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Couverture de la série Journal Tintin - Spécial 77 ans
Journal Tintin - Spécial 77 ans

Ne l’ayant pas connu, je n’ai aucune nostalgie pour ce journal mais la curiosité l’a emporté à la vue du casting : auteurs comme héros. Une œuvre dense, j’ai aimé papillonner parmi la multitude de récits proposés, et les articles sont plutôt sympas à lire. Je dirais que c’est un beau pavé à parcourir mais à l’intérêt un peu disparate : obligatoire pour ceux qui ont suivi ces héros mais plutôt quelconque pour ceux qui sont allergiques au style BD à papa. Personnellement je me situerai entre les deux. La grande qualité de cet album et que j’ai vraiment trouvé l’ensemble des participants investis, que ce soit pour un hommage, un pastiche ou un dernier clin d’œil à leur célèbre héros. Le tout est vraiment bienveillant. Malheureusement mon intérêt vacillait en fonction du héros ou de sa reprise. Je dois dire que je ne suis pas un fan absolu de la plupart, les articles mettent bien ça en exergue, le journal accusait pas mal de retard sur ces concurrents niveau éclectisme de leurs têtes d’affiche. Ici c’est un rien monolithique, boy-scout et compagnie : le héros droit et un peu fade. Du coup les hommages directs ou 1er degré, malgré le plaisir graphique sont restés un peu froids à mes yeux, je pense à Michel Vaillant, Blake et Mortimer… mais il y a cependant quelques bonnes surprises comme celles sur Bob Morane, Le chevalier blanc… aux styles plus modernes. Et j’ai apprécié de découvrir des héros qui m'étaient inconnus (même si je ne me pencherai jamais sur leurs propres aventures) : Bob et Bobette, Spaghetti… Ensuite, il y a les pastiches affichés que j’ai trouvés très bons et pleins de tendresse : Toundra, B&M par Trondheim… Et enfin les hommages remplis d’émotions, mention spéciale à Alix Garin avec Modeste et Pompon, à Cosey avec Jonathan, celui de Clarke… et bien d’autres. En fonction de votre sensibilité à cette époque, ne faites pas une priorité de l’achat mais un recueil que j’encourage à parcourir pour se (re)plonger dans tout un pan de la BD d’antan. Je serais loin d’être exhaustif mais ça regorge de chouettes récits : Comanche, Luc Orient, Lester Cockney, Julie, Claire, Cécile… ou trouvailles comme l’apparition régulière d’un héros de Boucq.

07/11/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série La Mort à lunettes
La Mort à lunettes

Une étrange BD qui m'a demandé deux lectures pour comprendre le déroulé précis de l'histoire, puisque la scène d'ouverture est la conclusion du récit. Lorsqu'on le relit, tout devient plus clair au niveau du déroulé et apporte cette ironie qui semblait sous-jacente dans le récit. Par contre, une fois cette compréhension de l'histoire terminée, je n'ai pas très envie d'y revenir. C'est une variation sur l'Amérique et ses contradictions, avec en thématique le racisme et l'ostracisation des personnes musulmanes, que l'armée tente de recruter pour bien se faire voir. Le récit semble à la fois critique envers cette Amérique prête à tout pour avoir d'autres personnes à envoyer dans ses guerres absurdes, mais aussi une peinture de différentes personnes de l'Amérique, rejetées à plusieurs époques pour différentes raisons, qui se retrouvent ici. La pauvreté, le judaïsme (évoqué mais jamais mentionné), la drogue, la couleur de peau, tout peut concourir pour vous pousser dans le camp des perdants. Le hic, c'est que l'histoire suit le principe du road-movie entre les deux personnages que tout semble opposer mais qui sont en fin de compte bien plus liés qu'on ne le pense, sans pour autant que je ne comprenne vraiment où l'auteur voulait en venir. Plusieurs choses sont évoquées, notamment à la fin avec l'excellent dossier récapitulatif (avec un hommage à Tome au passage), mais je pense que j'aurais plus apprécié de les voir développées en substance dans la BD. Pour ma part, cette histoire m'a laissé plus circonspect que satisfait. Je ne crache pas sur la qualité du dessin, qui reste maitrisé de bout en bout et s'amuse très nettement des cadrages et des angles de vues, découpant le scénario comme un film. C'est assumé et ça fonctionne très bien, je n'étais jamais perdu à aucun moment de l'histoire. Reste une impression de BD sympathique mais pas inoubliable et que j'aurais plus de mal à conseiller que d'autres sur ces thématiques là.

07/11/2023 (modifier)
Couverture de la série La Revanche des espèces menacées
La Revanche des espèces menacées

J’aime bien cette maison d’édition, et cet auteur (découvert avec l’intriguant Un monde en pièces). Je l’ai brièvement rencontré il y a peu sur le stand de l’éditeur à Quai des Bulles, pour une dédicace lors de mon achat de Pour quelques degrés de plus. Ayant découvert ce petit album juste à côté, je l’ai aussi acheté, étant plutôt amateur de strips d’humour. Je dois dire que j’en suis sorti un peu déçu. Un chouia moins que pour l’avis précédent, mais je reste sur ma faim. Les intentions, les propos, sont louables, et je souscris sans vraiment d’hésitation aux idées qui les sous-tendent. Et il y a de bonnes idées, comme de localiser sur un « continent de plastique » - hélas bien réel, ces animaux au comportement humain, dirigés par un dodo (qui symbolise les espèces disparues du fait de l’action humaine). Ces strips ont été publiés dans Médiapart, et je pense qu’ils passaient sans doute mieux par petites touches, comme des pastilles illustrant l’actualité. Mais la lecture d’un trait de l’ensemble les dessert. D’abord parce que le ton est un peu monocorde. Ensuite parce que l’humour n’est pas assez noir et percutant (affaire de goût). Enfin parce que parfois, comme le souligne l’avis de cac, il y a un peu de donneur de leçon, leçon pas inutile, mais cela anesthésie l’humour, et donne parfois dans l’évidence. Mais bon, la lecture n’est pas désagréable, il y a quelques strips amusants, et le propos est globalement intelligent, rebondissant sur l’actualité ou des déclarations publiques (nombreuses citations et sources en fin d’album). C’est juste que j’en attendais si ce n’est plus, tout du moins autre chose (de plus noir et percutant). Note réelle 2;5/5.

06/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Little Big Horn
Little Big Horn

Vaincu, humilié et tué lors de cette bataille, Custer y a pourtant acquis une bonne partie de sa renommée. Pourtant, c’est un homme raciste et méprisant, assoiffé de gloire après la fin de la guerre de Sécession – ce que les guerres indiennes vont lui permettre d’obtenir. Ce qui est plus surprenant dans l’aura qu’il acquiert ici de façon posthume, c’est qu’en tant que militaire, il s’est avéré être complètement nul. Son mépris de l’adversaire l’a amené à se jeter dans une bataille sans connaitre les forces et l’emplacement de ses ennemis, après avoir épuisé ses hommes dans une marche forcée, en ayant mal disposé ses réserves en hommes et munitions. Humainement détestable (mais plutôt dans l’air du temps de l’époque), militairement mauvais, sa mort le fait entrer dans la légende – et fait ainsi oublier les mensonges et dénis, les violations des traités de l’armée américaine face aux peuples indigènes – ici Cheyennes et Sioux. Le dossier final est bien fichu, et complète bien le récit BD (docs, photos et rappel du contexte). Mais je pense que pour bien traiter cette bataille, que ce soit son contexte, le cheminement depuis le traité de Laramie (jamais respecté par les USA), la personnalité de Custer ou des chefs comme Sitting Bull ou Crazy Horse, mais aussi les conséquences de cet affrontement, il aurait été bon d’étoffer davantage la pagination (un autre tome, ou alors une quinzaine de pages supplémentaires n’auraient pas été superflus). Mais bon, la bataille en elle-même est globalement bien présentée (elle n’est pas expédiée), et les grossières erreurs de Custer apparaissent au grand jour. Sa personnalité avait été traitée de façon volontairement grotesque dans l’excellent film de Penn « Little Big Man », et on le voit ici obtus et sûr de lui, jusqu’au carnage final, certains côtés du Custer de Penn transparaissant quand même, même s’il est plus près de la version donnée par Giraud dans Blueberry sous le surnom de général Tête jaune. La scène du massacre du village cheyenne de Two Moons page 13 s’inspire d’une scène de Little Big Man, mais aussi du film « Soldat bleu ». Malgré mes petites réserves, ça reste un album intéressant, bien fichu, et le dessin de Giner-Belmonte (qui donne une vision peut-être moins baroque de la bataille que Palacios dans Mac Coy) est dynamique, dans un style réaliste classique et de bonne tenue. Les amateurs de westerns historiques apprécieront.

06/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Grâce
Grâce

J'ai trouvé cette série à base de gags assez divertissante même si elle ne réinvente pas le genre. Grâce est une petite princesse d'un âge indéterminé qui renvoie à la fois aux contes détournés et à une saga familiale princière de la côte d'azur. C'est ma lecture de cette princesse troublion qui en fait voir de toutes les couleurs à ses parents. Les gags sont d'un humour gentil qui m'ont fait sourire. Chaque gag se joue en une dizaine de cases bien rythmées. Cela renvoie parfois sur des thématiques modernes (bien-être des animaux, rôle de la femme) mais sans insister plus que ça. La lecture est destinée en priorité à un public d'une dizaine d'années pour faire rire. Je regrette simplement le manque de présence des personnages secondaires (en dehors de la maman) pour donner plus de corps aux histoires. Le graphisme est très simple et plaisant. Il y a beaucoup de dynamisme dans la gestuelle de la petite Grâce. Le trait est fin et très expressif pour une lecture facile et divertissante. Une belle mise en couleur complète une série facile pour les enfants et qui ne prend pas la tête.

06/11/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Âge d'eau
L'Âge d'eau

C'est le premier ouvrage de Benjamin Flao que je lis et je l'ai trouvé assez déroutant. Ce mélange de récit métaphorique, poétique voire politique m'a laissé perplexe. Tout d’abord je n'ai pas été saisi par la poésie du texte de Flao. Ensuite j'ai assez vite déconnecté dans le suivi des objectifs de chaque personnage. Comme la narration prend son temps je me suis ennuyé dans les méandres du voyage de Hans et de son frère. Quant à la fille de Hans je ne partage pas ses réponses qui font appel à la violence. Le graphisme est vraiment original et porte une grande part de la puissance de l'auteur. Son trait proche de la caricature porte bien les expressions des intervenants. Toutefois ce n'est pas le style que je préfère et le visuel pourtant de qualité ne m'a pas fait vibrer. Des qualités mais pas une lecture pour moi.

06/11/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série L'Arrache-chair
L'Arrache-chair

Un recueil d'histoires fait par un mangaka non-binaire (du coup je sais pas trop quel prénom utiliser, alors je reste au masculin-neutre). Akata semble s'être spécialisé dans les mangas LGBT. Si l'histoire principale qui donne son titre à l'album parle du thème de la transsexualité avec le personnage principal qui est un homme transgenre qui aime la chasse et qui a un conflit avec un père qui ne semble pas comprendre sa situation et qui aurait bien voulu qu'il reste une gentille fille qui ne fait que des trucs de filles, les autres histoires abordent différents thèmes. J'avoue d'ailleurs que j'aime bien parce que trop souvent lorsqu'un auteur ou autrice est issue d'une minorité, on dirait qu'ils ne doivent uniquement parler des problèmes de leurs communautés, il y a juste les hommes-blancs-hétéro-cis-genre-et-etc qui peuvent faire toutes les sortes d'histoires existant dans le monde apparemment. Ici, le mangaka montre tout le potentiel de son talent avec des histoires au ton varié. Si l'histoire touchant au transgenre est poignante, j'ai surtout aimé les courtes histoires en deux pages. L'auteur réussit le difficile exploit de rendre des récits captivants avec si peu de pages, ce qui est un exercice difficile selon moi. Certains récits sont moins bons, mais globalement c'est bien fait. Il y a juste la seconde histoire que je n'ai pas aimée parce que je ne comprends pas du tout ce qui se passe et je pense que cela doit être dû aux différences culturelles parce que j'ai souvent lu des récits de mangas où je ne rentre pas du tout dans le délire de l'auteur et du coup le récit est trop abscons pour moi. Un recueil qui m'a fait découvrir un mangaka dont j'ai bien envie de suivre la carrière, qui j'espère va être longue !

05/11/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Asana n'est pas hétéro
Asana n'est pas hétéro

Un autre manga où le mangaka raconte son quotidien d'homo dans un Japon où on est encore très conformiste et on n'aime pas les gens qui sortent du moule. L'auteur utilise beaucoup l'humour et cela passe plus ou moins bien selon les scènes. On retrouve donc les thématiques liées à l'homosexualité comme les problèmes qu'a eu l'auteur durant son enfance et son adolescence: avoir peur de la réaction des autres lorsqu'il comprend son orientation sexuelle, les malaises dans les vestiaires ou les bains publics, les camarades qui le traitent d'homo parce qu'il n'agit pas à 100% comme un garçon conformiste et lorsqu'il est adulte il est confronté à des gens ayant des idées stéréotypées sur les gays etc et etc. Il y a aussi des moments plus joyeux, son entourage semble assez ouvert d'esprit même sa mère, mais bon on voit aussi qu'il y a encore du chemin à faire pour que la société japonaise accepte les LGBT. De ce que j'ai compris, ça a été publié sous forme de blog sur internet, ce qui explique les chapitres courts et le dessin simple et efficace. Comme souvent avec ce style de BD, j'ai trouvé que les anecdotes étaient inégales, mais globalement la lecture est sympathique du moment qu'on s'intéresse un peu au sujet, quoique dans le même genre j'ai préféré ''Solitude d'un autre genre''.

05/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Évadées du Harem
Évadées du Harem

Pas mieux que les autres aviseurs, un album intéressant mais qui reste un peu bancal à mes yeux. Sa qualité première est de me faire découvrir cette histoire qui fit sensation début du XXème siècle, l’évasion de 2 sœurs Turques et une de leur amie pour l’Occident. Malheureusement leur aventure n’est pas des plus passionnantes à suivre. J’ai bien aimé les interactions avec les personnalités de l’époque : Pierre Loti, Rodin, journalistes … et surtout le caractère et l’audace de ses femmes. Leurs motivations sont bien rendues mais les péripéties de leur fuite sont assez molles à suivre, mon intérêt a remonté quand elles sont arrivées à destination, chacune s’acclimatera différemment. Sauf que dommage, ce passage est assez court et subit quelques bons en avant maladroits, on termine sur un goût de trop peu et un sentiment que tout n’a pas été exploité. Le dossier final est sympa et termine de boucher un peu les trous du récit. La mise en page en N&B est agréable, mais j’avoue avoir été souvent perdu entre les 2 sœurs. J’ai aussi eu un peu de mal à m’y plonger, le début m’a semblé assez ardu à suivre, en plus les impressions de 3, 4 pages sont loupées (perte de netteté, surimpression) et n’ont pas aidé à l’immersion. Je suis content d’avoir découvert ce récit et la trajectoire finale des protagonistes m’a plu, mais il manque un truc pour que j’y revienne.

05/11/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Le Monde sans fin
Le Monde sans fin

Une BD avec des qualités, mais aussi des défauts. Je profite des récents avis de Noirdésir et Triskeriaki, que je rejoins sur de nombreux points, pour apporter mon "3 étoiles" à cette BD, qui à mon humble avis ne mérite pas toutes les louanges qui l'ont accompagnée lors de sa sortie. Mais bon, le marketing a fait son œuvre. Primo, je trouve le titre mal approprié, tout a une fin. Nous sommes depuis 13 000 ans en pleine extinction de masse, la sixième déjà, due seulement à l'activité humaine et celle-ci s'accélère et risque de nous mener à notre perte. Tu vas me dire que ça ne fait pas 13 000 ans qu'on fout le bordel avec le climat. Tu as raison, on a commencé comme des amateurs avec le Quagga, l'Aurochs, le Dodo et le Thycaline pour ne citer que les plus connus. En 2014, une étude présentée par le WWF estimait que la moitié des populations d'animaux sauvages de la planète avait disparu du fait de l'activité humaine au cours des quarante dernières années, et on ne parle pas des végétaux. Tu vois ça s'accélère et maintenant on grignote sur le sauvage pour laisser place à d'horribles champs de panneaux solaires. Secundo, ma lecture ne fût pas un long fleuve tranquille, si sur une bonne moitié de l'album j'ai aimé le travail de vulgarisation avec sa narration bien construite, attrayante et instructive, l'autre partie de l'album est très discutable. Je vais faire le même reproche à Christophe Blain que pour le Rural ! d'Étienne Davodeau, on a qu'un seul son de cloche, ici, celui de Jean-Marc Jancovici et ce monsieur ne fait pas l'unanimité dans son domaine. Je n'ai pas aimé le ton pro nucléaire comme étant la meilleure solution à tous les problèmes. Quatre pays nous ont approvisionné en 2022 en uranium : le Canada, le Kazakhstan, le Niger et l'Ouzbékistan. Deux pays sous l'influence Russe !!! À part le Canada, ces pays ne sont pas de vraies démocraties et/ou d'une stabilité à toute épreuve (problème au Niger actuellement). Et pour terminer sur cet épineux dossier, le risque "zéro" en sécurité n'existe pas. Tertio, je ne suis pas un bon élève, je mange de la viande (en moindre quantité), je ne règle par forcément mon thermostat à 19°c et je continue de prendre l'avion (je ne me voyais pas aller en Géorgie en train cet été). Mais faut-il faire reposer une certaine culpabilité sur les citoyens ? Quid du capitalisme ? Je vais m'arrêter là, la solution ne pourra être que mondiale et en disant cela, on voit bien que c'est mal barré. Graphiquement, je dois reconnaître que le résultat est réussi, pourtant ce n'est pas le genre qui m'attire de prime à bord. Une lecture recommandable, mais je conseille d'avoir d'autres sources d'information pour se faire sa propre opinion.

05/11/2023 (modifier)