Les derniers avis (32013 avis)

Couverture de la série La Geste de Gilles de Chin et du dragon de Mons
La Geste de Gilles de Chin et du dragon de Mons

Je ne connaissais de Ptiluc que ses bandes dessinées animalières ayant pour personnages des rats ou des cochons. Ce sont ici des hommes qui se partagent les rôles principaux, à l’exception notoire d’un dragon (d’ailleurs dessiné dans un style « humoristique » qui détonne un peu par rapport au reste des personnages. Même décalage je trouve pour certains dialogues plus familiers au milieu d’un ensemble plus classique : on est dans un moyen-âge de composition). Par contre, on retrouve dans cette série les questionnements métaphysiques, plus ou moins torturés déjà rencontrés dans Pacush Blues ou La Foire aux Cochons par exemple. Gilles de Chin, chevalier de retour de croisades perd ses certitudes et peine à les remplacer par de plus solides, et ses dialogues avec le Sarrasin ne satisfont pleinement aucun des deux. Le dessin des personnages est plutôt bon (même si le décalage de style avec le dragon m’a un peu surpris). Par contre, je trouve le choix des couleurs vraiment excellent, collant bien avec l’ambiance poisseuse, boueuse (pour reprendre l’idée du titre du premier tome). Cela renforce le côté flou (des idées comme de la visibilité de décors souvent vus au travers d’un brouillard). A noter que Ptiluc, au travers des questionnements du héros, nous laisse entrevoir une nouvelle fois son scepticisme vis-à-vis des religions. En tout cas, c’est un diptyque à découvrir

30/12/2014 (modifier)
Couverture de la série La Saga du Grizzli
La Saga du Grizzli

Avec cette série parue en janvier 1971 dans le journal Tintin, en formule maxi-chapitres de 8 planches, Auclair fait encore preuve de ses qualités humanistes. Greg, alors rédac-chef du journal, séduit par cette idéologie, accepte évidemment cette histoire et scénarise la suivante Les Naufragés d'Arroyoka parue aussi en maxi-chapitres. A l'époque, même si le dessin d'Auclair (qui n'avait publié qu'une seule série, Jason Muller) n'était pas tout à fait au point par endroits, l'ensemble me plaisait beaucoup plus par son sujet. L'auteur y déploie un talent graphique pour conter une sorte d'amitié entre un trappeur et un loup, puis les relations fraternelles entre Indiens et trappeurs des montagnes, des valeurs pacifiques, un mode de vie, la culture indienne, et des paysages sauvages de toute beauté... tout ceci me séduisait beaucoup, et il est vrai que comme l'a dit le posteur précédent, la série avait un côté contemplatif et sonnait un peu comme "Jeremiah Johnson", alors que ce film daté de 1972 n'était pas encore sorti. Ce qui est intéressant aussi et qui met en valeur le sujet, c'est la mise en page adoptée par Auclair, plus moderne, constituée de grandes cases et de cadrages de différents formats, procédé encore peu répandu dans la bande dessinée en 1971, et que seul Derib avait à peine testé au journal Tintin dans Go West. La technique a été vite imposée par Greg aux autres dessinateurs, notamment Derib dans Buddy Longway, Cosey dans Jonathan, Vance dans Bruno Brazil ou Paape dans Yorik des tempêtes... Le dessin d'Auclair ici est assez proche de celui de Giraud qui avait collaboré sur Jason Muller ; un peu faible sur les visages, mais dès sa série suivante, il va s'améliorer. Un bel album à découvrir.

29/12/2014 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Plus fort que la haine
Plus fort que la haine

J'avais été quelque peu déçu par la précédente collaboration entre Bresson et Follet dans L'affaire Dominici et je m'attendais au pire... J'ai pourtant été agréablement surpris pas cette histoire qui se situe dans l'Amérique des années 30, en pleine ségrégation raciale, dans le Sud du pays. Un jeune "Afro Américain" pour reprendre la terminologie officielle employée de nos jours, victime du racisme ouvertement affiché de son employeur est renvoyé de son travail avec son père pour avoir osé de rebeller. Autour de lui les maisons de ses semblables sont brulées par le Ku Klux Klan, et certains membres de sa communauté son pendus. Alors que sa mère l'incite à se maitriser et à accepter sa triste condition, il se voit donner l'occasion de libérer la haine qu'il porte en lui par d'autres blancs qui perçoivent très vite ses talents athlétiques: ce sera sur un ring de boxe qu'il pourra les exprimer. Ce sport qui deviendra son gagne pain, lui permettra de changer de vie et de s'extraire de sa condition, et nous le retrouverons quelques années après dans une Amérique plus apaisée, comme il l'est lui même devenu. Bresson réussit à nous raconter une belle histoire qui ne verse pas dans le manichéisme, malheureusement, celle ci (comme dans l'affaire Dominici) aurait mérité bien plus que 48 pages. C'est un format beaucoup trop court pour retranscrire la psychologie des personnages, et nous faire traverser tout un pan de l'histoire des Etats-Unis. Cela conduit le scénariste à faire un saut dans le temps pour retrouver le héros une fois père de famille, après avoir combattu durant la grande guerre; mais ces moments là sont beaucoup trop vite évoqués, alors que de plus amples développements semblaient nécessaires. Et puis il y a aussi le dessin de Follet, toujours au lavis, qui reste d'une grande qualité , même si son coup de crayon est sans doute moins précis qu'il ne l'était. Mais peut-on vraiment reprocher cela à un dessinateur de 84 ans? Ce coup de crayon autour du noir et du blanc semble réellement adapté à la noirceur du récit. Continuer à dessiner, et à bien dessiner à cet âge là reste une vraie performance pour ce grand dessinateur qu'est René FOLLET. Si ses fans seront de nouveau ravis par cette histoire, nulle doute que d'autres pourront l'être également.

29/12/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Batman - Année 100
Batman - Année 100

Quelle claque! Je ne suis absolument pas un spécialiste de Batman, bien sûr j'ai vu les films qui en ont été tirés et j'avoue avoir bien accroché aux trois derniers. Dans cette BD ce qui me plaît le plus c'est justement le côté très sombre, malsain qui se dégage de l'ensemble. Le dessin n'est pas le plus léché du monde mais c'est justement ce qui fait sa force. Au même titre que le monde qui nous est proposé, le Batman est cabossé, vieilli, il fonce, il n'a pas le temps de s'arrêter. Nous sommes très loin de Bruce Wayne qui entre deux claques aux méchants se repose dans son manoir en sirotant un drink apporté par ce bon Alfred. Dans ce monde ultra pessimiste, Batman lutte contre un état autoritaire et corrompu. Paul Pope lui donne une allure de dernier rempart contre l'inhumanité avec un scénario qui va à cent à l'heure où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Pour une première approche de Batman j'avoue ne pas avoir été déçu, j'irai voir d'autres récits peut être moins noirs, mais encore une fois c'est vraiment du lourd! Chapeau!

29/12/2014 (MAJ le 29/12/2014) (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ralph Azham
Ralph Azham

Me lancer dans cette série était un petit pari car parmi mes précédentes lectures des autres œuvres de Trondheim, j'avais certes bien aimé les Donjons mais assez diversement le reste et surtout très peu les Lapinot. Et comme généralement je n'aime pas l'heroic fantasy... Mais je la sentais bien cette série que j'imaginais plus proche de l'esprit de Donjon que du reste. Et bien m'en a pris car je me suis régalé. Il m'a fallu un tome pour rentrer dedans, pour être touché par l'esprit et le ton de Ralph Azham. Mais à partir du moment où la sauce a commencé à prendre je n'ai pas pu lâcher la série avant la fin. Moi qui n'aime pas les quêtes d'héroic-fantasy qui m'ennuient au plus haut point, celle là m'a passionné. Pour de multiples raisons : Parce que le ton est génial. Forcément un peu décalé, j'ai beaucoup apprécié les nombreuses touches d'humour. Il y a vraiment pas mal de situations improbables et décalées qui fonctionnent hyper bien. Et que dire des nombreuses répliques amusantes qui agrémentent les dialogues ? Tout ça donne un esprit que j'ai vraiment apprécié et qui contribue totalement au plaisir de lire ces aventures. Parce que le personnage de Ralph est attachant. Gentil, simple, entier, naïf, drôle. Bref, vraiment attachant. Parce que le dessin faussement enfantin colle à merveille à ce récit et il contribue parfaitement à rendre cette histoire amusante et passionnante. Parce que les pouvoirs des "bleuis" sont vraiment très originaux, amusants ou les deux. Et qu'à un moment ou un autre ils servent l'histoire, donc c'est bien vu. Et quand c'est de manière amusante c'est encore plus fort. Et tout simplement parce que cette aventure est prenante, qu'au fil des rebondissements, j'avais vraiment envie de connaitre la suite de cette histoire. Parce que ça a l'air naïf parfois, parce que certaines péripéties semblent juste là pour déconner. Mais, souvent, plus tard on retrouve un lien avec des événements passés qui prennent plus de sens. Tout ça est cohérent, prenant, rudement bien imaginé. Pour toutes ces raisons j'ai dévoré cette série et je la recommande chaudement.

29/12/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les 110 Pilules
Les 110 Pilules

Magnifique! Quel dessin! Magnus nous livre ici ce que j'oserais appeler une petite pépite. Son trait en noir et blanc est d'une grande finesse tant dans les corps que les lieux où ils évoluent. Car ici si le propos est bien de montrer différents aspects des joutes amoureuses, les décors sont particulièrement travaillés de même que certains drapés de vêtements, si, si il y en a, qui possèdent un mouvement très aérien, gracieux. L'histoire, car il y en a une, est tirée de vieux contes chinois et nous montre la quête insatiable d'un homme pour le plaisir et la volupté. Magnus a signé là un immanquable de la littérature érotique que même les non amateurs de ce type de bande se doivent d'avoir lu, ne serait-ce que pour la très grande qualité graphique de l'oeuvre.

28/12/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Niji-iro Tohgarashi
Niji-iro Tohgarashi

3.5 Une bonne série d'Adachi qui s'éloigne des séries de sports qu'il a l'habitude de faire. Son futur qui ressemble au Japon du moyen-âge est plutôt intéressant. L'histoire est prenante quoiqu'il a fallu quelques chapitres pour rentrer totalement dans l'histoire, les premiers chapitres étant un peu moyens et ne semblant que mettre l'action en place. Après, cela devient une série passionnante avec un bon mélange d'aventure, de suspense et d'humour. Cet humour manque d'ailleurs souvent de subtilité, mais il me fait souvent rire et sourire. Le dessin d'Adachi est excellent comme d'habitude. J'adore son style.

28/12/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

2 ans après la sortie du dernier tome de Peter Pan, voici donc le nouveau projet de Régis Loisel. Un projet encore différent de ce qu'il a fait auparavant, puisque "Magasin général" est une chronique rurale, prenant pied dans un petit village québécois entre les deux guerres. Et surtout, un projet réalisé à quatre mains avec son compère Jean-Louis Tripp, autant au scénario qu'au dessin. Alors qu'on pensait que Loisel était l'exemple même de l'individualisme, il surprend son monde en réussissant son osmose avec Tripp pour ce projet. Car on peut parler véritablement d'osmose. Entre le trait "jeté" de Loisel et l'encrage inventif de Tripp, les auteurs ont réussi à trouver un style médian, qui se nourrit des qualités de chacun. Le charme opère presque totalement avec cette histoire. Dans le Nouveau-Monde, beaucoup de villages isolés ne vivaient qu'autour de leurs magasins généraux. Mais d'habitude, nous les Européens, nous ne voyons ça qu'au travers de séries comme La Petite maison dans la prairie ou d'autres, un peu mièvres, faites au Québec. Et en général on se moque de leur accent. L'avantage d'une BD, c'est qu'on n'entend pas les personnages. Ce qui n'empêche pas Tripp et Loisel de retranscrire de belle façon la faconde et le langage fleuri des Québécois, au travers d'expressions bien choisies, mais aussi l'esprit un peu coquin, goguenard si propre à nos cousins. Le résultat ? Une BD d'une extraordinaire fraîcheur, qui parvient à rendre passionnante une histoire pourtant assez banale, sublimée par le talent de deux auteurs en état de grâce. Et une fin qui respecte les canons de la série : magnifique.

25/06/2006 (MAJ le 27/12/2014) (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

J'avais été grandement interpellé par l'avis de SKamby sur cette magnifique bd arrivée de nulle part jamais entendu parler de ces auteurs) et je me suis donc empressé d'écrire une lettre recommandée au père noël qui a réussi à choper le dernier tome qui restait quelques jours avant Noël. Enfin terminée la lecture et c'est superbe ! Tout comme les 2 avis précédents j'ai tout d'abord été emballé par l'originalité du concept (un superbe album noir et blanc, ou plutôt avec niveaux de gris informatisés du plus bel effet, des intermèdes sous formes de textes nous présentant l'arbre généalogiques des terribles ogres...). Et puis surtout par la magnificence de ce décor de châteaux gigantesques type mont Saint Michel mais reconstitué au fur et à mesure des dimensions variables des générations d'ogres. Enfin non, le truc qui m'a emballé tout de suite c'est bien sûr cette histoire féerique type conte de fée avec une bonne louche horrifique (je parle bien sûr de l'aspect cannibale et horrible des ogres passant leur temps à festoyer ou à grignoter des troncs humains). Ils ont vraiment des mines terrifiantes (hormis les 2 ogresses ) et tout cela nous rappelle la nature profondément cruelle et horrible du mythe de l'ogre. L'ogre, le vrai, celui qui dévore les humains qu'on avait tendance à oublier dans nombre de récits l'humanisant le plus souvent. Bref sur cet aspect c'est réussi à 200%. Le dessinateur joue merveilleusement bien avec les différences de tailles, certains ogres étant nettement plus grands que d'autres. Donc les visages et les membres sont parfois énormes (et donc plus blancs et immaculés) que certains autres personnages ou architectures plus détaillés, sombres et fouillés. En revanche j'ai eu une micro-déception en refermant les pages de cet album que j'ai tout de même dévoré. Je m'attendais à plus d'aventures, une fin encore meilleure ou que cet album ne s'arrête pas tellement j'étais bien dans cet univers. J'en voulais beaucoup plus. C'est finalement un tout petit peu convenu dans les péripéties. Presque Disney (la mine du héros et de sa " princesse"). Mais je pinaille et du Disney avec des ogres terrifiants qui dévorent des troncs humains dans un labyrinthe de châteaux et d'églises gigantesques j'en veux bien tous les jours ^^

25/12/2014 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Le Legs de l'alchimiste
Le Legs de l'alchimiste

Le Legs de l'alchimiste est une jolie découverte. Il faut dire qu’avec un scénariste de la trempe d’Hubert, on peut légitimement avoir pas mal d’attentes. Magie noire, alchimie, ésotérisme, société secrète : le cocktail est savoureux et la saga est vraiment passionnante à lire. D’autant que le procédé narratif est efficace. En effet, chaque volume se passe à une époque différente, tout en gardant le fil de l’intrigue. Les personnages sont développés et attachants. Certains apparaissent dans plusieurs tomes à différents moments de leur vie. Les dessins modernes de Tanquerelle font merveille et donnent à la série un petit côté Tim Burton tout à fait agréable. Il est dommage que les deux derniers tomes soient réalisés par un autre dessinateur. Le rendu, bien que dans la continuité du trait de Tanquerelle, n’est pas du même niveau. Le Legs de l'alchimiste est une belle série à découvrir.

24/12/2014 (modifier)