Les derniers avis (32012 avis)

Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Notes
Notes

Il m’aura donc fallu attendre le numéro 9 de ces « Notes » pour qu’enfin j’ai le bonheur de découvrir cet auteur. Ce mec a un talent fou, on a l’impression qu’il dessine comme il respire, que chez lui le dessin est plus qu’un art, tout simplement un langage à part entière comme l’écriture peut l’être pour les écrivains. Le bougre confie d’ailleurs ne pas recourir aux croquis. A croire qu’il pourrait tout dessiner, aussi à l’aise dans le dessin humoristique que dans l’aquarelle, se payant même le luxe de réaliser des estampes japonaises. Il suffit pour s’en rendre compte de consulter son blog bouletcorp.com. La plupart du temps en noir et blanc avec ponctuellement quelques touches de couleurs, ces « beaux dessins plein de petits traits », qui pourraient évoquer Crumb ou Moebius, impressionnent aussi par leur fluidité, leur sens du mouvement et du cadrage, mais surtout par leur folle expressivité dans la caricature, engendrant chez le lecteur une irrépressible envie de rire. Boulet étant le personnage principal de ses histoires courtes tirées de son blog, il fait preuve de beaucoup d’autodérision, peut-être un moyen de ne pas se choper le cigare, ce qui serait tentant lorsque comme lui on possède un tel talent. Sa façon est telle de ne pas se prendre au sérieux qu’il parvient à nouer une complicité immédiate avec le lecteur. Déjà suffisamment torturé, Boulet s’accroche à son âme de gosse, on ne saurait le blâmer, mais ne lui dites pas que « les dessinateurs sont de grands enfants ». Ça a le don de le mettre hors de lui, du coup il a les arguments pour assassiner une fois pour toutes ce cliché idiot, comme il le fait dans le tome 9. Boulet est un auteur aussi talentueux qu’attachant, et ce seul tome m’aura suffit pour être définitivement conquis. Je vais de ce pas me mettre en quête des huit précédents…

02/01/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série François-Ferdinand
François-Ferdinand

J'ai lu il n'y a pas si longtemps la biographie consacré à Gavrilo Princip dont les deux balles allaient tuer 10 millions de personnes. En l'occurence, nous passons du côté du point de vue du successeur attitré de l'empereur François-Joseph. On se rend compte que François-Ferdinand n'était point aimé de l'empereur et qu'il n'était finalement qu'un rouage, qu'un prétexte pour livrer une guerre nationaliste sans merci. J'ai bien apprécié ce portrait sans concession qui le montre comme un bon père de famille et mari aimant mais également comme un sale raciste. Des qualités mais également de gros défauts. Il est clair que le destin n'a pas voulu qu'il monte sur le trône afin de perpétuer la tradition des Habsbourg. On va revivre cette tragédie dans les moindres détails. Grâce à ce one-shot, on arrive à mieux comprendre les rouages qui ont amené à la Première Guerre Mondiale. Le cahier final est plutôt bien réalisé pour comprendre les enjeux. J'ai d'ailleurs commencé à le lire avant d'entamer ma lecture. Bref, les amateurs d'Histoire aimeront.

02/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Le Songe de Siwel
Le Songe de Siwel

Voilà encore un bien bel album du duo d’Enfin Libre. Et encore une fois c’est une histoire originale qu’il nous propose. Résumer cette histoire est assez difficile. C’est une « rêverie », comme l’indique le titre, et qui comporte une bonne part de poésie. De l’humour aussi (nombreux jeux de mots). Si les auteurs expriment en fin d’album la dette contractée envers Dante, Lewis Caroll, Stevenson ou autre Lewis Trondheim (qui « prête » ici son Lapinot), l’album peut se lire et s’apprécier sans connaître ces références (trame ou personnages). Même si les maîtriser donne plus de sel à la balade de Siwel au milieu d’un univers poétique, et réellement inspiré. Le dessin est sympa, et le travail de colorisation (dans une sorte d’aquarelle) est très beau. C’est vraiment une réussite, qui mérite d’être (re)découverte. Et qui confirme le très grand talent des auteurs !

02/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Universal War Two
Universal War Two

J’avais un peu peur en découvrant la « suite » de UW1 que cela ne gâche l’excellent souvenir que j’en avais, et que ce ne soit qu’une suite inutile, comme beaucoup de séries à succès en ont hélas subies (suivez mes regards…). Après lecture des deux premiers tomes de cette série qui en comprendra six, comme la précédente, je suis en grande partie rassuré. D’abord le dessin de Bajram est toujours assez bluffant, impeccable, que ce soit pour les personnages ou les décors. Et la colorisation est aussi parfaite pour mettre en valeur ces aventures spatiales. L’histoire elle-même, qui me paraissait un peu poussive au tout début, se révèle rapidement prenante, et ce sans que des rebondissements plus ou moins artificiels ne l’entretiennent. Je suis embarqué dans cette nouvelle guerre, et vais donc suivre le mouvement – comme Kalish d’ailleurs ! Même si je trouve l'intrigue moins prenante et sophistiquée que dans UW1, d'où ma note moins élevée (note réelle 3,5/5). L’habillage des couvertures intérieures des albums est semblable à celui d’UW1, et l’aventure progresse là aussi, scandée par des citations plus ou moins bibliques. C’est quand même bluffant de constater la maîtrise de Bajram, qui semble avoir conçu dès le départ cet univers en trois séries de six albums, sans que pour l’instant on ne ressente de remplissage. Dans la lignée d’UW1, une série qui vaut le détour !

01/01/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage d'Abel
Le Voyage d'Abel

Seulement édité à 1000 exemplaires, cet ouvrage de 72 pages m'a été chaudement recommandé par mon libraire. Bien lui en a pris car cette histoire d'Abel, agriculteur malgré lui, tient à la fois de la tragédie, du comique et de la poésie. Cette chronique sociale peut parfois faire songer à l'univers de Simon Hureau ou encore de celui d'Etienne Davodeau mais Lisa Belvent apporte dans son scénario une touche de réalisme du quotidien qui touche le lecteur (les courses, le café, les contraintes de l'agriculteur...), le tout appuyé par un superbe dessin de Bruno Duhamel qui restitue avec talent des situations le plus souvent cocasses (le running gag du chien par exemple). Mais cela n'est pas tout, Duhamel nous offre des scènes champêtres de toute beauté. Un livre drôle, émouvant et surtout formidablement bien construit qui aurait pu prendre comme sous-titre, ce vers de Giraudoux: "Veux-tu connaitre le monde? ferme les yeux , Rosemonde" Une belle surprise pour ce début d'année.

01/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Elfes
Elfes

Le concept est très bon avec ces équipes de différents dessinateurs et scénaristes pour explorer à leur façon les différentes races elfiques. Les couvertures sont attirantes, le design, le visuel d'ensemble, l'univers développé avec en plus la carte en pages de garde qui permet de bien situer les peuples rencontrés dans ces albums ; tout est magnifique et fait de façon soignée, aussi quand on ouvre un des albums indépendants les uns des autres (ça aussi c'est bien) qui brassent tous les peuples (non seulement les elfes mais aussi orks, hommes, feljs, nains...) qu'on rencontre en fantasy, on se dit qu'on va entrer dans un monde magique et fascinant, car les elfes sont un peuple fascinant. L'impression première que j'avais n'a pas été trahie, c'est vraiment une belle idée cette série, avec un habillage bien travaillé : architectures fantastiques, décors fabuleux dont certains rappellent ceux des films de Peter Jackson, sans oublier la richesse du texte qui complète l'ensemble de fort belle façon. L'un des défauts de cette série-concept est l'inégalité entre les albums, et particulièrement le tome 1 qui normalement est censé attirer et rassurer le lecteur en lui donnant envie de continuer ; ce tome 1 n'est absolument pas accrocheur à cause de la faiblesse du scénario, je n'ai aimé que le dessin qui est beau, mais comme j'ai un faible pour tout ce qui est elfique, j'ai continué. Le tome 2 rectifie le tir : c'est une intéressante tentative de rapprochement entre hommes et elfes sylvains, il y a de belles pages. Le tome 3 est encore un album assez moyen sur une histoire de traque de dragon, je ne l'ai pas trouvée vraiment originale, et le dessin plus rond se rapproche trop des productions Soleil de fantasy un peu humoristiques, genre Le Chant d'Excalibur, Les Brumes d'Asceltis ou Marlysa, je préfère les dessins plus racés de Duarté ou Bordier. Le tome 4 est celui que je préfère, c'est le meilleur que j'ai lu, le plus beau graphiquement ; Bordier et Corbeyran réussissent une belle histoire avec un scénario habile et de belles scènes de combat. Le tome 5 est très beau graphiquement, c'est le plus sombre, qui explore le côté obscur des elfes, il y a quelque chose de fascinant là-dedans même si je n'aime pas tout, mais ça reste un bon album. Le grand atout de la série est incontestablement son unité graphique, avec un choix de dessinateurs aux styles voisins qui procurent un visuel superbe et très soigné dans les décors, les parures, armes, costumes elfiques, ornementations etc.. Je ne sais pas ce qui est prévu, et pour l'instant je n'ai lu que ce premier cycle de 5, mais je trouve que l'entreprise globale est une réussite, elle emmène le lecteur dans un monde imaginaire d'une belle richesse, et je souhaiterais qu'à la fin, il y ait un album qui réunisse plusieurs protagonistes des différents épisodes, ça pourrait être grandiose..

31/12/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série DareDevil - La Mort d'Elektra
DareDevil - La Mort d'Elektra

3.5 J'avais déjà lu ces deux épisodes dans une intégrale et je ne m'en suis souvenu que lorsque je me suis mis à lire l'album ! C'est ça qui arrive lorsqu'on lit trop de bandes dessinées, on a parfois des trous de mémoire et on ne souvient pas de tout ce que l'on a lu. La première histoire est l'une des histoires les plus connues de Daredevil et curieusement c'est l'une des histoires de Frank Miller sur ce super-héros qui m'a le moins impressionné. Peut-être que c'était formidable et inattendu lorsque c'est sorti et que cela a un peu mal vieilli car j'ai trouvé ce récit moyen et je n'ai pas ressenti de la tension ou de l'émotion en la lisant. Ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas le chef d'oeuvre qu'on m'avait vanté. Et puis il faut dire qu'Elektra me laisse indifférent et que cet épisode était un peu le dénouement d'une histoire commencé plusieurs numéros avant la mort d'Elektra. J'aurais mieux apprécier de lire toute l'histoire. La deuxième histoire est bien mieux et c'est l'un de mes épisodes préférés de la période Daredevil de Frank Miller. La narration est superbe et cette fois-ci j'ai ressenti de la tension et de l'émotion en lisant le récit. Il y a donc deux histoires qui sont pour moi de qualités inégales et je recommande l'album pour la deuxième histoire qui est de bonne qualité.

30/12/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Caravane
Caravane

3.5 Une bonne série quoique je regrette qu'il n'y ait que 2 tomes car je trouve qu'il y avait de la matière pour plusieurs albums et le tome 2 me semble parfois un peu précipité, mais en même temps c'est bien que l'auteur n'ait pas inutilement étiré son scénario. L'univers créé est intéressant. L'auteur prend des clichés (les mutants qui se font rejeter par les humains) et fait un truc plutôt original. Il y a beaucoup de péripéties et je ne me suis pas du tout ennuyé. Le scénario est bien maîtrisé (quoique comme je l'ai déjà écrit il y a certains passages dans le tome 2 où le scénario va un peu trop vite) et les personnages sont intéressants. Le dessin est bon quoique ce n'est pas un style que j'aime particulièrement. J'aime bien comment il est dynamique.

30/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Malefosse
Malefosse

Sans doute saisi par le regret d'avoir abandonné la saga Malefosse reprise par Goepfert, Dermaut a éprouvé le besoin d'y revenir en contant la rencontre de ses 2 héros Gunther et Pritz 30 ans avant les événements de la série-mère, au sein d'un contexte historique qui est déjà la rivalité qui couve entre papistes et huguenots. Le début commence un peu à la manière de Lagardère ("Où que tu ailles, je te retrouverai, je t'ai marqué!"), mais très vite, une suite d'événements s'enchaînent sans temps morts à propos d'une sombre affaire dans laquelle sont mêlés les 2 futurs compagnons de Les Chemins de Malefosse, et dont la première rencontre est assez musclée ; leur amitié date donc de ces années 1560. Dermaut et Gelot réutilisent les mêmes recettes qui ont si bien fonctionné, à savoir entremêler les péripéties et les personnages réels comme Jeanne d'Albret, Coligny, Condé ou Théodore de Bèze, disciple genevois de Calvin à qui échoit un rôle ambigu... avec les futurs héros de la saga Malefosse. Le tout est accompli avec soin au travers d'un scénario habile (avec beaucoup moins de paillardise) et illustré par la perfection graphique de Dermaut. Le traitement en couleurs directes donne un rendu beaucoup plus policé et séduisant à ce préquel, le trait est plus fin, c'est une vraie splendeur ce dessin, aussi bien dans la finition et l'exactitude des décors que dans la régularité des visages, vraiment du grand art ! Et quand en plus, il m'est permis d'y voir mes vieilles tours de La Rochelle (qui étaient reliées par une chaîne la nuit pour fermer le port), au pied desquelles j'ai grandi, c'est un vrai plaisir. Leur aspect est aujourd'hui légèrement différent. D'autres monuments de l'ancienne Rupella apparaissent bien reproduits par Dermaut, comme la tour de la Grosse Horloge ou la Maison Henri II (cet édifice est en réalité inachevé, c'est une simple façade, le fond est vide). De même que l'épisode du jeune Henri de Navarre tombé dans le port est véridique, c'est un soldat qui s'est jeté à l'eau pour le sauver de la noyade, et aujourd'hui encore, l'Hôtel de Ville conserve la statue polychrome d' Henri IV qui lors de son règne est toujours resté "le bien bon amy des Rochelois". Au cours de l'action, les 2 amis passent par l'Hôpital des pèlerins de Pons (à 92 km de La Rochelle), leur progression est encore plus rapide lorsqu'il arrivent à Bordeaux (en passant par la belle Porte Cailhau qui ouvrait à l'époque le rempart sur les quais de la Garonne), ça fait encore 90 km en très peu de temps, surtout par les routes du XVIème siècle et à cheval : ils devraient être éreintés, mais par la magie des ellipses en BD, tout est possible. Même chose pour la Brèche de Roland dans les Pyrénées : c'est totalement invraisemblable ; aujourd'hui pour y arriver, il faut compter 4 h à pied et sous la conduite d'un guide de montagne expérimenté, alors imaginez en 1560... Mis à part ces facilités (qui ont pour seul avantage d'offrir des décors intéressants), je ne vais pas chipoter, je me suis régalé avec ce diptyque sur l'un des futurs duos de légende de la bande dessinée. Mais depuis 2009, rien à l'horizon, espérons que ça va continuer parce que des séries historiques de cet acabit, j'en redemande..

30/12/2014 (modifier)
Couverture de la série La Geste de Gilles de Chin et du dragon de Mons
La Geste de Gilles de Chin et du dragon de Mons

Je ne connaissais de Ptiluc que ses bandes dessinées animalières ayant pour personnages des rats ou des cochons. Ce sont ici des hommes qui se partagent les rôles principaux, à l’exception notoire d’un dragon (d’ailleurs dessiné dans un style « humoristique » qui détonne un peu par rapport au reste des personnages. Même décalage je trouve pour certains dialogues plus familiers au milieu d’un ensemble plus classique : on est dans un moyen-âge de composition). Par contre, on retrouve dans cette série les questionnements métaphysiques, plus ou moins torturés déjà rencontrés dans Pacush Blues ou La Foire aux Cochons par exemple. Gilles de Chin, chevalier de retour de croisades perd ses certitudes et peine à les remplacer par de plus solides, et ses dialogues avec le Sarrasin ne satisfont pleinement aucun des deux. Le dessin des personnages est plutôt bon (même si le décalage de style avec le dragon m’a un peu surpris). Par contre, je trouve le choix des couleurs vraiment excellent, collant bien avec l’ambiance poisseuse, boueuse (pour reprendre l’idée du titre du premier tome). Cela renforce le côté flou (des idées comme de la visibilité de décors souvent vus au travers d’un brouillard). A noter que Ptiluc, au travers des questionnements du héros, nous laisse entrevoir une nouvelle fois son scepticisme vis-à-vis des religions. En tout cas, c’est un diptyque à découvrir

30/12/2014 (modifier)