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Couverture de la série Murdervale
Murdervale

J’ai découvert récemment le travail de Cifuentes chez le même éditeur, avec la série Whodunnit ?, parue presque en même temps, et que j’avais bien aimée, même s’il n’était alors qu’au dessin. Il est ici auteur complet, se chargeant aussi des couleurs. Concernant le dessin justement, je l’ai trouvé ici moins attrayant. Propre et très lisible, il fait parfaitement le boulot. Mais je l’ai trouvé un peu moins vif et chatoyant que sur « Whodunnit ? » (la colorisation est aussi plus terne ici). Pour ce qui est de l’histoire c’est relativement classique, tout en restant quelque peu obscur par endroits sur les deux tomes parus (deux premiers tomes publiés en même temps, le troisième conclura rapidement – il est prévu pour janvier 2024, c’est une série rondement menée et/ou publiée). Du fantastique qui tourne autour d’une sorte de malédiction, de l’action d’une sorte de sorcière, dans un bled paumé, Murdervale donc, dans lequel a débarqué par hasard un jeune couple (Sara et Victor) qui venait y soigner son mal de vivre (très mauvaise pioche !). Le deuxième tome remet le couvert, puisque Murdervale joue sur l’attraction/répulsion. Alors qu’à la fin du premier les deux amoureux avaient réussi à échapper à l’atmosphère oppressante du village (il y a un peu du « Cauchemar d’Innsmouth » de Lovecraft dans cette intrigue et ce village malfaisant coupé du monde), c’est Sara qui y retourne, pour y chercher Victor, depuis disparu. L’intrigue joue avant tout sur une ambiance étrange et inquiétante, sur des apparitions menaçantes d’êtres étranges, sur une vieille histoire d’enfants sacrifiés dans un pacte faustien, etc. Pas forcément mon truc, mais ça se laisse lire aisément. Il y manque juste un peu de densité, il y a quelques longueurs. A voir comment Cifuentes va conclure la série et retomber sur ses pattes (le plus difficile dans ce genre d’histoire ésotérique et fantastique).

21/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Batman - One Bad Day - Le Pingouin
Batman - One Bad Day - Le Pingouin

Une idée de base très sympa mais qui peine à rentrer dans le carcan de la collection, trop peu de pages pour une histoire si ambitieuse, ça aurait pu être bien mieux avec un meilleur développement, un peu dommage. Alors attention, l’album est honnête, c’est bien réalisé. Il y a de chouettes trucs, le cahier des charges est bien rempli, sale journée pour le Pingouin. J’ai particulièrement apprécié la présentation de notre personnage déchu (la 1ere planche de la galerie est en tout point admirable), la relation avec Batman m’a semblé juste, par contre les 2nds couteaux m’ont laissé sur ma fin. Mais ce que je reproche à l’œuvre, c’est son côté un peu expéditif, ça va vite et du coup ça n’échappe pas à quelques facilités. A ce titre, je trouve la scène avec son ex banquier particulièrement loupée. Donc voilà, c’est loin d’être honteux, ça se laisse lire tranquille, c’est divertissant mais vous terminerez avec ce sentiment d’un récit un peu sacrifié.

20/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Tati et le film sans fin
Tati et le film sans fin

Tati a réussi à créer un personnage (Monsieur Hulot) avec lequel il a souvent fini par se confondre. Sa filmographie n’est pas si grande que ça, mais il pouvait et peut encore s’enorgueillir d’avoir un noyau dur de fidèles, qui ont su reconnaitre en lui un génie – en tant que cinéaste, mais aussi en tant qu’acteur. Un acteur « vieille école », plus proche du mime que d’autre chose. Un acteur à ranger aux côtés de Chaplin, Lloyd ou Keaton, même si son « style » un peu lunaire, extérieurement peu dynamique, le rapproche plus de Keaton que des exubérants Chaplin et Lloyd. Si le dessin de Supiot (que j’avais beaucoup apprécié ailleurs) n’est pas ici ce que je préfère, je dois dire qu’il est très clair, lisible, et qu’il rend bien le personnage de Tati/Hulot, faussement statique. Quant à l’album lui-même, c’est un hommage assez classique, qui suit une trame chronologique et s’attarde sur les films qui ont fait de Tati un auteur à part. Un album intéressant, bien mené, sur un artiste original et attachant, sans doute un peu trop décalé pour « son temps » (il est amusant qu’on lui ait fait le reproche de défendre une « France » passéiste, d’avoir une vision quelque peu réactionnaire sur certains films, pour ensuite rester froid devant la modernité de « Playtime »).

20/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Âromm
Âromm

Une lecture sympathique et agréable. On peut reprocher sans doute à Zentner un scénario parfois mollasson, une narration évanescente. Mais l’intrigue se laisse lire sans problème. Dans le cadre des nomades des steppes – cadre assez violent – se déroule une histoire qui sonne comme un drame de l’antiquité grecque, où la fatalité, les promesses faites aux parents (ici à un père) et aux dieux, enchainent les hommes à leur destin. Si l’histoire est finalement assez simple et linéaire, je l’ai bien aimée. Quant au dessin de Pellejero, il est toujours aussi esthétique et personnel. Affaire de goûts ensuite, mais le fait est qu’il est très clair, lisible, jouant sur une colorisation tranchée qui donne à son dessin des accointances avec quelques œuvres du Blau Reiter). Et j’aime bien son trait gras et expressif. C’est un bon diptyque.

20/11/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Pol polaire
Pol polaire

Une série jeunesse sympathique qui parle d'écologie aux enfants. En effet, dans le premier tome notre ours et sa famille ont parfois de la difficulté à vivre dans le pôle nord à cause de la fonte des glaces et dans le tome suivant ils voyagent et découvrent la réalité des déchets jetés à la mer qui causent des problèmes aux animaux. Le ton de la série est sympathique même si l'humour s'adresse surtout aux enfants. Il y a des situations qui sentent le réchauffé pour le lecteur adulte comme toutes les histoires où l'ours essaie d'attraper la phoque pour la manger et évidemment cela rate toujours comme dans n'importe quel cartoon du type Bip-bip et Coyote. Un bon point est que vers la fin du premier tome apparait une quête (la recherche de la mère de famille qui a disparu il y a quelques années) qui va faire en sorte qu'on change de décors dans le second tome et la suite s'annonce aussi dans un environnement différent des deux premiers tomes. C'est bien, cela permet à la série de se renouveler et de ne pas faire du surplace comme la plupart des séries humoristiques à gags. Les tomes sont composés d'histoires humoristiques qui vont d'une à plusieurs pages et la plupart des chutes sont correctes, même si cela fait surtout sourire passé un certain âge. L'autrice montre des problèmes écologiques sans tomber dans du moralisme chiant et facile. Ajoutons que le dessin est vraiment dynamique et que les couleurs sont très belles. C'est vraiment le genre de BD que je conseille aux parents qui voudraient une BD moderne pour leurs enfants.

19/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Magritte - Ceci n'est pas une biographie
Magritte - Ceci n'est pas une biographie

Le mouvement surréaliste, ses idées, ses actions, ses protagonistes (passés et présents) ont depuis longtemps su m’arracher à la morne réalité. Si Magritte n’est pas le peintre surréaliste que je préfère, j’aime bien ce qu’il nous donne à voir. Et je suis aussi étonné que ce soit sans doute le peintre surréaliste le plus apprécié, alors que pourtant son œuvre est des plus intellectuelles, et qu’elle cache, derrière les faux-semblants qui l’ont rendue « accrocheuse » (le style « réaliste » volontairement très académique, des tableaux épurés, etc.) un questionnement souvent pointu, une volonté de bouleverser les sens. Enfin bon, Magritte est un grand peintre. Le sous-titre, « Ceci n’est pas une biographie », fait bien sûr référence à l’un des plus célèbres tableaux de Magritte. Mais il livre aussi la clé de lecture, tant on s’écarte ici d’une « biographie classique ». Il peut y avoir quelque chose de frustrant. Ses compagnons du groupe surréaliste – et son action même au sein de ce mouvement (groupe surréaliste belge bien sûr, mais aussi les actions menées en coordination avec le groupe parisien) ne sont pas passés sous silence, mais ils ne sont évoqués qu’à la marge. Pas grand-chose sur sa relation pas toujours simple avec Breton (au passage, « l’autorité despotique de Breton » évoquée au cours d’un dialogue ne fait que répéter un cliché qui demande encore d’être étayé…). Et seuls Nougé et Scutenaire sont évoqués, rien des autres membres du groupe belge. Si les changements de styles et d’intérêt sont évoqués brièvement, rien sur la période « jockeys », pourtant intrigante (et pas celle qui m’attire le plus a priori). J’ai pris le parti de suivre le récit des auteurs non pas comme une biographie (car alors il y aurait d’important manques et biais !), et donc de ne pas me focaliser sur ce que j’attendais, mais sur ce que propose Zabus, à savoir un récit décousu, qui nous donne à voir « par la bande », quelques aspects de la personnalité et de l’œuvre de Magritte, en laissant beaucoup de choses en retrait. Nombre de tableaux sont retranscrits, ou évoqués (quelques autres sources, dont de Chirico aussi), même si le dessin de Campi (pourtant très lisible et loin d’être laid) n’est pas ici ma tasse de thé. Même si le lecteur qui ne connait pas trop Magritte, sa vie et son œuvre n’aura ici qu’une vision superficielle de tout ça, cet album propose tout de même une approche originale et pas dénuée d’intérêt de ce personnage qui cachait derrière une vie « bourgeoise » et une peinture presque académique une vision décalée et révoltée de la société et de ses fondements.

19/11/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Vers le sud
Vers le sud

Cet album est le sixième de la collection "25 images" des éditions Martin de Halleux. C'est la publication du tout premier roman sans paroles de Frans Masereel 25 images de la passion d'un homme en 2019 qui donna l'idée de cette collection. Un hommage au maître. Blair Landis (L'Accident de chasse) relève le défi des contraintes imposés par l'éditeur. Une narration muette, une image par planche dans un merveilleux noir et blanc. Le tout en seulement 25 images. Une lecture rapide en librairie, l'histoire du dernier voyage d'un homme âgé. La fin d'une vie où la nature est omniprésente. Une migration poétique et fantastique, chacun pourra en faire son interprétation, surtout après avoir découvert la dernière planche. Captivant, original et intrigant. Le point fort de cet album est incontestablement le dessin de Landis, un noir et blanc hachuré et austère qui donne une âme au récit. Il faut avoir l'œil partout pour profiter des magnifiques tableaux qui composent cette fable. On reconnaît au premier coup d’œil l'influence qu'Edward Gorey (Edward Gorey - Une anthologie) a eu sur l'auteur. Une très belle découverte. Une curiosité.

19/11/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 3/5
Couverture de la série Batman - One Bad Day - Catwoman
Batman - One Bad Day - Catwoman

Entre "Bof, sans plus" et "Pas mal" ! C'est le second album que je lis dans cette série que je trouve basée sur une bonne idée. Une fois encore, le résultat est assez décevant tant l'histoire est rapide et manque d'approfondissements. Pourtant, les retournements de situations fonctionnent assez bien et il y a du rythme. Graphiquement, c'est plutôt réussi, avec une mise en valeur de Catwoman très correcte mais ça ne suffit pas à sauver l'album. Disons 2.5 arrondi à 3 pour l'idée et le dessin.

18/11/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Monica
Monica

Avec "Monica", Daniel Clowes nous propose de passer au crible son Amérique à travers la vie assez traumatique de Monica. De sa "tendre" enfance à sa fin de vie, elle va passer par tous les états et les personnages qu'elle va croiser ou côtoyer, semblent tous plus dégénérés les uns que les autres à quelques rares exceptions. Elle grandit de déceptions en déceptions, se construisant une forme d'armure "morale" tout en poursuivant sa quête : retrouver sa mère et trouver qui est son père. J'ai toujours été attiré par le travail de Daniel Clowes, même si certains de ses albums me sont parus assez hermétiques. C'est aussi ce qui fait sa marque de fabrique, mais quand ça devient trop perché et difficile à suivre j'avoue ne pas adhérer. Là je ressors un peu le cul entre deux chaises, tant les références semblent denses et la partie autobiographique de l'auteur pas facile à dissocier de la fiction. Mais j'adore me laisser porter par ce graphisme si singulier, reconnaissable entre mille. Ce petit côté "vintage" tant dans le trait que dans la colorisation continue de me séduire et je me laisse tenter à chaque fois dès que je vois le nom de Clowes. Pour le coup, je pense que cet album appelle quelques relectures et quelques recherches sur la vie de l'auteur pour essayer d'en saisir davantage la portée et la profondeur. (3.5/5)

18/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Moto-Taxi - À bécane au Bénin
Moto-Taxi - À bécane au Bénin

Je poursuis la découverte de la BD africaine avec cette série béninoise. Hodall Béo nous propose une série de gags autour des motos-taxis si présentes sur toutes les routes du continent. Chaque planche présente un gag sur les déboires des conducteurs (les zems) ou leurs passagers. C'est un humour gentillet quelquefois naïf qui fait sourire. Je pense que ces histoires doivent bien faire rire un public qui a vécu nombre de ces situations. C'est un tableau frais et dépaysant du vécu des habitants du Bénin mais aussi de nombreux autres pays d'Afrique. J'ai bien aimé le trait humoristique de l'auteur. Il est expressif et réussit à transmettre son humour gentil. Une lecture découverte bien agréable.

18/11/2023 (modifier)