J'ai déjà lu Lendemains de cendres du même auteur et je trouve les deux BD complémentaires, avec les mêmes réserves que Noirdésir sur celle-ci, plus complexe à aborder sans informations préalable.
Le massacre perpétré par les Khmers rouges dans leur propre pays après une longue guerre fut abominable de bien des façons. Les chiffres sont hallucinants, les actions stupéfiantes par leurs ampleurs et le silence qui accompagna tout ceci est glaçant. Mais progressivement la parole se délie et des informations apparaissent sur ce régime et ses exactions. Cette BD s'inscrit dans le même ordre d'idée : dénoncer, raconter, se souvenir.
Elle apparait moins comme un documentaire ou un pamphlet qu'une errance dans le régime des Khmers, collectionnant des instantanés de vies de la part de personnes contraintes de fuir les villes, de paysans voyant leurs vies bouleversées et de Khmers qui croient fermement dans leurs combats. L'ensemble est plutôt décousu et présente les différentes situations que des gens peuvent avoir vécus, entrecoupés de cartes présentant l'ampleur des déplacements ou de textes historiques Cambodgien, ainsi que des témoignages. C'est un patchwork qui tente de faire ressentir ce qu'il s'est passé.
Accompagné par le dessin de Sera qui donne un mélange de rendu photographique retouché et de scènes plus sauvage dans le traitement, presque floues. C'est un mélange qui fonctionne en grande partie, donnant une atmosphère proche du rêve (ou du cauchemar) au récit, les figures humaines se mélangeant avec un environnement très présent et une horreur graphique qui joue sur ce qu'elle cache.
Une BD sympathique à lire, instructive et qui conviendra aux personnes s'intéressant au Cambodge et son histoire. Moins complet que Lendemains de cendres, toutefois, elle se limite à un ressenti de l'intérieur et me semble en ce point complémentaire aux autres ouvrages déjà sortis sur le sujet. Pour ma part, j'ai apprécié et je conseille pour la culture générale et la compréhension de cette horreur encore bien récente.
J'aime bien cette collection qui me permet de découvrir la BD aux couleurs de l'Afrique vue de l'intérieur.
Ici Cassiau-Haurie revient sur un triste épisode de la Grande Guerre qui se mêle à la lutte coloniale. Les français et les Anglais ont profité du conflit pour faire main basse sur les possessions allemandes de l'époque.
Le récit qui s'appuie sur une documentation citée, relate la conquête éclair du Togo très peu militarisé et le début des combats au Cameroun bien plus longs et meurtriers.
Les auteurs reviennent sur les méthodes brutales pour recruter des hommes qui seront mis à contribution d'une façon hypocrite par presque toute la classe politique et l'armée avide de chair à canon.
Le scénario est fluide et la lecture facile dans un juste équilibre entre récit historique documenté et fiction émotionnelle réaliste et crédible.
Le graphisme de Massiré Tounkara est proche d'un réalisme bien abouti. Si les expressions sont un peu figées par moment, les plans et les cadrages sont intéressants procurant dynamisme et émotion au récit.
Massiré parvient aussi à proposer de très belles planches de la campagne togolaise avec une mise en couleur adéquate pour rendre l'ambiance de la terre rouge du pays.
Une lecture courte mais prenante d'un épisode peu évoqué où on s'attend à retrouver Corto Maltèse au détour d'une page. Un bon 3
Etonnant de voir cet album classé pour jeune homme, j'aurai de prime abord dit pour public féminin. Une jeune femme en couverture, un suicide dès la page 4. Encore une histoire sur une ado tourmentée... Mais il est vrai que la suite tourne autour d'une enquête sur le passé de cette femme. On y trouve un auteur de roman à succès, quel était leur lien ? Soudain une femme qui prétend être la jumelle de la morte surgit.
Le dessin est particulier, un style que les autres mangas n'ont pas, assez classe et des personnages au physique particulier parfois très longiligne. Et c'est assez rare pour être souligné de vrais poils de pubis, pas de trucs lisse ou pixelisés. L'ambiance cultive les fausses pistes, c'est plutôt bien mené. Cela peut rappeler des romans de Joël Dicker.
Une jolie couverture avec une licorne et un titre rigolo, ça se tente. Je ne connais pas vraiment ce que fait Mo/CDM d'ordinaire, en tout cas cet album est d'une certaine drôlerie. On est dans la déprime et le président des USA fait appel à l'humour pour relever la morosité ambiante. Plusieurs humoristes lui font lire leurs blagues, le superhéros GagMan puis un robot Ultra gag 3000 et enfin Mo/CDM. Les gags sont en une planche et du même style dans les 3 cas, jouant sur l'absurde. Par exemple deux ados se disputent et insultent leurs mamans jusqu'à la chute qui laisse à penser qu'ils sont jumeaux et ont donc la même mère. Ou encore 2 types sont dans le désert assoiffés comme Tintin et Haddock, l'un d'eux voit quelque chose au loin, l'autre dit que c'est un mirage, et il s'avère que c'en est un (l'avion de chasse).
La série Le Petit Théâtre des opérations racontait des anecdotes relatives à la première et la seconde guerres mondiales. Ce spin-off, lui, n'est que vaguement lié à ces deux guerres et raconte plutôt le destin de femmes d'exception de la première moitié du 20e siècle.
Marie Marvingt, sportive passionnée par tous les sports, pilote de course et d'avions, et engagée aussi sur le front lors des deux guerres.
Nancy Wake, journaliste australienne devenue résistante française.
Milunka Savic, spécialiste du lancer de grenades et héroïne de guerre serbe durant la première guerre mondiale.
Octavie Delacour, française âgée qui fut la seule à reconnaitre des allemands infiltrés loin derrière les lignes françaises lors de cette même guerre.
Yoshiko Kawashima, ancienne princesse de Chine devenue espionne au service du Japon et qui a notamment influencé le dernier empereur Puyi à devenir le souverain fantôche du Mandchoukouo.
Marie Curie, la scientifique qu'on ne présente plus mais qui a aussi oeuvré au service de la France en mettant en place un réseau d'ambulances radiologiques durant la guerre.
Les Sorcières, ces femmes pilotes dans l'armée de l'air Russe face aux Nazis.
Et enfin Marie Depage, fameuse infirmière belge ayant oeuvré sur plusieurs fronts avant et pendant la première guerre mondiale.
Ce sont des parcours de femmes intéressantes qui nous sont racontés avec une authenticité historique allégée par une mise en scène volontiers humoristique, ou du moins avec le sourire.
Le dessin de Virginie Augustin n'a quasiment rien à voir avec ce qu'elle a pu produire dans d'autres oeuvres telles qu'Alim le tanneur ou Monsieur désire ? qui étaient déjà tout deux très différents : il est plus épuré et plus orienté vers l'humour, dans un esprit plus proche de Fluide Glacial. Il reste toutefois maîtrisé, clair à la lecture et agréable à l'oeil. C'est épatant de voir une même dessinatrice proposer des styles aussi variés selon ses albums.
C'est une lecture instructive, m'ayant fait décourir des femmes assez incroyables pour certaines (surtout la première Marie Marvingt qui semble douée dans tous les domaines). J'apprécie son ton léger et éloigné des documentaires rébarbatifs.
Pour autant, je n'ai pas vraiment été passionné. Même si les auteurs cherchent la légèreté, ça reste des biographies historiques certes intéressantes mais pas toujours captivantes. Je me suis un peu ennuyé avant d'atteindre la fin de l'album même s'il m'a permis de découvrir plusieurs femmes d'exception que je ne connaissais pas.
Une nouvelle adaptation d'un succès de la littérature pour ados chez Jungle. Je ne connais pas l'œuvre de Jessica Townsend, mais la voilà donc adaptée au sein de la collection Pépites.
Une adolescente dont la vie devait s'arrêter brutalement, et de manière programmée, voit donc sa vie bouleversée et prolongée par l'intervention d'un mystérieux mécène qui la destine à u ne société secrète. Bien sûr, Morrigane ne sait pas sur quels critères elle a été sélectionnée, mais elle tente sa chance. Morrigane est une héroïne qui malgré son manque de confiance en elle, essaie de positiver et trouver sa place dans ce nouveau monde. La galerie de personnages autour d'elles ne fait que s'ébaucher, même Jupiter Nord, son mentor, garde sa part de mystère à la fin de ce premier tome. Il y a d'ailleurs pas mal de questions en suspens une fois refermé l'album, et nul doute que cela va intriguer le jeune lectorat.
Maxe L'Hermenier, l'adaptateur aux manettes de la partie écrite, collabore sur ce projet avec Thomas Labourot, après Un Chant de Noël. Il fait encore merveille avec son trait élégant et ses ambiances pleines de subtilité et sa mise en scène impeccable.
C'est assez prenant, même si assez dense en termes de dialogues, ce qui est normal, tout un monde nous est présenté, ainsi qu'un processus de sélection qui prend tout son temps...
C’est un imposant recueil – très hétéroclite – de pas mal de travaux de cet auteur que j’aime bien, Fred donc. Cela va du dessin de presse (beaucoup publiés dans Hara-Kiri), à d’histoires plus ou moins courtes (plutôt courtes en général), souvent publiées dans Pilote.
Les deux tiers ont déjà été publiés dans plusieurs albums (et le titre reprend d’ailleurs en le modifiant légèrement, un titre ancien de Fred), mais le reste est inédit en album. On a donc là quelque chose que les complétistes de l’auteur peuvent acheter.
L’ensemble est inégal – forcément – mais, dès que je trouvais que l’intérêt diminuait, un dessin, ou une petite histoire faisaient remonter le plaisir. De la poésie, de l’humour noir, un absurde plus ou moins doux-dingue. Ça n’est pas le meilleur de Fred, mais c’est globalement une lecture plaisante.
Dans sa préface, Yves Frémion note la proximité du dessin de Fred avec celui d’auteurs comme Bosc ou Chaval. Et je dois dire qu’il a raison, ses dessins en Noir et Blanc ont la même finesse de trait faussement maladroit, que ces deux dessinateurs aujourd’hui oubliés, que j’avais découverts dans de vieilles publications de Jean-Jacques Pauvert. Un côté désuet mais toujours efficace, une poésie intemporelle.
Cet album très épais se déguste par petites tranches – ce que j’ai fait durant les dernières vacances. Fred est un auteur toujours frais !
Un ressenti identique à celui de PAco.
La partie graphique, couvertures comprises, est vraiment agréable à l’œil. Un style classique réaliste mais vraiment solide, costumes, désert … sont magnifiquement rendus.
J’ai aimé découvrir « cette reine ».
Par contre, j’ai été également un peu désappointé par ce 2eme tome (mais c’est peut être tout simplement dû à l’histoire de notre reine Berbère ?).
Alors que le 1er tome (formidable) présente un portrait de femme exceptionnelle et forte, j’ai trouvé notre Kahina bien fade, naïve et en retrait dans le second, son charisme a fondu comme neige au soleil, je trouve qu’elle méritait meilleur traitement (même si on se doit d’être historique dans cette collection, la faute aux auteurs ?).
Ça reste toutefois une chouette série qui a toute sa place dans cette collection.
Un manga harem qui ne se prend pas du tout au sérieux. Il fait aussi partie d'une catégorie que je vois de plus en plus: le héros choisit toutes les filles au lieu d'une et en plus on commence les relations dès le début. J'avoue que je préfère cela à ces vieilles séries harems où on fait du surplace pendant au moins une dizaine de tomes et ensuite à la fin le gars choisit finalement la fille dont on devine qu'il va la choisir dès le premier tome.
Notre héros n'a pas de chance en amour, mais après une rencontre avec le dieu de l'amour, il va apprendre qu'il y a eu une erreur lors de sa naissance et au lieu d'avoir une âme-sœur, il en a 100 et s'il les rejette, les filles vont mourir ! On commence avec deux filles et au fil des chapitres les autres s'ajoutent. C'est sympathique de voir le héros tout faire pour rendre les filles heureuses et les filles essaient de cohabiter ensemble. Il y a des bons gags, mais d'autres sont un peu lourds et bien sûr on n’échappe pas aux clichés du genre. Je pense que les auteurs parodient le genre harem, mais par moment on dirait juste des scènes tirées de n'importe quel manga harem.
Le principal problème est que si j'ai trouvé les premiers tomes sympathiques, j'ai peur de finir par me lasser comme c'est souvent le cas avec des mangas que je trouve juste sympas à lire. Or, le gars est censé finir avec 100 petites amies. Si on tient compte du fait que pour le moment il y a 15 tomes sortis au Japon (sans compter les chapitres pas encore parus en tome) et que selon mes recherches sur internet il y a juste 26 petites amies, et ben à ce rythme on va avoir au moins 60 tomes ! Ce qui va faire de cette série la comédie harem la plus longue et ça c'est si les lecteurs du magazine ne se lassent pas et finissent par faire annuler la série. Je trouve que c'est trop et je pense que plusieurs lecteurs vont avoir les mêmes réflexions que moi.
Donc voilà c'est agréable à lire pour le moment, mais j'ai un peu peur pour la suite.
Tout à fait l’univers que j’aime, le Nord Est de l’Amérique du Nord au XVIII eme siècle, pendant les guerres entre Anglais et Français, les différentes tribus nord amérindiennes, et les colons fermiers au milieu de tout ça.
A chaque foi je me réjouis d’avance de replonger dans ce monde, que j’avais découvert en bande dessinée avec Les Pionniers du Nouveau Monde, et qui m’avait fait tant rêver!
Ici c’est le scénario assez classique, la ferme de colons attaquée par des indiens, et toutes les conséquences que cela va avoir, leur captivité jusqu’au dénouement final.
Tout le long on ressent une atmosphère assez oppressante, où finalement les personnages sont en permanence victimes de la sauvagerie des hommes et ne sont en aucun cas maîtres de leur destin. Bien au contraire. Et quel ironie, ces hommes et femmes parties loin pour justement devenir plus libre et mieux contrôler leur avenir, ce retrouve complètement dépendant de la violence et de la sauvagerie des hommes, de leurs envies de pouvoir et intérêts d’état. J’ai bien ressentis ça tout l’album.
Et finalement c’est cette nature dite sauvage qui ce révèle être la plus douce, et la plus rassurante.
Graphiquement, c’est vraiment très beau, on ce retrouve parfaitement dans l’ambiance voulu être dépeinte. Des paysages magnifiques, la nature, une véritable invitation au voyage.
Seulement il me manquait un je ne sais quoi pour mettre un quatre étoile, il manque un scénario plus étoffé, plus dense, plus d’intrigues. J’ai lu les planches trop rapidement, et au final avec cette impression qu’il ne c’était vraiment pas passé grand chose…
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L'Eau et la Terre
J'ai déjà lu Lendemains de cendres du même auteur et je trouve les deux BD complémentaires, avec les mêmes réserves que Noirdésir sur celle-ci, plus complexe à aborder sans informations préalable. Le massacre perpétré par les Khmers rouges dans leur propre pays après une longue guerre fut abominable de bien des façons. Les chiffres sont hallucinants, les actions stupéfiantes par leurs ampleurs et le silence qui accompagna tout ceci est glaçant. Mais progressivement la parole se délie et des informations apparaissent sur ce régime et ses exactions. Cette BD s'inscrit dans le même ordre d'idée : dénoncer, raconter, se souvenir. Elle apparait moins comme un documentaire ou un pamphlet qu'une errance dans le régime des Khmers, collectionnant des instantanés de vies de la part de personnes contraintes de fuir les villes, de paysans voyant leurs vies bouleversées et de Khmers qui croient fermement dans leurs combats. L'ensemble est plutôt décousu et présente les différentes situations que des gens peuvent avoir vécus, entrecoupés de cartes présentant l'ampleur des déplacements ou de textes historiques Cambodgien, ainsi que des témoignages. C'est un patchwork qui tente de faire ressentir ce qu'il s'est passé. Accompagné par le dessin de Sera qui donne un mélange de rendu photographique retouché et de scènes plus sauvage dans le traitement, presque floues. C'est un mélange qui fonctionne en grande partie, donnant une atmosphère proche du rêve (ou du cauchemar) au récit, les figures humaines se mélangeant avec un environnement très présent et une horreur graphique qui joue sur ce qu'elle cache. Une BD sympathique à lire, instructive et qui conviendra aux personnes s'intéressant au Cambodge et son histoire. Moins complet que Lendemains de cendres, toutefois, elle se limite à un ressenti de l'intérieur et me semble en ce point complémentaire aux autres ouvrages déjà sortis sur le sujet. Pour ma part, j'ai apprécié et je conseille pour la culture générale et la compréhension de cette horreur encore bien récente.
Les Dogues Noirs de l'empire - La force noire
J'aime bien cette collection qui me permet de découvrir la BD aux couleurs de l'Afrique vue de l'intérieur. Ici Cassiau-Haurie revient sur un triste épisode de la Grande Guerre qui se mêle à la lutte coloniale. Les français et les Anglais ont profité du conflit pour faire main basse sur les possessions allemandes de l'époque. Le récit qui s'appuie sur une documentation citée, relate la conquête éclair du Togo très peu militarisé et le début des combats au Cameroun bien plus longs et meurtriers. Les auteurs reviennent sur les méthodes brutales pour recruter des hommes qui seront mis à contribution d'une façon hypocrite par presque toute la classe politique et l'armée avide de chair à canon. Le scénario est fluide et la lecture facile dans un juste équilibre entre récit historique documenté et fiction émotionnelle réaliste et crédible. Le graphisme de Massiré Tounkara est proche d'un réalisme bien abouti. Si les expressions sont un peu figées par moment, les plans et les cadrages sont intéressants procurant dynamisme et émotion au récit. Massiré parvient aussi à proposer de très belles planches de la campagne togolaise avec une mise en couleur adéquate pour rendre l'ambiance de la terre rouge du pays. Une lecture courte mais prenante d'un épisode peu évoqué où on s'attend à retrouver Corto Maltèse au détour d'une page. Un bon 3
Utsubora
Etonnant de voir cet album classé pour jeune homme, j'aurai de prime abord dit pour public féminin. Une jeune femme en couverture, un suicide dès la page 4. Encore une histoire sur une ado tourmentée... Mais il est vrai que la suite tourne autour d'une enquête sur le passé de cette femme. On y trouve un auteur de roman à succès, quel était leur lien ? Soudain une femme qui prétend être la jumelle de la morte surgit. Le dessin est particulier, un style que les autres mangas n'ont pas, assez classe et des personnages au physique particulier parfois très longiligne. Et c'est assez rare pour être souligné de vrais poils de pubis, pas de trucs lisse ou pixelisés. L'ambiance cultive les fausses pistes, c'est plutôt bien mené. Cela peut rappeler des romans de Joël Dicker.
Tirez sur mon doigt, Monsieur le Président
Une jolie couverture avec une licorne et un titre rigolo, ça se tente. Je ne connais pas vraiment ce que fait Mo/CDM d'ordinaire, en tout cas cet album est d'une certaine drôlerie. On est dans la déprime et le président des USA fait appel à l'humour pour relever la morosité ambiante. Plusieurs humoristes lui font lire leurs blagues, le superhéros GagMan puis un robot Ultra gag 3000 et enfin Mo/CDM. Les gags sont en une planche et du même style dans les 3 cas, jouant sur l'absurde. Par exemple deux ados se disputent et insultent leurs mamans jusqu'à la chute qui laisse à penser qu'ils sont jumeaux et ont donc la même mère. Ou encore 2 types sont dans le désert assoiffés comme Tintin et Haddock, l'un d'eux voit quelque chose au loin, l'autre dit que c'est un mirage, et il s'avère que c'en est un (l'avion de chasse).
Le Petit Théâtre des opérations - Toujours prêtes !
La série Le Petit Théâtre des opérations racontait des anecdotes relatives à la première et la seconde guerres mondiales. Ce spin-off, lui, n'est que vaguement lié à ces deux guerres et raconte plutôt le destin de femmes d'exception de la première moitié du 20e siècle. Marie Marvingt, sportive passionnée par tous les sports, pilote de course et d'avions, et engagée aussi sur le front lors des deux guerres. Nancy Wake, journaliste australienne devenue résistante française. Milunka Savic, spécialiste du lancer de grenades et héroïne de guerre serbe durant la première guerre mondiale. Octavie Delacour, française âgée qui fut la seule à reconnaitre des allemands infiltrés loin derrière les lignes françaises lors de cette même guerre. Yoshiko Kawashima, ancienne princesse de Chine devenue espionne au service du Japon et qui a notamment influencé le dernier empereur Puyi à devenir le souverain fantôche du Mandchoukouo. Marie Curie, la scientifique qu'on ne présente plus mais qui a aussi oeuvré au service de la France en mettant en place un réseau d'ambulances radiologiques durant la guerre. Les Sorcières, ces femmes pilotes dans l'armée de l'air Russe face aux Nazis. Et enfin Marie Depage, fameuse infirmière belge ayant oeuvré sur plusieurs fronts avant et pendant la première guerre mondiale. Ce sont des parcours de femmes intéressantes qui nous sont racontés avec une authenticité historique allégée par une mise en scène volontiers humoristique, ou du moins avec le sourire. Le dessin de Virginie Augustin n'a quasiment rien à voir avec ce qu'elle a pu produire dans d'autres oeuvres telles qu'Alim le tanneur ou Monsieur désire ? qui étaient déjà tout deux très différents : il est plus épuré et plus orienté vers l'humour, dans un esprit plus proche de Fluide Glacial. Il reste toutefois maîtrisé, clair à la lecture et agréable à l'oeil. C'est épatant de voir une même dessinatrice proposer des styles aussi variés selon ses albums. C'est une lecture instructive, m'ayant fait décourir des femmes assez incroyables pour certaines (surtout la première Marie Marvingt qui semble douée dans tous les domaines). J'apprécie son ton léger et éloigné des documentaires rébarbatifs. Pour autant, je n'ai pas vraiment été passionné. Même si les auteurs cherchent la légèreté, ça reste des biographies historiques certes intéressantes mais pas toujours captivantes. Je me suis un peu ennuyé avant d'atteindre la fin de l'album même s'il m'a permis de découvrir plusieurs femmes d'exception que je ne connaissais pas.
Nevermoor
Une nouvelle adaptation d'un succès de la littérature pour ados chez Jungle. Je ne connais pas l'œuvre de Jessica Townsend, mais la voilà donc adaptée au sein de la collection Pépites. Une adolescente dont la vie devait s'arrêter brutalement, et de manière programmée, voit donc sa vie bouleversée et prolongée par l'intervention d'un mystérieux mécène qui la destine à u ne société secrète. Bien sûr, Morrigane ne sait pas sur quels critères elle a été sélectionnée, mais elle tente sa chance. Morrigane est une héroïne qui malgré son manque de confiance en elle, essaie de positiver et trouver sa place dans ce nouveau monde. La galerie de personnages autour d'elles ne fait que s'ébaucher, même Jupiter Nord, son mentor, garde sa part de mystère à la fin de ce premier tome. Il y a d'ailleurs pas mal de questions en suspens une fois refermé l'album, et nul doute que cela va intriguer le jeune lectorat. Maxe L'Hermenier, l'adaptateur aux manettes de la partie écrite, collabore sur ce projet avec Thomas Labourot, après Un Chant de Noël. Il fait encore merveille avec son trait élégant et ses ambiances pleines de subtilité et sa mise en scène impeccable. C'est assez prenant, même si assez dense en termes de dialogues, ce qui est normal, tout un monde nous est présenté, ainsi qu'un processus de sélection qui prend tout son temps...
Le Fond de l'Air est Fred
C’est un imposant recueil – très hétéroclite – de pas mal de travaux de cet auteur que j’aime bien, Fred donc. Cela va du dessin de presse (beaucoup publiés dans Hara-Kiri), à d’histoires plus ou moins courtes (plutôt courtes en général), souvent publiées dans Pilote. Les deux tiers ont déjà été publiés dans plusieurs albums (et le titre reprend d’ailleurs en le modifiant légèrement, un titre ancien de Fred), mais le reste est inédit en album. On a donc là quelque chose que les complétistes de l’auteur peuvent acheter. L’ensemble est inégal – forcément – mais, dès que je trouvais que l’intérêt diminuait, un dessin, ou une petite histoire faisaient remonter le plaisir. De la poésie, de l’humour noir, un absurde plus ou moins doux-dingue. Ça n’est pas le meilleur de Fred, mais c’est globalement une lecture plaisante. Dans sa préface, Yves Frémion note la proximité du dessin de Fred avec celui d’auteurs comme Bosc ou Chaval. Et je dois dire qu’il a raison, ses dessins en Noir et Blanc ont la même finesse de trait faussement maladroit, que ces deux dessinateurs aujourd’hui oubliés, que j’avais découverts dans de vieilles publications de Jean-Jacques Pauvert. Un côté désuet mais toujours efficace, une poésie intemporelle. Cet album très épais se déguste par petites tranches – ce que j’ai fait durant les dernières vacances. Fred est un auteur toujours frais !
La Kahina - La Reine berbère
Un ressenti identique à celui de PAco. La partie graphique, couvertures comprises, est vraiment agréable à l’œil. Un style classique réaliste mais vraiment solide, costumes, désert … sont magnifiquement rendus. J’ai aimé découvrir « cette reine ». Par contre, j’ai été également un peu désappointé par ce 2eme tome (mais c’est peut être tout simplement dû à l’histoire de notre reine Berbère ?). Alors que le 1er tome (formidable) présente un portrait de femme exceptionnelle et forte, j’ai trouvé notre Kahina bien fade, naïve et en retrait dans le second, son charisme a fondu comme neige au soleil, je trouve qu’elle méritait meilleur traitement (même si on se doit d’être historique dans cette collection, la faute aux auteurs ?). Ça reste toutefois une chouette série qui a toute sa place dans cette collection.
Les 100 petites amies qui t'aiiiment à en mourir
Un manga harem qui ne se prend pas du tout au sérieux. Il fait aussi partie d'une catégorie que je vois de plus en plus: le héros choisit toutes les filles au lieu d'une et en plus on commence les relations dès le début. J'avoue que je préfère cela à ces vieilles séries harems où on fait du surplace pendant au moins une dizaine de tomes et ensuite à la fin le gars choisit finalement la fille dont on devine qu'il va la choisir dès le premier tome. Notre héros n'a pas de chance en amour, mais après une rencontre avec le dieu de l'amour, il va apprendre qu'il y a eu une erreur lors de sa naissance et au lieu d'avoir une âme-sœur, il en a 100 et s'il les rejette, les filles vont mourir ! On commence avec deux filles et au fil des chapitres les autres s'ajoutent. C'est sympathique de voir le héros tout faire pour rendre les filles heureuses et les filles essaient de cohabiter ensemble. Il y a des bons gags, mais d'autres sont un peu lourds et bien sûr on n’échappe pas aux clichés du genre. Je pense que les auteurs parodient le genre harem, mais par moment on dirait juste des scènes tirées de n'importe quel manga harem. Le principal problème est que si j'ai trouvé les premiers tomes sympathiques, j'ai peur de finir par me lasser comme c'est souvent le cas avec des mangas que je trouve juste sympas à lire. Or, le gars est censé finir avec 100 petites amies. Si on tient compte du fait que pour le moment il y a 15 tomes sortis au Japon (sans compter les chapitres pas encore parus en tome) et que selon mes recherches sur internet il y a juste 26 petites amies, et ben à ce rythme on va avoir au moins 60 tomes ! Ce qui va faire de cette série la comédie harem la plus longue et ça c'est si les lecteurs du magazine ne se lassent pas et finissent par faire annuler la série. Je trouve que c'est trop et je pense que plusieurs lecteurs vont avoir les mêmes réflexions que moi. Donc voilà c'est agréable à lire pour le moment, mais j'ai un peu peur pour la suite.
Captifs
Tout à fait l’univers que j’aime, le Nord Est de l’Amérique du Nord au XVIII eme siècle, pendant les guerres entre Anglais et Français, les différentes tribus nord amérindiennes, et les colons fermiers au milieu de tout ça. A chaque foi je me réjouis d’avance de replonger dans ce monde, que j’avais découvert en bande dessinée avec Les Pionniers du Nouveau Monde, et qui m’avait fait tant rêver! Ici c’est le scénario assez classique, la ferme de colons attaquée par des indiens, et toutes les conséquences que cela va avoir, leur captivité jusqu’au dénouement final. Tout le long on ressent une atmosphère assez oppressante, où finalement les personnages sont en permanence victimes de la sauvagerie des hommes et ne sont en aucun cas maîtres de leur destin. Bien au contraire. Et quel ironie, ces hommes et femmes parties loin pour justement devenir plus libre et mieux contrôler leur avenir, ce retrouve complètement dépendant de la violence et de la sauvagerie des hommes, de leurs envies de pouvoir et intérêts d’état. J’ai bien ressentis ça tout l’album. Et finalement c’est cette nature dite sauvage qui ce révèle être la plus douce, et la plus rassurante. Graphiquement, c’est vraiment très beau, on ce retrouve parfaitement dans l’ambiance voulu être dépeinte. Des paysages magnifiques, la nature, une véritable invitation au voyage. Seulement il me manquait un je ne sais quoi pour mettre un quatre étoile, il manque un scénario plus étoffé, plus dense, plus d’intrigues. J’ai lu les planches trop rapidement, et au final avec cette impression qu’il ne c’était vraiment pas passé grand chose…