Je suis très, très partagé sur ce nouveau manga, le premier, a priori, à adapter le roman culte de Bram Stoker.
Le début laisse présager une adaptation relativement fidèle, avec une partie de l'histoire se déroulant à bord du Demeter, le bateau qui amène le Comte en Angleterre. Mais très vite, on s'aperçoit que l'auteur a décidé de s'éloigner du roman, en proposant une sorte de variation, qui n'est pas si mal vue d'ailleurs.
C'est sur la deuxième partie que je suis plus réservé. Sakamoto fait de la petite bande qui va devoir lutter contre Dracula un groupe de lycéens aux rapports ambigus, aux identités un brin différentes (y compris les identités de genre). On est carrément dans une relecture, et faire s'arrêter plus que momentanément l'histoire dans la ville portuaire de Whitby est intéressant. Mais c'est sur ces changements concernant Godalming, Mina, Lucy and co., que je suis plus dubitatif. L'avantage, tout de même, c'est que le récit adopte plusieurs points de vue, ce qui l'enrichit, bien sûr. Dans le deuxième tome l'entourage de Luke/Lucy commence à s'organiser sous la direction de Dr Van Helsing afin de contrer l'action du vampire, en particulier son emprise sur la jeune personne. Cela avance un peu, mais pas assez à mon goût.
Quant à Dracula, il est intangible pendant toute la traversée du Demeter, ce qui ne l'empêche pas de semer la panique à bord, puis la mort. Lorsque le bateau arrive en Angleterre, il saute sur la terre ferme sous la forme d'un loup (comme dans le roman), puis se matérialise de façon très différenciée. Si sa nature protéiforme est actée dans l'histoire originale, j'avoue que les choix graphiques faits par l'auteur ne me satisfont pas vraiment, on se croirait un peu dans un délire de champignons hallucinogènes. Impression confirmée dans le tome 2, en aprtie, avec des scènes oniriques qui n'ont pas vraiment de sens pour certaines, et un Dracula qui a les traits de... Michael Jackson.
Au-delà de ça, le trait est fin, délicat, mais également surprenant, avec le regard inquiétant de la plupart des personnages, une particularité que Sakamoto partage avec Gou Tanabe, l'adaptateur des récits lovecraftiens. Le parti pris graphique et narratif est toutefois original, j'attends de lire la suite pour juger plus précisément.
J'ai été attiré par les couleurs de la couverture. Comme Ro j'ai été séduit tout du long par la très belle mise en couleur qui donne une vraie vie à l'histoire.
Personnellement j'ai bien aimé l'humour proposé par Sfar. Cela part un peu dans tous les sens, il y a plusieurs passages assez intellos avec de nombreuses références. Cela cible très nettement les ados mais j'ai trouvé que l'esprit de l'humour et le vocabulaire employé n'était pas si jeune. C'est probablement pour ça que j'ai accroché. Les personnages sont tous très déjantés, avec une mention spéciale pour la grand-mère !
J'ai vite abandonné la logique du récit pour me laisser porter par le rythme soutenu des péripéties de la jeune Héliotrope que je trouve assez attachante.
Le graphisme est du Sfar pur jus même si c'est Benjamin Chaud qui signe. D'ailleurs j'ai plutôt préféré ce trait aux derniers ouvrages de Sfar que j'ai lus. En effet j'ai trouvé la ligne plus claire et plus nette avec un visuel plus agréable.
Une lecture un peu déjantée et humoristique qui m'a fait passer un gentil moment de lecture.
Je viens de terminer le T3 et j'avoue avoir bien hésiter à baisser ma note d'une étoile. En effet j'ai trouvé le scénario bien en dessous des premiers tomes. Héliotrope devient spectatrice potiche coincée entre Aspirine et sa grand-mère. Sfar nous fait voyagé en Crête dans une vague histoire de la Toison d'Or assez insipide. Je trouve que l'auteur force sur son humour en multipliant les discours direct aux lecteurs, un langage pseudo branché et un recours à l'hémoglobine un peu factice. C'est toujours très déjanté mais j'ai senti comme une difficulté à innover sur le personnage principal.
Le graphisme reste à l'identique avec cette mise en couleur qui m'attire toujours autant.
Un tout petit 3 maintenant
Une lecture sans plaisir.
Cet album est divisé en deux parties distinctes, la première reprend Le Val des Ânes déjà publié en 2001 et la seconde "L'âge bête" qui poursuit la biographie de l'auteur.
La première partie m'a rebuté, elle propose la biographie de l'auteur, de ses six ans jusqu'à son entrée au collège.
Je me suis ennuyé lors de ma lecture, de temps en temps un petit sursaut lorsque j'y découvrais la méchanceté gratuite de Matthieu Blanchin.
Pour le reste, rien de transcendant dans ces souvenirs d'enfance sous forme d'une succession d'anecdotes. Le point positif reste la période des évènements, le début des années 1970 dans une France rurale.
La seconde partie est déjà plus intéressante, elle reprend la vie de l'auteur du collège à la réalisation de cette BD. On va en apprendre un peu plus sur son entourage familial. Mais surtout, le récit devient plus intimiste, Matthieu Blanchin se met à nu, il parle de sa difficulté à se lier d'amitié, de ses rapports difficiles avec les filles et de ses désirs sexuels, de son mal être. Mais aussi de sa découverte de la bande dessinée qui sera son échappatoire.
Un épilogue qui permet d'en connaître un peu plus sur les pensées, les motivations et le parcours de l'auteur.
Oui plus intéressant, mais je suis resté indifférent à son histoire, à ses souffrances, à sa psychanalyse.
Graphiquement, les mêmes reproches que pour Le Val des Ânes. Un trait brouillon, un manque de lisibilité qui ne permet pas toujours de reconnaître les personnages du premier coup d'œil. Un dessin déprimant. Un style que je n'apprécie pas.
3 étoiles de justesse.
Je ressors malheureusement mitigé de ma lecture.
J’ai pourtant beaucoup aimé la première moitié du récit. J’adore les textes qui décrivent avec humour et précision les âges enfantins, adolescents et adultes. J’ai souvent souri voire ri, quel sens de l’observation et de la dérision.
Mais l’histoire même est je trouve répétitive, et n’a pas réussi à retenir mon attention sur 200 pages. L’auteur explique pourtant qu’il a fait de nombreuses coupures par rapport au texte original, mais je trouve que ça reste trop long, et pour moi le charme s’est rompu. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire les descriptions caustiques de l’adolescence (mon ainé va avoir 14 ans, et les similitudes sont vraiment cocasses), mais je me suis désintéressé des évènements.
J’applaudis la verve de l’auteur, mais aussi de la traductrice Aude Pasquier qui sur le coup fait un boulot incroyable. Mais une lecture peu marquante, finalement.
J’avais découvert Jerret avec son précédent album, "Sans un mot…", que j’avais trouvé sympathique, sans plus. Eh bien cet album m’a davantage convaincu.
C’est, comme le précédent, une suite d’histoires courtes qui, là aussi, illustrent différents fantasmes. L’ensemble est un peu inégal, mais globalement intéressant.
La première histoire ressemble à une histoire du même genre de Giovanna Casotto (avec au final le même retournement de situation amusant). C’est aussi la seule qui exprime directement la réalisation de ce fantasme. Les autres histoires hésitent entre rêve et réalité.
Ça n’est parfois qu’érotique, mais certaines scènes sont un peu plus explicites, on est quand même à la limite du « strictement pour adulte ».
Une lecture rapide (peu de texte), mais très plaisante en tout cas. Et le dessin d’Ominetti est lui aussi agréable (la colorisation est par contre plus inégale – affaire de goûts ici), jouant davantage sur la sensualité que sur la bestialité souvent mise en avant dans les séries du genre.
Note réelle 3,5/5.
Un album épais, mais qui se laisse lire assez vite, et plutôt agréablement.
Il y a peu de texte, c’est assez rythmé, on est vite embarqué dans cette histoire de jeu de rôle, qui joue en permanence sur des ambiguïtés, sur des illusions – sommes nous, comme les personnages, dans la réalité ? Dans un cauchemar ? Où se situent les limites entre les deux ?
Le dessin de Mig n’est peut-être pas très fouillé, mais il est dynamique et très lisible. Et le choix d’une bichromie bleutée n’est pas désagréable, et convient très bien à la luminosité de l’hôpital/asile, sorte de huis-clos dans lequel se déroule l’essentiel de l’histoire.
Une lecture plaisante donc, mais pas non plus hyper originale. J’ai eu un sentiment de déjà-vu, que ce soit pour le jeu de rôle, mais aussi pour les décors. Et je pense que Thilliez aurait pu faire l’impasse sur les premières pages, qui déflorent trop le sujet, et qui laissent deviner la fin. Cela permet peut-être de retomber sur ses pattes, mais ça gâche un peu la surprise du lecteur.
J'ai mis un moment avant de tout digérer, il est vrai que c'est un véritable pavé que Neyef a réalisé.
Commençons par le positif : les dessins sont d'une beauté impressionnante, la mise en scène, les paysages, la couleur, les cadrages, tout est de très très bonne facture.
C'est une aventure qui prend son temps et cela sans jamais nous ennuyer, là où des albums de 48p n'y arrivent pas toujours.
Maintenant le scénario... Et je suis clairement moins enthousiaste, là où je pense que l'album devait être plus ou moins une ode à la liberté avec ces grands paysages, et son voyage initiatique, j'y ai vu le quasi contraire, avec une histoire parlant essentiellement de nihilisme et de déterminisme. Alors peut-être est-ce voulu, cette opposition mais moi ça ma gêné car je ne sais pas si c'est un défaut d'écriture ou une vrai volonté (et hélas je penche pour la première possibilité) et à cela je rajoute le célèbre : "mais que le monde est petit...." qui m'a littéralement fait sortir de l'histoire, en me disant... Franchement c'est un peu abusé....
Pour conclure il ne faut pas bouder son plaisir devant de telles qualités graphiques mais le scénario vient en contradiction avec ces étendues sauvages.
Une histoire sans grande originalité, mais néanmoins très bien exécutée -Satoshi Kon assure, côté graphisme et mise en page : les personnages autant que les décors profitent d'un rendu plus qu'honnête (aucune erreur formelle) et le découpage impeccable souligne, encore une fois, le talent décidément indéniable des plus grands artistes Nippons. Fortement inspiré par Katsuhiro Otomo, d'accord, mais avec un parti-pris très bienvenu d'économie de traits (et de soucis d'esthétisme). Le scénario est archi-calibré même si, heureusement, il ne pousse pas à leurs extrémités les ressorts/clichés de l'intrigue : des adolescents en quête d'idéal opposés au business-man sans scrupules lambda (sans visage) de ce genre de récit.
Au mieux anecdotique, si on considère la richesse créative ET du médium ET -aussi et surtout !- de l'auteur.
Pour l'instant, c'est l'œuvre de Kazuo Kamimura que j'ai lu auquel j'ai le plus accroché. Il faut dire qu'il n'est que dessinateur, le scénariste étant Ikki Kajiwara qui était très prolifique durant les années 60-70 et dont l'œuvre la plus connu est Ashita no Joe qu'il a écrit sous un pseudonyme.
Le scénario commence durant la seconde guerre mondiale et se passe ensuite en majeur partie durant le chaos de l'après-guerre qu'à connu le Japon. Notre jeune héroïne va essayer de survivre dans ce monde, affichant toujours un air stoïque et en essayant de ce venger de ceux qui ont fait du mal à elle et à ceux qu'elle aime.
C'est une œuvre cru et violente. Les auteurs n'ont aucun tabou et montre ce qui pouvait arriver à cette époque. Il y a des scènes qui je pense n'auraient pas été accepté si ça avait publié dans une BD française grand public de nos jours. Il y a une dénonciation du pouvoir autoritaire parce que tout ceux dans cette œuvre qui ont du pouvoir (la police militaire japonaise, les GI américains, les responsables de l'école de redressement pour jeunes fille) sont montré sur leur pires jours.
C'est intéressant de voir ce portait sans concession d'une époque, mais je n'ai pas réussi à trouver ce récit passionnant. La faute au fait que l'héroïne est le genre de personnage stoïque qui réussit toujours ce qu'elle fait et ce genre de personnages m'agaçais déjà lorsqu'il s'agissait de personnages masculins et je ne vais pas changer d'idée parce que pour une fois c'est une femme qui a ce type ce rôle. Il y aussi le fait que le magazine qui a publié ce récit a vite coulé et du coup les auteurs ont du finir leur histoire en catastrophe et ça se voit un peu.
Sinon, le dessin de Kamimura est bon, mais il m'a semblé moins élégant. Il faut dire qu'il y a beaucoup de scènes de violences et qu'il y a moins d'espace pour les scènes sensuelles qui l'ont rendu célèbre.
Un recueil d'histoires courtes par les auteurs de The Promised Neverland et comme c'est toujours le cas avec ce style d'ouvrage la qualité est inégale au niveau du scénario.
Cet album contient 4 histoires avec en prime l'épilogue de la série phare de ce duo d'auteurs et je dois dire qu'en tant que fan de The Promised Neverland cette épilogue m'a déçu. Cela n'apporte pas grand chose et c'est trop gnan-gnan. Pour ce qui est des quatre autres histoires, j'ai vraiment adoré celle avec le photographe, celle qui se passe dans le futur avec le voyou et l'orpheline commence bien et se termine avec trop de bons sentiments pour moi et les deux autres sont sympathiques sans être mémorable. On voit tout le long que le scénariste a beaucoup d'imagination, j'ai souvent été surpris par la tournure des événements.
Quant au dessin, c'est toujours aussi bien, Shirai est vraiment une très bonne dessinatrice qui sait créer une atmosphère et donner des visages expressifs à ces personnages.
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#DRCL Midnight children
Je suis très, très partagé sur ce nouveau manga, le premier, a priori, à adapter le roman culte de Bram Stoker. Le début laisse présager une adaptation relativement fidèle, avec une partie de l'histoire se déroulant à bord du Demeter, le bateau qui amène le Comte en Angleterre. Mais très vite, on s'aperçoit que l'auteur a décidé de s'éloigner du roman, en proposant une sorte de variation, qui n'est pas si mal vue d'ailleurs. C'est sur la deuxième partie que je suis plus réservé. Sakamoto fait de la petite bande qui va devoir lutter contre Dracula un groupe de lycéens aux rapports ambigus, aux identités un brin différentes (y compris les identités de genre). On est carrément dans une relecture, et faire s'arrêter plus que momentanément l'histoire dans la ville portuaire de Whitby est intéressant. Mais c'est sur ces changements concernant Godalming, Mina, Lucy and co., que je suis plus dubitatif. L'avantage, tout de même, c'est que le récit adopte plusieurs points de vue, ce qui l'enrichit, bien sûr. Dans le deuxième tome l'entourage de Luke/Lucy commence à s'organiser sous la direction de Dr Van Helsing afin de contrer l'action du vampire, en particulier son emprise sur la jeune personne. Cela avance un peu, mais pas assez à mon goût. Quant à Dracula, il est intangible pendant toute la traversée du Demeter, ce qui ne l'empêche pas de semer la panique à bord, puis la mort. Lorsque le bateau arrive en Angleterre, il saute sur la terre ferme sous la forme d'un loup (comme dans le roman), puis se matérialise de façon très différenciée. Si sa nature protéiforme est actée dans l'histoire originale, j'avoue que les choix graphiques faits par l'auteur ne me satisfont pas vraiment, on se croirait un peu dans un délire de champignons hallucinogènes. Impression confirmée dans le tome 2, en aprtie, avec des scènes oniriques qui n'ont pas vraiment de sens pour certaines, et un Dracula qui a les traits de... Michael Jackson. Au-delà de ça, le trait est fin, délicat, mais également surprenant, avec le regard inquiétant de la plupart des personnages, une particularité que Sakamoto partage avec Gou Tanabe, l'adaptateur des récits lovecraftiens. Le parti pris graphique et narratif est toutefois original, j'attends de lire la suite pour juger plus précisément.
Héliotrope
J'ai été attiré par les couleurs de la couverture. Comme Ro j'ai été séduit tout du long par la très belle mise en couleur qui donne une vraie vie à l'histoire. Personnellement j'ai bien aimé l'humour proposé par Sfar. Cela part un peu dans tous les sens, il y a plusieurs passages assez intellos avec de nombreuses références. Cela cible très nettement les ados mais j'ai trouvé que l'esprit de l'humour et le vocabulaire employé n'était pas si jeune. C'est probablement pour ça que j'ai accroché. Les personnages sont tous très déjantés, avec une mention spéciale pour la grand-mère ! J'ai vite abandonné la logique du récit pour me laisser porter par le rythme soutenu des péripéties de la jeune Héliotrope que je trouve assez attachante. Le graphisme est du Sfar pur jus même si c'est Benjamin Chaud qui signe. D'ailleurs j'ai plutôt préféré ce trait aux derniers ouvrages de Sfar que j'ai lus. En effet j'ai trouvé la ligne plus claire et plus nette avec un visuel plus agréable. Une lecture un peu déjantée et humoristique qui m'a fait passer un gentil moment de lecture. Je viens de terminer le T3 et j'avoue avoir bien hésiter à baisser ma note d'une étoile. En effet j'ai trouvé le scénario bien en dessous des premiers tomes. Héliotrope devient spectatrice potiche coincée entre Aspirine et sa grand-mère. Sfar nous fait voyagé en Crête dans une vague histoire de la Toison d'Or assez insipide. Je trouve que l'auteur force sur son humour en multipliant les discours direct aux lecteurs, un langage pseudo branché et un recours à l'hémoglobine un peu factice. C'est toujours très déjanté mais j'ai senti comme une difficulté à innover sur le personnage principal. Le graphisme reste à l'identique avec cette mise en couleur qui m'attire toujours autant. Un tout petit 3 maintenant
Comment je ne suis pas devenu un salaud
Une lecture sans plaisir. Cet album est divisé en deux parties distinctes, la première reprend Le Val des Ânes déjà publié en 2001 et la seconde "L'âge bête" qui poursuit la biographie de l'auteur. La première partie m'a rebuté, elle propose la biographie de l'auteur, de ses six ans jusqu'à son entrée au collège. Je me suis ennuyé lors de ma lecture, de temps en temps un petit sursaut lorsque j'y découvrais la méchanceté gratuite de Matthieu Blanchin. Pour le reste, rien de transcendant dans ces souvenirs d'enfance sous forme d'une succession d'anecdotes. Le point positif reste la période des évènements, le début des années 1970 dans une France rurale. La seconde partie est déjà plus intéressante, elle reprend la vie de l'auteur du collège à la réalisation de cette BD. On va en apprendre un peu plus sur son entourage familial. Mais surtout, le récit devient plus intimiste, Matthieu Blanchin se met à nu, il parle de sa difficulté à se lier d'amitié, de ses rapports difficiles avec les filles et de ses désirs sexuels, de son mal être. Mais aussi de sa découverte de la bande dessinée qui sera son échappatoire. Un épilogue qui permet d'en connaître un peu plus sur les pensées, les motivations et le parcours de l'auteur. Oui plus intéressant, mais je suis resté indifférent à son histoire, à ses souffrances, à sa psychanalyse. Graphiquement, les mêmes reproches que pour Le Val des Ânes. Un trait brouillon, un manque de lisibilité qui ne permet pas toujours de reconnaître les personnages du premier coup d'œil. Un dessin déprimant. Un style que je n'apprécie pas. 3 étoiles de justesse.
Béa Wolf
Je ressors malheureusement mitigé de ma lecture. J’ai pourtant beaucoup aimé la première moitié du récit. J’adore les textes qui décrivent avec humour et précision les âges enfantins, adolescents et adultes. J’ai souvent souri voire ri, quel sens de l’observation et de la dérision. Mais l’histoire même est je trouve répétitive, et n’a pas réussi à retenir mon attention sur 200 pages. L’auteur explique pourtant qu’il a fait de nombreuses coupures par rapport au texte original, mais je trouve que ça reste trop long, et pour moi le charme s’est rompu. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire les descriptions caustiques de l’adolescence (mon ainé va avoir 14 ans, et les similitudes sont vraiment cocasses), mais je me suis désintéressé des évènements. J’applaudis la verve de l’auteur, mais aussi de la traductrice Aude Pasquier qui sur le coup fait un boulot incroyable. Mais une lecture peu marquante, finalement.
Les Mots pour le dire
J’avais découvert Jerret avec son précédent album, "Sans un mot…", que j’avais trouvé sympathique, sans plus. Eh bien cet album m’a davantage convaincu. C’est, comme le précédent, une suite d’histoires courtes qui, là aussi, illustrent différents fantasmes. L’ensemble est un peu inégal, mais globalement intéressant. La première histoire ressemble à une histoire du même genre de Giovanna Casotto (avec au final le même retournement de situation amusant). C’est aussi la seule qui exprime directement la réalisation de ce fantasme. Les autres histoires hésitent entre rêve et réalité. Ça n’est parfois qu’érotique, mais certaines scènes sont un peu plus explicites, on est quand même à la limite du « strictement pour adulte ». Une lecture rapide (peu de texte), mais très plaisante en tout cas. Et le dessin d’Ominetti est lui aussi agréable (la colorisation est par contre plus inégale – affaire de goûts ici), jouant davantage sur la sensualité que sur la bestialité souvent mise en avant dans les séries du genre. Note réelle 3,5/5.
Puzzle (Thilliez)
Un album épais, mais qui se laisse lire assez vite, et plutôt agréablement. Il y a peu de texte, c’est assez rythmé, on est vite embarqué dans cette histoire de jeu de rôle, qui joue en permanence sur des ambiguïtés, sur des illusions – sommes nous, comme les personnages, dans la réalité ? Dans un cauchemar ? Où se situent les limites entre les deux ? Le dessin de Mig n’est peut-être pas très fouillé, mais il est dynamique et très lisible. Et le choix d’une bichromie bleutée n’est pas désagréable, et convient très bien à la luminosité de l’hôpital/asile, sorte de huis-clos dans lequel se déroule l’essentiel de l’histoire. Une lecture plaisante donc, mais pas non plus hyper originale. J’ai eu un sentiment de déjà-vu, que ce soit pour le jeu de rôle, mais aussi pour les décors. Et je pense que Thilliez aurait pu faire l’impasse sur les premières pages, qui déflorent trop le sujet, et qui laissent deviner la fin. Cela permet peut-être de retomber sur ses pattes, mais ça gâche un peu la surprise du lecteur.
Hoka Hey !
J'ai mis un moment avant de tout digérer, il est vrai que c'est un véritable pavé que Neyef a réalisé. Commençons par le positif : les dessins sont d'une beauté impressionnante, la mise en scène, les paysages, la couleur, les cadrages, tout est de très très bonne facture. C'est une aventure qui prend son temps et cela sans jamais nous ennuyer, là où des albums de 48p n'y arrivent pas toujours. Maintenant le scénario... Et je suis clairement moins enthousiaste, là où je pense que l'album devait être plus ou moins une ode à la liberté avec ces grands paysages, et son voyage initiatique, j'y ai vu le quasi contraire, avec une histoire parlant essentiellement de nihilisme et de déterminisme. Alors peut-être est-ce voulu, cette opposition mais moi ça ma gêné car je ne sais pas si c'est un défaut d'écriture ou une vrai volonté (et hélas je penche pour la première possibilité) et à cela je rajoute le célèbre : "mais que le monde est petit...." qui m'a littéralement fait sortir de l'histoire, en me disant... Franchement c'est un peu abusé.... Pour conclure il ne faut pas bouder son plaisir devant de telles qualités graphiques mais le scénario vient en contradiction avec ces étendues sauvages.
Le Pacte de la mer (Kaikisen - Retour vers la mer)
Une histoire sans grande originalité, mais néanmoins très bien exécutée -Satoshi Kon assure, côté graphisme et mise en page : les personnages autant que les décors profitent d'un rendu plus qu'honnête (aucune erreur formelle) et le découpage impeccable souligne, encore une fois, le talent décidément indéniable des plus grands artistes Nippons. Fortement inspiré par Katsuhiro Otomo, d'accord, mais avec un parti-pris très bienvenu d'économie de traits (et de soucis d'esthétisme). Le scénario est archi-calibré même si, heureusement, il ne pousse pas à leurs extrémités les ressorts/clichés de l'intrigue : des adolescents en quête d'idéal opposés au business-man sans scrupules lambda (sans visage) de ce genre de récit. Au mieux anecdotique, si on considère la richesse créative ET du médium ET -aussi et surtout !- de l'auteur.
Une femme de Shôwa
Pour l'instant, c'est l'œuvre de Kazuo Kamimura que j'ai lu auquel j'ai le plus accroché. Il faut dire qu'il n'est que dessinateur, le scénariste étant Ikki Kajiwara qui était très prolifique durant les années 60-70 et dont l'œuvre la plus connu est Ashita no Joe qu'il a écrit sous un pseudonyme. Le scénario commence durant la seconde guerre mondiale et se passe ensuite en majeur partie durant le chaos de l'après-guerre qu'à connu le Japon. Notre jeune héroïne va essayer de survivre dans ce monde, affichant toujours un air stoïque et en essayant de ce venger de ceux qui ont fait du mal à elle et à ceux qu'elle aime. C'est une œuvre cru et violente. Les auteurs n'ont aucun tabou et montre ce qui pouvait arriver à cette époque. Il y a des scènes qui je pense n'auraient pas été accepté si ça avait publié dans une BD française grand public de nos jours. Il y a une dénonciation du pouvoir autoritaire parce que tout ceux dans cette œuvre qui ont du pouvoir (la police militaire japonaise, les GI américains, les responsables de l'école de redressement pour jeunes fille) sont montré sur leur pires jours. C'est intéressant de voir ce portait sans concession d'une époque, mais je n'ai pas réussi à trouver ce récit passionnant. La faute au fait que l'héroïne est le genre de personnage stoïque qui réussit toujours ce qu'elle fait et ce genre de personnages m'agaçais déjà lorsqu'il s'agissait de personnages masculins et je ne vais pas changer d'idée parce que pour une fois c'est une femme qui a ce type ce rôle. Il y aussi le fait que le magazine qui a publié ce récit a vite coulé et du coup les auteurs ont du finir leur histoire en catastrophe et ça se voit un peu. Sinon, le dessin de Kamimura est bon, mais il m'a semblé moins élégant. Il faut dire qu'il y a beaucoup de scènes de violences et qu'il y a moins d'espace pour les scènes sensuelles qui l'ont rendu célèbre.
Recueil d'histoires courtes
Un recueil d'histoires courtes par les auteurs de The Promised Neverland et comme c'est toujours le cas avec ce style d'ouvrage la qualité est inégale au niveau du scénario. Cet album contient 4 histoires avec en prime l'épilogue de la série phare de ce duo d'auteurs et je dois dire qu'en tant que fan de The Promised Neverland cette épilogue m'a déçu. Cela n'apporte pas grand chose et c'est trop gnan-gnan. Pour ce qui est des quatre autres histoires, j'ai vraiment adoré celle avec le photographe, celle qui se passe dans le futur avec le voyou et l'orpheline commence bien et se termine avec trop de bons sentiments pour moi et les deux autres sont sympathiques sans être mémorable. On voit tout le long que le scénariste a beaucoup d'imagination, j'ai souvent été surpris par la tournure des événements. Quant au dessin, c'est toujours aussi bien, Shirai est vraiment une très bonne dessinatrice qui sait créer une atmosphère et donner des visages expressifs à ces personnages.