Une lecture de circonstance en ce jour de la Saint-Valentin.
Un album où l'on va découvrir un jeune couple dévergondé au travers plusieurs petites histoires. Arthur qui a toujours le bout dur et Janet à l'insatiable foufounette.
Rien de bien innovant, mais j'ai apprécié la dose d'humour déployée dans ces petites saynètes.
J'ai pris du plaisir à suivre les aventures de nos deux amoureux addicts au sexe.
Graphiquement, Karo propose un style surprenant pour une BD pornographique, il est proche de la caricature avec ces personnages aux têtes surdimensionnées.
Un petit zoom sur les seins de Janet, si je puis dire, ils sont petits et ça change des femmes équipées de montgolfières qui sont habituellement proposées dans ce genre de BD.
Tout ça pour dire que j'aime bien.
Pour les amateurs du genre.
Je dois avouer ne pas avoir accroché à ce roman graphique pour ados plutôt filles. Pourtant le personnage de Kate est attachant avec sa bouille toute ronde et sa gentillesse désarmante.
L'auteure qui semble introduire des éléments autobiographiques dans son récit essaye de nous faire partager son amour de l'équitation. Personnellement c'est raté. Je ne suis pas du tout intéressé par les chevaux. Les nombreux passages qui expliquent les techniques de saut, les équipements ou les entrainements m'ont ennuyé.
Le second thème majeur renvoie à la grossophobie et tous les sarcasmes qui y sont accolés. C'est toujours désolant de voir moquer un enfant par ses copains et copines mais je trouve que l'auteure reste assez superficielle dans son approche.
Kate est "à la limite" mais ne semble pas très rigoureuse dans son approche alimentaire ainsi que ses parents. Ainsi elle continue à boire des sodas (première chose à éliminer) et se fie à une appli (magique) pour résoudre son surpoids.
L'auteure y ajoute les traditionnels émois sentimentaux du collège pour rendre une copie complète pour ados. 260 pages c'est vraiment trop long à mon avis. La multiplication des pages (merci l'impact écologique) est probablement due au style graphique assez minimaliste qui tend à privilégier une narration visuelle où le texte devient rare avec un surplus de cases pour une idée.
Cela passe pour des récits d'aventures toniques mais je suis moins convaincu pour un roman graphique à tendance intimiste comme ici.
Une lecture pour jeunes ados qui utilise des thèmes très visités. Même loin de la cible je n'y ai trouvé aucun plaisir. Un petit 3
Oh le Scameustache. Un titre comme ça, ça ne s'oublie pas! Et un chat en bleu de travail et casque galactique sur la tête non plus.
Les couvertures attirent tout naturellement le regard des jeunes têtes blondes qui découvrent le riche univers de la Science-Fiction. Et la lecture confirment ce que ceux-ci attendaient en tournant les pages: de l'avenure, du voyage, de l'humour, le tout très joliment dessiné.
On paraît dire de prime abord que les scénarios sont simples. Non ils sont bien pensés pour la cible et offrent réguièrement des surprises (à leur niveau).
Vraiment de bons souvenirs de lecture de bibliothèque avec les Yakari et autres Boule & Bill à ses côtés!
Mais cette série s'adressant aux plus jeunes, elle sera vite remisée par les ados et les plus âgés. L'aventure était belle mais n'offre pas les relectures de Les Schtroumpfs.
Un petit oui seulement, si ma lecture n’a pas été foncièrement désagréable, j’avoue que 2 semaines après cette dernière, j’ai déjà bien du mal à m’en rappeler.
Year zéro surfe sur la vague zombies mais peinera à se démarquer de la pléthore des productions du style.
C’est pas honteux dans la réalisation mais déjà j’ai trouvé le dessin bien trop lisse et sage pour le genre. A l’inverse, les différentes couvertures assez photo réaliste, sont plutôt réussies.
L’idée du scénario de s’attacher aux premiers événements suite à l’infection est plutôt sympa, nous suivrons ainsi divers protagonistes confrontés à l’épidémie aux quatre coins du globe (US, Mexique, Antarctique, en mer …). Ça donne des situations relativement variées.
Par contre et malheureusement, j’ai trouvé le résultat un peu vain, vraiment aucune empathie de créée autour des persos (ils ne se croiseront jamais), chaque histoire est indépendante malgré une imbrication dans la narration. Ça fait un peu encyclopédie, compilation de nouvelles, il y a un petit côté Max Brooks qui s’en dégage.
Le côté pandémie mondiale prend de la force mais au détriment des protagonistes rencontrés. Je préfère le contraire.
2,5
Ce préquel en trois tomes à Largo Winch est conçu comme une saga familiale, abordant une voire deux générations en un seul tome. Cela avance donc à un train d'enfer ! Et c'est de mon point de vue, une des forces de cette saga : un rythme endiablé permettant de reconstituer plaisamment un puzzle dramatique dont chacune des pièces renseigne progressivement sur les personnages de Nério et Largo. Les personnages rencontrés sont tantôt sympathiques, tantôt méprisables, des vies souvent assez romanesques sinon extraordinaires, esquissées davantage que suivies sur la durée, donnant l'impression d'évoquer la personne à partir de la vieille photo jaunie extraite de l'arbre généalogique, d'en retenir quelques traits, quelques lignes, expliquant le présent ; puis l'on passe à la génération suivante, sans plus s’attarder.
Côté illustrations et couleurs, c'est très lisse, relativement dénué de vie. Ce qui là aussi renforce l'impression d'ouvrir le passé à partir d'anciennes photos.
C'est donc agréable à lire, très dynamique, assez ludique, mais cela nous laisse à l'extérieur, sans trop de possibilités de s'impliquer, de s'investir, d'être empathique, ce que pourraient regretter des lecteurs appréciant les belles tranches de vie.
Un diptyque où il ne se passe pas grand-chose, avec des cases souvent très grandes, avec peu de texte. Et une intrigue assez classique, autour d’Achille, un homme qui, après des années et des années d’hésitations, cherche à retrouver son amour d’enfance.
Mais voilà, Vadot réussit à dépasser les clichés, « capitaliser » sur le vent, des petits riens. Il insuffle de la poésie et du merveilleux – plus que du mystère finalement – dans son histoire, ce qui l’immunise contre le déjà-vu et/ou la mièvrerie qui guettaient sur ce type d’histoire.
Les pieds d’Achille (et pas seulement son talon !) sont omniprésents, symbolisent sa force et ses faiblesses. Si au départ je ne savais pas trop quoi penser de cet aspect, qui semblait amener vers du fantastique pur, j’ai plutôt bien apprécié l’utilisation que Vadot en fait.
Alors, certes, l’intrigue en elle-même est assez légère, mais elle est plaisante. Et la mise en pages, qui fait varier taille et forme des cases – plus que le dessin lui-même, assez basique – ajoute au plaisir de lecture.
Note réelle 3,5/5.
Un sujet classique, sans doute traité de façon trop classique. Une lecture d’emprunt sans trop d’originalité, même si l’intrigue se laisse lire. On reste en terrain connu, si ce n’est que Sherlock lui-même fait partie des suspects.
Les remarques sont presque identiques concernant le dessin, qui fait très bien le boulot, tout en restant très classique et sage. J’ai plus de réserves concernant la colorisation (informatique ?), que j’ai trouvé souvent trop sombre, et qui lisse bien trop les détails.
Une honnête histoire, à réserver aux inconditionnels du détective londonien.
Note réelle 2,5/5.
Varela est un auteur que j’aime bien, même si d’habitude il n’officie qu’au dessin (souvent pour accompagner ses compatriotes Agrimbau ou Trillo). Mais je l’avais déjà trouvé intéressant sur sa production solo Diagnostics. Et je le trouve encore plus convainquant ici.
La version de Pinocchio que nous livre Varela est loin de celle de Disney, lorgne vers un certain trash, en tout cas c’est très noir. D’ailleurs, on aurait presque pu voir ces aventures se dérouler sans Pinocchio, tant Varela développe un univers qui s’écarte de l’histoire connue de tous (plus que l’excellente version de Winshluss, finalement plus fidèle, mais aussi plus trash).
Pinocchio est ici un personnage salace, vulgaire, sans trop de morale, bien évidemment menteur éhonté. Ses mœurs, ses propos et ses actes l’amène donc régulièrement en enfer – ou plutôt en Averne, puisque c’est cette version plus poétique et mythologique qu’utilise Varela. Paolo le visite régulièrement, car dans le premier tome, il s’en échappe, pour y être ramené à plusieurs reprises.
C’est bourré de références : Dante (que croise Pinocchio dans le premier tome), Bosch bien sûr et, pour rester dans la BD, je pense à des auteurs comme Ruijters (avec son Inferno (Ruijters) ou Kirchner (avec son Jheronimus & Bosch), ou alors La Danse Macabre du duo Radomski et Taillefer, les couleurs dominantes se rapprochant des deux dernières références.
Le premier tome est intéressant, mais souffre de longueurs, en particulier dans le long passage avec la prêtresse d’Artemis (car, en plus des références déjà citées, il y a de la Grèce antique, de la Venise de la Renaissance, etc.). Certains « bonus » en fin de ce premier album font penser à Cooper ou Woodring.
Dix ans après ce qui fut sa première œuvre en tant qu’auteur complet, Varela remet le couvert avec un autre album, beaucoup plus épais, et un dessin que j’ai trouvé à la fois plus épuré et plus maîtrisé.
Si les cases sont souvent moins remplies, l’intrigue est elle plus dense et surtout plus personnelle, s’écartant franchement de Pinocchio.
Plus de Venise et moins d’enfer aussi. Et une intrigue plus ambitieuse et noire. Avec toujours ce mélange de mythologie grecque, d’ambiance vénitienne, et d’une lutte entre Bien et Mal, avec l’enfer (ou le paradis ?) en ligne de mire.
Une œuvre déroutante, pas si facile que ça à appréhender (surtout le second tome), mais qui donne à Varela une stature d’auteur original – et à découvrir.
Note réelle 3,5/5.
Plutôt mitigée après cette lecture,
SPOILER
Le dessin est assurément sa force, c’est beau, les personnages ont assez de personnalité dans les visages (je précise parce que je sors de la lecture de Blue où il était presque impossible de reconnaître qui était qui).
Le gros point faible étant selon moi la narration et le scénario,
Je ne suis pas fan de changer de narrateur en cours d’histoire, cela m’avait déjà rebuté dans Chicagoland. Toute la première partie centrée sur la journaliste aurait pu être occultée et faire juste à la place une présentation du crime et du mystère puis on passe à l’ado. Le fait que la journaliste soit très antipathique n’aide pas car j’imagine que c’est le personnage auquel la lectrice ou le lecteur est sensé s’attacher pour rentrer dans l’histoire, hors la manière dont elle traitait son enfant m’est sortie par les yeux.
Quand je lis un polar j’adore être étonnée et tomber des nues sur les révélations, là pas du tout, donc j’ai été assez déçue par l'intrigue.
Comme de très nombreux scénaristes, Yann se penche sur une histoire dont le cadre est la Grande Guerre. C'est une fiction qu'il intègre avec un certain bonheur dans un cadre historique avéré.
Comme souvent, Yann propose un scénario bien documenté à la fois sur les offensives de 1917/18 et aussi sur les avions utilisés dans ces années. Son récit bâtit autour de l'interchangeabilité de deux jumeaux aviateurs est bien ficelé rendant son histoire crédible.
Sa construction est bien équilibrée avec quelques flash-backs explicatifs pas trop nombreux et situés aux bons moments. Il y a bien quelques facilités peu vraisemblables (les noyades, Henri qui traverse l'explosion du Zeppelin comme une fleur) qui permettent aux auteurs de sortir d'une tension dramatique en happy end un peu convenu.
De même j'ai été un peu déçu par une fin un peu bonbon en queue de poisson.
Le beau graphisme de Hugault propose un mode assez réaliste et soft. Les horreurs des massacres de la guerre ne sont pas mises au premier plan de façon trop dure. Les scènes de combats aériens sonnent juste avec des cadrages et des découpages qui rendent la situation fluide et compréhensible. La mise en couleur participe à l'ambiance du front avec ce contraste entre la grisaille des fantassins et l'exubérance colorées des aviateurs et de leurs avions.
Une lecture plaisante bien construite pour un moment agréable mais un peu superficielle et qui ne m'a pas fait vibrer.
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Arthur & Janet
Une lecture de circonstance en ce jour de la Saint-Valentin. Un album où l'on va découvrir un jeune couple dévergondé au travers plusieurs petites histoires. Arthur qui a toujours le bout dur et Janet à l'insatiable foufounette. Rien de bien innovant, mais j'ai apprécié la dose d'humour déployée dans ces petites saynètes. J'ai pris du plaisir à suivre les aventures de nos deux amoureux addicts au sexe. Graphiquement, Karo propose un style surprenant pour une BD pornographique, il est proche de la caricature avec ces personnages aux têtes surdimensionnées. Un petit zoom sur les seins de Janet, si je puis dire, ils sont petits et ça change des femmes équipées de montgolfières qui sont habituellement proposées dans ce genre de BD. Tout ça pour dire que j'aime bien. Pour les amateurs du genre.
Un concours plein d'obstacles !
Je dois avouer ne pas avoir accroché à ce roman graphique pour ados plutôt filles. Pourtant le personnage de Kate est attachant avec sa bouille toute ronde et sa gentillesse désarmante. L'auteure qui semble introduire des éléments autobiographiques dans son récit essaye de nous faire partager son amour de l'équitation. Personnellement c'est raté. Je ne suis pas du tout intéressé par les chevaux. Les nombreux passages qui expliquent les techniques de saut, les équipements ou les entrainements m'ont ennuyé. Le second thème majeur renvoie à la grossophobie et tous les sarcasmes qui y sont accolés. C'est toujours désolant de voir moquer un enfant par ses copains et copines mais je trouve que l'auteure reste assez superficielle dans son approche. Kate est "à la limite" mais ne semble pas très rigoureuse dans son approche alimentaire ainsi que ses parents. Ainsi elle continue à boire des sodas (première chose à éliminer) et se fie à une appli (magique) pour résoudre son surpoids. L'auteure y ajoute les traditionnels émois sentimentaux du collège pour rendre une copie complète pour ados. 260 pages c'est vraiment trop long à mon avis. La multiplication des pages (merci l'impact écologique) est probablement due au style graphique assez minimaliste qui tend à privilégier une narration visuelle où le texte devient rare avec un surplus de cases pour une idée. Cela passe pour des récits d'aventures toniques mais je suis moins convaincu pour un roman graphique à tendance intimiste comme ici. Une lecture pour jeunes ados qui utilise des thèmes très visités. Même loin de la cible je n'y ai trouvé aucun plaisir. Un petit 3
Le Scrameustache
Oh le Scameustache. Un titre comme ça, ça ne s'oublie pas! Et un chat en bleu de travail et casque galactique sur la tête non plus. Les couvertures attirent tout naturellement le regard des jeunes têtes blondes qui découvrent le riche univers de la Science-Fiction. Et la lecture confirment ce que ceux-ci attendaient en tournant les pages: de l'avenure, du voyage, de l'humour, le tout très joliment dessiné. On paraît dire de prime abord que les scénarios sont simples. Non ils sont bien pensés pour la cible et offrent réguièrement des surprises (à leur niveau). Vraiment de bons souvenirs de lecture de bibliothèque avec les Yakari et autres Boule & Bill à ses côtés! Mais cette série s'adressant aux plus jeunes, elle sera vite remisée par les ados et les plus âgés. L'aventure était belle mais n'offre pas les relectures de Les Schtroumpfs.
Year Zero
Un petit oui seulement, si ma lecture n’a pas été foncièrement désagréable, j’avoue que 2 semaines après cette dernière, j’ai déjà bien du mal à m’en rappeler. Year zéro surfe sur la vague zombies mais peinera à se démarquer de la pléthore des productions du style. C’est pas honteux dans la réalisation mais déjà j’ai trouvé le dessin bien trop lisse et sage pour le genre. A l’inverse, les différentes couvertures assez photo réaliste, sont plutôt réussies. L’idée du scénario de s’attacher aux premiers événements suite à l’infection est plutôt sympa, nous suivrons ainsi divers protagonistes confrontés à l’épidémie aux quatre coins du globe (US, Mexique, Antarctique, en mer …). Ça donne des situations relativement variées. Par contre et malheureusement, j’ai trouvé le résultat un peu vain, vraiment aucune empathie de créée autour des persos (ils ne se croiseront jamais), chaque histoire est indépendante malgré une imbrication dans la narration. Ça fait un peu encyclopédie, compilation de nouvelles, il y a un petit côté Max Brooks qui s’en dégage. Le côté pandémie mondiale prend de la force mais au détriment des protagonistes rencontrés. Je préfère le contraire. 2,5
La Fortune des Winczlav
Ce préquel en trois tomes à Largo Winch est conçu comme une saga familiale, abordant une voire deux générations en un seul tome. Cela avance donc à un train d'enfer ! Et c'est de mon point de vue, une des forces de cette saga : un rythme endiablé permettant de reconstituer plaisamment un puzzle dramatique dont chacune des pièces renseigne progressivement sur les personnages de Nério et Largo. Les personnages rencontrés sont tantôt sympathiques, tantôt méprisables, des vies souvent assez romanesques sinon extraordinaires, esquissées davantage que suivies sur la durée, donnant l'impression d'évoquer la personne à partir de la vieille photo jaunie extraite de l'arbre généalogique, d'en retenir quelques traits, quelques lignes, expliquant le présent ; puis l'on passe à la génération suivante, sans plus s’attarder. Côté illustrations et couleurs, c'est très lisse, relativement dénué de vie. Ce qui là aussi renforce l'impression d'ouvrir le passé à partir d'anciennes photos. C'est donc agréable à lire, très dynamique, assez ludique, mais cela nous laisse à l'extérieur, sans trop de possibilités de s'impliquer, de s'investir, d'être empathique, ce que pourraient regretter des lecteurs appréciant les belles tranches de vie.
Maudit mardi !
Un diptyque où il ne se passe pas grand-chose, avec des cases souvent très grandes, avec peu de texte. Et une intrigue assez classique, autour d’Achille, un homme qui, après des années et des années d’hésitations, cherche à retrouver son amour d’enfance. Mais voilà, Vadot réussit à dépasser les clichés, « capitaliser » sur le vent, des petits riens. Il insuffle de la poésie et du merveilleux – plus que du mystère finalement – dans son histoire, ce qui l’immunise contre le déjà-vu et/ou la mièvrerie qui guettaient sur ce type d’histoire. Les pieds d’Achille (et pas seulement son talon !) sont omniprésents, symbolisent sa force et ses faiblesses. Si au départ je ne savais pas trop quoi penser de cet aspect, qui semblait amener vers du fantastique pur, j’ai plutôt bien apprécié l’utilisation que Vadot en fait. Alors, certes, l’intrigue en elle-même est assez légère, mais elle est plaisante. Et la mise en pages, qui fait varier taille et forme des cases – plus que le dessin lui-même, assez basique – ajoute au plaisir de lecture. Note réelle 3,5/5.
Sherlock Holmes (Panini Comics)
Un sujet classique, sans doute traité de façon trop classique. Une lecture d’emprunt sans trop d’originalité, même si l’intrigue se laisse lire. On reste en terrain connu, si ce n’est que Sherlock lui-même fait partie des suspects. Les remarques sont presque identiques concernant le dessin, qui fait très bien le boulot, tout en restant très classique et sage. J’ai plus de réserves concernant la colorisation (informatique ?), que j’ai trouvé souvent trop sombre, et qui lisse bien trop les détails. Une honnête histoire, à réserver aux inconditionnels du détective londonien. Note réelle 2,5/5.
Paolo Pinocchio
Varela est un auteur que j’aime bien, même si d’habitude il n’officie qu’au dessin (souvent pour accompagner ses compatriotes Agrimbau ou Trillo). Mais je l’avais déjà trouvé intéressant sur sa production solo Diagnostics. Et je le trouve encore plus convainquant ici. La version de Pinocchio que nous livre Varela est loin de celle de Disney, lorgne vers un certain trash, en tout cas c’est très noir. D’ailleurs, on aurait presque pu voir ces aventures se dérouler sans Pinocchio, tant Varela développe un univers qui s’écarte de l’histoire connue de tous (plus que l’excellente version de Winshluss, finalement plus fidèle, mais aussi plus trash). Pinocchio est ici un personnage salace, vulgaire, sans trop de morale, bien évidemment menteur éhonté. Ses mœurs, ses propos et ses actes l’amène donc régulièrement en enfer – ou plutôt en Averne, puisque c’est cette version plus poétique et mythologique qu’utilise Varela. Paolo le visite régulièrement, car dans le premier tome, il s’en échappe, pour y être ramené à plusieurs reprises. C’est bourré de références : Dante (que croise Pinocchio dans le premier tome), Bosch bien sûr et, pour rester dans la BD, je pense à des auteurs comme Ruijters (avec son Inferno (Ruijters) ou Kirchner (avec son Jheronimus & Bosch), ou alors La Danse Macabre du duo Radomski et Taillefer, les couleurs dominantes se rapprochant des deux dernières références. Le premier tome est intéressant, mais souffre de longueurs, en particulier dans le long passage avec la prêtresse d’Artemis (car, en plus des références déjà citées, il y a de la Grèce antique, de la Venise de la Renaissance, etc.). Certains « bonus » en fin de ce premier album font penser à Cooper ou Woodring. Dix ans après ce qui fut sa première œuvre en tant qu’auteur complet, Varela remet le couvert avec un autre album, beaucoup plus épais, et un dessin que j’ai trouvé à la fois plus épuré et plus maîtrisé. Si les cases sont souvent moins remplies, l’intrigue est elle plus dense et surtout plus personnelle, s’écartant franchement de Pinocchio. Plus de Venise et moins d’enfer aussi. Et une intrigue plus ambitieuse et noire. Avec toujours ce mélange de mythologie grecque, d’ambiance vénitienne, et d’une lutte entre Bien et Mal, avec l’enfer (ou le paradis ?) en ligne de mire. Une œuvre déroutante, pas si facile que ça à appréhender (surtout le second tome), mais qui donne à Varela une stature d’auteur original – et à découvrir. Note réelle 3,5/5.
Contrition
Plutôt mitigée après cette lecture, SPOILER Le dessin est assurément sa force, c’est beau, les personnages ont assez de personnalité dans les visages (je précise parce que je sors de la lecture de Blue où il était presque impossible de reconnaître qui était qui). Le gros point faible étant selon moi la narration et le scénario, Je ne suis pas fan de changer de narrateur en cours d’histoire, cela m’avait déjà rebuté dans Chicagoland. Toute la première partie centrée sur la journaliste aurait pu être occultée et faire juste à la place une présentation du crime et du mystère puis on passe à l’ado. Le fait que la journaliste soit très antipathique n’aide pas car j’imagine que c’est le personnage auquel la lectrice ou le lecteur est sensé s’attacher pour rentrer dans l’histoire, hors la manière dont elle traitait son enfant m’est sortie par les yeux. Quand je lis un polar j’adore être étonnée et tomber des nues sur les révélations, là pas du tout, donc j’ai été assez déçue par l'intrigue.
Le Pilote à l'Edelweiss
Comme de très nombreux scénaristes, Yann se penche sur une histoire dont le cadre est la Grande Guerre. C'est une fiction qu'il intègre avec un certain bonheur dans un cadre historique avéré. Comme souvent, Yann propose un scénario bien documenté à la fois sur les offensives de 1917/18 et aussi sur les avions utilisés dans ces années. Son récit bâtit autour de l'interchangeabilité de deux jumeaux aviateurs est bien ficelé rendant son histoire crédible. Sa construction est bien équilibrée avec quelques flash-backs explicatifs pas trop nombreux et situés aux bons moments. Il y a bien quelques facilités peu vraisemblables (les noyades, Henri qui traverse l'explosion du Zeppelin comme une fleur) qui permettent aux auteurs de sortir d'une tension dramatique en happy end un peu convenu. De même j'ai été un peu déçu par une fin un peu bonbon en queue de poisson. Le beau graphisme de Hugault propose un mode assez réaliste et soft. Les horreurs des massacres de la guerre ne sont pas mises au premier plan de façon trop dure. Les scènes de combats aériens sonnent juste avec des cadrages et des découpages qui rendent la situation fluide et compréhensible. La mise en couleur participe à l'ambiance du front avec ce contraste entre la grisaille des fantassins et l'exubérance colorées des aviateurs et de leurs avions. Une lecture plaisante bien construite pour un moment agréable mais un peu superficielle et qui ne m'a pas fait vibrer.