Premier titre des Éditions Oxymore, créée par Mourad Boudjellal qui revient dans la BD après avoir renoncé à la politique et au sport, « Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle, coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux » de la talentueuse Edith, constitue une belle entrée en matière, avec un titre qui saura marquer les esprits par sa longueur, quand bien même il sera difficile à retenir… De plus, il se place sous la collection Noctambule, qui, tout comme Métamorphose, revient dans le giron d’Oxymore, après plus d’une décennie chez Delcourt depuis le rachat de Soleil, la maison fondée par l’homme d’affaires.
« Moi, Edin Björnsson… » nous plonge ainsi dans cette Scandinavie rurale du XVIIIe siècle, où les conditions de vie étaient difficiles, pour suivre le parcours d’ « Asticot », ce jeune garçon malingre à la destinée rocambolesque, pour qui tout avait plutôt mal commencé… Après avoir été témoin de la mort de son père, gravement blessé par un tourteau lâché par une mouette, le gamin dût travailler très tôt pour assurer la subsistance de sa mère à la santé fragile et de sa tante Tilda qui s’occupait du foyer. Engagé comme pêcheur alors qu’il rêvait d’étudier, le jeune Edin eut une vie aussi courte que mouvementée, comme le suggère assez bien ce titre en forme de condensé… jusqu’au « mari jaloux » qui constitue en fait le lien unissant Edith à son personnage, qu’il faudra chercher du côté de son « animal-totem », l’ours… Car en effet, ce récit intègre des éléments de chamanisme par le biais de la vieille guérisseuse du village, revêtue d’une peau d’ursidé, ce qui contribue largement au mystère du récit, charge au lecteur d’en raccorder les fils…
Une fois encore, le dessin d’Edith convainc par sa délicate simplicité et le rendu des atmosphères. Nous sommes littéralement immergés dans l’ambiance glaciale des contrées nordiques, qui dégagent une beauté à la fois rude et lumineuse, servie par une technique à l’aquarelle très maîtrisée et d’élégants clairs-obscurs qui sont un délice pour l’œil.
Derrière la narration bien construite, il serait sans doute vain d’y chercher un quelconque propos ou une morale de fable. « Moi, Edin Björnsson… » ne doit s’envisager que comme l’histoire extraordinaire d’un personnage ordinaire, dans un registre que l’on pourrait qualifier de « conte austère vaguement chamanique ». Si l'amateur de fantastique pourrait rester un brin frustré devant l’absence d’indices corroborant la vie antérieure de l’autrice, il devra se contenter de brefs propos en introduction : Edith nous rappelle, qu’avant d’être une prosélyte de ses propres croyances, elle est d’abord une « raconteuse en images » qui « laisse la porte entrouverte », et on ne saurait lui en vouloir ! Dès lors, il sera très facile de se laisser charmer par cet album à l’envoutante étrangeté, mais ne rentrant pas pour autant dans le genre fantastique.
Un autre documentaire sur Poutine.
Disons que si on a déjà lu sur la vie du dictateur, on ne va pas en apprendre grand chose sur sa jeunesse, son ascension et comment il fait tout pour rester au pouvoir. Comme c'est mon cas, ce qui m'a surtout intéressé, ce sont les comparaisons entre ce que fait Poutine et les tsars avant lui et on voit qu'au final il est dans la continuité que ce que les dirigeants ont fait.
Un autre aspect intéressant est que le scénariste Andrew S. Weiss a travaillé dans l'administration Clinton et a rencontré Poutine à quelques reprises. Il brosse le portait d'un homme qui veut paraitre le plus fort possible alors qu'au fond il est faible. Il est certes dangereux, mais ce n'est pas non plus un méchant invincible sorti d'un James Bond comme il veut le faire croire. Évidemment, ce n'est que la version de Weiss et on peut l'accuser d'avoir un biais pro-américain, mais sa démonstration est crédible et bien documentée.
Le dessin est sobre comme c'est toujours le cas avec Box Brown. Son style va bien pour un documentaire, mais les caricatures de personnalités ne sont pas toujours réussies. Un album pour ceux qui veulent une synthèse facile à comprendre sur Poutine.
Goldorak, Capitaine Flam, Albator 84 ou encore Cobra, autant de grands classiques du manga ou de l'animation japonaise que je n'ai pas connus enfant, car arrivé trop tard. Né au milieu des années 80, le temps de grandir un peu et d'être plus ou moins en âge de regarder ce genre de choses, je suis plutôt de la génération « Saint-Seiya – Les Chevaliers du Zodiaque » et « Dragon Ball ».
J'ai néanmoins été intéressé par cet album, tant en raison du statut légendaire de Goldorak dans la pop culture , que de la qualité graphique indéniable, du talent des auteurs et de leur démarche.
Visuellement, c'est beau, plaisant, léché et très fidèle au matériel d'origine, selon moi en tout cas. Rien à redire sur ce plan.
Pour le reste, l'album est bon et l'histoire plaisante. Je me suis toutefois senti partiellement exclu du scénario, de par ma méconnaissance de la série originale. J'ai eu l'impression d'arriver plusieurs jours après le début de vacances entre amis. On est content d'être là, mais on a clairement l'impression d'avoir raté les jours précédents et d'être, du moins en partie, le spectateur des petites histoires et liens que les premiers sur place ont tissés avant notre arrivée. Pour l'anecdote, il m'a d'ailleurs fallu mettre ma lecture en pause, le temps de combler certaines lacunes sur internet. Mais cela n'est pas pareil que de connaître l'œuvre originale.
Ce one shot est très clairement une suite "fan service" qui ne parlera complètement qu'à ceux qui ont connu la série d'animation. J'aurais apprécié une petite introduction ou un résumé, pour pouvoir embarquer pleinement dans l'aventure et me sentir faire partie de la famille Goldorak.
Reste un bel album, de beaux dessins et une aventure plaisante, mais réservée "aux vieux de la vieille".
Amusante histoire qui explore les songes d'une manière polissonne, sur fond d'histoire aux mystères qui se dévoilent petit à petit. Cela dit, l'ensemble reste assez sobre aussi bien dans le récit que dans le dessin, ce qui me fait légèrement regretter de ne pas pouvoir donner plus.
Si j'aime bien l'ambiance proche du steampunk, le côté voyeuriste avec l'héroïne qui se dénude facilement (mais pas gratuitement) et l'intrigue qui avance à petit pas dans une direction précise, le tout est assez rapidement lu avec des situations diverses qui se répètent un peu : la journée avec quelques machines diverses, le rêve de la nuit toujours dans un autre univers très marqué, puis réveil et mystère qui s'épaissit. L'ensemble ne se développe vraiment qu'a la moitié du second tome, dévoilant les intentions de Coraline et les dessous de toute cette affaire pour un petit final sympathique mais qui me semble arriver un peu trop tardivement.
Pour l'ensemble, j'aime le dessin qui sait se faire très beau dans certaines cases (les premières planches notamment) et l'ensemble est réhaussé par les couleurs. C'est joli mais j'ai l'impression que le même soin n'a pas été apporté à toutes les planches. En tout cas, c'est plaisant à lire et je pense que si on n'en attends pas plus, c'est le genre de série qui plaira !
C'est dans la moyenne des BD X à histoires courtes que j'ai lues récemment, ni plus ni moins. Disons que ça ne dépareille pas dans le catalogue Tabou !
Je ne connais pas l'auteur dont j'aimerais lire aussi Les Arcanes de la Maison Fleury, mais il a un coup de crayon pas dégeu, même si on reste dans des standards du genre (croupes exposées, poitrine généreuse, …) et que la brièveté des histoires ne laisse pas toujours le temps de dévoiler quelque chose d'intéressant. Je note que quelques histoires sont très sympathiques, notamment dans le commentaire : la première, celle du psychologue aussi. D'autres ont des chutes rigolotes, mais dans l'ensemble c'est assez peu notable.
Le genre de BD qui se laisse lire sans être remarquable. A découvrir pour les curieux.
Je ne sais trop quoi penser de cette série. D’abord, 5 ans après la publication du premier tome, plus de nouvelles, ce qui n’augure rien de bon, puisque l’intrigue est très loin d’avoir répondu aux nombreuses questions que je me pose.
Mais pour ce qui est de ce tome inaugural (j’espère), il part un peu dans tous les sens. Le prologue m’a un temps fait croire à un thriller ultra violent. Et puis ça bascule vers quelque chose de fantastique, même si pour le moment, je ne comprends pas forcément tout, en particulier ce qui concerne ces personnes, quasi immortelles, vivant sous terre et dirigeant depuis l’éternité les Hommes (un peu de Lovecraft dans tout ça ?), tout en interférant avec eux sous forme de fantômes.
C’est ainsi qu’ils extorquent à d’anciens soldats – qui visiblement sont au courant du « monde parallèle » une mission secrète, s’emparer d’un artefact, sorte de super arme, détenue par un autre groupe intrigant (avec une armée de femme clonées). Pour compliquer l’intrigue, nous avons droit à une scène regroupant Hitler, Mussolini et Hiro-Ito, en pleine seconde guerre mondiale, avec le contrôle de l’artefact comme enjeu (et la fin de cet album est un gros cliffhanger avec Hiroshima en arrière-plan.
Bref, ça part dans tous les sens, et je ne sais pas si, mais aussi et surtout comment Hickman va retomber sur ses pattes sans tomber dans le n’importe quoi ! Surtout qu’il use de quelques facilités (voir la piste d’atterrissage des avions sur une corniche en pleine montagne !?).
Le dessin est classique et efficace, mais je reste frustré par l’intrigue fourre-tout encore trop floue pour moi. Et s’il n’y a pas de suite, c’est vers les deux étoiles que j’arrondirai.
Note réelle 2,5/5.
J'ai profité de la remise du prix éco-Fauve-Raja à Angoulême pour découvrir cette BD qui m'intriguait par la promesse d'histoire et la couverture, que j'apprécie personnellement.
Malheureusement, c'est trop classique pour me convenir. Une sorte d'histoire médiéval-punk, avec un retour à une organisation féodale, mais avec la technologie développé, le tout enrobé dans un manque d'énergie qui a conduit notre monde à cette organisation très étrange. Ainsi les gens se déplacent à vélo et à pied, mais des caissons de régénération existent aussi. C'est un mélange étonnant mais qui marche, à mon gout.
Le hic, c'est que la trame semble déjà très convenue dans son déroulé : le point de départ et le monde promettait plus, on se retrouve avec un coup d'Etat et une jeune femme un peu rebelle. C'est pas très intéressant à suivre, même si le déroulé est maitrisé. C'est juste que je n'ai pas franchement envie de lire la suite après ce premier volume. Trop convenu dans son déroulé et pas assez excitant dans son univers, je ne suis pas franchement emballé. Je lirais la suite si je la vois passer, mais je ne pense pas la prendre.
Une série qui semble s'adresser plus aux jeunes qu'aux adultes.
Après Les Pays d'Amir, c’est la deuxième histoire « feel good » que je lis dans la foulée, toutes deux publiées dans cette collection Grand Angle. Car tout ici transpire la bienveillance (même lorsqu’une inquiétude pointe), et dessin et colorisation adoucissent eux aussi l’ensemble.
Une courte virée, sorte de road movie tranquille, dans un autocar transportant quelques handicapés mentaux et leurs deux infirmiers accompagnateurs, avec Igor, un chauffeur qui débarque au dernier moment en tant que « remplaçant ».
On apprend à connaitre petit à petit chacun des « malades » (ou plutôt « pensionnaires » !), et ce que cache l’attitude bizarre d’Igor, le seul dynamiteur (relatif !) de l'intrigue, qui sinon ronronnerait trop. La narration est fluide, agréable à suivre, et la lecture est plaisante.
Une lecture sympathique donc, mais qui manque un peu de coffre. C'est une intrigue légère qui aurait peut-être pu être plus creusée.
Quand un vieux lecteur comme moi ouvre les planches de cet album, c'est avec la nostalgie et le plaisir d'y retrouver l'esprit de l'ancienne série Hugo de Bédu que j'apprécie beaucoup. Les éléments similaires y sont en effet nombreux, qu'il s'agisse du décor médiéval fantastique, de l'héroïne qui ressemble à la Fée Prune, de ces créatures magiques mignonnes et attachantes, ou encore de ce monde parallèle rappelant celui visité dans le premier tome, Le sortilège du haricot. Oui, ça ressemble beaucoup, et moi ça me fait plaisir de replonger dans ce type d'aventure tous publics pleine de magie et de dragons, et de me dire que les jeunes d'aujourd'hui vont pouvoir en découvrir une version moderne.
Graphiquement, là aussi, au premier coup d'œil on se croirait dans la série Hugo. Que ce soit la cour royale, le château, la forêt, le monde des dragons et ses îles flottantes, et toutes les créatures, on se croirait revenu quarante ans en arrière et c'est très agréable. Il faut toutefois noter que SangDragon se veut visiblement plus mature et plus sérieux que Hugo qui était une série purement jeunesse. Et force est de constater qu'il y a moins d'humour, et cela se ressent fortement dans le trait moins rond, les attitudes plus raides des personnages et les visages qui sont très fermés, peu expressifs si ce n'est la colère ici et là. L'ambiance parait plus guindée, un peu terne. Seul le sympathique compagnon de l'héroïne, Yoyo, apporte un peu de légèreté, ainsi que leur temporaire monture draconique. Il faut aussi noter le physique un peu lourdaud des dragons eux-mêmes qui les rend assez peu menaçants, malgré les vrais dangers mortels qu'ils causent. Le visage de l'héroïne est également assez étrange, mais cela trouve une explication plus tard dans l'histoire.
Si la base de l'intrigue parait assez simple - une princesse trahie par son frère aîné suite à la mort du roi mais qui s'engage malgré tout à aller combattre le dragon qui menace le royaume -, elle gagne un peu en complexité quand on constate la nature des choses et l'origine du danger, ainsi que le fait que frère et sœur ne sont peut-être pas les vrais ennemis qu'ils semblent être. C'est de l'aventure légère à l'ancienne, avec du voyage, des rencontres et de l'action, ainsi qu'une paire de retournements de situations. C'est divertissant mais moins prenant ou amusant qu'on aurait pu l'espérer : la mayonnaise ne prend pas très bien, peut-être parce que l'héroïne est très froide et peu attachante. On notera par exemple une certaine absence d'émotion dans la scène pourtant sensée être tragique vers la fin de l'album. Quant à la conclusion de l'histoire, elle laisse légèrement sur sa faim mais je me dis finalement que ce bel album ferait une bonne introduction à une série plus longue suivant les aventures de l'héroïne dans ce monde de fantasy légère.
Alors y'a pas photo : c'est graphiquement spectaculaire. J'ignore complètement les moyens employés (crayon et encre, ou stylet ?!) mais le résultat est impressionnant de maitrise et de beauté. Chaque trait imprime une grâce presque irréelle aux personnages, ainsi qu'aux décors excessivement stylisés au sein desquels se déroule cette fantasmagorique resucée (!) de ce vieux mythe pourtant essoré du célèbre Comte vampire. À ce sujet, le film de Coppola autant que le bouquin de Stoker semblent se partager à égalité l'honneur de se faire piller (c'est de bonne guerre) pour cette adaptation "grand luxe" à la sauce Yaoi.
Parce que, oui : même si c'est un conte éminemment horrifique, l'auteur joue (plutôt outrageusement) avec les codes scénaristiques de ces mangas "pour filles" (traditionnellement) où les éphèbes les plus androgynes (et les plus savamment échevelés ; et on atteint ici le summum de l'art capillaire...) vivent des passions aussi romantiques que picturalement chastes. Son goût pour le sujet est d'ailleurs assez rapidement manifeste tant l'accent est mis sur le trouble quasi général engendré par l'excessive séduction du personnage de Luke/Lucie ; surtout étant donnée sa propension à perdre ses vêtements (!). Et la séance de Solitaire de Quincey semble confirmer une orientation résolument "érotico-sanglante" pour la suite... En fait de manga, on risque de se retrouver à feuilleter les pages d'un "Giallo" Italien ! En même temps, la maitrise absolue de l'artiste devrait lui permettre d'inclure sans réel inconfort visuel toutes les scènes érotiques qu'il lui plaira ; d'autant plus que, à ce stade de ma lecture (chapitre 24, en anglais), la direction assez floue donnée à l'histoire semble ne promettre rien de plus profond...
Sakamoto Shinichi est tellement investi dans ses quasi-fresques illustratives qu'il nous perd un peu dans l'organisation des cases ; sans compter de nombreux flashbacks qui, autant de grandioses tableaux, ne font que très peu avancer "l'intrigue". Son soucis créatif d'originalité et d'esthétique (Dracula guidant le traineau de Santa-Claus (?!) au milieu des constellations ou encore Mina, seule dans cette vaste salle de théâtre aux sièges transfigurés... Brillant) affirme que le dessin prime sur l'action : l'argument scénaristique parait souvent gratuit. Mais, à ce stade de magnificence picturale, on se demande un peu si ça a la moindre importance...
Quelques bémols, cependant, pour le casse-bonbons que je suis. Le personnage de Mina, tout d'abord, si commercialement calibré : c'est l'Herculéenne Fifi Brindacier ! Jusqu'aux dents !! L’absence de noir véritable (sinon pour les à-plats) dans le trait : tous ces dégradés de gris, objectivement somptueux, n'aident pas à dynamiser l'action, et seule l'audace de certains plans stimule la lecture tant le ravissement l'emporte sur la curiosité. Aussi : une communauté de traits assez manifeste chez quasi TOUS les protagonistes, des marins du début jusqu'aux professeurs du pensionnat. Cette concession stylistique atténue l'effet d'étrangeté de ces regards si dérangeants, qu'ils possèdent tous, en supprimant le contraste (pourtant nécessaire) qu'aurait apporté des intervenants secondaires plus normés... Je soupçonne le mangaka d'être fan du film : "Le Village des damnés", d'ailleurs : toutes ces moumoutes "platine" ! Mais pas uniquement : voilà-t-y pas que Vlad/Michael Jackson a pris des cours chez Barychnikov !!!
En toute honnêteté, je n'aurais pas poursuivi ma lecture si je n'avais été époustouflé par nombre d'images aussi originales dans leur mise en scène que magnifiquement rendues. Et si la piste suggestive/subversive qui imprègne ces débuts fantastiques s'avère être le seul véritable sujet de l'histoire... Alors pourquoi pas ?
Je réajusterai ma note si la suite éclaire l'intérêt du manga -si le scénario se hisse au niveau du dessin, quoi. Mais, bon : la côte est décidément raide.
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Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux
Premier titre des Éditions Oxymore, créée par Mourad Boudjellal qui revient dans la BD après avoir renoncé à la politique et au sport, « Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle, coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux » de la talentueuse Edith, constitue une belle entrée en matière, avec un titre qui saura marquer les esprits par sa longueur, quand bien même il sera difficile à retenir… De plus, il se place sous la collection Noctambule, qui, tout comme Métamorphose, revient dans le giron d’Oxymore, après plus d’une décennie chez Delcourt depuis le rachat de Soleil, la maison fondée par l’homme d’affaires. « Moi, Edin Björnsson… » nous plonge ainsi dans cette Scandinavie rurale du XVIIIe siècle, où les conditions de vie étaient difficiles, pour suivre le parcours d’ « Asticot », ce jeune garçon malingre à la destinée rocambolesque, pour qui tout avait plutôt mal commencé… Après avoir été témoin de la mort de son père, gravement blessé par un tourteau lâché par une mouette, le gamin dût travailler très tôt pour assurer la subsistance de sa mère à la santé fragile et de sa tante Tilda qui s’occupait du foyer. Engagé comme pêcheur alors qu’il rêvait d’étudier, le jeune Edin eut une vie aussi courte que mouvementée, comme le suggère assez bien ce titre en forme de condensé… jusqu’au « mari jaloux » qui constitue en fait le lien unissant Edith à son personnage, qu’il faudra chercher du côté de son « animal-totem », l’ours… Car en effet, ce récit intègre des éléments de chamanisme par le biais de la vieille guérisseuse du village, revêtue d’une peau d’ursidé, ce qui contribue largement au mystère du récit, charge au lecteur d’en raccorder les fils… Une fois encore, le dessin d’Edith convainc par sa délicate simplicité et le rendu des atmosphères. Nous sommes littéralement immergés dans l’ambiance glaciale des contrées nordiques, qui dégagent une beauté à la fois rude et lumineuse, servie par une technique à l’aquarelle très maîtrisée et d’élégants clairs-obscurs qui sont un délice pour l’œil. Derrière la narration bien construite, il serait sans doute vain d’y chercher un quelconque propos ou une morale de fable. « Moi, Edin Björnsson… » ne doit s’envisager que comme l’histoire extraordinaire d’un personnage ordinaire, dans un registre que l’on pourrait qualifier de « conte austère vaguement chamanique ». Si l'amateur de fantastique pourrait rester un brin frustré devant l’absence d’indices corroborant la vie antérieure de l’autrice, il devra se contenter de brefs propos en introduction : Edith nous rappelle, qu’avant d’être une prosélyte de ses propres croyances, elle est d’abord une « raconteuse en images » qui « laisse la porte entrouverte », et on ne saurait lui en vouloir ! Dès lors, il sera très facile de se laisser charmer par cet album à l’envoutante étrangeté, mais ne rentrant pas pour autant dans le genre fantastique.
Tsar par accident - Les Vies et Mensonges de Vladmir Poutine
Un autre documentaire sur Poutine. Disons que si on a déjà lu sur la vie du dictateur, on ne va pas en apprendre grand chose sur sa jeunesse, son ascension et comment il fait tout pour rester au pouvoir. Comme c'est mon cas, ce qui m'a surtout intéressé, ce sont les comparaisons entre ce que fait Poutine et les tsars avant lui et on voit qu'au final il est dans la continuité que ce que les dirigeants ont fait. Un autre aspect intéressant est que le scénariste Andrew S. Weiss a travaillé dans l'administration Clinton et a rencontré Poutine à quelques reprises. Il brosse le portait d'un homme qui veut paraitre le plus fort possible alors qu'au fond il est faible. Il est certes dangereux, mais ce n'est pas non plus un méchant invincible sorti d'un James Bond comme il veut le faire croire. Évidemment, ce n'est que la version de Weiss et on peut l'accuser d'avoir un biais pro-américain, mais sa démonstration est crédible et bien documentée. Le dessin est sobre comme c'est toujours le cas avec Box Brown. Son style va bien pour un documentaire, mais les caricatures de personnalités ne sont pas toujours réussies. Un album pour ceux qui veulent une synthèse facile à comprendre sur Poutine.
Goldorak
Goldorak, Capitaine Flam, Albator 84 ou encore Cobra, autant de grands classiques du manga ou de l'animation japonaise que je n'ai pas connus enfant, car arrivé trop tard. Né au milieu des années 80, le temps de grandir un peu et d'être plus ou moins en âge de regarder ce genre de choses, je suis plutôt de la génération « Saint-Seiya – Les Chevaliers du Zodiaque » et « Dragon Ball ». J'ai néanmoins été intéressé par cet album, tant en raison du statut légendaire de Goldorak dans la pop culture , que de la qualité graphique indéniable, du talent des auteurs et de leur démarche. Visuellement, c'est beau, plaisant, léché et très fidèle au matériel d'origine, selon moi en tout cas. Rien à redire sur ce plan. Pour le reste, l'album est bon et l'histoire plaisante. Je me suis toutefois senti partiellement exclu du scénario, de par ma méconnaissance de la série originale. J'ai eu l'impression d'arriver plusieurs jours après le début de vacances entre amis. On est content d'être là, mais on a clairement l'impression d'avoir raté les jours précédents et d'être, du moins en partie, le spectateur des petites histoires et liens que les premiers sur place ont tissés avant notre arrivée. Pour l'anecdote, il m'a d'ailleurs fallu mettre ma lecture en pause, le temps de combler certaines lacunes sur internet. Mais cela n'est pas pareil que de connaître l'œuvre originale. Ce one shot est très clairement une suite "fan service" qui ne parlera complètement qu'à ceux qui ont connu la série d'animation. J'aurais apprécié une petite introduction ou un résumé, pour pouvoir embarquer pleinement dans l'aventure et me sentir faire partie de la famille Goldorak. Reste un bel album, de beaux dessins et une aventure plaisante, mais réservée "aux vieux de la vieille".
Songes
Amusante histoire qui explore les songes d'une manière polissonne, sur fond d'histoire aux mystères qui se dévoilent petit à petit. Cela dit, l'ensemble reste assez sobre aussi bien dans le récit que dans le dessin, ce qui me fait légèrement regretter de ne pas pouvoir donner plus. Si j'aime bien l'ambiance proche du steampunk, le côté voyeuriste avec l'héroïne qui se dénude facilement (mais pas gratuitement) et l'intrigue qui avance à petit pas dans une direction précise, le tout est assez rapidement lu avec des situations diverses qui se répètent un peu : la journée avec quelques machines diverses, le rêve de la nuit toujours dans un autre univers très marqué, puis réveil et mystère qui s'épaissit. L'ensemble ne se développe vraiment qu'a la moitié du second tome, dévoilant les intentions de Coraline et les dessous de toute cette affaire pour un petit final sympathique mais qui me semble arriver un peu trop tardivement. Pour l'ensemble, j'aime le dessin qui sait se faire très beau dans certaines cases (les premières planches notamment) et l'ensemble est réhaussé par les couleurs. C'est joli mais j'ai l'impression que le même soin n'a pas été apporté à toutes les planches. En tout cas, c'est plaisant à lire et je pense que si on n'en attends pas plus, c'est le genre de série qui plaira !
Sous le Paradis
C'est dans la moyenne des BD X à histoires courtes que j'ai lues récemment, ni plus ni moins. Disons que ça ne dépareille pas dans le catalogue Tabou ! Je ne connais pas l'auteur dont j'aimerais lire aussi Les Arcanes de la Maison Fleury, mais il a un coup de crayon pas dégeu, même si on reste dans des standards du genre (croupes exposées, poitrine généreuse, …) et que la brièveté des histoires ne laisse pas toujours le temps de dévoiler quelque chose d'intéressant. Je note que quelques histoires sont très sympathiques, notamment dans le commentaire : la première, celle du psychologue aussi. D'autres ont des chutes rigolotes, mais dans l'ensemble c'est assez peu notable. Le genre de BD qui se laisse lire sans être remarquable. A découvrir pour les curieux.
The Dying & the Dead
Je ne sais trop quoi penser de cette série. D’abord, 5 ans après la publication du premier tome, plus de nouvelles, ce qui n’augure rien de bon, puisque l’intrigue est très loin d’avoir répondu aux nombreuses questions que je me pose. Mais pour ce qui est de ce tome inaugural (j’espère), il part un peu dans tous les sens. Le prologue m’a un temps fait croire à un thriller ultra violent. Et puis ça bascule vers quelque chose de fantastique, même si pour le moment, je ne comprends pas forcément tout, en particulier ce qui concerne ces personnes, quasi immortelles, vivant sous terre et dirigeant depuis l’éternité les Hommes (un peu de Lovecraft dans tout ça ?), tout en interférant avec eux sous forme de fantômes. C’est ainsi qu’ils extorquent à d’anciens soldats – qui visiblement sont au courant du « monde parallèle » une mission secrète, s’emparer d’un artefact, sorte de super arme, détenue par un autre groupe intrigant (avec une armée de femme clonées). Pour compliquer l’intrigue, nous avons droit à une scène regroupant Hitler, Mussolini et Hiro-Ito, en pleine seconde guerre mondiale, avec le contrôle de l’artefact comme enjeu (et la fin de cet album est un gros cliffhanger avec Hiroshima en arrière-plan. Bref, ça part dans tous les sens, et je ne sais pas si, mais aussi et surtout comment Hickman va retomber sur ses pattes sans tomber dans le n’importe quoi ! Surtout qu’il use de quelques facilités (voir la piste d’atterrissage des avions sur une corniche en pleine montagne !?). Le dessin est classique et efficace, mais je reste frustré par l’intrigue fourre-tout encore trop floue pour moi. Et s’il n’y a pas de suite, c’est vers les deux étoiles que j’arrondirai. Note réelle 2,5/5.
NeoForest
J'ai profité de la remise du prix éco-Fauve-Raja à Angoulême pour découvrir cette BD qui m'intriguait par la promesse d'histoire et la couverture, que j'apprécie personnellement. Malheureusement, c'est trop classique pour me convenir. Une sorte d'histoire médiéval-punk, avec un retour à une organisation féodale, mais avec la technologie développé, le tout enrobé dans un manque d'énergie qui a conduit notre monde à cette organisation très étrange. Ainsi les gens se déplacent à vélo et à pied, mais des caissons de régénération existent aussi. C'est un mélange étonnant mais qui marche, à mon gout. Le hic, c'est que la trame semble déjà très convenue dans son déroulé : le point de départ et le monde promettait plus, on se retrouve avec un coup d'Etat et une jeune femme un peu rebelle. C'est pas très intéressant à suivre, même si le déroulé est maitrisé. C'est juste que je n'ai pas franchement envie de lire la suite après ce premier volume. Trop convenu dans son déroulé et pas assez excitant dans son univers, je ne suis pas franchement emballé. Je lirais la suite si je la vois passer, mais je ne pense pas la prendre. Une série qui semble s'adresser plus aux jeunes qu'aux adultes.
Road Therapy
Après Les Pays d'Amir, c’est la deuxième histoire « feel good » que je lis dans la foulée, toutes deux publiées dans cette collection Grand Angle. Car tout ici transpire la bienveillance (même lorsqu’une inquiétude pointe), et dessin et colorisation adoucissent eux aussi l’ensemble. Une courte virée, sorte de road movie tranquille, dans un autocar transportant quelques handicapés mentaux et leurs deux infirmiers accompagnateurs, avec Igor, un chauffeur qui débarque au dernier moment en tant que « remplaçant ». On apprend à connaitre petit à petit chacun des « malades » (ou plutôt « pensionnaires » !), et ce que cache l’attitude bizarre d’Igor, le seul dynamiteur (relatif !) de l'intrigue, qui sinon ronronnerait trop. La narration est fluide, agréable à suivre, et la lecture est plaisante. Une lecture sympathique donc, mais qui manque un peu de coffre. C'est une intrigue légère qui aurait peut-être pu être plus creusée.
SangDragon
Quand un vieux lecteur comme moi ouvre les planches de cet album, c'est avec la nostalgie et le plaisir d'y retrouver l'esprit de l'ancienne série Hugo de Bédu que j'apprécie beaucoup. Les éléments similaires y sont en effet nombreux, qu'il s'agisse du décor médiéval fantastique, de l'héroïne qui ressemble à la Fée Prune, de ces créatures magiques mignonnes et attachantes, ou encore de ce monde parallèle rappelant celui visité dans le premier tome, Le sortilège du haricot. Oui, ça ressemble beaucoup, et moi ça me fait plaisir de replonger dans ce type d'aventure tous publics pleine de magie et de dragons, et de me dire que les jeunes d'aujourd'hui vont pouvoir en découvrir une version moderne. Graphiquement, là aussi, au premier coup d'œil on se croirait dans la série Hugo. Que ce soit la cour royale, le château, la forêt, le monde des dragons et ses îles flottantes, et toutes les créatures, on se croirait revenu quarante ans en arrière et c'est très agréable. Il faut toutefois noter que SangDragon se veut visiblement plus mature et plus sérieux que Hugo qui était une série purement jeunesse. Et force est de constater qu'il y a moins d'humour, et cela se ressent fortement dans le trait moins rond, les attitudes plus raides des personnages et les visages qui sont très fermés, peu expressifs si ce n'est la colère ici et là. L'ambiance parait plus guindée, un peu terne. Seul le sympathique compagnon de l'héroïne, Yoyo, apporte un peu de légèreté, ainsi que leur temporaire monture draconique. Il faut aussi noter le physique un peu lourdaud des dragons eux-mêmes qui les rend assez peu menaçants, malgré les vrais dangers mortels qu'ils causent. Le visage de l'héroïne est également assez étrange, mais cela trouve une explication plus tard dans l'histoire. Si la base de l'intrigue parait assez simple - une princesse trahie par son frère aîné suite à la mort du roi mais qui s'engage malgré tout à aller combattre le dragon qui menace le royaume -, elle gagne un peu en complexité quand on constate la nature des choses et l'origine du danger, ainsi que le fait que frère et sœur ne sont peut-être pas les vrais ennemis qu'ils semblent être. C'est de l'aventure légère à l'ancienne, avec du voyage, des rencontres et de l'action, ainsi qu'une paire de retournements de situations. C'est divertissant mais moins prenant ou amusant qu'on aurait pu l'espérer : la mayonnaise ne prend pas très bien, peut-être parce que l'héroïne est très froide et peu attachante. On notera par exemple une certaine absence d'émotion dans la scène pourtant sensée être tragique vers la fin de l'album. Quant à la conclusion de l'histoire, elle laisse légèrement sur sa faim mais je me dis finalement que ce bel album ferait une bonne introduction à une série plus longue suivant les aventures de l'héroïne dans ce monde de fantasy légère.
#DRCL Midnight children
Alors y'a pas photo : c'est graphiquement spectaculaire. J'ignore complètement les moyens employés (crayon et encre, ou stylet ?!) mais le résultat est impressionnant de maitrise et de beauté. Chaque trait imprime une grâce presque irréelle aux personnages, ainsi qu'aux décors excessivement stylisés au sein desquels se déroule cette fantasmagorique resucée (!) de ce vieux mythe pourtant essoré du célèbre Comte vampire. À ce sujet, le film de Coppola autant que le bouquin de Stoker semblent se partager à égalité l'honneur de se faire piller (c'est de bonne guerre) pour cette adaptation "grand luxe" à la sauce Yaoi. Parce que, oui : même si c'est un conte éminemment horrifique, l'auteur joue (plutôt outrageusement) avec les codes scénaristiques de ces mangas "pour filles" (traditionnellement) où les éphèbes les plus androgynes (et les plus savamment échevelés ; et on atteint ici le summum de l'art capillaire...) vivent des passions aussi romantiques que picturalement chastes. Son goût pour le sujet est d'ailleurs assez rapidement manifeste tant l'accent est mis sur le trouble quasi général engendré par l'excessive séduction du personnage de Luke/Lucie ; surtout étant donnée sa propension à perdre ses vêtements (!). Et la séance de Solitaire de Quincey semble confirmer une orientation résolument "érotico-sanglante" pour la suite... En fait de manga, on risque de se retrouver à feuilleter les pages d'un "Giallo" Italien ! En même temps, la maitrise absolue de l'artiste devrait lui permettre d'inclure sans réel inconfort visuel toutes les scènes érotiques qu'il lui plaira ; d'autant plus que, à ce stade de ma lecture (chapitre 24, en anglais), la direction assez floue donnée à l'histoire semble ne promettre rien de plus profond... Sakamoto Shinichi est tellement investi dans ses quasi-fresques illustratives qu'il nous perd un peu dans l'organisation des cases ; sans compter de nombreux flashbacks qui, autant de grandioses tableaux, ne font que très peu avancer "l'intrigue". Son soucis créatif d'originalité et d'esthétique (Dracula guidant le traineau de Santa-Claus (?!) au milieu des constellations ou encore Mina, seule dans cette vaste salle de théâtre aux sièges transfigurés... Brillant) affirme que le dessin prime sur l'action : l'argument scénaristique parait souvent gratuit. Mais, à ce stade de magnificence picturale, on se demande un peu si ça a la moindre importance... Quelques bémols, cependant, pour le casse-bonbons que je suis. Le personnage de Mina, tout d'abord, si commercialement calibré : c'est l'Herculéenne Fifi Brindacier ! Jusqu'aux dents !! L’absence de noir véritable (sinon pour les à-plats) dans le trait : tous ces dégradés de gris, objectivement somptueux, n'aident pas à dynamiser l'action, et seule l'audace de certains plans stimule la lecture tant le ravissement l'emporte sur la curiosité. Aussi : une communauté de traits assez manifeste chez quasi TOUS les protagonistes, des marins du début jusqu'aux professeurs du pensionnat. Cette concession stylistique atténue l'effet d'étrangeté de ces regards si dérangeants, qu'ils possèdent tous, en supprimant le contraste (pourtant nécessaire) qu'aurait apporté des intervenants secondaires plus normés... Je soupçonne le mangaka d'être fan du film : "Le Village des damnés", d'ailleurs : toutes ces moumoutes "platine" ! Mais pas uniquement : voilà-t-y pas que Vlad/Michael Jackson a pris des cours chez Barychnikov !!! En toute honnêteté, je n'aurais pas poursuivi ma lecture si je n'avais été époustouflé par nombre d'images aussi originales dans leur mise en scène que magnifiquement rendues. Et si la piste suggestive/subversive qui imprègne ces débuts fantastiques s'avère être le seul véritable sujet de l'histoire... Alors pourquoi pas ? Je réajusterai ma note si la suite éclaire l'intérêt du manga -si le scénario se hisse au niveau du dessin, quoi. Mais, bon : la côte est décidément raide.