Instructif . J'avais lu un bout de la BD dans la revue dessinée, et cela m'avait paru un peu univoque. Ici l'intérêt est de prendre le problème par tous les bouts, en essayant de rencontrer tous les intervenants, ceux qui sont partis, ce qui sont revenus, ceux qui ont vu partir les autres, ceux qui surveillent les frontières, ceux qui sont payés pour revenir, etc...
Et le constat c'est que le capitalisme est une pompe à désir indésamorçable. Augmenter la quantité de monnaie sur la planète et inonder le monde de nos images, c'est créer cette immigration et étendre les marchés des entreprises obèses...
Rien de nouveau, mais l'étude est étayée, on pourrait peut-être ajouter encore quelques intervenants pour être complets, et je suppose que d'autres tomes sont en cours...quoi faire d'autre, si on est journaliste ?
Comme cela a été dit avant moi, Lupano est un bon conteur. Il sait raconter des histoires intéressantes, bâties sur une narration et des personnages tous deux solidement construits. C'est donc logiquement le cas dans cette série dont j'ai découvert l'existence en traînant dans ma bibliothèque habituelle.
Le dessin de Tanco est assez élégant, quoique je n'adhère pas complètement au style, mais il fait bien l'affaire et bénéficie de somptueuse couleurs de Lorien restituant à merveille l'atmosphère du Sud de la France. On s'immerge donc assez facilement dans l'ambiance proposée et on passe un bon moment à déguster les pages qui sont offertes à notre regard.
Du côté du récit, il y a du bon et du moins bon. Du bon dans la construction des personnages, donc. On s'attache facilement à eux, et si l'on redoute au début un trop grand usage du cliché, Lupano sait retourner certaines images d'Epinal pour nous faire voir la réalité qu'elles cachent. C'est bien fait et assez intelligent. Sans en dire trop, j'ai bien apprécié les trajectoires de Goulard et de Violette Morris, qui s'éloignent de manière judicieuse des étiquettes qu'on leur colle vite de surveillant aussi tyrannique que monstrueux et de femme libre et moderne dans un monde étriqué. Quand les masques se fissurent, Lupano nous réserve de beaux moments d'humanité, que cette humanité soit belle ou décevante.
Peut-être la modernité revendiquée par Lupano encombre-t-elle un peu le récit par moments, d'ailleurs... Qu'il défende l'art abstrait, le droit d'être lesbienne ou le refus des conventions, tout cela fait quand même très convenu dans un récit écrit au XXIe mais se déroulant au XXe siècle. Non que cela soit mal fait, mais j'ai trouvé qu'on avait parfois l'impression que l'auteur plaquait un message un peu trop évident sur un récit qui méritait (et qui fait régulièrement preuve) beaucoup plus de subtilité. Néanmoins, il réussit à développer ses personnages sans s'enfermer dans le piège de la critique sociale bête et convenue, privilégiant l'avancée de son histoire et un art narratif consommé.
Mais voilà, si j'étais prêt à monter jusqu'à 4 étoiles à l'approche de la fin, lorsque vient le moment (pas loin du sublime) où se dénouent les fils d'une histoire d'un classicisme maîtrisée et d'une beauté simple surgit la conclusion. Ou plutôt l'absence de conclusion... et c'est là que le bât blesse. Tout cela finit quand même vraiment en queue de poisson.
On assiste à de belles scènes qui s'enchaînent les unes après les autres. Sans être bouleversant, c'est touchant et bien exécuté. Mais ce qu'on nommera l'épilogue par défaut ne conclut à peu près rien. Il laisse les personnages là où ils sont, en suspens. C'est sans doute voulu, pour accentuer le côté "tranche de vie" qui se poursuivra sans nous, mais je trouve cela regrettable, car ça nuit à la cohérence globale du récit. Pour moi, un tel récit et une telle conclusion ne pouvaient qu'amener un épilogue qui ferme les portes. Ici, rien ne semble totalement aboutir, et je trouve qu'on termine alors sur une curieuse note d'inachevée. Rien de rédhibitoire, bien sûr, mais c'est dommage.
Quoiqu'il en soit, ce que semble nous dire Lupano avec cette fin pas finie, c'est qu'il faut profiter du voyage bien plus que de la destination, et il n'a pas tout-à-fait tort. Et après tout, le voyage était rudement joli, quand on y pense !
Une lecture agréable. Comme le dit Josq, le contexte est fun avec ces extraterrestres qui s’immiscent en pleine croisade contre les albigeois. Après, je serai peut-être un poil moins enthousiaste que lui sur cette série.
Les aliens ne sont là que pour mettre la pâtée aux autres, mais leur présence ne se manifeste tout d’abord que par des morts suspectes, que l’expédition croisée va tenter d’éclaircir.
Certes, cette invasion est le prétexte à mettre en scène les deux idéologies qui s’affrontent.
Le récit nous montre bien comment la papauté traque tout ce qui lui paraît suspect d’hérésie et l’inquisiteur (caricatural mais proche de la vérité je crains) s’acharne bien sur la jeune cathare et suspecte tous les villageois de duplicité et d’accointance avec le Malin.
C’est vrai que les personnages sont assez bien développés, mais j’aurais aimé un peu plus quand même. On ne saura pas assez à mon goût l’historique de la jeune fille cathare et le personnage le plus touchant est le vieux routard croisé qui est revenu de tout.
En revanche, les deux jeunes croisés « héros » de l’histoire m’ont semblé moins crédibles, peu réalistes et mis en avant pour en faire une série destinée aux ados pour l’identification.
J’aurais aimé un peu plus de développement, et au niveau éditorial je regrette ce découpage en trois volumes. Pourquoi n’avoir pas fait un one-shot conséquent regroupant les trois et avec un peu plus de pages ?
De la belle ouvrage néanmoins, avec un beau dessin, certes classique et bien lisible mais de belles tronches de personnages. Pas mal du tout, et comme je l’ai dit, lecture agréable.
Après un 1er one shot assez remarqué, Lie-de-vin, les auteurs récidivent l’expérience.
Rosangella est un bon album mais qui se révélera, à mes yeux, moins magique et marquant. Une construction moins astucieuse, point de polar comme le souligne Noirdésir, ici on est vraiment dans le roman graphique avec ce portrait de femme forte abîmée par la vie.
Rosangella gère un manège avec ses 2 fils et sa fille, un équilibre fragile qui vacillera avec le retour de leur père, un être violent et manipulateur.
La narration est impeccable, on rentre facilement dans ce microcosme aidé par le bon dessin et couleurs de Berlion. Le ton y est réaliste et social, je trouve que ça lorgne un peu vers l’univers des frères Dardenne, il y a un côté dur qui se dégage ; pas le genre que je préfère j’avoue. Et malheureusement ici j’ai du mal à m’attacher aux personnages.
Une lecture fluide mais qui ne m’a pas marqué outre mesure malgré cet hommage des auteurs avec ce beau portrait.
Dans cette collection développée en partenariat avec le musée du Louvre, je trouve que cet album sort du lot, et utilise le cadre du musée et des œuvres qui sont exposées de façon assez originale, tout en apportant à l’histoire (au départ un peu absurde et pas forcément fouillée) des questionnements d’actualité, et sur le fond très intéressants.
Le trait de Zelba est simple, mais efficace, un mélange de dessin de presse et du trait de Gomont. Le Noir et Blanc est parfois rehaussé (de rouge le plus souvent). Le rendu n’est pas désagréable.
Pour ce qui est de l’intrigue, elle part sur du loufoque, pour introduire une réflexion sur le nu dans l’art, mais surtout sur l’égalité des sexes, et surtout la façon dont sont vues, traitées les femmes : les sculptures servent ici d’allégorie pour la réflexion. Il est amusant – ou regrettable ? – que d’un coup le sexisme ne soit qu’inversé, puisque seuls les hommes sont tenus de visiter le musée totalement nus (même si la fin nuance cet aspect). Malgré ce petit bémol, l'histoire se laisse lire très facilement, mélange de réflexions terre-à-terre (voir la fratrie dirigeant le Louvre, qui cherche au départ à garder son poste sans état d'âme ni scrupule, puis qui va peu à peu se rallier l'évidence pour défendre la vision féministe , sous la direction d'une femme de ménage et d'un vigile) et d'autres plus philosophiques, autour des sujets évoqués plus hauts.
J’ai trouvé l’album intéressant et agréable, Zelba a bien su tirer profit de la contrainte de cette collection pour développer une histoire originale.
Je n'ai lu que deux opus et j'ai surtout apprécié le tome 5 où Stella joue les enquêtrices prête à tout pour trouver l'assassin de son amie.
C'est un scénario très convenu qui permet d'enchaîner les scènes explicites de sexe à un rythme très élevé. C'est très convenu mais cela se lit facilement.
Ici c'est du sexe tradi plutôt soft car j'aime beaucoup moins les épisodes avec instruments.
Je suis partagé sur le graphisme. J'aime bien les plastiques proposées par Foxer ainsi que son trait détaillé mais son N&B fait trop scolaire avec des attitudes qui manquent d'expressivité.
Cela produit un visuel assez froid comme souligné par les autres aviseurs. Toutefois une lecture acceptable dans le genre.
Les hommes majeurs obligés de se déshabiller complètement pour parcourir les allées du musée du Louvre ? Eh oui, suite à une révolte des statues et peintures de femmes nues, elles ont exigé cela sans quoi elles n'apparaitraient plus aux yeux du public. Mais comment en est-on arrivé là ?
Zelba nous raconte une fable mêlant fantastique et comique pour nous parler à la fois du harcèlement sexuel et du traitement des nus dans l'Art. A force de se faire reluquer voire dégrader par les visiteurs, les artistes et même les autres statues, les nus féminins du Louvre en ont marre et décident de devenir invisibles tant qu'une solution n'est pas trouvée. Seule une femme de ménage capable de leur parler sait la raison de cette disparition mais elle ne parvient pas à faire passer son ménage à la direction du musée qui cherche une explication plus rationnelle. Jusqu'à ce que le directeur du musée, au coeur d'un drôle de duo avec sa soeur jumelle avec qui ils échangent régulièrement leurs identités, subissent lui aussi un tel type de harcèlement de rue et en vienne enfin à écouter le message des oeuvres d'art.
Le graphisme de Zelba est léger et agréable. Son trait est souple, maîtrisé, et il est rehaussé par une esthétique à base de bichromie de rouge et de noir.
L'histoire est amusante, à la fois dérisoire sur la forme et intéressante sur le fond. Comme souvent dans les albums dénonçant le harcèlement, j'ai trouvé le comportement des mâles harceleurs un peu abusé, ou alors peut-être suis-je aveugle pour ne jamais avoir été témoin d'attitudes aussi primitives et dégradantes envers la femme. Mais le message de fond fonctionne et surtout il m'a ouvert les yeux sur le traitement du nu dans l'Art, son évolution au fil des siècles et ce qu'il peut réfléter de la société patriarcale à chaque époque. Je n'y avais jamais réfléchi mais c'est vrai que cela parait évident une fois mis en lumière.
Pour autant, étant très loin d'être naturiste moi-même, la résolution loufoque de toute cette situation ne m'a pas tellement fait rire, d'autant que l'autrice insiste fortement sur le sujet, de même que sur les messages répétés comme quoi les femmes sont plus sages et moins agressives que les hommes. Un sexisme dans l'autre sens qui m'a un peu agacé mais qui est heureusement adouci dans les dernières pages où il est proposé une véritable égalité qui est plus ma version du féminisme.
Il y a dix ans de cela Stephen Greenblatt publiait « Quattrocento », best-seller mondial qui racontait comment Gian Francesco Bracciolini, dit Le Pogge, avait redécouvert le De Rerum Natura de Lucrèce qui donna un coup d’accélération à la Renaissance européenne. Un magnifique conteur narrant l’histoire d’un chasseur de manuscrits anciens.
Pur fruit du hasard c’est de nouveau d’un italien dont il est question aujourd’hui : C’est en 2010 que Emanuele Arioli se lance tel un Guillaume de Baskerville dans une enquête qui durera près de 10 ans. Il part sur les traces d’un texte tombé dans l’oubli, dont il est peu voir jamais fait mention nul part, celui de Ségurant le chevalier au dragon. Il est pourtant relié à une des légendes les plus célèbres de l’Europe occidentale : celle des chevaliers de la table ronde. En 2023, il nous livre enfin le fruit de ses recherches…
Le Chevalier au dragon est un projet multimédia, avec bien sûr la bande dessinée dont il est question plus bas, mais également d’un livre « Ségurant, le Chevalier au Dragon », et d’un documentaire à venir le 25 novembre prochain sur Arte. Pour plus d’infos à ce sujet, voici un lien bande-annonce :
https://www.youtube.com/watch?v=scm84wETJ84
Alors… la bd maintenant, oui. Emanuele Arioli a mené un travail formidable, notable, oui. Est-ce qu’on se rend bien compte de la découverte, ou bien seul le grand public était ignorant de cette histoire mais les historiens avaient-ils connaissance de cet épisode des chevaliers d’Arthur ? En tout cas ce Ségurant, « Sivar » dans la bd, n’est pas une création purement original. Il s’inspire énormément du Siegfried germanique qui combat le dragon Fafnir. Un moine italien, probable inventeur du conte, est à la fois allé puiser dans les mythologies germaniques, scandinaves, nordiques, et il a mêlé tout ça aux prophéties de Merlin, que l’on peut ensuite rattacher au roi Arthur.
Arioli est meilleur enquêteur que conteur à mon humble avis cependant, car j’ai trouvé certaines maladresses dans le rythme du récit, des dialogues un peu niaiseux aussi parfois. Mais bon, scénariste, scénariste de bande dessinée notamment c’est un métier. Il s’en tire plutôt bien franchement pour une première bd, mais il y a des scories qui aurait pu être évité s’il avait été accompagné par un auteur chevronné. Je comprends aussi qu’il ait voulu aller au bout seul, c’est un travail de longue haleine qu’il a mené. Le travaille d’enquête doit être plus passionnant au final que la légende elle-même, car si elle ne manque pas de moments épiques (bien aidés pour cela par le dessin de Tanzillo), de bravoures, de courtes émotions, de légèreté et d’humour aussi ; on assiste néanmoins à une histoire hachurée, au rythme saccadé et aux raccourcis faciles qui nuisent à la fluidité d’ensemble. L’auteur précise en préambule que pour la bd il s’est permis quelques interprétations et libre adaptation pour facilité la lecture mais je pense qu’il aurait dû aller à fond dans le romanesque sur ce média.
Les graphismes d’Emiliano Tanzillo sont enchanteurs, sa mise en couleur est ingénieuse et maîtrisée. Cela me fait penser parfois au style Miyazaki ou Guarnido avec cette palette de couleurs façon aquarelle et des dessins un peu façon studios Disney. C’est à la fois lisible dans le genre bd européenne et en même éclaté façon comics américain. Un artiste que je ne manquerai pas de suivre pour sûr.
Une intrigue qui insuffle dans l’Histoire du Fantastique, voire de l’ésotérisme, ça n’est pas nouveau, et surtout lorsque l’on parle des Nazis et du Troisième Reich. Mais le début de l’album est vraiment intrigant, et fait s’écarter l’histoire de ce que j’avais déjà vu ou lu dans ce genre de thématique.
Une première partie plutôt entrainante donc, avec un personnage principal immortel, capable d’anticiper, voire de faire advenir certaines catastrophes, dont il sort indemne alors que ses voisins, pour peu qu’ils le menacent, font les frais. Je me demandais juste comment Taboada allais bien pouvoir finir cette histoire, par quelle pirouette il allait retomber sur ses pattes.
Et je dois dire que la seconde partie de l’album est moins captivante. Il y a des longueurs, mais aussi une intrigue elle-même dont le soufflet retombe peu à peu, dans un ordinaire du coup décevant.
Le dessin est certes un peu brouillon, et le rendu pas toujours très clair, mais je l’ai plutôt bien aimé.
Au final, un album qui se laisse lire, mais qui n’a pas tenu toutes les promesses entrevues au départ.
Un roman de Jean Giono adapté pour une série jeunesse, cela mérite d'être découvert. En effet les dialogues et l'univers de Giono ne sont pas des plus simples.
Sandra Hernàndez adapte une fiction de Giono qui était tellement belle et optimiste que les gens ont longtemps voulu croire à sa véracité. L'esprit du récit n'a rien perdu de sa pertinence à notre époque où la préservation de notre environnement est devenu un enjeu majeur.
Grâce à une narration fluide l'autrice réussit très bien à traduire l'ambiance d'optimisme un peu naïf qui sourde de l'oeuvre originale.
C'est aussi un formidable message d'encouragement à ne pas se laisser abattre devant l'adversité. Cette série illustre à merveille le fameux dicton : la foi soulève les montagnes.
Le personnage d'Elzéard Bouffier donne ainsi une belle leçon de résistance pacifique. C'est une belle valeur à laquelle j'adhère.
Le graphisme de Sandra sort des sentiers battus pour nous offrir des images dans un style naïf proche Douanier Rousseau. Les personnages sont souvent de face dans une fixité picturale au milieu d'une nature qui participe à sa propre renaissance.
Cela donne un visuel très coloré dans une ambiance faussement enfantine.
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A qui profite l'exil ? - Le Business des frontières fermées
Instructif . J'avais lu un bout de la BD dans la revue dessinée, et cela m'avait paru un peu univoque. Ici l'intérêt est de prendre le problème par tous les bouts, en essayant de rencontrer tous les intervenants, ceux qui sont partis, ce qui sont revenus, ceux qui ont vu partir les autres, ceux qui surveillent les frontières, ceux qui sont payés pour revenir, etc... Et le constat c'est que le capitalisme est une pompe à désir indésamorçable. Augmenter la quantité de monnaie sur la planète et inonder le monde de nos images, c'est créer cette immigration et étendre les marchés des entreprises obèses... Rien de nouveau, mais l'étude est étayée, on pourrait peut-être ajouter encore quelques intervenants pour être complets, et je suppose que d'autres tomes sont en cours...quoi faire d'autre, si on est journaliste ?
Le Droit Chemin
Comme cela a été dit avant moi, Lupano est un bon conteur. Il sait raconter des histoires intéressantes, bâties sur une narration et des personnages tous deux solidement construits. C'est donc logiquement le cas dans cette série dont j'ai découvert l'existence en traînant dans ma bibliothèque habituelle. Le dessin de Tanco est assez élégant, quoique je n'adhère pas complètement au style, mais il fait bien l'affaire et bénéficie de somptueuse couleurs de Lorien restituant à merveille l'atmosphère du Sud de la France. On s'immerge donc assez facilement dans l'ambiance proposée et on passe un bon moment à déguster les pages qui sont offertes à notre regard. Du côté du récit, il y a du bon et du moins bon. Du bon dans la construction des personnages, donc. On s'attache facilement à eux, et si l'on redoute au début un trop grand usage du cliché, Lupano sait retourner certaines images d'Epinal pour nous faire voir la réalité qu'elles cachent. C'est bien fait et assez intelligent. Sans en dire trop, j'ai bien apprécié les trajectoires de Goulard et de Violette Morris, qui s'éloignent de manière judicieuse des étiquettes qu'on leur colle vite de surveillant aussi tyrannique que monstrueux et de femme libre et moderne dans un monde étriqué. Quand les masques se fissurent, Lupano nous réserve de beaux moments d'humanité, que cette humanité soit belle ou décevante. Peut-être la modernité revendiquée par Lupano encombre-t-elle un peu le récit par moments, d'ailleurs... Qu'il défende l'art abstrait, le droit d'être lesbienne ou le refus des conventions, tout cela fait quand même très convenu dans un récit écrit au XXIe mais se déroulant au XXe siècle. Non que cela soit mal fait, mais j'ai trouvé qu'on avait parfois l'impression que l'auteur plaquait un message un peu trop évident sur un récit qui méritait (et qui fait régulièrement preuve) beaucoup plus de subtilité. Néanmoins, il réussit à développer ses personnages sans s'enfermer dans le piège de la critique sociale bête et convenue, privilégiant l'avancée de son histoire et un art narratif consommé. Mais voilà, si j'étais prêt à monter jusqu'à 4 étoiles à l'approche de la fin, lorsque vient le moment (pas loin du sublime) où se dénouent les fils d'une histoire d'un classicisme maîtrisée et d'une beauté simple surgit la conclusion. Ou plutôt l'absence de conclusion... et c'est là que le bât blesse. Tout cela finit quand même vraiment en queue de poisson. On assiste à de belles scènes qui s'enchaînent les unes après les autres. Sans être bouleversant, c'est touchant et bien exécuté. Mais ce qu'on nommera l'épilogue par défaut ne conclut à peu près rien. Il laisse les personnages là où ils sont, en suspens. C'est sans doute voulu, pour accentuer le côté "tranche de vie" qui se poursuivra sans nous, mais je trouve cela regrettable, car ça nuit à la cohérence globale du récit. Pour moi, un tel récit et une telle conclusion ne pouvaient qu'amener un épilogue qui ferme les portes. Ici, rien ne semble totalement aboutir, et je trouve qu'on termine alors sur une curieuse note d'inachevée. Rien de rédhibitoire, bien sûr, mais c'est dommage. Quoiqu'il en soit, ce que semble nous dire Lupano avec cette fin pas finie, c'est qu'il faut profiter du voyage bien plus que de la destination, et il n'a pas tout-à-fait tort. Et après tout, le voyage était rudement joli, quand on y pense !
Le Lac de feu
Une lecture agréable. Comme le dit Josq, le contexte est fun avec ces extraterrestres qui s’immiscent en pleine croisade contre les albigeois. Après, je serai peut-être un poil moins enthousiaste que lui sur cette série. Les aliens ne sont là que pour mettre la pâtée aux autres, mais leur présence ne se manifeste tout d’abord que par des morts suspectes, que l’expédition croisée va tenter d’éclaircir. Certes, cette invasion est le prétexte à mettre en scène les deux idéologies qui s’affrontent. Le récit nous montre bien comment la papauté traque tout ce qui lui paraît suspect d’hérésie et l’inquisiteur (caricatural mais proche de la vérité je crains) s’acharne bien sur la jeune cathare et suspecte tous les villageois de duplicité et d’accointance avec le Malin. C’est vrai que les personnages sont assez bien développés, mais j’aurais aimé un peu plus quand même. On ne saura pas assez à mon goût l’historique de la jeune fille cathare et le personnage le plus touchant est le vieux routard croisé qui est revenu de tout. En revanche, les deux jeunes croisés « héros » de l’histoire m’ont semblé moins crédibles, peu réalistes et mis en avant pour en faire une série destinée aux ados pour l’identification. J’aurais aimé un peu plus de développement, et au niveau éditorial je regrette ce découpage en trois volumes. Pourquoi n’avoir pas fait un one-shot conséquent regroupant les trois et avec un peu plus de pages ? De la belle ouvrage néanmoins, avec un beau dessin, certes classique et bien lisible mais de belles tronches de personnages. Pas mal du tout, et comme je l’ai dit, lecture agréable.
Rosangella
Après un 1er one shot assez remarqué, Lie-de-vin, les auteurs récidivent l’expérience. Rosangella est un bon album mais qui se révélera, à mes yeux, moins magique et marquant. Une construction moins astucieuse, point de polar comme le souligne Noirdésir, ici on est vraiment dans le roman graphique avec ce portrait de femme forte abîmée par la vie. Rosangella gère un manège avec ses 2 fils et sa fille, un équilibre fragile qui vacillera avec le retour de leur père, un être violent et manipulateur. La narration est impeccable, on rentre facilement dans ce microcosme aidé par le bon dessin et couleurs de Berlion. Le ton y est réaliste et social, je trouve que ça lorgne un peu vers l’univers des frères Dardenne, il y a un côté dur qui se dégage ; pas le genre que je préfère j’avoue. Et malheureusement ici j’ai du mal à m’attacher aux personnages. Une lecture fluide mais qui ne m’a pas marqué outre mesure malgré cet hommage des auteurs avec ce beau portrait.
Le Grand incident
Dans cette collection développée en partenariat avec le musée du Louvre, je trouve que cet album sort du lot, et utilise le cadre du musée et des œuvres qui sont exposées de façon assez originale, tout en apportant à l’histoire (au départ un peu absurde et pas forcément fouillée) des questionnements d’actualité, et sur le fond très intéressants. Le trait de Zelba est simple, mais efficace, un mélange de dessin de presse et du trait de Gomont. Le Noir et Blanc est parfois rehaussé (de rouge le plus souvent). Le rendu n’est pas désagréable. Pour ce qui est de l’intrigue, elle part sur du loufoque, pour introduire une réflexion sur le nu dans l’art, mais surtout sur l’égalité des sexes, et surtout la façon dont sont vues, traitées les femmes : les sculptures servent ici d’allégorie pour la réflexion. Il est amusant – ou regrettable ? – que d’un coup le sexisme ne soit qu’inversé, puisque seuls les hommes sont tenus de visiter le musée totalement nus (même si la fin nuance cet aspect). Malgré ce petit bémol, l'histoire se laisse lire très facilement, mélange de réflexions terre-à-terre (voir la fratrie dirigeant le Louvre, qui cherche au départ à garder son poste sans état d'âme ni scrupule, puis qui va peu à peu se rallier l'évidence pour défendre la vision féministe , sous la direction d'une femme de ménage et d'un vigile) et d'autres plus philosophiques, autour des sujets évoqués plus hauts. J’ai trouvé l’album intéressant et agréable, Zelba a bien su tirer profit de la contrainte de cette collection pour développer une histoire originale.
Stella
Je n'ai lu que deux opus et j'ai surtout apprécié le tome 5 où Stella joue les enquêtrices prête à tout pour trouver l'assassin de son amie. C'est un scénario très convenu qui permet d'enchaîner les scènes explicites de sexe à un rythme très élevé. C'est très convenu mais cela se lit facilement. Ici c'est du sexe tradi plutôt soft car j'aime beaucoup moins les épisodes avec instruments. Je suis partagé sur le graphisme. J'aime bien les plastiques proposées par Foxer ainsi que son trait détaillé mais son N&B fait trop scolaire avec des attitudes qui manquent d'expressivité. Cela produit un visuel assez froid comme souligné par les autres aviseurs. Toutefois une lecture acceptable dans le genre.
Le Grand incident
Les hommes majeurs obligés de se déshabiller complètement pour parcourir les allées du musée du Louvre ? Eh oui, suite à une révolte des statues et peintures de femmes nues, elles ont exigé cela sans quoi elles n'apparaitraient plus aux yeux du public. Mais comment en est-on arrivé là ? Zelba nous raconte une fable mêlant fantastique et comique pour nous parler à la fois du harcèlement sexuel et du traitement des nus dans l'Art. A force de se faire reluquer voire dégrader par les visiteurs, les artistes et même les autres statues, les nus féminins du Louvre en ont marre et décident de devenir invisibles tant qu'une solution n'est pas trouvée. Seule une femme de ménage capable de leur parler sait la raison de cette disparition mais elle ne parvient pas à faire passer son ménage à la direction du musée qui cherche une explication plus rationnelle. Jusqu'à ce que le directeur du musée, au coeur d'un drôle de duo avec sa soeur jumelle avec qui ils échangent régulièrement leurs identités, subissent lui aussi un tel type de harcèlement de rue et en vienne enfin à écouter le message des oeuvres d'art. Le graphisme de Zelba est léger et agréable. Son trait est souple, maîtrisé, et il est rehaussé par une esthétique à base de bichromie de rouge et de noir. L'histoire est amusante, à la fois dérisoire sur la forme et intéressante sur le fond. Comme souvent dans les albums dénonçant le harcèlement, j'ai trouvé le comportement des mâles harceleurs un peu abusé, ou alors peut-être suis-je aveugle pour ne jamais avoir été témoin d'attitudes aussi primitives et dégradantes envers la femme. Mais le message de fond fonctionne et surtout il m'a ouvert les yeux sur le traitement du nu dans l'Art, son évolution au fil des siècles et ce qu'il peut réfléter de la société patriarcale à chaque époque. Je n'y avais jamais réfléchi mais c'est vrai que cela parait évident une fois mis en lumière. Pour autant, étant très loin d'être naturiste moi-même, la résolution loufoque de toute cette situation ne m'a pas tellement fait rire, d'autant que l'autrice insiste fortement sur le sujet, de même que sur les messages répétés comme quoi les femmes sont plus sages et moins agressives que les hommes. Un sexisme dans l'autre sens qui m'a un peu agacé mais qui est heureusement adouci dans les dernières pages où il est proposé une véritable égalité qui est plus ma version du féminisme.
Le Chevalier au Dragon
Il y a dix ans de cela Stephen Greenblatt publiait « Quattrocento », best-seller mondial qui racontait comment Gian Francesco Bracciolini, dit Le Pogge, avait redécouvert le De Rerum Natura de Lucrèce qui donna un coup d’accélération à la Renaissance européenne. Un magnifique conteur narrant l’histoire d’un chasseur de manuscrits anciens. Pur fruit du hasard c’est de nouveau d’un italien dont il est question aujourd’hui : C’est en 2010 que Emanuele Arioli se lance tel un Guillaume de Baskerville dans une enquête qui durera près de 10 ans. Il part sur les traces d’un texte tombé dans l’oubli, dont il est peu voir jamais fait mention nul part, celui de Ségurant le chevalier au dragon. Il est pourtant relié à une des légendes les plus célèbres de l’Europe occidentale : celle des chevaliers de la table ronde. En 2023, il nous livre enfin le fruit de ses recherches… Le Chevalier au dragon est un projet multimédia, avec bien sûr la bande dessinée dont il est question plus bas, mais également d’un livre « Ségurant, le Chevalier au Dragon », et d’un documentaire à venir le 25 novembre prochain sur Arte. Pour plus d’infos à ce sujet, voici un lien bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=scm84wETJ84 Alors… la bd maintenant, oui. Emanuele Arioli a mené un travail formidable, notable, oui. Est-ce qu’on se rend bien compte de la découverte, ou bien seul le grand public était ignorant de cette histoire mais les historiens avaient-ils connaissance de cet épisode des chevaliers d’Arthur ? En tout cas ce Ségurant, « Sivar » dans la bd, n’est pas une création purement original. Il s’inspire énormément du Siegfried germanique qui combat le dragon Fafnir. Un moine italien, probable inventeur du conte, est à la fois allé puiser dans les mythologies germaniques, scandinaves, nordiques, et il a mêlé tout ça aux prophéties de Merlin, que l’on peut ensuite rattacher au roi Arthur. Arioli est meilleur enquêteur que conteur à mon humble avis cependant, car j’ai trouvé certaines maladresses dans le rythme du récit, des dialogues un peu niaiseux aussi parfois. Mais bon, scénariste, scénariste de bande dessinée notamment c’est un métier. Il s’en tire plutôt bien franchement pour une première bd, mais il y a des scories qui aurait pu être évité s’il avait été accompagné par un auteur chevronné. Je comprends aussi qu’il ait voulu aller au bout seul, c’est un travail de longue haleine qu’il a mené. Le travaille d’enquête doit être plus passionnant au final que la légende elle-même, car si elle ne manque pas de moments épiques (bien aidés pour cela par le dessin de Tanzillo), de bravoures, de courtes émotions, de légèreté et d’humour aussi ; on assiste néanmoins à une histoire hachurée, au rythme saccadé et aux raccourcis faciles qui nuisent à la fluidité d’ensemble. L’auteur précise en préambule que pour la bd il s’est permis quelques interprétations et libre adaptation pour facilité la lecture mais je pense qu’il aurait dû aller à fond dans le romanesque sur ce média. Les graphismes d’Emiliano Tanzillo sont enchanteurs, sa mise en couleur est ingénieuse et maîtrisée. Cela me fait penser parfois au style Miyazaki ou Guarnido avec cette palette de couleurs façon aquarelle et des dessins un peu façon studios Disney. C’est à la fois lisible dans le genre bd européenne et en même éclaté façon comics américain. Un artiste que je ne manquerai pas de suivre pour sûr.
La Malédiction de l'Immortel
Une intrigue qui insuffle dans l’Histoire du Fantastique, voire de l’ésotérisme, ça n’est pas nouveau, et surtout lorsque l’on parle des Nazis et du Troisième Reich. Mais le début de l’album est vraiment intrigant, et fait s’écarter l’histoire de ce que j’avais déjà vu ou lu dans ce genre de thématique. Une première partie plutôt entrainante donc, avec un personnage principal immortel, capable d’anticiper, voire de faire advenir certaines catastrophes, dont il sort indemne alors que ses voisins, pour peu qu’ils le menacent, font les frais. Je me demandais juste comment Taboada allais bien pouvoir finir cette histoire, par quelle pirouette il allait retomber sur ses pattes. Et je dois dire que la seconde partie de l’album est moins captivante. Il y a des longueurs, mais aussi une intrigue elle-même dont le soufflet retombe peu à peu, dans un ordinaire du coup décevant. Le dessin est certes un peu brouillon, et le rendu pas toujours très clair, mais je l’ai plutôt bien aimé. Au final, un album qui se laisse lire, mais qui n’a pas tenu toutes les promesses entrevues au départ.
L'Homme qui plantait des arbres
Un roman de Jean Giono adapté pour une série jeunesse, cela mérite d'être découvert. En effet les dialogues et l'univers de Giono ne sont pas des plus simples. Sandra Hernàndez adapte une fiction de Giono qui était tellement belle et optimiste que les gens ont longtemps voulu croire à sa véracité. L'esprit du récit n'a rien perdu de sa pertinence à notre époque où la préservation de notre environnement est devenu un enjeu majeur. Grâce à une narration fluide l'autrice réussit très bien à traduire l'ambiance d'optimisme un peu naïf qui sourde de l'oeuvre originale. C'est aussi un formidable message d'encouragement à ne pas se laisser abattre devant l'adversité. Cette série illustre à merveille le fameux dicton : la foi soulève les montagnes. Le personnage d'Elzéard Bouffier donne ainsi une belle leçon de résistance pacifique. C'est une belle valeur à laquelle j'adhère. Le graphisme de Sandra sort des sentiers battus pour nous offrir des images dans un style naïf proche Douanier Rousseau. Les personnages sont souvent de face dans une fixité picturale au milieu d'une nature qui participe à sa propre renaissance. Cela donne un visuel très coloré dans une ambiance faussement enfantine. Une belle lecture à partager avec ses enfants. 3.5