Belle maquette pour cette nouvelle série ! On voit d'emblée que le dessin est travaillé, et la petite touche de vernis sélectif sur le costume du protagoniste renforce le soin porté à cette jaquette.
"From FPS to RPG" nous raconte comment un jeune homme fan de FPS (jeu vidéo de tir fondé sur des combats en vision subjective) va se retrouver plongé dans un nouvel univers. Sortie de map ! Pour plonger dans une nouvelle... Car c'est bien dans un autre univers de jeu qu'il vient d’atterrir, mais cette fois-ci un RPG (on va dire de type jeu de rôle) où la magie domine. Pour Ren Saitô (notre héros) la surprise est de taille, mais il a toujours accès à son interface de jeu qui lui permet d'utiliser tout un arsenal d'armes de guerre. C'est comme ça qu'il va sauver une jeune femme des griffes d'une bande de gobelins et ainsi continuer à évoluer dans ce nouvel univers.
Un nouvel isekai de plus pourrait-on dire pour aller vite en besogne. Pourtant, le trait soigné et détaillé me donne envie de laisser une chance à cette série qui pose avec ce premier tome les bases d'une confrontation d'univers de joueur intéressante. Le soin des détails, que ce soit dans les décors, costumes ou personnages, le bestiaire qu'on découvre au fil des chapitres, ont réussi à titiller la curiosité de l'ancien joueur que j'étais. Même si je ne suis pas fan de tout le charadesign utilisé (ses gobelins sont laids ! :P ), on sent un bon potentiel pour cette série.
A suivre donc, je suis curieux de voir comment peut évoluer cette série.
J'ai été un peu dérouté par cette adaptation d'un roman japonais. Cette saga familiale qui reprend l'histoire de Hana, Fumio sa fille et Hanako sa petite fille ne m'a pas captivé outre mesure. Cette réflexion sur la tradition et l'acceptation de cette tradition d'un point de vue féminin et sur un rythme contemplatif est intéressante mais trop éloignée de mon vécu.
De plus j'ai l'impression que Cyril Bonin est à l'étroit pour traduire la globalité de la pensée de l'auteure japonaise. Hana reste le centre de gravité du récit, l'auteur décrivant son comportement traditionnel (mariage, vie quotidienne) très en détail par rapport aux deux autres femmes.
Le décor historique qui accompagne le récit est assez paradoxal. En effet l'apogée d'Hana correspond à la victoire japonaise sur les Russes en 1905 alors que les revendications plus modernes de Fumio se produisent dans l'environnement de la défaite de 1945. Hanako se retrouve ainsi héritière d'un Japon tiraillé entre tradition et modernité.
La thématique est intéressante mais résonne probablement plus à des plus fins connaisseurs de la culture japonaise que moi.
Ce n'est pas le graphisme de Bonin que je préfère. Peut-être à cause du rythme assez lent, je trouve que cela manque de dynamisme et que les attitudes sont trop raides.
Une œuvre avec des qualités mais qui ne m'a pas fait vibrer.
Cet album porte un message résolument écologiste. Dans l'histoire qu'il raconte évidemment, mais également dans l'objet en lui même. De sa fabrication à sa distribution, en passant par sa promotion tout a été pensé pour avoir un impact environnemental moindre. Papiers recyclés, pour l'album comme pour les goodies qui accompagnent sa sortie, encres végétales, recyclage prévu pour les futurs invendus ... La démarche est expliquée à l'intérieur de la 2e de couverture et mérite d'être soulignée.
L'histoire est celle d'Eva, une jeune ingénieure qui claque la porte de son emploi de bureau pour partir en mission sur une mini ile déserte, s'occuper de la station météo implantée la-bas. Elle va vivre en autonomie et en harmonie avec la nature. Elle devra se débrouiller pour se bricoler un toit, gérer son potager, sa pêche, ses réserves en eau, etc... Le retour à la vie sauvage quoi.
C'est gentiment amusant de la voir galèrer à essayer d'attraper des poissons ou complètement échouer à essayer de faire pousser un légume. Son quotidien sera troublé par l'arrivée d'un énorme bateau, envoyé par un puissant groupe minier. Ses occupants vont se lancer dans l'exploration des fonds marins à la recherche de nouveaux minerais. Leur but : trouver une alternative aux énergies fossiles actuelles. L'intention est louable mais la méthode employée, beaucoup moins propre, pose question.
Le dessin sert bien le propos. Le trait est lisible et des couleurs judicieuses mettent agréablement en lumière ce petit coin de paradis. La mission d'Eva parait bien improbable, tant elle est livrée à elle même. Mais si on fait abstraction de cela, le récit est interessant et fait se poser quelques questions. Comment gérer la transition écologique sans passer par une étape qui aggrave l'existant ? Sommes nous prêt à tout et devons nous tout accepter ? Il n'y a pas de réponse mais cet album met ces problèmes en lumière. Cela reste divertissant, le message écologiste n'est pas insistant mais en toile de fond. Le tout offre un moment de lecture plutôt agréable.
Décidément, j'aime bien ce que fait Axel. Dans le milieu très prolifique de la BD érotique/pornographique, il se démarque par une approche très humaine et marquée par l'âge sur les corps. Il fait aussi montre d'une certaine conscience de son époque, exposant à la fois des problématiques actuelles mais aussi un regard lucide dessus. Pas de faux semblants, on parle de la réalité telle qu'elle est.
Dans cette histoire, c'est une parenthèse de vacances qui est évoquée. Le personnage de Valérie est le type même de la femme d'affaire dans la cinquantaine, qui vient s'évader un peu dans ses vacances et reste lucide sur ce qu'il se passe durant celles-ci. C'est un récit où l'histoire se développe presque doucement et se termine forcément par un départ. C'est ce qui rend cette histoire intéressante, c'est la parenthèse de vacances, où l'on s'autorise ce qui n'est pas convenable le reste du temps.
Sous des airs de BD classique, Axel nous parle de vieillesse, de tourisme sexuel, de réenchanter sa vie à un âge où l'on peut devenir désabusé. Ses personnages ne sont ni des canons de beauté ni des personnages de fiction. Ils sonnent réels, et son dessin accompagne parfaitement bien cette idée.
Le bémol que je trouvais aux autres histoires que j'ai lues de lui (la brièveté du récit empêchant des réels développements) est gommé ici, avec une histoire tout à fait satisfaisante. C'est du très bon, ça sort clairement de l'ordinaire, personnellement je recommande. Un 3.5 !
Les autrices parlent d'un sujet peu abordé en BD: l'accouchement ! C'est très cru (la dessinatrice n'a pas peur de dessiner des gros plans sur des vagins) et ça fait du bien de parler d'un sujet aussi important que la naissance d'un enfant sans aucun tabou.
Les témoignages sont divisés entre les femmes qui ont accouché (avec à la fin une partie spéciale pour les papas) et les professionnels qui donnent leur avis sur la situation actuelle en matière d'accouchement. J'avoue que j'ai surtout aimé les témoignages des parents, notamment les problèmes qu'ont pu vivre des femmes durant leurs grossesses et leurs accouchements. Les informations plus techniques des professionnels m'ont moins passionné. Ce que j'ai surtout retenu est que le professionnel hospitalier peut sembler froid et inhumain par moment, mais je n'ai pas envie de leur jeter la pierre vu l'état des hôpitaux en occident et tous les problèmes qu'ils doivent rencontrer tous les jours.
J'ai bien aimé apprendre qu'il y avait différentes techniques pour accoucher, mais globalement je n'ai pas été trop passionné par le sujet. Je pense que ça va surtout parler aux parents ou à ceux qui veulent le devenir.
Je n'ai toujours pas lu de BD de Guy Delisle, j'ai seulement feuilleté quelques uns de ses albums que j'ai toujours envie de lire actuellement. "S'enfuir" est donc ma première approche de son style de documentaire.
Le récit est long et franchement lent. Il y a une véritable volonté, bien marquée, de faire ressentir le passage du temps extrêmement lent tout au long des mois d'attente, enchainé à un radiateur dans une pièce sans rien. Je salue le courage de ce type et la volonté dont il a su faire preuve, puisqu'il a réussi à ne jamais craquer et ne jamais sombrer dans le désespoir ou la folie. Maintenant, cette force de caractère qu'il arrive à retransmettre tout au long du récit ne suffit pas à m'intéresser à la BD, ce qui est plus problématique. Je regrette d'ailleurs le choix de rester purement interne au récit et ne jamais sortir de ce que le personnage vit. J'ai notamment remarqué qu'à la fin, il n'y a aucune explication ni sur les motivations, les autres enlèvements, les questions sur les Tchétchènes ou la suite dans les années 2000 (où ce fut encore plus violent de ce côté du monde). Je comprends l'intention mais je la trouve regrettable. Elle aurait gagné à s'inscrire dans un contexte plus large, ne serait-ce qu'à la fin.
C'est donc une BD en demi-teinte pour moi : le documentaire est formaliste à l’extrême, refusant toute sortie du pur récit de Christophe. Le dessin aide à s'immerger dans cette longue attente avec l'absence de décors ou la simplicité des images. Mais en même temps je sors de ce récit sans véritable ouverture vers autre chose. Que penser de tout ceci, qu'en tirer ? Je ne sais pas vraiment. Et c'est ce qui me fait douter d'une relecture de la BD. J'ai eu un moment d'agacement à la lecture, me demandant sur combien de pages encore il ne se passerait rien, et maintenant que c'est terminé je pense que je zapperai une partie de la lecture si je m'aventurais à le relire. Donc mitigé sur mon avis. C'est pas mauvais, mais je n'ai pas trouvé ça bon non plus.
Après une première approche des BD de Axel, je voulais continuer à creuser dans les titres qu'il a déjà publiés. Et cet album me semblait un bon début, au vu des avis précédents.
Et je rejoins totalement l'avis de Noirdésir. Axel parvient, notamment par son dessin aux contours charbonneux qui donnent un aspect vieilli aux peaux et aux corps, à proposer des histoires innovantes avec des personnages assez peu vus dans ce genre de récits. Déjà l'âge, plus avancé que sur une bonne partie des collections BD X. Les personnages sont plus vieux (ici vers la quarantaine, fin quarantaine), ont des enfants et déjà eu une vie, notamment sexuelle. Et surtout, le récit comporte plusieurs idées intéressantes : la question de la sexualité dans le couple lorsque l'un des deux est incapable, le fait de revivre lorsqu'on est lié à une personne dont on doit s'occuper, etc ... C'est bien traité, bien amené et j'ai trouvé qu'Axel s'autorisait quelques petites scènes de sexe assez réalistes entre ces scènes importantes pour le scénario. L'équilibre est bon, le récit est franchement plaisant.
Le seul hic que je vois, c'est que la fin parait abrupte et ne me satisfait pas franchement. Ce qui est soulevé n'est pas vraiment conclu et je trouve que la dernière planche ne suffit pas. J'aurais voulu plus, ce qui est finalement la marque d'un récit qui m'a plu. Donc bonne lecture, plaisante mais trop courte. Sans doute que la contrainte des pages aura nécessité d'être plus concis. Donnez-nous-en plus !
Janvier 1920, dans les rues froides et humides de Paris, Eugène Varlot détective de son état a été chargé d’une drôle d’affaire. Croyant avoir accepté une banale affaire d’adultère chez le colonel Fantin de Larsaudière, héros de guerre, il se retrouve au cœur une histoire de chantage aux ramifications pas très glorieuses pour notre colonel ! Sans surprise les thèmes chers à Tardi que sont la Première Guerre mondiale et ses effets dévastateurs sur les hommes, et le polar noir s’entrecroisent dans cet album. La saison fait que j’avais envie de le relire mais j’en avais gardé un meilleur souvenir. ça s’étire un peu en longueur et une forte impression de déjà vu et revu dans Nestor Burma m’a un peu gâché le plaisir. Néanmoins, pour qui aime Tardi, cet album, surtout intéressant parce qu’il situe l’intrigue dans l’immédiat après-guerre, vaut le coup.
De Sapphô je ne connais que quelques bribes, je ne l’ai jamais lue, et je ne fais que la relier au « saphisme » et autres thématiques lesbiennes.
Si cet album de l’auteure italienne Arianna Melone ne livre pas tous les secrets de cette femme – après tout, les témoignages historiques sont assez tenus la concernant – on arrive quand même à davantage la cerner.
Se dégage de cet album une forte mélancolie – accentuée par le dessin, à l’aquarelle semble-t-il, une colorisation très douce, et par le rythme plutôt lent. C’est ce qui fait la force et la faiblesse de cet album d’ailleurs, l’impression de lenteur, d’engourdissement – quand bien même certaines tensions existent.
Sapphô semble avoir été une femme forte et « libérée » – même si ce terme est ici anachronique. Elle joue ici un rôle important pour sa famille, mais aussi pour les jeunes filles qui ont rejoint sa communauté féminine (ou thiase), qui avait semble-t-il pour but de les préparer au mariage (c’est dans ce but que « l’activité sexuelle, y compris entre femmes, avait sa place), tout en les initiant à des activités culturelles, elle les guidait vers la vie adulte et à la vie de couple.
Une personnalité intrigante et intéressante, au cœur d’un système de pensée différent du simple libertinage auquel Sapphô a été associée (cet aspect est à la fois réducteur et erroné).
Un album intéressant donc, même si la lecture m’a moins captivé que je ne l’espérais de prime abord.
Idem pour le dessin, original et beau, mais pas exempt de défauts : il est inégal, et je n’aime pas lorsque les traits des visages sont effacés, parfois.
Note réelle 2,5/5.
Un petit "pas mal" pour cette série jeunesse qui met en scène un chat détective qui se la pète un peu mais peut compter sur d'efficaces compagnons d'aventure. Les deux premiers tomes (et seuls parus à l'heure où j'écris cet avis) nous proposent des enquêtes teintées de fantastique dans lesquelles les animaux et leurs spécificités sont bien exploités.
Il ne faut pas s'attendre à une grande originalité dans les intrigues et c'est bien pour cela que cette série est à conseiller prioritairement aux jeunes lecteurs, qui n'auront pas lu de récits analogues par ailleurs.
La narration et la mise en page sont très libres, donnant à ces albums de faux airs de livres illustrés alors que l'art séquentiel propre à la bande dessinée y est bel et bien privilégié. Reliquat des origines de la série (les premières aventures de Winston se présentaient sous la forme de romans), la voix "off" est très présente et rythme la narration. L'écriture joue sur l'humour et la désinvolture du héros. Les histoires abordent des sujets divers (importance du chat dans l'Egypte ancienne et entraide entre personnes que tout oppose dans le premier récit, égalité des sexes et caractère voleur des ratons laveurs dans la deuxième histoire) mais privilégie toujours le mystère et l'aventure. Le résultat est parfaitement adapté pour le public visé.
A mes yeux, Winston manque de charisme et ses enquêtes sont peu originales mais si je me réfère au public visé cette série dispose d'assez d'atouts pour satisfaire les jeunes lecteurs. Donc pourquoi pas ?
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From FPS to RPG
Belle maquette pour cette nouvelle série ! On voit d'emblée que le dessin est travaillé, et la petite touche de vernis sélectif sur le costume du protagoniste renforce le soin porté à cette jaquette. "From FPS to RPG" nous raconte comment un jeune homme fan de FPS (jeu vidéo de tir fondé sur des combats en vision subjective) va se retrouver plongé dans un nouvel univers. Sortie de map ! Pour plonger dans une nouvelle... Car c'est bien dans un autre univers de jeu qu'il vient d’atterrir, mais cette fois-ci un RPG (on va dire de type jeu de rôle) où la magie domine. Pour Ren Saitô (notre héros) la surprise est de taille, mais il a toujours accès à son interface de jeu qui lui permet d'utiliser tout un arsenal d'armes de guerre. C'est comme ça qu'il va sauver une jeune femme des griffes d'une bande de gobelins et ainsi continuer à évoluer dans ce nouvel univers. Un nouvel isekai de plus pourrait-on dire pour aller vite en besogne. Pourtant, le trait soigné et détaillé me donne envie de laisser une chance à cette série qui pose avec ce premier tome les bases d'une confrontation d'univers de joueur intéressante. Le soin des détails, que ce soit dans les décors, costumes ou personnages, le bestiaire qu'on découvre au fil des chapitres, ont réussi à titiller la curiosité de l'ancien joueur que j'étais. Même si je ne suis pas fan de tout le charadesign utilisé (ses gobelins sont laids ! :P ), on sent un bon potentiel pour cette série. A suivre donc, je suis curieux de voir comment peut évoluer cette série.
Les Dames de Kimoto
J'ai été un peu dérouté par cette adaptation d'un roman japonais. Cette saga familiale qui reprend l'histoire de Hana, Fumio sa fille et Hanako sa petite fille ne m'a pas captivé outre mesure. Cette réflexion sur la tradition et l'acceptation de cette tradition d'un point de vue féminin et sur un rythme contemplatif est intéressante mais trop éloignée de mon vécu. De plus j'ai l'impression que Cyril Bonin est à l'étroit pour traduire la globalité de la pensée de l'auteure japonaise. Hana reste le centre de gravité du récit, l'auteur décrivant son comportement traditionnel (mariage, vie quotidienne) très en détail par rapport aux deux autres femmes. Le décor historique qui accompagne le récit est assez paradoxal. En effet l'apogée d'Hana correspond à la victoire japonaise sur les Russes en 1905 alors que les revendications plus modernes de Fumio se produisent dans l'environnement de la défaite de 1945. Hanako se retrouve ainsi héritière d'un Japon tiraillé entre tradition et modernité. La thématique est intéressante mais résonne probablement plus à des plus fins connaisseurs de la culture japonaise que moi. Ce n'est pas le graphisme de Bonin que je préfère. Peut-être à cause du rythme assez lent, je trouve que cela manque de dynamisme et que les attitudes sont trop raides. Une œuvre avec des qualités mais qui ne m'a pas fait vibrer.
La Brute et le Divin
Cet album porte un message résolument écologiste. Dans l'histoire qu'il raconte évidemment, mais également dans l'objet en lui même. De sa fabrication à sa distribution, en passant par sa promotion tout a été pensé pour avoir un impact environnemental moindre. Papiers recyclés, pour l'album comme pour les goodies qui accompagnent sa sortie, encres végétales, recyclage prévu pour les futurs invendus ... La démarche est expliquée à l'intérieur de la 2e de couverture et mérite d'être soulignée. L'histoire est celle d'Eva, une jeune ingénieure qui claque la porte de son emploi de bureau pour partir en mission sur une mini ile déserte, s'occuper de la station météo implantée la-bas. Elle va vivre en autonomie et en harmonie avec la nature. Elle devra se débrouiller pour se bricoler un toit, gérer son potager, sa pêche, ses réserves en eau, etc... Le retour à la vie sauvage quoi. C'est gentiment amusant de la voir galèrer à essayer d'attraper des poissons ou complètement échouer à essayer de faire pousser un légume. Son quotidien sera troublé par l'arrivée d'un énorme bateau, envoyé par un puissant groupe minier. Ses occupants vont se lancer dans l'exploration des fonds marins à la recherche de nouveaux minerais. Leur but : trouver une alternative aux énergies fossiles actuelles. L'intention est louable mais la méthode employée, beaucoup moins propre, pose question. Le dessin sert bien le propos. Le trait est lisible et des couleurs judicieuses mettent agréablement en lumière ce petit coin de paradis. La mission d'Eva parait bien improbable, tant elle est livrée à elle même. Mais si on fait abstraction de cela, le récit est interessant et fait se poser quelques questions. Comment gérer la transition écologique sans passer par une étape qui aggrave l'existant ? Sommes nous prêt à tout et devons nous tout accepter ? Il n'y a pas de réponse mais cet album met ces problèmes en lumière. Cela reste divertissant, le message écologiste n'est pas insistant mais en toile de fond. Le tout offre un moment de lecture plutôt agréable.
Le Prix de l'amour
Décidément, j'aime bien ce que fait Axel. Dans le milieu très prolifique de la BD érotique/pornographique, il se démarque par une approche très humaine et marquée par l'âge sur les corps. Il fait aussi montre d'une certaine conscience de son époque, exposant à la fois des problématiques actuelles mais aussi un regard lucide dessus. Pas de faux semblants, on parle de la réalité telle qu'elle est. Dans cette histoire, c'est une parenthèse de vacances qui est évoquée. Le personnage de Valérie est le type même de la femme d'affaire dans la cinquantaine, qui vient s'évader un peu dans ses vacances et reste lucide sur ce qu'il se passe durant celles-ci. C'est un récit où l'histoire se développe presque doucement et se termine forcément par un départ. C'est ce qui rend cette histoire intéressante, c'est la parenthèse de vacances, où l'on s'autorise ce qui n'est pas convenable le reste du temps. Sous des airs de BD classique, Axel nous parle de vieillesse, de tourisme sexuel, de réenchanter sa vie à un âge où l'on peut devenir désabusé. Ses personnages ne sont ni des canons de beauté ni des personnages de fiction. Ils sonnent réels, et son dessin accompagne parfaitement bien cette idée. Le bémol que je trouvais aux autres histoires que j'ai lues de lui (la brièveté du récit empêchant des réels développements) est gommé ici, avec une histoire tout à fait satisfaisante. C'est du très bon, ça sort clairement de l'ordinaire, personnellement je recommande. Un 3.5 !
Accouche !
Les autrices parlent d'un sujet peu abordé en BD: l'accouchement ! C'est très cru (la dessinatrice n'a pas peur de dessiner des gros plans sur des vagins) et ça fait du bien de parler d'un sujet aussi important que la naissance d'un enfant sans aucun tabou. Les témoignages sont divisés entre les femmes qui ont accouché (avec à la fin une partie spéciale pour les papas) et les professionnels qui donnent leur avis sur la situation actuelle en matière d'accouchement. J'avoue que j'ai surtout aimé les témoignages des parents, notamment les problèmes qu'ont pu vivre des femmes durant leurs grossesses et leurs accouchements. Les informations plus techniques des professionnels m'ont moins passionné. Ce que j'ai surtout retenu est que le professionnel hospitalier peut sembler froid et inhumain par moment, mais je n'ai pas envie de leur jeter la pierre vu l'état des hôpitaux en occident et tous les problèmes qu'ils doivent rencontrer tous les jours. J'ai bien aimé apprendre qu'il y avait différentes techniques pour accoucher, mais globalement je n'ai pas été trop passionné par le sujet. Je pense que ça va surtout parler aux parents ou à ceux qui veulent le devenir.
S'enfuir
Je n'ai toujours pas lu de BD de Guy Delisle, j'ai seulement feuilleté quelques uns de ses albums que j'ai toujours envie de lire actuellement. "S'enfuir" est donc ma première approche de son style de documentaire. Le récit est long et franchement lent. Il y a une véritable volonté, bien marquée, de faire ressentir le passage du temps extrêmement lent tout au long des mois d'attente, enchainé à un radiateur dans une pièce sans rien. Je salue le courage de ce type et la volonté dont il a su faire preuve, puisqu'il a réussi à ne jamais craquer et ne jamais sombrer dans le désespoir ou la folie. Maintenant, cette force de caractère qu'il arrive à retransmettre tout au long du récit ne suffit pas à m'intéresser à la BD, ce qui est plus problématique. Je regrette d'ailleurs le choix de rester purement interne au récit et ne jamais sortir de ce que le personnage vit. J'ai notamment remarqué qu'à la fin, il n'y a aucune explication ni sur les motivations, les autres enlèvements, les questions sur les Tchétchènes ou la suite dans les années 2000 (où ce fut encore plus violent de ce côté du monde). Je comprends l'intention mais je la trouve regrettable. Elle aurait gagné à s'inscrire dans un contexte plus large, ne serait-ce qu'à la fin. C'est donc une BD en demi-teinte pour moi : le documentaire est formaliste à l’extrême, refusant toute sortie du pur récit de Christophe. Le dessin aide à s'immerger dans cette longue attente avec l'absence de décors ou la simplicité des images. Mais en même temps je sors de ce récit sans véritable ouverture vers autre chose. Que penser de tout ceci, qu'en tirer ? Je ne sais pas vraiment. Et c'est ce qui me fait douter d'une relecture de la BD. J'ai eu un moment d'agacement à la lecture, me demandant sur combien de pages encore il ne se passerait rien, et maintenant que c'est terminé je pense que je zapperai une partie de la lecture si je m'aventurais à le relire. Donc mitigé sur mon avis. C'est pas mauvais, mais je n'ai pas trouvé ça bon non plus.
Une femme fidèle
Après une première approche des BD de Axel, je voulais continuer à creuser dans les titres qu'il a déjà publiés. Et cet album me semblait un bon début, au vu des avis précédents. Et je rejoins totalement l'avis de Noirdésir. Axel parvient, notamment par son dessin aux contours charbonneux qui donnent un aspect vieilli aux peaux et aux corps, à proposer des histoires innovantes avec des personnages assez peu vus dans ce genre de récits. Déjà l'âge, plus avancé que sur une bonne partie des collections BD X. Les personnages sont plus vieux (ici vers la quarantaine, fin quarantaine), ont des enfants et déjà eu une vie, notamment sexuelle. Et surtout, le récit comporte plusieurs idées intéressantes : la question de la sexualité dans le couple lorsque l'un des deux est incapable, le fait de revivre lorsqu'on est lié à une personne dont on doit s'occuper, etc ... C'est bien traité, bien amené et j'ai trouvé qu'Axel s'autorisait quelques petites scènes de sexe assez réalistes entre ces scènes importantes pour le scénario. L'équilibre est bon, le récit est franchement plaisant. Le seul hic que je vois, c'est que la fin parait abrupte et ne me satisfait pas franchement. Ce qui est soulevé n'est pas vraiment conclu et je trouve que la dernière planche ne suffit pas. J'aurais voulu plus, ce qui est finalement la marque d'un récit qui m'a plu. Donc bonne lecture, plaisante mais trop courte. Sans doute que la contrainte des pages aura nécessité d'être plus concis. Donnez-nous-en plus !
Le Der des ders
Janvier 1920, dans les rues froides et humides de Paris, Eugène Varlot détective de son état a été chargé d’une drôle d’affaire. Croyant avoir accepté une banale affaire d’adultère chez le colonel Fantin de Larsaudière, héros de guerre, il se retrouve au cœur une histoire de chantage aux ramifications pas très glorieuses pour notre colonel ! Sans surprise les thèmes chers à Tardi que sont la Première Guerre mondiale et ses effets dévastateurs sur les hommes, et le polar noir s’entrecroisent dans cet album. La saison fait que j’avais envie de le relire mais j’en avais gardé un meilleur souvenir. ça s’étire un peu en longueur et une forte impression de déjà vu et revu dans Nestor Burma m’a un peu gâché le plaisir. Néanmoins, pour qui aime Tardi, cet album, surtout intéressant parce qu’il situe l’intrigue dans l’immédiat après-guerre, vaut le coup.
Les Filles de Sapphô
De Sapphô je ne connais que quelques bribes, je ne l’ai jamais lue, et je ne fais que la relier au « saphisme » et autres thématiques lesbiennes. Si cet album de l’auteure italienne Arianna Melone ne livre pas tous les secrets de cette femme – après tout, les témoignages historiques sont assez tenus la concernant – on arrive quand même à davantage la cerner. Se dégage de cet album une forte mélancolie – accentuée par le dessin, à l’aquarelle semble-t-il, une colorisation très douce, et par le rythme plutôt lent. C’est ce qui fait la force et la faiblesse de cet album d’ailleurs, l’impression de lenteur, d’engourdissement – quand bien même certaines tensions existent. Sapphô semble avoir été une femme forte et « libérée » – même si ce terme est ici anachronique. Elle joue ici un rôle important pour sa famille, mais aussi pour les jeunes filles qui ont rejoint sa communauté féminine (ou thiase), qui avait semble-t-il pour but de les préparer au mariage (c’est dans ce but que « l’activité sexuelle, y compris entre femmes, avait sa place), tout en les initiant à des activités culturelles, elle les guidait vers la vie adulte et à la vie de couple. Une personnalité intrigante et intéressante, au cœur d’un système de pensée différent du simple libertinage auquel Sapphô a été associée (cet aspect est à la fois réducteur et erroné). Un album intéressant donc, même si la lecture m’a moins captivé que je ne l’espérais de prime abord. Idem pour le dessin, original et beau, mais pas exempt de défauts : il est inégal, et je n’aime pas lorsque les traits des visages sont effacés, parfois. Note réelle 2,5/5.
Winston - Un chat mène l'enquête
Un petit "pas mal" pour cette série jeunesse qui met en scène un chat détective qui se la pète un peu mais peut compter sur d'efficaces compagnons d'aventure. Les deux premiers tomes (et seuls parus à l'heure où j'écris cet avis) nous proposent des enquêtes teintées de fantastique dans lesquelles les animaux et leurs spécificités sont bien exploités. Il ne faut pas s'attendre à une grande originalité dans les intrigues et c'est bien pour cela que cette série est à conseiller prioritairement aux jeunes lecteurs, qui n'auront pas lu de récits analogues par ailleurs. La narration et la mise en page sont très libres, donnant à ces albums de faux airs de livres illustrés alors que l'art séquentiel propre à la bande dessinée y est bel et bien privilégié. Reliquat des origines de la série (les premières aventures de Winston se présentaient sous la forme de romans), la voix "off" est très présente et rythme la narration. L'écriture joue sur l'humour et la désinvolture du héros. Les histoires abordent des sujets divers (importance du chat dans l'Egypte ancienne et entraide entre personnes que tout oppose dans le premier récit, égalité des sexes et caractère voleur des ratons laveurs dans la deuxième histoire) mais privilégie toujours le mystère et l'aventure. Le résultat est parfaitement adapté pour le public visé. A mes yeux, Winston manque de charisme et ses enquêtes sont peu originales mais si je me réfère au public visé cette série dispose d'assez d'atouts pour satisfaire les jeunes lecteurs. Donc pourquoi pas ?