J'ai apprécié la lecture de ce diptyque policier. Corbeyran et Gourdon choisissent un parti pris assez audacieux d'une histoire policière sans flingue, course poursuite ou méchant stéréotypé.
Dans la paisible ville de Bordeaux les auteurs préfèrent nous proposer une enquête qui fait le quotidien de la police avec des enquêtes de voisinage et des informations glanées malgré les barrières du secret professionnel.
Les personnages sont bien travaillés avec une inspectrice sourde très attachante. En outre la description de l'équipe qui entoure Maya donne une ambiance intimiste assez crédible d'un tel groupe.
Le final est suffisamment original pour conclure de façon touchante une histoire simple mais bien construite.
Le graphisme de Horne travail très bien l'ambiance de la ville mais j'ai une réserve sur le graphisme des visages qui ne m'ont pas tous séduit.
Une lecture détente agréable avec des personnages aux profils psy bien exploités. Un bon 3
Paru initialement chez Marabout, cet album a été réédité par Dargaud ces jours derniers. Je ne saurais dire si les deux versions sont identiques mais il est possible que la nouvelle version ait été complétée par quelques pages ‘bonus’ en fin d’album. Des pages sans grand intérêt qui ne justifient pas l’achat, de toute façon.
Mais si ces pages ne justifient pas l’achat, le récit principal, lui, m’a plutôt bien plu. Il est agréable à lire, très fluide, très ‘facile’ avec ce ton bon enfant un brin sarcastique. Il permet de suivre le chantier d’un grand projet individuel (une immense maison pour un couple barcelonais qui a les moyens et les caprices qui les accompagnent). Le personnage central est une jeune architecte employée par un cabinet du cru (son patron est présenté comme une sommité difficile à vivre mais géniale et compétente).
Lecture sympathique mais, pour un chantier de cette envergure, les pépins auxquels est confrontée l’héroïne sont plus qu’anodins. Tout se passe extrêmement bien ! Du permis de bâtir aux finitions, aucun gros couac ne vient entraver cette construction. Autre aspect un peu trop léger à mon goût, la dimension technique et écologique du projet n’est en rien expliquée alors que la jeune architecte nous est présentée comme, justement, une adepte d’une construction plus respectueuse de l’environnement (et donc moins énergivore et moins polluante). Ici, on comprend juste que nous sommes sur un projet en ossature-bois et le plus gros enjeu est de conserver un pin présent sur la propriété.
Le dessin apporte de la fraicheur et de la vie au récit. Son côté caricatural permet d’accentuer les réactions des personnages (le patron exalté, les corps de métiers qui se chamaillent) mais sa souplesse n’est pas trop en phase avec cette thématique ‘architecturale’ (sans les plans fournis à la fin de l’album, il est difficile de ‘comprendre’ le bâtiment et la disposition des pièces sur seule base des dessins proposés dans le récit).
Donc voilà, c’est frais, c’est léger, c’est vivant, c’est sympathique, c’est ‘facile’. Pas mal, en somme. Mais pas plus. Mais facile à relire.
2.5
Une biographie de Lovecraft qui mélange la réalité et la fiction parce que c'est scénarisé comme si c'était un récit de Lovecraft et on va donc avoir droit à plusieurs hallucinations de monstres.
Je me demande d'ailleurs si ce procédé ne joue pas contre cet album parce que j'ai vraiment l'impression que cela s'adressait aux fans de l'écrivain qui vont comprendre les clins d'œil. Quelqu'un qui ne connait pas Lovecraft risque d'être un peu perdu.
Personnellement, j'ai bien aimé comment on montrait les nombreuses nervosités de l'écrivain, mais j'ai aussi trouvé que cette biographie était poussif par moment et que Breccia père avait installé une meilleur atmosphère dans ses adaptation de Lovecraft que ce que son fils fait ici.
Un nouveau roman graphique sur l'identité de genre, ou la frontière floue entre deux genres, chez Jungle. Ca me rappelle une autre BD assez proche, sans retrouver son titre. Peu importe, concentrons nous sur celle-là.
Nous avons donc une histoire d'amour, un brin contrariée parce que ne correspondant pas aux standards de la famille de l'une des deux jeunes personnes, qui évolue cahin-caha pendant l'adolescence. Et puis le harcèlement subi par les deux par une de leurs camarades, qui les amène à commettre l'irréparable, ou presque. En guise de punition, les deux jeunes se retrouvent dans une colonie d'été où ielles vont devoir faire leurs preuves, mais aussi apprendre à grandir, à prendre leurs responsabilités, et réfléchir sur qui ielles veulent être. C'est plutôt bien foutu, avec une trame au présent entrecoupée de flash-backs redescendant le temps depuis les cinq années précédentes. Cela aide bien à comprendre les motivations et l'état d'esprit de Dylan et Leighton. Ce qu'iels ont vécu, le jeu de dupes auquel iels doivent se soumettre, et au final, les décisions qu'iels doivent prendre. C'est très respectueux de la philosophie queer, identité dans laquelle indiquent se trouver les deux personnes ayant réalisé cette BD, collaboration américano-allemande.
Dozerdraws a d'ailleurs un style très comics, ce qui a probablement facilité sa collaboration avec Jennie Wood. Les couleurs informatiques sont des aplats tout simples, rendant le tout très lisible.
A noter, en bonus, un petit tuto dessiné pour faire des avions de papier super efficaces, ainsi qu'une page donnant de nombreuses adresses et coordonnées utiles pour les personnes ayant des soucis avec leur identité de genre.
Comme le titre le laisse supposer, une histoire de famille un soir de réveillon. La vieille maman essaie tous les ans de réunir sous son toit ses quatre enfants et espère bien y réussir cette année.
Seulement chacun d’eux a ses petits problèmes de couple ou d’amour propre à gérer et les petits conflits larvés entre eux vont se raviver lors de cet évènement. Pas de grande surprise, une tranche de vie de gens plus ou moins ordinaires. Assez bien rendu je dois dire, même si personnellement ce n’est pas mon genre de prédilection.
J’ai bien aimé le dessin, les ambiances de Noël strasbourgeois sont agréables à l’oeil, même si j’ai eu l’impression de quelques distorsions dans les visages, c’est plutôt charmant.
Agréable, mais pas inoubliable non plus.
Les personnes rousses sont victimes de brimades diverses et variées, l’autrice en a vraisemblablement vécu pas mal, surtout dans ses jeunes années. Elle en profite pour faire un bilan des préjugés contre les roux dans l’histoire.
C’est intéressant, plutôt bien raconté et le va-et-vient entre la partie documentaire et la partie témoignage permet de conserver l’intérêt du sujet. Elle en tire un bilan positif et j’imagine que l’écriture lui a servi pour tirer une certaine fierté de cette différence.
Le dessin est agréable, avec une colorisation on ne peut plus lumineuse, on est dans toutes les nuances de roux.
Pour ma part un emprunt en bibli m’a suffi, mais une découverte plutôt sympathique.
Blutch ne fait pas partie de mes auteurs favoris, j’ai toujours eu du mal avec ses productions (excepté Donjon).
C’est grâce à notre cow-boy que je me suis lancé dans l’aventure.
Et bien je dois dire que son Lucky Luke est pas mal du tout. Il fournit du bon boulot, un bel hommage.
Graphiquement, il impose son style tout en rappelant les codes couleurs, je n’ai tiqué que sur les chevaux aériens. Sinon à défaut d’être beau, c’est efficace.
Il s’en tire mieux avec son intrigue, j’ai retrouvé les codes de la série mère, plus ou moins dense mais surtout rythmé. Les retournements ou humour sont dans l’ensemble bien amenés, une lecture fluide et plaisante. Une aventure qui ne démériterait pas à s’y inscrire donc, mais l’auteur insuffle un peu de modernité avec ces enfants, notre héros étant plus à l’aise avec son gun qu’en tuteur, cette idée amène pas mal de piquant (j’ai bien aimé le coup du saloon).
Avec celui de König, le meilleur lu dans la collection.
J’ai lu ce premier tome avec mon fils Oscar (11 ans, bientôt 12), et on a trouvé l’histoire sympa, mais sans plus.
Les thèmes vont bien entendu plaire aux jeunes : jeux vidéo, réalité virtuelle, virus mystérieux. Les évènements sont intrigants, on se demande qui est derrière « Totem », mais disons que l’intrigue n’avance pas beaucoup dans ce premier tome, qui ressemble plutôt à une longue introduction. Reste à voir si l’histoire décolle dans le tome 2, que nous lirons sans doute à l’occasion.
La mise en image de James Christ et Elsa Chanal est réussie et parfaitement adaptée à ce genre d’histoire.
Un bon premier tome, à confirmer dans le second.
La série mère Solo a suffisamment fonctionné pour que l’auteur agrandisse son univers en proposant des histoires annexes avec d’autres dessinateurs.
Chemins tracés est le premier récit sorti dans ce contexte, il se démarquera un peu des suivants dans la forme. Pas de one shot comme avec Alphas ou Lyra mais bien une nouvelle série, je rage un peu d’ailleurs, il a fallu attendre 4 ans le 2eme tome et la série est toujours en cours … ça prend son temps (trop a mon goût).
Nous retrouvons l’univers post apocalypse et cannibale mais cette fois nous allons nous attacher au destin de Fortuna, une jeune chatte qui devra survivre seule sur les routes après la mort de sa famille. Jusque là rien de vraiment nouveau mais Oscar Martin amène une quête à notre héroïne (encore un peu obscure), cette dernière reprend le flambeau de sa famille, elle balise son parcours tout en consignant le chemin dans un livre …
En fait, l’espèce des chats a l’air bien plus complexe dans son fonctionnement que ce que nous avons pu voir dans Solo où ils apparaissent comme une menace sérieuse mais barbare.
Le 1er tome (mon préféré) retrace les jeunes années de Fortuna après la mort de sa famille, entre apprentissage, survie, amour … jusqu’à trouver son but dans l’existence.
Le 2eme m’a à moitié convaincu avec le personnage de Siro et surtout son rôle, ça donne du corps à la société des chats (castes …) mais j’ai cette méchante impression d’être toujours dans le flou, on a le comment mais pas le pourquoi.
Il faudra attendre la suite pour en découvrir plus. A noter que l’on aperçoit dans le tome 6 de Solo, un chat avec un bouquin.
Aux dessins, Alvaro Iglesias s’applique, un style plus raide et hachuré que Solo mais efficace et agréable, ses personnages sont sympas tout comme les couleurs. Il faudrait juste qu’il soit plus productif, en plus les albums ne sont pas bien épais.
Une lecture honnête mais qui manque toutefois d’un peu de coffre pour me combler totalement.
Une lecture sympa – très sympa même. Mais à laquelle il manque un je ne sais quoi pour la faire sortir d’un certain ronronnement, comme Rabaté sait pourtant souvent le faire avec causticité.
Jouant sur une accumulation de « hasards » (bons ou mauvais) autour de Martin, le personnage principal, le scénario nous gratifie de quelques « probabilités » amusantes. Et de quelques clins d’œil à Tati (un Monsieur Hulot dévalant impassible un trottoir verglacé), à Hergé (un raseur nommé Séraphin Lanterne emmerde régulièrement Martin avec sa sollicitude collante).
La narration est plaisante, mais comme je l’ai dit elle manque d’aspérités.
Le dessin de Ravard est simple, mais très agréable. Il accompagne très bien le récit, et il ajoute une touche de douceur à cette « feel good story ».
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Port de la Lune
J'ai apprécié la lecture de ce diptyque policier. Corbeyran et Gourdon choisissent un parti pris assez audacieux d'une histoire policière sans flingue, course poursuite ou méchant stéréotypé. Dans la paisible ville de Bordeaux les auteurs préfèrent nous proposer une enquête qui fait le quotidien de la police avec des enquêtes de voisinage et des informations glanées malgré les barrières du secret professionnel. Les personnages sont bien travaillés avec une inspectrice sourde très attachante. En outre la description de l'équipe qui entoure Maya donne une ambiance intimiste assez crédible d'un tel groupe. Le final est suffisamment original pour conclure de façon touchante une histoire simple mais bien construite. Le graphisme de Horne travail très bien l'ambiance de la ville mais j'ai une réserve sur le graphisme des visages qui ne m'ont pas tous séduit. Une lecture détente agréable avec des personnages aux profils psy bien exploités. Un bon 3
Le Chantier (Grolleau/Fabre)
Paru initialement chez Marabout, cet album a été réédité par Dargaud ces jours derniers. Je ne saurais dire si les deux versions sont identiques mais il est possible que la nouvelle version ait été complétée par quelques pages ‘bonus’ en fin d’album. Des pages sans grand intérêt qui ne justifient pas l’achat, de toute façon. Mais si ces pages ne justifient pas l’achat, le récit principal, lui, m’a plutôt bien plu. Il est agréable à lire, très fluide, très ‘facile’ avec ce ton bon enfant un brin sarcastique. Il permet de suivre le chantier d’un grand projet individuel (une immense maison pour un couple barcelonais qui a les moyens et les caprices qui les accompagnent). Le personnage central est une jeune architecte employée par un cabinet du cru (son patron est présenté comme une sommité difficile à vivre mais géniale et compétente). Lecture sympathique mais, pour un chantier de cette envergure, les pépins auxquels est confrontée l’héroïne sont plus qu’anodins. Tout se passe extrêmement bien ! Du permis de bâtir aux finitions, aucun gros couac ne vient entraver cette construction. Autre aspect un peu trop léger à mon goût, la dimension technique et écologique du projet n’est en rien expliquée alors que la jeune architecte nous est présentée comme, justement, une adepte d’une construction plus respectueuse de l’environnement (et donc moins énergivore et moins polluante). Ici, on comprend juste que nous sommes sur un projet en ossature-bois et le plus gros enjeu est de conserver un pin présent sur la propriété. Le dessin apporte de la fraicheur et de la vie au récit. Son côté caricatural permet d’accentuer les réactions des personnages (le patron exalté, les corps de métiers qui se chamaillent) mais sa souplesse n’est pas trop en phase avec cette thématique ‘architecturale’ (sans les plans fournis à la fin de l’album, il est difficile de ‘comprendre’ le bâtiment et la disposition des pièces sur seule base des dessins proposés dans le récit). Donc voilà, c’est frais, c’est léger, c’est vivant, c’est sympathique, c’est ‘facile’. Pas mal, en somme. Mais pas plus. Mais facile à relire.
Lovecraft (Breccia)
2.5 Une biographie de Lovecraft qui mélange la réalité et la fiction parce que c'est scénarisé comme si c'était un récit de Lovecraft et on va donc avoir droit à plusieurs hallucinations de monstres. Je me demande d'ailleurs si ce procédé ne joue pas contre cet album parce que j'ai vraiment l'impression que cela s'adressait aux fans de l'écrivain qui vont comprendre les clins d'œil. Quelqu'un qui ne connait pas Lovecraft risque d'être un peu perdu. Personnellement, j'ai bien aimé comment on montrait les nombreuses nervosités de l'écrivain, mais j'ai aussi trouvé que cette biographie était poussif par moment et que Breccia père avait installé une meilleur atmosphère dans ses adaptation de Lovecraft que ce que son fils fait ici.
Des Avions de papier
Un nouveau roman graphique sur l'identité de genre, ou la frontière floue entre deux genres, chez Jungle. Ca me rappelle une autre BD assez proche, sans retrouver son titre. Peu importe, concentrons nous sur celle-là. Nous avons donc une histoire d'amour, un brin contrariée parce que ne correspondant pas aux standards de la famille de l'une des deux jeunes personnes, qui évolue cahin-caha pendant l'adolescence. Et puis le harcèlement subi par les deux par une de leurs camarades, qui les amène à commettre l'irréparable, ou presque. En guise de punition, les deux jeunes se retrouvent dans une colonie d'été où ielles vont devoir faire leurs preuves, mais aussi apprendre à grandir, à prendre leurs responsabilités, et réfléchir sur qui ielles veulent être. C'est plutôt bien foutu, avec une trame au présent entrecoupée de flash-backs redescendant le temps depuis les cinq années précédentes. Cela aide bien à comprendre les motivations et l'état d'esprit de Dylan et Leighton. Ce qu'iels ont vécu, le jeu de dupes auquel iels doivent se soumettre, et au final, les décisions qu'iels doivent prendre. C'est très respectueux de la philosophie queer, identité dans laquelle indiquent se trouver les deux personnes ayant réalisé cette BD, collaboration américano-allemande. Dozerdraws a d'ailleurs un style très comics, ce qui a probablement facilité sa collaboration avec Jennie Wood. Les couleurs informatiques sont des aplats tout simples, rendant le tout très lisible. A noter, en bonus, un petit tuto dessiné pour faire des avions de papier super efficaces, ainsi qu'une page donnant de nombreuses adresses et coordonnées utiles pour les personnes ayant des soucis avec leur identité de genre.
Le Dîner de Noël
Comme le titre le laisse supposer, une histoire de famille un soir de réveillon. La vieille maman essaie tous les ans de réunir sous son toit ses quatre enfants et espère bien y réussir cette année. Seulement chacun d’eux a ses petits problèmes de couple ou d’amour propre à gérer et les petits conflits larvés entre eux vont se raviver lors de cet évènement. Pas de grande surprise, une tranche de vie de gens plus ou moins ordinaires. Assez bien rendu je dois dire, même si personnellement ce n’est pas mon genre de prédilection. J’ai bien aimé le dessin, les ambiances de Noël strasbourgeois sont agréables à l’oeil, même si j’ai eu l’impression de quelques distorsions dans les visages, c’est plutôt charmant. Agréable, mais pas inoubliable non plus.
La Rousseur... pointée du doigt
Les personnes rousses sont victimes de brimades diverses et variées, l’autrice en a vraisemblablement vécu pas mal, surtout dans ses jeunes années. Elle en profite pour faire un bilan des préjugés contre les roux dans l’histoire. C’est intéressant, plutôt bien raconté et le va-et-vient entre la partie documentaire et la partie témoignage permet de conserver l’intérêt du sujet. Elle en tire un bilan positif et j’imagine que l’écriture lui a servi pour tirer une certaine fierté de cette différence. Le dessin est agréable, avec une colorisation on ne peut plus lumineuse, on est dans toutes les nuances de roux. Pour ma part un emprunt en bibli m’a suffi, mais une découverte plutôt sympathique.
Lucky Luke - Les Indomptés
Blutch ne fait pas partie de mes auteurs favoris, j’ai toujours eu du mal avec ses productions (excepté Donjon). C’est grâce à notre cow-boy que je me suis lancé dans l’aventure. Et bien je dois dire que son Lucky Luke est pas mal du tout. Il fournit du bon boulot, un bel hommage. Graphiquement, il impose son style tout en rappelant les codes couleurs, je n’ai tiqué que sur les chevaux aériens. Sinon à défaut d’être beau, c’est efficace. Il s’en tire mieux avec son intrigue, j’ai retrouvé les codes de la série mère, plus ou moins dense mais surtout rythmé. Les retournements ou humour sont dans l’ensemble bien amenés, une lecture fluide et plaisante. Une aventure qui ne démériterait pas à s’y inscrire donc, mais l’auteur insuffle un peu de modernité avec ces enfants, notre héros étant plus à l’aise avec son gun qu’en tuteur, cette idée amène pas mal de piquant (j’ai bien aimé le coup du saloon). Avec celui de König, le meilleur lu dans la collection.
Totem (Kid Toussaint)
J’ai lu ce premier tome avec mon fils Oscar (11 ans, bientôt 12), et on a trouvé l’histoire sympa, mais sans plus. Les thèmes vont bien entendu plaire aux jeunes : jeux vidéo, réalité virtuelle, virus mystérieux. Les évènements sont intrigants, on se demande qui est derrière « Totem », mais disons que l’intrigue n’avance pas beaucoup dans ce premier tome, qui ressemble plutôt à une longue introduction. Reste à voir si l’histoire décolle dans le tome 2, que nous lirons sans doute à l’occasion. La mise en image de James Christ et Elsa Chanal est réussie et parfaitement adaptée à ce genre d’histoire. Un bon premier tome, à confirmer dans le second.
Solo - Chemins tracés
La série mère Solo a suffisamment fonctionné pour que l’auteur agrandisse son univers en proposant des histoires annexes avec d’autres dessinateurs. Chemins tracés est le premier récit sorti dans ce contexte, il se démarquera un peu des suivants dans la forme. Pas de one shot comme avec Alphas ou Lyra mais bien une nouvelle série, je rage un peu d’ailleurs, il a fallu attendre 4 ans le 2eme tome et la série est toujours en cours … ça prend son temps (trop a mon goût). Nous retrouvons l’univers post apocalypse et cannibale mais cette fois nous allons nous attacher au destin de Fortuna, une jeune chatte qui devra survivre seule sur les routes après la mort de sa famille. Jusque là rien de vraiment nouveau mais Oscar Martin amène une quête à notre héroïne (encore un peu obscure), cette dernière reprend le flambeau de sa famille, elle balise son parcours tout en consignant le chemin dans un livre … En fait, l’espèce des chats a l’air bien plus complexe dans son fonctionnement que ce que nous avons pu voir dans Solo où ils apparaissent comme une menace sérieuse mais barbare. Le 1er tome (mon préféré) retrace les jeunes années de Fortuna après la mort de sa famille, entre apprentissage, survie, amour … jusqu’à trouver son but dans l’existence. Le 2eme m’a à moitié convaincu avec le personnage de Siro et surtout son rôle, ça donne du corps à la société des chats (castes …) mais j’ai cette méchante impression d’être toujours dans le flou, on a le comment mais pas le pourquoi. Il faudra attendre la suite pour en découvrir plus. A noter que l’on aperçoit dans le tome 6 de Solo, un chat avec un bouquin. Aux dessins, Alvaro Iglesias s’applique, un style plus raide et hachuré que Solo mais efficace et agréable, ses personnages sont sympas tout comme les couleurs. Il faudrait juste qu’il soit plus productif, en plus les albums ne sont pas bien épais. Une lecture honnête mais qui manque toutefois d’un peu de coffre pour me combler totalement.
La Loi des Probabilités
Une lecture sympa – très sympa même. Mais à laquelle il manque un je ne sais quoi pour la faire sortir d’un certain ronronnement, comme Rabaté sait pourtant souvent le faire avec causticité. Jouant sur une accumulation de « hasards » (bons ou mauvais) autour de Martin, le personnage principal, le scénario nous gratifie de quelques « probabilités » amusantes. Et de quelques clins d’œil à Tati (un Monsieur Hulot dévalant impassible un trottoir verglacé), à Hergé (un raseur nommé Séraphin Lanterne emmerde régulièrement Martin avec sa sollicitude collante). La narration est plaisante, mais comme je l’ai dit elle manque d’aspérités. Le dessin de Ravard est simple, mais très agréable. Il accompagne très bien le récit, et il ajoute une touche de douceur à cette « feel good story ».