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Couverture de la série La Loi des Probabilités
La Loi des Probabilités

Une lecture sympa – très sympa même. Mais à laquelle il manque un je ne sais quoi pour la faire sortir d’un certain ronronnement, comme Rabaté sait pourtant souvent le faire avec causticité. Jouant sur une accumulation de « hasards » (bons ou mauvais) autour de Martin, le personnage principal, le scénario nous gratifie de quelques « probabilités » amusantes. Et de quelques clins d’œil à Tati (un Monsieur Hulot dévalant impassible un trottoir verglacé), à Hergé (un raseur nommé Séraphin Lanterne emmerde régulièrement Martin avec sa sollicitude collante). La narration est plaisante, mais comme je l’ai dit elle manque d’aspérités. Le dessin de Ravard est simple, mais très agréable. Il accompagne très bien le récit, et il ajoute une touche de douceur à cette « feel good story ».

20/02/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Mode déshabillée
La Mode déshabillée

Un documentaire où les auteurs vont décortiquer le monde de la mode. Le dessin est très bon. La dessinatrice a un trait sympathique et dynamique. Le scénario quant à lui contient des défauts que je retrouve souvent dans les documentaires. En gros, le sujet est intéressant, mais c'est un peu trop verbeux par moment et de plus c'est décousu. Les auteurs abordent plusieurs aspects de la mode et on passe souvent du coq à l'âne comme si l'ordre des thèmes abordés sortait selon ce que se rappelait le scénariste au moment où il écrivait son scénario. J'aurais préféré que le scénario soit un peu plus linéaire, notamment sur l'histoire de la mode qui revient souvent au fil des pages. Je pense que cela aurait été mieux de consacrer un chapitre complet sur l'historique de la mode et qu'ensuite on passe à autre chose. Cela reste une lecture plaisante du moment que la mode est un sujet qui nous intéresse. Je trouve tout de même que certains aspects ne sont que peu ou pas du tout abordés, comme le calvaire que vivent les mannequins.

19/02/2024 (modifier)
Couverture de la série X-Men (Grant Morrison) (New X-Men)
X-Men (Grant Morrison) (New X-Men)

Un petit oui cette série, il y a des choses que j’ai bien apprécié d’autres beaucoup moins, un plaisir de lecture en dents de scie. Déjà la partie graphique est archi versatile, différents dessinateurs se succèdent et aucun n’a réellement retenu mon attention. Ça va du moche au passable. Les histoires s’en sortent un poil mieux mais je leur ai trouvé un côté trop décousu. En fait la moitié trouve grâce à mes yeux (l’arme XII et Planète X), les 2 autres m’ont ennuyé avec un côté trop brouillon qui en ressort. Pourtant il a des événements majeurs qui sont narrés autour de Xavier ou Magnéto mais mal racontés les rendant peu passionnants. Les bonnes idées ne font pas tout, il faut aussi un certain savoir faire pour faire avaler la pilule. Le seul truc que j’ai quand même trouvé bien rendu, c’est le triangle amoureux Scott, Emma et Jean. Franchement dommage, je place cette série comme un préquel à Astonishing X-Men mais la saveur sera bien différente. Je suis content de voir comment on en est arrivé là mais je n’y retournerai pas. 2,5

19/02/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Jésus et les copains
Jésus et les copains

C'est gentil, c'est couillon, c'est gentiment couillon. Un détournement tout ce qu'il y a de plus classique de la vie de Jésus dans un roman-photo délicieusement ringard dans les coupes, les vêtements et le ton. On dirait une mauvaise télénovelas des années 80 qui est revenue à la vie brièvement ! Planchon nous propose un récit qui suit assez fidèlement les scènes bibliques mais avec ce petit décalage qui fait tout le sel. Les vêtements, les coupes et les décors, les phrases, la tournure du récit autour d'une chrétienté traité comme une entreprise du marché de la croyance ... Tout contribue à faire l'ambiance gentille mais couillonne. Et ça marche, surtout que le récit se finit vite et n'étire pas son concept trop longtemps. J'ai bien aimé ma lecture ! Ce dessin aussi contribue à l'ambiance, avec son utilisation étrange du roman photo et des collages qui semblent ajouter à l'étrangeté de l'ensemble. On navigue dans des visuels improbables, kitch et ringards à la fois. Ces têtes sont d'ailleurs impayables, elles qui sont toujours aussi sérieuses alors que les phrases enchainent les conneries. En le lisant, j'ai eu des flashbacks de Fabcaro et son Et si l'amour c'était aimer ?, en me demandant si celui-ci n'aurait pas été nourri au Planchon plus jeune. En tout cas ça reste dans l'esprit !

19/02/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série A quoi pensent les russes
A quoi pensent les russes

Je me permets de mentionner en ouverture un détail très important : le prix de l'album me semble quelque peu excessif. Le format à l'italienne, réduit, et la pagination pas tellement importante ne me semblent pas justifier le prix que je trouve trop élevé à mon goût. Pour la BD en elle-même, maintenant, j'ai beaucoup apprécié. Comme à son habitude, Nicolas Wild déambule et pose son regard mi-candide mi-sérieux sur le monde qui l'entoure, ici la Russie de Poutine post-invasion ukrainienne. Son récit est plus une compilation de rencontres et d'échanges qu'une véritable enquête, mais elle met en lumière que les Russes, tout comme les français finalement, sont divers et pluriels. Que pense le Russe ? Ça dépend duquel on parle. L'ensemble des personnes croisées montre une fracture de la société, accentuée par la guerre : une disparité ville-campagne mais aussi entre pro-occidentaux (notamment dans la culture) et pro-Poutine, plus patriote. Pour autant, rien n'est simple, comme cette gamine chantant en français mais résolument patriote, comme tant d'autres enfants sans doute, portée par les valeurs qu'on lui inculque. Il en ressort une sorte de tableau mêlé, dont il ressort une fantastique bouffée d'humanité et un rappel que ces Russes ne sont pas foncièrement des ennemis, juste des humains dans un pays qui est dirigé par Poutine. Comme le rappelait Zerocalcare dans son Kobane Calling, il y a un fossé entre un leader et son peuple. Oserait-on dire que Macron nous représente ? Cela dit, la BD me laisse légèrement sur ma faim. C'est une collection de rencontres certes intéressantes mais l'ensemble ne dépasse jamais vraiment ce cadre, contrairement à d'autres BD de l'auteur qui prennent du recul et rajoutent quelques informations sur l'ensemble. J'aurais aimé plus et la BD laisse un petit goût d'inachevé alors que d'autres BD reportages m'ont déjà bien plus parlé, celles de l'auteur notamment. Pas indispensable à mon avis mais de bon ton pour comprendre un peu mieux cette Russie dont on semble trop faire un mystère.

19/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage de Shuna
Le Voyage de Shuna

Une note de 3/5 pour ma part car si l’histoire est plaisante (quoique très classique et prévisible), si le dessin est agréable, si la colorisation est vraiment belle, je trouve que ce manga n’a pas grand intérêt en lui-même. Plus exactement, j’ai l’impression d’avoir lu un travail préparatoire soigné en prévision de la réalisation d’une œuvre plus ‘complète’. Peu de dialogues et une profusion de grandes cases contemplatives. Cela permet à Myiazaki de préciser l’aspect visuel des personnages et des décors les plus importants. Les scènes d’actions se résument souvent à une seule case et un long descriptif de la scène. Un peu comme si Myiazaki se réservait le droit de développer ces scènes par la suite, dans un projet futur. Des rebondissements prévisibles et des enchainements très rapides. Là encore, je vois trop souvent une structure narrative solide mais encore à l’état d’ébauche, avec de nombreux passages qu’il aurait fallu développer. Alors oui, c’est beau, très contemplatif malgré les nombreuses (mais peu développées) péripéties guerrières… mais il me manque quelque chose. Là, je vois l‘anime que cela aurait pu donner, j’imagine ce qu’auraient pu donner certaines scènes plus dynamiques et peu développées (voire carrément éludées) dans ce manga… mais je trouve qu’en lui-même, cet album a plus valeur de curiosité qu’autre chose. Ce n’est pas désagréable à lire pour autant, mais c’est trop léger pour que j’aille jusqu’à un franchement bien.

19/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Droit du sol
Le Droit du sol

Après Cent Mille Ans (le scandale de Bure) je trouve une nouvelle BD qui aborde ce sujet indirectement. Etienne Davodeau écrit essentiellement une BD sur la marche, avec un objectif symbolique : relier l'emplacement des peintures rupestres, et celui des futurs(?) déchets nucléaires à Bure. J'ai surtout été sensible au récit de la marche. J'avoue que le fait de mettre en scènes de fausses rencontres lors de cette marche (mais vraies conversations) m'a un peu perturbé, je cherchais un peu plus de réel. Les pensées autour de la marche, épurées et poétiques, se confrontent donc à un monologue d'expert sur le nucléaire, l'énergie, ou encore la sémiologie ! Et comme l'écriture n'est pas particulièrement lisible, j'ai pas mal trébuché sur ces pavés théoriques. Heureusement que le tout respire d'anecdotes. La marche se suffit à elle-même, et je n'ai pas été convaincu par la façon dont Davodeau amène de l'engagement politique. Ceci étant, ça permet toujours de rappeler l'horreur de la vie quotidienne des habitants de Bure (surveillés constamment, avec une répression des anti-nucléaires digne de l'époque soviétique). Ca m'a surtout rendu curieux des peintures rupestres, en particulier celles qui ont l'air artistique et non fonctionnelles.

18/02/2024 (modifier)
Couverture de la série La Bibliothèque
La Bibliothèque

Un recueil d’histoires courtes, inégales, d’un auteur que je découvre ici. La première histoire, qui donne son titre à l’ensemble, est très courte, mais très intrigante et réussie je trouve. Sous couvert de suivre un jeune homme à la recherche d’un livre dans une grande bibliothèque publique, Chihoï nous montre par la bande la censure (ici réalisée par un fonctionnaire zélé et obtus), mais aussi la frénésie de savoir: la salle où sont rassemblés les livres « interdits », que l’on ne peut emprunter, est remplie de personnages, tandis que les squelettes qui sont étendus sur les bancs montrent sans doute la folie du lecteur, mais aussi la menace qui pèse sur la libre pensée : ces histoires ont été écrites dans les années 2010, à un moment où la pression de Pékin se faisait très forte – et aujourd’hui la réalité a de beaucoup dépassé ce stade. L’absurde, la poésie qui traverse ce court récit m’ont plu. La deuxième histoire (« Des livres à rendre ») m’a laissé de marbre – si ce n’est ce rêve d’autodafé, lui aussi à relier avec l’actualité je présume. La troisième histoire (« Au parc ») n’est pas très creusée. Mais la fantastique et un certain humour poétique font que sa lecture est agréable. La suivante, « L’enfer des livres », parodie un peu l’enfer de Dante, pour au final de nouveau retomber sur le rêve, omniprésent dans ces récits. Une histoire qui ne m’a qu’à demi convaincu. Le dernier récit, « Les sept sœurs », présente une sorte de visite scolaire, non pas dans un musée, mais dans une bibliothèque géante, le fantastique s’invitant sur la fin. Au final, un album qui se lit rapidement, globalement plutôt agréablement (même si je ne pense pas y revenir). Le dessin de Chihoi est assez simple, avec un rendu bizarre, proche de l’esquisse. Pas forcément « joli », mais très lisible. Note réelle 2,5/5.

18/02/2024 (modifier)
Couverture de la série L'As de Pique
L'As de Pique

Cette série est en fait constituée de trois histoires différentes, chacune pouvant se lire indépendamment des autres. Même le dessin de Guerineau évolue, plutôt dans le bon sens, devenant plus précis et agréable au fil des tomes (je trouve la colorisation un peu trop criarde par endroits dans les deux derniers tomes par contre). Le héros est un riche monsieur, Arthur de La Gravière, riche propriétaire d’un beau domaine viticole, aviateur à ses heures (ce dernier aspect est totalement absent bizarrement dans le deuxième tome), qui se trouve embarqué dans diverses aventures, à la charnière des années 1920-1930. Beau gosse et sportif, il fait succomber à son charme une femme par album – celle-ci disparaissant d’un album à l’autre ! Les scénarios de Corbeyran ne sont pas désagréables, mais c’est un peu inégal, et ne sort pas trop des sentiers battus. Dans le premier tome, Arthur se trouve au centre d’un thriller mêlant services secrets, gangsters nord-américains, autour d’une invention d’un de ses oncles. Dans le tome suivant, il élucide une affaire de meurtre et disparition (ici le fantastique s’invite, sous forme de « fantômes », ce qui ne m’a pas convaincu, ceci étant mal compensé par quelques touches d’humour – le running gag du taxi par exemple). Dans le dernier album, notre héros se trouve à Hollywood, où Arthur, doublure de Clarke Gable est encore happé par l’aventure et le drame (comme pour le tome précédent il y a des longueurs, accentuées ici par des dialogues un peu trop denses parfois). Bref, une série qui reste basique, que l’on peut éventuellement emprunter (on peut aussi ne lire qu’un album, sans que cela ne soit gênant). Note réelle 2,5/5.

18/02/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Monsieur Apothéoz
Monsieur Apothéoz

2.5 Le point fort de cet one-shot est sans contredit son dessin qui est tout simplement magnifique à regarder. Dommage que le scénario soit moins bien. Notre pauvre héros n'a pas de chance dans la vie et il va finir par vivre des péripéties étranges. Le ton de l'album m'a rappelé le film Buffet Froid, mais en moins bien. Disons que c'est le genre de récit où pour rentrer dans le délire des auteurs, il faut laisser la logique au vestiaire et accepter tout ce qui se passe. Je n'ai été qu'à moitié convaincu par le scénario. La faute en partie au fait que le héros n'est la plupart du temps qu'un spectateur qui accepte facilement tout ce qui lui arrive. La fille qu'il aime n'est pas mieux niveau personnalité. C'est une femme avec du caractère et puis c'est tout. Il n'y a que le personnage de l'écrivain qui m'a convaincu, c'est le seul du trio qui m'a semblé être un vrai personnage et pas juste une caricature ambulante. Quelques passages m'ont fait sourire, ça se laisse lire, mais c'est clairement pas un indispensable. À emprunter à la bibliothèque.

18/02/2024 (modifier)