressante mais, pour ma part, un peu moins prenante que la précédente. Bane part sur les traces de ce père inconnu et va faire par la même occasion la rencontre de Ra's al Ghul et de sa fille Talia qui projètent de lancer une attaque bactériologique sur la ville de Gotham.
Les dessins de Nolan sont très bons, accompagnés de couleurs vives qui sied bien à l'ensemble de l'oeuvre. Cet album sert également de prologue intéressant à la série parallèle "Batman Knightfall"dont le premier tome La Chute verra la conclusion épique de la lutte opposant Bane et notre héros Batman.
Un comics d'assez bonne facture. 3,5/5
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Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona
Dans la même lignée que Le Voyage des Pères où Jonas, le père de Pierre et André, essayait de ramener ses fils sur le "droit" chemin et les faire sortir de l'influence de Jésus de Nazareth, cet exode de Yona nous plonge dans l'univers biblique. Figurez vous que l'on retrouve un lointain aïeul de Jonas, prénommé Yona, mener paisiblement sa barque en Égypte au temps de Moïse. La relation entre Égyptiens et Hébreux est au cœur de l'intrigue, et va rapidement embarquer Yona dans tout un tas d'aventures aussi désopilantes que celles de son lointain descendant! Ici encore les dessins de Ratte servent magnifiquement l'histoire, les expressions des visages sont criantes de talent, les couleurs sublimes. Quant au scénario, on rit beaucoup pendant les deux premiers tomes, le troisième est un peu en retrait et le quatrième m'a personnellement déçu... Je trouve la fin un peu précipitée... C'est un peu comme chez Stendhal, où l'on peut se dire que l'auteur en a assez de ses personnages au bout d'un certain temps, et qu'il les fait mourir coup sur coup à quelques pages d'intervalle (lisez La Chartreuse de Parme), David Ratte a précipité la sortie de son héros, allant un peu trop vite à mon goût vers la conclusion. En résumé, encore un très bon travail de Ratte, mais la fin aurait pu (du) être traitée avec plus de soin.
Paf & Hencule
Dans une belle adaptation d'un excellent roman de G. Darien, "Le voleur", Belmondo, qui joue le rôle titre du voleur affirme, en matière d'auto-justification: " Je fais un sale métier. Mais j'ai une excuse, je le fais salement !". C'est un peu cette phrase qui me permet d'expliquer pourquoi je mets 4 étoiles à ce petit album plein de défauts, avec un dessin plutôt laid. C'est que justement, pour les horreurs sorties ici le plus froidement du monde, non seulement cela ne gêne pas, mais je trouve plutôt que cela enlève toute espèce d'excuse, de mauvaise interprétation... Ici, on est d'emblée dans une série de strips très trash, qui prennent un malin plaisir à révulser tout lecteur ayant gardé souvenir de limites à ne pas franchir dans l'expression: plus une valeur est haut placée, plus elle sera piétinée, et le racisme, l'intolérance, pour ne pas parler de l'impolitesse sont incarnés par les deux héros dont on se demande quand on aura le temps de les juger, tant la surenchère d'humour noir nous empêche de "faire le point". C'est souvent très con, mais c'est souvent très drôle. Pas toujours, bien sûr. D'abord parce que l'overdose guette. Aussi parce que les gags sont inégaux. Enfin, l'histoire plus longue en fin d'album ne m'a pas trop accroché. De trop pour moi, trop longue, moins drôle, peut-être parce que l’œuvre de démolition du bon goût entreprise par Paf et Hencule (on peut au moins dire qu'ils ne cachent pas leur jeu à l'acheteur/lecteur !) n'est assimilable que par petites touches, fussent-elles sismiques. A noter que certains gags ne sont QUE de l'humour noir, sans être totalement trash (celui du drive-in au Macdo est pas mal !). Bref, je sur-note peut-être, mais j'ai beaucoup ri, et le mauvais goût est ici tellement assumé jusqu'au bout, sans aucun alibi, fut-il esthétique, que je suis prêt à faire un effort pour les encourager ! ****************************************************************************** Bon, ben voilà, la suite de "Paf et Hencule" est enfin parue, après avoir été retardée par je ne sais quels soucis. Le deuxième tome de cette série culturelle confirme qu'elle restera très clivante (on l'aime ou on la déteste, mais les sans opinions seront rares). Si je ne change pas ma note d'origine, je trouve que cet album est un peu en deçà du premier. Je l'ai trouvé un peu moins trash. C'est peut-être aussi que l'effet de surprise ne joue plus, je ne sais pas. Mais bon, je vous rassure, Paf et Hencule ne sont pas devenus moines, ils sont toujours extrêmement racistes, misogynes, s'attaquent aux enfants et aux animaux. Peut-être moins trash, mais la barre était placée haut, donc ça reste quand même pour amateur du genre. C'est donc toujours trash, con, absurde, et souvent drôle (là aussi un chouia moins que le précédent opus) ! Pas de longue histoire cette fois-ci pour contre balancer les strips de trois cases, mais des dessins pleine page (dont une parodie de Pif Gadget). Le dessin est encore hideux, mais on s'en fout ici (c'est même sûrement volontaire pour être raccord avec les propos). Jamais deux sans trois j'espère !
Cinéma
Ce sont vraiment deux albums très chouettes, bourrés de qualités, et plutôt originaux je trouve. D’abord, il faut dire que le coup de crayon de Barbe est franchement excellent. C’est un réel atout, et un réel plaisir pour les yeux (que ce soit pour profiter de ses jeux graphiques très inventifs, ou des courbes attirantes des jeunes femmes). Ensuite ce talent graphique est ici au service d’une imagination très fertile. En effet, Barbe se livre à une série de jeux graphiques – généralement sur des thématiques érotiques, où les dessins s’enchaînent en se déformant peu à peu. Ce qui permet à Barbe de multiplier les retournements (de corps ou de situation), avec des chutes plus ou moins surprenantes, parfois drôles. Parfois ce sont de grands dessins uniques, dans un style (graphique un peu, « narratif » aussi – même si les textes sont absents) qui m’a fait parfois penser à Sempé. Exercice de style intéressant donc, dont je ne peux que vous recommander lecture et achat.
Wollodrïn
Que c'est bon ! Alors oui, l'héroic fantasy a quelques pères spirituels dont Tolkien. Et alors me direz-vous ? Oui il y a des nains, des humains, des elfes, des sorciers ou des sorcières, des morts qui reviennent à la vie, des batailles homériques et grandioses (ah cette sublime double page !), et surtout des orcs qui pour une fois ne sont pas des gros niais qui ne pensent qu'à bouffer (suivez mon regard..). Les planches où nos héros évoluent sont tout bonnement superbes, une précision dans les paysages qui sont rendus avec une minutie parfaite mais sans avoir l'air d'y toucher. Alors après, et bien oui j'étais en terrain connu, mais si l'on aime le SDA, mais aussi les plus vieux récits de fantasy voire de fantastique, le chemin est certe balisé, mais nous n'avons pas ici une pâle copie. Les codes sont obligatoires mais là les personnages et l'histoire se démarquent habilement de ce que nous connaissons déjà. Et puis ici, ce que je trouve intéressant, c'est justement le démarquage avec les séries habituelles qui s'opère dans le deuxième cycle. On laisse tomber cette histoire de jeune prétendante au trône qu'il fallait absolument sauver pour partir dans une autre direction avec l'orc Hazngar et la guerrière Onimaku. Personnellement ce duo humain/orc m'emballe beaucoup plus, car bien plus profond qu'un autre duo du même type que je connais !! Certains pourraient dire que le deuxième cycle surfe sur la mode des séries télé qui cartonnent, mais l'apparition des zombies ne m'a pas plus dérangé que cela. Si les auteurs savent mener leur barque correctement, c'est à dire ne pas nous faire 50 tomes, ni envoyer leurs héros dans les étoiles ou un futur incertain, je maintiendrai ma note pour une série plaisante, agréable à lire et qui possède le pouvoir de nous donner l'envie de connaitre la suite. Je n'ai pas trop parlé du dessin qui est vraiment très bon, avec une colorisation ou il n'y a rien à dire. Le découpage et la mise en page sont tout aussi excellents.
Batman - Noël
En général, je suis pas un grand habitué ou lecteur assidu de comics américains mais ce "Batman-Noël" de Lee Bermejo et de la coloriste Barbara Ciardo m'a vraiment scotché et c'est une "oeuvre" incroyable de beauté. J'ai rarement vu un comics aussi flamboyant et d'une qualité graphique aussi parfaite. En ce qui concerne l'histoire, c'est clairement une adaptation du "chant de Noël" de Charles Dickens mais vu sous l'angle Batman et de son inquiétante cité Gotham. 79 planches de grand Art. Chapeau à tous les deux !!
Minik
Vraiment un très bon album de la collection Aire Libre de chez Dupuis. L'histoire est touchante et intelligente. Une famille d'inuits, contre de vaines promesses alléchantes d'un explorateur peu scrupuleux, se rendent à New York et misent en pâture face à la curiosité scientifique et publique des occidentaux. Leur adaptation ne se fera pas sans mal et Minik devra se débrouiller seul ou presque dans un monde bien différent du sien en Antarctique. Marazano signe un scénario intéressant soutenu par un dessin particulier de Hippolyte qui ne plaira sans doute pas à tout le monde mais je m'y suis habitué assez vite et rendu compte qu'il collait parfaitement au charme de l'histoire de Minik. A découvrir.
Fanchon
Cette BD "Fanchon" de Jean-Claude Servais, c'est vraiment le genre d'histoire que j'apprécie de lire. Une histoire d'amour simple, prenante et bien racontée. L'auteur est fidèle à son univers et tout ce qui fait sa force sont encore une fois réussi dans cet album: la campagne, la forêt, la nature sauvage, les personnages et les drames secrets. Servais n'a pas son pareil pour illustrer la nature et ses bois avec des planches riches en décors champêtres et un mystère qui se dégage à chacune d'elles. Un très bon one-shot de la collection Aire Libre de chez Dupuis.
Ma vie de papa
Dans la foulée de In Vitro Veritas et Alea Gesta Est, Lapuss' continue à mettre en scène sa vie de famille dans ce nouveau chapitre, qui raconte ses premiers mois de père. Des premiers mois où sa maturité est fortement battue en brèche, où l'angoisse -et même la panique -naît au moindre hoquet de son enfant, où il se retrouve enseveli sous différentes sécrétions enfantines. Comme toujours, c'est drôle, irrévérencieux, auto-dérisoire, inconséquent, mais du coup fortement recommandé. Les gentils papas s'y reconnaîtront forcément, et les autres se paieront une bonne tranche de rire devant les couillonnades de l'auteur belge. Lequel utilise toujours son style "gros nez", très dépouillé (le plus souvent seuls les personnages apparaissent, sans cases. Efficacité maximale avec les dialogues et les situations.
Petit Verglas
Cette série vaut vraiment la peine d'être découverte; elle est composée d'une très "belle" (surtout très triste) histoire et de personnages intéressants et attachants. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de ces trois albums que j'ai d'ailleurs lu d'une traite. Le destin de cette petite fille surnommée affectueusement "Petit verglas" par François, un fils de paysan, n'est pas des plus communs et sa vie (si on peut appeler cela ainsi) aura été difficile. Orpheline, recueillie puis enfermée par un professeur-médecin cruel désirant mener sur elle une aberrante expérience "éducative", on devine que l'issue ne pourra être que tragique. Corbeyran signe un scénario original et prenant soutenu par un graphisme agréable et collant parfaitement au récit.
La Revanche de Bane
"La revanche de Bane", c'est le comics à posséder pour tout (ou presque) savoir sur l'un des vilains les plus célèbres de l'univers Batman: le dénommé Bane. Cet album est divisé en deux parties: la première histoire est consacrée aux origines de Bane, sa naissance et sa jeunesse passée en prison, condamné à payer pour les crimes d'un père qu'il n'a jamais connu, sa métamorphose physique et musculaire par la pratique intensive de la gymnastique en prison, l'expérience militaire pratiquée sur lui, son évasion et son désir de rejoindre Gotham pour affronter le Dark Knight,... Contrairement à ce que l'on pourrait croire, j'ai trouvé que le personnage de Bane est loin d'être qu'une brute sans cervelle ne rêvant que de gloire. On se rend compte aussi qu'il est très cultivé (Bane est un passionné de lecture en prison et a soif de savoir et de connaissance), intelligent et si il est devenu ce qu'il est, c'est quelque part en partie à cause de ce monde barbare dans lequel il est né et un destin qui ne lui a jamais fait de cadeau. La deuxième histoire est aussi intéressante mais, pour ma part, un peu moins prenante que la précédente. Bane part sur les traces de ce père inconnu et va faire par la même occasion la rencontre de Ra's al Ghul et de sa fille Talia qui projètent de lancer une attaque bactériologique sur la ville de Gotham. Les dessins de Nolan sont très bons, accompagnés de couleurs vives qui sied bien à l'ensemble de l'oeuvre. Cet album sert également de prologue intéressant à la série parallèle "Batman Knightfall"dont le premier tome La Chute verra la conclusion épique de la lutte opposant Bane et notre héros Batman. Un comics d'assez bonne facture. 3,5/5