Je ne sais trop quoi penser de cet album, ça fait des mois que je reporte mon avis en hésitant sur la note (et je suis toujours emmerdé).
Je ne vais pas revenir sur le contenu, passionnant, édifiant et très instructif pour ma part, j’ignorais tout de ces événements.
Il y’a un super boulot d’enquête et hormis un dessin austère, c’est d’une belle fluidité, je n’ai pas grand chose à reprocher.
En fait, si comme moi ces faits vous étaient inconnus, j’en encourage fortement la découverte via n’importe quel médium. Mais à titre personnel, ce n’est pas un titre que je relirai.
3* finalement même si je vois ce tome comme un indispensable de toutes médiathèques publiques.
Une série ultra classique, qui ne surprendra aucun amateur de ce genre de polar/thriller, mais qui les contentera certainement, avant qu'ils ne passent à autre chose. En effet, c’est une lecture d’emprunt, pour se divertir un peu, mais rien de mémorable.
Desberg a pondu pas mal de séries dans le même univers (gros trafiquants de drogue contre DEA, luttes entre familles mafieuses), et use ici – plutôt bien au demeurant – des ficelles habituelles. Ficelles ou facilités, comme la propension de « Tosca » à échapper à tout (cela culmine dans la fusillade du « mariage » dans le troisième tome), à séduire la belle héritière du clan adverse (au passage, comme toujours dans ce genre de série, les femmes sont toutes des bimbos).
Le dessin de Malès fait le boulot, le scénario de Desberg est rythmé, le triptyque remplit son but, distraire sans prise de tête. Mais sans plus.
J’avais découvert le dessin de Caceres sur son « Elisabeth Bathory » publié chez Tabou, où il produisait un travail baroque et très chargé. Ici son dessin est un chouia moins chargé, mais il est intéressant, avec un trait un peu gras. Je regrette juste des cases difficiles à déchiffrer parfois, car la colorisation est trop sombre (et le fait que cela se passe surtout la nuit ne justifie pas tout).
L’intrigue d’Ellis se déroule dans le Londres du milieu du XIXème siècle. Elle joue à fond la carte steampunk, avec des armes et des moyens de transport électriques, un bateau volant, etc. Cet aspect est sympathique, il y ajoute un univers vaguement pirate, et une « guerre des polices « (entre les tout nouveaux Bobbies et une sorte de milice liée à des magistrats corrompus).
Voilà pour l’arrière-plan, assez riche. Mais Ellis n’a pas su l’utiliser pour dynamiser suffisamment l’intrigue. Ou plutôt son intrigue n’est pas assez originale et riche pour supporter cet attirail, qui masque difficilement le caractère somme toute banal de l’histoire. Et le retournement du « gentil » flic, qui se range dans le camp des pirates contre d’autres voleurs liés aux magistrats, est un peu facile.
Pour le reste, ça se laisse lire – malgré quelques passages un peu trop verbeux. Mais le plumage vaut mieux que le ramage.
Note réelle 2,5/5.
Oui, bon...
Une idée de départ pleine de promesses, mais qui se trouve un peu court-circuitée par la tournure Comic-Book "mainstream" du scénario : des dialogues (beaucoup !) et de l'action, point. On a clairement l'impression d'une tentative pour élaborer un univers propice à d'éventuelles futures exploitations, tant la forme est orienté "légèreté" ; alors qu'on aurait pu s'attendre, d'après les prémisses, à un récit de S.F. plus traditionnellement profond.
Tant pis ! La lecture est néanmoins agréablement facile, à défaut d'être passionnante ; et Chris Sprouse, encore une fois, livre un travail aussi propre que lisible : maitrisé, aéré et dynamique.
Du divertissement honnête.
Ce qui interpelle, en premier, c'est l'extrême singularité de style du graphisme : Aristote et ses potes faisait vraiment "tâche" (sans connotation négative) au sein du Journal De Spirou. Depuis le dépouillement absolu des décors (limite bâclés...) à "l'angulaire" des personnages, le lecteur évoluait en des territoires résolument inexplorés, qu'on se serait d'avantage attendu à croiser dans des revues moins enfantines (Métal Hurlant, par exemple.).
Sinon, une idée de départ originale qui permet une série de gags inusités et -surtout !- assez bien cadencés sur la planche : même quand ils sont plus familiers (ceux mettant en scène les neveux, en particulier), le rythme imposé par les angles de points de vues (limite Comics !), la répartition des cases (et des bulles...) s'allie parfaitement au "saccadé-simpliste" du dessin, plein de peps ; et l'humour s'en trouve ainsi amplifié.
Parce qu'on s'amuse bien, avec cette série ! Bon, c'est sa vocation première, bien entendu ; mais je continue à être surpris que ce mélange si hétéroclite (thème un peu foutraque/absurde et style graphique aussi maladroit qu'à priori commercialement suicidaire...) fonctionne : il y a une alchimie plutôt miraculeuse dans ces pages puisque, d'après les avis précédents, les albums se sont apparemment bien vendus.
Bon point, pour le lectorat de l'époque, d'avoir plébiscité autant d'originalité.
C’est un album surprenant (le titre, déjà – même s’il prend son sens au bout d’un moment) et relativement ambitieux, mais sa lecture s’est révélée un peu difficile – affaire de goûts sans doute.
Sous couvert de suivre la vie et les réflexions de deux jumeaux, c’est en fait une réflexion plus profonde sur le génome, son décodage, ce que ça peut impliquer en matière éthique, thérapeutique, etc. qui nous est proposée.
Car l’un des jumeaux a fait séquencer son génome, ce qui n’est pas sans influencer sa vision de l’avenir. Et son frangin, qui ne l’a pas fait, se sent évidemment concerné du fait de leur gémellité. Les propos scientifiques sont parfois pointus, et les auteurs jouent sur une mise en pages et des dessins assez froids, une numérotation des pages en binaire, pour mettre au premier plan les questionnements autour de ce séquençage, au détriment d’une histoire plus emballante (c’est ce qui m’a un peu freiné).
De plus, au milieu des dialogues, des citations de Tocqueville à propos de la démocratie s’invitent pour que l’on n’oublie pas les arrière-plans sociétaux.
Froid, surprenant, pas inintéressant, mais je suis resté sur ma faim quand même. Mais je pense que d’autres seront davantage attirés par cet album inclassable, entre documentaire et récit à thèse.
L’album (au format assez petit) se lit très rapidement, c’est une suite de « souvenirs », parfois à peine esquissés, qui reprennent en grande partie le procédé narratif de Pérec.
Alors, c’est sûr, il n’y a pas vraiment d’« histoire » au sens habituel. Mais ça se laisse quand même lire agréablement. Car, au travers de ces souvenirs, c’est non seulement la vie de l’auteure qui s’étale, par tranches et sous formes d’anecdotes plus ou moins fortes, mais aussi l’histoire de son pays d’origine, le Liban, et surtout Beyrouth. Beyrouth déchirée par la guerre.
L’autobiographie fragmentaire rejoint donc l’histoire nationale, comme a pu le faire – excellemment – Satrapi avec son Persepolis (même si ici c’est sans doute moins creusé). L’autre point qui rapproche ces deux auteures, c’est le côté graphique – même si leurs styles diffèrent quand même.
Abirached use d’un Noir et Blanc très tranché, avec un dessin stylisé dont le rendu est proche de papiers découpés. Un dessin simple, mais très agréable. Une lecture légère malgré l’arrière-plan tragique. Une lecture plaisante en tout cas.
C’est le troisième album collectif du genre coordonné par Tiburce Oger, qui s’adjoint encore une belle brochette de dessinateurs (même s’il y a moins ici du « lourd », c’est plus inégal je trouve – affaire de goût peut-être), pour accompagner sa déclaration d’amour au western, dans ce qu’il a de plus classique. C’est aussi celui qui m’a le moins convaincu.
Le procédé liant entre elles les différentes histoires est ici un fil rouge bien ténu et artificiel. Et surtout, la narration en histoires courtes trouve ici davantage ses limites, j’ai eu du mal à les apprécier, elles manquent souvent de coffre, ou alors auraient pu être plus développées. Celle sur le lynchage de l’éléphant a davantage retenu mon attention, me rappelant ces procès d’animaux, nombreux au moyen-âge. Je ne connaissais pas cette histoire, qui il est vrai sort un peu de notre cadre, puisqu’elle se déroule en 1916 en Virginie, en un lieu et une époque où « l’ouest » n’est plus sauvage ou à conquérir.
Bref, histoires, dessin et fil rouge m’ont ici moins convaincu. Ça reste très lisible, mais décevant par rapport à mes attentes (j’aime tout autant qu’Oger le western).
Note réelle 2,5/5.
J’ai lu le premier tome dans l’édition originale des Humanos, publiée dans un format atypique (tout petit, avec seulement une trentaine de pages). J’imagine que ça devait être un récit qui ne devait pas donner lieu à une suite, une sorte de parenthèse au milieu d’autres productions du duo, plus tournées vers l’humour. Et qu’ensuite ils se sont ravisés, en publiant quelques années plus tard (chez un autre éditeur, mais aussi dans un format et une pagination beaucoup plus classiques) un autre album, qui est une sorte de flash-back/prequel du précédent.
On retrouve le style de Ben Radis, avec des personnages aux têtes animalières. L’originalité ici est qu’ils ont des têtes d’insectes ! Surprenant au départ, mais on s’y fait rapidement. Car le reste du corps est tout ce qu’il y a d’humain, et dans le second tome plusieurs personnages ont des têtes où le côté insecte est présent, mais moins « visible ». En tout cas ce dessin est plutôt agréable, très fluide. Et la colorisation (du Noir et Blanc agrémenté de touches d’orange et de jaune) est elle aussi sympathique.
Les deux histoires donnent dans le polar noir classique (surtout le premier récit, très polar américain des années 1940). C’est bien fait, mais sans aucune surprise. Du coup ça se laisse lire, mais aussi rapidement oublier – seul l’aspect graphique marque un peu plus par son originalité.
A emprunter à l’occasion, pour les amateurs de polar ultra classiques et/ou du duo d’auteurs.
Note réelle 2,5/5.
Biscoto est une maison d'édition qui propose de bons récits pour la jeunesse. En accompagnant la petite grenouille Cécil les jeunes lecteurs et lectrices partent à la recherche d'ingrédients magiques un peu farfelus. Ils/elles découvriront surtout des qualités humaines qui permettent de bien vivre ensemble.
Le récit propose aussi d'aller au-delà des apparences d'une rate alchimiste assez désagréable au premier abord. Le récit ressemble à un jeu de piste en cinq étapes pour reconstituer la potion. Le but de la quête se révèle au fur et à mesure de l'histoire. Le vocabulaire employé est moderne et d'un bon niveau.
Cela propose une lecture agréable même pour les débutants de CP/CE1 grâce à un lettrage très lisible.
Le graphisme est un peu plat mais les personnages sont attachants dans des cases où fourmillent les détails. La mise en couleur est très douce avec une multitude de teintes adaptées à un jeune public.
Une bonne petite lecture à partager avec ses jeunes enfants. Un bon 3
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Algues vertes - L'Histoire interdite
Je ne sais trop quoi penser de cet album, ça fait des mois que je reporte mon avis en hésitant sur la note (et je suis toujours emmerdé). Je ne vais pas revenir sur le contenu, passionnant, édifiant et très instructif pour ma part, j’ignorais tout de ces événements. Il y’a un super boulot d’enquête et hormis un dessin austère, c’est d’une belle fluidité, je n’ai pas grand chose à reprocher. En fait, si comme moi ces faits vous étaient inconnus, j’en encourage fortement la découverte via n’importe quel médium. Mais à titre personnel, ce n’est pas un titre que je relirai. 3* finalement même si je vois ce tome comme un indispensable de toutes médiathèques publiques.
Tosca
Une série ultra classique, qui ne surprendra aucun amateur de ce genre de polar/thriller, mais qui les contentera certainement, avant qu'ils ne passent à autre chose. En effet, c’est une lecture d’emprunt, pour se divertir un peu, mais rien de mémorable. Desberg a pondu pas mal de séries dans le même univers (gros trafiquants de drogue contre DEA, luttes entre familles mafieuses), et use ici – plutôt bien au demeurant – des ficelles habituelles. Ficelles ou facilités, comme la propension de « Tosca » à échapper à tout (cela culmine dans la fusillade du « mariage » dans le troisième tome), à séduire la belle héritière du clan adverse (au passage, comme toujours dans ce genre de série, les femmes sont toutes des bimbos). Le dessin de Malès fait le boulot, le scénario de Desberg est rythmé, le triptyque remplit son but, distraire sans prise de tête. Mais sans plus.
Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island
J’avais découvert le dessin de Caceres sur son « Elisabeth Bathory » publié chez Tabou, où il produisait un travail baroque et très chargé. Ici son dessin est un chouia moins chargé, mais il est intéressant, avec un trait un peu gras. Je regrette juste des cases difficiles à déchiffrer parfois, car la colorisation est trop sombre (et le fait que cela se passe surtout la nuit ne justifie pas tout). L’intrigue d’Ellis se déroule dans le Londres du milieu du XIXème siècle. Elle joue à fond la carte steampunk, avec des armes et des moyens de transport électriques, un bateau volant, etc. Cet aspect est sympathique, il y ajoute un univers vaguement pirate, et une « guerre des polices « (entre les tout nouveaux Bobbies et une sorte de milice liée à des magistrats corrompus). Voilà pour l’arrière-plan, assez riche. Mais Ellis n’a pas su l’utiliser pour dynamiser suffisamment l’intrigue. Ou plutôt son intrigue n’est pas assez originale et riche pour supporter cet attirail, qui masque difficilement le caractère somme toute banal de l’histoire. Et le retournement du « gentil » flic, qui se range dans le camp des pirates contre d’autres voleurs liés aux magistrats, est un peu facile. Pour le reste, ça se laisse lire – malgré quelques passages un peu trop verbeux. Mais le plumage vaut mieux que le ramage. Note réelle 2,5/5.
Océan
Oui, bon... Une idée de départ pleine de promesses, mais qui se trouve un peu court-circuitée par la tournure Comic-Book "mainstream" du scénario : des dialogues (beaucoup !) et de l'action, point. On a clairement l'impression d'une tentative pour élaborer un univers propice à d'éventuelles futures exploitations, tant la forme est orienté "légèreté" ; alors qu'on aurait pu s'attendre, d'après les prémisses, à un récit de S.F. plus traditionnellement profond. Tant pis ! La lecture est néanmoins agréablement facile, à défaut d'être passionnante ; et Chris Sprouse, encore une fois, livre un travail aussi propre que lisible : maitrisé, aéré et dynamique. Du divertissement honnête.
Aristote et ses potes
Ce qui interpelle, en premier, c'est l'extrême singularité de style du graphisme : Aristote et ses potes faisait vraiment "tâche" (sans connotation négative) au sein du Journal De Spirou. Depuis le dépouillement absolu des décors (limite bâclés...) à "l'angulaire" des personnages, le lecteur évoluait en des territoires résolument inexplorés, qu'on se serait d'avantage attendu à croiser dans des revues moins enfantines (Métal Hurlant, par exemple.). Sinon, une idée de départ originale qui permet une série de gags inusités et -surtout !- assez bien cadencés sur la planche : même quand ils sont plus familiers (ceux mettant en scène les neveux, en particulier), le rythme imposé par les angles de points de vues (limite Comics !), la répartition des cases (et des bulles...) s'allie parfaitement au "saccadé-simpliste" du dessin, plein de peps ; et l'humour s'en trouve ainsi amplifié. Parce qu'on s'amuse bien, avec cette série ! Bon, c'est sa vocation première, bien entendu ; mais je continue à être surpris que ce mélange si hétéroclite (thème un peu foutraque/absurde et style graphique aussi maladroit qu'à priori commercialement suicidaire...) fonctionne : il y a une alchimie plutôt miraculeuse dans ces pages puisque, d'après les avis précédents, les albums se sont apparemment bien vendus. Bon point, pour le lectorat de l'époque, d'avoir plébiscité autant d'originalité.
Macula Brocoli
C’est un album surprenant (le titre, déjà – même s’il prend son sens au bout d’un moment) et relativement ambitieux, mais sa lecture s’est révélée un peu difficile – affaire de goûts sans doute. Sous couvert de suivre la vie et les réflexions de deux jumeaux, c’est en fait une réflexion plus profonde sur le génome, son décodage, ce que ça peut impliquer en matière éthique, thérapeutique, etc. qui nous est proposée. Car l’un des jumeaux a fait séquencer son génome, ce qui n’est pas sans influencer sa vision de l’avenir. Et son frangin, qui ne l’a pas fait, se sent évidemment concerné du fait de leur gémellité. Les propos scientifiques sont parfois pointus, et les auteurs jouent sur une mise en pages et des dessins assez froids, une numérotation des pages en binaire, pour mettre au premier plan les questionnements autour de ce séquençage, au détriment d’une histoire plus emballante (c’est ce qui m’a un peu freiné). De plus, au milieu des dialogues, des citations de Tocqueville à propos de la démocratie s’invitent pour que l’on n’oublie pas les arrière-plans sociétaux. Froid, surprenant, pas inintéressant, mais je suis resté sur ma faim quand même. Mais je pense que d’autres seront davantage attirés par cet album inclassable, entre documentaire et récit à thèse.
Je me souviens, Beyrouth
L’album (au format assez petit) se lit très rapidement, c’est une suite de « souvenirs », parfois à peine esquissés, qui reprennent en grande partie le procédé narratif de Pérec. Alors, c’est sûr, il n’y a pas vraiment d’« histoire » au sens habituel. Mais ça se laisse quand même lire agréablement. Car, au travers de ces souvenirs, c’est non seulement la vie de l’auteure qui s’étale, par tranches et sous formes d’anecdotes plus ou moins fortes, mais aussi l’histoire de son pays d’origine, le Liban, et surtout Beyrouth. Beyrouth déchirée par la guerre. L’autobiographie fragmentaire rejoint donc l’histoire nationale, comme a pu le faire – excellemment – Satrapi avec son Persepolis (même si ici c’est sans doute moins creusé). L’autre point qui rapproche ces deux auteures, c’est le côté graphique – même si leurs styles diffèrent quand même. Abirached use d’un Noir et Blanc très tranché, avec un dessin stylisé dont le rendu est proche de papiers découpés. Un dessin simple, mais très agréable. Une lecture légère malgré l’arrière-plan tragique. Une lecture plaisante en tout cas.
GunMen of the West
C’est le troisième album collectif du genre coordonné par Tiburce Oger, qui s’adjoint encore une belle brochette de dessinateurs (même s’il y a moins ici du « lourd », c’est plus inégal je trouve – affaire de goût peut-être), pour accompagner sa déclaration d’amour au western, dans ce qu’il a de plus classique. C’est aussi celui qui m’a le moins convaincu. Le procédé liant entre elles les différentes histoires est ici un fil rouge bien ténu et artificiel. Et surtout, la narration en histoires courtes trouve ici davantage ses limites, j’ai eu du mal à les apprécier, elles manquent souvent de coffre, ou alors auraient pu être plus développées. Celle sur le lynchage de l’éléphant a davantage retenu mon attention, me rappelant ces procès d’animaux, nombreux au moyen-âge. Je ne connaissais pas cette histoire, qui il est vrai sort un peu de notre cadre, puisqu’elle se déroule en 1916 en Virginie, en un lieu et une époque où « l’ouest » n’est plus sauvage ou à conquérir. Bref, histoires, dessin et fil rouge m’ont ici moins convaincu. Ça reste très lisible, mais décevant par rapport à mes attentes (j’aime tout autant qu’Oger le western). Note réelle 2,5/5.
Gomina
J’ai lu le premier tome dans l’édition originale des Humanos, publiée dans un format atypique (tout petit, avec seulement une trentaine de pages). J’imagine que ça devait être un récit qui ne devait pas donner lieu à une suite, une sorte de parenthèse au milieu d’autres productions du duo, plus tournées vers l’humour. Et qu’ensuite ils se sont ravisés, en publiant quelques années plus tard (chez un autre éditeur, mais aussi dans un format et une pagination beaucoup plus classiques) un autre album, qui est une sorte de flash-back/prequel du précédent. On retrouve le style de Ben Radis, avec des personnages aux têtes animalières. L’originalité ici est qu’ils ont des têtes d’insectes ! Surprenant au départ, mais on s’y fait rapidement. Car le reste du corps est tout ce qu’il y a d’humain, et dans le second tome plusieurs personnages ont des têtes où le côté insecte est présent, mais moins « visible ». En tout cas ce dessin est plutôt agréable, très fluide. Et la colorisation (du Noir et Blanc agrémenté de touches d’orange et de jaune) est elle aussi sympathique. Les deux histoires donnent dans le polar noir classique (surtout le premier récit, très polar américain des années 1940). C’est bien fait, mais sans aucune surprise. Du coup ça se laisse lire, mais aussi rapidement oublier – seul l’aspect graphique marque un peu plus par son originalité. A emprunter à l’occasion, pour les amateurs de polar ultra classiques et/ou du duo d’auteurs. Note réelle 2,5/5.
Cécil et les objets cassés
Biscoto est une maison d'édition qui propose de bons récits pour la jeunesse. En accompagnant la petite grenouille Cécil les jeunes lecteurs et lectrices partent à la recherche d'ingrédients magiques un peu farfelus. Ils/elles découvriront surtout des qualités humaines qui permettent de bien vivre ensemble. Le récit propose aussi d'aller au-delà des apparences d'une rate alchimiste assez désagréable au premier abord. Le récit ressemble à un jeu de piste en cinq étapes pour reconstituer la potion. Le but de la quête se révèle au fur et à mesure de l'histoire. Le vocabulaire employé est moderne et d'un bon niveau. Cela propose une lecture agréable même pour les débutants de CP/CE1 grâce à un lettrage très lisible. Le graphisme est un peu plat mais les personnages sont attachants dans des cases où fourmillent les détails. La mise en couleur est très douce avec une multitude de teintes adaptées à un jeune public. Une bonne petite lecture à partager avec ses jeunes enfants. Un bon 3