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Couverture de la série Parole de chat
Parole de chat

Gentil mais un peu léger. Parole de chat est un récit fantaisiste destiné à un large public mais plutôt ciblé jeunes lecteurs. Il n’y a qu’un seul niveau de lecture et je crains que les lecteurs les plus anciens ne trouvent l’ensemble trop léger. C’est d’ailleurs l’impression qui persiste chez moi alors que je referme ce premier tome : tant au niveau du format de l’album qu’au niveau du contenu scénaristique, j’ai eu ce sentiment que ce récit était trop petit comparé à l’espace dont il disposait. Au niveau du visuel, je pense vraiment que le rendu aurait été plus immersif si l’album avait été édité dans un format de type « comics » (genre 190 x 285 mm). Les détails auraient été plus concentrés et je n’aurais pas eu cette impression de vide, de devoir chercher les éléments dans les cases. Ceci dit, le dessin de BidyBop est agréable. Il s’en dégage de la bonne humeur et l’artiste a vraiment soigné ses planches (beau travail sur les éclairages comme sur les décors, personnages bien typés, mise en page variée). L’album n’est certainement pas déplaisant à lire. Au niveau du scénario, ce premier tome permet de présenter les personnages et les enjeux tout en proposant une fin de récit satisfaisante puisqu’un premier volet de l’intrigue trouve sa conclusion. Et ce n’est pas plus mal, que l’album propose une fin sans gros cliffhanger, car la série fait clairement partie de cette catégorie d’albums dont on ne sait trop s’ils connaitront une suite ou non. Ce premier tome a d’abord été financé via une campagne de crowdfunding avant d’être récupéré par Delcourt et cela semble être une première œuvre pour ses auteurs : autant d’éléments qui font craindre pour la suite lorsque l’on a conscience de la difficulté à l’heure actuelle pour des auteurs de faire publier un tome 2. Le ton est léger et donne la part belle à l’humour. Le personnage principal a des faux airs d’Arthur (« la nef des fous ») et amuse par sa maladresse. Les chats sont casse-pieds et exigeants mais aussi malins et débrouillards (ce sont eux qui mènent la danse). Un aspect fantastique/science-fiction est également présent grâce aux inventions du grand-père du héros (dont des colliers qui permettent de traduire les propos des chats ou des chiens). Ce dernier étant un ancien magicien, on se doute que de nouvelles inventions farfelues feront leur apparition au fil du récit. En gros, pour un premier tome de jeunes auteurs, je dirais que c’est pas mal mais un peu facile (et pour me répéter un peu léger). A voir ce que la suite offrira… en espérant qu’elle paraisse un jour.

14/11/2023 (modifier)
Par Cosme
Note: 3/5
Couverture de la série Sang Royal
Sang Royal

Comme j’ai pu trouver les critiques sévères sur cette série de Jodorowsky. Car finalement, c’est une série tout ce qu’il y a de plus classique pour cet auteur. On y retrouve vraiment sa marque de fabrique, des être difformes, du sexe, des questions de filiation, le complexe d’Electre, d’identité, des jeux de pouvoir, un côté assez malsain, une frontière ténue entre le bien et le mal, où tous les personnages ont leur part d’ombre, sont à la foi des personnes que l’on comprend, et qui se révèlent aussi être de belles ordures que l’on comprend également. Alors c’est sûr, si on lit ce Jodorowsky en s’attendant a une série de la qualité de L'Incal, on va être très clairement déçu. Mais si on la prend comme une série de Jodo où on sait que ça va être un peu du n’importe quoi et qu’il va partir dans ses délires habituels ça passe très très bien. Il faut dire que j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour lui… L’histoire de ce roi déchu, qui revient, qui reperd tout, tous ces jeux d’intrigues et de pouvoir, avec la touche de fantastique qui se rajoute à ça. Et bien j’ai passé un bon moment, le cahier des charges de Jodorowsky est rempli à mes yeux, et je n’en demandais pas plus. Et graphiquement, que c’est beau, vraiment, je ne connais pas ce dessinateur, mais il fait un travail incroyable et m’a permis de m’immerger dans l’histoire avec un plaisir immense, chaque planche, chaque case est une pure merveille, un doux bonbon pour les yeux. J’ai donc passé un très agréable moment de lecture avec cette série, une histoire comme je m’y attendais, et une belle surprise graphique. Le cahier des charge a donc été rempli par les auteurs et a comblé mes attentes.

14/11/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série Rémina
Rémina

Publié pour la première fois en 2008 chez Tonkam, racheté depuis par Delcourt, cet ouvrage du maître de l’horreur japonais vient d’être réédité dans un format « prestige ». Junji Ito avait fait forte impression à Angoulême lors de l’exposition qui lui a été consacrée en début d’année, l’éditeur français ayant vraisemblablement profité de l’occasion pour remettre en lumière le travail de cet auteur. La lecture de « Remina » m'a laissé un sentiment contradictoire, tant j'ai eu quelque difficulté à retrouver le côté merveilleux de l’exposition qui imprégnait l’univers de l'auteur, celui-ci étant devenu très à la mode hors des frontières nippones, après plusieurs Eisner Awards.ayant récompensé quelques-unes de ses œuvres, dont celle-ci en 2021. Pourtant, l’histoire commence plutôt bien et parvient à captiver en suscitant l’anxiété chez le lecteur, intrigué par cette planète venue des confins de l’espace et se dirigeant tout droit vers la Terre. Malheureusement, ce récit qui s’inscrit dans le genre SF horrifique va très vite tourner au grand-guignol avec un enchainement de situations tout aussi invraisemblables les unes que les autres. Mené à un rythme ébouriffant, le récit comporte moult scènes qui suscitent plus le vertige que l’émerveillement. Cette gigantesque langue qui sort des entrailles de la planète Remina pour absorber la moindre météorite passant à proximité, ou cette crucifixion par une meute déchaînée de la jeune héroïne (et de son père juste avant elle) ont tout de même de quoi laisser pantois…. Certes, on ne pourra dénier à Junji Ito une imagination foisonnante, bien au-delà des limites du réalisme. Une imagination dans le rocambolesque et la terreur liée à une catastrophe planétaire de grande ampleur, qu’on ne peut s’empêcher de mettre sur le compte du traumatisme encore vivace lié à Hiroshima et Nagasaki. Pourtant, une question demeure : ce type de récit a-t-il été conçu à l’intention des grands ados — ou au mieux des jeunes adultes ? — en quête de sensations fortes ? Si on peut toujours apprécier le propos sur le terrifiant effet de meute ou la fragilité du statut de célébrité, celui de Remina (devenue soudainement une star pour être très vite clouée au pilori, ou plutôt sur une croix dans le cas présent), le récit comporte son lot de scènes gore et sadiques dont on ne saisit guère la finalité, si ce n’est de servir de catharsis à un auteur en proie à ses cauchemars. On peut supposer qu’il se soit inspiré de l’univers lovecraftien, mais le retranscrire dans ce mode exubérant et survitaminé pourra difficilement convaincre les admirateurs du romancier américain. On ne s’attardera pas sur les dialogues insipides et qui plus est assez triviaux, ni sur les personnages aux contours psychologiques assez superficiels. Le gros point fort restera le talent graphique de l’auteur qui, malgré tout le mal qu’on peut penser de la narration, réussit à produire des scènes spectaculaires, totalement saisissantes, dont certaines dégagent une étrangeté qui appartiennent bien à son univers fantasmagorique. A noter que cette édition inclut en fin d'ouvrage une nouvelle en couleur de Ito, « Des millions de solitaires », figurant également dans le recueil « Histoires courtes » publié l’an dernier. Un récit plus « posé » et beaucoup plus inquiétant sur des meurtres en série, qui révèle également l’obsession de Junji Ito pour les enchevêtrements grouillants de corps humains réifiés. « Remina » permettra au moins de mesurer le décalage entre le savoir-faire graphique de Junji Ito et son aptitude plus limitée à concevoir des narrations satisfaisantes. Pour mieux apprécier le travail de cet auteur, il faudra sans doute se tourner vers d’autres de ses productions moins tapageuses, telles que « Le Mort amoureux » ou sa revisite du chef d’œuvre de Marie Shelley, « Frankenstein ». En ce qui me concerne, je suis passé à côté...

13/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Mamelles de Tiresias
Les Mamelles de Tiresias

Apollinaire est un personnage clé pour ce qui est de la « modernité » (en art, mais pas seulement), dans ces années de grands bouleversements au début du XXème siècle. Il a souvent ouvert la voie, et a fait office de « passeur » entre plusieurs générations. Sa pièce « Les Mamelles de Tirésias » a fait grand bruit à l’époque de sa première représentation (ça a été relaté à plusieurs reprises, sous divers points de vue, par certains « spectateurs » Cocteau, Breton, etc.), le spectacle étant parfois plus dans la salle (c’est l’époque des premiers scandales dada – Jacques Vaché y a été de son intervention anticonformiste...). Daniel Casanave a pris le parti de rester fidèle au texte et à l’esprit d’Apollinaire. Un texte qui, effectivement, est d’une grande modernité : écrite et jouée en 1917, en pleine guerre mondiale, la pièce a de forts relents anti-militaristes – voir le prologue d’Apollinaire sur ces canons qui « assassinent les constellations ». Mais, au travers du personnage de Thérèse/Tirésias, on a aussi et surtout une femme forte, indépendante, qui affirme et revendique les pouvoirs, et même de devenir un homme. Même si Apollinaire sur la fin la fait revenir sur un chemin « plus droit », encourageant à faire des enfants. Le texte du prologue est une défense de l’art moderne, cubiste, mais pas seulement. Casanave a glissé dans cette partie quelque clins d’œil pour accompagner le monologue d’Apollinaire : Picasso dans le public page 12 ; tableaux cubistes de Braque ou Picasso page 14 ; reprise du beau tableau de de Chirico « Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire » page 15, enfin tableau du Douanier Rousseau « La muse inspirant le poète » [où l’on voit Marie Laurencin et Apollinaire] page 16). La pièce elle-même est pleine de poésie et de dialogues en vers libres ou rimés, avec prises de position non conventionnelles, mais aussi un humour certain (nombreux jeux de mots). On comprend que le public de 1917 ait été désarçonné ! A noter que c’est à propos de cette pièce qu’Apollinaire a créé le terme surréaliste – qu’André Breton (qui côtoyait Apollinaire à l’époque) reprendra peu après sous une autre acceptation. Une pièce « historique », reprise de façon peut-être trop respectueuse par Casanave (même si son dessin moderne accompagne très bien le texte). Mais ça reste quelque chose d’agréable à lire, pour se replonger dans un moment d’ébullition artistique majeur. Note réelle 3,5/5.

13/11/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Ombre de l'ours
L'Ombre de l'ours

Une histoire dans un univers médiéval-fantastique se déroulant dans les steppes sibériennes. Pas hyper originale, mais qui se laisse lire agréablement. Il faut dire que le dessin de Faure est vraiment très bon, certaines planches sont de toute beauté ! Même si certains personnages sont un peu difficiles à distinguer dans le détail parfois (des visages surtout), les décors sont plutôt réussis. L’histoire se laisse lire, mais, arrivé vers la page quarante, j’ai commencé à me demander si la série n’avait pas été abandonnée, tant l’intrigue semblait n’en être qu’à son commencement (en tout cas semblait partir sur une voie pleine de nombreux rebondissements possibles), alors que l’album touchait à sa fin. Et bien cette fin justement, m’a carrément déçu. Elle donne l’air d’avoir été expédiée, comme si une suite avait été prévue au départ, puis abandonnée (problèmes avec l’éditeur ?), pour forcer Corteggiani à boucler en urgence l’intrigue. Ça donne une impression désagréable, et c’est un peu bâclé, artificiel, dommage. Qu’en est-il des sœurs de la reine ayant accueilli le héros enfant ? Qu’en est-il de cette horde noire de mercenaires ? que vont devenir les deux enfants devenus adultes ? Une fin frustrante donc. Note réelle 2,5/5.

13/11/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Oeil du diable
L'Oeil du diable

Je mets trois étoiles, parce que l’histoire se laisse lire très facilement, la narration est fluide et agréable. Mais je suis quand même resté un peu sur ma faim. En effet, j’ai trouvé que l’histoire manquait de densité, d’aspérité, qu’elle était même un petit peu creuse par moments. Cette histoire de vengeance finalement toujours repoussée donne un peu de sel à l’intrigue, en maintenant la tension entre Hawkins et le capitaine Kidd (on se demande quand et comment cela va « éclater » (puisque nous sommes sûrs que ça va éclater, l’histoire étant un long flash-back – qui révèle en fin une petite surprise). Mais bon, j’attendais un peu plus de cette histoire. Le dessin est lui aussi fluide et efficace. La colorisation aurait pu moins lisser le rendu par contre. Note réelle 2,5/5.

13/11/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Guacamole Vaudou
Guacamole Vaudou

J'ai voulu tester une "BD" sans dessins. Ce Guacamole Vaudou est donc un roman photo avec Céline Nieszawer derrière l'objectif, à la mise en page classique et où de nombreuses photos sont retouchées. L'histoire de Stéphane Chabert, incarné par Éric Judor (affublé d'une horrible perruque blonde), un loser qui veut à tout prix réussir dans une entreprise de publicité, même si pour cela il doit participer à un stage singulier qui va chambouler son existence. C'est délirant et absurde, on reconnaît la marque de fabrique de Fabcaro dans un univers très kitsch. En guest-star, Arthur H et Hervé Le Tellier. Ce n'est pas la lecture du siècle, mais elle a eu le mérite de me faire sourire et c'était pas gagné d'avance. Une curiosité.

13/11/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Tournesols d'Ukraine
Les Tournesols d'Ukraine

Comme l'explique Pietro Zemelo en préface, ceci est son histoire, son témoignage au sujet de la façon dont sa belle-famille élargie essaie de gérer le traumatisme de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en mars 2022. Il ne prétend aucunement se substituer aux personnes directement impactées, mais au contraire montre la façon dont il perçoit leur résilience. Et c'est là que se trouve le principal point d'intérêt de cette BD : dans le regard qu'il pose, lui un Italien qui, malgré ses années de présence en Ukraine, ne peut saisir totalement la tristesse, la colère, et tant d'autres sentiments qui ne sont pas forcément descriptibles par des mots. D'autant plus que la barrière de la langue est, sans être importante, un véritable obstacle. On voit bien que chacun(e) gère d'une façon ou d'un autre : en se réfugiant dans les corvées domestiques, dans une colère sourde, dans un mutisme inquiétant... Pietro, loin de se sentir rejeté par sa belle-famille, essaie tant bien que mal de maintenir à flots cette famille recomposée en Italie, qui vit le drame à distance, dans une peur constante que le père, resté sur place, se retrouve sous les bombardements ou la proie des milices pro-russes... Zemelo utilise un trait assez épuré, une sorte de ligne claire plutôt expressive, avec des couleurs pastel et un jeu d'ombres constant. Plutôt agréable à l’œil. Quant aux tournesols du titre, je craignais un peu qu'ils soient omniprésents dans l'album, mais n'ont qu'une occurrence limitée, mais réaliste, autant que symbolique. Précieux pour comprendre partiellement ce que vivent les Ukrainiens expatriés.

13/11/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Algues vertes - L'Histoire interdite
Algues vertes - L'Histoire interdite

Le contenu de cette BD est intéressant et estomaquant, et représente une quantité de travail incroyable. Tout est référencé, les sources sont citées, le jargon et les acronymes sont expliqués. Je suis ressort de ma lecture révolté, bien entendu, comme tout le monde. J’ai trouvé le ton juste malgré le côté clairement partisan et militant, on entend l’avis de quelques agriculteurs, et on comprend bien que le « vrai » ennemi, c’est les lobbies agroalimentaires. On reste malheureusement sur une impression d’impuissance… que faire pour affronter la machine à pognon ? Après, j’ai quand même quelques réserves sur la présentation même de l’ouvrage. C’est très lourd et dense, on se retrouve bombardé de noms, sociétés, organisations etc. et les textes sont très présents… un mal nécessaire, certes, mais je me demandais parfois à quoi servait le medium de la BD, l’art séquentiel et le dessin… une remarque à propos de ce dernier : je ne suis pas fan du tic graphique qui consiste à représenter les « méchants » soit avec une tête de con, soit avec un rictus diabolique… je trouve le procédé vraiment limite dans une œuvre qui se dit dénoncer les manipulations de l’opinion publique. Je suis vraiment content d’avoir lu « Algues vertes - L'Histoire interdite », j’y ai appris beaucoup de choses, et je note le travail journalistique incroyable. Mais je ne suis pas convaincu par le choix du medium BD.

13/11/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
Couverture de la série Sangre
Sangre

Encore une nouvelle série de "Planet-Fantasy" d'Arleston me direz-vous... tout comme moi en attaquant cette lecture. Au bout de 4 pages je me suis dit que j'allais avoir droit à un triste mix piochant allègrement dans Lanfeust, Alim le tanneur et je ne sais quoi encore... Heureusement, passé une introduction des plus classiques et l'installation de l'univers où va évoluer notre jeune héroïne, l'intrigue a commencé à prendre corps et à titiller ma curiosité. En effet, après le massacre de sa famille, la jeune Sangre va découvrir en intégrant une école réservée aux classes supérieures de la société qu'elle est la dépositaire d'un pouvoir lui permettant de stopper le temps pendant quelques secondes. Malheureusement cette vie de château ne va pas durer. C'est à l'école de la rue qu'elle va grandir, accompagnée de son chien, de son pouvoir et de son désir de vengeance qu'elle entretient savamment... Le dessin d'Adrien Floch est agréable et efficace mais manque un peu d'originalité à mon goût (Les amateurs de Tarquin et de ses séries hybrides autour de Lanfeust s'y retrouveront pleinement). Partir sur une nouvelle série aurait pu être l'occasion de donner un petit coup de frais et de lifting à ce genre. Alors, au final, je sors de cette lecture plutôt agréablement surpris par ce que laissent entrevoir les tomes à venir. Rien de révolutionnaire, mais un agréable moment de lecture. Alors, ne boudons pas notre plaisir, et j'attendrai la suite avec curiosité pour affiner ma note. *** Tome 2 *** Et bien voilà ! Ce second tome m'a vraiment plu et c'est plutôt conquis que je sort de cette lecture. Car si on retrouve notre Sangre toujours aussi bien affutée et en pleine possession de ses facultés pour mener à bien sa vengeance, l'imagination qui va construire son environnement n'est pas en rade, loin de là. Imaginez un monde où pour survivre la population DOIT être à proximité d’œuvres d'art de qualité (peinture, architecture, musique,etc...), sinon de terribles créatures fantomatiques vous dévorent. L'art comme rempart absolu contre le mal, moi ça me parle ! :) Car l'un des assassins de ses parents qu'elle recherche n'est autre que l'un des peintres les plus en vogue de ce monde. Sauf que quand elle arrive sur Tarasque, ledit peintre est tombé en déchéance et tente même de se suicider... C'est ballot pour une vengeance ! C'est là que le machiavélisme de Sangre s'en mêle et nous propose une vengeance aux p'tits oignons ! Côté dessin, Adrien Floch continue d'assurer le taff parfaitement pour ce genre d'album. Du coup je monte ma note à 4. Vivement la suite ! *** Tome 3 *** Voilà donc le troisième opus de cette série qui avait su me réconcilier avec Arleston. Je l'attendais avec une certaine curiosité, surtout après l'excellent tome 2. Cette fois-ci notre jeune Sangre s'embarque pour la planète Mi-Ho-Dwygg afin d'y traquer le troisième assassin de ses parents, Hovanne l'irrésolue. Elle débarque donc sur une planète où le froid règne en maître et où la condition sociale de chacun est déterminée par son prestige et ses interactions avec des personnes en possédant beaucoup. Arleston nous propose de découvrir une aristocratie déliquescente qui assoie son autorité par son insensibilité au froid. C'est parmi l'une de ces familles que Sangre croit pouvoir retrouver et se venger d'Hovanne l'irrésolue... Une nouvelle fois, Arleston nous propose une société très originale qui évolue dans un monde qui l'est tout autant et qui permet à Adrien Floch de se lâcher avec des décors glaciaires magnifiques et des costumes somptueux. Pour autant, je n'ai pas retrouvé le même élan et le même engouement qu'avait su me procurer le tome précédant. L'album reste quand même de très bonne facture, mais il lui manque ce je-ne-sais-quoi qui fait parfois toute la différence. Une suite toujours aussi efficace, mais un cran en dessous du très très bon second tome. *** Tome 4 *** Et là, c'est le drame... D'une on change de dessinateur, exit Adrien Floch et de deux, toute la trame sociétale propre à chaque monde qui faisait le sel de la série est ici diluée voire inexistante. Si le nouveau dessinateur Stefano Vergani (découvert dans Lost Shelter) a du talent, sa patte graphique est complètement différente, et franchement, si y'a bien un truc qui m'énerve, c'est le changement de dessinateur en cours de série ! Bref, on a déjà l'impression que Sangre a pris 10 ans quand commence cette nouvelle chasse à l'assassin ; c'est cette fois-ci sur le monde de Douce-eaux qu'elle se rend pour débusquer l'écumeur Donnadion le béat. Ce dernier serait aujourd'hui un ermite non-violent caché dans un archipel sauvage où se réfugient les esclaves en fuite... Sangre va devoir réussir à faire tomber le masque de celui qui participa au massacre de sa famille pour mener à bien la nouvelle étape de sa vengeance. Pour le coup, fini les univers aux constructions sociales originales ! Dommage, car c'était pour moi un des points forts de cette série. Alors ok, on a un tome qui nous permet de retrouver un personnage auquel on commençait à s'attacher, mais sans les éléments qui faisaient la différence. L'histoire tourne pour le coup a une classique quête de vengeance sans véritable originalité. Pour le coup je redescend ma note à 3

04/11/2016 (MAJ le 13/11/2023) (modifier)